Les premiers seize pour cent

Lori Robinson, agricultrice de 6e génération à l’Île-du-Prince-Édouard. C’est une fanatique des données.   Après avoir passé plus de 50 ans avec sa famille à prendre des notes détaillées et plus de 20 ans à appliquer un système de rotation des cultures sur quatre ans, elle a préparé le terrain pour un calculateur de rotation des cultures facile à utiliser, qui présente à la fois des avantages économiques pour les producteurs et des avantages pour l'environnement. Développée dans le cadre de l'initiative du Laboratoire vivant à l'Île-du-Prince-Édouard, en collaboration avec le PEI Potato Board, cette calculateur aide les producteurs à maximiser leurs profits tout en réduisant leur utilisation de pesticides et en améliorant la santé des sols. L'histoire de cette calculateur a connu quelques rebondissements intéressants. 

What is Les premiers seize pour cent?

Bienvenue à la série de balados d’Agriculture et Agroalimentaire Canada qui explore les idées les plus fraîches en alimentation et en agriculture. À chaque épisode, découvrez en profondeur un nouveau sujet : les nouvelles pratiques, les idées innovantes et leurs impacts sur l'industrie. Apprenez-en davantage sur le secteur agricole canadien auprès des gens qui font les percées et abattent les barrières! Producteurs et gourmets, scientifiques et hauts dirigeants, toute personne ayant un œil sur l'avenir du secteur, ce balados est pour vous!

Lori Robinson : J'n’aime pas toujours être la première à me lancer. Je veux bien prendre quelques risques, mais sans sauter les étapes. C’est excitant d’essayer de nouvelles choses. Ça fonctionne pas toujours, mais parfois ça nous ouvre des portes. Et quand ça se produit, on est plutôt fier!
Kirk : Je vous présente Lori Robinson, agricultrice de 6e génération à l’Île-du-Prince-Édouard. C’est une fanatique des données. Elle est entraîneuse de curling au niveau élite. Et bien qu’elle n’aime pas toujours être la première à se lancer, comme elle le dit, grâce aux notes détaillées qu’elle et sa famille ont prises pendant plus de 50 ans et grâce au système de rotation des cultures sur quatre ans qu’elle pratique depuis plus de 20 ans, devinez quoi? Elle a bel et bien été la première à se lancer. Elle a innové. Elle a ouvert la voie à l’innovation dont nous allons parler aujourd’hui qui faisait partie du Laboratoire vivant – Atlantique, un projet financé par Agriculture et Agroalimentaire Canada.
Marie France : Voici donc l’histoire d’un calculateur de rotation des cultures convivial qui présente des avantages économiques à la fois pour les producteurs et pour l’environnement.
Kirk : Développé avec le soutien du PEI Potato Board, le calculateur aide les producteurs à maximiser leurs profits tout en réduisant leur utilisation des pesticides et en améliorant la santé de leurs sols. Et son histoire comporte quelques rebondissements intéressants.
Marie-France : Commençons par le scientifique qui a eu l’idée du calculateur, Tobias Laengle, biologiste au Centre de lutte antiparasitaire, dans la région atlantique.
Tobias : Le projet a vu le jour dans le cadre de l’initiative des laboratoires vivants de l’Atlantique, le premier projet de laboratoires vivants lancé au Canada en 2019, juste avant la pandémie. Ça a été une expérience d’apprentissage vraiment intéressante pour moi, en tant que scientifique, parce qu’on a commencé le projet en se disant, OK, on a un plan : on va faire nos tests et encourager les producteurs à adopter l’utilisation de nos méthodes pour lutter contre les différents ravageurs de la pomme de terre.
Quand je suis arrivé à l’Île-du-Prince-Édouard, j’ai découvert qu’un grand nombre de producteurs faisaient déjà ce qu'on voulait les encourager à faire.
Kirk : Ça, c’est le premier rebondissement.
Marie-France : Ça a dû être une leçon d’humilité.
Kirk : Peut-être, mais l’écoute et la consultation des producteurs font partie du processus scientifique et c’est la beauté du modèle de laboratoire vivant.
Tobias : Quand on se rendait dans les bureaux et les cuisines des différents producteurs et qu’on se tenait dans leurs garages à côté de leur équipement, on a commencé à discuter des défis de la culture et de la lutte antiparasitaire. Et alors là, un des producteurs a dit, oui, je suis très intéressé par la durée de rotation des cultures parce qu'il avait remarqué qu'il avait un capteur de rendement sur son tracteur et il arrivait à un moment où il n’avait pas eu de culture de pomme de terre depuis plus longtemps que la rotation normale de trois cans.
Il a été vraiment étonné de voir les chiffres de son capteur de rendement carrément doubler, ou presque. Je me suis dit que c’était vraiment
intéressant, parce que si on peut faire fonctionner l’économie avec une rotation de cultures plus longue, dans laquelle la pomme de terre est de loin la culture exigeant le plus d’intrants, on pourrait atteindre l’objectif en réduisant les apports de pesticides d’une manière à laquelle je n’avais jamais pensé. On a donc continué à discuter.
Kirk : Et vous vous souvenez de Lori Robinson au début de l’émission? C’est là qu’elle est entrée dans la conversation avec Tobias.
Lori Robinson : Oui, je savais que les laboratoires vivants existaient, mais je n’avais j'n'avais pas vraiment fait attention à certains de leurs travaux. J'avais suivi les recherche, mais je n'y avais pas participé. Je sais qu’à Terre-Neuve, Tobias a demandé au coordonnateur d’effectuer ses travaux des laboratoires vivants ici, à l’Île-du-Prince-Édouard, s’il y avait quelqu’un à l’Île-du-Prince-Édouard qui faisait une rotation des cultures de la pomme de terre sur quatre ans, parce qu'y en avait jamais vraiment entendu parler auparavant. Et un jour je participais à un panel avec le coordonnateur, et j’ai dit : « Ben, c’est exactement ça que je fais ». J’ai donc été associée au projet un peu tard, mais je suis une obsédée des données et j’ai comme 50 ans de données sur la glace, sans parler des analyses de sol, des applications de pesticides depuis les 30 dernières années et de l’utilisation d’engrais.
Kirk : Attendez! Vous avez bien entendu. 50 ans de données! 30 ans de données sur l’utilisation des pesticides et des engrais.
Marie-France : Et en plus, Lori expérimente depuis l’an 2000 des rotations de cultures sur quatre ans. Au cours des dix dernières années, elle a fait passer tous ses champs à des rotations de quatre ans. Ses données étaient donc significatives. Elles montraient une progression itérative.
Tobias : C’était très intéressant d’entendre son point de vue ; elle nous a envoyé quelques données sur ses cultures et, oui, une idée a vu le jour. En regroupant toute l’information, on pourrait mettre au point un calculateur économique pour évaluer correctement comment une rotation de cultures plus longue peut fonctionner du point de vue économique.
Kirk : C’est comme ça qu’on a eu l’idée de mettre au point notre outil.
Lori : Et vous savez, j’ai des registres un peu partout, et tout d’un coup, tout le monde voulait savoir comment je pouvais rapidement rassembler toutes mes données dans un seul fichier et leur envoyer pour qu’ils puissent l’utiliser dans leurs recherches. Je suis donc arrivée un peu tard dans le projet pour me retrouver subitement plongée dans une montagne de données; j’ai essayé de comparer les études sur une période de trois ans et à celles sur quatre ans. Alors quand l’idée du calculateur de récoltes est apparue… je dois avouer que je suis un peu obsédée par les chiffres. J’ai donc réalisé ma propre analyse coûts-avantages d’un certain nombre de cultures qu'on produit et j’en fais le suivi d’une année à l’autre. J’étais dans mon élément et je pouvais participer aux discussions sur le calculateur de cultures et apporter ma contribution sur ce que je pense être le véritable coût de production et la véritable valeur des sources de revenus. J’ai fait partie d’une grande équipe où tous les membres ont contribué à l’élaboration du calculateur de récoltes et continuent à le peaufiner au fur et à mesure que le travail avance.

Kirk : C’était vraiment un heureux hasard. Et je croi, voici le bon moment dans notre balado pour souligner la valeur de la collecte de données à long terme. Il y a des gens qui remettent en question la valeur de nos centres de recherche et leur valeur historique. Par exemple, la valeur de la collecte de données à long terme.
Marie-France : Ah oui?
Kirk : Je vous donne un exemple concret. Dans le monde de la science des cultures, il faut continuer à recueillir des données historiques sur les sols et les cultures, sur les mêmes parcelles de terre pendant des décennies, et même des siècles, pour découvrir les pratiques de gestion bénéfiques et de trouver des solutions. Et pour apporter ces innovations, petit à petit, et finir par faire une grande différence. Donc, si vous aimez manger, vous devriez comprendre que les fermes expérimentales doivent continuer à exister. Elles aident les agriculteurs à gérer les sols à long terme.
Marie-France : C’est un bon point. Revenons à notre histoire et voyons comment cette collecte de données à long terme s’est transformée et a donné un excellent calculateur.
Kirk : En effet, on a dû tenir compte d’un grand nombre de variables et de la manière dont les différentes cultures touchaient la population des larves de taupin (un ravageur important de la pomme de terre) et la santé générale du sol.
Tobias : Tout cela a conduit à l'idée de développer un calculateur économique pour évaluer correctement, comment l'économie d'une rotation des cultures plus longue peut fonctionner et comment, pour revenir à l'idée initiale, comment l'économie se présente-t-elle lorsque vous, vous savez, sous d'autres cultures de rotation comme la rotation typique des cultures dans, dans l'Île-du-Prince-Édouard et dans beaucoup d'autres endroits au Canada atlantique est euh, la pomme de terre suivie de, euh, l'orge ou une autre céréale qui est sous-semée, avec un fourrage comme la luzerne. La deuxième année, on récolte l'orge et la luzerne, qui a été sous-ensemencée, continue de pousser pendant la deuxième année après la pomme de terre, puis on repasse à la pomme de terre, ce qui pose un certain nombre de problèmes :
L’orge a tendance à favoriser la présence des larves de taupin. La luzerne est bonne pour le sol, mais une année supplémentaire de luzerne ou d’une autre culture serait encore meilleure pour le sol. Et comme on sait qu’environ 80 % des pesticides utilisés au cours de cette rotation sur trois ans ont été appliqués au cours de l’année de culture de la pomme de terre, le simple fait d’allonger la durée entre les périodes de culture de pomme de terre permet d’utiliser en moyenne moins de pesticides et moins d’intrants. Si le système fonctionne du point de vue économique, on pense qu’on a là un élément très positif pour le paysage et l’environnement.
Kirk : Est-ce qu’il y a quelqu’un sur ton équipe compte-t-elle l’un de ces super utilisateurs de feuilles de calcul Excel?
Tobias : On est entré en contact avec l’équipe des données économiques, qui avait une étudiante très brillante. Elle s’appelle Baijal Patel et elle connaissait très bien Excel; elle a travaillé avec nous pour développer cette magnifique calculatrice qui peut prendre en compte à peu près tout ce que vous pouvez imaginer dans un système de culture.
Il y a un tableau de bord qui vous permet de sélectionner vos cultures dans des menus déroulants, qui vous montre directement à l’écran les revenus projetés sur un cycle ou sur une période plus longue, et qui vous montre la façon dont vos revenus seront répartis entre votre culture principale, les pommes de terre et l’orge ou tout autre produit que vous pourriez cultiver.
Marie-France : Je comprends donc qu’il soit facile à utiliser pour des gens comme moi qui ont un niveau de connaissances passable, mais qui ne sont pas très doués en informatique.
Tobias : Le calculateur est conçu pour des producteurs ayant différents niveaux de facilité avec la technologie. Si vous êtes un bon utilisateur d’Excel et que vous vous sentez à l’aise de vous en servir, sachez qu’il existe de nombreux onglets qui vous permettent de modifier vos propres chiffres et de changer les paramètres à votre guise. Mais il y a aussi un tableau de bord par mal intuitif et convivial où on peut simplement utiliser les menus déroulants et simplement choisir la séquence des cultures et comparer les différentes rotations. Il vous présente des estimations concernant les applications de pesticides, dresse un graphique des revenus projetés dans le temps et vous indique également comment vos revenus sont diversifiés grâce à la rotation des cultures, puisque la diversification est également un élément important.
Marie-France : Vous avez déjà indique que le risque lié aux pesticides était un facteur programmé dans le calculateur. Donc j e suppose qu’il s’agit du coût par rapport au rendement. Est-ce qu’il d’autres facteurs ?
Tobias : Le calculateur tient compte du coût de la terre, des semences, des engrais, des pesticides et du carburant pour les tracteurs. Par exemple, si vous devez conduire votre tracteur plus souvent que pour une autre pratique, il faut tenivcr compte du coût du carburant. L’entretien de votre tracteur entre aussi en ligne de compte. Si vous devez acheter des nouveaux équipements pour appliquer une pratique bénéfique, c’est calculé, en tenant compte de la période d’amortissement de l’équipement, quelle que soit sa durée de vie prévue.
Marie-France : Donc le niveau des données qui s’y rattachant est assez impressionnant. C’est pour ça que vous avez indiqué que le calculateur pouvait être utilisé dans d’autres régions. Par example, si je cultive la pomme de terre en Saskatchewan, je n’ai qu’à indiquer le coût de la terre, le coût du carburant et tout le reste et j’obtiens des options adaptées à mon exploitation agricole.
Tobias : C’est exact. On a fait des recherches pour préremplir le calculateur avec les meilleurs chiffres qu’on avait en main et les données préremplies visent l’Île-du-Prince-Édouard. Mais comme vous l’avez dit, si vous voulez l’utiliser au Manitoba, si vous voulez vous en servir en Saskatchewan, si vous voulez l’utiliser pour différentes cultures, c’est possible. Il faut juste remplacer les données déjà entrées par vos propres données.
C’est ce qui rend l’outil flexible et applicable à d’autres domaines. Et je vais certainement l’utiliser dans mes recherches sur les bleuets sauvages. Il suffit de remplacer la pomme de terre par le bleuet et de modifier les préréglages.

Marie-France : Et si jamais je veux passer à une rotation des cultures sur 4 ou 5 ans, c’est un investissement en temps et en préparation. Que diriez-vous à un agriculteur qui envisage de passer à une rotation de 4 ou 5 ans? Parce qu’il y a un risque, comme vous l’avez mentionné, chaque fois que vous changez quelque chose, il y a une risque de perdre une partie de vos revenus.
Tobias : Oui, c’est sûr. Le calculateur peut vous aider à essayer quelque chose de nouveau parce qu’il peut faire des projections sur vos revenus en tenant compte de ce que vous savez aujourd’hui. Il permet au producteur d’envisager une modification de ses pratiques en passant d’une rotation sur trois ans à une rotation sur quatre ans.
Je pense que les producteurs n'sont pas suffisamment reconnus pour leur rôle de protecteurs de l’environnement. Après tout, le sol est leur capital. Ils veulent pouvoir préserver la santé du sol pour les futures générations, pour leurs enfants, qu’ils se lancent dans l’agriculture ou qu’ils continuent de faire fonctionner la ferme familiale. Je crois que c’est ça qui les motive.
C’est ce qui ressort de mes nombreuses discussions. Ils veulent faire du bien à la terre. Ils savent qu’une rotation avec une culture comme la luzerne pour une année supplémentaire est plus bénéfique pour la terre. Et l’autre sujet qui a été abordé avec certaines personnes, c’est que si on pouvait maintenir la culture de la luzerne une année de plus et la couper quelques fois par an, ils auraient peut-être plus de temps à consacrer à le famille.
Marie France : Y a-t-il d’autres façons d’utiliser le calculateur?
Tobias : Bon, il y a deux façons de voir un calculateur. D’abord, si je modifie la période de rotation pour la culture de la pomme de terre, qui est la culture la plus gourmande en intrants, et donc en pesticides, pour la prolonger, c’est déjà ça. Vous savez, il y a des avantages automatiques pour l’environnement quand on réduit l’utilisation de pesticides. Ensuite, si, en tant que producteur, l’outil vous permet de conclure que vous n’avez pas les terres nécessaires pour passer à une rotation de quatre ans dès maintenant ou, en tout cas, pas pour l’ensemble de vos champs, vous allez vous en tenir à trois ans pour au moins une partie de vos terres. C’est aussi un résultat. Ça vous aide. Mais le calculateur permet toujours au producteur de modifier les choses au cours de cette rotation de trois ans.
La larve de taupin constitue un problème de longue date et on sait qu’il est difficile à contrôler. Mais on sait que les cultures en rotation, comme le sarrasin et la moutarde, ont un impact positif en ce sens qu’elles réduisent les populations de larves de taupin. Si un producteur n’est pas en mesure de passer à une rotation de trois ans, il peut essayer de déterminer si le sarrasin va être efficace dans la pratique de rotation et s’il y a des avantages pour la santé du sol. Ça réduit les maladies et les larves de taupin. C’est donc un autre moyen de parvenir à un système de production plus durable et le calculateur peut aider à le mettre en place.
Marie-France : Et pour la résistance des mauvaises herbes?
Tobias : Oui. Bien entendu. Ch'suis pas un spécialiste des mauvaises herbes, mais la résistance à tous les pesticides est préoccupante. Moins on utilise le même composé de façon répétée, plus on réduit le risque lié aux pesticides. Ça aiderait certainement à lutter contre la résistance.

Kirk : Marie-France, de l’avis général, c’est un nouvel outil formidable pour les producteurs de pommes de terre dans le Canada Atlantic et, en fait, de tout le pays.
Marie France : Et c’est drôle que tout a commencé par une question posée par un agriculteur sur les rotations de cultures et par une maniaque de données, Lori Robinson, qui possède 50 années de données et 20 années d’expérience en rotation des cultures sur quatre ans.
Kirk : Quand j’ai parlé avec elle, j’étais intéressé par ses observations sur les rotations de cultures sur quatre ans avant la venue du calculateur. Parce qu’elle a été la première à se lancer. Je voulais connaître ses premiers résultats.
Lori Robinson : Oui! Je pense que j’avais tendance à considérer les choses d’un point de vue plus économique que du point de vue de la santé du sol ou du rendement. Ce que je veux dire, c’est que c’est difficile de quantifier les rendements d’une année à l’autre en raison de l’environnement. Ce qu'on vit et ce qu'on produit sont davantage le résultat de la quantité de pluie, de chaleur et d’ensoleillement. C’était difficile de faire une comparaison en tenant compte du rendement. Mais je crois qu’au fil des ans, les sols sont en meilleure santé et que, pendant les années de sécheresse, ils ont une capacité de rétention d’eau un peu plus élevée. On a constaté une diminution de l’infestation de ravageurs. Je pense que c’était utile d’examiner d’autres aspects que seulement le rendement et de relativiser certains des risques économiques liés à la culture de la pomme de terre. C’est une culture assez dispendieuse. Et s’il y a une baisse des prix ou des rendements, vous pouvez perdre beaucoup d’argent rapidement, de la même manière que vous pouvez gagner beaucoup d’argent rapidement si vous avez des rendements et des prix élevés. Mais, pour nous, il s’agissait aussi d’équilibrer une partie du risque financier. Et je pense que c’est là que j’ai vu le plus grand avantage : on a atténué une partie du risque économique. Et puis, vous savez, avec le temps, on a également constaté certains avantages pour la santé du sol.
Marie-France : Cette façon d’atténuer les risques, associée à une meilleure santé des sols, c’est la bonne solution pour obtenir une agriculture durable. J’imagine que vous voulez savoir où vous pouvez trouver le calculateur.
Kirk : Il est maintenant disponible gratuitement sur le site Web du PEI Potato Board. Il est disponible en anglais et en français. Il y aura un lien dans la description de notre épisode.
Je m'en voudrais de ne pas mentionner Ryan Barrett, du PEI Potato Board, et toute l'aide qu'il a apportée à l'élaboration de cet outil.
Marie-France : Nous souhaitons également mentionner Meysoon Amin, un autre étudiant brillant qui a également contribué de manière significative à la version finale. J’ai entendu dire que des tests étaient aussi menés dans d’autres laboratoires vivants au pays où on adapte le calculateur à différentes cultures.
Kirk : Oui! Ça sera intéressant de voir où d’autres producteurs et scientifiques vont l’utiliser.
C’est ici que se termine l’épisode de notre balado. On conclut avec notre adage, mais peut-être dans une version révisée.

Marie-France : Essayer quelque chose de nouveau?
Kirk : Oui, essayer quelque chose de nouveau. Mais utiliser d’abord un calculateur de rotation des cultures.
Marie-France : Bon conseil! Et n’oubliez pas de vous abonner au balado pour connaître les dernières nouveautés, les innovations et les innovateurs du secteur agricole et alimentaire ici au Canada.