Les Rencontres inspirantes de Franck Nicolas.
Nous avons tous en nous des dons et des talents uniques.
Les grandes réussites de tous les domaines qui nous entourent ont su mieux que quiconque les découvrir et les exploiter pour vivre leur vie à 110%. Et si vous pouviez en être inspiré et reproduire ce même chemin ? Franck entre dans la "tête" de ces leaders incroyables pour vous livrer leur recette du succès.
Nous vous dévoilons des talents "UNIK" pour réussir à votre tour.
Je me suis amusé,
j'ai été heureux.
Si en plus,
j'ai été utile,
j'aurais servi
un petit peu
à quelque chose
sur cette planète.
C'est ton
engagement.
Je te trouve
super courageux.
Inspirer
positivement
la société, moi,
c'est un de mes
chevaux de bataille.
Christophe
Beaugrand,
journaliste,
animateur radio
et visage star
de la télévision,
est aussi et surtout
un papa engagé.
Moi, à l'époque
où j'ai découvert
mon homosexualité,
je me disais: Je ne
sais pas si ma
famille ne va pas me
rejeter et ne plus
vouloir me
parler, etc.
Il y avait ces
angoisses-là
qui sont très
difficiles à vivre
quand on est gamin.
D'où vient cette
force de cœur
que tu as ?
Je ne veux pas qu'un
jeune,
en se découvrant
homo, se dise: On ne
va pas vouloir de
moi dans la société.
Parce que ce n'est
pas vrai,
ce n'est plus
vrai aujourd'hui.
Je lis des trucs
qui m'ont donné
envie de vomir
sur les réseaux
sociaux et de gens
qui ont dit: Vous
avez arraché un bébé
des entrailles d'une
femme qui vous l'a
donné, qui vous
l'a vendu.
Je leur dis: Mais
pauvre conne.
C'est tellement à 10
millions
de kilomètres de ce
qu'on a vécu
et c'était tellement
irrespectueux,
Isalys,
mon petit garçon,
d'oser salir
son histoire.
C'est quoi un super
papa pour toi ?
Le papa qui élève
un enfant n'est pas
le géniteur,
mais on fait croire
dans la famille
que c'est celui...
Mais ça n'a
pas de sens.
Le papa, c'est
celui qui aime.
Est-ce qu'il y a eu
de la peur
là-dedans ?
À partir du mariage
avec mon mari,
on a communiqué
ensemble parce qu'on
voulait inspirer
un peu cette
génération
en disant: Vous
voyez, on peut
trouver sa place.
Valentin, ça va être
aussi un
ambassadeur.
Il va contribuer
à faire avancer
les mentalités,
que lui, il va faire
bouger les choses
et on va continuer
à faire bouger
la société comme ça.
Soyez
déraisonnables.
Ayez l'audace
de choisir vos
valeurs pour faire
de vous un grand
leader pour un
monde meilleur.
Bonjour,
c'est
Christophe Beaugrand
et j'ai le plaisir
d'être avec
Franck Nicolas.
Bonjour Christophe.
Bonjour Franck.
Bienvenue.
Merci de
m'accueillir.
Merci mille fois.
Christophe,
tu fais partie
du paysage
audiovisuel
français, majeur,
on peut le dire,
depuis 20 ans.
Oui, ça ne me
rajeunit pas,
mais je m'installe
doucement,
mais sûrement.
Ton histoire m'a
marqué, m'a touché.
Ce n'est pas juste
l'histoire d'un
homme qu'on voit
souvent
à la télévision,
l'homme qui fait
vivre l'âme.
Je trouve que dans
le mot animé, il y
a faire vivre l'âme.
Oui, c'est ça.
Les racines du mot,
c'est ça.
C'est donner
de l'âme.
Qu'est-ce qui te
passionne dans ce
métier tous
les jours ?
20 ans ?
C'est une passion
que j'avais quand
j'étais gamin.
J'ai été fasciné
par la télévision
et la radio quand
j'étais petit et je
Je me suis dit: Je
veux faire ça,
absolument.
Et à aucun moment
dans ma vie
de jeune,
d'adolescent,
puis après,
quand j'ai commencé
à faire des études,
etc, je n'ai jamais
pensé à un plan B.
Il n'était pas
possible
et concevable
pour moi de faire
autre chose.
Donc heureusement,
j'arrive à J'ai
réussi à trouver ma
place et à en vivre
parce que sinon,
je ne sais pas ce
que j'aurais fait.
Je ne sais pas.
Quand on a
la chance,
honnêtement,
de faire le métier
qu'on rêvait
de faire quand on
était gamin,
je n'ai pas
l'impression
de bosser.
Moi, j'ai le réveil
le matin,
tôt parfois
le week-end parce
que je présente
tôt sur LCI.
J'ai le réveil
à 3h30 tous
les samedis,
tous les dimanches.
Ça pique un peu,
certes,
mais je suis
tellement heureux
de faire ce
que j'aime,
de faire ce que je
rêvais de faire,
que c'est une
vraie passion.
Et depuis quand il
n'y a plus
de plan B ?
Il n'y a jamais eu.
Il n'y a jamais
eu de plan B.
Là, c'est trop tard,
je C'est trop tard
pour un plan B.
On verra bien.
Tout dépend.
Ça dépend de ce que
veulent mes
employeurs,
mais à priori,
le public est
toujours là,
donc j'espère ne pas
avoir besoin
de plan B.
J'ai essayé
de tisser un lien
avec le public
au fur et à mesure
de ces années,
au-delà de mon
travail aussi,
en parlant de moi,
en parlant de qui je
suis, en essayant
d'avoir des combats,
en essayant
de développer
des discours avec
des valeurs,
ce genre de choses.
Je pense que quand
on crée un lien
aussi fort avec
le public,
j'espère en tout cas
que que les gens,
vous arrivez
à trouver une petite
place dans
leur cœur.
Aujourd'hui,
je n'ai pas vraiment
envie de parler
à l'animateur télé,
on est d'accord ?
Ne lui parlons pas.
Ne lui parlons
pas à celui-là.
À partir de quel
âge, il y a eu cette
petite graine
dont tu me parlais,
là, ce petit
feu sacrilège ?
Moi, le souvenir
que j'ai, j'étais
en maternelle.
Je devais avoir
quatre ou cinq ans.
C'est si loin
que ça ?
Oui, parce que quand
j'étais petit,
mon papa a été muté
dans une ville
qui s'appelle Nancy,
dans l'Est
de la France.
Notre classe a été
invitée à l'émission
de télé locale
de de France 3,
Lorène
Champagne-Ardennes,
et je me suis
retrouvé à voir
les coulisses.
Là, j'ai vu
les caméras
qui étaient énormes
à l'époque,
puisque ça devait
être en 80,
quelque chose
comme ça, 80,
82 peut-être.
Il y avait la carte
météo avec
les soleils qu'on
collait encore avec
des aimantes,
il y avait
les soleils,
les nuages, etc.
Je voyais ce qui se
passait de l'autre
côté de l'écran et
je me suis dit...
J'en ai un
souvenir encore.
C'est marrant,
j'étais vraiment
petit, mais j'en ai
un souvenir
très net.
Et là, je me dit:
C'est ça que je
veux faire.
Qui était Christophe
à l'âge de 10 ans ?
Un petit garçon
qui ressemblait
à une petite
fille et qui...
Tu trouves ?
Oui, un petit peu.
Souvent, on disait:
Bonjour ma
petite fille.
Je dis: Non,
je suis un garçon.
Ma mère m'a mis
la coupe au bol.
On dirait
un peu Stone.
Pourquoi tu dis ça ?
J'avais la
même coupe.
Tu ressemblais
à une gonzesse.
Non,
parce que c'était
la mode à l'époque.
C'est Stone
Echardin, un peu.
Je sais pas si tu
vois qui c'est.
C'est ma mère
qui coupait mes
propres cheveux,
d'ailleurs.
Oui, moi aussi,
c'est ma maman.
On voit la...
Mais c'est
bien réussi.
La frange
était nette.
Donc, ça veut dire
qu'on disait quel
est le prénom de
cette petite fille ?
Oui, c'est ça.
Ça, c'est ta qui te
l'a dit,
parce que tu t'en
souviens pas.
Et là, je râlais
un petit peu.
Oui, c'est ce qu'on
m'a raconté après.
Mais j'étais
un petit garçon très
gentil, un peu
pénible, je crois.
Introverti,
extraverti ?
Plutôt extraverti,
plutôt bruyant.
Je n'aimais
pas la sieste.
Quelle était la
relation avec papa ?
C'est quelqu'un
qui était très
important pour moi.
Il y avait vraiment
le côté patriarche
avec la barbe,
il est très grand,
1,90 mètre,
il
me l'impressionnait
beaucoup quand
j'étais petit.
Il y a vraiment
à la fois
l'autorité,
l'affection
et en même temps,
quelque chose...
C'était un taiseux,
mon papa.
Qu'est-ce que tu
veux dire ?
Moi, je parlais
beaucoup, lui,
il parlait
beaucoup moins.
Donc c'est
quelqu'un-Cérébral ?
Oui, c'était
une espèce de...
Un peu la figure
tutelaire comme ça,
le rock de
la famille.
Mais il n'était pas
très, très bavard,
pas toujours
très expansif.
Et je pense
que c'est pour ça
qu'aujourd'hui,
j'essaie de faire
un peu l'inverse
avec mon petit
garçon,
parce que je pense
que j'en ai un peu
souffert de...
Mon père ne m'a pas
très souvent
dit: Je t'aime.
Je savais qu'il
m'aimait,
mais il n'exprimait
pas beaucoup
tout ça.
Et je pense
que c'est important
de le dire parfois.
Et à qui tu voulais
le plus plaire ?
C'était papa
ou maman,
finalement,
à l'époque,
c'était plus papa ?
Les deux.
Si vraiment on veut
plaire aux deux,
si on aime les deux,
vraiment le plus
le maximum.
Celui dont tu
voulais un peu
de reconnaissance,
c'était qui ?
Peut-être mon père,
parce que ma mère,
j'aurais pu faire
n'importe quoi,
elle était fière,
de toute façon.
Il est beau
ce dessin.
Oui, c'est ça.
Mais parfois,
elle me dit même
que certaines
émissions étaient
super alors qu'elles
ne sont pas toujours
très réussies.
Elle continue
d'être comme ça.
Mais c'est vrai
que quand on est
un petit garçon,
on veut généralement
que nos parents
soient fiers de nous
et on a besoin
de cette
reconnaissance.
C'est pour ça
que quand on n'est
peut-être pas
forcément le petit
garçon idéal,
en tout cas pas
celui qu'on pourrait
s'imaginer,
on a peur de
déranger un peu.
On a peur d'être
l'ombre au tableau.
Quel est le plus
beau des cadeaux
légués par ton père
dans cette relation
à la fois...
Je t'aime,
moi non plus.
Je Je pense
des valeurs très
fortes de fiabilité,
d'honnêteté,
de droiture.
Je crois que c'est
la personne la plus
honnête que j'ai
jamais pu rencontrer
dans ma vie.
Et effectivement,
il m'a légué ça.
Je pense
qu'aujourd'hui,
je suis quelqu'un
qui a beaucoup
de valeurs,
pour qui
l'affection,
l'affect,
la parole donnée est
quelque chose
de très important.
Et je pense
que c'est en grande
partie lui qui m'a
transmis ces
valeurs-là.
Quelle est
la blessure qu'il y
a eu entre papa
et toi ?
Parce que maman,
on a compris.
Entre papa et toi,
la blessure
qui aujourd'hui est
un vrai cadeau
pour ne plus être
dans cet axe-là
ou peut-être
dans un contrepied.
Je ne dirais pas
qu'il n'y a pas
de blessure.
Il y a peut-être eu
un petit manque,
en fait.
Un manque de...
On ne s'est
peut-être pas
suffisamment parlé.
Il est mort quand
j'étais jeune,
j'avais il a quatre
ans, il est mort
d'un cancer et c'est
vrai qu'il m'a
dit: Je t'aime.
On a pu se
parler avant qu'il
s'en aille, mais
c'était un peu tard.
Je me rends compte
que je suis passé
à côté de pas
mal de choses.
Je repense beaucoup
aujourd'hui à...
Il y Il y a plein
de moments de vie
que j'ai aujourd'hui
où je me dis:
S'il était encore
là, il y a plein
de trucs qu'on
ferait qui seraient
formidables.
Je pense qu'il
s'entendrait très
bien avec mon mari
Ghislain,
parce qu'il se
ressemble beaucoup
sur plein de points.
Tu sais,
ce que j'essaie
de comprendre en ce
moment avec toi,
c'est d'où vient
cette force de
cœur que tu as.
C'est ça que je suis
en train de faire
en ce moment.
Parce que souvent,
on est très mal
placé pour savoir ce
qu'on le renvoie
aux autres déjà
comme effet,
est-ce qu'on le
redonne aux autres ?
Et tu donnes
énormément.
Tu donnes énormément
aux autres et on
le voit dans tes
émissions aussi.
Donc, on essaie
de comprendre d'où
vient ce feu sacré,
parce que 20 ans
à redonner,
naturellement,
et là, on n'est pas
dans la flagornerie
en entre toi et moi,
personne ne
nous écoute.
Non, personne.
Mais 20 ans
à redonner, ça vient
de quelque part.
Et c'est ça
que j'essaie
de comprendre
en ce moment.
Je ne sais pas.
En tout cas,
dans le lien
que j'essaie
de créer,
de tisser avec
le public,
il y a effectivement
quelque chose
de l'ordre de
la générosité.
Moi, j'ai envie
de donner aux gens,
j'ai envie d'être
avec, de leur
parler.
C'est pour ça
que sur les réseaux
sociaux,
par exemple,
j'ai toujours refusé
d'avoir un community
manager qui réponde
à ma place.
Je trouve ça
inacceptable
et insupportable que
quelqu'un reçoive
un message de ma
part en imaginant
que c'est moi
qui l'ai écrit alors
que c'est
un community manager
qui a essayé
de mettre des
bonnes formules.
Ça, ce n'est
pas possible.
Donc, je mets
parfois du temps
à répondre aux gens,
mais c'est toujours
des mots
qui viennent de moi
et des choses
que j'ai lues.
Ce rapport
de confiance,
c'est extrêmement
important pour moi.
Je pense qu'il y a
un rapport,
je disais
d'affection tout
à l'heure,
mais c'est un
métier qui...
Le métier que je
fais, en tout cas,
ce n'est que ça,
je pense.
C'est avoir envie
de partager
avec l'autre.
Quand on décide
de parler
à la télévision,
à la radio,
avec des gens,
d'aller les voir,
les prendre
par la main
ou pour les
informer,
pour leur expliquer
l'information
comme je le fais
sur LCI ou pour les
divertir,
il y a vraiment
envie d'aller
vers l'autre.
On est dans ton
enfance, ici.
Tout se passe
très bien.
Est-ce que tu
arrives à réellement
trouver ta place ?
Non.
Non, ça, c'est sûr.
Je pense que j'ai
très vite, enfant,
perçu mon
homosexualité.
Aussi loin que je
m'en rappelle,
je pense à six, sept
ans, je le savais.
En tout cas,
je me posais
des questions,
c'est quelque
chose qui me...
Et du coup,
j'avais beaucoup
de mal à me
positionner par
rapport aux autres.
Qu'est-ce que tu
veux dire ?
Parce que je pense
que j'avais un peu
peur du côté franche
camaraderie,
masculine,
viril, etc.
La promiscuité avec
les autres garçons
me me mettaient
mal à l'aise.
Parce que ?
Parce que je n'avais
pas l'impression
de leur ressembler.
Moi, je n'aimais
pas le foot.
J'étais
très sensible
comme garçon.
Tous les garçons
sensibles ne sont
pas homosexuels
et tous
les homosexuels ne
sont pas des garçons
sensibles.
Et puis tous
les gens hétéros
peuvent ne pas
aimer aussi le foot.
Exactement.
Mais il y avait
un côté...
Je ne correspondais
pas du tout à ce
qu'on attend
dans l'imaginaire
collectif,
sans doute,
d'un petit garçon.
Mais tu
disais quoi ?
Je meC'est les
petites phrases.
Je me disais que...
Tu sais, les petites
phrases assassines
qui nous massacrent
pendant 15 ans.
Moi, quand j'étais
gamin,
on me traitait
de femmelette
ou de fille.
Et puis oui,
il y a eu quelque
chose d'assez
violent agressif
à l'école.
On en parle beaucoup
parce que
l'actualité nous a
apporté ces
dernières semaines
et ces derniers mois
des cas
de harcèlement
scolaire.
Moi, j'ai vécu
des choses
qui n'étaient pas
au point
de harcèlement,
mais parce
que les réseaux
sociaux n'existaient
pas quand
j'étais la main.
Je pense
que les réseaux
sociaux
auraient existé.
Je ne sais pas
comment,
psychologiquement,
j'aurais pu
m'en sortir.
Parce que moi,
quand je rentrais
à la maison,
j'étais dans mon
univers,
j'étais libéré
de tout le stress
que je pouvais avoir
parfois quand
j'étais face
à des camarades.
Il est favorisé,
difficile ?
Non,
dans un quartier
en banlieue
parisienne,
plutôt une banlieue
cossue, classique.
La question n'est
pas là, c'est quand
tu te sens
complètement décalé
par rapport au reste
du monde,
par rapport
à l'environnement
qui t'entoure,
c'est très difficile
d'être différent
quand tu es gamin.
Tu as du mal
à le vivre, ça.
Je te parle de ça
parce qu'il n'y a
pas une semaine
dans mon enfance
où je n'ai pas été
victime
de harcèlement,
pas une seule
semaine,
avec un coup
de couteau
à l'agression
à l'arme blanche.
Moi, c'était
des moqueries,
mais je n'ai jamais
eu de violences.
Je suis sensible
à ça et je trouve
que ton message, il
est génial pour ça.
Je reviens
sur une phrase
qui est forte parce
que celles et ceux
qui nous écoutent
en ce moment,
pas uniquement
les parents,
pas uniquement tes
fans, mais tout
le monde,
c'est: Quels sont
les types de phrases
que l'on se dit
comme saloperie
dans la tête ?
Je ne suis pas
assez, je suis trop.
Ça serait quoi comme
phrase que tu
pouvais dire dans
ces moments-là ?
Ce qui me procurait
le plus d'angoisse,
c'était d'inquiéter
mes parents.
Moi, j'avais
cette
responsabilité-là
sur les épaules,
donc je dissimulais
beaucoup.
Moi, je me rappelle
quand j'étais
à l'école gamin,
que je rentrais,
je devais avoir
peut-être sept,
huit ans,
je pleurais tout
seul dans ma
chambre, mais il ne
fallait pas que ma
maman le voie.
Il ne fallait pas
que j'inquiète
mes parents.
Ma sœur, tout allait
bien et moi,
il n'y avait pas
de raison que je
pose problème
dans la famille.
J'avais une grande
sœur pour qui tout
se passait très bien
et j'avais cette
peur d'être rejeté,
cette peur d'être
celui qui pose
problème.
Est-ce qu'il y a
aussi cette volonté
d'être finalement
un homme fort
quelque part,
un peu comme papa ?
Ouais, sans doute.
En tout cas,
de ne pas montrer
ses faiblesses.
Ce n'est jamais
facile de montrer
ses faiblesses.
Et les enfants
dissimulent
beaucoup.
Moi, j'interviens
dans des classes
régulièrement contre
le harcèlement.
Je soutiens
une association
contre le
harcèlement aussi.
Et très souvent,
dans les
associations,
on me dit ça.
Il y a des parents,
même, qui me disent:
Je ne comprends pas,
je n'ai pas vu.
Mais les enfants
peuvent masquer
beaucoup.
Donc, il faut
essayer de regarder,
de repérer n'importe
quel signe quand il
y a un risque
de harcèlement.
Et puis, on ne voit
pas non plus quand
son enfant est
harceleur,
parce qu'il y a
finalement beaucoup
plus de parents
qui se retrouvent
sans le savoir,
souvent de
l'autre côté.
Il y a souvent plus
d'enfants harceleurs
que d'enfants
harcelés.
Donc, on a plus
de possibilités
de se retrouver
comme parents d'un
enfant harceleur.
Donc, il faut faire
très attention
et élever
ces enfants
dans l'écoute
et dans ces
valeurs-là et de se
dire à quel point ça
peut être dangereux
et destructeur
pour l'équilibre
psychique d'un
enfant qui peut
être fragile.
Donc, finalement,
si je comprends
bien, on est
dans une enfance
où il y avait
de l'amour
dans la famille.
Une enfance
très heureuse.
Très heureuse,
un quartier
pas trop mal.
Non, j'étais très
bien dans
une maison.
On a construit
une maison au fur
et à mesure,
donc il y a
un appartement,
puis une maison.
Des belles valeurs,
une belle famille.
Tout va bien.
Quelque part,
je me sens...
Je joue un peu
le petit bonhomme
fort à la maison,
je cache.
D'un autre côté,
on me dit que je ne
suis pas fort,
donc il y a un côté,
finalement,
un petit peu
Dr Jekyll,
Mister Hy, dans moi.
Et puis ensuite,
j'arrive avec cette
force et cette
explosion que je
vais retransposer
dans ma carrière.
En tout cas,
ce qui est sûr,
c'est qu'il y avait
ce besoin d'amour,
ce besoin de
reconnaissance.
Et je pense que
beaucoup de gens
qui font un métier
public ont
sans doute cette
petite félure-là
à réparer,
de sentir
que les Les gens
vous acceptent
et vous aiment.
Besoin d'être
aimé, reconnu.
Sans doute, oui.
Donc ça, ça arrive
de ce harcèlement ?
Sans doute, oui.
Je pense
que c'est...
Après, je ne sais
pas, je n'ai pas
fait
de psychothérapie,
de réflexion plus
poussée là-dessus,
mais je pense que
c'est assez évident.
Très souvent,
On se dit qu'on a
peut-être une...
Parfois,
les gens disent une
revanche à prendre.
Ce n'est pas tant
une revanche parce
qu'une revanche,
ça laisserait
entendre qu'il y
a eu une bataille.
Ce n'est pas
vraiment ça.
Il n'y a pas eu
de guerre,
il n'y a pas eu
de bataille,
mais de se dire:
Maintenant,
tous ceux qui m'ont
peut-être méprisé,
vous allez voir
que je suis
quelqu'un de bien.
Je J'étais peut-être
plus intéressant
que ce que vous
l'avez cru
à l'époque.
Vous êtes peut-être
passé à côté
d'un truc.
Sur cette tranche
d'enfance,
maintenant,
on va passer à ta
carrière rapidement,
mais surtout
à un combat
magnifique dont on
va parler
dans un instant.
Sur cette
enfance-là,
quelle question te
paraît essentielle
que tu as à moi
que je te pose
aujourd'hui ?
Parce qu'il y aurait
une réponse super
essentielle.
Je ne sais pas ce
que tu pourrais me
demander,
mais tu pourrais
par exemple,
me demander:
Est-ce qu'à
un moment donné,
tes parents
qui t'ont aidé
suffisamment ont été
peut-être
le déclencheur
de quelque chose.
Là, je vais te dire
oui,
parce que gamin,
quand j'avais 13,
14 ans,
j'achetais tous
les mercredis tous
les journaux
possibles
qui puissent exister
parce que Il y
aurait même
les journaux
d'actualité,
je commençais
à m'intéresser
à l'actualité,
au journalisme.
Il y avait
l'annuaire et je
cherchais
des radios,
des radios locales.
Et à 14 ans,
j'ai trouvé
une petite radio
locale qui était
à 25 kilomètres
de chez moi.
Et n'importe quelle
autre maman aurait
peut-être dit:
Franchement,
tu as le temps
pour faire tout ça.
Parce que jamais
un gamin de cet
âge-là n'était allé
dans cette radio
qui était, a priori,
pour les adultes.
J'ai réussi.
Elle m'a accompagné
pour le premier
rendez-vous,
ma maman.
Puis après,
elle faisait
les allers-retours
le samedi quand je
faisais mes
émissions.
Elle se faisait 50
kilomètres
de voiture tous
les week-ends
pour m'amener
pratiquer finalement
ma passion.
Je préparais mes
émissions de radio
toute la semaine.
J'avais 14 ans,
j'avais mon émission
de radio qui était
à 14h00 le samedi.
Ça bouleversait le
déjeuner du samedi.
Ma mère,
qui était très
maniaque,
je savais
que c'était
un effort quand même
pour elle,
mais elle a toujours
été là,
elle était là.
L'émission durait
une heure et demie,
donc très souvent,
elle avait pas
le temps de revenir.
À 14 ans.
Elle restait
comme ça devant
dans sa voiture.
Elle écoutait
la radio de temps
en temps, elle
arrivait à capter.
Elle écoutait
dans son autoradio
l'émission
que je faisais.
Et d'avoir ce
soutien là
et d'avoir une maman
et un papa aussi,
parce que même s'il
parlait moins,
je sais qu'il me
soutenait aussi
beaucoup,
qui ont écouté les
rêves de son enfant.
Un enfant
qui voulait
des trucs sans doute
impossibles,
parce que devenir
animateur télé
ou radio quand tu as
14 ans, dire: Tu es
gentil,
fais tes études,
Il y a quand même
très peu
de probabilités
que ça marche.
À aucun moment, ils
ne m'ont découragé.
Ils m'ont juste dit:
Continue tes études
parce que c'est
important d'avoir
un bagage
intellectuel,
culturel,
de culture générale.
C'est très important
pour faire
les métiers que tu
as envie de faire.
Mais ils m'ont
toujours accompagné,
ils m'ont toujours
soutenu,
ils n'ont jamais
dit: Tu
n'arriveras pas.
Donc, ce champ
des possibles-là,
ils l'ont
laissé ouvert.
C'est ce qui est
le plus important,
de laisser ouvert
le champ
des possibles
pour les enfants.
Soutener vos
enfants, ça,
c'est important,
mais qu'est-ce qu'on
pourrait dire
à celles et à ceux
qui n'ont pas eu ce
soutien ou qui n'ont
pas ce soutien
Qu'est-ce que tu
pourrais leur dire ?
Heureusement,
on peut aussi faire
des choses,
on va dire,
à l'encontre
de l'éducation
qu'on a pu recevoir.
On a encore
peut-être plus
de motivation
à prouver à ses
parents qu'ils se
sont trompés quand
les parents ont
peut-être dit que ce
n'était pas
possible.
Si, c'était
possible.
Il ne faut pas
penser
que les choses
sont impossibles.
Ça ne veut pas dire
que vous allez
réussir,
mais au moins,
vous n'aurez pas
de regrets,
vous aurez essayé
jusqu'au bout.
Début de carrière,
ça se passe
comment ?
Comment naît
le Christophe
des Médias ?
Ma petite émission
de radio à 14 ans,
déjà, ça a commencé.
Et après,
j'ai continué
à faire des petites
radios locales.
Et puis, j'ai
présenté
des concours d'École
de journalisme
et j'ai eu l'école
de Bordeaux.
J'étais originaire
de Bordeaux.
Donc, tu as fait
une école de
journalisme ?
Oui, j'ai fait
une école de
journalisme.
Ce n'est pas
si simple que ça
de rentrer dans une
école de
journalisme.
Non, il y avait huit
écoles reconnues
à l'époque.
Je crois qu'il y
en a neuf ou dix
maintenant,
peut-être même onze,
reconnues par
la profession.
Donc, un garçon
brillant
quand même ?
Oui, j'ai fait
Miamy Pocagne et
tout, mine de rien.
Pour faire
Secret Story,
on se dit à quoi ça
sert, mais c'est
très important
de maîtriser le
français, je pense.
Moi, je suis
toujours
extrêmement...
Je suis un peu
un ayatollah
de la grammaire,
de l'orthographe,
des prononciations.
Souvent,
j'ai les oreilles
qui saignent.
Donc j'essaye
de mettre un point
d'honneur à parler
français à peu près
correctement et je
pense que c'est
extrêmement
important.
Il y a ce côté
cérébral quand même,
qui arrive de papa,
en partie ?
Oui, c'était
un rigolo,
mon père aussi.
Il était fan
des Nuls,
de Pierre Desproges.
Il m'a élevé
à l'humour
au deuxième,
dixième degré.
Il était fan
de Harakiri,
cet humour-là très
provoc, très trash,
très humour noir.
C'est quelqu'un
qui était très drôle
aussi,
mais qui n'était
pas expansif.
J'ai eu la chance
d'avoir des parents
qui m'ont ouvert
à des choses
très différentes
et qui, je pense,
ont contribué à me
donner une
curiosité.
La carrière
s'enflamme,
ça fonctionne
très bien.
Comment tu gères ce
rapport en tant que
bonhomme,
quatre humains,
ce rapport avec ce
public, ce rapport
avec cette
reconnaissance ?
Est-ce
que maintenant,
finalement,
la question,
avant de parler
du rapport,
est-ce que cette
reconnaissance Ça a
mis beaucoup
de temps.
Il n'y a pas eu,
à un moment donné,
du jour
au lendemain,
comme un candidat
d'émission de télé
comme le gagnant
de The Voice,
qui était inconnu
et qui,
du jour
au lendemain,
devient une
célébrité.
Moi, les choses se
sont faites tout
doucement
comme un diesel.
J'ai commencé
en faisant les JT
sur LCI quand
j'étais tout jeune,
donc ce n'était pas
très regardé
à l'époque.
Ça l'est plus
aujourd'hui,
mais à l'époque,
ce n'était pas
très regardé.
Après, j'ai présenté
une émission
sur Pink TV,
qui était
la première chaîne
gay de France.
J'ai commencé
à faire des petites
chroniques pour 50
minutes inside
sur TF1.
J'ai fait un petit
peu Canal le matin.
Les choses sont
arrivées tout
doucement.
Finalement,
je suis rentré...
Je n'ai pas fait
un braquage
chez les gens.
Je suis rentré tout
doucement par la
porte d'entrée.
Je suis passé
dans l'entrée.
Maintenant, je
suis dans le salon.
Ça avance doucement.
Maintenant,
j'ai été invité à
la table pour dîner.
Mais les gens me
disent souvent: On
vous suit depuis
longtemps,
vous faites de plus
en plus de choses.
C'est bien.
Il y a un côté très
affectueux, ce qui
me plaît beaucoup.
En tout cas,
c'est comme ça,
je pense qu'on
installe un vrai
rapport parce
que les gens ont vu
les les différentes
choses que je
faisais,
que
soit le journalisme,
le divertissement.
Mais en tout cas,
je pense qu'ils ont
vu la sincérité
dans mon travail.
Est-ce que dans
cette démarche-là,
il y a un côté...
Au fond, toi,
très honnêtement,
mérité ?
J'espère, oui.
Comment tu
le ressens ?
J'ai beaucoup,
beaucoup, beaucoup-
Je l'ai mérité.
Non, j'ai beaucoup,
beaucoup travaillé.
Ce que j'ai obtenu
aujourd'hui,
ce n'est pas
arrivé par hasard.
Il y a des gens
qui ont eu plus
d'opportunités,
des choses qui leur
sont arrivées.
Je n'allais pas dire
tout cuit
dans le bec,
mais il y a des gens
qui ont plus
ou moins Je ne vais
pas dire que j'ai
galéré, mais je n'ai
pas compté
mes heures.
Pendant mes quatre
ou cinq premières
années de boulot,
je ne prenais pas
de vacances parce
qu'il fallait que je
sois là au moment
où il y avait besoin
de faire des
remplacements, etc.
Aujourd'hui,
je travaille tous
les week-ends.
Donc, ce que j'ai
obtenu à la soeur
de mon front,
je suis sûr
que je le mérite.
Mais mon père,
là encore,
pour reparler
des parents,
puisqu'il y a
une thématique
aujourd'hui,
mais mon père est
un gros travailleur
et cette valeur-là
du travail
et du coup,
de la récompense
du travail accompli,
c'est quelque chose
qui était très
important dans
notre famille.
Je pense que oui,
je mérite tout ce
que j'ai
aujourd'hui.
Je pense que je
mérite même plus,
mais je ne l'ai pas
encore, donc je vais
continuer
à travailler.
Qu'est-ce que tu
veux dire ?
Je pense qu'on peut
toujours
faire mieux.
D'accord, OK.
Aujourd'hui-l'itération
continue.
En télévision, c'est
très compliqué.
Aujourd'hui,
la télévision a
beaucoup évolué,
a beaucoup changé.
Il y a beaucoup
moins d'émissions
qu'auparavant parce
que la télé coûte
cher, qu'il y a
moins d'audience.
Puis le média social
qui est
concurrence aussi.
Exactement.
Donc, c'est plus
difficile d'avoir
une place,
de la conserver.
C'est un peu plus
dur, je pense,
aujourd'hui.
C'est plus dur
que ça ne l'était il
y a 20 ans
pour faire son trou,
faire sa place.
Est-ce qu'on est
d'accord
que souvent,
les gens voient
le résultat et on ne
voit pas finalement
le boulot, les
heures de travail ?
Oui, bien sûr.
Oui, parce que quand
vous avez la chance
de faire
de la télévision,
que ce soit
du divertissement
ou de l'info
d'ailleurs,
vous êtes
à l'antenne,
vous êtes
généralement
maquillé,
bien éclairé,
tout va bien, il y
a une caméra, etc.
Et la moindre
des politesses,
quand les gens
choisissent
d'appuyer
sur le bouton
pour regarder votre
programme,
c'est de leur
apporter un sourire,
de la joie, la joie
d'être là, etc.
On ne va pas leur
faire ressentir
l'effort et de dire:
On a galéré quand
même, on en a chié,
mais bon, voilà.
L'idée,
c'est la moindre
des politesses.
Mais après oui,
c'est beaucoup
de travail.
Mais c'est
le rapport
au succès,
à l'argent,
le résultat.
En France,
c'est sûr qu'on ne
parle pas
si facilement que ça
de réussite
ou d'argent.
Pour quelles
raisons ?
Parce que c'est lié
à la société
française.
Il y a beaucoup de
jalousie, souvent.
Mais après,
quand Quand on sent
que les gens ont
travaillé,
qu'il y a le côté
effort,
quand ça semble
mérité,
pour reprendre
le terme que tu
utilisais tout
à l'heure, il n'y a
pas ce problème-là.
Mais comment on peut
expliquer,
finalement ?
Tu es entrepreneur
ou salarié, toi ?
Moi, je suis
salarié.
Salarié, OK.
Salarié,
entrepreneur,
on gagne
de l'argent,
on réussit, on
voit les résultats.
Et puis d'un autre
côté, des centaines
de millions
de footballeurs.
Et là, il n'y a
pas de jalousie.
Ça arrive d'où,
ça, finalement ?
Il peut y en avoir,
à mon avis,
de la jalousie.
Je ne sais pas,
mais parce
que les
footballeurs,
ils sont idolâtrés,
quand même.
Il y a un côté,
c'est des super
héros, des la star.
Aujourd'hui,
le métier que je
fais, il y a 40 ans,
les gens
qui faisaient ce
métier-là étaient
des gros stars.
Aujourd'hui,
c'est un métier
qui est quand même
un peu moins
starifié,
me semble-t-il.
On est quand même
beaucoup plus
dans la proximité
avec le public.
Ce n'est pas le même
rapport qu'à
l'époque
de Patrick Sabatier
ou j'en sais rien,
toutes ces stars
des années 80.
Là, on voit
effectivement
la première tranche
de ta vie
et finalement,
on comprend un petit
peu mieux,
en tout cas très
honnêtement,
je le comprends
encore mieux
maintenant, c'est
ton engagement.
Je te trouve
super courageux.
Tu es vraiment
courageux.
Il y a beaucoup
de gens qui me
disent ça,
mais ce n'est pas du
courage, vraiment.
C'est gentil
de me dire ça.
Courage ou audace,
les deux ?
Je dirais peut-être
plus audace,
mais en tout cas,
ce qui est sûr,
c'est que pour moi,
il n'y a pas l'idée
d'un effort à nous
dire: Je vais faire
quelque chose de
courageux
ou difficile
que de parler
de qui j'étais.
Moi,
c'est simplement
pour aider
les autres,
parce que moi,
je me suis
simplement souvenu
du petit gamin
que j'étais quand
j'avais 10 ans ou 11
que je me découvrais
homo et que je me
disais: Il n'y avait
aucune
représentation,
aucun modèle
auquel m'identifier,
personne pour me
donner l'impression
que j'allais pouvoir
être accepté tel
que je suis
dans la société.
Heureusement,
la société a
évolué qui suit.
Il y a le mariage,
on peut fonder
une famille
aujourd'hui, etc.
Donc, les choses
sont beaucoup plus
normalisées,
mais c'est très
important de prendre
la parole
et de donner
de la visibilité
pour que les gamins
d'aujourd'hui se
disent: J'ai
une place
dans la société,
oui, je vais
pouvoir,
pourquoi pas me
marier,
être heureux,
fonder une famille,
faire un métier
qui me plaît, etc.
Parce que moi,
à l'époque où j'ai
découvert mon
homosexualité,
je me disais:
Je vais peut-être
être obligé de me
marier avec
une femme quand même
pour quand même
pouvoir fonder
une famille parce
que je rêvais
d'avoir des enfants.
Je ne sais pas si ma
famille ne va pas me
rejeter et ne plus
vouloir me
parler, etc.
Il y avait ces
angoisses-là
qui sont très
difficiles à vivre
quand on est gamin.
2021, un livre,
Fils à papa.
Avec un S à papa.
Tu n'es plus l'homme
tronc, là,
à ce moment-là.
Pour moi,
c'est du courage.
Est-ce qu'il y a eu
de la peur
là-dedans ?
C'est assez marrant
parce qu'au moment
où on m'a proposé ce
livre, parce que ce
n'était pas ma
démarche à la base.
J'avais répondu
à différentes
interviews au moment
de la naissance
de mon petit garçon
parce que je pensais
que c'était
important,
justement,
d'essayer
de contribuer
à faire avancer
les mentalités.
À partir du mariage
avec mon compagnon
à l'époque,
Ghislain,
qui est devenu mon
mari, on a commencé
à communiquer
ensemble parce qu'on
voulait apporter,
justement,
inspirer un peu
cette génération
en disant: Vous
voyez, on peut
trouver sa place.
C'est de qui cette
idée de livre ?
L'idée du livre,
c'est un éditeur
qui est devenu
un ami depuis,
qui m'a envoyé
un mail parce qu'il
avait lu un article
que Je l'ai donné
dans le gala où je
parlais de ma
famille et il me
disait:
Rencontrons-nous,
j'aimerais bien
publier un livre sur
votre expérience.
Et là, on a discuté
et il m'a dit: Je
suis sûr que ça
pourrait être très
important pour faire
avancer les
mentalités.
Ça fait des années
que je voudrais
publier
un témoignage
sur la GPA.
C'est peut-être
l'occasion.
Et là, j'ai décidé
de tout livrer,
de vraiment
tout raconter.
Depuis mon enfance,
la découverte
de monosexualité
et la peur de ne pas
pouvoir justement
fonder une famille,
comme j'en parlais
tout à l'heure,
et de cette envie
profonde,
au fond de moi,
d'avoir une famille
comme tout le monde,
finalement.
Et ensuite,
il n'y a pas 36
000 solutions.
Au moment où on
s'est lancé dans les
démarches
pour la GPA,
j'avais réfléchi
à l'adoption,
sauf que l'adoption
pour les couples
homosexuels
et en France
était quasiment
impossible.
Ça a beaucoup
évolué aujourd'hui.
Fillon n'est passé.
Non, heureusement.
C'est évidemment
vrai que François
Fillon a un rôle
dans le livre.
Ça nous a motivé
avec Ghislain,
vu qu'on avait peur
qu'il passe,
à lancer
les démarches le
plus vite possible.
Pour avoir
un enfant.
Pour avoir un petit
garçon, une petite
fille, mais un bébé.
En l'occurrence,
c'est un petit
garçon.
Là, tu dis: On
aimerait adopter,
mais c'est
compliqué.
Exactement.
De ce que je
comprends,
tu m'arrêtes.
C'est ça.
C'est quoi
les options ?
Il reste
la gestation
pour autrui, donc
une mère porteuse.
Là, on s'est
renseigné,
notamment grâce
à mon ami Jarry,
l'humoriste qui,
lui, avait déjà
franchi ces
étapes-là et fondé
sa famille avec
un petit garçon
et une petite fille,
avec son mari.
Il m'a donné
quelques tuyaux,
quelques contacts.
Puis, j'avais
commencé à me
renseigner de mon
côté et j'avais
d'autres amis
qui s'étaient lancés
dans le projet.
Il y avait
une d'autres combats
comme ça, de GPA,
Marc-Olivier Fogiel
aussi, Livre aussi.
Exactement, oui.
Est-ce que ça,
c'était avant ta
démarche de livre ?
C'était avant, oui.
Pas très longtemps
avant,
mais on s'aperçoit,
c'est assez marrant
à quel point
les mentalités ont
évolué très vite
sur ces
questions-là,
parce que quand
il Il en a parlé.
C'était la première
fois que vraiment,
il y avait un couple
homo qui parlait
de parentalité.
Je
vois la façon
dont c'était perçu
à l'époque
et dont ça a été
perçu pour moi.
L'évolution était
très rapide.
Je pense qu'il y a
de plus en plus
d'ouverture
de la part des gens.
J'ai simplement
voulu expliquer
parce que je lisais
des choses horribles
sur la GPA en disant
qu'on avait utilisé
une femme dans
la misère, etc.
Ça, c'est un cliché,
d'ailleurs.
C'est totalement
faux.
Ça se passe pas
du tout comme ça.
Surtout pas
aux États-Unis.
Surtout pas
aux États-Unis,
parce que les femmes
sont justement Les
femmes
qui souhaitent
devenir mère
porteuse,
il y a un mot
spécial, d'ailleurs,
c'est surrogate.
On dit femme
porteuse,
parce que...
Ça lui
appartient pas.
Exactement.
Pour expliquer
que ces femmes-là
ne peuvent pas
le faire si elles
sont dans le besoin,
justement,
c'est uniquement
des femmes qui ont
de bons revenus
pour que l'argent ne
soit pas une
motivation.
Il y a toujours deux
femmes qui
interviennent.
Il y a une donneuse
d'ovocytes
et une femme
qui porte votre
bébé, c'est-à-dire
que la femme
qui porte votre bébé
n'a aucun lien
génétique avec
cet enfant.
Et puis,
il y a
un accompagnement
à la fois
psychologique,
juridique,
d'assurance, etc.
Il y a beaucoup
de garde-fous.
C'est très encadré
aux États-Unis
et extrêmement
respectueux.
Ce sont les femmes
qui décident
de tout.
S'il y a des choses
qui ne leur
conviennent pas,
elles ne s'engagent
pas dans cette
démarche.
Je Il disait
beaucoup de choses
très fausses
sur les réseaux
sociaux
et des attaques
très violentes.
Les idées reçues,
c'est qu'on
exploite les gens.
Exactement.
Les idées reçues,
c'est que c'est
la famille,
ça coûte quoi ?
Entre 450, 200 000
€ aujourd'hui ?
Ça coûte combien ?
Aujourd'hui,
j'en sais rien.
On m'a dit que ça
avait beaucoup
augmenté.
À l'époque,
ça t'a coûté 120,
à peu près.
En grosso modo,
c'est entre
100 et 150.
Nous, ça nous a
coûté aux alentours
de 120 000 €.
La majorité,
c'est les frais
de santé américains.
C'est parce
que la famille,
c'est quoi ?
C'est 30 000 qu'elle
perçoit en dollars
américains ?
À peu près 30
000 dollars.
Donc l'essentiel
des coûts,
les trois quarts
des coûts, sont
des coûts médicaux.
Après,
il y a le coût
de l'assurance
qui est très cher
aux États-Unis.
Rien
que l'accouchement
aux États-Unis,
ça coûte à peu
près 25 000 $.
Oui, c'est
un business.
Un accouchement.
C'est 2000 la nuit,
je crois,
ou 2005 la nuit.
À peu près, oui.
Ça, une nuit
d'hôpital
d'hospitalisation.
Nous, on se rend pas
compte parce
qu'évidemment,
en France, on
vit
dans l'impression
que la santé est
gratuite alors
qu'elle n'est pas
gratuite,
c'est que la
collectivité
la prend en charge.
Mais
un accouchement,
ça coûte aussi
beaucoup d'argent
en France.
Sauf que c'est tout
le monde qui prend
en charge.
C'est la communauté,
via les différents
impôts et charges
que l'on collecte,
qui prend en
charge la santé.
Mais aux États-Unis,
ça ne se passe
pas comme ça.
Je me suis dit
pourquoi pas une GPA
en Europe comme la
Grèce, par exemple,
ou l'Angleterre,
mais il faut être né
dans le pays,
il faut être natif
du pays, c'est ça ?
Exactement.
En Belgique,
ça existe aussi,
mais il faut être...
Pour les Anglais,
par exemple,
ça existe depuis
plusieurs années
Effectivement,
il faut être
britannique.
États-unis,
Canada aussi ?
Les deux ?
L'essentiel des GPA
qui se font
en France se font
dans ces deux
pays-là,
qui sont extrêmement
encadrés à peu près
de la même manière
avec le Canada ou
avec les États-Unis.
Il y a des choses
qui existaient
à l'époque
avec, je dis
des filières,
parce que quand je
me suis renseigné,
j'en ai entendu
parler,
notamment dans
des pays de l'Est.
Il y a eu des choses
qui se passaient
en Ukraine,
notamment,
avant la guerre,
évidemment, où là,
on n'était
pas vraiment garanti
de du respect.
Et moi, c'était
indispensable.
Je n'aurais pas pu
regarder mon enfant
dans les yeux.
À un moment donné,
dans cette démarche,
j'avais eu
l'impression
d'utiliser un être
humain
sans qu'elle soit
complètement
consentante.
Ce n'était pas
envisageable là,
vraiment.
Et on a gardé
un lien très fort
avec Whitney,
qui est
donc la femme qui a
porté notre petit
garçon, et Jacob,
son mari,
et même avec Bruna,
qui a fait le don
d'ovocytes,
qui a donné ses
gènes à notre
petit garçon.
Et j'ai gardé
contact avec tout
le monde et
Justement,
Whitney et Jacob
viennent en France
pour la première
fois.
Ils n'avaient pas pu
parce qu'il y a eu
le COVID
dans la foulée
de la naissance.
Ils devaient venir
dès la première
année,
puis ça n'avait
pas pu se faire.
Et là, ils viennent
enfin et ils vont
revoir Valentin
après trois ans
et demi maintenant,
la dernière fois
qu'ils
s'étaient vus.
On a gardé un
contact très proche.
Une bulle
très intime.
C'est-à-dire
que Whitney,
elle a son enfant,
qui a assisté
à l'accouchement.
Oui, on était là.
Vous étiez quatre
à l'accouchement.
On était quatre,
il y avait Jacob,
son mari.
Ça, c'est spécial.
Ghislain et moi.
Chacun lui tenait
un bras, une jambe.
Oui, ça s'est
vraiment passé
comme ça.
C'était
assez incroyable.
T'étais là
pour l'échographie
du cinquième mois ?
On était là
pour l'échographie
du cinquième mois.
On était très
inquiets
pour la naissance
parce que c'était
un peu plus tôt
que la date prévue.
On n'était pas
encore aux
États-Unis.
C'était 15
jours avant ?
En principe, c'était
15 jours avant.
Il fallait venir
entre 15 jours
et trois semaines.
Le billet d'avion,
Baume est arrivé.
Elle a accouché
quasiment
un mois avant.
Du jour
au lendemain,
on a eu un coup
de fil en disant:
Là, il faudrait
y aller.
C'était le
mardi soir.
Le mercredi,
on a cherché
un billet vite fait.
On est partis
le jeudi et le
vendredi, il est né.
Donc on est arrivé
pile-poil et on
avait très peur
de ne pas
pouvoir assister.
Et Whitney,
la première,
elle voulait
vraiment vivre ce
moment avec nous.
Et je pense
que c'est le moment
le plus fort
de toute ma vie,
vraiment.
Ça a été
un moment...
C'est-à-dire qu'il
y avait
les infirmières
qui étaient là,
bien sûr, la médecin
accoucheuse
qui était
très originale,
on va dire.
Qu'est-ce que tu
veux dire ?
Elle criait
très fort.
Elle disait: Oh,
votre baby !
Comme ça,
elle criait
beaucoup, mais c'est
à l'américaine, elle
faisait le show.
Et même au moment
où il est né,
pour qu'on prenne
des photos et qu'on
filme, elle faisait:
Camera, camera,
camera !
Comme ça.
Elle disait:
Allez-y, prenez-le.
J'ai la vidéo
où elle dit:
Camera, camera.
C'est tellement
drôle.
Mais c'est vrai que
j'avais attendu ça,
j'ai envie de dire,
presque toute ma
vie, mais moi,
jeune, très jeune
Quand j'étais jeune
adulte,
j'avais cette envie
de devenir papa.
Et quand je vois
sortir ce bébé,
l'accouchement était
très rapide,
en fait.
Et ça a été une
émotion phénoménale.
Et je me rappelle
que j'ai éclaté
en sanglots dans les
bras de Whitney
en lui disant:
Merci, t'imagines
pas à quel point tu
as changé notre vie.
Tu as été une femme
extraordinaire.
Et c'est ce que j'ai
dit à ses filles
aussi, puisqu'on
connaît bien...
Elle a trois
enfants, on connaît
bien ses filles.
Et je leur dis: Vous
savez, votre maman,
c'est une super
héroïne, c'est
une Wonder Woman.
Vous pouvez être
fiers de
votre maman.
Et elles étaient
très fiers aussi.
Elles ont pris
Valentin dans les
bras le lendemain
à la maternité.
Elles étaient
hyper fiers.
Il y a la grand-mère
qui était là aussi,
la mère de Whitney,
qui l'a accompagnée
aussi pendant toute
cette démarche.
Et il y avait cette
C'est tellement
une espèce de cocon
d'amour
que quand je lis
des trucs qui m'ont
donné envie de vomir
sur les réseaux
sociaux et de gens
qui ont dit: Vous
avez arraché
un bébé,
des entrailles d'une
femme qui vous l'a
donné, qui vous
l'a vendu.
Je leur dis: Mais
pauvre conne,
comment tu peux oser
dire un truc
pareil ?
C'est plus
des femmes ?
Ça dépend.
Là, c'était
une femme.
C'est pour ça
que j'ai dit ça.
On sent que
c'est du vécu.
Je me dis, c'est
tellement à 10
millions
de kilomètres de ce
qu'on a vécu
et c'était tellement
irrespectueux.
Il y a mon petit
garçon, d'oser
salir son histoire.
C'est une des
raisons
pour laquelle j'ai
eu envie d'écrire ce
livre,
justement pour qu'il
soit fier de son
histoire, qu'il soit
fier de ses parents,
de ses deux papas,
qu'il soit fier
de Whitney qui lui a
donné la vie,
de tous ces gens
qui se sont réunis,
finalement, pour
faire ce qu'il y a
de plus beau, de
créer une famille.
C'est
extraordinaire.
Donc oui,
c'est un truc, moi,
je suis toujours
très motivé pour
en parler,
parce que je ne veux
pas qu'on
salisse ça.
C'est ce que j'ai
construit de plus
beau dans toute mon
existence et je Je
ne veux pas qu'on
salisse ça,
vraiment.
Ferme les yeux
une seconde.
Oui.
Et là,
c'est le moment
de l'accouchement.
Oui.
Donc, la première
des choses
qui devient
dans le mental,
c'est un sourire ?
Ouais.
Pourquoi ?
Un grandun
grand sourire.
Un grand sourire
parce que...
Le bébé,
il est en train de
sortir en ce moment.
Ouais.
Donc là, ça y est,
c'est
l'accouchement,
c'est l'instanté.
Et le petit
bonhomme, il sort.
Allons-y.
Là, j'entends
J'entends
ses pleurs.
Il a pleuré tout de
suite, heureusement.
Et
je me dis que plus
rien ne sera
jamais comme avant.
Je me dis que
la vie a enfin
un sens, en fait.
Que c'est pour lui,
maintenant,
que je vais...
Que c'est pour lui
que j'ai envie
de tout faire,
que ça devient
la priorité absolue,
que mes petits
soucis de
mes états d'âme de
présentateur
télé non plus.
Plus rien n'a
d'importance,
en fait.
Et là...
Et
qu'est-ce
qui provoque
des larmes de joie
à cet instant-là ?
C'était une émotion
tellement intense.
C'était tellement
attendu.
Ça a été un combat
tellement long.
Ça a été tellement
peur que ça n'arrive
jamais, que je
n'y arrive pas.
J'ai eu la chance
de réaliser le rêve
le plus fou que je
pouvais avoir.
Et ça, c'est
un truc magique.
Tout le monde n'a
pas cette chance-là
et je me rends
compte d'être
extrêmement
privilégié.
Vraiment très
privilégié.
De ce que j'entends,
de ce que je
ressens, c'est qu'on
est automatiquement
un géniteur,
mais pas forcément
un père ou
une mère ?
Disons qu'il
faut bien comprendre
la différence
entre un parent
et un géniteur.
C'est-à-dire
que donner
une goutte de sperme
ou un ovocyte,
ça ne veut pas dire
être un papa
ou une maman.
Ce n'est pas comme
ça que ça se passe.
Très souvent, les
gens me demandent...
Cette question
est toujours un peu,
pour moi, choquante.
Je peux comprendre
la démarche,
mais c'est pour ça
que j'essaie
d'expliquer.
Mais quand on me
demande,
des fois,
on me demande: C'est
qui le vrai père
Ça laisse entendre
que le vrai père,
celui génétique,
et que l'autre
serait un faux père.
En clair, qui a
donné le sperme.
Qui a donné
le sperme.
Pour moi,
c'est une question
qui n'a pas de sens.
C'est une question
à laquelle je ne
réponds pas
dans le livre.
D'ailleurs,
je dis même
dans le bouquin,
à un moment donné,
j'ai un chapitre
où je réponds
aux questions que
les gens se posent.
Donc des questions
que j'ai pu
rencontrer.
Donc là, j'explique
et je leur dis: Vous
savez,
nous, on a un projet
parental avec
Ghislain, mon mari,
depuis le début,
on est à deux.
Donc cet enfant,
c'est notre enfant.
On est ces
deux papas.
À aucun moment,
notre enfant...
Parce qu'il y a
des gens qui disent:
Oui, mais sa maman
l'a abandonné.
Non, à aucun moment,
sa maman l'a
abandonné.
C'est un garçon qui,
dans notre schéma
familial,
a ses parents.
Ses parents ne l'ont
pas abandonné,
au contraire.
Il a ses parents
qui se trouvent
être deux papas.
Et il y a deux
femmes
extraordinaires
qui nous ont aidés
à devenir parents.
Mais en aucun cas,
ces deux femmes,
ni Bruna qui a donné
ses ovocytes,
ni Whitney qui l'a
portée, ne sont
ses mamans.
Ce sont des femmes
qui nous ont aidés
et qui sont
des espèces
de magiciennes
dans notre vie,
des espèces
de bonnes fées,
en quelque sorte.
Mais la parentalité,
ce n'est pas ça.
Un parent,
c'est quelqu'un
qui se lève à 3h00
du matin pour donner
le biberon.
C'est quelqu'un
qui- Notamment ?
Exactement.
C'est quelqu'un qui
va sécher les larmes
de votre petit
garçon quand
il va s'être fait
mal, quand il va
s'être écorché
les genoux,
qui va lire un livre
pour l'endormir
tous les soirs.
Moi, c'est ce que je
préfère faire,
c'est de lui
raconter
une histoire
tous les soirs.
C'est ça,
être un parent.
Ce n'est pas
simplement
des ovocytes,
ce n'est pas
de la génétique,
ce n'est pas vrai,
ce n'est pas ça.
Il y a cette
obsession, notamment
dans les groupes
homophobes,
anti-mariage
pour tous,
anti-homoparentalité,
qui sont obsédés
par l'idée d'avoir
quelque chose
qui soit
de la vraisemblance
biologique.
Donc, il faut un
papa et une maman.
Même si c'est pas...
Il y a une espèce
de mensonge.
Parfois,
le papa qui élève
un enfant n'est pas
le géniteur,
mais on fait croire
dans la famille
que c'est celui.
Mais ça n'a pas
de sens,
ça n'a aucun sens.
Le papa, c'est
celui qui aime.
Ce n'est pas
celui qui a donné
trois gouttes
après une soirée
arrosée en boîte
de nuit.
Ça arrive, ça.
Ça peut arriver.
Nous, il n'est pas
arrivé par hasard,
Valentin,
je peux te le dire.
Comment Whitney
parle de cet
enfant ?
C'est qui cet
enfant, pour elle ?
Cet enfant, c'est...
Elle n'avait jamais
fait de gestation
pour autrui.
Une cousine à elle
l'avait déjà fait.
Elle lui avait
raconté,
elle lui avait
transmis cette
histoire en lui
disant que c'était
quelque chose
d'exceptionnel.
Et moi,
je lui ai posé
la question
plusieurs fois parce
que j'ai essayé
de comprendre
pourquoi elle a eu
envie de faire ça.
Parce que je l'ai
expliqué, ce n'était
pas pour l'argent.
Il y a eu
une compensation
financière,
mais qui compense
tout un tas
de choses.
Elle a dû faire
garder ses enfants.
Ça a duré quoi ?
15, 20 mois cette
histoire de Il y a
plein d'examens,
donc ça prend
du temps.
Elle a dû arrêter
de travailler.
En l'occurrence,
elle ne travaillait
pas, mais elle a
repoussé le retour
au travail,
pour le coup,
puisqu'elle
travaillait dans une
école, mais elle ne
travaillait pas
à ce moment-là.
Elle a repoussé
un peu ses projets,
mais vraiment,
il ne faut pas
croire qu'on achète
quoi que ce soit,
vraiment.
C'est quelque chose
de très important.
Je lui ai demandé,
mais j'avais du mal
à comprendre.
Après,
avec le recul,
maintenant,
je comprends mieux.
Je pense que c'est
quelqu'un qui
voulait sur cette...
Elle a toujours
rêvé d'être maman.
Elle a eu la chance
de pouvoir fonder
une famille et elle
s'était dit
que c'était ce
qui allait être
le plus
extraordinaire
dans la vie.
Elle avait envie
de pouvoir permettre
à d'autres
de connaître
ce bonheur-là.
Je pense, pour avoir
parlé pas mal avec
elle après,
qu'elle avait envie
ou besoin,
sur cette terre,
de se dire qu'elle
avait réalisé
quelque chose
d'exceptionnel.
Et elle a vraiment
changé notre vie
du tout au tout.
Le
don qu'elle a fait,
si on ne l'avait pas
rencontrée,
cette femme-là,
on aurait On ne
connaîtrait pas
le bonheur qu'on
connaît aujourd'hui.
Toute notre vie a
été chamboulée
par ça.
Qu'est-ce qui a
changé dans ta vie
tous les jours ?
En même temps,
tout et rien,
parce que je suis
toujours le même,
mais soudain,
la vie a un sens.
Et puis, qu'est-ce
qui a changé ?
En Je me dis:
Ça prend beaucoup
de temps
de s'occuper d'un
enfant et c'est
formidable,
mais je me dis:
Qu'est-ce qu'on
faisait avant ?
Je disais ça à mon
mari l'autre jour,
à Ghislain.
Je dis: Franchement,
les week-ends,
on faisait quoi ?
Parce
qu'aujourd'hui,
on est toujours
débordé.
On devait vraiment
avoir beaucoup de
temps à rien faire.
On s'en pas compte
tout le temps qu'on
avait, mais
le voir grandir,
le voir s'amuser,
le voir rire
et faire en sorte
que ce soit un petit
garçon bien dans ses
baskets, épanoui,
respectueux, c'est
très important.
Là, on est en train
de le disputer
un petit peu parce
qu'il est un
peu misogile.
Tiens donc.
Je te jure.
Il nous dit: Les
filles, elles sont
pas fortes,
c'est que les
garçons qui
sont forts.
Je dis: Non, non.
Alors là, tu dis pas
ça, ça va
pas du tout.
Je dis: Attention.
Ça,
c'est
l'environnement,
évidemment.
Non, parce que tu
verrais ma mère.
C'est une école
de matcho.
Ma grand-mère,
elle est costaud.
Non, pas du tout,
justement.
Et là, je lui dis:
Attention, peut-être
dans l'école...
Il me disait l'autre
jour: Les super
héros,
c'est des super
héros,
c'est des garçons,
il n'y a pas
de super héroïne.
Je dis: Si,
il y a Black Widow,
il y a Wonder Woman,
il y a Supergirl.
J'essaie de faire
attention.
Non, Il est super
et c'est un lien...
Tous les jours,
on apprend grâce
à lui et on essaye
de lui apprendre
des choses.
Il y a du boulot,
mais...
C'est intéressant
parce que tu dis:
Ma vie a un sens.
Qu'est-ce que ça
change au
quotidien ?
Tout et rien.
C'est intéressant,
ça.
J'ai l'impression
que tout ce que j'ai
fait jusqu'à
maintenant,
c'était dans ce
but-là, au final.
Parce que même
la réussite que j'ai
eue la chance
d'avoir
de ma carrière
et du coup,
une certaine
réussite financière,
ça m'a permis
de pouvoir Réaliser
ce rêve-là aussi.
Et ça,
tout prend sens.
T'as l'impression
que t'as toutes
les pièces du puzzle
qui s'imbriquent.
Dans cette
situation-là,
tu t'engages,
tu fais un livre,
on l'a vu.
Comment on gère,
question anodine, le
regard des autres ?
Comment on gère
la critique,
la peur du rejet ?
Non, mais ça fait
longtemps que j'ai
passé ce cap-là du
regard des autres.
Et en fait,
tu es très rassuré
quand finalement,
tu t'assumes tel
que tu es et que tu
te rends compte
que les gens
t'acceptent beaucoup
plus que ce
que tu craignais.
Et il y a souvent
cette peur-là,
notamment des jeunes
qui redoutent
de faire leur coming
out parce qu'ils ont
peur d'être rejetés.
Ça se passe souvent
beaucoup mieux que
ce qu'on redoute.
Alors parfois, ça
peut mal se passer.
Et là,
je suis notamment
ambassadeur d'une
fondation
qui s'appelle
Le Refuge,
qui recueille
les jeunes homos
qui se font mettre
dehors par leurs
parents lorsqu'ils
apprennent qu'ils
sont homos.
Donc ça existe,
évidemment,
ce rejet-là.
Mais au final,
je trouve
que les choses ont
avancé
dans la société
et que ça se passe
souvent mieux que ce
qu'on me redoute.
Et du coup, non,
moi, j'ai surtout
beaucoup de soutien.
J'essaie de regarder
le verre à moitié
plein et pas
à moitié vide.
Sur les réseaux,
il y a toujours
des attaques.
Maintenant,
je porte plainte.
J'ai gagné un procès
il n'y a pas
très longtemps.
Je porte plainte
où je bloque.
Quand c'est vraiment
répété, harcelant,
il peut m'arriver
de porter plainte.
Et surtout,
j'essaie de faire
passer les messages
et de donner
de la visibilité
pour faire en sorte
que cette haine-là
s'étiole
petit à petit.
Donc, j'interviens
dans les écoles
régulièrement,
dans les
établissements
scolaires,
dans des collèges.
Simplement faire
comprendre que
nos familles sont
comme toutes
les autres
et qu'elles méritent
d'être respectées
comme toutes
les autres.
Et ça va de mieux
en mieux.
Et puis,
je pense aussi
à mon petit garçon.
Et ce que j'ai écrit
à la fin du livre,
c'est que j'espère
justement que notre
petit garçon,
avec
Ghislain Valentin,
ça va être aussi
un ambassadeur,
qu'il va contribuer
à faire avancer
les mentalités,
que lui, il va faire
bouger les choses
parce qu'il va
montrer
qu'il aura grandi
avec ses deux papas
et ça va bien
se passer.
Il va se bagarrer
pour nous parfois.
Il va nous défendre
quand il aura
des attaques.
Et lui, il va faire
avancer
les mentalités et on
va continuer à faire
bouger la société
comme ça.
Et la vie que tu as
mise en place
aujourd'hui,
avec ce côté,
finalement,
un métier qui te
passionne,
tu redonnes,
faire évoluer
les mentalités.
Évidemment,
on a vu
le harcèlement
à l'école,
l'accès
à la parentalité
pour tout le monde.
Ce pied d'égalité
est important
pour toi ?
Oui, très important
parce que je ne veux
pas qu'un jeune,
en se découvrant
homo, se dise:
On ne va pas vouloir
de moi dans
la société.
Parce que ce n'est
pas vrai,
ce n'est plus
vrai aujourd'hui.
Ça l'était davantage
quand j'étais plus
jeune, ça l'était
encore plus
sur les générations
précédentes.
Mais moi,
quand je suis né,
l'homosexualité
était encore
considérée comme une
maladie mentale
par l'OMS et c'était
illégal en France.
C'était condamné
par la loi.
Il a fallu attendre
et François
Mitterrand,
j'avais quatre ans.
Donc, les choses
ont évolué.
En quelques années,
finalement,
ça a évolué très,
très vite et ça va
dans le bon sens.
Et aujourd'hui,
on se rend compte
qu'il y a de moins
en moins
d'homophobie.
Elle existe toujours
et elle s'exprime
de manière violente
parce qu'il y a plus
de visibilité,
mais quand tu
regardes dans les
sondages,
ça progresse quand
même de plus
en plus.
Et moi,
je suis un garçon
très, très
optimiste.
Donc, je continue
à contribuer à faire
bouger les choses.
C'est
quoi la réussite,
finalement,
pour toi ?
La réussite
dans ta vie ?
Est-ce
qu'aujourd'hui,
tu pourrais dire:
Allez, j'estime
que j'ai réussi.
Oui, j'ai la chance,
honnêtement,
de vivre du métier
que je rêvais
que de faire quand
j'étais gamin,
c'est quelque chose
d'énorme et je me
rends compte de ce
luxe et de ce
privilège.
Réussir à avoir
trouvé l'amour,
notamment chez les
garçons, c'est pas
toujours facile.
On en trouve plein,
mais pas
toujours l'amour.
Plus que chez
les hétéros ?
On me le dit,
je ne sais pas.
Je ne sais pas,
tu es mieux placé.
Il paraît.
Il paraît, moi,
je ne sais pas.
Il paraît que ça
dure parfois moins.
Pour quelles
raisons ?
Quand ça dure,
ça dure.
Pour quelles
raisons ?
Je ne sais pas.
Mais c'est peut-être
plus difficile
parfois,
justement par la
de l'environnement,
de la famille,
ce genre de choses.
C'est peut-être
parfois plus
difficile de se
projeter
dans l'avenir
et puis avoir réussi
à fonder ma famille.
Et aujourd'hui,
me dire qu'au-delà
de la réussite
et de la
reconnaissance
professionnelle
que je peux avoir,
si je peux avoir
une utilité
dans la société,
c'est ça sans doute
dont je suis
le plus fier.
Si notre famille,
les images de joie
qu'on essaye
de publier,
notamment
sur les réseaux
sociaux,
j'ai une page
Instagram où on a
beaucoup de gens
qui nous suivent
et qui disent: Vous
n'imaginez pas
à quel point vous
nous faites
du bien ?
J'ai beaucoup
de mamans
qui m'envoient
des messages
en disant: Je viens
d'apprendre que mon
enfant est
homosexuel,
je vous suis
sur Internet,
je suis rassuré
de voir qu'il va
peut-être pouvoir
être heureux,
trouver sa
place, etc.
C'est très important
ça, d'inspirer
positivement
la société.
Moi, c'est un de mes
chevaux de bataille
et si je me dis
que je me suis
amusé,
j'ai été heureux,
si en plus,
j'ai été utile,
j'aurais servi
un petit peu
à quelque chose
sur cette planète.
C'est quoi un super
papa pour toi ?
Un super papa, c'est
un papa qui est
rigolo,
qui
qui joue beaucoup
avec son enfant,
qui lui raconte
des histoires et qui
essaye de faire
briller les yeux
de son petit garçon.
Quoi dire à ces
hommes et ces femmes
qui sont
monoparentaux ?
On peut évidemment
être extrêmement
heureux avec son
enfant, avec un seul
parent, bien sûr.
C'est peut-être plus
difficile
au quotidien parce
que je sais à quel
point ça demande du
temps, de l'énergie.
Donc tout seul, moi,
je ne sais pas
si j'aurais
le courage ou la
force d'affronter.
Je l'aurais
forcément,
mais affronter
le quotidien quand
on a un gamin,
ce n'est pas évident
quand on est
tout seul.
Moi, je suis très
admiratif de ça.
Et moi,
le principal,
c'est qu'un
enfant soit aimé.
Et à partir
du moment où il est
aimé dans un
environnement
équilibré,
tout va bien.
Aujourd'hui,
tous les types
de familles sont
possibles,
tous les types aussi
de cellules,
de schémas familial.
Ça peut être
les familles
monoparentales,
les familles
homoparentales,
les familles
classiques,
les familles
recomposées.
Il y a énormément
aujourd'hui de beaux
paires
qui s'occupent plus
des enfants
le géniteur dont on
parlait tout
à l'heure.
Donc c'est en ça
que le principal,
c'est vraiment
l'amour et le temps
qu'on déploie,
surtout
pour s'occuper
d'un enfant.
Christophe,
vivre sa vie à 110%,
ça veut dire
quoi pour toi ?
Ça veut dire être
toujours labour.
Mais heureusement,
j'ai un scooter.
Ça m'a
beaucoup aidé.
Depuis que je
conduis hors
de roues,
je te jure, ça
m'a changé la vie.
Tu fais attention
quand même.
Je fais attention,
mais j'ai été
à l'heure
aujourd'hui grâce
à mon scooter.
Mais vivre sa vie
à 110%, c'est quoi ?
C'est profiter
de tout et surtout
essayer au maximum
de prendre
conscience
des moments
de bonheur quand ils
sont là
et en profiter
et croquer dedans
au maximum.
Mais comment on
profite de l'instant
présent en préparant
le futur ?
L'un n'empêche
pas l'autre.
Oui, mais comment
tu fais ?
C'est quoi ta
recette ?
Ton gâteau
au chocolat,
à toi, c'est quoi ?
Il faut le manger,
déjà, quand il est
là, parce qu'il ne
faut pas attendre
en se disant: Je
le mangerai un peu
plus tard ou: Il
faut que je pense
à mon summer body.
On peut penser à son
summer body,
mais manger quand
même le gâteau
au chocolat.
Est-ce qu'on
passerait maintenant
au doigt do
coaching ?
J'attends que ça.
Allons-y.
Allez, c'est parti.
Christophe,
prêt pour ce dos
à dos coaching ?
Je suis prêt.
Méga prêt ?
J'espère.
Je ne sais pas
ce qui m'attend.
Sur une échelle de 0
à 10, quel est ton
niveau de bonheur
au moment où je te
parle maintenant ?
Dix.
Pour quelles
raisons ?
Parce que je suis
comblé dans ma vie
et tout le monde n'a
pas cette chance
et je suis vraiment
conscient de la
chance que j'ai.
Qui, quoi,
t'as fait le plus
de mal dans la vie ?
Je dirais mon
grand-père.
Je le racontais
dans mon livre,
mais mon grand-père,
parce qu'il m'a
foutu dehors quand
il a su que
j'étais homo.
J'ai habité
chez lui,
près de Bordeaux,
quand j'étais
étudiant.
J'ai été mis dehors
et il ne m'a plus
jamais adressé
la parole.
Et à l'enterrement
de mon père,
parce que j'ai perdu
mon père quand
j'avais seulement 24
ans, je suis allé
le chercher
à la gare puisqu'il
est venu
de Bordeaux.
Mon papa se faisait
enterrer près
de Paris.
J'étais avec
mon cousin.
Il a embrassé mon
cousin,
il s'est assis
dans la voiture,
il ne m'a pas dressé
la parole, il ne
m'a pas embrassé.
Je venais de perdre
mon papa quand même.
C'est hélas,
quelqu'un qui a fait
une croix
totalement sur moi.
Oui, je pense
que c'est
la personne qui m'a
fait le plus de mal.
Qu'est-ce que tu
aurais dû dire
ou penser
différemment
à l'époque
pour avoir
un peu moins
de douleur ou
pas du tout ?
J'aurais peut-être
dû lui répondre
davantage.
Je pense que j'ai eu
un peu honte
et finalement,
je m'excusais.
Je n'avais pas
à m'excuser.
Je n'aurais pas dû
avoir à m'excuser.
Ce n'est pas moi
qui était
le problème
dans le rapport
qu'on a eu ensemble.
C'était lui
le problème,
mais je m'en suis
rendu compte
un peu après.
Aujourd'hui,
qu'est-ce que tu
désires le plus
profondément ?
Continuer à être
heureux comme ça
et que ma vie,
que je puisse
continuer à vivre
mes passions
et mon bonheur.
Imagine que tu as
une baguette
magique.
Dans 90 jours,
tous les obstacles
ont été brisés
et tout ce que tu
voulais absolument,
c'est réaliser.
Baguette magique,
qu'est-ce qui s'est
passé dans
90 jours ?
Je pense que j'ai
enfin une émission
de radio.
J'adorerais avoir
mon émission
de radio.
Ça n'a jamais pu se
faire pour des
raisons diverses
et variées un
peu complexes.
Une petite baguette
magique
pour améliorer
un peu le quotidien
professionnel,
mais pour le reste,
j'ai de la chance
que ça continue.
Quels sont
les petits pas qu'il
faudrait que tu
fasses dans les
prochaines semaines
pour une vraie
différence dans ta
vie personnelle
et professionnelle ?
Je ne crois pas
que ce soit à moi
de faire des petits
pas, mais peut-être
mes boss, non.
Dans ta vie
personnelle, il
n'y a pas tes boss.
Non, je parlais
de ma vie pro.
Dans ma vie
personnelle,
je n'ai pas
de petits pas à
faire, tout va bien.
Donc, qu'on continue
de franchir ces
petits pas ensemble
tous les trois avec
mon petit garçon
et mon mari,
et puis avec mon
chien et mon
chat aussi.
On a une petite
famille classique,
finalement.
Quel est ton plus
grand regret
à ce jour ?
Mon plus grand
regret,
c'est que mon papa
n'a jamais connu
son petit-fils.
Je pense qu'il se
serait très
bien entendu.
Ta plus grande
fierté ?
Ma plus grande
fierté mesure
96 centimètres
à peu près.
Il s'appelle
Il est trop mignon.
T'as plus
grande peur ?
Ma plus grande peur,
c'est qu'il lui
arrive malheur
un jour,
mais pour l'instant,
tout va bien, donc,
pourvu que ça dure.
Tu dirais
quoi au petit
Christophe,
âgé de 10 ans
maintenant, si tu
devais lui parler ?
Tu l'as en face
de toi, tu reviens
en arrière,
voyage
dans le temps,
tu te rappelles ?
Ouais.
Tu as 10 ans,
culotte courte,
tu as 10 ans,
peut-être la copo
au bol aussi.
Et tu te dis quoi ?
Tu lui dis quoi ?
Je lui dirais:
N'aie pas peur.
N'aie pas honte
d'être toi-même.
Et n'aie pas peur
parce que la vie
peut te réserver
bien des surprises.
Même si tu crois
impossible, tu vas
pouvoir le réaliser.
Quelle est l'erreur
qui t'a fait
le plus grandir ?
Je pense quand je
me suis fait...
Pour le côté
professionnel,
je pense quand je me
suis fait virer
de Virgin Radio,
parce que des gens
à l'époque m'ont
menti les yeux
dans les yeux en me
disant que je
continuais la saison
prochaine
et en fait,
tout avait été
préparé
dans mon dos.
Et là, je me suis
rendu compte que
le monde n'était
peut-être pas
toujours un monde
de bisounours
comme je le croyais.
Ça va aider à être
un petit peu
plus méfiant.
Qu'est-ce que tu
dois te dire
ou qu'est-ce que tu
te dis chaque matin
devant le miroir ?
Généralement,
chaque matin devant
le miroir,
je me dis qu'il faut
que je me dépêche
d'aller réveiller
Valentin parce qu'on
va être en retard
à l'école.
Parce que c'est
un gros dormeur,
c'est moi
qui le réveille
tous les matins.
Je ne sais pas si tu
le savais,
mais 70% des gens
n'aiment pas se voir
nu le matin
devant un miroir.
Nu, ça ne me
dérange pas, moi.
C'est la tête.
J'ai l'air fatigué.
Sinon, le reste
est sublime.
Tu serais surpris.
Qu'est-ce que tu
veux dire ?
Non, je rigole.
C'est énorme.
La vie, c'est ?
La vie, ça peut
être génial.
Donc, donner
une petite chance
à la vie,
parce que la vie
peut vous
surprendre.
Les gens sont ?
J'aime bien
les gens.
Les gens sont
gentils, je crois.
J'espère.
Je suis ?
Jeje suis
chaleureux.
Dans 20 ans,
je serai.
Vieux ?
Mais j'espère
toujours heureux.
Qu'est-ce que tu
dirais à ces femmes
et ces hommes qui te
regardent
en ce moment ?
Il y a hormis
le côté très
attachant
que l'on a
à t'écouter,
à partager
ton parcours.
D'abord,
très inspirant.
Merci de cette
vérité.
Merci de cette
authenticité.
C'est super dur.
Quand on est
un homme
de télévision,
c'est extrêmement
dur ce que tu es
en train de faire,
beaucoup plus
difficile que ce
qu'on peut imaginer.
Mais qu'est-ce
que tu pourrais dire
à celles et à ceux
qui nous écoutent
en ce moment
et qui n'ont
peut-être pas osé
penser ou fait ce
premier pas de vivre
la vie
et les affaires
qu'ils attendent
dans leur
quotidien ?
Moi, j'ai envie
de dire à tous ceux
qui regardent,
qui écoutent
aujourd'hui,
ne vivez pas
pour les autres,
pour faire plaisir
aux autres,
pour ne pas
déranger les autres.
La vie est
suffisamment courte.
Il faut vivre
pour soi,
pour réaliser ses
rêves, pour essayer
d'écouter ses désirs
et surtout,
ne pas vivre
dans l'idée qu'il ne
faut pas déplaire.
N'avez pas à vous
préoccuper de ça.
Il faut vivre
pour soi.
Qu'est-ce que tu
retiens de notre
rencontre
aujourd'hui,
camarade ?
Je retiens de notre
rencontre que j'ai
très souvent été
interviewé
par des gens
qui avaient beaucoup
moins de curiosités.
C'est beaucoup plus
intéressant avec
toi, mais c'est un
peu plus fatigant.
À bientôt,
Christophe.
Merci.
À bientôt.
J'espère que vous
avez autant aimé
que nous cette vidéo
pour retirer
peut-être quelques
informations
des stratégies,
des idées
implémentées
dans votre vie
personnelle comme
professionnelle.
D'ailleurs,
laissez-moi
un commentaire.
J'adore vous lire
pour savoir comment
mieux vous aider,
vous accompagner.
Quel est le contenu
que je dois poster
chaque semaine
encore pour répondre
à vos attentes
et aussi pour mieux
comprendre dans quel
défi de croissance
vous êtes
en ce moment.
Vous savez,
à l'époque,
on pouvait se former
une fois tous
les deux ans,
ça allait très bien.
Une fois par an,
parfait.
Mais aujourd'hui,
le monde a tellement
changé
que tous les six
mois, tous les 30
jours, il se passe
un événement.
Et je ne vous parle
même pas des réseaux
sociaux ou rien que,
et si vous êtes
entrepreneur,
vous le savez,
les funnels
de vente,
la programmation
des publicités,
le targeting
des clients.
Mais c'est tout a
changé complètement.
Et dans sa
vie privée ?
Mais
le bouleversement
total.
Combien d'employés
quittent leur
travail par millier,
par millier,
par millier,
chaque jour,
parce que leur job
ne fait plus
aucun sens ?
Combien d'entre eux
envisagent
une réorientation
ou une reconversion
sans savoir
exactement comment
s'y prendre.
C'est la catastrophe
en ce moment,
le nombre de gens
qui improvisent.
La plupart des gens
s'engagent
dans un nouveau
voyage où souvent,
ils en ont tellement
ras le bol, ils
claquent la porte.
Le problème,
c'est qu'ils n'ont
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