Le podcast JAMAIS ASSEZ est le projet de la Clinique Physiovélo.
Qu’il soit question de vélo, de triathlon, d’ultra-distance ou de remise en forme, on se pose la question: Pourquoi on fait ça? Pourquoi on continue de se donner des défis sportifs de fou? Pourquoi on n’en a JAMAIS ASSEZ?
Chers auditess, chers auditeurs, bienvenue à ce premier balado documentaire sur l'histoire du vélo au Québec. La série Kilomè 0 que je vous présente à partir d'aujourd'hui regroupe six entrevues extraordinaires avec des gens influents, passionnants qui ont changé le parcours l'histoire du vélo au Québec. La première entrevue que je vous présente est avec un historien chroniqueur au devoir et bien connu pour sa passion pour le vélo Jean-François Nado. L'épisode avec Jean-François Nado est une mise en bouche incroyable pour comprendre les 135 dernières années qui se sont déroulées dans le Québec cycliste. On pense souvent que le vélo c'est un sport qui est jeune mais vous allez vous rendre compte qu'il y a extrêmement de profondeur dans l'histoire du vélo. Vous allez comprendre aussi d'où vient la passion de Jean-François Nado pour le vélo. vous allez retomber avec moi dans cette entrevue à travers tout ce qu'il y a de passionnant lorsqu'on regarde une course de vélo. Ce qui est intéressant dans les entrevues, c'est que tous mes invités sont interreliés par leur passion pour le vélo. Ils se retrouvent à finalement d'un passionné à l'autre avoir transmis le feu pour la passion du vélo. Et c'est le cas avec Jean-François Nado puisque vous allez voir que rapidement un de mes autres invités Écen se retrouve dans l'histoire personnel de Jean-François Nado. Les autres invités sur le balado que vous allez avoir la chance d'écouter. Bon, on a des gens comme Jean Lessard, fondateur du tour de Bost, autrement appelé le grand prix cycliste de Bost à ses débuts. On va avoir Caroline Canuel, athlète cycliste professionnel qui organise maintenant le tour de Gatino. On va aussi avoir des noms comme Sébastien Arsenau qui est le directeur général des grands prix cyclistes et qui a posé la candidature pour qu'on se retrouve aujourd'hui en septembre 2026 à avoir les mondiaux à Montréal. On va aussi avoir un épisode bonbon avec Gerveryu, fondateur de la marque de vélo Argon 18 et aussi ancien coureur cycliste de très haut niveau. Bref, les entrevues que je vous propose dans ce projet valent le détour et je vous souhaite de vous plonger dans cette quête passionnante, de se réapproprier notre histoire cycliste au Québec. Alors sans plus tarder, bonne écoute. Jean-François Nado, merci d'avoir accepté l'invitation puis d'être d'être avec moi aujourd'hui pour pour jaser de l'histoire du vélo Québec. Euh en travaillant sur ce projet-là depuis euh 6 7 8 mois, je me suis rendu compte que c'éit un projet plus personnel que je pensais au niveau euh identitaire parce que je suis passionné de vélo puis je viens, j'ai des racines qui se prolongent plus loin que mes propres que mes propres antécédents. Puis à travers ce projet-là qui est un peu une genre de quête identitaire sur d'où vient cette passion-là pour le vélo, bah tu sais, il y a plein de gens derrière moi, plein de gens que je connais pas, que je rencontrerai pas, que vous connaissez bien puis euh de pouvoir vous avoir, c'était une opportunité de pouvoir discuter de l'histoire du vélo bien avant celle de la mémoire des gens que j'ai reçu comme Jean Lessor, comme Eric Vanine, ces gens-là donc Eric Vanine donc vous m'avez mentionné que qu'on pourra en parler. Euh, j'avais le goût d'entrée de jeu de demander de vous présenter parce qu'on a une audience hors Québec qui vous connaît peut-être pas. Ouais, mais moi je suis je suis historien donc j'ai passé ma vie à comme historien à être à Radio Canada des des chaînes une chaîne publique, la chaîne publique comme Radio Canada mais des chaînes privées aussi comme le 985. Donc on m'entend comme historien à la télé aussi mais j'ai une passion depuis que je suis tout jeune pour le vélo. Donc j'ai combiné les deux. Alors, pas forcément, j'ai pas forcément connu tout le monde, mais mon métier, ma formation, moi je je suis un docteur en histoire, j'étais prof d'histoire à l'université avant de faire ce métier là qui est plus dans les médias. Ben, je suis plus lié un peu à par mon métier, à l'idée de chercher, creuser, essayer de comprendre un peu comment tout ça fonctionne. Si je parlais d'Eric Vanen, c'est assez simple. Moi, je viens d'un tout petit village des cantons de l'Est où a priori le vélo tient pas pourch alors qu'il a fait toute ma vie dans cet espace là. Quand j'ai tr ou 4 ans, à un moment donné, j'entends comme un essin d'abeille qui passe devant la maison de ma grand-mère où je me fais souvent garder. Et là, je vois, c'est l'époque où les vélos, les cyclistes ont à peu près tous le le le même les mêmes vêtements. C'est le cuissant noir en laine probablement à cette époque là. les maillots de couleur un peu bonbons, les chaussettes blanches puis les chaussures noires. Ce qui donne visuellement une sorte de lignée puis ce ce l'idée qu'on a devant soi à peu près un un bourdonnement d'abeille hein s'il y a quelque chose de de beau dans la sonorité d'un ploton. J'ai 3 ou 4 ans. Ma grand-mère me place sur une borne de route. Ça existait encore à ce moment-là. C'était plus ou moins un arbre coupé qu'on avait peint en jaune avec le le le devant noir. Et là, c'est un critérium pour une course des cantons de l'Est. À ce moment-là, on est dans l'effervescence de d'avant les championnats ou après les championnats du monde de 1974 à Montréal et le cyclisme est en pleine expansion partout. Et là, il y a ça dans mon village et je trouve ça comme enfant mais absolument sublime. Les voitures avec les portes les portes vélo et des vélos jaunes que je comp pour moi ça il y a quelque chose des vélos jaunes, je les trouve tellement beaux et c'est Éric Vanen qui remporte la course à ce moment-là. Il s'en souvient, je lui en ai parlé. Moi, je me souviens pas que c'est lui. Je l'ai retrouvé après. Il y a dans les journaux euh notamment dans la tribune de Sherbook à ce moment-là, un reportage sur la course. Il y a deux ou trois photos qui sont là et il y a une photo qui est cadrée où on voit le coin où je dois être et je trouve ça absolument fantastique comme et donc mon mon appétit pour le vélo, je le fais remonter à ça. Si j'avais été pompier, j'aurais sans doute pu ramasser une histoire qui m'est arrivée avec le camion de pompier si je Bon bref, on reconstruit notre passé en fonction de choses qui nous ont marqué dans la suite des choses. Puis moi, c'est certain que venant d'un village assez éloigné d'un grand centre qui est qui est Cherbrook dans les cantons de l'Est, ma passion pour le vélo tient aussi à ma possibilité de gagner ma liberté, de pouvoir me déplacer. Alors très tôt dans euh pour moi avoir un vélo, c'est pouvoir aller voir mes amis à Sherbrook, c'est pouvoir éventuellement me mesurer à d'autres à vélo. J'ai jamais été bon en vélo. J'ai fait de la course avec le club cycliste à l'époque. J'étais un amateur. Je me suis cassé une clavicule à la veille de des des championnats du Québec ou en contre la monte par équipe où j'étais quand même pas si mal en contre la monte par équipe. Mais bref, c'est c'est une carrière qui a piqué du nez. Je pas un format, j'ai un format pour jouer au basket. Mais l'histoire du vélo m'a toujours passionné dans ce dans cette histoire-là. Euh ce que vous avez quand vous avez mentionné Hordon tantôt que Eric Vanine c'est comme dans le fond, c'est un peu la source. Oui, c'est la source de de cette de ce feu là. Oui. Involontairement. Quand il y a eu une grande fête pour le 50e anniversaire de de Marie, j'avais rédigé le texte qui se trouvait sur les les canettes de bière pour le 50e puis sur la plaque que la Fédération cycliste lui a remise aussi à cette occasionlà à lui et à Simon parce que je pense que cette histoire là du vélo au Québec en tout cas à partir de 74 la fondation de Marie ça existe pas sans sans Simone Content qui qui est sa compagne mais qui organise tout qui sait tout. C'est elle qui me vendit mon premier vélo quand j'avais 17 ans, mon premier euh bon vélo ou à peu près. Euh et et et je lui dit à Vanine qui était là à ce moment-là, qui était plein d'émotions, qui qui avait l'alarme à l'œil euh de l'anniversaire de du 50e de Marinoni, mais aussi de du fait, bon ben qu'il voyait quand même que les ses meilleures années étaient peut-être derrière lui. Quand je lui ai raconté ça, ça l' je pense ça l'a un peu ou oui, c'est sûr. Ça ça fait ça fait beaucoup de sens. ce que vous racontez parce que tu sais moi une des choses que que j'ai compris au fil des entrevues que j'avais pas anticipé dans la préparation, c'était vraiment le le transfert d'un passionné à l'autre, tu sais. Puis une des choses que je m'attendais pas aussi euh c'est le fait que ça passe beaucoup par les courses. J'avais pas cette idée-là de penser que l'histoire du vélo à travers les entrevues que j'ai faites, c'était toujours j'ai vu une course, j'ai vécu un moment tellement émotionnellement fort que ça a comme fait jaillir le feu, tu sais, de de cette passion là qui qui se perdure souvent jusqu'à la fin de la vie de ces passionnés là. Bien sûr, ça dit quelque chose la course. Puis ce qu'on a, on n'est pas très bon dans la mémoire au Québec. C'est écrit sur nos plaques, je me souviens. Mais c'est une autorisation, c'est ça. C'est c'est une autorisation pour oublier ça qu'on s'est donné comme c'est écrit, on a pas besoin de s'en rappeler. Et le le H a pris la dominante surtout. Moi je suis un grand fan de j'adore ça je suis les séries avec passion. Je collectionnais comme tous les petits gars les cartes de et tout mais on a l'impression à écouter les émissions de sport notamment qu'il n'y a que le même en juillet on parle de repêchage qu'est-ce comment on va reconstruire canadien Canadien et et on a l'impression que c'est de toute éternité parce que est appuyé derrière cette machine là sportive un un grand bassin publicitaire qui fait son miel là-dessus et et qui a construit un peu une sorte de tradition parce que les traditions dans toutes les facettes de la société, ça se construit et le quand on regarde derrière en fait, il n'a pas cette popularité là avant la fin des années 1940 à peu près. Bien sûr, ça existe avant mais c'est au fond moins populaire que les courses de raquettes à neige, que les grands joueurs de de cross qui est le vrai sport national ici. D'ailleurs, il faut attendre très longtemps pour qu'officiellement le H soit inscrit comme sport national. C'est la crosse le sport national canadien pendant pendant longtemps au 19e siècle quand les sportifs vont faire des représentations à l'étranger. Ce qui est valorisé, c'est la crosse, la reine d'Angleterre, la reine Victoria à l'époque, elle aime voir ce jeulà qui est joué avec des iroquois qui qui avec des équipes de professionnels qui viennent de Mégil et tout ça. Et le vélo, on l'a oublié, est immensément populaire en Amérique du Nord jusqu'à la Seconde Guerre mondiale. Il y a toute une tradition qu'on a enterré. Je pense que tout l'intérêt de de faire ce de retracer cette histoire-là, c'est aussi de réaliser que pour par exemple les passionnés de vélo qu'on pourrait dire post-pandémie, tu sais, ces gens-là, ça fait 5 6 ans qui découvrent, qui se passionnent. Puis moi, j'ai commencé à me passionner pour ça au début des années 2000, à l'âge de 13 14 ans. J'ai roulé un miadeau le miadeau de mes parents qui était un vélo beaucoup trop grand mais cadeau course sûrement. C'est pas un vélo pour faire de la course mais pour faire des courses. Oui, exactement. un vélo de randonnée euh un très bon vélo de randonnée très confortable d'ailleurs avec un très bon départ de fourche. Les premiers tours de circuit GB9 ont été faites sur ce cadeau bleu. Mais tout ça pour dire que en faisant l'histoire on réalise que on a on a une place importante, on a un héritage européen fort. Tu sais justement par rapport à la crosse puis aux autres sports qui sont des sports anglo-saxons. Le vélo c'est notre héritage français un peu plus en partie. Mais il faut savoir aussi que les britanniques ont beaucoup porté de brevets sur cette machine là, la la chaîne, tout ça. Donc il y a un héritage qui est double. Je pense que je dirais qui est d'autant plus fort, mais évidemment, il y a un ancrage qui est important ici. Euh cette année, la défendresse en titre du titre de championne du monde, c'est Magdalen Valière qui vient de Sherbrook, donc qui vient de mon coin de pays qui elle-même a je lui ai parlé moi, et elle a elle a peu de connaissance des antécédents de son propre coin de pays, de l'histoire du vélo qui est pourtant très très forte et ça c'est intéressant. Il y a une autre championne du monde qui existe ici au 19e siècle qui est la championne des championnes euh qui est Louise Louisa Armando euh un nom de scène en quelque sorte mais qui vient de la banlieu de Montréal à peu près qui une immense star on en parle dans le New York Times a fait des compétitions partout mais elle roule sur ce qu'on appelle le grand B la roue à la grande roue en avant qui est un cassecoup extraordinaire faudrait me payer ch pour un truc assez extraordinaire Mais c'est une grande championne et elle participe en tant que femme à des changements sociaux, sociétaux qui sont très très important parce que la pratique du vélo va amener chez les femmes d'abord la capacité de se déplacer seul sans avoir un tiers, un chaperon qui va sceller son cheval puis qui va te permettre de de partir. Ça brise des conventions aussi. On ne cesse de répéter que le vélo c'est dangereux pour les femmes, ça grossit le molet, ça les rend peu attirantes et là la mode qui va changer avec le vélo qui est incroyable, on a des vêtements qui sont plus ajoutés, qui sont plus serrés, fini les robes acrinolines. Donc a comme une forme d'avancée sociale qui est là qui est important dont qui est importante dont Louisa Armando est au fond une des pionnières et dont on parle pas. Quand elle est morte, il y a son orbituery là dans le New York Times avec une grande photo où elle est bardée de on la voit sur des photos assez rares mais où elle est bardée de médailles. Elle est bon c'est une immense championne à l'époque. Puis on est au début des années 1900 là on est à la fin du 19e siècle. C'est ça parce que quand on c'est les championnats du monde c en 1899. En 1899, il y a des championnats du monde, mais là, on a déjà changé de vélo. On est passé au Safety Bicycle qui est le le cadre triangulaire à peu près comme on le connaît aujourd'hui. C'est le World Met qui se déroule à Verdun. On a installé une piste cycliste qui est absolument formidable en bois pour l'époque où il y a 15000 personnes qui vont se présenter. On refuse du monde à la porte. 2 3000 personnes qui sont refusées. Ça donne une idée là. À Montréal, il y a pas un million de personnes à l'époque. Géographiquement, ça se situe où ça vé ça ? Je sais qu'il y a un dépanneur aujourd'hui qui est construit sur cette piste là, c'est donc il y a plus rien là. Je dis ça ça c'est je pourrais pas dire par cœur le nom des rues, mais on le sait, ça se trouve assez facilement. C'est c'est construit aujourd'hui. Ce qu'il faut savoir aussi c'est que au 19e siècle, le vélo c'est comme la photographie, c'est comme l'aviation, c'est comme l'automobile, c'est comme la moto qui commence à apparaître. C'est la fine pointe de l'avant-garde. Tu es pas tu es pas fleur bleu là. tu es dans les nouvelles affaires quand tu t'intéresses au vélo. Et donc aller au World Met en 1899 à Verdun pour voir euh des euh des champions. Et là, il y a le champion des champions qui est le sportif noir le plus payé du temps et même après qui s'appelle Major Taylor qui est un champion noir victime d'un racisme comme le sera Jeff Jessie Owens aux olympiques en 1936 le sprinter à peu près du même du même ordre. On va crever ses pneus, l'empêcher de partir, il va mourir assez pauvrement. Mais c'est une immense vedette et c'est la vedette des vedettes à Montréal. On a même des photos de ça qui sont qui sont pas connues. Donc il y a un championnat du monde à Montréal en 1899 et le championnat du monde, il faut le prendre un peu avec des pincettes parce que évidemment le monde à cette époque-là, c'est l'empire britannique hein. Et et c'est un vaste empire. On dit de l'Empire britannique que sur l'empire britannique, le soleil ne se couche jamais puisqu'ils ont des possessions dans dans tous les hémisphères. Bah c'est un peu ça. Donc on se retrouve avec je pense avec des Australiens, des Néo-Zélandais, des britanniques, des Canadiens bien sûr, des Américains qui sont à proximité puis qui sont après tout des sous-produits de l'Empire britannique. Eux aussi, cette série de balado documentaire sur l'histoire du vélo au Québec est rendue possible grâce à notre partenaire Edica. Eik, c'est notre partenaire café à la clinique physiélo depuis longtemps. Vous le savez, si vous êtes venu à la clinique, on est extrêmement enthousiaste, peut-être parfois trop, à l'idée de vous offrir un excellent café, de faire un beau latéart et de vous offrir ça comme accueil à la clinique. Avec notre machine l'élite et le café touché, on adore faire des extractions parfaites, un peu comme quand on fait des bike fit à la clinique. On peut pas s'empêcher de vouloir atteindre la perfection. Alors, merci à Edica de pouvoir rendre possible cette passation là d'un passionné à l'autre de l'histoire du vélo au Québec. Parce que tout comme le café, le vélo c'est l'histoire d'un passionné à l'autre. Vous allez vous en rendre compte dans la série Kilomè Z0. Si on est ici aujourd'hui, c'est grâce au travail des dizaines de bâtisseurs qui ont bâti l'histoire du vélo au Québec. Alors merci Edica de rendre cette série possible et de continuer la passation de cette passion pour le café et le vélo. Quand on pense à à la à la signification sociale du vélo dans ces années-là, une question j'imagine qui pourrait qui qui pourrait durer 1 heure comme réponse. Le le statut social du vélo à ce moment-là, comment on peut le comparer au statut social du vélo dans les années qui vont suivre ? Sais, vous disiez c'était comme de la nouvelle technologie. Les gens étaient étaient effervescents par rapport à à ces nouveautés là qui était fabuleuse, tu sais, au niveau de l'économie d'énergie qui est encore d'ailleurs le vélo un des meilleurs moyens pour pour se déplacer en terme d'économie, d'énergie. Le le statut social du vélo, j'ai l'impression que c'est quelque chose aussi que vous avez pris le temps de beaucoup analyser à travers le temps, tu sais. fait est-ce que on est capable de replonger les gens dans les différentes époques puis justement quelles sont les forces en en en euh qui s'oppos au niveau du statut social du vélo ? On a fleuré tantôt avec la machine publicitaire du un petit peu. Euh j'aimerais ça vous en le vélo est quelque chose de nouveau et c'est une sorte de most absolu. Ce qui fait que même si on est âgé, on veut en avoir un. Léon Tolstoy, l'écrivain de guerre épec grand écrivain énorme et tous les les les débuts du cinéma, tout le monde veut aller tourner pour voir Tolstey. On veut photographier Tolstoy. Alors, on voit ce vieux monsieur avec une longue barbe en Russie à Yasnaya Poliana à 200 km de Moscou. Partir à vélo. Ah, c'est même lui fait du vélo. Ça donne une idée de la popularité. Émile Zola, le grand Émile Zola qui qui se fait connaître pour ses positions politiques aussi le j'accuse hein. Il défend l'idée de du fait que euh le colonel Drefus soit pas coupable de par sa religion. C'est pas parce qu'on est juif qu'on est coupable de quelque chose. Donc il fait valoir que là il doit y avoir un sens de la justice qui est important. Tout le monde, la moitié de la France déteste Zola à cause de ça. Zola qu'est-ce qu'il fait pendant ce tempslà ? Il dit que la seule façon pour lui d'obtenir son équilibre, c'est de suivre des cours de vélo et chaque année, il va acheter de nouveaux vélo pour lui, pour ses enfants, pour sa femme, pour sa maîtresse aussi. Alors, il change de vélo chaque année, suit des cours et c'est le cas pour plusieurs personnes comme ça. Donc ça devient une forme de statut social. C'est ça. C'est ça qu' c'est ça. C'est vraiment une affirmation d'une position politique progressive. pas forcément une un statut en tout cas qu'on a les moyens de s'offrir une for un vélo comme ça il a cet enjeu de de pouvoir se l'ofri mais très rapidement à partir du début du 20e siècle quand les moyens de production pour fabriquer des vélos puis ça les États-Unis vont beaucoup aider pour ça il y a des fabriques de vélos qui se mettent en place et le grand avantage des États-Unis par rapport à l'Europe à ce moment-là c'est d'offrir des moyens de production standardisés et des formats standardisés hier ne sais plus combien de types de valve de pneus différents qui circulent en Europe. Oui. Alors avant qu'on ait la Shradder ou la Prest, oui, c'est assez standard parce que là, dépendamment du système de valve que vous avez, vous compliqué. Donc la standardisation va beaucoup profiter à l'industrie américaine du vélo puis un développement qui est énorme de ça. Et là, ça va devenir quelque chose de très populaire. On est un peu au contraire de ça maintenant. Moi ce qui m'agace un peu, ce que j'aimais moi quand j'ai commencé le vélo, c'était de débarquer par exemple rue Saint-Denis à Montréal. Je me souviens d'être arrêté là euh chez euh chez mon père, avec mon père pour voir monsieur Kiliko. Euh et là, on avait mécanicien avec les mains sales, il y avait des roues euh de suspendu partout, de la Grèce, un peu toutes sortes d'affaires. Alors qu'aujourd'hui, on a l'impression d'aller chez un concessionnaire BMW, hein. D'ailleurs, le vocabulaire qu'on emploie pour parler des vélos a quelque chose d'un peu troublant. Aujourd'hui, on n plus de guidon de potence. On parle du cockpit comme si on était dans un formule dans une dans une Formule 1 ou dans un avion de chasse. Alors, il y a comme une forme de sublimation et là il y a un décalage, il y a un décollage entre la capacité des gens de se payer des objets et la réalité de ce que c'est. Peu importe si le vélo est en carbone, le carbone c'est un plastique magnifié au fond si on veut c'est de la colle avec un moule à injection pour pas se raconter d'histoire. Et un vélo, ça reste même dans les dernières technologies, c'est encore moins compliqué qu'une tondeuse à gazon. C'est encore deux triangles ? Oui, c'est encore deux triangles puis c'est pas de la grosse grosse mécanique. Donc on a un peu la publicité a un peu forcé le ton là-dessus pendant très longtemps. C'est pour ça aussi que les coureurs ont quelque chose d'attaché au monde populaire. Ils se servent du vélo pour aller travailler. Le vélo est extrêmement populaire. Faut se souvenir que jusque dans les années 40 puis au pardon puis au début des années 50, il y a de la publicité dans les journaux à Montréal puis dans les grandes villes qui disent "Attention automobilistes, vous nuisez à la circulation. Tassez-vous parce que le tramoué est là, ils ont la tramoué à priorité. La plupart des grandes villes du Québec ont des tramoué. Trois rivières, Cherbrook, Québec, Montréal des tramoués. Et on insiste en disant vous n'avez pas la priorité. Et par ailleurs, les vélos aussi sont extrêmement bienvenus chez les ouvriers qui économisent ce qu'on appelle les petits chars, le saincen pour prendre monter à bord du tramoué. Si on a un vélo, c'est vite rentabilisé, c'est agréable. AL c'est pour ça qu'on voit quantité d'ouvriers travailler à vélo et ce rapport là du vélo va se transformer dans la course notamment par l'arrivée euh d'immigrants à partir de la disons 1912 c'est une grande grande année d'immigration c'est le sommet là 1912 1913 il y a plus d'immigrants qui arrivent en 1912 1913 que tout ce qu'on dénonce aujourd'hui comme étant excessif quant tatitivement parlant dans cette ben tu sais, il y a plusieurs embranchements possibles pour euh pour faire suite à ce que à ce que vous ce que vous permettez de mettre en en mémoire. Euh je pense à Kiliko, je pense au Tramouin qui sera démantelé puis qui deviendra la Camilien qu'on connaît aujourd'hui parce qu'elle va être tramoin avant. Mais il y a aussi la vague d'immigration là que vous venez de mentionner. Puis je pense que j'ai le goût d'aller là en premier puisque au niveau de l'immigration, si on pense à Marinonie plusieurs années plus tard en 74, mais si on pense aussi au gâchon, si on pense à ces gens-là même un peu plus tard qui vont qui vont mettre en place le le le tour de la Nouvelle-France, le tour du Saint-Laurent, les racines européennes sont fortes. Moi, je me je me retrouve aujourd'hui à aller enseigner en Europe des des des prises en charge de positionnement cycliste. Puis là, on dirait que des fois j'ai le vertige parce que je réalise que cette histoire là entre les deux continents devient tangible pour moi alors qu'elle qu'elle est qu'elle était dans un livre d'histoire mais pas plus que ça. Puis là, je la vis aujourd'hui de retourner là-bas puis de de passer des enseignements. Ça me donne le vertige. Mais cette immigration là, est-ce que avec ce que vous avez comme passion puis comme recherche puis comme histoire en tête le le le leg au niveau des courses quand je pense au tour du Saint-Laurent puis tour de la Nouvelle-France, j'ai l'impression que les institutions qui ont été bâtises, c'est vraiment le fruit de l'immigration en partie mais sûrement pas que. Si on on pense par exemple à Kiliko qui est une institution qui qui existe encore à ce jour mais évidemment qui a été rachetée qui est la plus vieille enseigne de vélo sur place. Bah monsieur Kilico quand il arrive c'est un ingénieur euh c'est lui qui va percer le tunnel du Montroyal. C'est un de ceux qui va participer à la et son fils s'intéresse au vélo. Il y a déjà des clubs cyclistes à Montréal. On en a des photos. Il y a des clubs, il y a un club à Québec qui est important aussi de grand bis d'abord. Puis il y a des fabricants qui sont là qui font des plus ou moins des copies de je sais pas comment on appelait ça, des michuville ou des trucs comme ça. Euh et donc ça existe et lui dit "Mais je on pourrait louer on pourrait louer des vélos hein Kilicofice et donc son père va lui dire bah oui c'est une bonne idée." Donc il va commencer à louer des vélos. C'est comme ça que le magasin se met en place littéralement. Puis s'intéresse en même temps au sport d'hiver, hein. La raquette, c'est immensément populaire. Aux olympiques, on se dit toujours les olympiques, ça c'est les épreuves reines. Mais ça tombe pas du ciel. Il y a pas quelqu'un un jour qui a décidé "Ah oui, le saut à ski comme ça sur avec une structure absolument incroyable." Ça c'est vraiment bon, ça vient d'origine culturelle particulière. Si on avait fait de la raquette en Europe, il y a des bien bonnes chances qu'on ait eu des courses de raquettes ici. Mais il y a il y a des courses de qu' a eu des courses de raquettes aux olympiques. Euh mais les courses de raquettes, il y en a. Il y a Montréal Québec, il y a Montréal Cherbrook, Montréal Trois Rivières puis des grands champions. Il y a même des cartes qui ressemblent à des cartes d'qu de champion de raquettes. Donc c'est l'équivalent du marathon, l'ultra marathon même, mais l'hiver ces garsl ben l'été, il découvrent d'autres sports. Il y a des courses à pied qui existent, il y a toute une forme d'athlétisme qui existe aussi au Québec. Puis le vélo va être assez important, notamment grâce à Kilico qui va subventionner des équipes, qui va les qui va les parrainer. de cette époquipaurent Joseph c'est tout l'égaré qui va faire les olympiques en Angleterre qui sont là qui sont qui existent donc ça ça existe quand on se retrouve au aux Jeux Olympiques de Ligue Placide pas ceux de des années 80 mais dans des années 30 ben les gens qui vont en patinage de vitesse, ils viennent en partie de Montréal c'est des cyclistes aussi alors il y a une pratique du vélo qui est très très importante pignon fixe bien sûr le dérailleur arrive seulement en 1938 mais euh là il y a quelque chose qui est important puis on va avoir une famille par exemple comme la famille Gachon qui est en vérité des Vanden Aera c'est des sons des Belges des Belges qui le le mari de madame a été tué à la guerre comme des millions d'Européens à cette époque-là se remarie avec un gâchon et toute la famille avec un garage automobile parce que l'automobile est là en même temps. Ça aussi c'est particulier. Il y aurait une parenthèse à faisons là. Je pense que ça va extrêmement intéressant parce que les gens se rendent pas compte que les premiers pilotes d'essai pour les premières voitures, c'est des coureurs cyclistes qui passent d'un moto. Il y a pas de différence. C'est aussi une avancée, c'est aussi la modernité, c'est aussi des choses qui changent. Le cockpit de l'un et le cockpit de l'autre. De l'autre en quelque sorte. Et et puis bon là, il y a pas il y a pas de problème, il y a pas de différence entre les deux, ils sont tout le monde cohabite bien avec ça. Et et donc les Vanden Aera, les gâchons pour qui ça se comprend mieux, gâchons dans le le Canada français de de l'époque ont un garage automobile puis ils font des vélos aussi. Ils vont se mettre à souder, à assembler des cadres. C'est parmi les premiers cadres de compétition fait ici. Euh monsieur Cire euh qui était le le qui a été le le l'organisateur du vélodrome de Montréal mais qui est un grand champion cycliste dans les années 40 euh disait que c'était les meilleurs cadres de vélo qu'il avait jamais eu, les gâchons mais il en reste plus. Ils ont ils ont été vendus à CCM dans les dans les années 50 qui a qui a fusionné un peu tout ça. Mais ils ont fabriqué des vélos pour monsieur et madame tout le monde mais surtout des vélos de piste parce que la course sur piste est très importante dans l'entre guerres surtout. C'est un phénomène qui est plus important peut-être même que ce qu'on connaît comme la Ligue nationale d'qu à l'époque. Il y a un circuit nord-américain qui existe qui qui va il y a des courses au forum, on a encore les programmes où on construit une piste en bois de sapin en quelques jours. Puis pendant 7 jours, enfin 6 jours et 6 jours, oui, tout le monde est là. Toutes les vedettes veulent être là. Ce qui fait que le maire de Montréal, par exemple, Camilien Hood lance les l'événement. On voit des vedettes qu'on a oublié aujourd'hui comme Gustave Duga qu'on appelle Gosse Duga hein qui est un un lanceur qui est un lanceur de la ligue professionnelle américaine de baseball parce que le baseball aussi est très très important à l'époque qui vient tout toutes les dames en chapeau avec bien habillé et tout on veut être vu aux courses de 6 jours. C'est le grand événement. Puis ces coursesl il y en a au Madison Square Garden, il y en a il y en a partout aux États-Unis. Et c'est partout la même affaire avec des programmes, des bourses. On en parle dans les journaux, des photos. Un des grands champions de l'époque s'appelle Jules Audi, la comète blonde qui se teint les cheveux des cheveux en blonds et qui est un immense sportif qui va qui va mourir bien des années plus tard. Je pense qu'il est mort aux États-Unis où il a fait une bonne partie de sa carrière et il y a toutes sortes de figures comme ça qu'on a qu'on a oublié aujourd'hui. Le grand champion à l'époque, c'est Torchy Peden qui est un gars qui vient de de la Colombie Britannique qui est énorme avec une paire de hanches considérable qui est très très costaud qui fait parfois équipe avec Jul Audi, qui va faire équipe avec monsieur Cire aussi dans ces dans ces dernières dans ces dernières années. Quand on lit un livre ou qu'on écoute une série qui est aussi importante que les ploufs de de Roger Lemelin dans les ploufs qui est une chronique de la société du Canada français de l'époque, on comprend que avant le baseball, avant le hockey, le père Plouf qui s'appelle Théophile Plouff, son héros c'est Torchy Piden. Il fait du vélo et pour lui ça c'est le vrai sport. Mon grand-père, moi qui est né pendant la Première Guerre mondiale, se souvenait de la figure de Torchy Piden. Quand il me voyait faire du vélo, il se souvenait de ça que ça avait été un immense héros. Il me parlait de Torchy Pedon qui est quelque chose qui est complètement oublié aujourd'hui. J'étais euh tranche de vie pour revenir sur le vélodrome. Je suis en train de rénover, essayer de faire un cabanon dans la cour. Mon voisin vient me voir pour qu'on regarde le la la ligne de terrain. C'est un cycliste passionné. Je On a beaucoup parlé de vélo ensemble, 75 80 ans. Puis il me dit "Ben oui, il dit les 6 jours, j'étais là moi au 6 jours. Puis là on se rend compte qu'il y a comme un espèce de de période parce que pour lui c vivant ces souvenirs là. Puis le vélo aujourd'hui, il m'en parle. Il dit "Oh, c'est tu bientôt ta course de vélo ? Puis qu'est-ce comment tu fais pour te préparer pour ça Puis cette cette mémoire là de pouvoir voir dans cette dans ces gens-là qui ont eu la chance de vivre euh ces six jours là qui sont encore des épreuves qui se font mais plus en Europe sur des tournées, on n pas ça maintenant en Amérique du Nord. Je trouve ça fascinant parce que c'est pas des choses que j'ai entendu de mes propres parents. Mes propres parents c'était le début de vélo Québec, c'était le début du grand tour, c'était le cyclotourisme. Alors que dans la période dont dont vous parliez, c'est vraiment les portes des courses. Puis les courses, ça me fait penser à l'enjeu économique de pouvoir l'avantage d'un vélodrome, c'est qu'on peut vendre des billets, c'est qu'on peut en faire une business. Quand j'ai parlé avec monsieur Lessard, quand j'ai parlé avec Louis Barbeau, avec Éric, l'enjeu de faire des courses sur route, c'est qu'on peut pas vendre des billets. On peut pas réussir à avoir un modèle économique viable. Euh au niveau économique, est-ce c'est quoi la place des courses ? Puis justement, c'est quoi votre réflexion par rapport ? J'ai l'impression que c'est une histoire de vélodrome. Tu sais, moi quand j'ai vu le nombre de vélodrome dans les 120 dernières 120 135 dernières années dans la région de Montréal, on pense au biodôme, ça c'est l'histoire que mes parents m'ont raconté. On pense à cette cette magnifique structure là qu'on qu'on a converti en biodome. C'est quoi le la réflexion par rapport au modèle économique qui influence justement ces ces figureslà comme Piden va avoir un imaginaire collectif qui est bien vivant ou non ? Ouais, peut-être que c'est on a tout tendance aujourd'hui à chiffrer puis à rendre compte à partir d'un modèle économique. Mais au fond ces gens-là c'est des passionnés. C'est comme les gens qui font du théâtre. Le théâtre c'est pas rentable. Pourtant c'est essentiel à l'humanité. Une fois qu'on sait que c'est pas rentable puis que c'est c'est essentiel néanmoins à l'humanité, mais qu'est-ce qu'on fait ? On continue, on en fait. Alors c'est un peu le vélo la même chose qui fait que juste avant la crise économique en 1929, le grand crash boursier qui fait planter l'économie mondiale alors qu'il y a aucun filet de sécurité sociale pour aider les gens qui se retrouvent mal pris. Rien. Il y a pas d'assurance chômage, il y a rien. C'est une catastrophe. On vient de construire en bois au parc Jarry où vont pêtre des vaches. Euh tous les jours, il y a des vaches qui traversent le le le jar pour pour aller euh là. Euh on construit un vélodrome en bois. Et le problème avec le vélodrome, bien sûr, l'hiver c'est pas un vélodrome qui est couvert, mais on se rend compte aussi que les gens pour se chauffer parce qu'il y a plus rien, vont arracher du bois au vélodrome alors qu'il ont de la difficulté. Mais il va avoir le vélodrome métropolitain en plus de du vélodrome euh bien le vélodrome métropolitain qui est à peu près à la hauteur du collège Grasset. On a des images qui euh euh où on voit des gens tournés là à la fin des années 50 au centre Paul Sauvé, il y a des courses qui sont là. Euh puis René Cir, monsieur Cire va évidemment être un de ceux qui va promouvoir après sa carrière professionnelle qui s'arrête à la fin des années 40. qu'il y a une compagnie de déménagement mais tout ce qui l'intéresse c'est de continuer de faire du vélo. Il va essayer de faire revivre comme d'autres les courses de 6 jours. Il va même signer lorsque la la côte Camilien Hood Camilien Wood meurt en 58 et c'est en même temps où euh on arrête le tramoué puis on transforme cette piste là qui était vouée essentiellement au tramelé en au tramoué en une voie qui est pavée. Bah, monsieur C va signer phosocopie pour venir courir à Montréal. J'ai vu ça dans les papiers de de René Cir un contrat avec Fostocopie qui va jamais l'honorer. Il va être malade, il va mourir peu de temps après. Là, je pense qu'il meurt en 61 mais il était question je pense qu'il vienneent en 60 ou 61 quelque chose comme ça. Puis il pas il a pas pu venir parce que il est mort en Afrique. Faustocopie. Fostocopie pour ceux qui voient pour ceux qui s voient pas ce que c'est le champion des champions avant Eddie Merx. C'est la figure qui inspire dans les triplettes de Belleville ce ce beau film de dessin animé là extraordinaire long et flanqué avec un grand nez à peu près comme le mien mais très maigre qui est la figure emblématique d'une marque italienne emblématique qui est qui est Bianke c'est le grand champion avant l'arrivée d'Eddy Merks dans cette il y a tellement de choses dans ce que vous venez dire je trouve ça fascinant de pouvoir mettre ça en mettre ça en lien tu sais parce que cette cette encore une Des fois, tu sais, quand on on pense à l'histoire du vélo au Québec, on parle beaucoup de courses là, vous et moi, puis tu sais ces champions là justement qui sont comme tout le temps à la source. Je parle à des gens plus jeunes. Je pense à à Mathis Boyer qui m'a qui m'a qui m'a poussé à faire le projet justement de balado documentaire sur lui-même se rappelle des premiers grands prix cycliste en 2010 puis lui il se rappelle d'être sur le bord du Camilien Hood puis d'être jeune là il y a 23 24 ans Matis puis pour lui c'est c'est le moment où ce que il a décidé d'aller de foncer à fond dans toute son implication dans le monde du vélo sur le bord de Caminou alors qu'il y avait pas tant de monde que comme aujourd'hui. cette cette monsieur copie, tu sais, dans le fond c'est les Québécois veulent la tirer ici pour probablement réussir à promouvoir cette cette culture là, cet engouement là, tu sais, c'est vraiment j'ai encore l'impression qu'il y a des racines européennes. Oui, bien sûr. Mais c'est de la même façon si vous avez je sais pas un héros au football euh ou au hocky, vous voulez voir jouer Wayne Gry, ben vous trouvez le moyen de l'inviter là. Ben, c'est un peu la même chose là. C'est qui le grand champion de l'époque ? C'est lui. Bon, on essaie de l'inviter. Il faut dire qu'il y avait une tradition internationaliste aussi dans le vélo hein. Parce que aujourd'hui, on le voit autour de France, c'est toutes des marques qui ont c'est des panneaux publicitaires qui se déplacent sur des vélos. Puis ça change chaque année, c'est pas très très stable. Je sais pas Jumbo Vis encore Jumbo Visma l'année d'après puis des grandes équipes dominantes, je sais pas la vie clair dans les années 80 avec Bernard Ins où il y a des produits à mousser puis après ça ça change pu c'est autre chose donc c'est pas très stable mais jusqu'à la fin des années 30 ce sont des équipes nationales qui s'affrontent partout et là il y a quelque chose qui est qui est important qu'on retrouve dans les championnats du monde. la seule course qui a conservé cette inscription nationale là où tout d'un coup on ne court plus pour un marchand de quelque chose de tapis ou de on est pas en train de quantifier la la modèle économique là non là on est sur un maillot national donc et ça c'est ce qui domine aussi dans les courses de 6 jours quand on regarde les programmes pendant longtemps des courses de 6 jour on présente des équipes italiennes, on présente euh Bgio par exemple hein et qui sont en général des gars d'ici Euh mais qui là pour les besoins de du théâtre qui a un peu quelque chose de la lutte si on veut là il a le bon le méchant donc il y a des Italiens, il y a des Allemands et Ronir m'a raconté ça mais par contre notamment les Allemands, il y a des il y a des images du forum de Montréal où on voit dans les espèces de de de de petites cabines là où ils vont se changer tout ça, on voit le drapeau nazi flotter. En fait, René Sir me racontait qu' un des je me souviens plus de son nom là, il faudrait que je vérifie Van quelque chose qui est un des coureurs allemand qui est ici tout le temps. Il dit "Bah dans les dans les douches, il y avait le le numéro de son groupe sanguin de de tatouer sur le bras." C'était un SS nazi là et c'était un champion en même temps cycliste. Donc il y en avait une vraie idée nationale qui était là. Et tout ça s'est arrêté au fond vers 1941 1942 parce qu'on pouvait plus avoir d'échanges internationaux. C'était c'était plus possible. C'était la guerre. Puis la dynamique qui se met en place dans l'après-guerre avec l'arrivée de la télévision en 1952 fait en sorte que là il y a quelque chose de déclassé. Ça peut plus reprendre comme c'était et il arrive cette chose absolument extraordinaire ce miracle du ciel qui s'appelle Maurice Richard. Maurice Richard il est bon. OK. surtout à la radio d'ailleurs, il est encore meilleur à la radio quand on comm Oui, quand on le commande parce que là, on peut l'imaginer puis l'imagination est là très forte. C'est la même chose pour le vélo. Les gars qui font du vélo ici puis qui ont des magazines de vélo pendant très très longtemps là, il les voi pas les courses. Ils entendent parler de Paris Roubet un mois, 2 mois parfois après que ça se soit passé. Puis ils imaginent la course à partir des maigres clichés photographiques qu'ils ont devant les yeux. Puis toujours fa qu' trouve le magazine là niché dans une boutique. Oui, mais ça ça circulait plus qu'on l'imagine aujourd'hui. Il y avait beaucoup beaucoup de magazines qui circulaient donc il y avait beaucoup d'échanges de papier. Et un de ces magazinesl qui a duré pendant très longtemps, moi j'en ai acheté, c'est miroir du cyclisme. Miroir du cyclisme, ça il y a des grands journalistes, des plumes extraordinaires, des foglias de leur temps qui écrivent là-dedans qui sont des grands grands. Mais ça appartient au Parti communiste en France. Pourquoi ? Parce que le vélo c'est quelque chose de prolétaire, de populaire. C'est le monde ouvrier qui s'intéresse à ça. Et donc sans pas quelque chose d'élitiste comme peut-être c'est devenu un peu aujourd'hui. Ce sont les classes populaires. C'est pour ça qu'on parle toujours d'ailleurs des courses flamandes puis des courses de fond de gens qui travaillent les forçats de la route. He on parle des forçats de la route comme étant ils travaillent dur, ils ont le visage tiré. Au fond, il y a pas tellement de différence entre leur travail sur le vélo et le travail à l'usine. Et c'est pour ça beaucoup que les gens se reconnaissent là-dessus. D'ailleurs, ils utilisent le vélo pour aller travailler. Et c'est le cas de beaucoup d'immigrants qui arrivent ici qui ont pas le culte de la voiture comme l'Amérique l'enseigne très très rapidement. Jean-Pierre Rifrin qui va être un fabricant de vélo, moi que j'ai beaucoup aimé. J'ai passé un temps incroyable dans son atelier à leur regarder, souder des cadres à la main. Ben, il avait appris son travail de de machiniste, pu sa passion du vélo en Flandre avant la avant la Seconde Guerre mondiale et il racontait qu'il allait à l'école, qui travaillait à vélo, qui faisait de longues distances puis que la plupart des ouvriers de son coin de pays pouvaient parcourir jusqu'à 80 100 km pour retourner chez eux la fin de semaine. qui avait comme une tradition de l'idée que le vélo euh accompagnait le déplacement puis ça avait quelque chose de noble et de normal en même temps. Et donc il y a quelque chose qui vient avec l'immigration de ce de ce côté-là. Et il faut pas se leurer aussi sur ce qu'on qualifie de courses. Les courses dans les années 30, c'est beaucoup des épreuve d'endurance de très longue distance et ça c'est proprement très nord-américain par rapport à ce qui se passe en Europe. Par exemple, Pierre Gachon, le fils aîné de la famille Gachon, va être le grand champion d'une quantité d'épreuves là, Montréal Toronto, Montréal Québec qui est une course une classique qui existe avec des arrêts de temps à autre. est devenu très très difficile de de faire ça maintenant pour des raisons policières. Il y a des coûts qui sont qui sont importants mais c'est une classique qui remonte aux années 30. Donc Pierre Gachon remporte ça très souvent. C'est des courses de 200000 de 250000 des affaires incroyables. Donc quand il obtient sa sélection pour l'équipe euh de l'Empire britannique en 1938 pour aller participer au Tour de France, oui, c'est un champion canadien mais de distance qui ont et de pratique qui ont pas grand-chose à voir avec le ploton européen. Alors, il s'embarque sur un bateau à New York avec son vélo, on perd son vélo. Euh, il se retrouve là-bas sans être entraîné après je sais pas de semaines de traverser sur un bateau et après être arrivé au Havre. Il est pas tout à fait frais. Puis il se retrouve donc avec Gino Bartali qui va remporter le l'épreuve en 1938. Bah après la pr la première étape, il est mort quoi. Il existe plus. Il a fait tout cette traversée là mais il est disparu après la première étape. Donc il faut faire attention entre les comparatifs. Oui, il y a de l'admiration pour les coureurs euh les coureurs européens à l'époque, mais il y a une pratique nord-américaine du vélo qui qui est assez assez distincte, qui fait plutôt dans la distance, dans l'endurance. Il y a beaucoup de reportages qui sont faits à l'époque sur des hommes qui font des longues distances, mais on l'oublie, des femmes, beaucoup de femmes dont l'histoire a perdu la trace, dont on a parfois les prénoms ou seulement les noms de famille, mais qui participent notamment à ce vélodrome du parc Jarry. On sait qu'il y a des courses de femmes. On sait que à Verdun, je pense en 1947 1948 dans l'auditorium de Verdon, on a construit un vélodrome aussi à cette époque-là. Il y a des courses féminines qui sont importantes qui se tiennent là. et souvent aussi des courses de longue distance. Et cette idée de course de 6 jours, pourquoi c'est pas 7 jours ? Bah parce qu'on est religieux. Le 7e jour, c'est le jour du Seigneur. On peut pas faire de d'efforts. Mais des courses de 6 jours qui est un mot qui est resté associé au cyclisme à l'époque ça existe pour toutes sortes d'affaires. Il y a des compétitions de 6 jours de danse, il y a des compétitions de 6 jours de marche et et c'est toujours des des 6 jours de de berçage de chaises berçantes si on veut là. Et donc des compétitions d'endurance sur 6 jours, c'est très très fréquent. Et l'opposant premier là, cette époque là, on est on est devenu on mesure la puissance entre les humains. Mais mais jusqu'à je dirais 1914 à peu près, il y a beaucoup de compétitions qui sont contre des chevaux. Ah ouais. les courses de vélo contre chevaux parce qu'on veut voir si la modernité l'emporte sur la puissance animale. Et donc les premiers vélodrome c'est une adaptation des de l'hippodrome littéralement. D'ailleurs, il y a des compétitions entre les deux. On fait partir un cheval d'un côté, un vélo de l'autre pu c'est tantô qui va gagner. Alors il y a beaucoup de comme on fait encore les les les sur la piste à vélo, on porte deux équipes à l'opposé puis ou ça mais ça c'est très populaire là. Au 19e, il y a il y a un canadien français qui s'appelle Curtis Bois qui est un champion à l'époque. Puis évidemment quand il court aux États-Unis, il s'appelle Curtis Greenwood. Ouais. Alors, il faut faire attention parce que tous ces ces nomsl sont changés mais c'est très nord américanisé le vélo. Il y a des grandes fabriques aux États-Unis donc faut sortir de l'idée trop facile que c'est c'est juste un truc d'importation. Non, ça a participé mais c'est un chevauchement multinational et c'est ça qui fait que le vélo est intéressant. C'est pas national, ça vient de partout en même temps. Puis avec ça viennent toutes sortes d'influences qui sont intéressantes. Chers auditrices, chers auditeurs, si vous appréciez l'entrevue que vous êtes en train d'écouter, peut-être que vous êtes pas au courant que la série de balado reportage sur l'histoire du vélo au Québec Kilomè Z0 regroupe six entrevues exceptionnelles. Les personnes qu'on reçoit dans ce balado nous offrent des entrevues inédites. On pense à Jean-François Nada, l'historien, Jean Lessor, organisateur fondateur du tour de boss Éric Vanine entraîneur cycliste extrêmement connu au Québec. On pense à Caroline Canuel athlète et championne du monde de contre la monte par équipe en 2014 et maintenant organisatrice du tour de Gatino. Sébastien Arsenau, directeur général des grands prix cyclistes et organisateur des mondiaux 2026 et finalement Gerveriu, cycliste et fondateur de la compagnie de vélo Argon 18. Les entrevues qui vous sont offertes dans Kilomè Z0 sont inédites et passionnantes. Je ne saurais vous recommander assez d'aller écouter les autres entrevu pour vous plonger dans notre histoire, l'histoire du vélo au Québec. Est-ce que quand on regarde, mettons, qu'est-ce qu'on a bâti en terme d'identité cycliste, est-ce que comment vous pourriez mettre ça en mot ? ce qui peut distinguer ou ce qui peut ressembler, tu sais, autant des ressemblances qu' a des des similitudes, qu' a des différences entre ce qu'on vit comme identité cycliste au Québec. Dites-moi qui je suis là identitairement en tant que cycliste québécois. Moi, j'avais été surpris en regardant les les archives de René Cir qui était un monsieur très âgé, moi quand je l'ai connu, qui avait des mains larges comme ça puis des cuisses énormes et dans son sous-sol tout était couvert de trophées qu'il avait remporté. Il parlait, il avait été champion des États-Unis. ce qui lui permettait d'avoir le maillot arc-en-ciel comme comment s'appelle notre euh Magdalen en ce moment. Non non non le le pas le maillot arc-en-ciel le maillot à à étoile américain comme porte comme le drapeau là comme sagafredo en ce moment avec les cheveux longs blanc encore une don on cherche le nom tous les deux bon il y avait ça parce que il y a 900000 canadiens français qui sont partis vivre aux États-Unis donc il y avait des racines aux États-Unis qui lui donnaient le droit de de citoyen américain donc il peut avoir ça puis a été champion canadien aussi sem oui qui est extraordinaire formidable coureur très divertissant entre autres choses et ce qui est de plus extraordinaire je mais qu'est-ce que c'est ça ? Il dit quoi ? Il portait dans les années 30 écoute ça c'est extraordinaire il portait le maillot de vélo mais des Canadiens de Montréal il y avait le c le ch mais quoi le canadien de Montréal a déjà eu une équipe ? dit oui, il était si impopulaire dans les années 30 et c'est vrai quand on vérifie le forum a failli être vendu parce que il y avait moins de monde à certaines parties de hocky qui en avait pour les courses de vélo de tennis, la boxe, la lutte, c'était plus populaire au forum que le hacky. Donc on aura construit cette histoire là après pour faire une longue tradition, mais les traditions ça se construit. Et donc le vélo à cette époque-là euh s'engage du côté le le canadien dit "Ben nous, on va rejaillir grâce au vélo." Il a porté pendant longtemps. Alors il est quand il y a eu le centenaire du forum des Canadiens de Montréal plutôt et du forum en même temps. Là c'était un peu mélangé. René Cir qui était déjà très très âgé va à la boutique du forum et veut acheter le livre qui est consacré à l'histoire des Canadiens de Montréal et il engueule la petite vendeuse qui évidemment nié pour absolument rien dans toute cette histoireelà parce qu'il y a pas une maudite page dans tout le livre sur l'idée que lui a été la vedette des Canadiens mais à vélo à vélo à vélo al ça c'est des choses qu'on a oublié donc cette identité là c'est pas parce qu'on aime qu'on peut pas aimer le vélo aussi. Et d'ailleurs tout ce qui est hacké et surglace doit beaucoup au vélo parce que la plupart des champions, nos grands champions euh en patinage de vitesse doivent énormément au vélo. C'est le cas de de Guetan Boucher par exemple. Son entraîneur, c'est Maurice Gagier qui Maurice Gagier est d'abord un grand champion de vélo qui a fait les courses du Commonwealth dans les années 50, qui est allé courir en Europe, qui court sur un Bianky en en rouge, qui fait le tour du monde à vélo, qui se passionne pour le patinage de vitesse comme un sport complémentaire. C'est pas pour rien que les dernières années du vélodrome au stade olympique, c assez délirant, on avait installé un anneau de glace autour de la piste à l'intérieur. Moi, je j'ai j'en ai fait du vélodrome à cette époque-là. C'était délirant. Ça n'a aucun sens évidemment avoir de la glace, du froid, de l'humidité avec du bois à côté. On faisait tout pour détruire cette pauvre piste là. Mais il y avait quand même une sorte d'association qui avait un qui avait un sens historique. C'est la même chose pour les premières équipes de cyclisme à Montréal au début des années 20 qui sont parinés notamment, il y en a plusieurs là des clubs mais notamment le club Kilic Kilico où la plupart des athlètes sont aussi des patineurs de vitesse. Puis il y a beaucoup de ces gens-là aussi qui jouent au hocky. Donc c'est pas incompatible ces affaires exclusif. Non, c'est ça le compartiment qu'on a fait aujourd'hui dans tout. Si tu fais ça, tu peux pas faire ça. Si tu fais c, tu fais ça. On veut des gens qui sont hyper spécialisés en tout. Alors que les athlètes souvent, ils sont bons dans ceux qui ceux qui perform le mieux, c'est ceux qui en font plus en font plus qui sont bons dans plusieurs affaires. Oui, on peut penser à Clara, on peut penser à toutes ces athlètes là qui peuvent C'est incroyable ce que tu sais ce qu'on peut faire pe Claraug pouvait pouvait tout faire. Eric Heidin aux États-Unis, c'était un peu la même chose en patinage de vitesse. C'est la même chose pour Conny Carpenter Fin qui gagne les les la médaille d'or olympique en 1984 sur un vélo Marinon d'ailleurs qui repeint aux couleurs de rally. toutes les vélos de l'équipe américaine de 1984, c'est des vélos qui sont faits par Marignon puis qui en a rien à faire que quelqu'un d'autre mette son nom par-dessus et bon bah ça sa sa belle fille aujourd'hui dont j'oublie le nom polonais mais sa belle fille qui qui est mariée avec son son fils qui est numéro 2 autour de France cette année puis qui a fini bon bah ça nous donne des grandes lignées de ça et et ça c'est intéressant parce que même si on n pas cultivé ça très très bien au Québec parce qu'on a pas le sens de l'institution puis de la tradition puis on a la plaque, je me souviens mais c'est à peu près ça. C'est intéressant de voir que ça a perduré parfois par en dessous. Le fils de René par exemple s'est retrouvé en Allemagne comme coureur pendant un temps parce que il connaissait des coureurs allemands de la de la des années 30 puis des années 40 chez qui son fils est débarqué dans les années 60 pour s'entraîner. Donc il y avait cette filiation là. Ça me fait ça me fait penser à l'histoire de Jean Lessard qui racontait qu'il allait s'entraîner avec Marinonie dans cet appartement là en Italie puis qui apprenait à rouler avec les meilleurs au monde puis pour lui c'était complètement fou tu sais puis pour que plus tard il démarre le tour de boss en 80 84 86 cette histoireelà une autre chose que j' me raconter par rapport au hacky c'est que quand il commence à courir il se rend compte que à deux reprises Maurice Richard est dans les estrades puis Les gars il en reviennent pas, ils sont plus jeunes pu sont comme est-ce vraiment lui ? Puis les paroles de de Jean Lessor c'était Maurice s'adresse à eux puis dit "Oh, vous êtes les frères les petits lessors, je vous suis." tu sais fait que cette histoire là de d'enchevêtrement entre les différentes disciplines sportives qui sont finalement des des des mises en scène des métaphores de de de l'effort puis de la vie tu sais ça rejoint c'est c'est on je sais pas on veut toujours on veut toujours les mettre dans des cases mais finalement ça a toujours été fascinant autant pour le joueur de hocky de regarder une course de vélo que de faire du vélo que inversement de l'autre côté là oui puis les sportifs en général ils s'intéressent aux autres sports aussi ils apprécient l'effort. qui sont capables de de voir comment ils comprennent que on peut s'intéresser à plusieurs affaires en même temps. Alors, c'est la moindre des choses. Maurice Richard était aussi arbitre pour les matchs de lutte dans les années 50 où il gagnait plus d'argent arbitrer des matchs de lutte qu'à jouer qu'à jouer au donc évidemment il y a de il y a de tout ça en même temps. Je veux qu'on revienne sur Marinoni puisque tu l'as tu l'as abordé un peu. Son histoire est pas une histoire de d'immigration dans son cas banale. Et ça a pourtant changé la phase du cyclisme au Québec beaucoup parce que une bonne partie de ce qu'on connaît grâce au vélo vient de lui et de sa femme Simon assurément qui qui pour moi une sorte de sainte en énergie puis en effort qu'on senti puis en savoir puis en gentillesse en accompagnement de toutes sortes sur plusieurs dizaines d'années. lui, il est débarqué ici pour le tour du Saint-Laurent qui est une grande épreuve internationale. On peut voir le très beau film 60 cycles par seconde de Jean-Claude la Brec qui est une prouesse notamment en terme d'image. Ils avaient utilisé pour la première fois une 1000 mm soviétique qui permettait donc de capter de plus loin puis de de ramener ça. Donc ça sur le film 66, j'ai écouté ça en me préparant pour le projet. Oui. J'ai réalisé c'était qui son fils Martin Labrec. Oui, c'était mon voisin à Montréal. Ah, c'est vrai. Moi, je connaissais Jean-Claude La Brec Martin. Non, incroyable. Donc là, il me raconte ça puis il dit "Ben oui, c'est bien connu." Ça l'a même inspiré euh George Lucas pour les Star Wars. Le fait qu'il a utilisé une lentille 1000 mm. Là, j'ai eu le vertige pendant 48 he incroyable cette histoire. Il faut dire que c'est un grand grand cadreur. C'est un très bon photographe aussi Jean-Claude Labrec là qui a une façon de saisir. On en a vu des des retransmissions de de grandes courses internationales. Ouais. Bah lui c'est cadrages ça rien à bon ça rien à voir juste pour le début du plan le plan le plan du début vaut vaut le détour avec la musique là c'est gratuit c'est gratuit sur l'f sur YouTube de l'ONF donc onf.com le national du film 66 second de Jean de Brex c'est pas un grand un long film et c'est pas la course c'est l'esprit de la l'image la beauté la fluidité les couleurs de tout ça qui sont là donc Marinonie participe à ça s'engueule avec un juge parce qu'il est devenu très très doux avec le temps mais il ne l'était pas à l'époque est exclu de la course reste là autour et tout ça puis à l'heure de à l'heure de partir va voir son commanditaire dit au revoir tout ça et on lui dit mais pourquoi tu resterais pas et le taxi attend et Marie a raconté ça 1000 fois cette histoire là le taxi attend à la porte et sa valise est là et il dit au taxi ouais je pourrais rester un peu puis il laisse la voiture partir Puis il reste, ça s'est fait sur un coup de tête. Sa vie ici s'est décidé en un coup de tête de quelques secondes. Lui c'est un tailleur. C'est pas c'est un cycliste, un excellent tailleur. Il vient d'une bonne famille de de cyclistes. Il y a eu des professionnels dans la dans la famille et tout. Il appartient, il y avait tout ce qu'il fallait pour pour devenir professionnel comme d'autres membres de de sa famille. s'installe ici puis se rend compte très rapidement que il y a pas de bon vélo ici. D'une part, il faut les faire venir mais surtout que les gâchons sont morts, sont disparus. même lui les connaît pas à l'époque et qu'il y a surtout pas personne qui est capable de réparer des cadres abîmés et puis ben des chutes ça arrive puis on n pas l'habitude comme aujourd'hui les cades en carbone on les jette puis on en reprend un autre puis ça fait encore plus de déchets. Mais là oui oui alors là on les réparait en de jours. C'était c'était réglé vite fait. Moi, je me souviens d'être à la boutique record, je fais un aparté à Québec avec Jean-Pierre Franc qui est un donc un machiniste mais un fabricant de vélo très soigné qui s à l'argent et tout. Il a fait 600 cadres dans sa vie ou à peu près c'est un ami de Marinolie. Puis au moment où on est là, juste pour voir, pour saer, comme on dit en québécois, il y a quelqu'un coureur qui arrive avec un cadre qui est brisé puis le le marchand lui dit "Ouais, bah il y a rien à faire, va falloir que tu en achètes un autre." dis mais j'ai une course là dans 2 jours dans 3 jours c'est pas possible je peux rien faire puis Jean-Pierre avec un air bête Jean-Pierre Frank qui dit moi le réparer moi il dit ça va prendre 24 heur moi l' envoyé par l'autobus demain évidemment le marchand était pas très content tu sais ça a coûté 150 150 pièces ou 200 pièces son vélo était réparé puis il était probablement aussi aussi bon ou voir meilleur qu'équipe meilleure qu'avant alors c'était des choses qu'on faisait fin de la parenthès je retourne à Marinoni et Marinoni quand l'équipe italienne débarque pour les championnats du monde. C'est lui qui s en 1974 à Montréal, c'est lui qui sert de guide. Évidemment, il parle italien, il connaît tout ce mondel. fait du vélo avec eux. Il leur fait faire un tour de ville. Il rencontre monsieur Magni qui est un un marchand de pièces. Il va il va pou avoir des liens avec la famille Campagnolo qui est un fabricant de pièces et tout et et tout d'un coup, il va aller chez Rossine euh regarder comment on fait des vélos. Ce qui fait que pendant un bout de temps, ça c'est lui qui a été un peu le détaillant de Rossine en Amérique du Nord et il apprend à faire des cadres puis se met à faire des cadres à partir de 1974 qui fait que 2 ans plus tard sur la ligne de départ aux olympiques en 76 la moitié des vélos canadiens c'est des marinonis et moi quand j'étais coureur ça fait longtemps mais pas 1000 ans non plus bah autour de moi j'étais tout admiratif parce que je 80 % au moins des vélos sur une ligne de départ d'un critérium ou de d'une épreuve sur route c'était des marineronis c'était toutes des maronies partout tout et donc c'était la référence si bien qu'on en était écœuré et quand on a vu par exemple parce qu'il y avait pas de choix, on a l'impression qu'on avait tous la même affaire et quand on a vu par exemple des nouveaux vélos apparaître avec des marques extraordinaires ah des Bertrans dessinés à l'ordinateur, je n'ai appris que bien plus tard que c'est Marinoni qui les soudait aussi hein et en tout cas une partie de la production de de Bertrand qui était fait à H c'était la même chose pour les Argon 18 au début où c'était aussi Marinoni qui avait mis la main à la pâte même on peut dire les premiers gourous sont faits par Marinoni et les équipes américaine jusqu'aux olympiques en 1984 l'essentiel de tous les vélos c'est qui sont écrit c'est écrit rally avec des tubes en Renaults en réalité c'est des tubes Columbus parce qu'ils ont jamais reçu les tubes Renaults à temps et c'est pas des rally c'est Marinoni qui a fait les vélos et comme pendant très très longtemps il y avait un artisan qui fabriquait des vélos pour un courur pu On les peignait selon les besoins du moment. Greg Lomon, le grand champion américain, a eu pendant longtemps des vélos, ces vélos de de courur, c'était des gitanes, en réalité, c'était des vélos américains fabriqués par Roland de la Centa. Alors, c'était un peu la c'était un peu la même chose. Marinonie avait le contrôle absolu sur tout l'univers et a beaucoup fait connaître et apprécier la qualité euh des vélos et donc ça les rendait disponible. d'un coup on disait de toute façon c'est beaucoup moins cher que ce qui nous vient d'ailleurs et qui est en souvent moins bonne présentation avec le chrome de vélo italien qui qui s'écaillait juste à le regarder ou à le mettre trop longtemps au soleil. Donc il y avait une qualité chez Marie qui était qui était toute différente et lui je pense qu'il a beaucoup aidé et Simon en particulier qui était là c àit Simon qu'on parlait au comptoir pour les commandes pour tout ça qui était toujours prête à envoyer. Il y avait pas internet. Moi je à 17 ans dans mon village euh je je j'appelle puis c'est Simon puis euh et compagnie là les gens qui sont là puis bah ils prennent tes mensurations que tu leur as donné puis ils te font ça puis ils t'envoient ça par la poste. C'est extraordinaire là. Euh alors qu'il y avait un service absolument extraordinaire qui a beaucoup aidé le vélo et ça c'était la passion qui nourrissait tout ça qui s'est transmis dans cette dans cette histoire là. Tu sais ce que je reflète des fois dans les dans à la clientèle qu'on voit à la clinique qui qui trouvent ça extrêmement exotique de se faire un vélo surmesure quand on leur reflète que en fait ça a toujours été ça le vélo avant qu'on commence à industrialiser le truc puis qu'on on standardise tout ça. Tout le monde avait un vélo qui était fait sur mesure. Il y avait pas d'autres manières de faire un vélo. De toute façon, il y avait pas de frais supplémentaires. Si on pouvait le faire de la bonne taille, on pouvait peut-être économiser un peu de tube. Puis ça, il y a ce rapport là au vélo qui a changé entre le fait d'avoir un vélo qui est construit pour soi. Je pense qu'il y a quelque chose d' J'en ai fait un c surmesure. Il y a quelque chose d'extrêmement on est extrêmement attaché à un produit qui a été fait euh qui est un one of one qui est un exemplaire unique de d'un outil qu'on adore, le vélo quand on est passionné versus ce rapport là au vélo qui est très justement un peu comme dans un concessionnaire BMW que vous mentionnez tantôt. Je vais je vais choisir mon modèle puis je vais sélectionner la couleur puis je le recevrai. Puis pour les réparations, ben le mécano me dit que si je dois changer mes mes ces ben ça va me coûter extrêmement cher parce que c'est un cockpit intégré. Fait tu cette relation là au produit, j'ai l'impression qu' atteinte un peu justement le rapport que les gens ont par rapport à à ce qu'un vélo représente dans leur tête. C'est un symbole de statut social. Autant à l'époque versus aujourd'hui c un autre genre de symbole. C'est plus une BMW parfois. Puis je jeis encore jeune mais des fois je suis nostalgique justement du temps où est-ce que j'explique aux gens qu'on on pouvait changer des potences parce que les diamètres 318 étaient standardisés puis qu'on pouvait facilement pouvoir avoir une position qui était ajustable sur un vélo avec des tiges de sel qui étaient rondes avec des avec seulement deux standards 27.2 31.8 8. Puis j'ai l'impression que cette cette mémoire là encore une fois est en train de de de se perdre. Quand vous parliez de la de la de la de la permission d'oublier tantôt, tu sais avec la plaque, je me souviens, je me demande il y a juste j'ai l'impression que vous êtes la meilleure personne pour me répondre. Je me demande c'est quoi ce cette cette tendance là qu'on a de d'avoir de la difficulté à c'est quel trait identitaire puis c'est quoi qui fait qu'on a de la misère à se rappeler en faisant ce projet-là ? Je fais le projet. Moi j'ai pas rapport ici là. Je veux dire, j'étais un physio. J'ai pas fait de course de vélo, je suis passionné de vélo, mais la seule chose qui me lie à ce projet-là, c'est le fait que je suis passionné de vélo. Oui. Oui. Mais mais au fond, moi je suis pas un nostalgique. Je raconte pas ça. L'histoire pour moi, c'est pas une nostalgie. L'histoire c'est un réservoir de possible. On voit ce qui a existé, on voit comment ça s'est fait, on voit ce qu'on peut récupérer de ça pour l'avenir, hein. C'est une sorte de planche sur lequel se projeter. C'est le bord de la piscine sur lequel le nageur se pousse pour aller plus vite. Mais moi, je suis nostalgique parce que si cette planche là je la connais pas, j'ai plus de difficultés à me projeter. Et là, en sachant tout ce qui Ouais, c'est ça. Quand on a un point d'appui, c'est donnez-moi un point d'appui puis je vous soulèverai la lune. Mais c'est un peu ça. Un point d'appui pour le cyclisme, c'est important. Donc c'est important de se rappeler que le circuit du Montroyal Fostocopie a failli courir dessus que Eddie Merx le champion des champions, le Wayne Grad ski si on veut du vélo a été couronné là-dessus que celui qui a terminé 2e Raymond Poulior éternel 2e son petitfils c'est qui c'est qui c'est Van Derpool et et donc le le père et la mère sont de grands athlètes aussi là Van Derp cit un grand champion cycliste aussi donc une génétique extraordinaire est un des favoris pour gagner la course cette année de l'édition 2026 à Montréal. Donc c'est c'est ça rend la course encore plus intéressante de savoir qui est là derrière, que le papi est là derrière. Il y a que Et donc ça ça rend c'est du bonheur. La connaissance c'est pas se gaver la tête de toutes sortes d'affaires qui servent à rien. C'est éprouver plus de plaisir avec ce qu'on a, hein. Donc le vélo, il y a une dimension qui est plus grande qui dépasse l'élément de ce qu'on consomme, le consommable, le cockpit jetable. Il y a quelque chose d'un peu plus grand. Quand on dit qu'on roule dans la roue de quelqu'un d'autre, il y a quelque chose d'intéressant. Moi, bon, mon fils avait fait une ascension de du Camilien Hood au jour de pratique euh avec une avec les athlètes pro. Puis il va s'en souvenir toute sa vie. Ça change quelque chose, tu sais. Il a monté plus vite que d'habitude. Puis bon, il y avait comment il s'appelait le l'Australien qui a gagné le le Tour de France là ? à Cadel ? Ouais. Ouais. Ouais. Il y avait il y avait monté avec Cadel Evens. Ah là, j'ai monté avec Cadel. J'ai monté avec Cadel Evens. Ça c'est comme à les jours tu sais avec Guy Lafleur ou je je sais je sais pas qui il y a quelque chose de d'un peu de cet ordre-là. Et et puis ben ça c'est pas un un trip qu'on a envers l'Europe, c'est une passion qu'on a pour le sport de façon général et tout ça c'est internationalisé depuis tellement longtemps que c'est une erreur d'avoir pensé que ça l'a jamais été. Ça a toujours été international le sport. Ça dépasse le côté national. C'est une volonté politique de se réapproprier quelque chose qui appartient aux individus puis qui a pas grandchose à voir avec le le national. Euh bon, on peut bien se raconter des histoires de fierté puis tout ça puis les drapeaux ça sert à quelque chose ultimement et tout ça. Mais bon, la performance c'est toujours bien un individu qui le fait puis ben la société qui le porte y est aussi pour quelque chose. On se reconnaît dans cet individu là mais c'est d'abord l'individu qui a la qui qui est tout le théâtre toute la réalisation de cette affaire. L'humain est là de de façon extraordinaire. C'est ça la la beauté du sport. Moi, j'aime ça faire des relations, comprendre que ça a existé puis que quand tu roules sur un marinoni ou sur un riz Fran ou tu tu sur un un vélo Bertrand ou sur un vélo euh comment est-ce qu'il s'appelait à Trois Rivières ? Bob Démarret, ben il y a une part d'histoire qui vient derrière qui est intéressante. Ça te fait pas aller plus vite mais c'est un petit sorte de de supplément d'arm qui est là. Ça sublime l'expérience dans quelque chose qui est plus grand que notre propre que notre propre vie parce que notre vie est courte par rapport à tout ça. Alors bon, tu dis bon j'ai c'est correct mais vous m'avez réconcilié, je ne suis plus nostalgique et c'est juste que je ressens en fait cette émotion là que je ressens c'est beaucoup plus de plaisir que de nostalgie. Je suis pas je suis pas amè je suis pas triste, je suis juste fasciné. Ah mais c'est le plaisir, c'est la notion de plaisir. On ferait pas ça si c'était pas amusant. Puis on s'intéresse à ça parce que ça nous augmente notre degré de plaisir. Les gens, moi je connais rien là-dedans, ça m'intéresse pas pas tout. Puis je trouve ça toujours un peu étrange d'ailleurs qu'il y a beaucoup d'athlètes qui se passionnent pour le vin, la collection de de vin. On voit des des grands joueurs de par exemple qui achètent des caves à moi ça m'ennuie. Mais bon, chacun ses chacun ses trip. Mais ce que je comprends là-dedans par exemple, c'est que ils se mettent à à aimer un puis ils savent que ça vient d'un autre endroit pu l'histoire puis c'est le il c'est pas juste la bouteille c'est qui construit mais c'est de même dans tout dans le fond tu un un ajout de plaisir qui vient avec la connaissance la connaissance c'est juste du bonheur. Les gens ils pensent que d'ailleurs tu dis toujours repose repose-toi. Tu le travail des fois il y a il y a plus de bonheur dans le travail que juste dans le bonheur tout seul tu sais. Alors le bonheur plus c'est des fois accompagné de d'autres choses. Bah c'est ça. Alors quand on a une passion pour quelque chose on va pousser un peu plus loin puis ça en augmente ça magnifie ça nous amène des portes. Ça nous fait découvrir des choses. C'est la raison pour laquelle je peux vous recevoir aujourd'hui puis discuter de ça fait que je suis reconnaissant. Chers auditrices, chers auditeurs, si comme moi vous êtes passionné de vélo et passionné de café, vous savez que d'atteindre le somum, c'est l'extraction parfaite et le fameux dessin, le fameux laté art. À la clinique, on a la chance d'avoir une machine lellite Bianca et du café touché grâce à notre partenaire Edica. Alors si comme moi vous êtes passionné de café et de vélo, je vous invite à vous plonger à fond dans votre passion et aller découvrir votre prochaine machine ou votre prochain café sur le site de Edica. J'ai goû de vous amener dans les tranchers un petit peu de l'écriture parce que tantôt vous avez dit quelque chose quand Jean Lessor est venu ici, il y avait énormément de cartables avec des articles puis lors de l'entrevue, il a lu le premier article que Fogli a écrit sur le tour de Bos sur l'arrivée au Montmégantique. Ça a été un moment très émotif, ça a été très très fort. Puis j'avais le goût de vous de vous lancer là-dedans parce qu'au niveau de l'écriture, il y a quelque chose que l'imagination va faire que une image va nous enlever, tu sais. Fait que j'avais le goût de discuter de comment le fait de raconter par des mots ou par la parole va pouvoir peut-être est-ce que vous considéreriez que ça peut sublimer davantage le souvenir ou juste rentrer plus dans la tête des gens le fait de passer par les mots que par l'image ? Je réalise aujourd'hui que ce que les gens consomment comme contenu culturel cycliste passe beaucoup par l'image, par la vidéo euh versus la parole, versus les écrits. C'est une question plutôt ouverte, mais j'ai le goût de vous entendre un petit peu sur ça. Ou ben le vélo doit une partie de sa popularité à des écrivains d'abord et avant tout. Je sais pas pourquoi, mais c'est comme la photographie peut-être ça a attiré beaucoup de gens qui écrivent là-dessus puis des grands écrivains. Un des pères du journalisme euh Jack London s'intéresse au vélo. Mais c'est c'est surtout le cas aussi de euh Albert Londres. Albert Londres qui va écrire les forçats de la route en 1922 où dans les forçats de la route par exemple, on découvre que les frères Péiciers, il y a eu des des croix des strapes pendant longtemps qui s'appelaient Péicier. Ça vient des moyeux de vélo qui s'appelait Pécier, ça vient de cette familleelà. Euh, il disait "Nous nous marchons à la dynamite." Et donc, il prenait de la cocaïne, il prenait toutes sortes de choses. Donc c'est les les débuts des des rapports à ce qu'on appelle le daage aujourd'hui. Donc des reportages là-dessus. Il y a des grands grands euh journalistes des années 50 aussi chez nous, on connaît Fogli aussi qui au fond s'emploie pas à décrire hein la course la course écrire c'est pas décrire comme peindre c'est pas dépindre. Donc il mettent en place une sorte d'atmosphère dans lequelle lecteur est libre de créer sa propre scène et souvent c'est plus beau que la réalité. Puis c'est pas parce que il a décrit quelque chose qui était pas vrai, c'est parce qu'il ouvert les portes de l'imaginaire. Alors, c'est ça la force de Fogli pendant longtemps euh ici, mais d'autres ailleurs aussi, il y a eu des des très très bons écrivain. Il y a des gens aujourd'hui à Ar à Rambon en France a fait trois quatre petits livres sur la vieillesse, le vélo, les les les champions parce que c'est un degré d'écriture qui est absolument extraordinaire. Donc il y a une grande grande littérature autour du vélo qui a pas beaucoup de sport euh de cette de cette qualité-là. Euh puis ça vient avec le cyclisme normalement d'avoir une histoire des courses puis c'est des courses qui sont là qui sont là depuis très très longtemps. Euh ici on aurait pu faire ça plus en tout cas ça s'est fait un peu. Mais chaque région, chaque quartier avait un peu sa petite histoire entre Cherbrook et Lenoxville. Plus du côté de Cherbrook, il y avait monsieur Monketric qui était là pendant longtemps qui avait un magasin de vélo dans lequel il y avait de vieux vélos. Moi, je suis allé là avec mon père puis derrière, il nous montrait son vélo de course avec des jantes en bois puis un cadre très lourd. Puis il avait gagné des courses à répétition, il avait gagné Montréal Sherbrook avec ça. Euh Bio était un ancien champion cycliste à Montréal euh qui avait couru les courses de 6 jours. Donc il y avait dans même l'espace physique des marqueurs de ces championsl qu'on aurait pu réutiliser. Et c'est pas pour rien. Je pense que dans les années 60, beaucoup d'écrivains ou de cinéastes, c'est le cas comme Gilles Grou par exemple qui a fait un chat dans le sac qui est un film important qu'on peut voir gratuitement sur l'ONF qui est un immense cinéaste ici des années 60 qui appartient à une forme de de vie nouvelle d'approche nouvelle du cinéma où il est très très critique de de ce qui se passe. Il a fait un film sur les raquetteurs aussi mais lui sa grande passion c'est le vélo. qui part avec un vélo italien à l'époque tout campagnolo puis il va faire le des tournées. Géral Godin, poète qui était important, qui a été député aussi, qui a été ministre de l'immigration qui va défendre longtemps la part des communautés culturelles au Québec de toutes origines. Ben, c'est une partie de sa campagne électorale. Il y a des cartes postales qui fait imprimer où c'est lui à vélo, on est à la fin des années 70 ou quelque chose comme ça. Il y a quelque chose qui est là qui est nouveau. Tout l'univers, tu parlais je pense de tes parents, le le monde à bicyclette au début des années 70, tout ça, il y a un changement et ça Foglia témoigne de ça aussi beaucoup. Il y a le premier tour de l'île, tout le premier tour de l'île. Faut se rappeler qu'à Montréal, le métro arrive en 1963. Euh, on peut entrer dans le métro à Montréal avec une planche à repasser, avec un téléviseur, avec une échelle, dépendamment des heures là, mais personne va vous embêter. Si vous passez avec un vélo à l'épaule, tout se met à hurler, vous êtes bloqué, vous allez avoir une contravention, c'est interdit un vélo parce que ça dérange. Il y a là une forme de culture antivélo qui se met en place dans les années 50 avec le démalement le démantellement du tramoué avec l'augmentation du réseau routier où on a l'impression à Montréal comme à Boston comme dans grande dans bien d'autres grandes villes nord-américaines que là on va littéralement arriver des du pouretour de la ville puis presque voler jusqu'au centreville. Il faut se rappeler les ouvrages en béton absolument incroyables. Au pied du Montroyal jusqu'à il y a quelques années, il y a un échangeur entre Despin et la l'avenue du parc. Je sais pas si tu te souviens de cet échangeur là. Là aujourd'hui, c'est pas compliqué, c'est une croix, c'est un quatre chemins, il y a une lumière puis il y a deux deux arrêts là qui sont là. Ah, j'ai dû prendre cette voix quand j'étais un truc délirant, un rapport avec du béton. Je comprenais pas. Personne comprenait comment ça avait pu être cit compliqué. Je me rappelle de l'émotion que mes parents avaient probablement en passant jeis en train de me tromper et là et oui et puis là ben là c'éit un nuage de poussière qui se ramassit là les immeubles qui étaient là avaient été dévalorisés et tout dit mais qui a pensé à ça un ingénieur des années 50 puis des années 60 qui voyait l'automobile littéralement comme une navette spatiale et donc qui était là qui allait dominer surtout c'est une forme d'engourdissement de la pensée publique que d'avoir pensé que il n'y avait qu'un seul mode de transport possible c'était l'automobile. Ça profitait à à des gros joueurs, des compagnies de de production, des compagnies pétrolières qui étaient en pleine expansion puis des assureurs. Alors là, tout d'un coup, on s'est mis à dépenser des fortunes publiques là-dessus alors qu'il y en a d'autres des moyens. Il y a le train, il y a le tramoué. Alors, le vélo participait à ça. Puis au début des années 70, mais il y a des gens qui ont fait des luttes en disant "Mais là, ça a pas de bon sens qu'on puisse que le vélo soit banni de tout l'espace public." Alors, les pistes cyclables, ça ici en tout cas ça commence comme ça. L'accès au métro, ça commence comme ça. La possibilité de développer des circuits, ça commence comme ça. Mais c'est amusant de voir que si on fouille par exemple à la bibliothèque nationale du Québec, dès ou quelque part par là, il y a des cartes sur les supposées pistes cyclables autour de Montréal. Et c'est pas inintéressant aussi de voir que ce sont les cyclistes qui parmi les premiers ont fait porter l'attention sur le réseau routier qui était mal entretenu en disant il y a des problèmes là ça passe pas en vélo. Les trous c'est dangereux. Donc ça a été longtemps les cyclistes qui ont fait remarquer que il y avait des problèmes sur le réseau routier. Donc tout ça, moi je pense qu'il faut réapprendre à organiser tout ça ensemble beaucoup mieux. On s'est privé de paysage, on s'est privé de de temps de voir. Le vélo permet de redécouvrir ça. On met n'importe qui sur un vélo de n'importe quel âge. Il y a une banane qui apparaît dans le visage. Le sourire apparaît immédiatement. Il y a quelque chose qui renoue avec la la jeunesse puis la le l'idée d'avoir un peu de vent dans les cheveux quand on en a. Euh c'est ça ça permet de goûter à ça de façon assez extraordinaire. C'est un rapport à la liberté et c'est les femmes qui l'ont éprouvé le mieux dans l'histoire du cyclisme parce que pour ell ça a été un des objets de libération les plus puissants. Euh ça leur a permis de changer leur garde-robe, de gagner de la mobilité et de se soustraire à des injonctions des grands prêtres de toutes sortes qui leur disaient "Non, vous pouvez pas faire ça, vous avez pas cette liberté là. Tout ça, ça c'était un et on le dit la la plupart des des euh des historiennes du féminisme disent aujourd'hui le vélo ça a été un élément fondamental pour le changement dans la société pour les femmes. Et puis ben ça reste important aujourd'hui parce que quand on voit le différentiel de traitement entre les cyclistes femmes professionnelles à vélo et les hommes, c'est encore assez gênant. Avez-vous vu récemment qu'il ont eu une une amende pour la pae pipi ? Non. Ouais, les femmes ont eu une amende pour la pae pipi pendant le Tour de France qui est un délire parce que parce qu'ils se sont parce qu'ils ont pas attendu que les motos caméraman soient passé. Ça ça le crié un peu puis je peux comprendre que ça a aucun rapport. C'est ben oui. Alors que les hommes pissent devant la caméra puis personne personne en fait un fait un plat. Ça ça fait aussi partie on c'est comme si le corps avait été chassé de ses fonctions naturelles. Il y a quelque chose de de très très propre, de blanchi. Alors que le sport nous rappelle que il il y a du sang, il y a de l'urine puis il y a du caca dans un corps. C'est ça. Jean-François, merci infiniment. Je vous On se termine sur le pip le caca. Il Mais j'ai vraiment eu l'impression ben je me suis senti privilégié fait merci encore une fois. Euh puis cette cette discussionlà entre passionné m'a permis de d'aller plus loin puis de comprendre que c'était pas de la nostalgie mais bien du plaisir. Oui, c'est que du plaisir. Le vélo c'est que du plaisir toujours. Puis j'aimerais ça euh je pense vraiment souhaiter longue vie au vélo parce que j'ai l'impression que nous on est là mais il y aura plein d'autres gens après qui vont continuer à à être passionnés. peut-être un un un mot de qu'est-ce que vous souhaiteriez aux au aux personnes qui se sont pas initiées au vélo ? Puis euh moi, j'aurais le goût de dire à ceux qui connaissent le vélo de peut-être se plonger un petit peu plus dans l'histoire pour voir le monde des possibles qui les attend quand ils vont comprendre tout ce qui est arrivé avant eux. Ben moi, je pense que ce championnat du monde là qui qui s'en vient va être quelque chose de majeur parce que les gens qui vont voir ça qui comprend pas forcément comment ça se fait que c'est pas le plus fort qui est devant qui gagne. Lui qui était devant tout d'un coup ça marche pas. Il y a quelque chose de majeur. Moi j'ai quand j'avais euh j'étais petit encore, j'ai ben petit j'ai pris l'autobus des cantons de l'Est. Je suis venu voir le Grand Prix des Amériques, la première édition en 1988 où c'est Steve Bower qui a gagné, qui était le le le c'est celui qui a le mieux fait autour de France dans la suite des choses, qui a porté le maillot jaune et tout ça et je me rendais compte à quel point à l'époque c'était plus frappant, on pouvait être près des courages. Je me suis retrouvé avec son vélo dans les mains à la ligne d'arrivée. Il y avait Massimo Giroto qui a terminé 2e. Al c'était le vélo absolument de ma taille. montant en Campagnolo, c'est record, je l'avais dans mes mains aussi à côté. Euh euh bon autographe et tout, il y a cette espèce de proximité que permet des grands événements comme ça, c'est marquant. Après ça, tu dis OK, c'est des gens qui sont en chair et en os comme moi qui existent. Je les ai touché, je les ai vu, je leur ai parlé et là il y a cette possibilité là moi d'éprouver à ma mesure, à ma dimension dans mon coin de pays le plaisir que ça provait que que tout ça suscite aussi. Quand je parlais avec Magdalen Valière qui est la championne du monde en titre de ces chemins d'entraînement, c'est les mêmes routes que moi j'ai parcouru dans les cantons de l'Est. C'est un homme incalculable de fois. Monter jusqu'à Beauvoir qui est un espèce de pélerinage à Sherbrook. C'était sa route classique quand elle était à Sherbrook. Mais ça change tout. Tu sais quand tu sais que elle aussi elle a fait ça, il y a quelque chose d'assez extraordinaire. Alors moi je pense que ce plaisir partagé là qu'on a à vélo, ça peut n'être que profitable à tout le monde. Puis on est chanceux à Montréal d'après avoir eu des mercon maintenant un prochain grand champion du monde parce que évidemment c'est toujours des grands champions et ça ajoute quelque chose à euh au sport mais aussi ça donne une couche supplémentaire d'histoire à Montréal puis à toute la société qui en profite. Ça nous nourrit ça. Pas de prix en quelque sorte, on va pas manquer ça pour tout leur monde. Merci Jean-François. Bientôt. Bye. Chers auditrices, chers auditeurs, merci de vous être replongé avec moi dans l'histoire du vélo au Québec. J'espère que ça l' su vous transporter, vous émerveiller et vous permettre de profiter encore plus des mondiaux 2026 qu'on a cette année à Montréal. Cette série de balado documentaires sur l'histoire du vélo au Québec a été rendue possible grâce à la collaboration de la FQFC, du travail de Matis Boyer et de Louis Barbau. Je tiens à les remercier parce que sans eux, la coordination, la production et le travail de fond sur ces entrevues n'auraient pas été possible. Sur ce, on se dit à très bientôt et j'espère vous croiser sur les parcours des championnats du monde du 20 au 27 septembre 2026. Ah.