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Il avait prédit son destin !

Alors qu'il avait 13 ans, Jean-Marc Mormeck regarde par hasard un match de boxe à la télévision pour la première fois avec son père et lui déclare "Je serai champion du monde"...

... Il sera au final couronné 6 fois champion du monde de boxe (WBA et WBC)  🥊

Retrouvez aujourd'hui l'entretien inspirant avec Jean-Marc Mormeck

Vous découvrirez des éléments forts sur le dépassement de soi, la performance et comment ne pas vivre la vie d'un autre

What is UNIK MEDIA?

Les Rencontres inspirantes de Franck Nicolas.
Nous avons tous en nous des dons et des talents uniques.
Les grandes réussites de tous les domaines qui nous entourent ont su mieux que quiconque les découvrir et les exploiter pour vivre leur vie à 110%. Et si vous pouviez en être inspiré et reproduire ce même chemin ? Franck entre dans la "tête" de ces leaders incroyables pour vous livrer leur recette du succès.
Nous vous dévoilons des talents "UNIK" pour réussir à votre tour.

Il faut savoir
que là-haut,

il n'y a pas d'amis.

Et à un moment
donné, il va falloir

que tu changes.

Si on arrive
en conquérant

en disant: De toute
façon, c'est facile.

Non, ce n'est
pas vrai.

Rien n'est facile.

Il n'y a que le
travail qui paye.

Ou je travaille
plus, ou j'arrête.

J'ai bien travaillé.

Je me suis bien
entouré parce que ce

qui est important
aussi,

c'est de pouvoir
s'entourer comme il

faut avec des gens
aussi motivés

que vous.

Moi, j'ai toujours
voulu être un héros.

Je lui ai dit: Tu
sais qu'un jour,

je serai champion
du monde ?

Il me dit: Comment
tu peux être

champion du monde
avec quelque chose

que tu ne
pratiques pas ?

Et 15 ans après,
à 30 ans, je serai

champion du monde.

Soyez
déraisonnables.

Ayez l'audace
de choisir vos

valeurs pour faire
de vous un grand

leader pour un
monde meilleur.

C'est avec
un immense plaisir

que je reçois
aujourd'hui

une légende
de la box,

Jean-Marc Mormec.

Titré champion
du monde à six

reprises,
Jean Marc répond

également présent
aux invitations

d'associations
de jeunes

dans la précarité
en s'investissant

dans l'égalité
des chances.

Bonjour à tous,
c'est

Jean-Marc Mormec
avec Franck Nicolas.

Salut Jean-Marc.
Salut.

Comment ça va ?
Très bien.

Je crois que nous
allons avoir

une discussion
aujourd'hui autour,

notamment,
du dépassement

de soi,
de la performance,

mais aussi d'être
capable de se

retrouver en tant
qu'être humain,

d'être soi-même
et de ne pas vivre

la vie d'une
autre personne.

Tout d'abord,
le palmarès, il est

juste incroyable.

Et puis,
c'est marrant,

je vois un petit
bout de tissu ici.

C'est quoi ?

C'est la Légion
de Nord.

C'est une vraie
reconnaissance.

Une immense
reconnaissance

de ta patrie.

C'était il y a
six, sept ans.

Qu'est-ce qu'on
ressent lorsqu'on

est remercié ainsi
par son peuple ?

Une grande joie,
une fierté.

Mon travail à payer
et surtout a été

reconnu en me
disant: Allez,

plus de 20 ans
au service,

en fin de compte,
du pays pour avoir

défendu les couleurs
un petit

peu partout.

Donc forcément,
on est fiers de ça.

C'est intéressant
parce que tu viens

de prononcer le mot
ta carrière

de sportif n'a pas
été une carrière

d'enfant gâté ?

Non, mais de toute
façon,

je pense qu'il n'y a
que le travail

qui paye.

Et puis, en plus,
ça a été...

Pour moi,
c'est un vrai sport

et un travail,
mais ça a été

Je suis venu à ce
sport comme un

cheveu sur la soupe.
C'est-à-dire ?

C'est-à-dire que je
ne savais même pas

ce que c'était
un combat de box.

Dans les années 80,
j'avais 13 ans.

Mon père regardait
un combat, Canal+,

venait à l'époque.

Et diffuser
les combats.

4h00 du matin,
je vais

aux toilettes,
je vois mon père

regarder un combat,
je m'arrête,

il m'invite
et on dit...

Et un combat,
c'est les trois

roues de les plus
violents d'histoire.

Marvin Aguilar
contre Tom Hant.

Il m'invite,
je regarde et je

suis stupéfait.

Et à la fin,
quand ça se termine,

je lui ai dit: Tu
sais qu'un jour,

je serai champion
du monde ?

Et forcément,
parce que moi,

je faisais du foot.

Mon père,
il dit: De quoi ?

De foot ?

Et je lui dis:
Non, de box.

Il me dit: Comment
tu peux être

champion du monde
avec quelque chose

que tu
pratiques pas ?

Je lui ai dit ça
parce que j'ai

une vraie conviction
et j'y crois

réellement
à ce moment.

À l'instant.

J'ai vu ce combat
qui était

vraiment fabuleux.
C'est quoi ?

C'est la violence
qui a fait

un déclic ?

C'est le dépassement
de soi ?

C'est la technique ?
C'est la rapidité ?

Qu'est-ce qui t'a
passionné ?

C'est le tout
est possible.

Le tout est
possible.

C'est-à-dire,
Martin Aguilert

perdait, il
a été coupé.

Il va voir
le docteur.

On pense qu'on
va l'arrêter.

On ne l'arrête pas.

Il retourne
sur le ring,

il se remobilise,
boum, et make

out to burn.

Et là, je me dis:
Tout est possible.

Vraiment, tout
est possible.

Même à la dernière
minute,

si on on peut.

Et là, pour moi,
c'est une

révélation.

Et je commence
la boxe après, je

vais avoir 15 ans.

Et 15 ans après,
à 30 ans, je deviens

champion du monde.
Incroyable.

Donc ça, c'est
un bon résumé.

Si tu veux bien,
on va revenir

en arrière.

Alors,
l'enfance

de Jean-Marc, on
est en Guadeloupe.

C'est une famille
nombreuse ?

Oui.
Oui.

Oui, oui, oui.

Papa, maman
sont ensemble.

Et puis, à un moment
donné,

ils s'entendent
plus très bien.

Et puis, papa décide
de partir

sur le continent.

Que devient
Jean-Marc ?

Jean-marc grandit,
parce qu'en fin

de compte,
quand papa est là,

moi, je ne sais pas,
comment dire, je

ne le connais pas.

Je suis trop jeune
pour ça, parce

que j'étais bébé.

Donc, je suis avec
une grand-mère, une

maman, des frères.

Et un jour,
on me dit: Ton

père veut te voir
et il voudrait

bien te voir.

Et moi, le seul truc
qui me fait rêver,

c'est ce truc,
c'est l'avion.

C'est de prendre
l'avion parce que je

me dis: Ça ressemble
à un oiseau

qui vole.

Donc, je vais
prendre cet oiseau

et quand je reviens,
je vais pouvoir

raconter ce
que c'était l'avion,

tout simplement.

Est-ce que dans
cette période

d'enfance, il y a...

J'essaie de gratter
quelque chose

pour aller ensuite
comprendre

le pourquoi
de Jean-Marc,

parce que quand on
se prend des punches

sur un ring,
il faut tenter

d'avoir un vrai
pourquoi fort.

Est-ce que c'était
une enfance super

heureuse ou est-ce
que le Jean-Marc se

posait plein
de questions ?

Non, très heureux.

Je pense qu'on a
cinq ans, six ans,

on se pose pas
de questions,

on est heureux,
on est bien, la vie

en est insouciant.

Et après dix ans,
qu'est-ce que

ça a donné ?

Le départ
devient douloureux

parce que je pars,
mais en même temps,

Je quitte les gens,
je quitte ma mère,

je quitte ma
grand-mère et je me

dis: Même si c'est
pour les vacances,

j'ai toujours envie
d'être avec eux

et je pars
dans l'inconnu.

L'inconnu,
c'est mon père,

qui est mon père,
mais que je connais

pas, que je n'ai
jamais vu de ma vie

parce que j'étais
trop petit quand

il est parti.

Et Le fait
de partir,

pour moi,
c'est quelque part

une coupure,
une souffrance

et une douleur.

Mais je pars
pour mieux revenir.

En fin de compte,
je reviens jamais.

Mais tu es parti
et tu étais

obligé de partir ?

On me dit: Je vais
en vacances,

je vais rencontrer
mon père que je Il

ne venait pas,
mais pourquoi pas ?

C'est la maman
qui a eu l'idée ?

C'est le papa qui a
eu l'idée de lui

dire: Je voudrais
bien voir mon fils,

puisqu'il a six ans
et je l'ai

jamais vu.
Pour quelle raison ?

Il l'avait
jamais vu avant.

La Guadeloupe,
c'est à côté.

Ouais, mais il
était jamais venu.

Donc aujourd'hui,
il s'est dit: J'ai

un fils et il faut
que je le rencontre,

il faut qu'on
se voie.

Et alors, comment ça
s'est passée

cette rencontre ?

Cette rencontre,
très bizarre,

parce que je viens
avec un ami à lui

à l'aéroport,
j'ai atterri

à l'aéroport
et à un moment,

quand on sort
de l'aéroport,

je vois quelqu'un,
je vois un monsieur

qui tourne autour
de nous et je me

pose la question,
je me dis: Il est

bizarre ce monsieur,
il arrête pas

de nous regarder,
il me dit: Si.

Et c'était mon père.

Donc moi,
je suis venu,

on me dit que c'est
pour les vacances,

mais à un moment
donné,

je vois que je suis
inscris à l'école,

je vois que...

Je me dis: Qu'est-ce
qui se passe ?

Donc, tu as
découvert sur place

que finalement,
c'était pas

du temporaire.

Non, c'était
du définitif.

Et je pense que la
dureté, elle est là.

Et la séparation
avec la mère,

c'est sur...
C'est terrible.

Parce qu'à l'époque,
pas de téléphone,

comment je vais
faire pour la

contacter ?

Comment je vais
faire pour revenir ?

Donc,
j'ai un monsieur,

forcément,
je ne connais pas

trop, donc je n'ose
pas trop lui parler.

Puis, de temps
en temps,

j'essaie de dire:
Mais c'est quand

je rentre ?

Tu vois ce match,
comme tu nous l'as

dit tout à l'heure,
on a fini l'ellipse,

on revient.

Et là, tu
vois ce match.

Et à quel moment tu
as fait tes premiers

pas en
entraînement ?

À quel moment ?

Parce qu'à
un moment,

je pense à ce
combat,

je pense
à l'effervescence

que ça a eue et ce
que ça m'a procuré.

Je veux faire
de la boxe.

Je veux faire
de la boxe,

donc je vais
à Décathlon,

je demande,
j'ai des sous,

je vais acheter
des gants.

À l'époque,
je n'ai pas peur

de la bagarre,
donc je me dis,

c'est quelque part
qui va me délivrer,

qui va me permettre
de m'exprimer.

À part
de la bagarre,

tu étais bagarreur
tout petit ?

Oui, j'étais
bagarreur.

Oui ?
Oui.

Donc c'est quelque
chose que tu avais

déjà en toi,
le fait d'utiliser

ton corps ?

Je pense que je ne
l'avais pas moi,

mais je l'ai appris
ou je l'ai adapté

ou j'ai fait
par rapport à ce

que je rencontre
à l'école.

Parce que bon,
quand on est jeunes,

les jeunes sont
toujours méchants

entre eux,
donc on se moque

de l'un de l'autre.

J'avais un accent,
on se moquait

de mon accent.

Donc à un moment
donné, j'avais pas,

pour me faire
comprendre,

je me servais de mes
points parce

que comme je voulais
pas parler,

comme on se moquer
de moi,

je me disais: Si je
parle,

ils vont encore plus
me coquer comme ça.

Si je les tape, là,
ça va être

autre chose.

Donc finalement,
tu étais

à la recherche
plutôt de du fait

d'être un super
héros, mais trouver

ta place surtout.

Exactement,
trouver ma place.

Ce n'est pas
tellement

d'écraser les gens.

Non, mais c'est
parce qu'on se

moquait de moi,
parce que je ne

savais pas très
bien comment faire.

Donc des fois,
ça partait.

Parce que quand vous
arrivez comme ça, on

joue pas avec vous.

Et puis un jour,
on est venu

me chercher.

On est venu me
chercher en me

disant: Est-ce
que tu veux

jouer au foot ?

Parce qu'il
manquait quelqu'un.

Et j'ai joué au foot
et après,

tout a collé.

C'est très fort ce
que tu viens

de nous dire.

Tu t'es fait
violence et tu as

utilisé la violence,
bien ou pas,

en tout cas,
c'est ce que tu as

fait, pour trouver
ta place.

Et finalement,
après,

dans un deuxième
temps,

tu t'es construit
grâce aux autres

parce que du coup,
l'attente

était reconnue.

Bien sûr, mais déjà,
la violence,

la première chose,
elle m'a permis

de me faire Je
l'avais remarqué.

Si je l'avais pas
été, je serais

resté dans mon coin.

Peut-être personne
l'aurait remarqué.

Mais cette violence
m'a permis déjà de

me faire remarquer.

Attention,
il est comme ça,

il est comme ça,
il est comme ça.

Et à un moment
donné, malgré cette

violence,
on vient vous

chercher parce qu'il
manque quelqu'un

et dire: On a
vraiment envie

de jouer.

Donc,
il ne faut pas

l'être, mais ça m'a
quand même,

malgré tout, servi.

Et alors,
tu vas

dans un magasin
de sport, tu achètes

tes premiers gants ?

Oui, j'achète mes
premiers gants,

je ne sais pas,
mais j'organise

des combats.
Je suis jeune.

Tu organises
des combats ?

Oui, dans les caves.

Tu as commencé
comme ça ?

Oui, les caves
étaient ouverts.

C'est-à-dire qu'au
lieu de boxer,

uniquement,
tu boxais,

tu t'entraînais ?

Oui, mais dans
les caves.

C'est-à-dire
que moi, on avait

plein de potes.

Et puis, on est tous
sourds, on est tous

durs, on est
tous trucs.

Allez,
venez dans les

caves, et on
fait un combat.

Chacun prend
un gant.

Des fois,
chacun prend

un gant,
on prend

une serviette,
on essaie

de le mettre,
et celui qui

tombe l'autre.

Puis, à un moment
donné, je

vais m'inscrire.

Et là,
je vais m'inscrire,

donc j'arrive,
je me dis: Ça, au

moins, c'est fait.

J'ai mis quelques
caos, ça va, je vais

aller dans ce coin.

C'est bon,
j'en ai eu deux,

trois,
c'est parfait, je

continue d'avancer.

Je vais y aller et
tout va se régler.

Donc j'arrive,
je sors de l'école.

Là, on est dans quel
arrondissement ?

On est toujours
dans la banlieue,

on a Bobigny.

Il n'y a pas
de salle à Bobigny,

mais il y a
à Drancy, donc je

pars à Drancy.

L'entraînement,
ça doit être à 5h30.

Je sors de l'école.
5h30, 17h30 ?

17h30.

J'arrive et comme
tous les enfants,

avant d'aller
au sport,

je m'éclate un petit
peu, je ne vois

pas l'heure passer.

Donc ça fait
en gros,

j'arrive vers les
coups de 6h00,

6h00, 6h15.

Et j'arrive tout
de suite dans

les vestiaires.

L'entraînement a
déjà commencé

et j'arrive dans
les vestiaires.

Et j'ai le prof
qui arrive et qui me

dit: Qu'est-ce
que tu fais ?

Je lui dis: J'arrive
tout de suite.

Il me dit: Non.
Non, mais quoi ?

Tu es en retard ?

Il me dit: Tu n'es
pas arrivé

à l'heure.

Je lui dis: Oui,
mais bon,

j'essaie
de l'expliquer,

l'école, machin.

Il me dit: Écoute,
tu sais ce

qu'on fait ?

Demain, il y a aussi
l'entraînement.

Tu viendras
à l'heure et tu

vas t'entraîner.

Aujourd'hui,
non, tu peux pas.

Et là, je regarde,
je lui dis:

Il me dit: Alors,
ne viens pas.

Il me dit: Alors,
ne viens pas.

Il y a des règles.

Il faut respecter
les règles.

Si tu les
respectes pas...

Tu étais assez
cabochard

quand même.

Tu avais ton
tempérament.

Il me dit: Attends.

Et là,
avec un peu

de fierté, je lui
montre que je pars.

J'ai un pied dedans,
j'ai un pied

dans le truc et il
me regarde de temps

en temps,
mais il faut que je

lui montre
que je suis là.

Donc je m'assois,
je regarde.

Et puis,
le lendemain,

j'arrive à l'heure.

Et tous les jours,
j'arrive à l'heure.

Et un an après,
il m'appelle,

il me dit: Tous
les nouveaux

arrivants,
c'est toi qui fais

l'échauffement.

Et là, tu as
quel âge ?

Quand j'arrive Là,
j'ai quel âge ?

J'ai 15, 16,
je dois avoir

16 ans, 17 ans.

Et là,
encore une fois, je

me fais remarquer.

Et au bout d'un an,
c'est moi qui fais

les échauffements
quand ils arrivent.

Donc ça veut dire
qu'il me fait

confiance.

Tu te fais
remarquer ?

Je me suis fait
remarquer parce

que je suis
arrivé en retard.

Je lui ai dit
que je partais.

Il m'a dit: Si tu
pars, ne

reviens plus.

Oui,
mais à

l'entraînement,
ça donne quoi ?

À l'entraînement,
ça donne...

J'essaye,
j'essaye, j'essaye.

Puis un jour,
je râpe tellement

au sac et Je respire
mal, boum,

et je tombe
dans les pommes.

Je tombe dans les
pommes et il me

considère comme
un peu fragile.

Donc à chaque fois,
il me dit:

Doucement,
doucement.

Vas-y doucement,
Jean-Marc.

Je lui dis:
Non, mais...

Tu vas te
froisser un cil.

J'essaie de lui
expliquer que je

vais être
champion du monde.

C'est pas en allant
doucement que ça

va fonctionner.

Parce que tu avais
vraiment ça

dans la tête.

Ça me rendait fou.

Et finalement,
après, qu'est-ce

qui s'est passé ?

L'étape vers
le sérieux.

L'étape
vers le sérieux,

au fur et à mesure,
je mets les gants,

je mets les gants.

Et puis j'ai un type
qui s'appelle

Eric Ladou.

C'est un entraîneur,
il fait partie

des entraîneurs,
mais un super type

et il me prend
un peu en main.

Il me prend en main,
il est plus grand,

il est plus fort.

Et à chaque fois,
je prends

une dérouillée.

Le type,
à chaque fois,

tous les jours,
à chaque fois que Je

prends une
dérouillée.

À un moment donné,
je l'aime bien,

je commence
à moins l'aimer.

Je me dis: Il
m'aime pas, en gros.

Il veut que me
tabasser tous

les jours.

Donc forcément,
je fais un peu

la gueule
et à chaque fois,

il vient encore me
dérouiller encore

pour là, je sais pas
combien de semaines.

Je vais me doucher,
il vient me voir et

il me dit: Ça va ?

Je lui dis: Non,
pas trop.

Je dis: Je
ne sais pas,

qu'est-ce que tu
as après moi ?

Il me dit:
Assez-toi.

Je m'assois et je
suis vraiment

pas content.

Il me dit: Écoute,
je pense que tu as

des capacités
que tu sais pas.

Mais il faut savoir
que là-haut,

il n'y a pas d'amis.

Et à un moment
donné, il va falloir

que tu changes.

Parce que tu restais
dans l'affect ?

Ouais, parce
qu'on était élégant,

c'était entre nous,
on était entre nous.

Mais non,
il m'expliquait qu'à

un moment donné,
il faut passer

à une étape
supérieure et qu'il

ne va pas falloir
toujours venir

dans cette salle.

Mais c'est bien
aussi de changer,

d'aller voir ce qui
se passe ailleurs.

Je comprends.

Et c'est la raison
pour laquelle ton

visage,
et tu le sais,

change complètement.

Dans les vidéos,
on le voit.

Ton visage change
dès que tu as

le premier pied
sur le ring.

C'est une
métamorphose.

Déjà, on a toute
la cogite qu'on

sorte des
vestiaires.

On a toutes ces
images qu'on arrive

en fin de compte,
on se transcende

au fur et à mesure
qu'on arrive

sur ce ring.

Tout ce qui peut
se passer.

Et à un moment
donné,

la libération,
c'est le gong.

Une fois que ça
sonne pour dire:

Allez-y,
on est libéré

de tout et on
peut s'exprimer.

Ça devient bestial.

Et donc cette
première année,

parce que tu es six
fois champion

du monde,
donc la première

année où là,
ça commence

à devenir réellement
sérieux,

ce fameux combat.

C'est-à-dire qu'on
s'entraîne,

on s'entraîne,
on s'entraîne,

on s'entraîne.

Et puis, à un moment
donné, on est pressé

dans des coups.

Moi, je vais mettre
les gongs

et ça y est.

Et puis on dit:
Maintenant,

on va pouvoir
mettre les gants.

Vous êtes bien
entraîneur,

on va pouvoir
mettre les gants.

Donc moi,
je regarde et tout.

Il y a un type qui
est un peu costaud.

On dit: Peut-être
pas tout de suite.

Parce qu'il a
les muscles qui

sont en relief.

On dit: Peut-être
pas tout de suite.

Et puis je
vois un autre.

J'ai un autre type
qui arrive,

très sympa, mais il
boite un peu.

Il boite parce qu'il
a une jambe plus

petite que l'autre.

Je me dis:
Pourquoi pas ?

Il a l'air bien.

Il vient vers moi,
gentiment,

il me dit: Est-ce
qu'on met

les gants ?
Je lui dis: Oui.

Je ne vais pas
lui refuser ça.

Il me dit: Vas-y,
une chimie truc.

Et je me suis
pas truc.

Je me dis: Il va
prendre

une dérouillée,
il ne va rien

comprendre.

C'est un peu
méchant, mais en

fait, ce qu'on a.

Donc, je monte
sur le ring avec lui

et c'est parti.

Le gong sonne,
je vois qu'il boite,

enfin, qu'il truc,
et au moins,

il reste au
milieu du ring.

Et là, je prends
une tannée.

Une tannée, premier,
je me dis: Qu'est-ce

qui se passe ?

Le truc, la machine
à l'oreiller,

donc je reviens.

Les yeux
qui pleurent,

le nez qui truc.

Je me dis: Qu'est-ce
que c'est ?

Deuxième, troisième,
parce qu'on faisait

trois rounds.

Juste, à un moment
donné, c'est pour ça

qu'on dit: Il ne
faut jamais

sous-estimer.

C'est que ce type,
ça faisait plus

de six ans qu'il
faisait de la boxe

et moi, j'étais sans
la première année.

Donc, malgré son
infirmité, il avait

cette de vitesse.

Il y avait l'œil,
tout ce que je

n'avais pas.

Donc, en fin
de compte,

un peu d'immunité,
ça m'a appris aussi

à respecter l'autre
et à ne pas

sous-estimer.

C'est la raison
pour laquelle tu

disais que ce n'est
pas le fameux combat

qui t'a permis
d'obtenir le premier

titre de champion
du monde qui a été

le plus difficile
pour toi, mais ce

sont peut-être ces
premiers pas

sur le ring qui ont
été les plus

compliqués pour toi.
Oui, c'est vrai.

C'est cette
approche,

c'est comment on
aborde ça,

c'est la psychologie
qu'on a,

c'est le respect
aussi de l'autre.

Comment on arrive,
si on arrive

en conquérant
en disant: De toute

façon, c'est facile.

Non, ce n'est
pas vrai.

Rien n'est facile.

Il n'y a que le
travail qui paye.

Tout dépend comment
on a travaillé,

comment c'est donné,
toutes les litres

et que de sueur
qu'on a dépensé.

Mais surtout de ne
pas se dire que pour

moi, jamais je
me suis sacrifié.

Il n'y a pas
de sacrifice.

On aime quelque
chose, on se donne

juste le moyen
de le faire.

Je pense
que le travail bien

accompli, on se dit:
J'ai tout fait,

même si j'ai perdu,
mais j'ai tout

donné, donc il a été
meilleur que moi.

Donc, ou je
travaille plus

ou j'arrête.

Ou je travaille
plus ou j'arrête.

Quand vous écoutez
l'histoire et quand

on décortique
la psychologie

incroyable de ce
champion du monde,

on comprend tout
à fait pour quelles

raisons, notamment,
il a réussi.

Et ce que Jean-Marc
a fait,

c'est que
finalement,

il a repensé,
comme on le dit

en psychologie
sociale,

la causalité.

Il a repensé toutes
ces causalités.

Nous vivons dans une
bulle

informationnelle
et le principe

du cerveau,
c'est que le cerveau

fonctionne
sur un principe

de rapidité.

Ça va vite
pour le cerveau.

Et c'est ce
qui consomme

le moins d'énergie
pour lui.

La réflexion
consomme

de l'énergie.

Et ce que Jean-Marc
a fait, c'est qu'il

a pris le contrepied
de la plupart

des gens.

Et qu'est-ce
qu'il a fait ?

Il n'a pas pris
la première

causalité qui lui
venait en tête

lorsqu'il a été
contreperformant,

lorsqu'il a échoué,
lorsqu'il a

perdu un match.

La plupart des gens
vont se dire: Je

n'ai pas réussi
pour les étudier

en mon examen parce
que j'avais

un prof sadique.

Ce n'est pas:
J'ai raté mon examen

parce que je n'ai
pas assez travaillé.

En revanche,
dans les succès, les

gens font l'inverse.

Ils vont dire: J'ai
réussi mon examen

parce que je suis
exceptionnel.

Et les professeurs
vont dire pareil:

J'ai eu de très bons
résultats cette

année dans ma classe
parce que j'ai

été bon prof.

Donc, vous voyez,
en général,

on impute aux autres
nos échecs

et c'est uniquement
grâce à nous si on a

réussi
et l'environnement

n'y est pour rien.

Jean-marc,
il est exactement

en prenant
le contrepied

de tout ça.

Il a revu ses
causalités

et il a mis le doigt
sur ce qui

faisait mal.
Il a a corrigé cela.

Et ensuite,
en travaillant ses

points de vigilance,
sans faufouillant,

sans fuir,
il a progressé.

Ça, c'est un trait
de particularité

de psychologie
chez les grands

champions du monde.

Et là, on a un
magnifique exemple.

J'y vois deux
messages.

Le premier message,
c'est que

finalement,
on a besoin de créer

de nouvelles
connexions

neuronales.

Pour toutes
nouvelles choses,

c'est le début
qui est le plus

difficile.

Ce sont les premiers
tours de pédales

en bicyclette
qui sont les plus

compliqués.

Et tu es d'accord
avec ça ?

Bien sûr.

Et le deuxième
message, c'est qu'on

a tous
commencé petit.

Parce que tu es
un géant de la boxe,

d'une humilité
juste incroyable.

Et j'essaie de te
poser des questions

très précises parce
que tu es une mine

d'informations
sur le dépassement

de soi et sa
connaissance

de l'être humain,
de sa biologie,

mais pas uniquement
la biologie,

la psychologie.

Donc, j'en arrive
à cette question:

à ton avis,
de quelle façon

aujourd'hui,
on peut devenir

champion du monde
ou six fois

champion du monde ?

Je pense qu'il ne
faut pas se mentir.

Qu'est-ce que tu
veux dire ?

Il faut savoir ce
qu'on veut

faire vraiment.

Et pas pour le faire
parce que le pote

le fait,
le copain le fait,

ou on veut être
dans un

environnement et on
se dit: On va être

avec tout le monde.

Ce n'est pas vrai,
on n'y arrivera pas.

Je pense
que réellement,

si on sait ce qu'on
veut faire,

on va se donner les
moyens de le faire.

Février 2002.

Là, c'est un
sacré moment.

Il y a Virgil qui
est en face de toi.

Qu'est-ce
qui s'est passé ?

Tu étais
super inspiré,

tu connaissais
parfaitement

le gars,
t'étais

en confiance, tu
t'étais surentraîné.

Qu'est-ce qui
s'est passé ?

Pour celles et ceux
qui ne connaissent

pas ce match,
tu l'as mis KO.

Je pense que j'ai
bien, bien

travaillé.

J'ai bien travaillé.

Je me suis bien
entouré parce que ce

qui est important
aussi, c'est de se

se faire s'entourer
comme il faut avec

des gens aussi
motivés que vous,

qui vont vous donner
bon conseil et pas

juste se contenter
de vous dire...

D'être coaché,
c'était important

pour toi.

C'est important
de choisir

les bonnes
personnes,

bien encadrées et ne
pas se dire: On va y

aller pour y aller,
on y va pour gagner.

Parce que le coach
Le coach ne boxe

pas mieux que toi.

Qu'est-ce
qui t'apporte,

le coach ?

Le travail,
tout le travail.

Cette complicité.

Les heures
et des heures qu'on

va passer dans
cette salle.

Tous ces
épuisements.

Mais en même temps,
à chaque fois,

il y aura encore
de l'énergie parce

que tant qu'il ne
dit pas, on arrête,

on n'arrête pas.

C'est une autre
victoire,

mais il y a
une autre

configuration qui te
demande

de travailler
plus ton mental.

C'est parce que là,
on est devant

un public qui est
largement hostile.

On est aux
États-Unis.

Oui.

Après, c'est tout
un environnement.

C'est aussi que moi,
je décide de quitter

la France,
je décide de quitter

mes promoteurs,
je suis boycotté,

on pense que je vais
perdre devant

l'Alexandge.

Il est grand,
un Ukrainien, un 90,

c'est un gaucher,
il frappe comme une

mule, on me voit me
faire KO,

me mettre KO.

Je suis devant
un public, en plus,

on a le président
à l'époque qui est

le président
de Chirac,

qui ne veut pas
faire la guerre.

Donc forcément,
qui ne veut pas

aller en Irak
par rapport

à cette guerre.

Et donc un public
hostile.

Les Français,
c'est bullshit,

les ceci, les cela.

Il y a plein
de choses qui sont

contre moi.

Mais je pense qu'on
peut, en écoutant,

en regardant,
et ça nous permet

de réfléchir,
et je pense qu'on

peut retourner
les choses.

Et ce que je fais,
moi, je me fais

une tenue militaire.

Tu veux dire quoi ?

Pour arriver
jusqu'au- Parce qu'à

l'époque,
le président

de qui dit: Nous,
on ne fait pas

la guerre contre sa
belle amie Saïne.

Donc, je vois qu'on
jette tout ce

qui est français,
n'est pas bon, etc.

Là, aux États-Unis,
ça se passe mal

pour les Français.

Et moi,
ce que je fais,

je fais une tenue
militaire.

Et là, il titre: Le
seul Français qui va

faire la guerre
est-ce qui

va gagner.

C'est pour ça que je
faisais cette

tenue militaire.

Donc, tu n'es pas
du tout isolé dans

une petite bulle ?

Tu es resté
perméable

à l'actualité ?
J'ai vu le truc.

À un moment,
il faut

le contourner,
il faut le tourner,

parce que sinon,
on le subit.

Tu as retourné
le public en ta

faveur à la fin ?

À la fin,
je fais une guerre,

mais je fais un truc
assez incroyable.

Je suis habillé
en militaire alors

que nous, on dit: On
ne va pas à la

guerre en Irak.

Et je fais
une guerre de fou et

puis je le mets KO.

Et le public,
ça m'intéresserait.

Le public,
à un moment...

C'était hostile
au début du match ?

Oui,
mais à un moment,

quand il voit que ça
tape et à la fin,

je suis revictorieux
parce que j'ai fait

une vraie guerre
sur ce ring,

forcément,
je suis plébiscité.

Et et puis on
commence

à parler de moi.

Et à ce moment-là,
Jean-Marc devient

de plus en plus
un porte-flambeau du

territoire français.

On dit:
Qu'est-ce qu'il va

faire derrière ?

Puisque je bats
Virgil Hill,

je bats d'Albron,
j'arrive

aux États-Unis,
je gagne.

En plus,
je suis à Las Vegas,

je suis à Las Vegas,
le Thomas Maseinter.

Et c'est
un des grands

combats où,
en fin de compte,

c'était
un des premiers

mi-lourd qui était
Roy Jones

à l'époque,
qui montait

en poids lourd.

Et donc,
je combattais

dans cette grande
réunion, donc il

y avait du monde.

Quand tu rentres
dans une salle

comme celle-ci,
on va parler un peu

des peurs,
de la psychologie.

Quand tu rentres
dans une salle

comme celle-ci,
sur une échelle de 0

à 10, 10 étance
et au maximum,

le trouillomètre, il
est à quel niveau ?

Pour moi,
il est au maxi.

Je suis parano,
il est au maxi.

Il y a ce truc quand
on est dans les

vestiaires,
au fin de compte,

au fur et à mesure,
il y a des combats

avant vous.

Et on entend.

On entend
le bruitage.

Et au fur
et à mesure que ça

vous approche
un peu,

c'est comme un peu
les gladiateurs

des temps modernes.

Sauf qu'en fait,
sinon, vous allez

rentrer
dans l'arène.

Et le fait
de rentrer

dans cette arène,
les gens, vous savez

très bien qu'ils
vous attendent.

Parce que c'est
le championnat

du monde,
parce que c'est

votre moment, c'est
le grand moment.

Et vous avez
deux voix.

Une petite voix
qui dit: Mais tu

n'es pas obligé d'y
aller, qui va

vous contracter.

Et l'autre dit: Mais
tu as tout fait,

il faut que tu
ailles et il faut

que tu saches.

Entre le traître
et le héros.

Voilà.
Et donc on est là.

Il y a cette peur.

Il y a ce truc
qui arrive

et à un moment
donné, vous savez

que ça va être
votre tour.

Parce qu'on va dire:
Allez, on commence

à se chauffer,
on commence

à frapper,
on commence

à transpirer,
on commence

à rentrer
dans le truc.

Et moi,
j'avais toujours ce

truc de Mc Tyson.

Quand Mc Tyson,
à un moment donné,

j'étais plus jeune,
il arrive devant son

coach et il doit
rencontrer un type

qui est beaucoup
plus grand,

un peu aussi large
que lui et il

en pleure.

Et que Zamato,
son coach,

je lui dis: C'est
un traître

ou un héros ?

Il lui dit:
Qu'est-ce que tu

veux être Il lui
dit: Comment ça ?

Il lui dit:
Qu'est-ce que tu

veux être ?

Un lâche
ou un héros ?

Il
lui dit: C'est

dans ce qu'ils font
qui font la

différence.

Le héros, il a aussi
peur que le lâche,

mais il va faire
un pas en avant.

Et là, il va avoir
tellement peur

qu'il reculer.

Donc, qu'est-ce
que tu veux être ?

Il dit un héros
et il avançait.

Donc moi,
j'ai toujours voulu

être un héros.

Et c'est ce qui me
permettait

à un moment
d'avancer,

parce qu'il faut
que je sache.

Avec tout ce
que j'ai fait,

il faut que je
sache si je gagne.

Faire preuve
de courage,

c'est avancer
malgré la peur.

C'est ce que tu es
en train

de nous dire.
Exactement.

C'est que tu ne
joues pas le super

héros, non.

Je suis devenu mon
propre héros,

finalement.

Tu es devenu ton
héros toi-même

et tu avais peur.

Je pense qu'on
a tous un double,

qui nous freine.

Et je pense que là,
à un moment donné,

Que ce soit pour une
conférence,

que ce soit un truc,
il faut le

combattre.

Il faut
le combattre,

justement,
pour ce qu'on veut.

Là,
tu dis

une conférence parce
que tu offres des

conférences aussi.

C'est vrai qu'on a
le track, des fois.

On se dit: Mais
qu'est-ce que je

vais pouvoir
leur dire ?

C'est marrant,
le trac de ne pas

aller en public
alors que tu t'es

pris des punches
comme ce n'est

pas possible.

Oui, mais ce n'est
pas pareil,

parce que la
différence de ça,

c'est que quand on
est sur le ring,

vous prenez
des coups

et forcément,
ça vous fait mal

et vous répondez.

Tandis que quand
vous êtes

sur un public,
vous vous exprimez.

Et la réaction
du public,

en fin de compte,
c'est ce qui fait...

Le feedback ?
Voilà, le feedback.

Si en fin de compte,
si tout le monde

reste comme ça
en train de vous

regarder
et sans réaction,

vous allez encore
plus avoir le trac

en disant: Je n'ai
pas dit les bonnes

choses, ils
réagissent pas.

Et là, vous
piscotez.

C'est la peur
de décevoir ?

Forcément.

Il y a toujours
peur de le savoir.

Quand on est,
il faut qu'il y

ait une accroche.
Oui.

Un boxeur au
grand cœur.

Là, on est en 2012.

Il y en a des dates,
pour le coup.

J'essaie de tout
remettre en place

dans ma tête.
2012.

Et là, comment
ça se passe ?

La 2012, pour moi,
c'est un vrai

bon moment.

C'est aussi
mon défi.

Je suis un homme
de défis, je suis

un homme de rêves.

Je dis toujours:
jeune ou moins

jeune, il faut vivre
ses rêves et pas

rêver sa vie.

Donc,
moi, je vis mes

rêves, j'essaie
de les réaliser.

Donc, à un moment
donné, je regarde

dans tout ce
qui s'est fait

dans le palmarès
français, je regarde

1921, Carpentier,
Georges Carpentier,

qui fait
Les Poids Lourds.

On était
tous pas nés.

83, Rodriguez.

Je dis: 2012,
ça sera moi.

Il faut être
sur le podium.

Je vais défier,
je vais monter.

Je suis celui qui va
monter en poids

lourd,
qui va travailler

pendant plus
d'un an.

Et qui change
de catégorie.

Et qui change
de catégorie

et qui est monté
pour défier le

champion de l'homme.

Mais est-ce que je
vais y arriver ?

C'était
Vladimir, là ?

Voilà,
les deux frères.

Donc, à un moment
donné, il faut

prendre du poids.

Il faut pouvoir
gagner des combats,

les vrais poids
lourds, pour changer

de catégorie
et rencontrer ces

gens pour y arriver.

Tout ça,
c'est un défi.

Et là,
c'est un chaos, mais

pas en ta faveur.

Oui, mais ça fait
partie de la vie.

Ce sont des choses
qui arrivent.

Au moins,
je suis arrivé,

je l'ai fait.

Ouais, pas
de regrets.

Je l'ai fait,
mais il ne peut

pas y en avoir.

Je veux dire qu'on
fait comme je l'ai

dit, on fait
un truc,

ce n'est pas
pour dire: Je

n'aurais pas dû
le faire,

j'ai regretté.

Je l'ai fait,
il a juste été

plus fort que moi.

Il est dans sa
catégorie, mais j'ai

fait mon défi.

On veut souvent
arrêter au top,

mais la plupart des
hommes et des femmes

qui nous entourent,
les leaders,

les entrepreneurs,
les sportifs,

les artistes,
les politiques,

veulent rarement
s'arrêter.

C'est vrai.

Parce qu'il y a une
sorte d'addiction.

D'addiction,
à un moment,

vous savez,
quand cette lumière,

elle est là aussi
sur vous,

les gens vous
acclament,

vous êtes aimés,
vous êtes adorés.

Vous n'avez pas
envie de quitter ça

parce qu'après,
l'inconnu fait

toujours peur.

On retourne
dans l'obscurité,

l'obscurité retombe,
il n'y a plus

de lumière
et qu'est-ce

qui va se passer ?

Donc forcément, moi,
je dis:

J'ai une chance
de faire

une demi-finale
mondiale.

Et là, si je gagne,
la demi-finale

mondiale, après,
je fais encore

un championnat
du monde.

Ça pose, ça casse.

Et si ça casse,
j'arrête.

C'est une façon
de dire.

On me dit: Non,
mais je que tu es

près du but
pour faire le 10ᵉ

championnat
du monde,

parce que vous avez
toujours aussi

les gens.

La lumière,
elle n'est pas

seulement pour vous.

C'est pour ça que je
dis qu'il faut être

bien encadré,
il faut être

bien entouré.

Parce qu'il y a
plein de gens

qui vous rendent
heureux, que vous

faites travailler.

Ils n'ont pas envie
que ça s'arrête

non plus.

Et là,
ils vous conseillent

dans l'autre sens.

Et je dis: OK, je
le fais quand même.

Je le fais, je perds
et je dis

que j'arrête.

Et la fin
de la carrière,

à quel moment elle
a été décidée ?

Ce dernier combat
pour les dixièmes

championnats
du monde,

si je ne le faisais
pas là,

j'allais encore
faire encore je ne

sais pas combien
de combats

pour le faire.
Non, on va arrêter.

Il faut laisser
la place aux plus

jeunes pour pouvoir
faire autre chose.

Quand on décide
d'arrêter,

on arrête et on
revient pas

comme tous ces gens
qui reviennent

parce qu'après,
tout ce qu'on a

fait, ça aurait
été gâché.

Il faut savoir
s'arrêter.

Souvent, lorsqu'on a
une carrière

comme celle
dans plein

de domaines,
pas uniquement

le sport,
mais on vit

par procuration
vis-à-vis de cette

image que l'on
représente et on

s'oublie soi-même,
l'homme ou la femme

que l'on est.

À quel moment, toi,
tu nous l'as dit,

cette carrière
apporte énormément

sa grise.

À quel moment tu
t'es dit:

Maintenant,
il faut que je

retrouve
une nouvelle vie et

que je revienne à ma
personnalité,

pas forcément celle
que tout le monde

connaissait,
celle du boxeur ?

Comment on
rebondit ?

Comment, finalement,
on se reconstruit ?

En le préparant.

Moi, je l'avais déjà
plus ou moins

préparé.

Quand je suis
revenu,

je commençais
à organiser mes

propres combats.

Je suis venu,
j'avais négocié avec

la télé,
j'avais commencé

à réorganiser
les combats pour mon

retour
à Paris Et ça

s'était bien passé,
je remplissais

les salles.

Comme j'étais
organisateur de mes

propres combats,
ce qui me

permettait,
en fin de compte,

quelque part,
déjà de rebondir,

d'être organisateur
de mes propres

salles et faire
pour les autres.

La reconversion
était déjà plus

ou moins comme ça va
être faite, parce

que je remplissais.

Quand vous vous
organisez,

vous faites
des cocktails

dînatoires,
vous rencontrez

plein de gens.

Les sociétés,
ils viennent,

ils invitent leur
invité, il faut

leur donner.

Et puis on connaît
des gens,

des patrons, etc.
Et ça aide.

Donc là, tu
as fait une sorte

de transfert
du sportif

à l'entrepreneur ?
Oui.

Donc là,
tu as appris tout

seul, le marketing,
la vente,

les débitbillés ?

Bien entouré.

Moi, ce que je
faisais,

c'est que je vais
avec les télés,

je vais marcher,
je négocie

les télés,
les prêts, etc.

J'étais aidé aussi
par des gens parce

que j'avais un vrai
environnement autour

de moi, et ce qui me
permettait après

de pouvoir
m'entraîner une fois

que ça a été fait
et puis de pouvoir

convaincre.

Donc là,
tu avais une équipe,

des employés ?

Oui, j'avais
une équipe.

Vous étiez combien ?

Après, il y avait
des gens pour...

On faisait
avec les...

Comment dire ?

Pour la FNAC, etc,
pour les billets.

Après, on avait tout
un staff où on

sous-traitait,
qui travaillaient,

qui ont payé.
C'était très bien.

Et puis c'était
très bien émerdé.

Et finalement...

Pas finalement,
parce que l'aventure

continue,
Tu consacres aussi,

ou même au moment
où on parle en ce

moment,
de ton temps,

ton cœur et ton
énergie pour des

jeunes de
banlieue aussi.

Oui, mais après,
c'est aussi des...

Je sors de cette
banlieue.

C'est la roue
qui tourne ?

Oui, c'est à un
moment donné.

Il faut dire aussi
que Il faut dire

à ces jeunes
que c'est possible.

Les choses
sont possibles.

Qu'on se donne
les moyens,

comme je l'ai dit,
avec le travail

qui paye.

Moi, je sors
de cette banlieue,

alors j'ai fait
de la banlieue

de Bobigny
à Las Vegas et de la

Vegas au ministère.

C'est-à-dire que Si
on prépare

les choses,
si on se donne

les moyens,
on peut y arriver.

Jean-marc,
pour terminer ce

face à face,
quelle est ta

définition, toi,
devant la caméra,

de vivre une
vie à 110% ?

Pour moi,
la définition,

c'est,
comme je le dis

souvent,
il faut vivre ses

rêves et pas
rêver sa vie.

Je n'ai pas
rêvé ma vie.

J'ai vécu mes rêves.

Je me donne
les moyens

pour vivre mes
rêves, pour ne pas

avoir de regrets.

Si on dit:
Il y a un truc,

il ne faut jamais
remettre les

choses à demain.

On se dit: On
va faire demain.

Demain, on ne
le fera pas.

Il faut le faire
maintenant.

Quand on a l'envie,
quand on a

la motivation,
il faut se jeter

à l'eau et il
faut y aller.

Là, on était
en face à face.

Maintenant,
on va passer au dos

à dos coaching,
Jean-Marc.

Jean-marc,
après le face

à face, le dos
à dos coaching.

Sur une échelle de 0
à 10, 10 étant

le maximum,
quel est ton niveau

de bonheur
et d'accomplissement

aujourd'hui ?

Je dirais 10.

Pour quelles
raisons ?

Parce que j'ai
fait tout ce

que j'avais eu envie
de faire et que j'ai

perdu ou j'ai gagné.

Maintenant, je
sais où j'en suis.

Même principe
sur l'échelle

de la qualité
de l'humain que tu

es, de l'utilité
aux autres.

Sur une échelle de 0
à 10, quel être

humain es-tu, leader
pour les autres ?

En tout cas, moi,
je dirais, j'espère

au moins sept.

Parce que sept,
on dit que c'est

un chiffre peur
de bonheur.

Donc, D'accord.

À part le côté
porte-bonheur, sept,

pour quelles
raisons ?

Sept, pour quelles
raisons ?

Parce que je pense
qu'on ne fait

jamais tout bien.

Alors,
je dirais sept parce

que sept,
j'ai fait mon

maximum et sept,
c'est un bon

chiffre.

Qu'est-ce qu'il
faudrait que tu

fasses les douze
prochains mois

pour être à 10 ?

Peut-être
qu'on me donne

les moyens
de réaliser encore

plus de choses
dans le travail

que je fais
actuellement.

C'est-à-dire que là,
je suis

sur les quartiers
populaires,

que j'arrive
à réaliser encore

plus de choses
que quand je rentre

chez moi, je me sens
bien parce que j'ai

aidé les gens qui
en avaient besoin.

Un exercice un peu
plus compliqué.

Imagine que tu as
10 ans, Jean-Marc.

Tu as 10 ans,
tu es âgé de 10 ans

et avec phénomène
magique, tu arrives

à revenir à l'âge
de 10 ans

et c'est le gars
de 50 ans qui parle

au gamin de 10 ans.

Si tu devais
prononcer quelques

mots, tu lui dirais
quoi au petit

Jean-Marc à 10 ans,
Guadeloupe ?

Comme je l'ai dit,
moi, je ne suis pas

un bon conseilleur.

Je n'aime pas donner
de conseil parce

que j'ai
l'impression

que tout de suite,
c'est comme si

j'avais tout vécu,
j'avais tout fait.

Aujourd'hui,
je suis un sage,

mais je lui
raconterai

une histoire.

Là, tu es en face
de Jean-Marc,

il a 10 ans.

Qu'est-ce que tu lui
dis pendant une

à deux minutes ?
Parle-lui.

Je lui raconterai
l'histoire du vieux

sage qui avait
voyagé dans le

monde entier.

Le fait d'avoir
voyagé,

il était rentré
chez lui et les gens

venaient le voir
et lui posaient

toujours
des questions.

Il répondait avec
une telle justesse,

il s'était devenu
un omniscient.

Il était toujours
juste et sage

dans ses réponses.

Les gens venaient
de France

et de Navarre
à un moment donné

pour le défier.

Il y a un jeune
garçon qui était là,

qui l'écoutait et a
dit: Je sais comment

le faire mentir.

Il a pris un oiseau,
il l'a mis

dans ses mains.

Et il lui a dit,
il a posé à ce vieux

sage: Est-ce que cet
oiseau, il est mort

ou il est vivant ?

En pensant: S'il me
dit: Il est mort,

j'ouvre ma main,
l'oiseau s'envole.

S'il me dit: Il est
vivant, Je l'écrase

et je le tue.

En posant cette
question devant tout

le village à ce
vieux sage,

en lui disant:
Est-ce que cet

oiseau, il est mort,
il est vivant,

le vieux sage
répond: La solution,

elle est
dans ta main.

Donc, je lui dirais
ça, pour lui dire

qu'on a tous
les solutions,

les Les
institutions,

c'est nous
qui les avons

et pas les autres.

Le sport,
l'entrepreneuriat

et enfin
la politique,

c'est quoi le point
en commun ?

C'est la réflexion,
c'est l'énergie

qu'on met
pour pouvoir

les mener à bien
et à réaliser

les choses et le
faire sincèrement.

Parce qu'en fin
de compte,

dans tout ça,
ce qui compte

pour nous,
c'est de réussir,

c'est de faire
les choses bien.

Tu fais aujourd'hui
de la politique,

est-ce que tu n'as
jamais eu peur

de te perdre ?

C'est quoi se
perdre ?

Est-ce qu'on sait
qu'on s'y

espère ou pas ?

Pour moi, non.

Me perdre, c'est...

Je pense que quand
on est équilibré,

je le dis bien,
qu'on est équilibré,

on sait ce qu'on
veut, on sait

où on veut aller.

Alors,
on sait forcément ce

qu'on est prêt
à faire et ce qu'on

n'est pas
prêt à faire.

Donc, c'est ça
l'équilibre.

C'est de savoir
dire oui ou non.

Quelles sont
les limites

de la politique
aujourd'hui

que tu connais
de l'intérieur

maintenant ?

Les limites
de la politique.

Je ne sais pas s'il
y a de limites.

Tout dépend.

Chacun trouve sa
limite dans ce

qu'il fait.

Moi, en tout cas,
c'est de ne pas

faire des choses
que je n'aimerais

pas faire et ensuite
le regretter.

Jusqu'à présent,
je me tiens à ce

que je sais faire
et ce que j'ai

envie de faire.

Jean-marc, ton
plus grand regret ?

Est-ce que j'en ai ?

On en a forcément.

Mon plus grand
regret, je dirais,

c'est d'être venu
en métropole,

mais en même temps,
j'étais obligé.

Et si je n'étais pas
venu, je n'aurais

pas réalisé ça.

Donc,
c'est un regret

qui n'est plus
un regret.

De ne pas avoir pu
grandir aux côtés de

ta mère, notamment ?

Oui, mais c'est
un regret qui n'est

plus un regret
puisque j'ai

fait autre chose.

J'ai pu me renforcer
de ça et arriver

à ce que j'ai
fait aujourd'hui.

C'est pour ça que je
dis que ça a été

un regret du départ,
mais on a

une réalisation
par la suite.

Donc c'est bien.

Ta plus grande
fierté ?

C'est d'avoir cette
Légion d'honneur.

C'est une certaine
reconnaissance.

Et c'est de dire que
J'étais au bout

de ce que je
pouvais faire.

Ta plus grande
réussite ?

Être devenu champion
du monde

à six reprises.

Ce que tu détestes
le plus

aujourd'hui ?

Ce que je déteste
le plus,

c'est la méchanceté
des autres,

l'injustice.

C'est ce qui
me révolte.

Et ce que tu
crains le plus ?

Ce que je
crains le plus ?

Je sais pas.

Sincèrement,
je sais pas si je

crains
quelque chose.

Peut-être.

Oui, Je dirais
quand même la mort

de ceux qu'on aime
avant nous,

parce qu'on ne
les verra plus et on

ne sait pas
où ils vont.

Donc forcément,
quand ils partent,

ça laisse un grand
vide et ça fait mal.

Et puisqu'on parle
du grand départ

et de la mort,
qui aimerais-tu

avoir à ton
enterrement ?

Qui devrait prendre
la parole

lors de la grande
cérémonie pour

le grand départ ?

Ceux qui sont
capables et qui,

avec sincérité,
pour parler de moi.

Il n'y a pas
une personne

en particulier.

Je dis que
j'ai fait les choses

bien, moins bien.

Et maintenant,
parce que prendre

la parole,
ce n'est pas facile

et je le sais.

Donc, ceux qui se
sentent prendre

la parole et dire
des choses avec

sincérité de moi.
Ça me suffira.

Si on finissait ces
trois phrases: Pour

toi, la vie,
c'est...

Ce n'est pas un long
fleuve tranquille.

C'est le parcours
du combattant,

mais
c'est une en sorte

de Koh-Lanta,
mais qu'est-ce

que c'est bon en fin
de compte quand

on y arrive.

Donc, pour moi,
c'est ça.

C'est les
difficultés

à surmonter.

C'est plein
de choses,

mais en fin
de compte,

quand on y arrive,
on est content.

Et je pense
qu'il faut ça.

Les gens sont gentil
ou pas des fois.

Et enfin, je suis ?

Je suis moi.

Avec mes
défauts et mes

qualités,
mais je suis moi,

sincère comme dans
ma sincérité,

dans ce que je
fais en tout cas.

Jean-marc,
tu me parlais

de la difficulté
de parler en public

avec le
versus du Ring.

Je voulais te dire
que tu es très

inspirant pour nous.

Merci mille fois,
Jean-Marc.

Merci en tout cas
à toi d'avoir pris

le temps
et de m'avoir

choisi vraiment.
C'était sympa.

À bientôt.

J'espère que vous
avez autant aimé

que nous cette vidéo
pour retirer

peut-être quelques
informations

des stratégies,
des idées

implémentées
dans votre vie

personnelle comme
professionnelle.

D'ailleurs,
laissez-moi

un commentaire.

J'adore vous lire
pour savoir comment

mieux vous aider,
vous accompagner.

Quel est le contenu
que je dois poster

chaque semaine
encore pour répondre

à vos attentes
et aussi pour mieux

comprendre dans quel
défi de croissance

vous êtes
en ce moment.

Vous savez,
à l'époque,

on pouvait se former
une fois tous

les deux ans,
ça allait très bien.

Une fois par an,
parfait.

Mais aujourd'hui,
le monde a tellement

changé
que tous les six

mois, tous les 30
jours, il se passe

un événement.

Et je ne vous parle
même pas des réseaux

sociaux ou rien que,
et si vous êtes

entrepreneur,
vous le savez,

les funnels
de vente,

programmation
des publicités,

le targeting
des clients.

Mais c'est tout a
changé complètement.

Et dans sa
vie privée ?

Mais
le bouleversement

total.

Combien d'employés
quittent leur

travail par millier,
par millier,

par millier,
chaque jour,

parce que leur job
ne fait plus

aucun sens.

Combien d'entre eux
envisagent

une réorientation
ou une reconversion

sans savoir
exactement comment

s'y prendre ?

C'est la catastrophe
en ce moment,

le nombre de gens
qui improvisent.

La plupart des gens
s'engagent

dans un nouveau
voyage où souvent,

ils en ont tellement
ras-le-bol, ils

claquent la porte.

Le problème,
c'est qu'ils n'ont

pas de méthode pour
prendre du recul.

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