1
00:00:06,262 --> 00:00:11,703
==/ Sous-titres générés avec IA (Whisper), editing et proofing par Guglielmo Fernandez Garcia /==
Alexandre: S'intéresser aux technologies modernes de communication, c'est naturellement faire référence à Internet.

2
00:00:11,743 --> 00:00:16,644
Alexandre: Pourtant, on ne parle presque plus du réseau en lui-même, tant il est éclipsé par ses usages.

3
00:00:16,664 --> 00:00:21,105
Guglielmo: À la place, on mentionne plutôt les services et les applications qui le rendent possible.

4
00:00:21,165 --> 00:00:33,348
Guglielmo: On envoie des e-mails, ou aujourd'hui, plutôt des messages sur WhatsApp, on s'informe via les résultats d'un moteur de recherche, et même nos déplacements passent par les numériques, que ce soit pour réserver un blablacar ou acheter un billet de train.

5
00:00:33,728 --> 00:00:43,292
Alexandre: Et si on vous disait que dès les années 80, la France disposait déjà de son propre réseau capable de répondre à bon nombre des besoins aujourd'hui comblés par internet.

6
00:00:43,312 --> 00:00:48,214
Alexandre: Ce réseau, le grand public y accédait grâce à une technologie devenue mythique, le Minitel.

7
00:00:48,874 --> 00:00:50,815
Guglielmo: Or, le Minitel est officiellement mort.

8
00:00:50,855 --> 00:00:53,636
Guglielmo: Alors pourquoi s'intéresser si c'est pas pour un anecdote historique ?

9
00:00:54,216 --> 00:01:00,138
Guglielmo: Et bien, comme l'on le verra dans cet épisode, l'histoire du Minitel nous apprend beaucoup sur les mondes de la technologie d'aujourd'hui.

10
00:01:00,198 --> 00:01:09,562
Guglielmo: Elle nous laisse entrevoir qu'un autre numérique était possible, et nous fait réfléchir différemment sur certains... mythes que nous prenons pour acquis dans les mondes de l'innovation.

11
00:01:10,202 --> 00:01:20,008
Alexandre: Dans cet épisode, nous avons le plaisir de recevoir Bernard Marti, anciennement directeur technique du Centre commun d'études de télévision et de télécommunication AREN.

12
00:01:20,028 --> 00:01:24,031
Alexandre: Dans les années 70, il coordonne les travaux d'une équipe à l'origine du Minitel.

13
00:01:33,057 --> 00:01:34,958
Intro: Ok, je lance AZERTY.

14
00:01:36,848 --> 00:01:42,973
Voix off: Minitel, c'est un système qui risque de bouleverser pas mal d'habitude chez les utilisateurs du téléphone.

15
00:01:42,993 --> 00:01:48,477
Voix off: Minitel, c'est la fin de l'annuaire en papier et l'avènement de l'annuaire électronique sur écran.

16
00:01:48,517 --> 00:01:55,102
Voix off: Cette expérience déjà en place en Ille-et-Vilaine va désormais faire partie des services que propose TéléTel aux abonnés de Vélizy.

17
00:01:55,142 --> 00:01:56,363
Voix off: Comment fonctionne Minitel ?

18
00:01:56,724 --> 00:01:58,865
Voix off: Quelles sont les réactions de ses utilisateurs ?

19
00:01:58,905 --> 00:02:01,667
Voix off: Bretons pour l'instant, l'enquête de nos confrères de FR3 Red.

20
00:02:04,342 --> 00:02:14,272
Alexandre: Présent dans plusieurs millions de foyers français pendant presque 30 ans, on peut dire sans se tromper qu'à un moment de l'histoire, le Minitel était LA technologie de pointe dans l'industrie des télécommunications.

21
00:02:14,312 --> 00:02:18,417
Alexandre: Pourtant, aujourd'hui, selon votre âge, il est fort probable que cet appareil ne vous dise rien.

22
00:02:18,477 --> 00:02:19,618
Alexandre: Alors de quoi parle-t-on ?

23
00:02:19,658 --> 00:02:22,340
Alexandre: Le Minitel, c'est d'abord un terminal de consultation.

24
00:02:23,041 --> 00:02:34,254
Alexandre: Une espèce de machine dotée d'un écran, d'un clavier qu'on pourrait presque apparenter visuellement à un ordinateur, mais qui ne fonctionne pas vraiment pareil puisqu'on ne peut rien faire avec s'il n'est pas connecté au réseau téléphonique.

25
00:02:34,294 --> 00:02:39,820
Alexandre: Une fois le Minitel raccordé au réseau téléphone, il va pouvoir accéder à un autre réseau appelé Transpac.

26
00:02:40,280 --> 00:02:42,481
Alexandre: Et c'est là que ça devient intéressant.

27
00:02:42,521 --> 00:02:48,363
Alexandre: Transpac, dans les années 70, ça permet aux industriels, aux banques et aux autres services du genre de communiquer entre eux.

28
00:02:48,383 --> 00:02:59,366
Alexandre: C'est vraiment pas quelque chose d'accessible au grand public, et avec le Minitel vient la possibilité d'accéder à Transpac, à des serveurs inaccessibles jusque là, et donc à des données consultables par les utilisateurs.

29
00:02:59,406 --> 00:03:02,507
Alexandre: Aujourd'hui, ça nous paraît pas grand chose, mais on parle des années 80 là quand même.

30
00:03:03,487 --> 00:03:17,603
Alexandre: Maintenant qu'on est raccord sur ce que c'est précisément le Minitel, entrons dans le vif du sujet et pour commencer, on demande à Bernard Marti de nous raconter lui-même les débuts de cette histoire que moi j'ai l'impression de connaître comme étant d'abord une histoire d'annuaire électronique.

31
00:03:18,972 --> 00:03:32,382
Bernard Marti: Alors il n'y avait pas encore d'ordinateur domestique, ça a commencé en 1975 et en fait ça n'avait rien à voir avec l'annuaire électronique qui est un sous-produit de ce pour quoi nous avons été contactés.

32
00:03:32,442 --> 00:03:37,225
Bernard Marti: On a été contactés pour adapter en France le télétexte inventé au Royaume-Uni.

33
00:03:37,265 --> 00:03:40,728
Bernard Marti: Donc rien à voir, le réseau c'était le réseau de télévision par le réseau téléphonique.

34
00:03:41,871 --> 00:03:56,126
Bernard Marti: les données étaient transmises sur les lignes du signal de télévision inutilisées par l'image et l'objet était un téléviseur auquel on raccordait un décodeur qui décodait les textes transmis sur ce signal de télévision.

35
00:03:56,186 --> 00:03:59,730
Bernard Marti: Et puis, pour faire ce développement, pour faire cette adaptation plutôt,

36
00:04:00,483 --> 00:04:06,589
Bernard Marti: Il a fallu reprendre tout à zéro parce que le système anglais ne permettait d'afficher que des mots en langue anglaise.

37
00:04:06,689 --> 00:04:19,660
Bernard Marti: En 1975, nous étions depuis trois ans à Rennes et nous avions créé le Centre commun de télévision et de télécommunication qui réunissait des personnes de trois cultures différentes, les gens de télévision, les gens du téléphone et des informaticiens de réseau.

38
00:04:19,700 --> 00:04:26,306
Bernard Marti: Et c'est à partir de ces trois cultures qu'un certain nombre de recherches ont été entreprises, un certain nombre d'inventions ont été faites.

39
00:04:26,957 --> 00:04:30,803
Bernard Marti: Donc trois ans après, en 1975, l'ORTF n'existait plus.

40
00:04:30,823 --> 00:04:37,113
Bernard Marti: Mais notre directeur était devenu directeur général de Télédiffusion de France, qui était une des sociétés issues de l'éclatement de l'ORTF.

41
00:04:37,917 --> 00:04:45,902
Bernard Marti: et il s'est tourné vers nous pour ajouter ce service de télétexte au service de télévision dont il avait la charge, en tout cas en termes de réseau.

42
00:04:45,942 --> 00:04:57,048
Bernard Marti: Et donc nous avons repris l'étude à zéro pour pouvoir afficher, non pas seulement le français, mais l'ensemble des langues européennes utilisant l'alphabet latin, ce qui nécessitait une transformation assez importante.

43
00:04:57,108 --> 00:04:59,970
Bernard Marti: Et d'autre part, nous avons créé le réseau de diffusion de données

44
00:05:00,785 --> 00:05:14,223
Bernard Marti: qui, contrairement au système de télétexte anglais, était transparent au type de données qu'il transportait, de façon à pouvoir expérimenter d'autres types de services, par exemple la télécommande de magnétoscope qui commençait à apparaître sur le marché en fonction du programme.

45
00:05:15,275 --> 00:05:19,556
Guglielmo: Avec les vidéotextes, nous parlons d'une technologie dont ni moi ni Alex nous nous souvenons bien.

46
00:05:20,096 --> 00:05:25,777
Guglielmo: Bon, il faut imaginer un écran, souvent un grand téléviseur cathodique, auquel on peut adresser une demande.

47
00:05:25,817 --> 00:05:27,777
Guglielmo: Par exemple, envoyer un code numérique 777.

48
00:05:29,237 --> 00:05:33,658
Guglielmo: Ou un texte court, par l'intermédiaire d'un clavier, ou plus tard, d'un télécommande.

49
00:05:34,318 --> 00:05:39,979
Guglielmo: Sous l'écran, apparaît un texte blanc sur fond noir, avec les informations que nous avons demandées.

50
00:05:40,019 --> 00:05:43,460
Guglielmo: Tout cela, c'est fait par l'intermédiaire de réseaux téléphoniques ou télévisuels.

51
00:05:44,100 --> 00:05:47,724
Guglielmo: Nous sommes vraiment à l'aube de la société des communications numériques.

52
00:05:47,764 --> 00:05:56,113
Guglielmo: Mais là, j'aimerais bien comprendre sur quoi on leur a demandé de travailler, à quoi ils ont imaginé qu'un service comme ça pourrait servir.

53
00:05:57,165 --> 00:06:18,859
Bernard Marti: Quelques mois plus tard, M. Rémy, le directeur général de TDF, nous demande de partir à Moscou pour offrir ce système aux journalistes des futurs Jeux Olympiques de 1980, afin qu'ils puissent à la fois suivre les compétitions sur leur écran et afficher des textes à la demande, par exemple les performances des compétiteurs, leurs palmerès antérieurs, etc.

54
00:06:19,959 --> 00:06:29,182
Bernard Marti: afin de pouvoir appuyer leurs commentaires sur des données sans avoir à feuilleter les tonnes de papiers qui étaient distribués auparavant aux Jeux Olympiques, par exemple à Montréal.

55
00:06:29,642 --> 00:06:36,504
Bernard Marti: Alors, il se trouve que pendant notre séjour à Moscou, les ingénieurs soviétiques nous ont dit « Et votre truc là, est-ce que ça marche aussi sur téléphone ? »

56
00:06:37,385 --> 00:06:41,066
Bernard Marti: La réponse a été oui et quelques mois plus tard, nous avons présenté

57
00:06:42,213 --> 00:07:09,418
Bernard Marti: l'ancêtre du Minitel, sur un écran de télévision aussi, avec un décodeur externe aussi, à une exposition de Berlin, où le directeur général des télécommunications, Gérard Terry, est passé, et il a dit, j'ai besoin de relancer l'industrie du téléphone parce qu'on l'a surchauffé pour rattraper le retard du réseau téléphonique français, ils vont m'être obligés de licencier, à quelques mois des élections législatives, c'est pas tellement ce qu'il faut faire, je cherche un autre produit,

58
00:07:10,362 --> 00:07:13,723
Bernard Marti: Pour cette industrie, ce sera le vidéotexte.

59
00:07:13,743 --> 00:07:18,004
Bernard Marti: Ça s'appelait pas encore le Minitel.

60
00:07:18,164 --> 00:07:19,764
Guglielmo: Ah, je m'attendais pas.

61
00:07:19,784 --> 00:07:34,208
Guglielmo: L'innovation Minitel ne vient pas d'une idée géniale d'un ingénieur-entrepreneur au profil héroïque, mais des besoins concrets, comme l'exemple des Jeux Olympiques, et surtout d'une nécessité de faire vivre une filière composée de travailleurs et travailleuses spécialisés, et qui risquaient leur job.

62
00:07:34,868 --> 00:07:39,352
Guglielmo: Bon, c'est une image bien différente du showcase auquel la Silicon Valley nous a habitués.

63
00:07:39,372 --> 00:07:43,676
Guglielmo: Mais pour le moment, Bernard Marti nous raconte aussi une autre chose qui nous a surpris.

64
00:07:43,716 --> 00:07:48,841
Guglielmo: Dans l'équipe de développement, il y avait des travailleurs de au moins trois cultures différentes.

65
00:07:48,881 --> 00:07:52,665
Guglielmo: On se demande alors quels étaient les rôles de chacun et quels étaient les siens.

66
00:07:53,577 --> 00:07:55,078
Bernard Marti: Chef de département.

67
00:07:55,118 --> 00:08:00,082
Bernard Marti: Chef de département d'une quinzaine de personnes, qui s'appelait Terminaux et Systèmes audiovisuels.

68
00:08:00,102 --> 00:08:07,068
Bernard Marti: Dans cette équipe, il y avait des gens qui s'occupaient de télécopie, qui s'occupaient donc de textes sur écran en général, de graphismes sur écran.

69
00:08:07,108 --> 00:08:13,413
Bernard Marti: Et puis, on a commencé à s'occuper aussi de photos, de transmission de photos, ça a donné JPEG.

70
00:08:13,473 --> 00:08:17,476
Bernard Marti: On avait une vision un peu plus large, disons, que celle qui avait été retenue pour le Minitel.

71
00:08:17,556 --> 00:08:22,200
Bernard Marti: Et en fait, le JPEG a été développé avec l'intention de l'implanter sur le Minitel.

72
00:08:22,908 --> 00:08:27,610
Bernard Marti: il y a eu un millier de terminaux appelés Minitel photographiques.

73
00:08:27,630 --> 00:08:33,432
Bernard Marti: Ça a été vu dans des agences immobilières, ça a été vu dans des agences de tourisme.

74
00:08:33,532 --> 00:08:51,440
Bernard Marti: C'était des Minitel qui utilisaient le réseau Minitel à vitesse rapide, qui au lieu de fonctionner à 1200 bits par seconde, fonctionnait à 4800, ce qui n'est que quatre fois plus rapide, parce que transmettre de l'image, ça demande quand même un petit peu plus de débit que de transmettre des caractères.

75
00:08:54,435 --> 00:08:57,897
Alexandre: Ok, alors là, il y a beaucoup de choses à dire sur ce qu'on vient d'entendre.

76
00:08:57,917 --> 00:09:01,620
Alexandre: Comment ça, le JPEG a été développé pour être d'abord sur Minitel ?

77
00:09:01,820 --> 00:09:08,945
Alexandre: Je me doutais que cette relique technologique avait laissé un certain héritage, mais j'étais loin de penser à quelque chose d'aussi important que le JPEG.

78
00:09:08,965 --> 00:09:18,432
Alexandre: Bon d'accord, c'est un peu mon enthousiasme de technophile qui parle, mais quand même, le JPEG, ça reste un format d'image encore surutilisé aujourd'hui par nos téléphones, nos appareils photos,

79
00:09:18,952 --> 00:09:23,116
Alexandre: et de se dire que ça vient un peu du Minitel, je trouve ça assez incroyable.

80
00:09:23,156 --> 00:09:27,719
Alexandre: D'ailleurs, ce qui est un peu surprenant aussi, c'est qu'il existait finalement d'autres types de Minitel.

81
00:09:27,739 --> 00:09:33,204
Alexandre: J'en étais resté à ce qu'on disait au début, de la consultation de bases de données sous forme de vidéotexte.

82
00:09:33,244 --> 00:09:36,126
Alexandre: Et là, j'apprends qu'il y a eu quelques modèles à images.

83
00:09:36,146 --> 00:09:41,411
Alexandre: Du coup, je ne peux pas m'empêcher de demander à notre invité, est-ce qu'il y a eu d'autres modèles un peu différents dans ce genre-là ?

84
00:09:42,429 --> 00:09:46,174
Bernard Marti: Effectivement, il y a eu un certain nombre de variantes du Minitel.

85
00:09:46,194 --> 00:09:50,439
Bernard Marti: Le Minitel standard qui n'affichait que du texte et des graphiques élémentaires.

86
00:09:50,519 --> 00:09:52,982
Bernard Marti: Il y avait le Minitel photo, il y a eu le Minitel couleur.

87
00:09:53,863 --> 00:10:04,531
Bernard Marti: Il y a eu le Minitel Dialogue, et puis un certain nombre de Minitel destinés aux démonstrations à l'étranger, en grec, en russe, en arabe, en chinois et en japonais.

88
00:10:04,551 --> 00:10:07,413
Bernard Marti: Par contre, la connexion entre machines, ça, c'était pas possible.

89
00:10:07,453 --> 00:10:08,294
Bernard Marti: Si, bien sûr.

90
00:10:08,374 --> 00:10:13,477
Bernard Marti: Il y a eu des Minitel Dialogue, notamment pour les malentendants, destinés aux malentendants.

91
00:10:13,517 --> 00:10:18,301
Bernard Marti: Donc il y avait, dans le protocole Minitel, la possibilité de retourner le modem

92
00:10:19,190 --> 00:10:30,014
Bernard Marti: parce que le modem était asymétrique, 1200 bits par seconde dans un sens, dans le sens où on recevait les pages, et puis quand on tapait la requête, il n'y avait pas grand chose à taper, c'était 75 bits par seconde.

93
00:10:30,034 --> 00:10:45,599
Bernard Marti: Donc on pouvait retourner le modem, la personne tapait son texte en 75, à l'autre bout il était reçu en 1200, et puis pour la réponse, on retournait le modem pour que la personne qui tapait... etc.

94
00:10:45,619 --> 00:10:47,240
Bernard Marti: Donc le monumental dialogue a existé,

95
00:10:48,801 --> 00:10:50,683
Bernard Marti: Il y en a eu quelques milliers.

96
00:10:50,703 --> 00:10:59,032
Bernard Marti: Pour les malentendants, c'était essentiellement destiné aux malentendants, mais c'était possible pour les gens normaux.

97
00:10:59,092 --> 00:11:04,417
Voix off: Aujourd'hui, avec un Minitel, le point d'accès Vidéotex vous offre 12 000 services.

98
00:11:04,457 --> 00:11:07,000
Voix off: Alors n'hésitez plus, branchez-vous Minitel.

99
00:11:09,039 --> 00:11:14,901
Alexandre: Ce que je trouve impressionnant avec le Minitel, c'est la diversité des services qu'il proposait déjà à l'époque.

100
00:11:14,921 --> 00:11:22,123
Alexandre: Comme on le disait en introduction, beaucoup d'entre eux font écho à ce qu'on fait aujourd'hui sur internet, que ce soit sur un ordinateur ou sur un smartphone.

101
00:11:22,163 --> 00:11:27,944
Alexandre: Naïvement, je pensais que comme le web à ses débuts, le Minitel avait été conçu pour répondre à un seul besoin.

102
00:11:27,984 --> 00:11:31,585
Alexandre: En l'occurrence pour le web, c'était d'abord une expérience de documentation.

103
00:11:31,645 --> 00:11:34,646
Alexandre: Et pour moi, le Minitel, c'était l'annuaire téléphonique.

104
00:11:34,666 --> 00:11:38,587
Alexandre: Mais en réalité, dès sa conception, le Minitel était pensé pour accueillir une

105
00:11:40,708 --> 00:11:42,589
Bernard Marti: Ça faisait partie de notre programme d'expérimentation.

106
00:11:42,649 --> 00:11:47,151
Bernard Marti: On avait vraiment envie d'expérimenter les diverses possibilités.

107
00:11:47,191 --> 00:11:52,233
Bernard Marti: C'était la naissance des premières bases de données, scientifiques, mais de plus en plus grand public.

108
00:11:52,293 --> 00:11:59,656
Bernard Marti: Et donc, nous, ce qu'on souhaitait, c'était rendre cet accès aux bases de données accessible au grand public le plus facilement possible.

109
00:11:59,696 --> 00:12:02,537
Bernard Marti: Je me rappelle, quand on expérimentait, il y avait des bases de données médicales.

110
00:12:03,617 --> 00:12:06,358
Bernard Marti: d'aide aux diagnostics médicaux déjà.

111
00:12:06,378 --> 00:12:10,940
Bernard Marti: Le professeur Lenoir a la fac de médecine ici du CHU de Rennes.

112
00:12:11,020 --> 00:12:17,862
Bernard Marti: On a utilisé ça pour faire nos démonstrations et il y avait des tas de services dans lesquels il y avait des bases de données.

113
00:12:18,633 --> 00:12:23,098
Bernard Marti: et notre volonté c'était de les rendre accessibles au grand public et donc ça a permis de démarrer la pompe.

114
00:12:23,138 --> 00:12:27,864
Bernard Marti: Parce que ça offrait une diversité de services, c'était déjà le Web 2.

115
00:12:28,484 --> 00:12:39,597
Bernard Marti: Le Web 2, dès le départ, la première expérimentation qui a été faite à Vélizy, toujours avec le téléviseur et puis le chauffe-place ou le téléviseur, ça a été d'expérimenter

116
00:12:40,308 --> 00:12:41,929
Bernard Marti: tout un ensemble d'applications.

117
00:12:41,989 --> 00:13:02,123
Bernard Marti: Nos partenaires étaient la Redoute, les 3 Suisses pour la vente par correspondance, la SNCF pour les informations d'horaires de train, Air France, les journaux locaux à Vélizy, et puis tout un ensemble d'associations locales ou d'entreprises locales qui fournissaient des informations pour cette expérimentation.

118
00:13:02,603 --> 00:13:08,587
Bernard Marti: Donc, dès le départ, l'ensemble des applications qui ont été développées par la suite étaient présentes sous une forme ou sous une autre.

119
00:13:08,607 --> 00:13:09,888
Bernard Marti: Ce qui s'est passé, c'est l'inverse.

120
00:13:09,928 --> 00:13:25,800
Bernard Marti: C'est-à-dire que la presse locale, dont la presse régionale bretonne, ou Est-France en l'occurrence, s'était élevée contre cette expérimentation en disant qu'elle allait faire perdre la liberté de la presse, faire concurrence à la presse papier, etc.

121
00:13:26,850 --> 00:13:41,783
Bernard Marti: Et donc, Gérard Théry, qui ne voulait pas fâcher la presse régionale, toujours pour les mêmes raisons de proximité des élections, a dit, OK, mais il y a une information dont je suis le légitime propriétaire, c'est l'annuaire téléphonique.

122
00:13:41,803 --> 00:13:47,888
Bernard Marti: Donc, je limite ma première étape à ce type d'information.

123
00:13:47,908 --> 00:13:50,010
Bernard Marti: Nous allons développer l'annuaire sous forme électronique.

124
00:13:55,400 --> 00:14:03,343
Guglielmo: Ah mais donc c'est pour ça qu'on dit que les Minitel est lié à l'annuaire.

125
00:14:03,383 --> 00:14:08,345
Guglielmo: Pas à cause d'une volonté de projet lui-même, mais à cause des conflits avec les différents partenaires.

126
00:14:08,405 --> 00:14:11,446
Guglielmo: Et en fait, ça me semble beaucoup plus logique comme idée.

127
00:14:11,486 --> 00:14:17,128
Guglielmo: Quand donné sur un projet comme les Minitel, il est naturel de se pencher sur toutes les bases des données qui existent déjà, non ?

128
00:14:17,168 --> 00:14:21,230
Guglielmo: D'ailleurs, le fait que les numériques aient suscité des craintes chez les médias traditionnels n'est pas nouveau.

129
00:14:21,710 --> 00:14:34,904
Guglielmo: Nous avons déjà évoqué avec Félix Treguer que l'ouverture d'un nouvel espace public grâce aux numériques et Internet réproduisait les mêmes mécanismes que l'invention de la presse et la diffusion à grande échelle de médias, des journaux, etc.

130
00:14:34,924 --> 00:14:40,409
Guglielmo: Du coup, c'est pas un hasard si la presse écrite s'est sentie menacée à ces moments-là par l'idée même de Minitel.

131
00:14:41,520 --> 00:14:45,565
Guglielmo: et démocratisant l'accès à l'information, ça menaçait leur position.

132
00:14:45,585 --> 00:14:52,212
Voix off: De tous ces fournisseurs d'informations, c'est la presse et surtout la presse régionale qui va le plus vite et le plus loin.

133
00:14:52,252 --> 00:14:59,420
Voix off: Sud-Ouest, Ouest-France, les dernières nouvelles d'Alsace, tous les grands titres régionaux lancent ou vont lancer des quotidiens télématiques.

134
00:15:00,398 --> 00:15:03,861
Guglielmo: La presse finira pour épouser cette nouvelle manière de partager l'info.

135
00:15:03,901 --> 00:15:08,604
Guglielmo: Au début hostiles, les producteurs d'informations ont plié devant le succès de Minitel.

136
00:15:08,644 --> 00:15:12,748
Guglielmo: Et plus tard, l'histoire nous montrera qu'ils ont dû faire de même avec les web.

137
00:15:12,768 --> 00:15:17,992
Guglielmo: Cela dit, était-il possible de s'émanciper des services industriels qui ont trouvé sur les Minitel ?

138
00:15:18,572 --> 00:15:29,777
Guglielmo: Pour faire la comparaison inévitable avec les web, aujourd'hui il est difficile de naviguer hors des cadres des gens de web, mais il existe toujours des sites indépendants, d'amateurs, d'associations et de presse indépendante.

139
00:15:29,797 --> 00:15:32,558
Guglielmo: Bon, est-ce que cela a été possible avec les Minitel ?

140
00:15:32,598 --> 00:15:34,899
Guglielmo: Est-ce que tous les mondes pouvaient créer son service ?

141
00:15:36,276 --> 00:15:38,778
Bernard Marti: Oui, n'importe qui pouvait créer son service.

142
00:15:38,818 --> 00:15:44,883
Bernard Marti: La seule condition pour créer le service intégré au service Teletel, c'était d'avoir une connexion Transpac.

143
00:15:45,123 --> 00:15:47,625
Bernard Marti: Alors, elle coûtait quand même... Elle n'était pas donnée.

144
00:15:47,825 --> 00:15:49,246
Bernard Marti: Elle coûtait assez cher.

145
00:15:49,286 --> 00:15:52,048
Bernard Marti: Mais par contre, on pouvait très bien faire des services point à point.

146
00:15:52,088 --> 00:15:59,154
Bernard Marti: Je me rappelle avoir, pour une association, développé un serveur auquel on accédait par un numéro de téléphone normal.

147
00:15:59,941 --> 00:16:07,929
Alexandre: Alors oui, ici Bernard Marti explique qu'on pouvait accéder à des serveurs privés via un numéro de téléphone classique, mais c'était assez inhabituel.

148
00:16:07,949 --> 00:16:17,518
Alexandre: Le Minitel, rappelons-le, fonctionnait grâce au réseau téléphonique, mais nécessitait en général de composer le célèbre 3615 suivi du nom du service sur son clavier pour y accéder.

149
00:16:18,138 --> 00:16:24,679
Alexandre: D'une certaine manière, c'était un peu l'ancêtre des adresses web en 3W que l'on utilise aujourd'hui sur nos navigateurs.

150
00:16:24,699 --> 00:16:29,040
Alexandre: Je crois que maintenant c'est bon, on mesure à peu près le potentiel technique de la machine.

151
00:16:29,100 --> 00:16:36,702
Alexandre: Et maintenant qu'on sait que ça a été poussé par l'état pour utiliser le réseau téléphonique, j'arrive pas à comprendre qui a financé autant de terminaux.

152
00:16:36,742 --> 00:16:44,223
Alexandre: Parce que si le Minitel a autant cartonné, c'est certes par son utilité, mais faut dire aussi que la machine était distribuée gratuitement aux abonnés du téléphone.

153
00:16:44,743 --> 00:16:54,770
Bernard Marti: Vous ne vous rappelez peut-être pas, parce que vous n'avez pas connu cette période-là, mais le téléphone aussi était fourni en prêt dans le cadre de l'abonnement téléphonique aux usagers.

154
00:16:54,830 --> 00:17:00,694
Bernard Marti: On n'achetait pas son téléphone à la boutique du coin et il n'y avait pas de concurrence entre la couleur des téléphones pour les usagers.

155
00:17:00,774 --> 00:17:07,038
Bernard Marti: Il y avait le téléphone fourni, alors il y avait plusieurs modèles, mais il y avait le téléphone fourni par l'administration des PTT.

156
00:17:07,058 --> 00:17:07,939
Bernard Marti: Pareil pour le Minitel.

157
00:17:08,239 --> 00:17:12,322
Bernard Marti: On payait le service, on payait ses communications et ça remboursait le prix du téléphone.

158
00:17:12,362 --> 00:17:16,244
Bernard Marti: On payait le service Minitel et ça remboursait le prix du terminal.

159
00:17:16,264 --> 00:17:22,648
Bernard Marti: Les téléphones étaient lourdement subventionnés par les opérateurs qui récupéraient leurs donnes sur le prix des communications.

160
00:17:22,668 --> 00:17:24,849
Bernard Marti: Donc c'était un peu la même philosophie que pour le Minitel.

161
00:17:24,869 --> 00:17:27,151
Bernard Marti: D'ailleurs, c'est l'exemple du Minitel.

162
00:17:27,951 --> 00:17:35,113
Bernard Marti: qui a conduit à ce business model de la téléphonie modible au départ.

163
00:17:35,154 --> 00:17:39,455
Bernard Marti: De la part des PTT, c'était une volonté aussi industrielle.

164
00:17:39,495 --> 00:17:50,699
Bernard Marti: Le problème était de subventionner Alcatel et ses autres collègues industriels qui avaient participé au rattrapage du retard téléphonique de la France.

165
00:17:50,739 --> 00:17:54,160
Bernard Marti: L'État post-Ghouliste avait toujours ses industriels préférés,

166
00:17:54,880 --> 00:18:03,205
Bernard Marti: Et il s'agissait d'éviter qu'ils cèdent devant la concurrence internationale, qui fonctionnait éventuellement de la même façon dans certains pays, de façon différente dans d'autres.

167
00:18:03,246 --> 00:18:07,848
Bernard Marti: Donc il y avait effectivement cette volonté de politique industrielle de la France qui n'existe plus.

168
00:18:07,908 --> 00:18:17,995
Bernard Marti: Et pas seulement dans le domaine du Midel, il y a eu l'aviation avec les Airbus, il y a eu d'autres types d'industries qui ont bénéficié de la même philosophie.

169
00:18:21,211 --> 00:18:24,395
Guglielmo: Là, je dois avouer que Bernard Marti m'a fait vraiment rêver.

170
00:18:24,415 --> 00:18:30,001
Guglielmo: Quand la technologie appartient à l'État, on peut penser à une technologie gratuite, au du moins payée différemment.

171
00:18:30,401 --> 00:18:32,123
Guglielmo: Bon, c'est tous les contraires d'aujourd'hui.

172
00:18:32,143 --> 00:18:42,114
Guglielmo: Parfois, lorsque je dois choisir un téléphone, je me retrouve submergé par l'offre disponible, essayant de déterminer quels sont les bons modèles, ceux qui répondent à mes besoins, pour les budgets que je me suis donné.

173
00:18:42,775 --> 00:18:50,981
Guglielmo: Bon, c'est vrai aussi que je suis de ceux qui comparent tous les modèles avant de choisir et j'ai pas y passer des soirées entières même si ça, ça m'ennuie mortellement.

174
00:18:51,021 --> 00:19:00,509
Guglielmo: Mais l'idée que l'État fournisse une technologie standard pour répondre aux usages de tout le monde au-delà du budget qu'on est prêt à mettre, je trouve ça séduisant.

175
00:19:00,569 --> 00:19:07,614
Guglielmo: Et en plus, peut-être que ça pourrait nous aider à distinguer les plans de besoins de plans de gadgets, à aider à réduire les gaspillages, etc.

176
00:19:08,475 --> 00:19:14,376
Guglielmo: Et à noter, pour Bernard Marti, il semble que cette idée de technologie d'état soit complètement normale.

177
00:19:14,416 --> 00:19:18,017
Guglielmo: Cependant, au cours de l'entretien, j'avais senti aussi une autre urgence.

178
00:19:18,057 --> 00:19:23,539
Guglielmo: Vous le savez, je suis italien et en Italie, il y a encore un service de télétexte qui fonctionne.

179
00:19:23,599 --> 00:19:27,419
Guglielmo: Il s'appelle Télévideo et il est présent sur tous les téléviseurs.

180
00:19:27,479 --> 00:19:34,421
Guglielmo: Il suffit d'appuyer sur un bouton de télécommande pour accéder au service et on peut consulter la météo, les programmes télévisés, les actus.

181
00:19:34,461 --> 00:19:38,142
Guglielmo: Par exemple, 777 est la page pour voir les sous-titres d'un film.

182
00:19:38,742 --> 00:19:44,905
Guglielmo: Et ce qui est amusant, c'est qu'elle est encore largement utilisée et considérée comme une source d'informations fiables.

183
00:19:44,945 --> 00:19:50,447
Guglielmo: Alors j'avoue, je suis très curieux de savoir comment ça s'est passé les dialogues avec ces homologues des pays voisins.

184
00:19:55,152 --> 00:20:06,296
Bernard Marti: Le premier niveau de discussion, c'était au niveau international, dans les instances de normalisation comme l'Union internationale des télécommunications ou la Conférence européenne des postes et télécommunications.

185
00:20:06,336 --> 00:20:10,277
Bernard Marti: L'objectif était d'obtenir une spécification standardisée européenne.

186
00:20:11,017 --> 00:20:20,182
Bernard Marti: voire internationales, le mode de communication, la façon de coder les pages, coder les caractères et les images parce qu'il y avait aussi un problème d'image.

187
00:20:20,202 --> 00:20:25,465
Bernard Marti: Donc on était en contact permanent avec nos collègues qui faisaient aussi des expérimentations chez eux.

188
00:20:25,505 --> 00:20:34,951
Bernard Marti: Par contre, ce qui ne marchait pas bien c'était les politiques industrielles des différents états qui rendaient extrêmement compliquées ces discussions parce que les allemands

189
00:20:35,811 --> 00:20:49,302
Bernard Marti: n'avaient pas l'intention d'acheter à quelqu'un d'autre qu'Azimant, les Anglais n'avaient pas l'intention d'acheter à quelqu'un d'autre que les fabricants britanniques du BREMA, le British Radio Equipment Manufacturers Association.

190
00:20:49,322 --> 00:20:59,350
Bernard Marti: Ces industriels jouaient un rôle de lobbying, chacun de leur côté, dans ces instances internationales, où ils n'étaient pas invités directement, par ailleurs.

191
00:21:00,473 --> 00:21:03,576
Guglielmo: L'histoire de Minitel croise ici celle de l'Union Européenne.

192
00:21:03,596 --> 00:21:06,979
Guglielmo: A l'époque dont nous parlons, l'UE était encore en construction.

193
00:21:07,039 --> 00:21:13,825
Guglielmo: Il n'y avait pas d'espace Schengen et il n'existait pas de structure en dehors de relations entre pays pour discuter de développement industriel.

194
00:21:14,526 --> 00:21:24,835
Guglielmo: Certes, il y avait des choses qui étaient faites, il y avait l'Europe des 6 pays, puis des 8, puis des 9, mais par rapport à aujourd'hui, c'était encore un projet à dévenir dans l'esprit des personnes et aussi dans la pratique.

195
00:21:25,776 --> 00:21:32,945
Guglielmo: Et dans ce tableau général, l'histoire de Minitel nous apprend encore une chose qui va à l'encontre de l'image qu'on s'est fait de progrès dès la tech.

196
00:21:32,985 --> 00:21:39,753
Guglielmo: Si la recherche a ouvert de possibilités, l'industrie elle, avec ses intérêts privés et son lobbying, a été un frein.

197
00:21:40,890 --> 00:21:49,976
Guglielmo: Je ne sais pas si Bernard veut vraiment tirer des conclusions générales, mais ce qui est certain, c'est qu'une autre façon de penser la technologie est possible, tout comme c'était à l'époque.

198
00:21:50,016 --> 00:21:52,678
Guglielmo: Vous me direz que je simplifie peut-être un peu.

199
00:21:52,718 --> 00:22:05,627
Guglielmo: Par exemple, un autre frein possible pourrait être le fait que les infrastructures, comme celles téléphoniques, sont nationales, et que cela pourrait entraîner des difficultés d'interfaçage entre différents pays, des réseaux gérés différemment, etc.

200
00:22:06,748 --> 00:22:11,350
Guglielmo: Si cela est vrai, les seuls moyens de le vérifier, c'est de le demander directement à Bernard.

201
00:22:12,150 --> 00:22:20,613
Bernard Marti: Alors le réseau lui-même, en Europe, le réseau de transmission par paquet, dont Transpac était l'instance française, pendant plusieurs années.

202
00:22:21,800 --> 00:22:27,764
Bernard Marti: ça a été le seul réseau de données qui a été normalisé dans des instances officielles.

203
00:22:27,804 --> 00:22:46,074
Bernard Marti: Internet n'a jamais été normalisé dans des instances officielles, c'est un produit industriel qui a été développé de façon locale aux États-Unis, en l'occurrence, et puis qui a gagné sur le fait que, petit à petit, les opérateurs de télécommunications ont été privatisés ou au moins libéralisés.

204
00:22:46,374 --> 00:22:57,498
Bernard Marti: Mais Transpac a été une norme, est toujours d'ailleurs, même s'il n'est plus exploité, une norme internationale approuvée par l'UIT qui est une agence spécialisée de l'ONU.

205
00:22:57,618 --> 00:22:59,419
Bernard Marti: Donc la partie réseau, il n'y a pas de problème.

206
00:22:59,459 --> 00:23:02,840
Bernard Marti: C'est vraiment la partie à la fois information et industrielle.

207
00:23:02,860 --> 00:23:11,903
Bernard Marti: La partie industrielle pour la fabrication des terminaux et au niveau plus intellectuel, la façon de représenter l'information.

208
00:23:13,836 --> 00:23:25,347
Alexandre: Donc, malgré une Europe naissante, faire coopérer les différents acteurs sur le plan technologique de l'information et de la communication semble quasiment mission impossible pour des raisons de souveraineté industrielle.

209
00:23:25,568 --> 00:23:31,373
Alexandre: Alors, même s'il n'y avait pas que ça, c'est intéressant de voir à quel point les industriels pesaient déjà lourd dans les choix technologiques de l'époque.

210
00:23:31,413 --> 00:23:36,939
Alexandre: D'ailleurs, ce que laisse entendre Bernard Marti en évoquant Internet va dans le même sens, et c'est tout aussi révélateur.

211
00:23:37,479 --> 00:23:44,022
Alexandre: Le réseau américain, lui, s'est imposé mondialement avec sa vision bien précise de la gestion des technologies de l'information.

212
00:23:44,062 --> 00:23:52,305
Alexandre: Une approche fondamentalement privée à mettre en parallèle avec le Minitel, soutenu par les PTT, l'administration française publique des télécoms.

213
00:23:52,345 --> 00:23:55,607
Alexandre: Par contre, ça y est, on commence enfin à parler d'internet.

214
00:23:55,647 --> 00:24:07,132
Alexandre: Et forcément, les comparaisons avec le Minitel s'imposent tellement d'elles-mêmes qu'on a du mal à croire que, pendant que ce dernier se développait en France, Bernard Marty et son équipe n'aient pas eu vent de ce qui se passait de l'autre côté de l'Atlantique.

215
00:24:08,933 --> 00:24:09,793
Bernard Marti: très marginalement.

216
00:24:09,833 --> 00:24:19,176
Bernard Marti: A l'époque, c'était surtout le courrier électronique, le mail, le transfert de fichiers, donc on n'était pas directement concerné par cette partie-là d'Internet.

217
00:24:19,216 --> 00:24:36,440
Bernard Marti: C'est au moment où le web est apparu, donc en 92-93, donc 10 ans ou 12 ans après le lancement du Minitel, qu'il y avait forcément un lien, concurrence ou coopération, mais un lien entre le vidéotexte, partie présentation,

218
00:24:37,200 --> 00:24:41,585
Bernard Marti: et le web, partie présentation de la caisse sur internet.

219
00:24:41,625 --> 00:24:45,849
Bernard Marti: Quand on veut expliquer les choses, le problème c'est que quand on parle d'internet, on parle surtout du web.

220
00:24:45,889 --> 00:24:47,550
Bernard Marti: Alors que ce n'est qu'un dessert.

221
00:24:47,570 --> 00:24:50,834
Bernard Marti: Le web est un service d'internet et l'internet n'est qu'un réseau.

222
00:24:50,894 --> 00:24:55,178
Bernard Marti: Et donc la concurrence était entre internet et Transpac, pas entre internet et le Minitel.

223
00:24:57,324 --> 00:25:04,267
Alexandre: J'ai cédé à la facilité et j'ai mis en parallèle Internet et le Minitel, et notre invité a bien fait de me reprendre.

224
00:25:04,287 --> 00:25:21,673
Alexandre: Par ailleurs, il fait bien aussi de rappeler la différence entre Internet et le web, à savoir qu'Internet, c'est le réseau, et que ce réseau permet plein d'applications, comme envoyer des mails, télécharger en paire à paire, et naviguer sur le web, donc consulter des pages de contenu, voilà pour la brève définition.

225
00:25:22,053 --> 00:25:28,840
Alexandre: Mais donc si on revient au Minitel, c'est dans les années 90 que le web commence doucement à s'installer dans les foyers.

226
00:25:28,900 --> 00:25:36,747
Alexandre: Et puisque le Minitel c'est donc une machine et pas un réseau, je me demande, est-ce qu'on s'est posé la question de connecter le Minitel à internet ?

227
00:25:36,807 --> 00:25:39,210
Alexandre: Et pourquoi pas le faire interagir avec le web ?

228
00:25:40,360 --> 00:25:45,442
Bernard Marti: Alors, il y a des webphones, il y a eu des webphones, j'en ai un chez moi.

229
00:25:45,482 --> 00:25:49,984
Bernard Marti: Donc il y a eu des terminaux qui recevaient par internet des pages.

230
00:25:50,944 --> 00:25:56,046
Bernard Marti: Il y a eu des serveurs à noire aux normes militaires sur internet.

231
00:25:56,066 --> 00:26:00,628
Bernard Marti: Et il y a eu une tentative effectivement qui a avorté, mais qui a existé.

232
00:26:00,668 --> 00:26:06,151
Guglielmo: Aujourd'hui, nous savons que ces tentatives ont échoué parce que le web s'est imposé comme la seule infrastructure.

233
00:26:06,871 --> 00:26:08,852
Guglielmo: Il n'y avait pas de place pour autre chose.

234
00:26:09,773 --> 00:26:14,835
Guglielmo: Mais voyons comment Bernard Marty a vécu l'arrivée de ces fameux web.

235
00:26:15,055 --> 00:26:20,056
Bernard Marti: En 90-92, quand le web est apparu, ça n'était déjà plus mon sujet de travail principal.

236
00:26:20,076 --> 00:26:22,417
Bernard Marti: Ça était passé au niveau industriel, au niveau déploiement.

237
00:26:22,977 --> 00:26:27,698
Bernard Marti: Donc j'étais beaucoup plus neutre vis-à-vis de ces changements de technologie.

238
00:26:27,738 --> 00:26:35,501
Bernard Marti: Par contre, on a vraiment senti dans les années 97-98 que le virage était inévitable.

239
00:26:37,121 --> 00:26:39,382
Bernard Marti: Alors je peux vous expliquer comment.

240
00:26:40,363 --> 00:26:46,194
Bernard Marti: on avait un contrat avec les Chinois pour faire du Minitel chinois.

241
00:26:46,374 --> 00:26:51,785
Bernard Marti: En 1996, on a travaillé à Pékin pour former les ingénieurs des télécoms chinoises.

242
00:26:52,432 --> 00:26:57,694
Bernard Marti: Et puis tout de suite après, une première expérimentation, c'était terminé.

243
00:26:57,714 --> 00:26:59,374
Bernard Marti: Donc on a vu ce virage.

244
00:26:59,394 --> 00:27:05,016
Bernard Marti: Mais par contre, les technologies qu'on a développées avec les Chinois ont été utilisées par eux sur Internet.

245
00:27:05,036 --> 00:27:16,280
Bernard Marti: La technologie de saisie à partir d'un clavier ayant le nombre de touches du clavier AZERTY classique pour saisir des caractères chinois, elle avait été créée pour faire ce Minitel chinois.

246
00:27:16,300 --> 00:27:18,921
Bernard Marti: Donc ce n'était pas une perte complète de savoir-faire.

247
00:27:18,961 --> 00:27:20,582
Bernard Marti: Mais le réseau, c'était fini.

248
00:27:27,697 --> 00:27:28,167
Intro: AZERTY !

249
00:27:30,104 --> 00:27:36,167
Alexandre: Faisons écho à ce que nous disait notre invité plus tôt sur la volonté politique industrielle de la France qui n'existe plus.

250
00:27:36,207 --> 00:27:46,413
Alexandre: Pendant l'interview, quand il nous parle de ça, je ne peux pas m'empêcher de penser à Dailymotion, le YouTube français qui, à l'époque, avait le potentiel de tenir tête aux géants américains.

251
00:27:46,433 --> 00:27:55,658
Alexandre: L'histoire du Minitel, j'ai le sentiment qu'elle est similaire, que quelque part, il y a eu un manque de soutien au Minitel et à Transpac pour faire face à l'arrivée d'internet et du web dans les foyers.

252
00:27:55,678 --> 00:27:59,180
Alexandre: Mais je pense que Bernard expliquera mieux que moi ce qui a conduit à la chute du Minitel.

253
00:28:00,187 --> 00:28:09,453
Bernard Marti: Je veux dire que la privatisation et la libéralisation du monde des télécoms a permis, disons, à donner la préférence à la concurrence d'internet.

254
00:28:09,513 --> 00:28:18,378
Bernard Marti: On aurait très bien pu faire du web sur Transpac et on aurait eu un système beaucoup plus sécure, beaucoup moins piratable que le réseau internet.

255
00:28:18,398 --> 00:28:21,280
Bernard Marti: Par sa structure, le réseau internet est facile à pirater.

256
00:28:21,300 --> 00:28:25,643
Bernard Marti: Par sa structure de circuit privé virtuel,

257
00:28:26,823 --> 00:28:30,685
Bernard Marti: de Transpac, il était beaucoup plus compliqué de le pirater.

258
00:28:30,705 --> 00:28:33,687
Bernard Marti: Bon, c'est pas le bon choix qui a été fait, de ce point de vue-là en tout cas.

259
00:28:33,707 --> 00:28:38,489
Bernard Marti: Au point de vue de la cyber défense, je vous garantis que ça aurait été complètement différent aujourd'hui.

260
00:28:39,149 --> 00:28:50,695
Bernard Marti: Bon, on a perdu ça, donc après il n'y a pas eu la volonté des PTT de transférer le vidéotexte sur internet et ça a fini par stagner, oui.

261
00:28:55,823 --> 00:29:05,668
Guglielmo: Humainement, ce qui me frappe chez Bernard Marti, c'est qu'il nous parle de la chute de sa technologie, de son invention pourtant importante, de son bébé, avec sérénité et un grand sourire.

262
00:29:05,688 --> 00:29:11,811
Guglielmo: Comme si l'échec de Minitel n'était pas un problème en soi, parce que l'important est dans tout le reste de l'histoire.

263
00:29:11,831 --> 00:29:23,917
Guglielmo: Mais si j'essaie de me mettre à sa place, je me dis qu'il a dû avoir un moment, un anecdote, un moment précis dans le temps, qui lui a fait dire en son intérieur, ah, donc les Minitel c'est fini et l'avenir c'est les web.

264
00:29:23,977 --> 00:29:25,178
Guglielmo: Eh ben voyons avec Bernard.

265
00:29:26,625 --> 00:29:29,408
Bernard Marti: En 1995, ma fille passait sa maîtrise.

266
00:29:29,468 --> 00:29:35,993
Bernard Marti: Et sa maîtrise, c'était l'établissement d'une base de données des Saint-Bretons consultable par Internet.

267
00:29:36,013 --> 00:29:37,895
Bernard Marti: J'ai travaillé avec elle un petit peu quand même.

268
00:29:37,935 --> 00:29:40,237
Bernard Marti: J'ai aidé à fond.

269
00:29:40,277 --> 00:29:44,220
Bernard Marti: Ma fille a commencé à faire des bases de données éventuellement consultables sur Internet.

270
00:29:44,700 --> 00:29:47,383
Bernard Marti: plus tard consultable sur Internet, elle avait 10 ans.

271
00:29:47,403 --> 00:29:51,827
Bernard Marti: Le web a démarré assez lentement, en tout cas en France, mais même dans le monde.

272
00:29:51,847 --> 00:30:05,441
Bernard Marti: Nous, on a eu à la fois la chance et la malchance que les usagers des services de texte sur écran étaient déjà formés à cet usage, le clavier, l'écran, les requêtes, etc.

273
00:30:05,481 --> 00:30:06,442
Bernard Marti: Bien avant, nos voisins

274
00:30:07,321 --> 00:30:11,383
Bernard Marti: dont les systèmes vidéothèques avaient déjà périclité avant le début des années 90.

275
00:30:11,783 --> 00:30:19,968
Alexandre: Du coup, par une ergonomie technique, presque, le clavier, l'utilisation d'écran et tout ça, vous avez presque facilité l'adoption du web ?

276
00:30:20,695 --> 00:30:35,533
Bernard Marti: Oui, à la fois on a permis la survie du Minitel pendant un certain temps, parce que pour avoir le web, il fallait avoir un ordinateur, qui n'était quand même pas gratuit, et donc il y a eu un certain décalage par rapport aux pays étrangers qui n'avaient pas cette possibilité, dont les usagers n'avaient pas cette possibilité.

277
00:30:35,613 --> 00:30:38,697
Bernard Marti: Il y a eu ce décalage qui a été dénoncé par la presse en maintes occasions.

278
00:30:39,277 --> 00:30:48,690
Bernard Marti: Mais en même temps, il y a eu ensuite une facilité d'adoption à partir du moment où le prix des ordinateurs domestiques devenait abordable pour le grand public.

279
00:30:48,710 --> 00:30:51,795
Bernard Marti: L'adoption était beaucoup plus rapide parce que l'usage existait déjà.

280
00:30:55,399 --> 00:31:04,883
Guglielmo: Si on s'arrête à réfléchir à la vitesse à laquelle nous avons appris à utiliser un clavier et un souris, à changer radicalement notre façon de communiquer, c'est assez impressionnant.

281
00:31:04,943 --> 00:31:11,626
Guglielmo: Et le fait qu'à l'époque, les français avaient un léger avantage donné par les Minitel, aujourd'hui j'ai l'impression que ça ne se ressent plus, non ?

282
00:31:11,666 --> 00:31:22,070
Guglielmo: Mais il ne reste pas moins que les Minitel restera dans les livres de l'histoire de la technologie, comme l'un des premiers exemples de terminaux permettant l'accès au réseau de communication à grande échelle.

283
00:31:22,290 --> 00:31:23,211
Guglielmo: Et à propos d'histoire,

284
00:31:23,811 --> 00:31:30,481
Guglielmo: Dans son laboratoire, avait-il conscience de contribuer à un moment important historique du développement de la société numérique ?

285
00:31:31,562 --> 00:31:32,764
Bernard Marti: Non.

286
00:31:32,804 --> 00:31:37,050
Bernard Marti: Bon, on était des techniciens et un certain nombre d'informaticiens.

287
00:31:37,878 --> 00:31:40,520
Bernard Marti: Dans l'informatique, une technologie, ça dure dix ans.

288
00:31:40,540 --> 00:31:42,181
Bernard Marti: Déjà à l'époque.

289
00:31:42,201 --> 00:31:49,807
Bernard Marti: Déjà à l'époque, on parlait des générations d'ordinateurs, générations de systèmes d'exploitation.

290
00:31:49,827 --> 00:32:01,977
Bernard Marti: Les grandes études de l'époque, c'était de trouver une architecture de l'informatique qui permettait de limiter la casse quand on changeait de génération, garder constante ce qui ne bougeait pas, et puis ne développer que

291
00:32:02,957 --> 00:32:12,430
Bernard Marti: que l'innovation particulière sur une couche qui était indépendante et qui avait simplement des interfaces avec les couches au-dessus et les couches au-dessous.

292
00:32:12,470 --> 00:32:19,400
Bernard Marti: Donc bon, dix ans c'était déjà beaucoup et ça a duré trente ans.

293
00:32:20,245 --> 00:32:25,548
Alexandre: Pendant 30 ans donc, l'invention de Bernard Marti et de son équipe a pris place dans les foyers français.

294
00:32:25,768 --> 00:32:34,414
Alexandre: Cette machine qu'on peut juger un peu austère avec des yeux habitués au smartphone et autres gadgets toujours plus impressionnants, a quand même marqué l'histoire des télécommunications.

295
00:32:34,454 --> 00:32:44,460
Alexandre: C'est en 2012 que le réseau Transpac s'est arrêté, rendant le Minitel largement obsolète, sauf pour quelques bidouilleurs qui s'amusent encore à le connecter à internet et à lui trouver de nouveaux usages.

296
00:32:44,860 --> 00:32:48,863
Alexandre: Pour notre invité à 82 ans, cette histoire, elle est derrière lui.

297
00:32:48,883 --> 00:32:53,527
Alexandre: Mais en off, en discutant un peu, vient la question des usages quotidiens du numérique.

298
00:32:53,627 --> 00:32:55,969
Alexandre: Et là, on sent que la passion est toujours là.

299
00:32:56,029 --> 00:33:04,255
Alexandre: L'ancien de l'ORTF nous parle avec enthousiasme des logiciels de montage récents ou de la façon dont il gère sa bibliothèque grâce à des bases de données.

300
00:33:04,315 --> 00:33:13,222
Alexandre: En terminant cette émission avec tout ça, on se disait que ça faisait sens de donner la parole à l'ingénieur en chef derrière le Minitel pour jeter un regard sur le monde numérique d'aujourd'hui.

301
00:33:13,962 --> 00:33:21,390
Bernard Marti: Je pense qu'il y a un abus d'usage de ce monde numérique qui élimine l'humain des circuits de communication.

302
00:33:21,450 --> 00:33:25,494
Bernard Marti: Et ça, ce n'est pas ce qu'on voulait.

303
00:33:25,514 --> 00:33:32,942
Bernard Marti: Bien sûr, on voulait permettre aux humains d'accéder plus facilement à des informations, à la connaissance.

304
00:33:34,123 --> 00:33:36,286
Bernard Marti: C'était un côté qu'on pourrait appeler Wikipédia aujourd'hui.

305
00:33:37,568 --> 00:33:47,473
Bernard Marti: pas le fait de remplacer l'interlocuteur humain par une machine qui, en plus, vous demande de prouver que vous n'êtes pas un robot.

306
00:33:47,513 --> 00:33:59,920
Bernard Marti: Donc, oui, il y a un abus considérable de numérique au niveau sociétal qui, à mon avis, est catastrophique et va conduire à des catastrophes sociales.

307
00:34:00,460 --> 00:34:03,322
Bernard Marti: Ce n'est pas quelque chose qu'on voulait, non.

308
00:34:03,362 --> 00:34:11,507
Bernard Marti: Je suppose que quand Marie Curie a découvert l'usage de la radioactivité, elle ne s'attendait pas à ce qu'on fasse des bombes avec.

309
00:34:15,843 --> 00:34:21,504
Alexandre: Evidemment, après coup, Bernard Marti me dira qu'il ne se comparaissait pas à Marie Curie, c'était pour la formule.

310
00:34:21,564 --> 00:34:25,525
Alexandre: En attendant, libre à chacun de trouver résonance ou pas avec ses conclusions.

311
00:34:25,565 --> 00:34:28,446
Alexandre: Un grand merci à lui pour avoir accepté de répondre à nos questions.

312
00:34:28,506 --> 00:34:32,747
Alexandre: On a particulièrement apprécié faire cette émission, donc on espère que ça vous a plu également.

313
00:34:32,767 --> 00:34:38,928
Alexandre: Si c'est le cas, n'hésitez pas à vous abonner au podcast, à nous laisser des étoiles et des commentaires, ça nous aide beaucoup.

314
00:34:38,968 --> 00:34:44,330
Alexandre: Et si vous nous écoutez sur Radio Grenouille, venez faire un tour sur le podcast, on y propose des épisodes un peu plus longs.

315
00:34:44,350 --> 00:34:45,710
Alexandre: Merci d'avoir écouté, à bientôt !

316
00:34:45,770 --> 00:34:46,512
Alexandre: AZERTY !
==/ Sous-titres générés avec IA (Whisper), editing et proofing par Guglielmo Fernandez Garcia /==