UNIK MEDIA

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🔥 De notaire paumé à humoriste culte.
Laurent Regairaz, alias Chicandier, a grandi entre Jaguar du dimanche, pression bourgeoise… et alcool dès l’adolescence.
Il a connu les blackouts, les gardes à vue, les idées suicidaires, le licenciement, la double vie entre logement social et vidéos virales…

Puis il est monté sur scène.
Premières parties de Jean-Marie Bigard, rôle dans Astérix & Obélix : L’Empire du Milieu, série Netflix Tapie, Comédie de Paris, tournées, succès… et un foie au bord de la rupture.

Dans cet épisode d’UNIK, Chicandier se livre sans filtre.
Un entretien puissant, cash, souvent hilarant, parfois brutal, où l’on parle de :
- Pression sociale, double vie et reconversion radicale
- Alcool, autodestruction et idées suicidaires
- Vidéos virales, Bigard, Obélix, Netflix & Comédie de Paris
- Couple, paternité, et combat pour sa femme et sa fille
- Hyper-sensibilité, notoriété et addictions au quotidien
- Sport, discipline, santé et envie de “devenir adulte”

❤️ Un échange rare entre deux hommes, pour :
✔️ Celles et ceux qui luttent avec une addiction ou des idées noires.
✔️ Ceux qui rêvent d’une reconversion radicale mais n’osent pas encore.
✔️ Les artistes, créateurs, entrepreneurs hypersensibles qui se sentent parfois au bord du gouffre.

What is UNIK MEDIA?

Les Rencontres inspirantes de Franck Nicolas.
Nous avons tous en nous des dons et des talents uniques.
Les grandes réussites de tous les domaines qui nous entourent ont su mieux que quiconque les découvrir et les exploiter pour vivre leur vie à 110%. Et si vous pouviez en être inspiré et reproduire ce même chemin ? Franck entre dans la "tête" de ces leaders incroyables pour vous livrer leur recette du succès.
Nous vous dévoilons des talents "UNIK" pour réussir à votre tour.

Ce qui est bizarre, c'est que je
me sois retrouvé, moi, notaire.

Ça, c'est très bizarre.
C'est moi ça.

Tu parles de moi là, non ?

J'ai fait bac plus huit.

Je suis arrivé à bac plus huit.

Je confondais les dossiers,
je confondais les prénoms.

Donc, du coup, tu es viré.

Je l'ai remercié de m'avoir dit: Je
crois que vous n'êtes pas fait pour ça.

Et je l'ai remercié parce que c'est
vrai que je n'étais pas fait pour ça.

En fait, je me suis dit: Je vais me
remettre comme on croit que je dois être,

c'est-à-dire la petite mèche
sur le côté, le petit costard.

Et c'est comme Hulk,
le truc qui craquelle.

Est-ce que tu as pris une décision
radicale à un moment donné de

dire: Ça suffit maintenant ?

J'ai tellement fait de frasques,
tellement fait de conneries.

Une, puis deux, puis trois.

Puis, à la quinzième, à un moment donné,
tu te dis: Peut-être,

il est temps d'arrêter.

Mais quand tu as la connerie
en toi, c'est compliqué.

J'ai une fille, j'ai une femme, j'ai
essayé de construire quelque chose et

maintenant, je me taille comme un voleur.
Non.

Trois semaines après, il m'appelle, il me
dit: Tu fais ma première

partie après juste.
Devant 5 000 personnes ?

Devant 5 200 personnes.

Et là, tu as le trouillet matazot.

Non, mais j'ai vomi.

En montant sur scène sur ma chemise, tous
les jours, tu remets vraiment

l'ouvrage sur le métier.

Tous les jours, tous les jours, tu te dis:
Je peux faire mieux, la vanne,

elle peut être meilleure.

Tout ce qui peut t'empêcher de penser, tu
prends la bouffe, l'alcool, tu

prends, tu prends, tu prends.
C'est de l'autodestruction, c'est quoi ?

C'est un métier qui rend
un peu fou quand même.

Moi, si ma femme se barre, je pense que
déjà, c'est ça, je

termine d'armer du Salut.

Je suis inopérant, sans elle.

Je veux devenir adulte.
Tu m'entends ?

Adulte.

Et si j'étais moins con,
je ferais quoi ce matin ?

Soyez déraisonnables.

Ayez l'audace de choisir vos valeurs pour
faire de vous un grand leader

pour un monde meilleur.

Bonjour à tous, c'est Chicandier.

Je suis avec Franck Nicolas
aujourd'hui et on va bien se marrer.

Salut, comment vas-tu ?

Très bien, merci de me recevoir.

Avec grand plaisir.

C'est chouette de t'avoir parce que
dans les temps forts du

florilège, du beau paysage des humoristes
en France, moi, j'ai un coup de

cœur, c'est ce bonhomme Chicandier.

Mais on aurait l'idée reçue que ton
parcours, c'est quasiment le parcours de

la plupart des humoristes et que tu as
toujours fait ça, mais tu as un

parcours réellement, complètement.

Tu sais que l'éminition, elle s'appelle...

Tu connais le nom ?
Unique, bien sûr.

C'est écrit.

Ton parcours, il est
hallucinant, il est méga unique.

Oui, disons que Souvent, on me dit,
comme j'ai été diplômé notaire...

Mais tu as grillé le punch.
Merde !

Non, ce n'est pas grave.
Je viens me rattraper.

Non, mais je lui ai en faité ça.
En fait, c'est surtout...

Ce qui est bizarre, c'est que je
me sois retrouvé, moi, notaire.

Ça, c'est très bizarre.

J'aurais dû avoir un parcours
d'humoriste plus classique, etc.

Parce que je voulais faire
ça depuis que je suis gosse.

On envoyait déjà des cassettes
quand il était gamin et tout.

On se mettait dans le grenier, on
écrivait des pièces de théâtre.

On était un peu comme la bande à Fifi, ce
qu'a fait la bande à Fifi, sans le talent.

Oui, c'est ça.
C'était ce qu'on faisait.

Comment tout a commencé, finalement,
Tu as 5, 10 ans, tu as 11 ans.

Avec des copains, Esprit
Canal, que tu connais bien.

On regarde Canal plus, mais
on est comme des dingues.

De Cohn, Garcia, Alexandre Devoize.

Moi, je me souviens que je trouvais
qu'il y avait- Denisot, évidemment.

Denisot et je trouvais qu'il
y avait un gros niveau.

C'est-à-dire qu'à l'époque,
il y avait Les Nuls.

Très bon niveau.

C'était un gros niveau
de vanne et de punchline.

Et puis, un jour, je vois Alexandre
Devoize qui est habillé comme un

garagiste et qui fait Mister Pub.

Quel choc, choc, peuple, lait, oh là là !

J'ai fait: Ça, j'ai le niveau
Je ne vais pas faire ça, moi.

C'est Alexandre Devoise qui m'a donné
envie, tout premier, de faire ce métier.

Mais c'est marrant parce
que toi, tu es né...

Tu as été élevé...
Tu es né rapidement à Lyon, on va dire.

Tu es né rapidement, tu es né.
Je suis né, voilà.

Ça y est, tu es né.

Et ensuite, Saint-Etienne,
les ennemis jurés.

Oui, parce que mon père est...

Attention, j'ai souvent des petites
phrases d'enfoiré de droite.

Mon père est chirurgien et il a été
nommé chef de clinique à Saint-Etienne.

C'est pour ça qu'on a traversé
Givorre pour aller chez l'ennemi.

Et ça, ça ne monte pas.
Ta mèreOui, et ma mère ophtalmo.

Et ma mère ophtalmo, oui.

Et divorce par an ?

Oui, normal.

Couple des années 90, un peu libéré.

Pression sociale ensuite ?

Oui, grosse pression sociale.

C'est des villes un peu Saint-Etienne.

On allait jouer au golf les dimanches.

Il y avait la Jaguar de papa, il y
avait le golf des Capots de Maman.

Le Petit Bourge, quoi.

Le Petit Bourge.

Vraiment, à me mettre des
points dans la tronche.

Et tu te la pétais un peu ?

Tu avais le gros
bourrichon ou pas du tout ?

Non, je n'étais pas spécialement...
Oui, un peu.

Oui, un peu la pastèque.

On était très mal élevés,
mon frère, très mal élevés.

On allait, on partait en
vacances en Floride, on allait

dans les grands hôtels, etc.

On était mal élevés,
mais au moins, la vie, elle m'a

bien donné toutes les leçons.

Parce que moi, celui qui m'a sauvé de ça,
c'est un copain qui s'appelle Guillaume

Papu, dont les parents
tenaient à un snack bar.

Et c'est là qu'en fait, j'ai découvert ma
passion pour le côté canail et bistrot et

que la bourgeoisie et que le côté golf et
le côté cancan et le côté un peu

chabrolien du truc me gonflait.

On On parle de gouai, on parle de...
On parle de gouai, oui.

On parle de gouai, de Saint-Antonio, de
Frédéric Dard, évidemment,

dans ces Saint-Antonio.

On parle de ce langage bistrot quand la
mère me disait: Là, il y a le Claudican

qui arrive, là, il y a la
mèche, panda, face de crabe.

Mais à la fois, sur la
scène, on se reconnaît tous.

Oui, en fait, j'essaye, parce que souvent,
ma vie n'est pas plus intéressante que

celle d'un autre, mais j'essaie de faire
du particulier, de l'universel, qu'on se

retrouve avec quelqu'un où on dit: Tiens,
il me rappelle l'autre couillon de

Jeanneau qui est arrêté
de faire HEC pour monter un food truck

dans la Creuse ou des trucs comme ça.

On a tous des parcours de
vie, des changements de vie.

J'essaie parfois de dire...

Ce qui m'est arrivé peut arriver à tout le
monde, notamment avec les traversées

d'addiction que j'ai pu avoir.
C'est hallucinant.

C'est-à-dire que toi, dès 15
ans, si un litre cinq d'alcool...

Tu buvais tous les matins ?

Je ne buvais pas tous les matins.

Parfois, j'exagère un peu, mais en tout
cas, quand j'ai découvert l'alcool, ça

a été un révélateur.

C'est ce que je dis souvent, c'est Je sais
qu'on ne dit plus Indien d'Amérique,

maintenant, on dit Natif.
Tu as révélé quoi ?

Tout.
C'est comme si-Parce que tu étais inhibé ?

Non, mais il y a des gens,
ça ne leur fait pas ça.

Il y a des gens, ça leur fait ça.
J'ai dit: C'est génial, ce truc-là.

C'est génial, ça va changer ma vie.

Et tu avais le vin joyeux ?

Pas toujours, non.

Parce qu'après, très vite, très
rapidement, j'ai bu des grosses quantités

d'alcool pour me mettre dans
des états un peu second.

Mais du style grosses quantités
comme Obélix qui est tombé dedans ?

Ouais, un peu.

Je m'en souviens d'ailleurs, j'étais
saoulant parce que mes copains, justement,

ils avaient plutôt l'alcool joyeux et moi
très vite, comme j'avais des problèmes

avec mes parents, que c'était un peu
dysfonctionnel, très vite, je pleurais, je

faisais des crises, je me battais en
boîte de nuit, je me faisais virer.

Ça y allait, on mettait
des patates de forain.

J'en prenais surtout, mais...

Mais à tel point que tu
arrivais bourré à l'école ?

Oui, ça m'est arrivé.

Ça m'est arrivé d'arriver
bourré à l'école.

Enfant un petit peu délaissé ?
Oui.

Bizarre parce que des parents un peu dans
le domaine de la santé,

on ne s'y attendait pas.

Non, mais c'est surtout que ma
mère se sentait un peu abandonnée.

Elle cherchait des maris, donc elle était
assez mondaine, on va dire ça comme

ça, mais dans le bon sens du terme.

C'est-à-dire qu'elle it beaucoup, elle
faisait du théâtre, elle voyait des gens,

elle bossait énormément aussi, donc elle
avait besoin d'avoir des ses week-ends.

Elle vivait un peu par mes
grands-parents quand même, pas mal.

Et puis un père qui était souvent pas là.

À partir de 15 ans, on
me sent un peu délaissé.

Sans On va faire du Oliver Twist.

Est-ce que tu étais un peu le rebelle, le
trou du cul qui finit au

commissariat, par exemple ?

Ça, c'est moi.

Tu parles de moi, non ?

Ouais, complet.

Ouais, commissariat.

Une fois, j'avais tiré dans un mariage à
la carbine à plomb, j'ai terminé

au commissariat avec les menottes.

Et tellement pas...

Normalement, on aurait dû me foutre une
volée de bois vert,

m'enfermer dans un cachot.

Non, on a fêté ça à l'hippopotamus avec
mes grands-parents le soir même, sur la

même place où j'avais tiré d'ailleurs.
Cool, les grands-parents.

Les grands-parents, c'est des grands
parents, ils étaient pas là pour m'élever.

Eux, ils étaient là pour te donner
des sucettes, des gâteaux et pour...

Pour pas finir sous les
ponts, tu finis chez ton père.

Ouais, là, j'ai demandé à mon père, je lui
ai demandé expressément à 19 ans d'aller

vivre chez lui parce que je savais que si
je faisais pas ça, vraiment, je

pourrais terminer sous les ponts.

En tout cas, le rebelle se recadre,
études, boom, études de

droit et 2006, notaire.

2006, j'ai mon diplôme de notaire.
What the fuck ?

Diplôme supérieur du notariat.

Parce qu'après, tu es lancé.

Et puis moi, je- C'est un
sacré, tu as 180 degrés.

J'ai fait bac +8.

Je suis arrivé à bac +8.

Parce que j'ai fait deux maîtrises.

J'ai même été deuxième de promo
pour ma deuxième maîtrise.

Tu étais quel type de
notaire, finalement ?

Pas du tout-Rebelle ?
Pas concentré.

Non, pas concentré.
Pas concentré.

C'est le pire.

Notaire, c'est un boulot où il faut
être concentré sur ses dossiers.

C'est de l'administratif, c'est
regarder tous les paperards.

Moi, je confondais les dossiers,
je confondais les prénoms.

Donc du coup, tu es viré ?
Non.

Le Le maître qui m'a dit ça, il était
sympa en plus, je l'ai recroisé

un jour, je l'ai remercié.

Je l'ai remercié de m'avoir dit: Je
crois que vous n'êtes pas fait pour ça.

Et je l'ai remercié parce que c'est
vrai que je n'étais pas fait pour ça.

Donc, comment tu réagis
face à ce licenciement ?

Après, j'ai trouvé un nouveau boulot assez
rapidement et je suis parti dans le Sud.

Et tu deviens fonctionnaire ?
Ouais, parce que c'est...

Mais ça, toi, il est fou, le notaire
fonctionnaire, je te vois tellement...

Mais tu voulais te faire du mal ou quoi ?

Non, mais c'est au contraire.

Là, c'était le palais de la seringue,
c'était de la branle au quotidien.

Pendant deux ans, tu fais ça ?

Ouais, c'était le matin.

Mais ça n'avait pas de sens
pour dans un profil comme toi.

Ouais, mais au moins l'avantage, c'est que
tu arrives à 10h00 le matin, tu vas

bouffer à 11h15, tu reviens à 15h30.
Tu n'arrivais pas bourré là ?

Non, pas trop.

Bizarrement pas trop.

J'ai pris du poids parce que c'est vrai
que quand tu manges quand même 12 pains au

chocolat le matin, très vite,
tu prends un peu de poids.

Et là, aujourd'hui, ça va mieux ?

On ne dirait pas, mais
oui, j'ai perdu 20 kilos.

J'ai perdu 20 kilos, mais parce que...

On ressent beaucoup d'énergie
aujourd'hui quand je te la donne.

La boisson, de toute façon, fait grossir.

Et surtout, la boisson te donne
après des fringales nocturnes.

Tu te fais des pâtes, il faut que
ça soit du gras tout le temps.

Tu étais avec ta première
femme à ce moment-là ?

Ma première femme...

Non, je ne vais pas parler d'elle parce
que je n'ai vraiment pas été bien.

Ce n'était pas la bonne période ?

Non, et puis pour elle, elle, c'était
une grosse famille de Bretagne, etc.

J'ai joué un personnage- Quand tu dis
grosse famille, c'est une famille

traditionnelle, catholique.
Oui, catholique, etc.

Moi, à un moment donné, c'était une
période où je n'étais

pas du tout moi-même.
Elle m'avait fait perdre du poids.

Je me suis dit: Je vais me refaire la
cerise, je me Je me suis dit: Je vais me

remettre comme on croit que je dois être,
c'est-à-dire la petite mèche sur le

côté, le petit costard, la bretling.

Tu as fait l'effort de, mais...

Oui, et c'est comme Hulk, le
truc qui craquait comme ça.

Je voyais que le truc n'allait pas tenir.

J'allais à la messe quand
même tous les dimanches.

On a fait les retraites catholiques
à Lyon avec mon seigneur Barbarin et tout.

On travaillait bien à l'époque.

À un moment donné, j'ai dit: C'est
ridicule et tu es ridicule.

D'ailleurs, mes copains me le disaient,
ils me disaient: Tu es Taylor Darden,

on ne sait pas qui tu es, etc.

Et le truc a craqué et c'est là que je
suis retourné à Saint-Etienne et que

j'ai rencontré ma femme d'aujourd'hui.

Donc là, finalement, tu
rencontres ta deuxième femme.

Est-ce que ça serait fou
de dire qu'elle t'a sauvé ?

Non, ça ne serait pas fou
de dire qu'elle m'a sauvé.

Elle essaye de me sauver
d'ailleurs encore tous les jours.

D'ailleurs, elle s'est sauvée.

Elle creuse et elle va se sauver.
Et elle s'est sauvée.

Je fais tout pour qu'elle se barre.
Elle reste.

Je ne sais pas pourquoi elle reste.
Tu l'as fidélisée.

Là, tu es sorti de ta face
bourgeois de Lyon-Cateau ?

Ouais, complet.
Ouais, tu es sorti.

Ouais, complet.

Après, ouais, complet.

Et finalement, à un moment donné,
tu craques, ça explose, ça pète

et puis tu redeviens toi-même ?
Oui.

Tu acceptes qui tu es ?

Oui, j'accepte qui je suis.

Et après, en revanche, j'ai très vite su.

Ma femme, d'ailleurs, quand elle m'a
rencontré à nouveau, puisqu'on se

connaissait à la fac, mais quand elle m'a
rencontré à nouveau, je jouais déjà des

petits spectacles à la Saint-Etienne
pour faire rire les copains.

Ça en est en 2011.

Je savais que ça allait
se terminer comme ça.

Je ne savais pas trop comment, mais je
savais que ça allait

se terminer sur scène.

Mais 2013, c'est la naissance
de ta fille Daphné ?

Oui.

Mais tu arrives à la
maternité dans quel état ?

À la maternité, j'arrive normalement.

C'est la sortie ?

C'est qu'après, les femmes, elles
restent avec l'enfant pendant une nuit.

Et c'est là que C'est là que j'ai fait à
peu près 14 heures de dingue et je suis

arrivé à la maternité le lendemain.

Ma fille avait un jour.
Là, c'est vrai, dans un sale état.

Oui.
Oui.

J'ai bien fêté.

Est-ce que tu as pris une décision
radicale à un moment donné de

dire: Ça suffit maintenant ?

Pas vraiment.
Non.

Non, pas vraiment.

C'est après, j'ai tellement fait de
frasques, tellement fait de conneries.

Une, puis deux, puis trois, puis à la
quinzième, à un moment donné, tu te dis:

Peut-être, il est temps d'arrêter, mais
quand tu as la connerie

en toi, c'est compliqué.

Et tu dis qu'à un moment donné,
dans ta vie, tu as pensé au suicide.

En fait, comme disait Nietzsche,
c'est une sortie de secours.

Quand on y penseOn souffre
tellement que bon, voilà.

C'est Nietzsche toujours qui dit: La vie
est une oscillation entre

la souffrance et l'ennui.

C'est vrai qu'il était gaie.

Il donnait la pêche.

Mais oui, on y pense, mais j'en parlais
avec ma femme l'autre jour, je dis:

Quand on y pense, ce n'est pas grave.

C'est quand on le fait que c'est grave.

Il pensait, c'est...

J'allais dire, même tout être humain
normalement constitué, quand il a des

emmerdes, il se dit: Putain, si je me
débranchais un bon coup,

j'aurais pu m'emmerde.
Donc, y penser, c'est pas grave.

Le faire, c'est grave.

Et d'ailleurs, ceux qui le font souvent
dans les stats, etc, ce n'est pas

des gens qui y pensent tant que ça.
Parfois, c'est des pulsions.

Et qu'est-ce qui t'a
empêché de passer à l'acte ?

Tout, la vie.

J'ai une fille, j'ai une femme, j'ai
essayé de construire quelque chose et

maintenant, je me taille comme un voleur.
Non.

À quel moment a eu ce point de bascule
entre l'ancienne vie et la

nouvelle vie d'artiste ?

Le point de bascule, ça a été une
vidéo qui s'appelle Enculé de banquier.

Parce que j'ai bossé dans le
Nord à une boite où j'ai adoré.

Je n'avais pas de compétences, comme on le
disait, mais on avait un

gros dossier de fusion.

J'ai bossé, j'ai vraiment adoré
ce que j'ai fait pendant...

Parce que quand je suis investi dans le
boulot, j'en fais un peu des caisses en

expliquant Mais en fait, non, je peux
vraiment bosser et

apprécier ce que je faisais.

C'était une partie
immobilière intéressante.

Et après, celui qui m'avait embauché, qui
s'est barré, je me suis retrouvé dans

une boite que je ne comprenais plus trop.

Et après, j'ai bossé un an dans une autre
boite et là, vraiment, je n'avais

pas de boulot, je n'avais rien.

Et c'est là que ma femme me dit: Tu
commences à tourner en rond, je

te connais, tu as ton air con.

C'est vrai, je tournais en rond et c'est
là que j'ai fait une

vidéo enculé de banquier.

Notre actionnaire majoritaire, c'était
la Caisse d'épargne, ça n'a pas plu.

Oui, on s'étonne.

On s'en étonne.

Comment tu as eu cette idée, finalement ?

Parce qu'à l'époque, ce n'était
pas si développé que ça.

Youtube, c'était...

On avait un site qui s'appelait
Les Joses depuis 2014.

Et moi, il m'avait fait venir sur
le site avec mon copain Matou.

Et au début, on faisait
beaucoup de chroniques.

Et à un moment, j'ai commencé à faire des
vidéos parce que j'ai croisé Michou

à Montmartre, à la mascotte,
et je suis allé le voir.

On a fait une vidéo ensemble.

Quelle belle soirée, tout, machin.

Et après, j'ai commencé à faire un peu le
con avec Michou et qui

était d'ailleurs adorable.

Et j'ai posté la vidéo et j'ai vu que la
vidéo avait un impact très fort,

plus que les écrits, finalement,
sur les réseaux sociaux.

Donc, tu as eu un retour marketing,
finalement, tout de suite ?

Tout de suite.

Et tu avais un plan de
match dans la tête ?

Pas du tout.
Oui, c'est ça.

Mais ce qui était un peu schizophrénique,
c'est qu'à l'époque, moi, je bossais dans

le logement social à Douai
et quand j'arrivais à Saint-Etienne, je

signais des demandes de
selfies, des autograffes, etc.

Je savais que ça n'allait pas pouvoir
tenir longtemps parce que ça

devenait très schizophrénique.

Et ensuite, tu as créé une autre
vidéo qui s'appelait Bleu métal.

Là, des millions de vues.
Un truc de fou.

En une petite semaine, ça a dû faire
deux millions de vues, un truc comme ça.

Là, tu te dis quoi ?

Là, je...
Je suis bon, je suis beau ?

Non, pas du tout.

Pas du tout, parce qu'avec ma femme très
Elle me dit: T'inquiète, parce que me

connaissant, en connaissant mon aspect un
peu fragile, elle se dit: Punaise,

si lui, il lui arrive ça, ça...

Il va péter un plomb.
Ça, il va péter un plomb.

Tout de suite, elle me le dit et tout de
suite, d'ailleurs, des potes me le disent

en me Il ne fallait pas
que ça t'arrive à toi.

Ouais, il ne fallait pas
que ça t'arrive à toi.

C'est vrai que j'ai bossé, j'y suis allé,
j'ai fait le spectacle et tout, mais

j'ai vu tous les...

J'ai commis tous les
écueuils qui vont avec.

La surbringue, le côté people, le côté
rentrer dans des drogues et compagnie.

Tu as replongé, tu as remis le
doigt dans le pot de confiture ?

Pour tenir.

Pour tenir quoi ?

Tenir la fatigue, le niveau de pression.

En fait, jusqu'alors, je n'avais
jamais vraiment travaillé.

Là, quand j'ai commencé à créer mes
boîtes, quand j'ai commencé à monter sur

scène, que j'ai commencé à créer-Du en
2019, création de la

boîte de prod, tout ça ?
Exactement.

Là, j'ai commencé à bosser.
Puis tu bosses pour toi, c'est ton argent.

Ce n'est plus pareil.
Il n'y a plus rien qui est pareil.

Employé, etc.
Ce n'est pas ton argent.

Même à un moment donné, j'étais
codirigeant d'une boîte de logement

social, ce n'est pas ton argent.

Donc tout ça n'a pas de sens.

Quand tu étais secrétaire général ?
Oui, voilà.

Tu prends des décisions, mais quand ce
n'est pas ton pognon,

ce n'est pas ton pognon.

Là, tu prends toutes les
décisions, c'est ton pognon.

Un jour, justement,
mon ancien employeur m'avait dit:

Ce n'est pas sérieux ce que tu fais.

Je Je m'étais énervé parce que j'avais
dit: Il n'y a rien de plus sérieux.

Il n'y a rien de plus sérieux que
d'essayer de faire rire les gens.

C'est comme au chapeau, tu dis: S'il vous
plaît, mes braves gens, est-ce que vous

pouvez bien me donner une pièce pour que
je puisse en vivre alors que

tu bosses comme un taré ?
Là, ça s'envole.

Oui.

Donc, on On est toujours en 2019, tu joues
au grand point virgule, tu deviens

chroniqueur pour RTL et tu fais la
première partie de Ça ne s'invente pas.

Jean-marie Bigard.

Et surtout- Là, tu te sens
bien dans l'environnement ?

Non, parce que sinon, on a une anecdote
qui est Je ne comprends pas, c'est que

Jean-Marie me demande de faire sa première
partie à Fréjus, il y a 5 200 personnes.

Comment tu es amené ?

Parce que c'est quand même le
top du top du top à l'époque.

Je croise un jour
Jean-Marie dans une soirée.

Tout de suite, on se regarde, ça matche.

Je vais le voir et on a rejoué la
sketch de la chauve story ensemble.

Une phrase, une phrase, une
phrase, une phrase, une phrase.

Elle monte, elle monte.
Et elle monte.

Et on se marre ensemble et on passe
la soirée ensemble avec Jean-Marie.

On se connaît, on se reconnaît direct.

Et Jean-Marie est comme ça.

Trois semaines après, il m'appelle, il me
dit: Au fait, tu fais ma

première partie après.

Devant 5 000 personnes ?
Devant 5 200 personnes.

Ce n'est pas rien.
Et là, tu as le trouillet Matazo.

Non, mais j'ai vomi.

En montant sur scène sur ma chemise,
heureusement, j'avais pour le coup

bu que de l'eau, mais j'ai vomi.

J'ai maculé ma chemise d'eau.

En montant sur scène, lui, il me disait:
Regarde, on dirait un truc de gladiateur.

Lui, il avait l'habitude.

La foule était en délire, mais elle
n'était pas en délire pour moi.

Et il y avait ma femme
qui était au premier rang.

J'ai fait ce que j'ai pu.

D'ailleurs, j'ai eu un bon papier dans le
matin, mais j'ai fait ce que j'ai pu.

Mais surtout, on s'est retrouvé après.

J'ai joué devant 5 200 personnes.

On est allé voir le spectacle
de Jean-Marie, évidemment.

On est reparti et là, on s'est retrouvé
dans ma bagnole, sur le parking du Burger

King, à Fréjus, en train
de manger un pauvre burger.

Bien tiède ?
Oui, bien tiède, sans musique.

Avec ma femme, elle me dit:
Elle va être bizarre cette vie.

Elle va être bizarre, cette vie.

Parce que tu passes effectivement de la
foule à pas la foule en

l'espace d'une seconde.
Et là, ça s'accélère un petit peu.

2020, tu t'installes à Comédie
de Paris pour un spectacle.

Et là, tes salles se
remplissent très vite.

Tout comme tes T-shirts
se remplissent de vomis.

Ouais, parce qu'effectivement,
on fait la marque Bleu métal.

Là, c'est un rythme un
peu fou parce que...

Est-ce que le fait de vomir souvent avant,
c'est quelque chose qui se reproduit ?

Je ne vomis plus vraiment, mais j'ai
un track qui te serre le ventre.

Tu as l'impression d'avoir pris
un coup de poing dans le ventre.

C'est un stress de ?
C'est un stress...

Avant, c'était deux heures avant,
puis après, c'était plus qu'une heure.

Maintenant, c'est dix minutes avant.

Mais après, dès que tu as mis
le pied sur scène, c'est fini.

Tu as dit ta première
phrase, tu n'as plus le truc.

Et là, ça y est, quand tu es sur les
planches, tu es dans ton environnement.

Oui, j'adore, mais ce n'est pas toujours
simple parce que j'ai un spectacle...

En fait, j'ai un spectacle
qui n'est pas la mode.

La mode, il y a beaucoup
humoristes qui font...

Moi, je trouve qu'ils versent, mais c'est
ma façon de voir les choses,

qu'ils versent dans la poésie.

Moi, quand je veux voir un humoriste,
je n'ai pas envie de voir de poésie.

J'aime bien adorer Coluche, j'aime
bien quand ça claque et tout.

Et donc moi, c'est un humour très vulgaire
Je dis énormément d'insanité,

très rentre-dedans.

Maintenant, je l'ai matiné, je l'ai
couvert, j'ai essayé de

rajouter un peu d'empathie, etc.

Est-ce que tu as mis du velours
avec la tendance actuelle ?

Ce soir, il y a Anne-Claire
Coudray qui sera là dans la salle.

On va l'interroger plus tard pour savoir
si elle a de se trouver du

velours dans mon spectacle.

Mais en tout cas, il y a beaucoup de
femmes qui se lèvent et qui se barrent.

Enfin, beaucoup.

Il y en a quelques unes qui
se lèvent et qui se barrent.

Elle trouve ça très agressif.

Ce n'est pas dans l'air de l'air du temps.

L'air du temps, c'est justement de la
déconstruction, c'est

de dire: Excusez-nous.

Moi, je joue un mec qui n'est
pas déconstruit.

Comment tu apprends tes textes ?

Est-ce que ça se fait avec
facilité, le jeu de scène ?

Est-ce que tu as pris des cours ?

Est-ce que c'est facile ?

Sur la partie technique, je dirais.

Demain, ce sera la 500ème
fois que je monte sur scène.

Tu apprends tous les jours.

J'ai Je l'ai écrit mes textes.

Avant, c'était avec ma touffe,
maintenant, c'est tout seul.

Donc déjà, quand tu écris tes textes,
c'est plus facile de les apprendre.

Mais par contre, c'est
comme un cordonnier.

C'est comme tous les jours, tu remets
vraiment l'ouvrage sur le métier.

Tous les jours, tu
te dis: Attends, je peux faire mieux,

la vanne, elle peut être meilleure.

Tu apprends devant un miroir, seul ?

Je répète beaucoup.

Moi, je vais marcher les matins une heure
et j'ai un stade de foot à côté de chez

moi et je fais des tours
de stade en répétant.

Avec le texte sur ton téléphone.

Devant une cage de foot où je fais comme
s'il y avait du public et

Je refais les pas, etc.

2023, également, tu as démarré
une carrière au cinéma.

Oui, pas de carrière, mais oui,
en tout cas, j'ai eu la chance.

On n'a plus de voir dans
la série que c'est Obélix.

Tout à fait.
L'empire du Milieu.

Oui, où je fais Ordre d'un Poissonnier.

Le Poissonnier.

Non, ce qui était fou, déjà, c'est...

Merci Guillaume Canet de
m'avoir donné cette chance.

Ce qui était fou, c'était le
parterre, le parterre de vedettes.

Et tu arrives dans un village
gaulois totalement reconstitué.

Et là, tu arrives devant toi, tu as Pierre
Richard, Gilles Lelouch,

Jérôme Commandeur, Guillaume Canet,
Marion Cotillard, des titans du cinéma.

Audrey Lamy, Jean Pass et les meilleurs.

Et après, quand on était allé à
l'avant-première à Paris, au Grand Rex,

je suis allé avec mon copain, Lucas.

Il y avait José Garcia, qui est pour le
coup, on est potes, mais tu as tout le

cinéma qui est là et il y avait Zlatan.
Zlatan qui était...

Moi, je sentais le souffle de Zlatan.

Et d'ailleurs, c'est le seul, alors qu'il
n'y avait que des stars, c'est le seul

où il y a eu Nola quand il est rentré.

Il est plus star que toutes les stars.

Alors que pourtant, il y avait
de la star internationale.

Mais c'est un truc de fou.

Puis, tu as fait la série Netflix aussi.
On t'a vu dans la série Netflix.

Dans TAPI, oui.
De Tristan Seguela.

Donc finalement, là, c'est quoi ?

Chez Candier, il va être sur les
planches et au cinéma, dorénavant ?

On est en train de déposer un film avec
mon matou qui a été commandé par

Marvelous, alors on espère, cinéma.

Là, on se dit, vous êtes en train de me
dire: Les gars ou les filles,

c'est son parcours incroyable.

Maintenant, c'est facile pour lui.

En fait, ça n'allait pas
autant que ça, finalement.

Parce qu'un jour, tu as appris au niveau
du foie qu'il se passait quelque chose.

Oui, après, à force de tirer sur la corde,
j'ai eu des problèmes au foie, des

problèmes sérieux au foie.
On peut parler de cireuse ?

On ne peut pas être si rose ?

C'est une fille rose, stade
trois, qui pourrait virer stade 4.

On rentre dans le détail, mais grosso
modo, ça veut dire éviter l'alcool,

perdre du poids, faire gaffe.

Mais ce qui est super compliqué parce que
moi, il me faudrait me

fermer dans un monastère.

Il faut que j'y retourne
faire des retraites.

Tu es un bon vivant ?
Oui, je suis un...

Bon vivant, il y a un côté qui me fait
toujours marrer là-dedans, parce que j'en

parle sur scène, c'est que
bon vivant, pour moi, c'est quand

même quelqu'un qui fait un peu gaffe.

Moi, souvent,
Je m'empifferais, je buvais comme un

trou, ce n'est pas bon vivant, ça.

Ça ferait des excellents morts.

C'est de l'autodestruction, c'est quoi ?

Oui, je suis passé par une
phase d'autodestruction.

Ça, ça ressemble plus à de
l'autodestruction que bon vivant.

D'ailleurs, j'ai des gens qui
m'écrivent et qui me disent...

Moi, je les vois, les bons vivants.

C'est des gens qui font un peu de sport,
qui font gaffe et qui, de temps en temps,

les vendredis soir, se lâchent, ils
mangent un peu gras, ils

boivent du bon vin, etc.
Ça, c'est des bons vivants.

Mais ceux qui arrivent et qui boivent
comme des trous, qui vont au bar, qui

s'enquillent des jaunes et qui qui bouffe
tous les jours et qui est fou en 140

kilos, ce n'est pas vraiment bon vivant.

Tu cherches à faire quoi finalement ?

Fuir le quotidien ?

S'absorber,
puis prendre tous les plaisirs, tout

ce qui peut t'empêcher de penser.

Tu prends la bouffe, l'alcool,
tu prends, tu prends.

Fuir l'instant présent ?
Non, fuir le...

Je peux dire, je connais très peu
d'humoristes qui sont très sains,

parce que c'est un métier qui
rend un peu fou quand même.

Ce côté d'un coup, tu as du public ou tu
n'en as pas d'ailleurs parfois, tu fais

rire et puis après, tu te retrouves
tout seul dans une tuile d'hôtel.

Après, tu peux faire un bad buzz.

Aujourd'hui, tu peux faire des me too
quand même un peu à tiers larigot.

Après, il y en a certains qui ont cherché,
il y en a d'autres où on se demande.

Tu as peur de ça, de t'en prendre une ?

On a toujours peur du bad buzz parce que
ça peut tellement venir

vite et puis ça s'enflamme.

Le me too, c'est encore autre chose.

Me too, moi, je suis fidèle à ma femme,
mais Bien sûr, c'est des métiers où il

y a des gens, il y a plein de gens qui ne
vont plus regarder les commentaires

sur les réseaux sociaux.

Parce que quand j'ai un copain, Olivier de
Benoît, il me dit: J'ai eu le

tort d'aller sur Billardéduc.

Il t'en prend 25 de bons, il suffit d'un
qui ne soit pas bon, tu

ne t'endors pas parce qu'on est
comme ça, on est foutu comme ça.

C'est un peu de la...

Le carrière monte et puis elle
se défait en claquant les doigts.

Oui, et puis tu ne ferais pas ça si
tu n'étais pas un peu hyper sensible.

Mais c'est tous les mêmes profils.

On est tous un peu des sensibles qui
regarde un peu ce qui

se passe autour, etc.

Et c'est aimez-moi, aimez-moi, aimez-moi.

Et puis, quand on ne t'aime
pas, tu fais: Aimez-moi.

Il faut se protéger.

Après, c'est compliqué de voir des
gens qui sont hyper structurés.

Si, ceux qui font du sport, des Jérémy
Ferrari qui font ultra beaucoup de sport,

beaucoup de travail, beaucoup
de rigueur, c'est bien.

À l'époque, Jean-Marie Bigard, il avait un
bon corps, il était musclé,

il était bien forme.

Bien sûr, Jean-Marie, mais Jean-Marie,
justement, après le Stade de France

et tout, ça a été plus compliqué.

Il s'est un peu plongé aussi dans quelques
addictions et ce n'est pas simple.

Quand il y en a certains qui sont très
connus, très hauts et qui plongent et

qu'on voit qu'après, ils ne remplissent
pas des salles de 200

personnes, c'est compliqué.

L'amour propre, tout ça.

C'est pour ça que ça les rend un
peu fous quand même, les gens.

L'autre jour, c'est Axelle Raide qui
disait: La notoriété, au

final du final, rend fou.

Elle n'a pas tort.

Finalement, tu t'es pris une grande
claque et ça a été salvateur.

Ça t'a fait plutôt du bien, je pense,
quand on t'a dit: Si tu continues,

ça ne durera pas plus de deux ans ta vie.

Oui, bien sûr, on m'a prévenu: Si tu
continues, ça ne durera

pas plus de deux ans.
Et ma femme...

Moi, si ma femme se barre, je pense
que déjà, je termine l'Armée du Salut.

Je suis inopérant sans elle.

Donc, si je comprends bien, le combat
continue et puis finalement, tu te

bats pour ta femme et ta fille ?

Ouais, c'est mon plus beau combat.

Sur scène, c'est mon métier.

Et si je devais demain me faire un
autre métier, je ferais un autre métier.

Mais elle, je ne veux pas faire...

C'est les femmes de ma vie.

Est-ce que tu as le sentiment,
la croyance, l'idée

reçue qu'une addiction en toi, elle
reste et il faut qu'on pose avec ?

Et c'est totalement ça.

Au début, j'ai fait ce qu'on appelle le
malin, mais tous les dépendants le savent.

On fait le parce qu'on dit: Oui,
moi, j'arrête quand je veux, etc.

J'ai vu un film magnifique avec Joaquim
Phoenix sur justement les addictions.

Il fait un dessinateur américain qui
termine en fauteuil parce

qu'il a un accident de voiture.

Avec John Hill, il est magnifique, ce
film, il est à voir sur

justement l'addiction.

L'addiction, c'est tous les jours.

Tous les jours, tous les jours, il y
en a qui ne passe pas devant des bars.

Moi, j'ai mon boucher qui est un mec
super, Batinic, et il ne

passe pas devant les bars.

Il ne parce qu'il me dit: Je ne veux pas
être tenté, même faire comme ça, courir.

Et toi, qu'est-ce que tu fais pour...
?

Là où je suis le plus calme et où je
suis le moins tenté, c'est chez moi.

Chez moi, je n'ai pas envie.

Je suis avec ma femme, ma fille, on
cuisine, on regarde des séries, on parle.

Je suis bien.

Le stress, dès que tu as un stress, dès
que tu as un stress,

c'est un moindre truc.

Tu as tôt fait de...

Tu dis: Non, je ne rentre pas
dans le bar, je prends de l'eau.

Moi, par exemple, quand maintenant, je
joue au théâtre, derrière, je rentre

directement à l'hôtel,
mais limite en courant.

Tu veux venir boire un coup en face ?

Non, non, non.

Tu n'as pas de rujuté, oui.

Je me mets devant une rediffusion de
Le Jujet d'une femme avec un kebab.

Et là, c'est sûr que tu n'as pas envie.

Elle te fait rêver cette vie ou pas ?
Là, c'est pareil.

Là, on est dans les Caraïbes.

Si tu prenais le téléphone, vas-y.

Et puis là, vas-y, prends le téléphone.
Je vais te faire un numéro.

En fait, c'est le numéro de la vie.

Et tu lui demandes quoi à la vie
aujourd'hui en toute intimité, et puis

avec beaucoup d'honnêteté dans ce qui se
passe dans tes addictions, dans ta vie.

J'aimerais bien avoir le cerveau de mon
âge et pas celui d'un gamin de 14 ans.

Je vois un psy depuis quelque temps.

Donne-moi mon cerveau d'adulte.

C'est bon, je veux
devenir adulte maintenant.

Adult.

Avant, je trouvais que c'était un gros
mot, maintenant, c'est ça que

je veux faire dans la vie.
Adult, voilà.

Protecteur pour sa famille, tout ça.

Kevin Costner dans Yellowstone, tu vois ?

Mais pas la fin de Kevin
Costner dans Brave Heart.

Non, non, non.

Je veux devenir adulte.
Tu m'entends ?

Adult.
Merde, je parle de comme un gosse.

Blagues mises à part maintenant, si tu
veux vivre longtemps, qu'est-ce

qu'il faut que tu fasses ?
Du sport, perdre du poids.

Je ne pense pas qu'il y ait un médecin qui
dise: Moi, ce que je vous conseille, c'est

le matin Ricard, Ricard burger,
jamais de sport, c'est bien ça.

Allonger tout le temps,
bouffer plus, buvez plus.

Non, c'est bien sûr, tous
les médecins le disent.

Surtout que moi, j'arrive
à la cinquantaine bientôt et

c'est là qu'il faut faire super gaffe.

Tous les AVC, toutes les
conneries, tous les cancers.

Moi, je commence à avoir des copains qui
font des merdes et les paires

de copains qui disparaissent.

C'est sûr que ça fait réfléchir.

On se fait le doigt de coaching ?

Doigt de coaching ?
Oui.

J'avais compris deux doigts de coaching et
là, je me suis dit: L'émission

commence à partir en godasse.

On reste très ouverts, c'est vraiment
le doigt de coaching, les amis.

On y va.

Doigt do coaching, questions
rapides, réponses rapides.

Chicandier, le vrai prénom, c'est Laurent.

D'où vient cette idée de Laurent,
de s'appeler Chicandier ?

C'est-à-dire qu'en 2008, quand Facebook
est arrivé, je me suis quand même vraiment

dit: Je ne vais pas utiliser mon vrai nom
parce que les recruteurs vont quand

même se mettre sur ce dossier-là.

Et vu toute la masse de connerie que j'ai
racontées tout de suite, je me suis dit:

Je ne vais pas me faire virer à cause de
mon vrai nom, donc j'ai mis

tout de suite un pseudo.

Et sur une échelle de 0 à 10, 10 étant: Je
suis super heureux, 0, c'est:

Je suis une bouse de vaches.
On est à combien aujourd'hui ?

J'étais à trois il y a pas longtemps, mais
je suis en train de remonter

vers les 6, pas loin de 7.

C'est quoi la complexité de faire rire
les autres quand on est triste soi-même ?

Ce n'est pas facile, surtout, de monter
sur scène et de faire rire quand on vient

d'avoir une merdouille dans la vie ou
qu'on s'est engueulé avec sa femme ou

qu'on a appris une
nouvelle un peu compliquée.

Ça, ce n'est pas fastoche.

Et quand on passe à un 3 et qu'on
s'appelle Chicandy, on fait comment

pour remonter au-dessus de 5 ?

On voit les gens qu'on aime et c'est
important de leur dire qu'on les aime.

Et quand ils nous répondent qu'ils nous
aiment bien un petit peu, ça fait du bien.

Il faut voir les gens
qu'on aime, c'est tout.

Et lever le pied quand on sent qu'on va
trop loin, notamment dans le boulot et

dans le fait de ne pas être chez soi.

Savoir s'entourer dans ces
moments-là, c'est important.

Ça revient souvent chez toi, ça.

Savoir s'entourer, c'est
pour tout le monde.

Moi, je connais des humoristes qui qui
sont seuls ou qui viennent de divorcer.

Ce n'est pas facile quand
on n'a pas d'entourage.

Ça aide pas.

Mon plus grand regret à ce jour ?

Peut-être mon plus grand regret, c'est que
si le jour où on m'a proposé le premier

verre d'alcool, peut-être, tu aurais
dû dire: Non, un cacaolax, ça m'ira.

Parce que ce sont des addictions
quand même qui sont très fortes.

Je conseille pas de rentrer
dans les schémas d'addiction.

Ce n'est pas le mieux pour une vie.

À part ta fille et ton deuxième mariage,
quelle est ta plus grande

fierté aujourd'hui ?
C'est la scène.

La scène, c'est quand même surmonter un
track, faire cette espèce de métier qui

consiste à quand même faire rire des
gens en montant sur scène tout seul.

Déjà, c'est totalement
mégalo, c'est totalement fou.

Il n'y a pas de sens, mais arriver à le
faire et arriver à le faire tous les soirs

et le faire correctement et apprendre bien
son métier,

ça, je suis assez fier d'aujourd'hui
pouvoir dire qu'en tout cas, je sais

monter sur scène et je
connais bien mon métier.

Et là, tu en es conscient, vraiment,
Laurence, c'est que tu montes, tu montes,

tu montes, ce qui est ton cas en ce
moment, tu montes, il y a un léger

plateau et ensuite, ça rechute.

Est-ce que tu es préparé à...

Parce qu'il y aura toujours une fin.

Je ne suis pas, déjà, je ne
cours pas après la notoriété.

Si ça s'arrête, en fait, moi, je compare
souvent ma carrière un peu à Didier Super.

C'est des carrières un peu...
Nous, on est des punks un peu.

Et j'aime bien, moi, ce côté punk.

La plus grande peur ?

Perdre ma fille,
qui lui arrive une maladie, quoi que ce

soit, qui lui arrive du mal
et évidemment ma femme aussi.

Ce que tu détestes le plus ?

C'est la fausseC'est
les fausses empathies.

Ça, c'est les fausses empathies qu'on
en voit beaucoup dans ce métier.

C'est une sorte de
malhonnêteté intellectuelle ?

Ouais.

C'est des gens dont on se méfie le moins
et c'est ceux qui t'embêtent

le plus loin dans la merde.

Un don de la nature
que tu aimerais avoir ?

J'adorerais.

Là, pour le coup, c'est
très, très, très pervers.

J'aimerais pouvoir mettre dans le cerveau
des gens et d'agir à leur

place de temps en temps.

Je ferais des choses très, très, très
bizarres, notamment avec les politiques.

Quel conseil tu donnerais au petit
Laurent, âgé de 10 ans, il est en face de

toi, il a 10 ans, qu'est-ce qu'il aurait
dû à l'époque et que tu

pourrais lui dire maintenant ?

Je te jure, tu as le
droit de t'aimer un peu.

Fais-toi un peu confiance.

Si on complétait ces
phrases, ça donnerait quoi ?

L'avis, c'est ?

C'est une tartine de merde qu'on
mange tous les jours à petites doses.

Lorsque je suis sur la scène, jeJe me sens
comme dans un vol en parachute.

Les gens sont...
Méchants, Marnie.

Ça, c'est dans le Joker.
Non, les gens sont complexes.

Il ne faut jamais s'arrêter au
premier à la première intuition.

Les gens sont complexes, mais il y
a vraiment des connards quand même.

Si on me propose un verre, je...
?

Je dis non d'abord et puis je cours.

Je pars en courant sur mon cheval.

Le bonheur, c'est ?

C'est assez simple.

C'est à la fois la chose la plus
complexe au monde et assez simple.

Parce qu'on s'en rend compte, d'ailleurs,
quand on est avec des gens qu'on aime,

que finalement, le bonheur, c'est simple.

Et puis, ce n'est pas si compliqué.

Ce n'est pas si compliqué OK, mais
ça demande un travail très technique.

Je suis ?

Gros.

J'essaie par contre de mincir un peu, mais
c'est compliqué parce que je suis gros

depuis que je suis petit et
parfois, je complexe un peu.

J'aimerais être moins gros.

Est-ce que tu as Il y a toujours
autant besoin d'exister qu'à l'époque ?

Malheureusement, oui.

Est-ce qu'on guérit de ça ?
Je ne sais pas.

Parce qu'après, de toute façon,
on fait tous des projets.

Même si ton projet, ce n'est pas d'être
dans la lumière, même si c'est de monter

un gîte dans la Creuse, tu as envie que
ça C'est ça qui me touche quand même.

Qu'est-ce que tu donnerais comme conseil
en une minute à celles et ceux qui sont

dans un creux de vague ou pourquoi
pas avec ce type d'addiction ?

Fuyez les toxiques, vraiment.

Ceux qui vous font plonger ou ceux qui ont
une main ou ceux qui ont un

discours qui est tendancieux, etc.

Vous savez qui sont les bonnes personnes.

Allez voir les bonnes
personnes, les gens fiables.

Ils ne vous tendront pas le dos et au
contraire, soyez francs et en

vérité, ils seront avec vous.

Faites confiance dans les gens qui vous
aiment beaucoup plus que

dans ceux qui vous flattent.

Quel conseil on pourrait te donner
aujourd'hui pour exploser tes

résultats et vivre ta passion à 110% ?

Fais du sport,
aie une vie saine, travaille et n'écoute

pas ceux qui veulent te faire changer.

Voilà, ça, c'est un vrai conseil.

N'écoutez jamais ceux qui
veulent te faire changer.

On a voulu tellement me
mettre dans un truc public.

On a voulu édulcorer mes propos, etc.

Enlever de la vulgarité parce
qu'on estimait que machin.

Je crois que ça ne fonctionne pas.

C'est Ed Sheeran qui disait ça.

Il a dit: Pendant cinq ans, les gens ont
voulu me faire une nouvelle coupe de

cheveux, me relooker, me
faire perdre du poids, etc.

Il a dit: Je les emmerde.

Et il a de se poser tous les compteurs.

Je crois que c'est bien d'être soi-même.

Quelle est ta définition
de vivre une vie à 110% ?

Ce n'est pas facile de vivre une vie à
110%, parce que déjà, ça nécessite souvent

d'avoir des moyens financiers
que tout le monde n'a pas.

Vivre une vie à 110%, c'est peut-être
parfois essayer d'être moins con.

Dans le cœur des hommes, ils disent ça à
un moment donné, ils disent: Et si j'étais

moins con, je ferais quoi ce matin ?

C'est peut-être une vraie
question à se poser, ça.

Bonne réussite.
Merci d'être passé nous voir.

Merci à toi de m'avoir reçu.

Les amis, soyez des leaders actifs, des
raisonnables et inspirants

pour un monde meilleur.
Prochain rendez-vous, prochain Unique.

Notre personnalité à un temps fort.