Il y a une confusion fréquente en officine.
Quand on parle d’arrêter une tâche, de réduire une mission ou de poser une limite, on a parfois l’impression de dire non au patient.
Ce n’est pas la même chose.
Dire non au patient, ce serait le laisser seul avec sa demande.
Dire non à une tâche inutile, c’est récupérer du temps pour l’écouter.
Dire non à une réunion sans décision, c’est protéger une pause ou une ordonnance complexe.
Dire non à une disponibilité permanente, c’est proposer un rendez-vous réellement tenu.
Dire non à une promesse impossible, c’est préserver la confiance.
L’officine ne doit pas tout supprimer. Elle doit choisir ce qui mérite son attention.
La bonne question n’est donc pas :
« Que pouvons-nous encore ajouter ? »
C’est :
« Qu’est-ce que nous pouvons arrêter pour mieux faire ce qui protège le patient ? »
Poser une limite n’est pas abandonner le service.
C’est empêcher que le service devienne une suite d’engagements que l’équipe ne peut plus tenir correctement.
Aujourd’hui, essayons une chose simple : supprimer une tâche qui ne protège ni le patient, ni l’équipe, ni l’entreprise.
Et regarder ce que ce temps libéré permet enfin de mieux faire.