Musée canadien de la guerre

Découvrez la conception du site et de l’extérieur du Musée, et de son foyer. Écoutez votre fichier téléchargé depuis le début ou utilisez le lecteur ci-dessus.
 
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Le balado « Béton et lumière » explore ensuite la Salle du Souvenir. L’accès à cette salle est situé sur le mur est du foyer, à peu près à mi-chemin entre l’entrée principale et la billetterie. Il s’agit du numéro 4 sur la carte du Guide du Musée. 

Qu'est-ce que Musée canadien de la guerre ?

Projets audio créés par le Musée canadien de la guerre. Le Musée canadien de la guerre est le musée national d’histoire militaire au Canada et l’un des centres muséologiques les plus respectés au monde en ce qui a trait à l’étude et à la compréhension des conflits armés. Visitez-nous à museedelaguerre.ca.

Simon D. Scott : Il y a vingt ans, un remarquable bâtiment a surgi des champs escarpés des plaines LeBreton, à Ottawa, un territoire traditionnel algonquin qui abritait autrefois un important comptoir commercial et un lieu de rencontre essentiel pour les peuples autochtones de la région.

Au XIXe siècle, les immigrants européens ont fait des plaines LeBreton un centre de l'industrie forestière. Le quartier s'est développé en tant que quartier ouvrier avec des maisons, des magasins, des écoles et un chemin de fer. En 1900, un terrible incendie dévastateur a entrainé son déclin, et la contamination industrielle a continué à dégrader la zone. Dans les années 1960, le gouvernement fédéral a exproprié les derniers occupants et a tout rasé. La promesse de rénovation urbaine ne s'est jamais concrétisée.

Laissées à l'abandon, de hautes herbes ont poussé sur les décombres. Mais c'est ce paysage accidenté et stérile qui a inspiré à l'architecte Raymond Moriyama sa vision de l'avenir : la construction du nouveau Musée canadien de la guerre.

Avec son toit couvert d'herbes sauvages, le Musée nous apparait comme s'il émergeait organiquement du sol. Moriyama voulait que sa forme abrupte et basse reflète le traumatisme de la guerre infligé à la terre et aux gens. La structure se fond dans son environnement, symbolisant la possibilité de régénération après des temps difficiles. Et la façon dont son aileron s'élève et pointe vers la colline du Parlement nous rappelle que c'est au siège du gouvernement que sont prises les décisions cruciales concernant la guerre et la paix.

Moriyama a également apporté une vision personnelle à ce projet. Sa famille et lui ont été envoyés dans un camp d'internement au cœur de la Colombie-Britannique, où les Canadiens d'origine japonaise étaient détenus pendant la Seconde Guerre mondiale. Il n'avait que douze ans, mais les souvenirs qu'il a gardés de sa vie en temps de guerre ont inspiré certains aspects de la conception du Musée.

Dans le foyer et dans la salle du Souvenir, ainsi que le long des passages menant aux galeries, les angles formés par le béton et l'acier déstabilisent et troublent les gens qui s'y trouvent. Mais la lumière, stratégiquement agencée, offre de l'espoir au milieu de la souffrance.

Le son sifflant de la Salle de la régénération Moriyama a été enregistré pendant sa construction. S'il évoque le confort de la cabane de son enfance dans le camp d'internement, il constitue également une bande sonore obsédante pour l'une des salles les plus poignantes du Musée.

Découvrons cette structure à travers les voix de ceux qui ont contribué à sa création…

Emmanuelle van Rutten : Je pense que c'est une chose de concevoir un édifice; c'en est une autre de voir l'impact, l'impact tangible, qu'il a sur les autres.

… et de ses guides qui nous parleront des visiteurs qui viennent parfois ici afin de soulager des deuils profonds.

Robert Gauvin : Elle a un peu pleuré et je me suis contenté d'être présent pour elle. Elle a eu une émotion et il se trouve que j'étais là, au même instant, avec elle.

Simon D. Scott : Chacun d'entre eux a joué un rôle dans la mission du Musée de la guerre au cours des deux dernières décennies : être un espace conçu pour interpeler la conscience et une source de guérison et de régénération.

Vous écoutez « béton et lumière : au cœur du Musée canadien de la guerre ».

[Bruit du vent]

Emmanuelle van Rutten : Nous voici devant les plaines LeBreton. Quand nous avons lancé le projet, ce n'était qu'un champ. C'était l'ancien cœur industriel d'Ottawa. Le Musée a donc été le premier bâtiment à être construit sur ce site. L'une des choses qui nous ont inspirés, c'est l'herbe qui poussait sur le terrain. Elle répondait à beaucoup des concepts que nous explorions sur la nature, la régénération et comment on intègre un bâtiment sur une terre, sur un site. Et c'était vraiment très important dans le cadre du processus de conception, en tant que forme d'inspiration.

Je m'appelle Emmanuelle van Rutten. Je suis associée chez Moriyama Teshima Architects. Le bâtiment a été conçu par Raymond Moriyama Teshima Architects et GRC Architects. C'était une coentreprise à l'époque. J'étais une jeune architecte dans la vingtaine et j'étais impliquée dans la conception et la documentation, puis dans le processus de construction. C'était donc un projet important pour moi, puisque je venais de commencer ma carrière. C'était une période intense et extraordinaire. Le bâtiment faisait l'objet d'un processus accéléré et devait être réalisé très rapidement pour ouvrir en 2005. Nous avions donc une équipe formidable dans les bureaux et sur le site. Une équipe vraiment dévouée à la réalisation de ce projet incroyable.

La façade et l'entrée du bâtiment sont en fait très sobres. Le béton semble émerger du sol avec ses murs inclinés en panneaux de béton. En fait, il est presque complètement caché sur le côté nord, parce qu'il s'incline et s'intègre vraiment au paysage. En plus, il se fond dans les herbes naturelles de la région. Cependant, du côté est, en direction du Parlement, le bâtiment émerge vraiment, et c'est là qu'on voit la façade. C'est là que se trouvent les grands artéfacts. Et puis, bien sûr, il y a la Salle de la régénération Moriyama, qui se présente comme une sorte d'aileron émergeant du bâtiment et qui s'incline en direction de la tour de la Paix. Il y a aussi le code Morse qui dit : « Lest We Forget / N'oublions jamais », qui crée des fenêtres et des ouvertures dans la Salle de la régénération Moriyama, et le code dans le béton, qui épelle « C-W-M » et « M-C-G » pour « Musée canadien de la guerre ». Encore une fois, c'est l'expression d'un langage militaire et d'éléments qui évoquent vraiment le fait qu'il s'agit d'un musée de la guerre

[Bruit d’une porte qui s’ouvre et se ferme. Le bruit du vent s’arrête.]

Emmanuelle van Rutten : Je trouve ça très calme quand on entre dans le foyer. Il y a un moment de sérénité, mais aussi une sorte d'inconfort. Évidemment, pour moi, le bâtiment est chargé de souvenirs. Je me souviens des espaces, non pas comme des espaces finis, mais comme des espaces en mouvement pendant leur construction.

Simon D. Scott : Le foyer est dominé par des murs inclinés en béton brut. Leurs surfaces rugueuses évoquent des bunkers militaires rudimentaires. Mais elles nous rappellent aussi les dégâts causés par la guerre.

Emmanuelle van Rutten : Dans le foyer, vous pouvez voir très clairement que quelques murs importants sont inclinés. Le sol n'est pas toujours droit, car il y a des rampes qui mènent à l'espace d'exposition et les murs sont inclinés vers vous. Cela permet de donner l'impression des bunkers, et que l'on se trouve dans un bâtiment très utilitaire et très solide. Ce n'est pas un bâtiment fini. On ne voit pas les détails les plus fins. Encore une fois, vous avez un langage de robustesse qui est un peu symbolique du langage militaire, appliqué à l'architecture.