Entretiens avec les protagonistes des initiatives de lutte contre la désinformation dans l’espace francophone.
Odile le podcast, une production de la plateforme francophone de lutte contre la désinformation, une collaboration entre l'organisation internationale de la francophonie et check first. Avec Guillaume Kuster.
Speaker 2:Et Floriane Marinier, Odile le podcast, c'est une série d'entretiens avec celles et ceux qui luttent contre les désordres de l'information dans l'espace francophone. Bonjour et bienvenue dans Odile le podcast, un épisode qui s'intéressera aujourd'hui au rôle des langues locales dans la lutte contre les désordres de l'information à la radio et ailleurs. Aujourd'hui nous accueillons Ange Kassongo, rédactrice en chef du média de vérification des faits Balobaki-tchèque basé à Kinshasa, c'est en RDC en République démocratique du Congo, on écoute un extrait.
Speaker 3:Selon les coins un sujet peut être important mais quand ce n'est pas traduit dans la bonne langue, la langue qui parlait dans ce coin-là, on ne touche pas à la la cible et donc du coup le message n'a pas l'impact souhaité.
Speaker 2:Mais avant de parler avec ange plus en longueur, voici un résumé des actualités marquantes de la lutte contre les désordres de l'information dans l'espace francophone.
Speaker 1:Alors ce mois-ci, on a accueilli 3 nouvelles initiatives de lutte contre le désordre de l'information dans notre annuaire, Titi Safact, Fakchak Congo et Defacto. On leur souhaite à nouveau la bienvenue parmi la centaine d'initiatives que nous avons répertoriées et si vous voulez en faire partie vous aussi rendez-vous sur Audi point org.
Speaker 2:On reparle d'intelligence artificielle, on le sait les manipulations de l'information sont de plus en plus sophistiquées et l'IA n'y est pas étrangère, mais elle elle peut aussi être mobilisée pour renforcer l'intégrité de l'information. C'est le sujet d'une table ronde qui était organisée par l'organisation internationale de la francophonie qui s'est tenue à Bruxelles le 6 mai et si vous n'avez pas pu y assister, vous avez de la chance, la rediffusion est disponible sur YouTube, le lien est dans les notes d'épisode.
Speaker 1:On poursuit avec un constat inquiétant de Reporters sans frontières. Dans le monde entier, la liberté de la presse se dégrade. Selon le dernier classement de l'ONG, les journalistes subissent de mauvaises conditions de travail dans 50 pour 100 des pays. En cause, les pressions économiques sur les médias qui ont des conséquences directes sur leur indépendance.
Speaker 2:Un dernier rappel pour soumettre votre dossier, vous avez jusqu'au trente-et-un mai pour déposer votre candidature à l'appel à projet de jumelage entre initiatives francophone de lutte contre les désordres de l'information, un projet de l'organisation internationale de la francophonie. Toutes les modalités sont à retrouver sur notre site, odile point org. Et si vous voulez voir concrètement à quoi ressemblait le projet gagnant ou l'un des projets gagnants, à quoi ressemblait l'un des projets gagnants, on vous conseille aussi de lire notre article sur les précédents lauréats à retrouver dans les notes d'épisodes et sur Odile point org.
Speaker 3:Bonjour Ange Cassongo. Bonjour Floriane.
Speaker 1:Alors avant d'entrer dans le vif du sujet, on va juste vous demander ce que fait Balo Baki-Check en langue locale, quelles sont vos productions en langue locale
Speaker 3:Alors Balobaki-tchèque qui est d'ailleurs un mélange du lingala qui est l'une des 4 langues nationales de parler en République démocratique du Congo et a donc déjà un penchant très local en fait l'idée c'est de pouvoir parler à la communauté directement et qui dit communauté congolaise c'est d'abord nos 4 langues nationales le lingala le swahili le kikongo et le tuba qui regroupe en fait les 4 principales zones de du pays et le français vient après parce que c'est la langue officielle en fait et on est certes le plus grand pays de la francophonie en termes de population mais le taux d'analphabétisation au pays reste quand même assez élevé et donc le baky check ses voeux de parler à la communauté dans ces langues locales et en fait beaucoup de podcasts entre lui des podcasts qui sont ensuite traduits dans les 4 langues nationales par des radios partenaires qui sont donc réparties dans les 4 zones du pays.
Speaker 2:Oui donc on le comprend, le français c'est une langue qui est parlée par à peu près la moitié de la population je crois en en RDC, oui comprise et et on voit bien le le l'importance de produire d'abord à destination des différentes langues qui sont parlées dans cet énorme pays avec forcément des des zones où on ne parle pas les les mêmes langues. Quel est votre processus de production parce que vous disiez les podcasts sont produits puis traduits par les radios partenaires, c'est-à-dire que vous les produisez dans quelle langue originellement
Speaker 3:On les produit en français et en lingala et ensuite les radios communautaires les traduisent en swahili, en qui compte ou en tulobba. Mais le processus reste on va dire la méthodologie travail c'est la même que lorsqu'on écrit un fact check en fait nos podcasts sont avant tout les articles de fact check qui sont rédigés par l'équipe et ensuite c'est long surtout la l'impact et la viralité du du du message de la fake news comme comme à quel à quel niveau ça impacte la communauté on identifie on choisit de de traduire dans les langues locales selon la viralité. Après comme on est en contact aussi avec les radios partenaires, ils peuvent aussi les journalistes des radios partenaires nous font remonter aussi des affirmations qui circulent dans la communauté et ça aussi ça nous permet de de partir d'un fact check en partant par exemple de d'affirmation bouteuse qui qui ont été signalées par les par les radios partenaires.
Speaker 1:Donc vous nous disiez effectivement que vous vous diffusez vos podcasts et vos fact checking via les radios partenaires en langue locale. Est-ce que vous les diffusez uniquement via les radios ou aussi par internet
Speaker 3:On les diffuse principalement dans les radios mais aussi à travers notre chaîne Soundcloud sur et on diffuse aussi dans les langues locales parce qu'il faut que les langues locales prennent aussi leur place sur les plateformes numériques, c'est important pour permettre aussi la la valorisation déjà de nos langues locales, mais on touche aussi un public plus large. Il y a beaucoup de membres de la communauté qui sont basés dans d'autres coins du monde et c'est aussi important de de voir que les messages peuvent toucher des personnes qui parlent swahili dans tout dans la région par exemple des Grands Lacs, swahili est une langue commune donc ça peut être important pour des lecteurs au Burundi ou à Kampala de de suivre un podcast sur Soundcloud, mais qui est traduit en soi-même.
Speaker 2:Oui, ça c'est une problématique encore différente qui est de la représentation ou la représentativité des des langues locales africaines ou ou d'ailleurs sur internet et et ça ouvre tout un chapitre aussi sur l'ingestion de ces langues-là et des contenus dans ces langues-là par les IA parce qu'on en parle beaucoup, mais c'est un sujet je pense pour un autre podcast, mais mais revenir sur sur l'efficacité, la raison fondamentale pour laquelle vous vous devez de produire des contenus dans ces langues-là, c'est toucher les populations même illettrés qui sont victimes de désinformation parce que vous faites face aux rumeurs qui circulent dans les groupes WhatsApp, aux rumeurs de personne à personne parce qu'on l'a vu quelque part en ligne, et caetera et le médium radio vous permet en fait de parler à tout le monde dans sa langue natale. Par définition c'est plus efficace que de le faire en en français
Speaker 3:Dans une certaine mesure oui, parce que quand on parle en français, on sait à qui on s'adresse, ça dépend de la cible aussi. Et quand on parle dans les langues locales, on sait aussi à qui on s'adresse. C'est pour ça que je disais tout à l'heure que beaucoup de d'affirmations douteuses qui font l'objet d'un factuel qui sera ensuite publié ou diffusé en en podcast, c'est aussi selon l'impact et la viralité de ces fact checks. Parfois nous depuis Kinshasa qui est la capitale donc siège des institutions, on peut considérer que certains sujets sont bon moyennement importants, mais un correspondant qui a Boutembô, on va être en mesure de nous dire ah non non non ces sujets c'est hyper important en ce moment dans la communauté parce que ça peut être à la base des tensions ethniques et et caetera. Donc il y a toujours d'où cette importance d'avoir ce regard très global de des collègues qui sont aussi dans les 4 coins du pays parce que ça nous permet les uns les autres de pouvoir mesurer l'impact et la pertinence des sujets que nous transformons de de fact check écrit à fact check podcast.
Speaker 3:Mais aussi parce que c'est dans les coins un sujet peut être important mais quand ce n'est pas traduit dans la la la bonne langue, la langue qui parlait dans ce coin-là, on ne touche pas à la la cible et donc du coup le message n'a pas l'impact souhaité parce que finalement pourquoi on le fait, ce n'est pas seulement pour valoriser notre façon de travailler, notre méthodologie, démontrer notre rigueur, mais être sûr que cette information de qualité parvient à toucher la communauté et et sauver des vies et créer l'opinion pour pouvoir être en mesure de faire des, de prendre les bonnes décisions.
Speaker 1:Vous parliez effectivement de tous vos journalistes qui sont dispatchés un peu dans les, aux 4 coins de de la RDC pour bien couvrir tous les sujets de désinformation et pour atteindre au mieux les personnes concernées. Est-ce que vous vous appuyez aussi sur des influenceurs locaux et de quelle manière Toujours pour lutter contre la désinformation en langue locale.
Speaker 3:Alors c'est vrai que les influenceurs sont des acteurs qui ont qui ont pris beaucoup de place depuis un moment sur les les réseaux sociaux partout d'ailleurs, mais nous essayons de thématiser enfin de catégoriser les influenceurs selon les thématiques qui font l'objet de leur production de contenu et nous nous avons identifié quelques-uns que nous avons essayé de faire intégrer en fait nous avons lancé une plateforme qui s'appelle le collectif de fact shaker de la RDC. En fait c'est c'est parce que certains profils ne sont pas forcément des journalistes, ce sont donc des influenceurs, mais qui ont suivi et qui sont intéressés par la vérification de fait et et être dans le collectif nous permet justement de pouvoir se rassurer que les influenceurs sont des des alliés qui peuvent nous aider à faire passer les messages dans la communauté. Nous nous avons identifié par exemple des influenceurs qui partagent régulièrement des informations en lien avec la gouvernance et en lien avec tout ce qui concerne la la jeunesse mais aussi tout ce qui suivent un peu les sujets pas les gossiptes, mais qui sont un peu dans les news musicales, culturelles parce que on peut aussi toucher à petit large.
Speaker 3:Donc c'est encore nouveau chez nous parce qu'on a eu du temps avant de décider vraiment de de considérer les influenceurs comme des alliés parce que derrière les influenceurs il y a aussi beaucoup de d'intérêt politique que l'on ne gère pas, que l'on ne maîtrise pas et donc on a même été buté à quelques difficultés comme quelques influenceurs qui disent bah moi sur le sujet portant sur tel acteur moi je peux pas diffuser vos fact check surtout en ce moment où on est dans un contexte de guerre en RDC donc on voit bien que beaucoup d'influenceurs sur les réseaux sociaux sont utilisés par les 2 camps pour porter des messages qui peuvent être difficiles à gérer en fait en tant que journaliste donc on tente, mais pour l'instant on n'est pas très, on va y être rigoureux même dans notre choix en fait. Quitte à manquer de de de collaborer avec un influenceur qui touche 1000000 de personnes, mais si c'est le même qui va demain pouvoir diffuser une une fausse information qui va mettre à mal la communauté, c'est un peu compliqué pour l'instant.
Speaker 2:On entend la question de l'intégrité vraiment importante et de la confiance dans ce que vous nous dites, c'est qu'il faut lorsqu'on est fact shaker et journaliste, il faut construire des processus pour pouvoir voir comment on peut collaborer avec eux, de régulièrement faire des points d'étape pour voir si la collaboration est fructueuse et intègre précisément et éviter d'être instrumentalisé par des forces qu'elles soient politiques ou économiques. On recevait il y a assez peu de temps dans le podcast Benjamin Amar, la fédération des radios rurales qui nous parlait aussi de l'interaction en tant que pilier du fonctionnement dont fonctionnent les radios communautaires et donc le fait que les auditeurs puissent contribuer aussi aux émissions, ce que j'entends de ce que fait Backi Tchek, c'est que vous produisez des des des émissions qui sont enregistrées et diffusées, vous envisagez aussi une partie aller-retour avec la communauté, avec les auditeurs ou on puisse sinon avoir une discussion, prendre en compte leurs questions dans les épisodes suivants et caetera
Speaker 3:Alors c'est quelque chose qui nous intéresse et sur le site on on dit bien que les internautes, nos nos lecteurs peuvent aussi nous proposer des sujets qu'ils voient dans la communauté. Je pense qu'il y a quelques jours d'ailleurs sur notre compte Twitter, nous avons publié un fact check qui a été un sujet proposé par un lecteur qu'on a aussi cité dans dans le tweet en disant ce ce factuel qui nous a été signalé par une chercheuse d'ailleurs de pour l'institut de recherche ici. Donc c'est quelque chose qu'on qu'on aimerait faire de plus en plus et on reçoit beaucoup des messages dans notre dans notre numéro WhatsApp et aussi par mail parfois mais j'avoue que le plus le plus impactant, le plus populaire c'est avec les radios communautaires parce que eux ils sont vraiment plus proches de la communauté et avec différentes langues et donc avec les radios communautaires ça nous permet de pouvoir recevoir beaucoup plus de propositions et des questions et qui nous permettent ensuite de de rédiger des et de jouer justement ce pont en fait entre la communauté et les autorités mais bon on reste aussi très limité parfois par rapport à l'accès à la formation.
Speaker 3:Mais n'ayant pas la loi sur l'accès à l'information publique donc on dépend encore des sources primaires et ça parfois ça ne facilite pas le travail.
Speaker 1:Et donc si vous deviez donner des conseils aux personnes qui voudraient se lancer dans la vérification des faits en langue locale, quel serait de votre point de vue les erreurs à ne pas reproduire
Speaker 3:Alors je ne sais pas si en tout cas dans le contexte de la RDC, déjà par exemple le Swahili qui est parlé dans l'est est assez nuancé quand on va dans la partie nord-est, le qui est parlé par exemple au Congo central, à l'ouest et pas forcément dans le il y a des mots qui sont différents quand on va dans la province du Guandoundu mais qui parle aussi le donc dans le contexte congolais je dirais que il faut parfois aussi toucher la communauté avec cette langue qui qui est maternelle mais avec des mots simples je veux dire c'est-à-dire que même le lingala à Kinshasa et le lingala classique il y a les lingala que seul moi en tant qu'inoise je comprendrais mieux que un autre un autre congolais basé dans une autre province qui parle les lingala donc c'est l'argot en fait et parfois on joue aussi avec avec ces ces approches pour pouvoir être sûr que on touche la communauté comme comme il faut mais si on n'a pas une diversité de des journalistes qui viennent de différentes je veux par exemple donner un exemple il y a quelques il y a quelques mois on avait lancé un projet Tosangana, c'est Olingala qui veut dire unissons-nous.
Speaker 3:Donc on est parti à Loubombashi dans le haut Katanga et là les journalistes nous ont reproché d'avoir gardé le nom du projet par exemple Olingala. Il fallait les traduire en soi-disant. Et au moment où on il fallait qu'on traduise le nom du projet en soi-disant, il y avait aussi des différences de de soi-disant. Donc on est dans un contexte qui est vraiment un peu, enfin c'est complexe, mais il ne faut pas non, on peut ne pas non plus plaire à tout le monde, mais au moins se rassurer que le lingalec je pars, le le les kinois qui habitent Kinshasa vont me comprendre mais aussi ceux qui sont Alvombashi dans les lingala n'est pas forcément leur langue nationale seront quand même en mesure de de comprendre le message que l'on veut faire passer. Je sais pas si j'ai j'ai vraiment bien répondu à la question, mais ce que j'essaie de dire c'est que on on a 4 langues nationales et plus de deux-cents dialectes.
Speaker 3:Mais qui ont ont ces dialectes se retrouvent un peu, les 4 langues nationales sont comme les dénominateurs communs de chaque dialecte. Mais ça peut être complexe aussi de de d'être sûr que le swahili parler dans l'est sera compris avec les mots qu'il faut dans le dans le au katana par exemple.
Speaker 2:Donc si je résume en fait pour pouvoir être sûr que les traductions soient conformes à l'esprit du produit original que vous avez fabriqué, il faut établir un lien de confiance avec la radio communautaire qui va le traduire sauf si vous avez effectivement dans l'équipe des gens qui parlent l'ensemble des 4 langues, c'est peut-être le cas et et que donc vous devez aussi vérifier faire du fact checking sur les traductions des produits que que les radios traduisent pour vous.
Speaker 3:Alors les radios déjà à la base sont sont identifiées suivant les langues suivant les langues qu'elle parle, quel véhicule et puis aussi lié à justement la confiance va vous parler parce que les radios communautaires sont apolitiques et c'est ça qui est plus principal pour et pas de travailler avec les radios commerciales. C'est d'ailleurs ça aussi un peu le point commun qui fait qu'on se méfie un peu des influenceurs parce qu'il y a cette partie commerciale qui est difficile à à suivre et les radios communautaires se rapprochent beaucoup de l'engagement de vérificateur de faits parce que nous sommes d'abord engagés pour la communauté dans la communauté pour promouvoir une information de qualité. C'est ça qui nous rapproche avec les radios communautaires et c'est vrai que malgré malgré tout il y a il y a des centaines des radios communautaires et on ne peut pas travailler avec avec tout le monde mais ce qui est vraiment important pour nous dans ces dans cette collaboration avec sa radio communautaire c'est le fait que les radios ont du mal à avoir accès à l'information au niveau national et nous on a plus ou moins accès à aux acteurs au niveau national et donc eux ils nous alertent sur des sujets qui sont vraiment qui font la une dans la communauté peut-être que sans ce partenariat nous ne serons pas en mesure d'identifier ces sujets-là et en contrepartie nous on peut mettre la main facilement à l'information officielle et ça permet aussi de leur côté de pouvoir gérer les tensions que certaines informations peuvent créer.
Speaker 2:C'est la question que j'allais vous poser en fait c'est ce côté ça fonctionne dans les 2 sens c'est vous avez des relais locaux grâce à ça qui vont aller informer votre travail y compris dans d'autres médiums que le podcast, vous avez vous allez pouvoir recueillir des informations qui informent aussi votre travail pour de la production à portée nationale d'articles par exemple et d'autres productions.
Speaker 3:Alors ça c'est et ça on n'a pas encore commencé à le faire, c'est-à-dire la rédaction de fact check dans les langues. Ça ça serait ça serait intéressant pourquoi pas de même les résumés de des fact check, je pense que ça serait important surtout que nous on utilise beaucoup les groupes WhatsApp et c'est l'une de nos forces d'ailleurs parce que les groupes WhatsApp sont transversales, ça ça va de l'est à l'ouest du centre tout ça on a on touche une communauté vraiment plus large mais parfois aussi des acteurs directs les élus et je et aussi les personnes âgées aussi dans les groupes WhatsApp et donc ça c'est le pour nous la prochaine étape de pouvoir résumer nos en langue locale je pense que ça ça aurait un impact si plus fort que qu'avec les podcasts même si je persiste à penser que les podcasts sont très efficaces dans la mesure où nous on parle d'une communication quand même orale avant de d'être dans la communication écrite.
Speaker 1:Donc on a parlé de beaucoup de choses, de podcasts, de missions de radio, de groupes WhatsApp et peut-être un jour de de production écrite sur votre site et sur vos réseaux sociaux. Mais finalement selon vous quels sont les meilleurs vecteurs de de diffusion pour la lutte contre la désinformation en langue locale
Speaker 3:Les radios communautaires. Franchement je je pense que Radio Soleil ou Radio Bandoundu f m qui pourra suivre ce podcast ne comprendra pas si je cite si je ne mentionne pas la la pertinence de cette coopération et de ce partenariat avec eux. Et ce n'est pas seulement parce que je pense mais c'est parce que la radio est un média de masse et c'est le plus écouté en fait le plus utilisé en RDC. Vous savez internet n'est pas du tout présent dans plusieurs zones du pays et donc la maman ou le papa qui va faire l'agriculture qui va dans le fin fond entre Boutembo et Beni dans le nord-Kivu va écouter la radio pour être informée de l'avancée de Rebelle. On va écouter la radio pour pour se rassurer que à 50 kilomètres devant il n'y a pas de il ne sera pas prise à partie, c'est la radio et et je pense que pour nous c'est vraiment un partenariat efficace pour avoir fait le tour du pays sincèrement je je pense vraiment que la radio nous aide énormément même si on parle de de WhatsApp c'est vrai que WhatsApp est aussi populaire à cause de l'accessibilité c'est moins difficile à utiliser que Facebook même ma mère qui a soixante-dix ans elle va utiliser mieux WhatsApp en note vocale aussi que qu'écrire mais aussi parce que ça coûte pas très cher en fait et donc du coup on sait que même en utilisant WhatsApp on touche peut-être des leaders communautaires, on touche les les leaders communautaires qui seront aussi des relais dans la communauté parce qu'ils sont écoutés, parce que leurs voix portent, on touche les élus, on touche différentes ONG mais peut-être qu'on ne va pas toucher la grand-mère qui est qui est seule dans sa case, on ne va pas toucher le jeune de dix-huit ans qui commence à peine à utiliser WhatsApp, mais qui n'est pas dans différents groupes.
Speaker 3:Donc WhatsApp vient en deuxième, mais en première, c'est vraiment la radio.
Speaker 2:Oui, puis il y a une multiplicité aussi de supports de diffusion, il ne faut pas s'en interdire un au profit de l'autre effectivement. Rebondis sur ce que vous disiez tout à l'heure sur l'adoption et puis vos ambitions pour pour WhatsApp, est-ce qu'il y a un moyen dans dans votre tête de mélanger les 2, c'est-à-dire de faire du programme très court pour les diffuser en audio sur WhatsApp
Speaker 3:Oui oui et effectivement c'est c'est un peu c'est l'idée de faire vraiment les résumés de fact check en fait et ça c'est beaucoup d'internautes je pense ou d'électeurs de Valo Backie.
Speaker 2:Très bien, on espère que vous nous tiendrez informés de ces dernières façons de lutter contre les désordres de l'information en RDC avec Balobaki Tchèque. Merci beaucoup d'avoir été avec nous pour ce podcast Ange Kassongo.
Speaker 3:Merci. Merci Ange. Merci beaucoup.
Speaker 1:Retrouvez Odile le podcast sur toutes vos plateformes de podcasts favorites.
Speaker 2:Et n'hésitez pas d'ailleurs à y laisser vos notes et commentaires ça aide vraiment la diffusion du podcast. Retrouvez l'ensemble de l'actualité de la lutte contre les désordres de l'information sur Odile point org 0DIL point 0RG.