« Vous êtes responsable… sans l’être vraiment. »
C’est exactement ce qui se passe aujourd’hui à l’officine.
Officiellement, vous ne décidez pas.
Vous ne prescrivez pas.
Vous ne posez pas de diagnostic.
Mais dans la réalité, au comptoir, vous arbitrez en permanence.
Une ordonnance imprécise.
Un patient inquiet.
Un traitement qui ne colle plus tout à fait.
Et soudain, il faut choisir :
délivrer, attendre, appeler, rassurer, alerter.
Ce sont des décisions.
De vraies décisions.
Parce qu’elles engagent le patient.
Et qu’elles engagent aussi votre responsabilité.
Le paradoxe est là :
vous êtes devenu un décideur de fait… sans statut de décideur.
Et ce changement ne vient pas d’une loi.
Il vient du réel.
D’un système plus complexe, plus saturé, plus fragmenté.
Alors la question n’est plus :
“Le pharmacien décide-t-il ?”
La vraie question est :
le système de santé est-il prêt à reconnaître qu’il décide déjà ?