News et analyses techniques chaque semaine pour les passionnés d'espace !
- Opérations spatiales militaires.
- Dernières manœuvres importantes en orbite.
- Vulgarisation de concepts complexes.
- Décryptage des intérêts et des tactiques des différents acteurs.
- Interviews exclusifs.
Bonjour et bienvenue dans Orbit Watch, le podcast pour les passionnés d'espace qui s'intéressent aux opérations militaires en orbite. Ce podcast s'est produit par avec l'appui du centre de compétences espaces de l'armée suisse. Je suis Jonathan Thaumannien, ingénieur en électronique spatiale et commandant dans la compagnie q g espace. J'ai le plaisir d'exclure avec vous les rixes entre forces armées dans l'espace dont on n'entend jamais parler, mais qui pourtant prennent place tous les jours au-dessus de nos têtes. Nous sommes avec Eric Botlander, Eric qui est donc un ingénieur spécialiste de l'espace européen et qui a notamment collaboré dans plusieurs publications dont dans Space International.
Jonathan Magnin:Bonjour Eric. Bonjour à tous. Merci d'être là. Donc ce podcast est coanimé avec Eric et sans plus attendre nous rentrons dans nos brèves de la semaine. Clear space est la mission prélude.
Jonathan Magnin:Il s'agit donc de 2 petits satellites qui doivent démontrer les rendez-vous et les opérations de proximité en orbite.
Eric Boettlander:Alors ClearSpace, c'est une entreprise qui a été fondée en deux-mille-dix-huit, qui a un siège au Luxembourg et qui est très très connu en Suisse. Malheureusement, en deux-mille-vingt-quatre et deux-mille-vingt-cinq, Clearespace qui devait préparer une mission pour aller chercher un débris en orbite basse, un débris de l'ESA, et bien eu quelques petits problèmes et une bonne partie de ses activités ont été transférées chez OHB en Allemagne. J'ai donc eu la
Jonathan Magnin:chance en tant qu'étudiant de travailler sur ces projets, sur des petits démonstrateurs sur terre, mais aussi sur une analyse du risque et il s'avère qu'un scénario possible s'est donc déroulé, la cible de cette mission initiale de Clearespace s'est fragmentée. On a donc une collaboration, un partenariat avec OHB, grande société allemande, cela souligne un
Eric Boettlander:peu l'aspect défense Oui bien sûr parce que on peut aller chercher des débris en orbite, mais la grande question, c'est de savoir qui paye. Alors les agences peuvent payer, les entreprises peuvent payer, mais rien ne les engage à le faire pour le moment. Et le grand marché de ce type de satellite, aujourd'hui on peut se dire que ça va être des satellites de défense et évidemment les capacités d'aller éventuellement récupérer des satellites de nations avec lesquels on n'est pas forcément très copains.
Jonathan Magnin:En effet ça promet. On passe à la suite la course à la lune épisode 2. Artemis 2 la gigantesque fusée lunaire de la NASA devrait lancer avec un équipage 4 astronautes en février de cette année énorme intérêt pour le retour de l'humain sur la lune Eric.
Eric Boettlander:Oui, ça fait depuis deux-mille-vingt-deux qu'on attend cette mission, un 4 astronautes dont le premier canadien qui va tourner autour de la lune. Alors, c'est une première depuis plus de 50 ans et ce sera surtout un grand test pour la capsule Orion.
Jonathan Magnin:En effet donc une capsule qui a déjà été envoyée sans sans équipage pour un test, il a malheureusement eu des dommages sous le bouclier thermique. Oui
Eric Boettlander:alors la Nasa a travaillé sur ce sujet depuis 2 3 ans, ça a été vraiment revu en profondeur et elles ont, ils ont adapté le profil de vol pour que les astronautes malgré les risques de ce premier test autour de la Lune puissent revenir en toute sécurité.
Jonathan Magnin:Ils ne poseront donc pas encore le pied sur la Lune, il s'agit juste d'aller voir par là, mais c'est un jalon très important dans cette course explicite entre les États-Unis et
Eric Boettlander:la Chine. Avant tout, c'est de pouvoir prouver que les États-Unis ont de nouveau cette capacité de retourner vers la lune et éventuellement plus tard sur la lune face à une Chine qui de toute façon a affirmé qu'elle voulait y aller, qu'elle voulait déployer une base sur place et qu'elle se fichait bien de savoir si les américains étaient capables de le faire.
Jonathan Magnin:Magnifique. On poursuit, nous allons maintenant en Belgique. Aerospace lab qui va construire des satellites pour Xona. Quel genre de satellites Du P&T, positioning navigation and timing, contrairement aux orbites habituelles de ce genre de constellations qu'on connaît bien GPS, galiléo, by Dougunas. Cette fois cette constellation sera en orbite basse.
Jonathan Magnin:Qu'est-ce que ça implique
Eric Boettlander:Ça implique que le brouillage de ces constellations sera beaucoup moins efficace. Parce qu'aujourd'hui autour des zones de conflits en particulier autour de l'Ukraine, autour d'Israël, autour d'autres zones de conflits, on a des brouillages importants des GPS. Alors les GPS, ce ne sont pas uniquement des signaux de géo-positionnement pour l'aviation, pour l'automobile, pour pour les montres, et caetera. C'est aussi des signaux qui sont indispensables pour les télécoms, pour la finance et évidemment pour les militaires.
Jonathan Magnin:Nous dépend donc tous énormément de ces signaux et les satellites en orbite moyenne se déplacent lentement dans le ciel. Donc nous pouvons facilement les viser et les brouiller d'où l'intérêt de créer ce genre de constellations en orbite basse où les satellites passent beaucoup plus vite dans le ciel.
Eric Boettlander:C'est un contrat que ErospesLab a obtenu de manière particulière parce que c'était les seuls qui avaient la capacité de production nécessaire. Oui alors Xona c'est une une nouvelle entreprise qui surf un petit peu sur cette vague des des constellations GNSS en orbite basse, c'est une innovation et ça rejoint un petit peu ce que font de nombreuses entreprises américaines en ce moment en particulier Iridium qui veut se servir de sa constellation pour faire des signaux de géo positionnement.
Jonathan Magnin:Un domaine d'avenir donc. On passe maintenant en Chine, la Chine qui à l'ONU début deux-mille-vingt-six élève la voix contre Starlink dans le cadre de la coordination en orbite basse à cause de, je cite, la prolifération incontrôlée de satellites Starlink qui entraîne des risques pour la sécurité selon la Chine.
Eric Boettlander:Alors des risques pour la sécurité, ce que souhaite surtout la Chine, c'est d'avoir un catalogue mis à jour et de pouvoir gérer les approches et les collisions avec les les satellites Starlink. Ce qu'ils souhaitent, c'est avant tout disposer de meilleures communications avec cette entreprise et de meilleures communications avec les futures grandes constellations en orbite basse.
Jonathan Magnin:Tout le monde pourrait donc bénéficier d'une nouvelle entreprise suisse, Space Talk, qui promet une plateforme permettant aux opérateurs spatiaux d'échanger des informations et d'avoir des points de contact fixes. Nous restons avec la Chine, la Chine qui abaisse ses exigences de politique publique pour autoriser davantage d'entreprises de fusées à entrer en bourse. En effet, la Chine a un certain retard par rapport à SpaceX au niveau de la cadence de lancement, ce qui cause donc son retard dans le déploiement des constellations en orbite. Et donc la Chine est prête à sacrifier la rentabilité de ces entreprises afin qu'elles démontrent des gens techniques. Oui la Chine,
Eric Boettlander:elle a beaucoup de satellites à déployer en particulier pour sa constellation Guowang qui vise à déployer plus de trente-huit-mille satellites, mais il y a aussi l'autre constellation même si elle a des petits problèmes Tawson sales ou Qianfan et et donc elle cherche des fusées. La Chine a besoin de fusées et pour ça elle a besoin d'entreprises qui les fabriquent non seulement avec le marché public mais aussi avec le marché privé et pour ça il faut lever énormément d'argent.
Jonathan Magnin:Donc on n'a pas fini de voir des milliers de satellites lancés en orbite. Et on reste avec Starlink en revenant sur un sujet donc qui a causé aussi ces discussions sur la sécurité en orbite, un satellite particulier Starlink trente-cinq 900 cinquante-six qui a subi une fragmentation et a généré un petit nuage de débris.
Eric Boettlander:Alors évidemment ça attire l'attention de tout le monde puisque Starlink et bien c'est quasiment dix-mille satellites en orbite, à baisser l'orbite de quatre-mille-quatre-cent satellites il y a uniquement Starlink qui est capable de le faire aujourd'hui, il faut savoir que ça représente ces dix-mille satellites quasiment 2 tiers de tous les satellites actuellement en orbite.
Jonathan Magnin:Donc une énorme fraction des satellites en orbite et donc s'il y a un risque même petit existe de fragmentation multipliée par dix-mille, ça fait beaucoup. Une baisse altitude donc qui permettra d'être plus sécuritaire si des pertes de contrôle arrivent puisque moins d'orbites seront traversées. Nous avons donc fini nos brèves de cet épisode et passons à un sujet approfondi. Avant de poursuivre cet épisode, je souhaite m'adresser à tous mes concitoyens suisses. Vous avez la possibilité d'accomplir votre service militaire obligatoire au centre de compétences espace diverses fonctions passionnantes sont disponibles pour tous les background analyste de la situation espace opérations spatiales développement logiciel sécurité informatique création d'outils d'analyse et exploitation des stations au sol Aucune formation ou diplôme n'est requis pour postuler.
Jonathan Magnin:Que vous sortiez d'apprentissage ou que vous ayez une expertise dans la physique, l'ingénierie, le droit ou les relations internationales, votre contribution sera une pierre à l'édifice appréciée à sa juste valeur. Je vous encourage donc à mêler service et passion avec nous dans une atmosphère unique de discipline, d'indépendance, de créativité et de persévérance. Pour en savoir plus, écrivez à l'adresse email en description contact at helvéti point space afin d'être orienté sur la procédure à suivre. Le sujet de cet épisode Spaceat n g un et n g 2 qui sont plongés dans la malchance. Ça a été annoncé, le satellite espagnol Spinsat NG2 a été percuté par une particule spatiale, nous reviendrons sur la définition assez floue de l'objet qui a percuté le satellite, mais récemment la perte totale du satellite a été confirmée.
Jonathan Magnin:Ce satellite donc c'est un satellite de télécommunications militaire et qui a de très grande importance pour le gouvernement espagnol, mais aussi pour l'OTAN et l'Union européenne. Alors si cet événement était isolé ça aurait pu être uniquement de la malchance néanmoins nous avons une information exclusive qui nous vient du travail acharné du centre de compétences espace de l'armée suisse le satellite Spensat NG un donc de la même gamme a subi pendant 4 mois une perte de contrôle. Mettons un peu de contexte. Le 30 janvier 2000 vingt-cinq, le satellite Spensat NG un est lancé. Ces 2 satellites sont donc des satellites de télécommunications militaire de dernière génération pour l'Espagne pour l'OTAN et ils sont capables de résister non seulement aux interférences, il faut entendre par là la guerre électronique, mais aussi de géolocaliser ces interférences.
Jonathan Magnin:Donc si vous attaquez ce satellite, il saura où vous êtes. De plus, il est durci contre les explosions nucléaires en haute altitude qui génèrent des tempêtes de radiation. Autour du 6 août deux-mille-vingt-cinq, NG-1 s'est donc déplacé à la longitude vingt-neuf degrés est pour prendre la place de son prédécesseur X-Tar-Ear, qui a été lui déplacé en orbite cimetière juste après. Cependant, NG-1 a ensuite commencé à dériver de cet emplacement en orbite géostationnaire. Avait maintenant une dérive de 0 virgule dix-huit degrés est par jour en décembre deux-mille-vingt-cinq, quelque chose qui n'est absolument pas planifié et indiquant une potentielle perte de contrôle.
Jonathan Magnin:Le centre de compétence espace au premier décembre deux-mille-vingt-cinq avec des observations optiques de courbes de lumière donc il s'agit donc d'observer la lumière reflétée par le soleil par le satellite qui indique si nous observons des pics d'une certaine période que le satellite tourne sur lui-même et n'est donc pas sous contrôle et c'était le cas. L'opérateur de qui travaille pour le gouvernement espagnol a depuis par contre repris le contrôle autour du 6 décembre et ont effectué une manoeuvre afin que le satellite replame son emplacement. Rien n'a été communiqué publiquement mais il s'agit donc probablement d'une faute logicielle et tout porte à croire que le Spensat NJ un est à nouveau opérationnel. Dans ce contexte donc, la perte de Spensat NJ 2 devient beaucoup plus dramatique.
Eric Boettlander:Oui, c'est une situation extrêmement embarrassante pour le gouvernement espagnol en particulier. Ça veut quand même dire qu'il y a eu quelques mois durant lesquels le gouvernement espagnol n'avait plus de satellites de télécommunications sécurisée pour ces armées. Parce que Spensat NG 2 donc a été lancé le vingt-quatre octobre deux-mille-vingt-cinq qui devait remplacer X-Tar L-ANT à 30 degrés est, et bien il s'est retrouvé sur une orbite de transfert géostationnaire supérieure, donc qui passait au-dessus de l'orbite géostationnaire laquelle se trouve à environ trente-sept-mille kilomètres. Ce satellite à une altitude de cinquante-mille kilomètres a été touché par ce qu'on appelle une particule spatiale. Alors qu'est-ce que c'est une particule spatiale Et bien malheureusement, on ne sait pas exactement.
Eric Boettlander:Ce n'est certainement pas un débris parce qu'il n'y a rien si haut et sur ce genre d'orbite très elliptique, on peut être quasiment certain qu'il n'y a pas de débris particulier. Par contre, et bien ça peut être une micro météorites, laquelle n'aurait pas été détectée par des radars à cause de sa taille ou alors une particule spatiale vraiment de haute énergie émise par le soleil voire émise par d'autres étoiles.
Jonathan Magnin:Donc en effet vraiment dans ce cas-là pas de chance. Des satellites donc jalon capacitaire pour l'Espagne, l'Europe et l'OTAN, leur perte va peser lourd même si normalement le satellite était entièrement assuré donc financièrement pour les acteurs cela devrait rentrer en ordre, son remplacement va être lent et coûteux.
Eric Boettlander:Oui et puis il va falloir s'intéresser justement à ce problème de particules spatiales parce que c'est assez ironique, on parle d'un satellite qui est blindé, qui est durci contre les explosions nucléaires en en haute altitude et qui a probablement été mis à terre par une particule spatiale de haute énergie. Donc il faut savoir quel était le le composant qui a été touché, qu'est-ce qu'il va falloir modifier et puis, et bien ce satellite qui sera sans doute confié à Airbus qui a déjà réalisé les n g un et n g 2 sera sous haute surveillance.
Jonathan Magnin:En effet, le terme particules spatiales reste très vague. On peut se dire que s'ils avaient été heurtés par un micrométéorite, ils l'auraient dit et donc c'est potentiellement une particule chargée très puissante d'un événement lointain. Un sujet donc que nous suivrons de près très intéressant. Nous arrivons maintenant à la fin de cet épisode et nous vous souhaitons une excellente semaine. À bientôt.