Le balado de l’Armée canadienne

Le mystère entoure le Régiment d’opérations spéciales du Canada (ROSC), ce qui en fait l’objet de nombreux mythes. L’adjudant-maître Marty Buisson est un opérateur du ROSC et nous éclaire sur ce qui se passe dans les coulisses des opérations spéciales.

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What is Le balado de l’Armée canadienne?

Le balado de l’Armée canadienne s’adresse aux soldats de l’Armée canadienne et traite de sujets qui les concernent. Les soldats constituent notre public cible principal, mais les sujets abordés pourraient s’avérer pertinents pour toute personne qui appuie nos soldats ou qui s’intéresse aux enjeux militaires canadiens.

[Musique commence]

Capitaine Adam Orton : Salut! Ici capitaine Adam Orton du Balado de l’Armée canadienne. Le Régiment d’opérations spéciales du Canada, ou le ROSC, ou « CSOR » (Canadian Special Operations Regiment) en anglais, est largement méconnu et c’est pour une bonne raison. Parfois, le fait de parler de ses compétences spéciales permet aux adversaires de se préparer. C’est pas ça qu’on veut. Aujourd’hui, on a l’adjudant-maître Marty Buisson, opérateur au ROSC depuis de nombreuses années, puis il est ici en studio. Bienvenue!

Adjudant-maître Marty Buisson : Merci, Capitaine. Merci encore de nous recevoir. Je suis vraiment content d’être ici. Ça nous donne une belle occasion de pouvoir discuter de plein de choses, puis peut-être d’illuminer certaines personnes avec des questions qui peuvent avoir à la maison. Fait qu’on va prendre l’opportunité de discuter de ces choses-là. Puis, merci encore de nous recevoir.

Capt Orton : C’est même pas votre première fois.

Adjum Buisson : Non, c’est pas la première fois.

Capt Orton : Mais peut-être la meilleure fois, on va voir.

[Musique termine]

Adjum Buisson : Ah, c’est définitivement la meilleure.

Capt Orton : Peut-être pour commencer, il y a beaucoup de mystère autour du ROSC ou des Forces spéciales, en général. Les gens adorent les films au sujet. C’est toujours un sujet de discussion entre les militaires. Qu’est ce qui est spécial au sujet des Forces spéciales?

Adjum Buisson : Eh bien, il y a beaucoup de choses qu’on peut pas divulguer parce que des fois ça représente de l’information qui est plus classifiée avec des alliés qu’on a ou c’est des capabilités qu’on a qu’on peut pas vraiment en parler, ou des locations ou des places où est-ce qu’on va aller faire les missions où est-ce qu’on peut pas en parler non plus. Donc, quand le monde manque d’information, ils vont créer, ils vont remplir ce « gap »-là (manque) avec qu’est-ce qu’ils pensent que c’est, mais il y a pas vraiment rien de spécial. « I mean » (je veux dire), on fait vraiment plein de belles choses, des choses intéressantes, mais je pense que c’est de ce point-là que ça vient, qu’il y a des questions, que le monde imagine beaucoup de choses.

Capt Orton : Dans le domaine des secrets, c’est là que les légendes se cachent. Tu sais, des fois, c’est les histoires inventées qui sont peut-être plus intéressantes.

Adjum Buisson : Souvent. Puis c’est comme ça que ça marche un peu partout. Je veux pas enlever le point qu’on fait des choses qui sont vraiment « cool » (super), par exemple. C’est pour ça que je suis ici, on va en donner de l’information.

Capt Orton : Ouais, ouais, c’est ça. Donc, parlez-nous de qu’est-ce que c’est le ROSC ou le « CSOR ». Qu’est-ce que vous faites?

Adjum Buisson : Qu’est-ce qu’on fait ça? Ça, je pense que c’est la grosse question qui va peut-être donner beaucoup d’information au monde. Les compétences de base de notre unité de « CSOR » (ROSC), ça inclut la guerre spéciale. Présentement, je dirais que la guerre spéciale, qui est « Special Warfare », c’est notre mandat principal qui nous a été donné, mais ça aussi ça couvre action directe puis reconnaissance spéciale. En gros, c’est, je dirais que c’est les trois « tasks » (tâches), qu’est-ce qu’on a principalement à faire. Ça inclut la guerre irrégulière, puis asymétrique. C’est quoi que ça veut ça dire ça?

Capt Orton : Ouais, ouais, justement.

Adjum Buisson : C’est des opérations qui visent à contrer les insurrections, les groupes terroristes et les menaces qui sont non conventionnelles. Comme quand on pense à Afghanistan, d’être dans des positions qui sont stratégiques, de faire sûr que l’ennemi soit pas capables de venir nous attaquer ou attaquer des alliés par certains corridors ou peu importe comment que c’est. Notre « job » (travail), quand qu’on parle de guerre irrégulière ou asymétrique, ça, ça fait partie de ça. Aussi, genre, les groupes terroristes, de faire sûr qu’on fait notre « job » (travail), la même « job » (travail), mais pas juste insurrection, mais les groupes terroristes, puis les menaces qui sont non conventionnelles.

Capt Orton : Donc, vraiment, une des tâches pour « CSOR » (ROSC) est de penser comme des « insurgents » (insurgés) pour supporter les Forces armées canadiennes.

Adjum Buisson : Exactement, c’est la première des choses. Deuxième des choses, opérations à faible visibilité. On exécute des missions dans des environnements interdits ou politiquement sensibles.

Capt Orton : Pourquoi? Pourquoi qu’on irait dans un environnement interdit pour exécuter une opération?

Adjum Buisson : Des fois c’est plus sensible côté politique, des fois c’est des endroits où est-ce que notre présence peut être acceptée, mais ça dépend aussi d’une question, genre de nombre, c’est quoi l’intention de la force qu’on a là. C’est quoi le but? Puis, notre but, c’est tout le temps, genre, de supporter soit notre gouvernement canadien ou un gouvernement qui est légitime, qui a été mis en place dans un autre pays. Notre but c’est de renforcer soit nos partenaires qui sont alliés ou de pouvoir aller aider instruire des locaux qu’on appelle aussi « indigènes », mais c’est plus « locaux », c’est la population qui vivent là; ils comprennent exactement qu’est-ce que la culture est et puis on est là pour comprendre qu’est-ce qui se passe, puis comment est-ce qu’on peut aider ces partenaires-là à gagner un effet positif ou un avantage sur leurs adversaires.

Capt Orton : En parlant de vos tâches, actions directes, est ce que vous pouvez décrire c’est quoi ça, de l’action directe? Comme qu’est-ce que ça a de l’air?

Adjum Buisson : Quand on parle d’action directe, je vais faire une référence par rapport aux Forces conventionnelles. Les Forces conventionnelles qui sont beaucoup, l’envergure, genre, la grosseur qu’elles ont c’est vraiment beaucoup plus que nous autres, ils ont plus de profondeur, ils sont capables de rester en place, d’avoir un soutien qui est plus contenu. Donc, quand qu’on parle d’action directe, on parle de combat à grand échelle. Engager des forces ennemies dans un combat direct en utilisant des armes combinées, puis le mouvement que chacun de ces unités-là qui font partie des forces qui sont jointes ça c’est un exemple d’opération directe. Je vais donner un autre exemple qui est encore plus simple : on a des véhicules blindés, on a un objectif à l’avant, peu importe c’est où, et puis avec le « manœuvrement » (la manœuvre), genre, de ces véhicules-là, avec les armes, les différentes distances que chacun peut atteindre, il y a un plan qui va se mettre en place, faire une avance, c’est un « classic » (classique) d’une action directe.

Capt Orton : Puis vous avez la capacité de faire ça?

Adjum Buisson : On a la capacité, juste pas la même capacité que les Forces conventionnelles ont. On n’a pas l’équipement que les Forces conventionnelles ont. Forces conventionnelles, Forces spéciales, on a chacun nos tâches, on travaille juste encore mieux quand que c’est la synergie de ces deux éléments-là ensembles.

Capt Orton : Ouais, c’est ça, des actions jointes. Travail d’équipe.

Adjum Buisson : Exactement! D’avoir une présence de Forces conventionnelles en place, ça va être beaucoup d’avoir des Forces spéciales qui sont là aussi attachées parce qu’on est souvent attachées, puis qu’on puisse faire notre travail de côté. Puis, souvent, ce travail-là, souvent ça a rapport avec une capacité, une capabilité ou une capacité qu’on va garder interne, qu’il y a juste nous autres qui va savoir exactement qu’est-ce qu’on a qu’on est capable de faire, parce que c’est pas toutes les capabilités qu’on peut démontrer puis utiliser ça comme une « déterrence » (moyen de dissuasion) ou dissuasion. C’est pas une bonne chose de toute montrer. Dissuasion c’est bon quand que tu montres une certaine partie, un degré, mais c’est bon de garder, genre, des choses que tu gardes pour toi. La même chose que quand on joue aux cartes.

Capt Orton : Ouais et ça c’est un bon exemple. J’allais pour dire, dans ma tête, je pensais à ça. C’est comme des fois chez vous, tu as des grosses caméras, tu as des alarmes tout le « kit » (ensemble), puis ça cet équipement-là, un gros chien, ça « détère » (dissuade). Les gens ne veulent pas s’impliquer. Mais des fois, le monde qui t’achale font juste disparaître, c’est une autre manière de dissuader les gens de t’achaler.

Adjum Buisson : Exactement.

Capt Orton : Puis, vous avez parlé de la reconnaissance spéciale. C’est quoi ça?

Adjum Buisson : La reconnaissance spéciale, c’est comme une reconnaissance que d’autres unités vont faire. Qu’est-ce qui fait que c’est spécial, souvent, c’est le mandat ou la place ou le côté stratégique. Qu’est-ce que ça veut dire à ce niveau-là, qui fait que la reconnaissance est stratégique, qui est spéciale? Si on regarde spécifiquement pour une reconnaissance spéciale employée à l’intérieur d’un effet qui est joint ou qui est combiné. On va travailler avec les Forces conventionnelles et puis notre « job » (travail) à nous, ça serait d’envoyer une force, peu importe la grosseur, avec un effectif, avec une capabilité au travers des lignes ennemies, je dirais à l’arrière, de pouvoir être capable d’identifier des objectifs qui sont principales pour la mission ou la campagne. Et puis à ce moment-là, une fois qu’on a toute pris cette information-là, on va trier ça, on va envoyer ça aux personnes et les positions qui vont être capables, genre, de gérer ça. À partir de ce moment-là, il y a des décisions, puis il y a des actions qui vont être pris, mais vraiment la reconnaissance spéciale, c’est exactement ça que c’est.

Capt Orton : Fait que, dans le fond, disons un emplacement défensif d’une batterie antiaérienne en profondeur en arrière des lignes ennemies; il faut savoir plus d’information, peut-être qu’on connaît rien, puis il y a une équipe qui se fait envoyer pour aller regarder ça, obtenir de l’information, peut-être prendre des actions « whatever » (peu importe), puis la ramener.

Adjum Buisson : Exactement ça. Puis il y a beaucoup de capabilités qui peuvent rentrer en jeu ici. On peut utiliser des outils qui, par air, par terre, les options, c’est les idées qu’on a dans nos têtes.

Capt Orton : C’est ça.

Adjum Buisson : C’est exactement là que ça se passe. Quand je parle de reconnaissance spéciale, je vais faire une petite remarque à propos d’un des livres qui est un « classic » (classique) pour les membres de Forces spéciales pour lire pendant plein de cours. Le livre est Spec Ops de McRaven. Il parle beaucoup à propos, genre, de la supériorité relatif. Quand qu’on parle d’éléments « SOF » (force d’opérations spéciales) pour aller faire des missions ou précisément en ce moment-ci quand on parle de reconnaissance spéciale, c’est exactement ça. Vu qu’on est plus petit, c’est d’être capable, genre, de voir où est-ce qu’on peut avoir un effet, que ça soit par surprise, par temps ou autre. Vu que l’autre élément où l’adversaire est plus gros, comment qu’on est capable de prendre le dessus ou d’avoir un angle parce qu’on peut créer une ouverture et puis permettre aux Forces conventionnelles de pouvoir rentrer avec toute l’équipement qu’ils ont, avec le « fire power » (puissance de feu), c’est ça notre « job » (travail). La reconnaissance spéciale, ça c’est un aspect de ça, de pouvoir capturer de l’information, envoyer ça à la maison, que ça soit géré, puis après ça qu’on puisse, dépendamment de c’est quoi la mission, de pouvoir prendre d’autres angles. Mais il faut tout le temps passer à la supériorité relative, « because » (parce que) ça va avoir un effet sur qu’est-ce qu’on est capable de faire sur l’adversaire.

Capt Orton : Fait que dans la vérité, c’est un équipe de quatre personnes. Ils s’en vont faire de quoi, mais l’impact est beaucoup plus qu’un équipe de quatre personnes à cause du, comme vous avez dit, par le temps, par le moment ou par le contexte, cet impact-là maintenant a l’impact de peut-être 300 personnes parce que ça a été bien appliqué.

Adjum Buisson : C’est exactement ça. Les Forces spéciales, on est capable de pouvoir prendre le dessus dans certains moments, quand c’est critique, basé sur ça. De pouvoir comprendre où c’est qu’on peut avoir un effet puis d’où c’est qu’on peut gagner cette supériorité relatif qui est là parce qu’on est tout le temps plus petit que les forces ennemies, quand qu’on pense à qu’est-ce qu’on peut faire. Donc, notre élément, exemple de quatre personnes, vu qu’on prend cet exemple-là, faut qu’on soit capable de donner une capacité, ou une capabilité, de donner un rendement qui est beaucoup plus que quatre personnes. Puis, si on est juste quatre, avec l’équipement qu’on a, qu’est-ce qu’on est capable de faire pour créer une ouverture pour qu’on puisse continuer notre mission.

Capt Orton : Puis vraiment là, comme « asteur » (maintenant) que j’y pense, dans le contexte de toutes ces choses-là, c’est effectivement, tu as un soldat, comme un soldat quelconque, c’est sûr que ce soldat-là peut faire n’importe quoi. Il peut faire de la logistique, il peut faire à souper, il peut faire « whatever » (peu importe), mais à un certain point, quand qu’on commence à se spécialiser ou à créer des unités qui ont des certains rôles, eh bien, c’est sûr que quand on concentre sur un certain rôle, par exemple, qu’est-ce qu’on veut juste de parler, puis là on s’engage pour augmenter cette capacité-là, l’améliorer, puis devenir des experts dans le domaine. Eh bien là, tout à coup, tu as un groupe de personnes qui sont des spécialistes dans ce domaine-là, puis là tu les diversifies, puis là tu as comme un Armée, tu as un militaire.

Adjum Buisson : C’est vrai! Ce que je voudrais dire par rapport à ça, c’est que notre pivot qu’on a fait, « CSOR » (ROSC), par rapport à « Special Warfare » (guerre spéciale), c’est assez récent. Je dirais que ça fait environ quatre à cinq ans. Avant ça, il y avait beaucoup de missions où est-ce que « CSOR » (ROSC), puis les autres unités de « CANSOF » (Force d’opérations spéciales du Canada), on partageait certaines choses qui étaient la même chose, pas toutes, « obviously » (évidemment) nos mandats étaient différents, mais maintenant c’est beaucoup plus clair. Quand on parle de « CSOR » (ROSC), c’est quoi qui font? Notre mandat, c’est « Special Warfare » (guerre spéciale), ça fait partie des choses que je viens de mentionner.

Capt Orton : Ici on voit comment que « CSOR » (ROSC) a changé. On voit aussi comment que ce changement-là a affecté l’Armée. Par exemple, les gens pensent que « CSOR » (ROSC) a toute la bonne équipement, mais en fait on voit, dû à la taille de « CSOR » (ROSC), c’est une bonne place pour voir, par exemple, l’efficacité de cet équipement-là avant qu’on l’emmène à l’Armée. Si on fait les comparaisons à notre équipement du côté de l’Armée, pourquoi est-ce que l’Armée et « CSOR » (ROSC) c’est si différent?

Adjum Buisson : Quand on regarde le budget des Forces canadiennes, « CANSOF » (Force d’opérations spéciales du Canada), le budget, je crois que c’est environ 1,3 % de ça. C’est un des plus gros facteurs, c’est la quantité.

Capt Orton : Ouais, ouais, c’est ça.

Adjum Buisson : Quand on parlait auparavant, qu’on n’a pas la profondeur, on n’a pas les capacités que les conventionnelles ont, on l’a pas. Quand on parle, comme exemple, d’un projet avec les destroyers ou un projet de F-35 pour l’« Air Force » (Aviation), on n’a pas ça.

Capt Orton : Ouais, c’est ça.

Adjum Buisson : Le coût qu’on a pour le « procurement » (achats) qu’on veut avoir, souvent c’est pour avoir des capabilités qui sont vraiment spécifiques pour « CANSOFCOM » (Commandement des Forces d’opérations spéciales du Canada) ou pour les unités qui font partie de « CANSOF » (Forces d’opérations spéciales du Canada). Donc, je comprends qu’il y a une perception qui a des unités ou des membres dans le reste des Forces armées canadiennes qui voient pas ça. Tout ce qu’ils voient c’est que les Forces spéciales a l’équipement qui est « cool » (génial), c’est nouveau, puis ça change aux deux, trois, quatre, cinq ans.

Capt Orton : C’est ça.

Adjum Buisson : La réalité? Il y a une partie de ça qui est vrai, on peut « rotationner » (passer) au travers de cet équipement-là rapidement, de voir qu’est ce qui fonctionne, qu’est ce qui fonctionne pas, mais on garde pas cette information-là pour nous. S’il y a des choses, il y a des équipements, qui est perçu que ça pourrait être utile pour certaines unités ou certains commandements, ils vont le prendre. Un exemple, quand qu’on parle des « UAS » (système d’aéronef sans pilote).

Capt Orton : Des drones dans le fond.

Adjum Buisson : Des drones. Il y a un drone, qui est le « Raven ». On a commencé avec ça, on a travaillé avec, on a déployé en Iraq avec ça. Et puis en comprenant comment utiliser ça, ou cet outil-là, dans certaines situations ou dans un certain environnement, en passant ça à l’Armée, l’Armée présentement utilise ça. Un autre exemple, c’est un simulateur pour nos « JTAC » (contrôleurs interarmées de la finale de l’attaque, CIFA). Ce simulateur, présentement, on y donne accès à la 2e Brigade, spécifiquement à « 2 Horse » (2e Régiment, Royal Canadian Horse Artillery), qui est un régiment d’artillerie. Ils envoient leur « JTAC » (CIFA), ils peuvent venir faire des qualifications, donc beaucoup plus vite. Pas besoin d’aller travailler partout, soit au Canada ou aux États-Unis. On peut faire ça directement à Petawawa. Et puis on sauve du temps.

Capt Orton : Ouais, ouais. Puis, c’est sûr que, avec le trou d’information par rapport aux Forces spéciales, il y a beaucoup de mythes, comme vous avez fait référence avec l’équipement. Quels autres mythes est ce qu’on peut faire clarifier?

Adjum Buisson : Je dirais qu’un deuxième mythe qu’on a, que j’aimerais adresser, c’est qu’il y a du monde qui pense quand qu’il veulent devenir opérateur pour « CSOR » (ROSC), qu’est ce qui compte le plus c’est la capacité physique. Comment qu’ils sont en « shape » (forme). C’est vraiment pas vrai. C’est sûr que c’est un facteur, mais je dirais le facteur le plus important à comprendre pour quelqu’un qui est intéressé à venir appliquer ou être employé comme opérateur, c’est la mentalité, c’est qu’est-ce que tu as dans ta tête, c’est qu’est-ce que tu as dans ton cœur. Je dirais que ça, ça couvre au moins trois quarts de qu’est-ce qu’on a besoin comme personne. Toutes les opérateurs, ou qui vont devenir opérateurs, vont passer au travers de certaines « interviews » (entrevues) puis au travers de tests. On prend le cognitif, on veut faire sûr qu’on emploie les bonnes personnes, du monde qui sont humbles, qui sont intègres. C’est très important de comprendre c’est qui que tu es comme personne. Puis, à ce moment-là, une fois que tu t’acceptes comme que tu es, tu as eu un entraînement, puis tu as eu toutes les « skills »(compétences) que tu as besoin de pour être capable de compléter soit un objectif, une mission ou peu importe c’est quoi. Tu es entre bonnes mains. On travaille en équipe et il y a une raison pour ça. Ça, c’est le deuxième mythe.
Le troisième que je voudrais mentionner, c’est les « SOF professionals », ça c’est les professionnels de « SOF » (Forces d’opérations spéciales). Avant on appelait ça les supporteurs. Ce n’est pas un mot, quelque chose qui est adéquat pour qu’est-ce que les professionnels qui viennent travailler avec nous font.

Capt Orton : C’est pas juste des opérateurs, là, comme il y a d’autre monde. Il y a les commis, du monde dans le renseignement, des signaleurs, toutes sortes de personnes qui font fonctionner les choses dans le contexte militaire. En principe, les « SOF professionals » (professionnels des Forces d’opérations spéciales), c’est ce que vous faites référence.

Adjum Buisson : Exactement. Je disais qu’il y avait des opérateurs, il y a des offices opérateurs, puis il y a les « SOF professionals », les professionnels de « SOF » (Forces d’opérations spéciales). Mon point, c’est qu’ils ont tellement une grosse partie à faire. On a besoin de toute ce monde-là dans notre unité, aller à travers de « CANSOF » (Forces d’opérations spéciales du Canada ), puis on a besoin de toutes ces métiers là à l’intérieur des Forces armées canadiennes. Qu’est-ce qu’on voit présentement puis qui est comme le mythe? C’est qu’il y a du monde qui pense qu’on va acquérir certains métiers, certaines personnes, comme « SOF professionals » (professionnels des Forces d’opérations spéciales), puis qu’on va les garder avec nous pendant longtemps. Pendant des années, je pourrais dire que c’est vrai, c’est déjà arrivé. Mais présentement, la compréhension qu’on a avec le reste des Forces armées canadiennes comme commandement, c’est un cycle. D’avoir que ces personnes-là qui viennent avec nous pour environ trois-quatre ans, quand on peut faire ça, dans trois-quatre ans, c’est qu’est-ce qu’on cible? C’est ça qu’on veut avoir. Comme ça le monde il arrive avec de l’expérience du reste de l’intérieur des Forces armées canadiennes, ils partagent ça avec nous autres, on voit, on comprend comment que le reste des Forces fonctionnent, les autres unités. Une fois que tu es avec nous trois-quatre ans, ils ont pris de la nouvelle expérience qui est différente, juste différente, pas mieux, différente, et ils s’en retournent à leur unité ou d’autres unités à l’intérieur des Forces conventionnelles, à l’intérieur des Forces armées canadiennes, et puis peuvent continuer de partager tout ce qui ont appris comme « skill » (compétences), comme expérience, puis c’est comment que ça fonctionne à l’intérieur du « SOF » (Forces d’opérations spéciales). Ils peuvent partager ça avec leur propre métier, en voulant dire à l’intérieur de l’unité ou tout ce qui est « trade » (groupe professionnel), ou si non, avec leurs compères, avec le monde avec qui ils travaillent, de dire « ah, regarde, les autres fonctionnent comme ça, nous autres on fonctionne comme ça ». Un veut pas dire que c’est mieux que l’autre. Des fois, c’est juste une question de la place, puis quand que ça arrive, l’endroit. Comme, je pense qu’on va essayer ça, c’est différent.

Capt Orton : Eh bien, tout justement, c’est important d’aller faire des choses différents avec d’autres groupes, comme faire un tour avec les ingénieurs ou travailler avec les Affaires publiques. Parce qu’on peut retourner où est-ce qu’on a commencé avec, toute brasser ça ensemble, ça, ça l’a un avantage.

Adjum Buisson : Ah ouais. Puis l’autre avantage de ça qui est vraiment important de mentionner, c’est le « network » (réseau). Au travers toute les cours de carrière qu’on passe au travers ou c’est comme moi présentement, être ici de vous rencontrer (le Capt Orton dit « c’est ça ») de toutes les places qu’on fait, il y a une raison pourquoi les Forces armées canadiennes bougent le monde à gauche, puis à droite. C’est d’établir que ton petit cercle autour de toi est beaucoup plus gros, ou peut devenir beaucoup plus gros que qu’est ce qui est présentement. Donc, c’est toutes des opportunités qu’on manque quand qu’on bouge pas de pouvoir connaître nouvelles personnes. « Hé, c’est quoi tu fais? Comment tu fais ça? C’est quoi le but de ça? » Parler à plusieurs personnes, découvrir du nouveau monde, tu vas venir à les revoir, je garantis, au travail des années. Quand tu vas faire une carrière de 20-25 ans, tu vas revoir ce monde-là encore. Puis ça, ça inclut aussi du monde qui sont à l’extérieur de nos Forces. Quand que je parle de mes expériences avec d’autres Forces spéciales d’autres pays, je revois souvent les mêmes personnes qui soit au travers de déploiement, soit d’autres engagements qu’on a, c’est la beauté de ça. Le « networking » (réseautage) qui se crée en faisant ça, c’est très important.

Capt Orton : Récemment, les choses ont changé pour les opérateurs aussi, où est ce que maintenant c’est un métier, « right » (vrai)?

Adjum Buisson : Vous avez exactement raison, on est un métier. La seule place qu’on pourrait être employé comparativement à d’autres métiers du reste des Forces armées canadiennes, c’est à Petawawa. Nos membres sont employés là, donc ça veut dire qu’ils vivent soit à Petawawa, soit Pembroke, Chalk River, Deep River, Arnprior, alentour de ce place-là, c’est là où ce que le monde reste, puis c’est vraiment un bel endroit.

Capt Orton : Et comment est-ce qu’on devient opérateur?

Adjum Buisson : Le seul « pool » (bassin) qu’on a, c’est le reste des Forces canadiennes.

Capt Orton : C’est ça.

Adjum Buisson : On recrute pas encore, je pense pas ça va arriver, de recruter directement de la rue. Un membre qui a l’intention d’appliquer pour « CSOR » (ROSC), de devenir un opérateur, il va mettre son intention, qui s’appelle un « NOI » (avis d’intention), un intention de mettre un application de son nom, qui a l’intention de changer de métier. Une fois que ça ça arrive à nous, il va avoir une panoplie ou une batterie de tests, d’« interviews » (entrevues). Donc on veut juste faire sûr que les personnes qui viennent du conventionnel avec nous, qu’on a un peu de compréhension de comment qui sont comme personne. On va avoir un test qui va être psychologique. Il va avoir des tests, un « interview » (entrevue) pour voir si on pense que la personne est la bonne personne qui va « fitter » (convenir) dans l’environnement de « CANSOF » (Forces d’opérations spéciales du Canada), puis de notre unité. Une fois ça c’est fait, ils vont faire partie d’une sélection. Et, si on les sélectionne, ils vont recevoir un message pour leur dire quand est-ce que le cours de Forces spéciales commence. Ils vont arriver avec nous autres, puis après ça pendant 11 mois, quand ils vont venir sur le cours, on va avoir des instructeurs qui vont prendre toute le temps, toute l’énergie, puis les ressources qu’on a besoin pour que les candidats réussissent le cours. Pendant 11 mois, on va donner une panoplie d’entraînements pour couvrir la base de qu’est-ce qu’on a de besoin comme opérateur à l’intérieur de notre unité.

Capt Orton : Et après ça, évidemment, à l’unité.

Adjum Buisson : Une fois que c’est faite, ils vont être qualifiés. Ils vont être envoyés dans une de nos escadrons à l’intérieur de l’unité. Ils vont faire partie d’une troupe. Et puis à ce moment-là, c’est là qu’ils vont tomber dans le cycle, qui a comme trois parties, puis que je dirais qu’ils vont faire de l’entraînement. Une fois que l’entraînement est faite, ils vont soit déployer, après ça revenir du déploiement et puis supporter les cours pour créer des nouveaux membres dans notre unité ou des qualifications qu’on a besoin, que ça s’appelle « force génération ». Et puis la troisième partie du cycle, ça va être de tomber comme réaction rapide pendant un certain nombre de temps. Donc ça c’est le cycle. Puis après ça, les membres continuent avec soit des déploiements, de l’entraînement au niveau d’escadron, de troupe ou au niveau de détachement. Ou souvent il va avoir des « tasks » (tâches) qui vont être données à ces membres-là, que ça risque d’être individuel ouvrant à petite équipe pour arriver à un but qui est vraiment en ligne avec les tâches qu’on a à l’unité.

Capt Orton : Comment est-ce que vous diriez que votre expérience dans les Forces spéciales a affecté votre perspective sur, genre, les Forces conventionnelles, les Forces spéciales dans le contexte des Forces? Comme qu’est-ce que vous avez appris en étant là?

Adjum Buisson : Que le plus haut que je monte, le moins que je connais de choses.

Capt Orton : Ouais, ouais.

Adjum Buisson : Puis ça fait peur à un certain niveau parce qu’à un moment donné tu te dis, OK, je suis rendu un « DET commander » (commandant de détachement) comme sergent, je connais ma « job » (travail), c’est sûrement vrai. Il y a tellement de monde qui connaissent leur « job » (travail), les Forces armées canadiennes là, c’est immense. Il y a tellement de choses à apprendre, il y a tellement de métiers que quand tu commences à réaliser ça, quand tu as un peu, genre, d’échanges avec des, comme on disait tantôt, avec d’autres personnes d’autres métiers, puis d’autres commandements, tu réalises que finalement ton petit monde, il est petit. Puis c’est le « fun » (amusant) d’aller voir un peu à l’extérieur qu’est-ce qui se passe, puis de comprendre. Ça met des choses en perspective. Donc je pense au travers des années, c’est ma 25e année, je réalise que j’ai tellement plein de choses à comprendre de plus des choses que j’ai aucune idée qui existe.

Capt Orton : Ouais, c’est ça. Puis c’est tout justement cette expérience-là, c’est pour ça qu’on a un balado dans le fond là. Il y a tellement de choses que je connais pas à propos d’être fantassin. Oublie les autres métiers là, comme je pense que je connais des choses, mais même là, je fais des entrevues, « right » (d’accord), puis je réalise qu’il y a tellement de choses à apprendre, puis qu’il y a juste pas assez de temps.

Adjum Buisson : Il y a juste 24 heures dans une journée.

[Musique commence]

Capt Orton : Ouais, c’est ça. Eh bien, merci beaucoup d’avoir passé chez nous faire un petit tour, puis parler de vos expériences, d’avoir revenu, c’est bien apprécié.

Adjum Buisson : Eh bien, merci beaucoup et puis j’apprécie la discussion qu’on a eu.

Capt Orton : Ça, c’était l’adjudant-maître Marty Buisson, opérateur au ROSC depuis de nombreuses années. Et moi, je suis capitaine Adam Orton pour Le balado de l’Armée canadienne. Prenez soin de vous.

[Musique termine]