Les Enfermé·es

Épisode 2 : Entre quatre murs

De tous les lieux de privation de liberté, la cellule de prison est l’espace dans lequel le régime d’enfermement est le plus strict et le plus long. Et dans de très nombreuses prisons, ces quatre murs hébergent plusieurs personnes. Dans les maisons d’arrêt, où sont incarcérés 70% des détenus, la surpopulation carcérale a atteint en 2025 des niveaux inégalés. Les détenus s’entassent jusqu’à quatre personnes dans des cellules de 9m² : elles y vivent la promiscuité, l’indignité, la vulnérabilité. Mais la cellule est aussi un lieu où la vie continue. 

Qu'est-ce que Les Enfermé·es ?

Derrière chaque porte close, il y a des voix qu’on n’entend pas.

Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL) a été créé par la loi en 2007 pour les écouter - et pour veiller au respect des droits fondamentaux de toutes celles et ceux que la justice ou l’administration décident d’enfermer.

Ses contrôleurs peuvent entrer à tout moment, de jour comme de nuit, dans les prisons, les hôpitaux psychiatriques, les centres de rétention administrative, les locaux de garde à vue ou les centres éducatifs fermés. Ils franchissent chaque porte, rencontrent détenus, patients, retenus, personnels, et rendent compte publiquement de ce qu’ils observent, en formulant des recommandations pour garantir la dignité et les droits humains.

Chaque année, près de 150 lieux sont visités et des centaines de témoignages reçus.

À la tête de cette institution, Dominique Simonnot, ancienne journaliste, occupe depuis 2020 la fonction de contrôleuse générale. Avec la série Les Enfermé·es, elle fait entendre les voix de celles et ceux qui vivent ou travaillent derrière les murs - et parfois, les murs eux-mêmes.

Une traversée sonore des prisons, des hôpitaux psychiatriques et des centres de rétention administrative, où chaque lieu, chaque silence, chaque mot interroge ce que l’enfermement dit de notre société.