Deux ans après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 et l’offensive israélienne contre Gaza, la question de la résolution du conflit au Proche-Orient a été remise sur la table à la suite de la reconnaissance de la Palestine par de nouveaux États, dont la France, le mois dernier. Alors que l’annonce d’un plan de paix proposé par Donald Trump semble relancer un espoir de cessez-le-feu et de libération des otages et prisonniers dans la région, il est nécessaire de repenser les perspectives de résolution du conflit à Gaza. Pour espérer « faire la paix », il est nécessaire de revenir aux racines profondes d’un affrontement qui dure depuis plus d’un siècle. Les deux peuples portent une blessure identitaire profonde, et renoncer à ce que chacun considère comme sa terre est inconcevable, d’un côté comme de l’autre
Si la proposition d’une solution à deux États ne semble jusqu’ici pas avoir trouvé d’issue, une coexistence durable de deux entités étatiques israélienne et palestinienne sur un même territoire pourrait-elle être envisageable ? Dans cette hypothèse, comment rompre avec la logique coloniale et les violences qui l'accompagnent pour sortir de ce cycle de haine ? Quel serait le médiateur à privilégier pour la résolution du conflit au Proche-Orient ?
What is Pascal Boniface?
Le silence sur la situation génocidaire à Gaza interpelle. Comment expliquer le deux poids deux mesures lorsque l’on compare les indignations – légitimes – provoquées par les bombardements russes sur l’Ukraine et l’omerta sur ceux qui visent la population palestinienne civile soumise à un blocus ?
Le drame se noue autour d’un cocktail de sentiments de culpabilité, de solidarité culturelle, de peur de l’islam voire d’hostilité contre cette religion, présentée comme un danger sociétal et sécuritaire, de mémoires coloniales mal digérées et d’adhésion au concept de « choc des civilisations ». Dans les médias et la classe politique, un tel mélange suscite un soutien quasi généralisé à l’action du gouvernement israélien.
Permis de tuer analyse les motifs et les conséquences de la négation du risque génocidaire. Ceux qui le dénoncent sont qualifiés d’antisémites ou de complices du terrorisme. Pourtant, la réalité est que nous sommes face à une faillite morale ; et nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas…