Contre-temps

On dit parfois que la parole des victimes de violences « s’est libérée ». En vérité, ces récits existent depuis longtemps : ce qui change, c’est notre capacité collective à écouter, à croire, à regarder en face. Mais comment raconter la violence - celle qui traverse les guerres, les répressions, les rues, les foyers - sans la réduire au sensationnel, sans la rendre abstraite, sans taire les mécanismes de domination qui la rendent possible ? 


Reporter de terrain, en ce moment correspondante en Ukraine pour la RTS, Maurine Mercier travaille au plus près des zones de conflit et des vies prises dans la brutalité du monde. Pauline Chanu est autrice, journaliste et documentariste pour France Culture. En son et à l’écrit, elle autopsie la mécanique des féminicides comme guerre mondiale contre les femmes. Cet automne, elle a publié son premier essai Sortir de la maison hantée. Comment l’hystérie continue d’enfermer les femmes. Le travail de ces deux journalistes nous permet de déplacer la focale : de regarder la violence de là où elle part. Car si la violence a mille formes, ses auteurs sont, très majoritairement, des hommes. Qu’est-ce que ça change - dans nos récits comme dans nos responsabilités ?


Enregistré en public à Bonlieu scène nationale Annecy durant le festival Stay'in alive.

Journaliste : Pauline Josse
Réalisation : Clément Nouguier

Qu'est-ce que Contre-temps ?

Making Waves lance un podcast de conversation pour contrer la petite musique ambiante réactionnaire, la banalisation des idées d’extrême-droite, les “boh c’est comme ça, de toute façon, on ne peut rien y faire”. Cette mélodie sinistre qui sature l’espace médiatique, fait passer les résistances du quotidien pour des utopies naïves, nous fait croire que maintenir l’ordre dominant, ce serait juste l’expression d’un bon sens pragmatique.

Dans ce podcast, on prend le temps d’écouter celles et ceux qui font gripper la machine à dominer, à écraser, à exploiter : des militant·es, dramaturges, auteur·ices, journalistes, médecins, travailleur·euses sociaux, chercheur·euses... Celles et ceux qui, à contre-temps, ouvrent des brèches, provoquent l’imprévu, point de départ de tous les possibles.

Un podcast animé par Pauline Josse, enregistré en public une fois par mois.