Ados en santé

Les adolescents sont exposés à des messages contradictoires sur la santé et l’image corporelle, notamment via les médias sociaux, ce qui influence leurs perceptions du corps « normal » et favorise des comportements de contrôle du poids, fréquents même chez des jeunes de poids santé. Dans cet épisode d’Ados en santé, le Dr Nicholas Chadi reçoit la Dre Dina Moubayed, pédiatre en médecine de l’adolescence, pour définir ce qu’est une diète à l’adolescence, décrire ses formes (de « manger plus santé » aux restrictions, jeûne intermittent, keto, jusqu’aux vomissements et laxatifs) et discuter des risques, dont le développement de troubles des conduites alimentaires. L’épisode aborde aussi l’influence des parents, l’importance d’un discours sans jugement centré sur la santé globale, l’équilibre, le plaisir, et l’approche « santé à toutes les tailles », ainsi que des signes d’alarme nécessitant une consultation.

Ressources:
Les diètes à l’adolescence : ce qu’il faut savoir (Soins de nos enfants/Société canadienne de pédiatrie)
Guide alimentaire canadien
Découvrez les aliments (Les diététistes du Canada)

What is Ados en santé?

Animé par le docteur Nicholas Chadi, spécialiste de la médecine de l’adolescence, le balado Ados en santé est une série d’entretiens intelligents sur des enjeux liés à la santé et au bien-être des jeunes. Présenté par la Société canadienne de pédiatrie.

Ados en Sante ep. 2 - Au-delà du poids, des régimes et de l'équilibre chez les adolescents
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Nicholas Chadi: [00:00:00] Les adolescents sont exposés à une foule de messages contradictoires en matière de santé, qu'ils proviennent des médias généraux, des médias sociaux, de leur entourage, de leur famille, du système d'éducation ou des milieux de soins. À une étape de leur vie où ils forment activement leur image corporelle et où ils sont particulièrement sensibles à leur apparence.

Ces messages peuvent avoir une influence sur ce qu'ils considèrent comme un corps normal ou sain. Une proportion marquée d'enfants et jeunes canadiens sont insatisfaits de leur poids. Au Canada, au moins le tiers des filles de 10 à 14 ans suivent une diète et adoptent des comportements de contrôle extrême du poids à un moment ou à un autre. Phénomène ne touche pas seulement les filles: vers 14 ans, plus de 50 % des jeunes ont pris des mesures pour perdre du poids, même si la majorité d'entre eux ont un poids santé. Il n'est pas rare que les adolescentes et les adolescents se sentent complexes, mais les diètes, régimes ou les tentatives pour modifier leur taille ou la forme de leur corps [00:01:00] peuvent être dangereuses et entraîner des problèmes de santé sévères, sans compter qu'elles sont un facteur de risque pour le développement de troubles des conduites alimentaires.

​ Bienvenue à cet épisode du balado Ados en santé. Aujourd'hui, nous parlons de la forme que peuvent prendre les diètes à l'adolescence. De l'influence de notre propre relation avec les aliments et notre image corporelle sur nos enfants et des manières d'aider les jeunes à se concentrer sur la santé globale et le bien être, au lieu de s'arrêter à un chiffre sur la balance.

Nicholas Chadi: Il nous fait grand plaisir de recevoir la docteure Dina Moubayed, qui est pédiatre spécialisée en médecine de l'adolescence au CHU Sainte-Justine et professeure associée de clinique à l'Université de Montréal. Bonjour, Dina.

Dina Moubayed: Bonjour, merci de me recevoir

Nicholas Chadi: Grand plaisir. Donc aujourd'hui, on touche un grand sujet. Le sujet des diètes, des régimes à l'adolescence. Mais avant d'aller plus loin dans le sujet, est ce qu'on peut simplement commencer par parler un petit peu plus de en fait, qu'est ce que c'est? [00:02:00] De quoi veut on parler quand on parle de diète ou de régime à l'adolescence?

Dina Moubayed: Mais en fait une diète et en fait, on les appelle effectivement plus communément. Les régimes, c'est quand on modifie de façon volontaire ou intentionnelle notre alimentation, puis c'est souvent limité ou circonscrit dans le temps. Donc on va dire que c'est vraiment très temporaire. Et souvent, c'est dans l'objectif de soit changer la forme de notre corps ou de perdre du poids.

Nicholas Chadi: bien je comprends. Puis si on pense concrètement, en fait, à quoi ça peut ressembler? Une diète, finalement, est ce qu'il y a des exemples à ce qui y a différents types de diète ou de régimes qui sont qui sont plus communs actuellement.

Dina Moubayed: En fait, les diètes peuvent prendre vraiment plusieurs formes. Et donc ça peut aller de manger plus santé, ce qui veut dire suivre les recommandations, par exemple, du Guide alimentaire canadien, manger plus de fruits de légumes, moins de restauration rapide. Ça peut être considéré comme faire une diète. [00:03:00] Et puis ça peut aller jusqu'à des comportements et plus de restrictions, par exemple, sauter des repas, manger moins, éviter certains types d'aliments. Et puis il y a des pratiques qui peuvent être plus rigides, comme par exemple, certaines diètes à la mode. On parle par exemple de la de keto ou on mangeait moins de glucides et on compte le nombre de glucides qu'on mange pour éviter certains types d'aliments ou les diètes par exemple, qui sont basées sur de façon intéressante les le régime préhistorique ou on mange des aliments entier frais. Ça peut être des jeunes prolongés comme ce qui est à la mode récemment, le jeune intermittent et donc de pas manger pendant une longue période de temps, puis ça peut aller à des comportements plus dangereux, comme des vomissements prolongés d'utilisation de laxatif.

Donc, il y a quand même une grande variabilité dans les comportements qu'on qualifie de diètes ou de regimes.

Nicholas Chadi: Merci. Donc on voit qu'à la fois dans le type d'aliments qu'on peut [00:04:00] consommer ou éviter dans la fréquence des aliments ou l'intervalle entre les repas, vraiment on peut parler de beaucoup de différentes choses, mais je me permettre d'aller dans une autre direction un petit peu. On sait évidemment que le paysage médiatique a énormément changé au cours des 10 15, 20 dernières années, depuis notre adolescence. Des parents dans le passé avaient à composer avec des idéaux au niveau de l'image corporelle qui étaient souvent irréalistes, mais à la télévision, au cinéma, dans les magazines. Aujourd'hui, on voit que les ados sont bombardés d'images parfaites ou améliorées sur les réseaux sociaux qui sont même souvent modifiés ou truqués, est ce que je pense que ces images là, puis les contenus actuellement sur les médias sociaux, peuvent influencer finalement ce qu'on voit chez les ados en terme de diète ou régime.

Dina Moubayed: C'est vraiment une bonne question. Puis la réponse simple c'est oui, mais [00:05:00] c'est sûr que quand on va un petit peu plus loin, ça a quand même été assez démontré dans la littérature que ce qui est retrouvé ou véhiculé comme message dans les médias a un impact significatif sur les perceptions des adolescents sur ce qui est normal ou santé.

Il y a ce message qui est de plus en plus véhiculé qui a le fait d'être mince, est égal au fait d'être en santé alors qu'on le sait comme professionnel de la santé que ce n'est pas nécessairement le cas, mais souvent, c'est ce biais là ou cette perception là qui va être véhiculée. Puis ce qui est intéressant, en fait, dans ce qui a été mentionné, c'est que oui, avant les messages étaient plus contrôlés dans les magazines,

dans la télévision et dans les films. Mais là maintenant, les jeunes sont exposés énormément à du contenu sur les médias sociaux. Et on voit que les algorithmes peuvent aussi aller dans la direction de certains messages qui sont véhiculés. Et donc les jeunes peuvent devenir bombardés de ces messages là.

Et puis ça peut [00:06:00] avoir un impact vraiment significatif là sur le sur le désir ou la volonté de perdre.

du poids

Nicholas Chadi: Puis on sait que les contenus sur les médias sociaux peuvent venir des jeunes eux mêmes aussi. Donc, j'imagine qu'il y a une certaine composante d'influence des pairs, donc de reprendre certains messages qui viendraient des personnes d'influence et tout ça.

Nicholas Chadi: c'est compliqué.

Tout ça.

Dina Moubayed: Tout à fait, puis j'irais même un petit peu plus loin et les adultes ne sont pas non plus immunisés contre les messages qui sont véhiculés dans les médias sociaux. Et donc les jeunes peuvent être influencés par ce qui est véhiculé par leur pairs, mais aussi par ce qui est véhiculé dans le milieu familial, puis dans la famille.

Et donc des parents qui font un régime, ça a quand même été démontré que ça affect la probabilité que le jeune en fasse un aussi. Et donc c'est important aussi de faire attention aux messages qui sont véhiculés un peu partout dans l'environnement du jeune parce que les parents ne sont pas insensibles non plus au message qui sont véhiculés dans [00:07:00] les médias sociaux.

Et donc certaines peuvent paraître attrayante et à ce moment là, ça peut avoir un impact sur les

jeunes.

Nicholas Chadi: Et c'est un point vraiment important. Puis en fait, ça m'a amené à réfléchir là pendant que tu parlais des parents. Mais effectivement, il peut y avoir des parents qui aussi ont des relations difficiles, par exemple, avec les aliments, on pense à faire des régimes, puis, mais on peut être pris comme par an avec nos propres préoccupations, la taille de notre corps.

Et on peut trouver ça difficile aussi de mettre de côté certaines croyances ou des billets qui peuvent être aussi ancrés ou enracinés, mais en fait, comment on fait comme parent pour éviter transmettre certaines difficultés, par exemple, des choses de notre passé ou des choses qui nous préoccupent encore actuellement.

Dina Moubayed: Ben en fait, c'est sûr que c'est un gros travail. Parce que souvent, quand on ces perceptions là, des choses qui datent de longtemps, ça a même été démontré que quand on commence à faire des diètes à l'adolescence, c'est quelque chose qui peut perdurer tout au long de la vie. Donc, si on est un parent avec ces préoccupations là, il est possible que celle ci soit présente de [00:08:00] longue date.

Donc je dirais de mettre vraiment l'accent sur les habitudes qui sont saines et durables. Donc on lui parler de diète moments temporaires ou on change de façon drastique l'alimentation. On parle des changements d'habitude de vie familiale durable comme suivi les recommandations du guide alimentaire canadien, parle plus d'activité physique et

parler de de la qualité des aliments, non pas comme étant bon ou mauvais, mais plutôt comme étant et comme étant favorable pour pour la santé en fait ou d'y aller plus dans ce genre de discours là, non seulement le choix de. Discuter au niveau du choix des aliments, mais aussi au niveau des habitudes alimentaires.

Donc manger en famille, manger trois repas par jour et prêcher un peu par l'exemple, c'est sûr que si on voit nos parents qui sortent des repas, qui font des diètes intermittente à ce moment là, c'est plus difficile pour nous comme adolescents. [00:09:00] Moi, je vais suivre les recommandations que mon professionnel la santé me donne pour avoir une relation saine avec la nourriture.

Nicholas Chadi: Donc ne pas avoir peur de parler de l'alimentation, même si ça peut être quelque chose qui est sensible pour nous comme parent d'avoir des habitudes qui seraient équilibrées de mener un peu par l'exemple, puis de pas oublier finalement le bon guide canadien au niveau alimentaire qui a été mis à jour au fil des années.

Aussi, puis si on rentre dans des conversations, par exemple, nos ados, nos enfants, soit posent des questions ou rapportent des choses qui ont été dites qui ont été mentionnées sur les médias sociaux dans différentes sources, est ce qu'il y a des mots ou des termes qu'on devrait utiliser justement pour peut être.

Éviter de nous mener vers les régimes ou d'aller vers la stigmatisation, la face au poids et encourager peut être des idées qui pourraient naître ou nous amener à avoir une alimentation plus désordonnée comme jeune personne.

Dina Moubayed: Oui, en fait, c'est sûr que c'est idéal d'avoir ces conversations là et de les avoir de façon vraiment [00:10:00] ouverte, sans jugement, d'aller questionner en fait, pourquoi les jeunes, ces comportements là ou ces idées là ou de ou viennent ces préoccupations et vraiment de façon ouverte. Et après ça d'aller déconstruire un peu les limites qui sont véhiculées, justement le fait qu'il y a des aliments bons et des aliments mauvais et que la est égale à la santé.

Donc de sortir un peu de discours et en lien avec le poids, puis plutôt de viser la santé, puis la santé peut prendre toutes les formes. Donc ce n'est pas nécessairement une personne qui a un c'est très, très bas ou un poids très très bas qui. Nécessairement le plus en santé, voire même au contraire. Donc de sortir de ce discours là, basé vraiment sur le poids et puis d'y aller vraiment avec la notion d'équilibre.

Donc une alimentation qui est saine et équilibré, inclus parfois des aliments qu'on considère comme étant plaisir ou qui nous font du bien ou qui se consomme dans [00:11:00] une dans une activité spéciale. Donc ça fait partie d'une alimentation qui est considérée comme étant équilibrée.

Nicholas Chadi: Donc de sortir des chiffres, des calculs, mentionnais indice de masse corporelle, proportion taillees tout ça de sortir un peu de cette ces mathématiques là pour y aller vers quelque chose qui nous amène finalement vers le vécu positif autour de l'alimentation, mais. Parle de santé, puis on a besoin d'énergie de l'alimentation pour être en santé.

Mais on sait que finalement, les comportements qui sont liés aux diètes peuvent provenir d'un intérêt, peut être trop marqué, peut être ou d'une fixation sur la santé, envie d'être en meilleure santé. On sait que des fois quand on enclenche tout ça, ça peut aussi mener un désir de changer notre apparence l mentionné apparence plus mince ou même plus plus musclée.

Ça alimenté par les algorithmes et tout ça, mais. Est ce que, finalement, il y a des stratégies pour nous aider à nous recentrer sur cette vision là de la santé qui n'est pas non plus dans l'excès dans le [00:12:00] trop santé, si on veut, est ce qu'il y aurait des conseils par rapport à ça

Dina Moubayed: Oui, l'idée, en fait, c'est un peu le mot que j'ai nommé tout à l'heure, c'est l'équilibre. Donc, quand on voit que cette. Cette idée là de vouloir être en santé, comment ça prend trop de place dans la vie du jeune de façon déséquilibrée. Donc, on sait qu'un adolescent doit se concentrer sur le fait d'être en santé et de faire de l'activité physique, d'avoir de l'énergie pour fonctionner, mais aussi sur les relations sociales sur l'école, sur les activités plaisantes.

Et quand on voit que. La fixation sur la santé ou l'apparence physique commence à être envahissante dans la vie du jeune et prend la place que d'autres choses devraient prendre. Mais c'est là qu'à ce moment là, on doit essayer de recentrer les discours là sur cet équilibre. Donc je comprends que tu veux, par exemple, je comprends que tu veux manger de santé.

Je comprends que tu veux faire attention à toi, mais là, c'est en train de devenir plus santé parce que ça prend de la place que ça devrait pas prendre dans ta vie. Donc un peu de prendre un pas de recul par rapport à qu'est ce qu'on s'attendrait d'un adolescent qui se développe [00:13:00] normalement, pas juste au niveau physique, mais au niveau psychologique, au niveau

social

Nicholas Chadi: ça fait beaucoup de sens. Puis tu mentionne l'équilibre, puis on parle d'alimentation de diète, puis au tout début, quand on parlait des diètes, mais il y a tout ce qui touche à l'alimentation, puis il peut y avoir des comportements aussi qui peuvent être sains ou des fois excessifs autour de l'alimentation.

Puis je pense par exemple à l'exercice, l'activité physique,

il pourrait y avoir aussi une tendance à vouloir essayer de contrôler l'image ou influencer l'image avec l'activité physique finalement, mais est ce que tu peux nous dire un petit peu: comment finalement l'exercice, qui est une activité saine en soi, peut devenir finalement dommageable ou problématique.

Dina Moubayed: Oui, effectivement, on va un peu dans la même veine en fait. Donc quand on fait de l'activité physique, c'est considéré comme un marqueur essentiel du fait de vouloir être en santé du fait de vouloir augmenter notre santé cardiovasculaire, car et mais c'est aussi des activités qui sont plaisantes. Et puis à ce moment là, quand on sort des activités plaisantes et que ça devient plutôt des activités qu'on [00:14:00] fait par obligation ou dans un but précis d'atteindre un chiffre précis sur la balance, c'est là que l'activité physique peut commencer à être considérée comme étant et malsaine.

Et donc de recentrer vraiment l'activité physique sur quelque chose de plaisant et quelque chose qui prend un peu de place, pas toute la place. Encore une fois, on vient la notion d'équilibre. Donc, quand l'activité physique devient tellement envahissante, qu'elle commence à prendre la place des comportements normaux chez l'adolescent, comme à sortir avec les amis faire des devoirs.

Et à ce moment là, c'est là qu on va commencer à se poser des

questions.

Nicholas Chadi: Donc autant trouver le plaisir dans les activités qui sont physiques que l'alimentation, l'expérience d'être dans un repas en famille ou socialement, et tout ça. Ça fait beaucoup de sens tout ça. Puis je sais que la Société canadienne de pédiatrie a assez récemment publié des nouvelles lignes directrices sur les les régimes à l'adolescence qui

encouragent les médecins, les pédiatres à [00:15:00] adopter une approche qui est dite de santé à toutes les tailles.

Est ce que tu peux vous expliquer un peu. Qu'est ce qu'on veut dire Santé à toutes les tailles.

Dina Moubayed: Mais en fait, c'est un peu ce que je disais tout à l'heure que ce qui est véhiculé parfois comme message, c'est que la message est équivalente au fait d'être en santé. Et puis c'est de travailler un peu, restructurer un peu cette façon de voir les choses. De dire que les marqueurs qu'on voit au niveau de la santé ne sont pas nécessairement en lien avec la taille.

Et donc le poids qu'on a. Et donc quelqu'un qui est, qui a un qui est conseil, un indic comme étant un peu plus élevé, par exemple, selon les corps de croissance, peut tout à fait être en bonne santé, avoir une alimentation équilibrée, avoir des saines habitudes au niveau des activités physiques et avoir une bonne santé cardiovasculaire et.

C'est des bons et un beau taux de nutriments de vitamines, alors que quelqu'un qui a un EMC qui est qui est beaucoup plus bas, [00:16:00] pourrait vivre le contraire. Donc c'est un peu, c'était cette notion là, il ne faut pas se fier uniquement sur l'apparence ou la taille de la personne pour considérer qui est en santé, qui ne l'est pas, mais au contraire, il faut regarder d'autres marqueurs

Nicholas Chadi: Puis est ce que ça serait aussi juste de dire, par exemple, qu'on peut viser ou aspirer à la santé, peu importe notre poids, finalement, est. Puis donc ça soit de regarder un chifre sur la balance. Ok? Oui. Puis peut être qu'éventuellement. On va se retrouver en situation de surpoids, mais mais malgré tout, on peut aspirer à la santé via notre alimentation et tout ça.

Puis parlant, peut être un peu de ça, justement le surpoids, on le sait quand même ça peut amener certains risques pour la santé chez des enfants, des adolescents qui seraient en situation de surpoids d'obésité est ce que quand on parle de stratégie ou d'approche pour parler de l'alimentation, est ce qu'il y a des différences.

Est ce que finalement de mentionner ou de ne pas mentionner le poids, ça peut aider. Est ce que ça peut nuire dans ces situations là.

Dina Moubayed: C'est une belle question, puis ça reste [00:17:00] très délicat à aborder parce que on le sait effectivement que certains commentaires en lien avec le poids, même par les professionnels de la santé, peuvent mener à des comportements alimentaires inappropriés et dangereux, entre autres, certaines diètes qui sont très extrêmes, qui peuvent mettre des patients dans des situations de danger.

Donc, l'idée, c'est un peu l'approche qui est prônée par la Société canadienne de pédiatrie. C'est de changer le focus vers quelque chose de santé. Donc on se dit on va aider à adopter des habitudes de vie qui sont saines. Donc manger trois repas par jour qui sont équilibrés, qui suivent les recommandations alimentaire canadien, recommencer l'activité physique et de ne pas mettre l'emphase sur effectivement le chiffre sur la balance, mais plutôt la santé du jeune.

Et si ça amène à une perte de poids qui est désirée par le jeune, on veut l'accompagner là dedans. Mais ce ne serait pas nécessairement l'objectif qui est visé.

Nicholas Chadi: j'aime ce que se dit par rapport au fait que certaines choses qui pourraient être dites par des professionnels, mais j'imagine aussi par des [00:18:00] adultes de confiance et évidemment par d'autres personnes de jeune âge qui t'es en surpoids ou utiliser des termes plus plus durs. Ça pourrait finalement avoir un effet déclencheur par rapport à certains comportements.

Donc,

être conscient

de tout ça,

Dina Moubayed: tout à fait. Puis je pense que c'est important aussi de sensibiliser autant les adultes professionnels ou pas, et même les pairs que avoir des comportements comme ça de type extrême restrictif. Ça a quand même été démontré dans la littérature que ça mène à une prise de poids paradoxale avec le temps.

Donc oui, même si on perd du poids temporairement et on finit par en reprendre parce que ce n'est pas des habitudes qu'on peut maintenir à long terme. Donc c'est difficile de faire des gens un intermittent des diètes keto des diètes paléo qui se maintiennent à long terme. Puis le terme dans la définition de la diète qui est temporaire, est très important parce que maintenir ces comportements là reste très difficile.

Puis [00:19:00] ça amène à des fois une prise de poids paradoxal.

Nicholas Chadi: Donc vraiment ce qu'on pourrait dire, c'est que tout ce qui serait dans l'extrême, donc des comportements alimentaires, des diètes qui seraient vraiment rigoureuses, qui seraient pas réaliste de maintenir dans le temps pour avoir un effet qui est contre productif finalement.

Donc, même si c'est peut être initialement bienveillant de dire on va peut être essayer une perte de poids, mais si il va de façon drastique, finalement ça peut avoir un effet rebond de ce que je comprends

même augmenter le poids. Mais je comprends ça. Puis si on s'aperçoit finalement qu'on est dans une situation avec un enfant ado qui a développé une relation malsaine ou difficile avec les aliments et l'image corporelle, c'est un enjeu est ce qu'on a des signes avant coureur, des choses qui pourraient nous dire il faut commencer à se poser des questions par rapport à peut être un trouble, la conduite alimentaire, quelque chose qui sort un peu de l'idée d'une diète qui va.

Plus loin même, puis c'est ce qu' un moment, c'est le temps d'en parler à un professionnel de la santé

Dina Moubayed: Oui, [00:20:00] c'est une excellente question. En fait, la différence entre une diète qui est un changement temporaire des comportements alimentaires ou qu'on appelle une alimentation qui est comme un peu désorganisée et un trouble alimentaire, c'est que les troubles alimentaires sont des maladies et il y a des critères diagnostics spécifiques qui font en sorte qu'on peut les diagnostiquer.

Puis ces critères là sont basés sur un impact physique ou psychologique significatif sur les jeunes. Donc on va regarder, c'est un changement radical dans les habitudes alimentaires, manger en secret, avoir peur de certains aliments et des symptômes physiques comme une perte de poids excessive de la faiblesse des étourdissements et être fatigué à avoir froid.

Perdre ses menstruations et même des comportements qui peuvent être dangereux, comme des vomissements ou l'utilisation de laxatif. Et puis le point important, c'est vraiment la place que ça prend dans la vie du jeune, puis la souffrance que ça vient [00:21:00] causer. Donc, à ce moment là, on peut être en train de développer ce qu'on appelle un trouble alimentaire.

Et c'est un point très important parce qu'on sait que les diètes peuvent précéder l'apparition d'un trouble alimentaire qui sont même des facteurs qui peuvent prédisposer à l'apparition d'un trouble alimentaire. Donc, je pense, la Société canadienne de pédiatrie dit cinq à 10 fois plus des risques plus élevé de développer un trouble alimentaire.

Donc c'est quand même un signal d'alarme assez important.

Nicholas Chadi: Mais donc on voit finalement que y a des signaux d'alarme ou des facteurs de risque. Il peut vraiment y en avoir de toutes les sortes. Mais si on pense. Essentiellement à la place finalement que l'alimentation prend dans la vie d'une jeune personne l'impact sur la santé physique mentale, le bien avec les activités de la vie

courante, tout ça,

ça pourrait nous amener à finalement aller chercher du soutien.

Puis si on pense à un conseil finalement et peut être qu'on pourrait finir là dessus là pourrait pour aujourd'hui, mais à un parent qui aimerait que leur enfant et une meilleure relation avec avec [00:22:00] l'alimentation. Qu'est ce que ça pourrait être? Ce conseil.

Dina Moubayed: Et je dirais d'ouvrir la conversation. Et d'en parler avec les jeunes, puis de montrer en fait, par l'exemple qu'est ce qui est une relation saine avec la nourriture, avec l'activité physique, puis de vivre ces changements là s'il y en a à vivre tout le monde en famille. Donc d'avoir des conversations qui sont ouvertes, qui sont qui sont axées sur la santé.

Je pense que c'est ça le plus

important.

Nicholas Chadi: C'est, c'est super. Puis merci beaucoup. Je vois que on comprend bien l'importance, finalement d'avoir des discussions autour d'alimentation qui sont dans une direction qui vont nous avoir du plaisir du bien être autour de l'alimentation, en gardant un équilibre. Donc, on a parlé un peu des troubles de la conduite alimentaire.

On va se retrouver dans notre prochain épisode pour poursuivre un peu dans cette direction là, un grand sujet, mais merci beaucoup pour la sagesse que tu nous a partagée aujourd'hui. Je repars avec beaucoup de belles notions par rapport aux diètes à [00:23:00] l'adolescence.

Dina Moubayed: Merci beaucoup de m'avoir reçu.

Nicholas Chadi: Dina, souligne l'importance de favoriser des habitudes saines et durables, de trouver un équilibre qui laisse place à des aliments nourrissant. À l'exercice et au plaisir sans se préoccuper du chiffre sur la balance ou ce que les médias populaires veulent nous faire croire au sujet du corps idéal. Si vous souhaitez en savoir plus, consultez les notes du balado ou vous pourrez trouver des ressources utiles pour aider les familles à acquérir ce type de saines habitudes qui demeurez à l'affût de notre prochain épisode qui portera sur les troubles des conduites alimentaires à l'adolescence.

Ados en santé vous est présenté par la Société canadienne de pédiatrie. L'épisode d'aujourd'hui a été produit par Gen Brouillette et je suis le docteur Nicholas Chadi. Si vous avez aimé cet épisode abonnez vous sur votre plateforme d'écoute favorite et partagez le avec un ami, faites parvenir vos commentaires à [00:24:00] info@cps.ca avec le titre Ados en santé.

À bientôt.