Musée canadien de la guerre

Découvrez la jeep Iltis endommagée et une rencontre unique avec un visiteur. Écoutez le fichier téléchargé à partir de 14 min 16 s ou utilisez le lecteur ci-dessus.

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« Béton et lumière » s’arrête ensuite à la Salle de la régénération Moriyama. Vous trouverez celle-ci au niveau principal, au bout du couloir en direction est à partir de la carte centrale des salles. Il s’agit du numéro 15 sur la carte du Guide du Musée.

What is Musée canadien de la guerre?

Projets audio créés par le Musée canadien de la guerre. Le Musée canadien de la guerre est le musée national d’histoire militaire au Canada et l’un des centres muséologiques les plus respectés au monde en ce qui a trait à l’étude et à la compréhension des conflits armés. Visitez-nous à museedelaguerre.ca.

Simon D. Scott : Ce lien entre les visiteurs et les expositions est ce qui guide les historiens du Musée, les personnes qui aident à créer les expositions et à mettre les artéfacts en scène. Leur travail est particulièrement visible dans les galeries principales où nous nous rendons. Rencontrons l'une de nos historiennes, qui nous explique ce que ce processus signifie pour elle.

Danielle Teillet : On ne se contente pas de raconter simplement l'histoire avec le nombre de personnes qui ont participé à cette bataille, par exemple. Nous essayons de partager des histoires personnelles et divers éléments auxquels les gens peuvent s'identifier.

Je m'appelle Danielle Teillet et je suis la première historienne de l'histoire militaire autochtone au Musée canadien de la guerre. Je travaille donc pour la division de la Recherche. Mes collègues et moi-même sommes responsables d'une grande partie du contenu intellectuel des expositions du Musée. Nous ne sommes donc pas des concepteurs. Nous ne travaillons pas avec les visiteurs. Mais nous sommes les historiens, nous sommes les personnes qui font les recherches et qui proposent l'histoire qui devrait être exposée au Musée.

Je pense que nous voulons établir un lien avec les gens, nous voulons les éduquer, mais nous voulons aussi que les gens se sentent reconnus autant que possible dans leurs propres expériences. C'est agréable d'entendre les gens s'identifier à quelque chose, qu'il s'agisse d'un artéfact, d'une photo ou d'une lettre, d'un élément d'archives qui leur parle vraiment. J'ai vécu un moment comme celui-là.

Quand j'ai eu l'occasion de faire des recherches aux archives, par exemple. Il n'est pas surprenant que les gens puissent avoir des réactions intenses, mais je pense que c'est une bonne chose. Il est évident que nous devons nous préoccuper de ne pas retraumatiser les gens, et je pense que c'est un élément important dont nous devons être conscients. Nous ne voulons pas répéter ces souffrances, et, en même temps, nous voulons éduquer.

Oui, c'est vraiment... très émouvant. On se sent très concerné, on veut en savoir plus et on veut partager certaines de ces histoires, tout en reconnaissant qu'il s'agit de personnes réelles. Ce ne sont pas des numéros, ce ne sont pas des statistiques. Chaque personne a une famille, une histoire, des amis, des parents et... ses propres expériences.

Jacques Giasson : Je m'appelle Jacques. Je travaille au Musée de la guerre depuis 19 ans, et cela va faire 20 ans cette année que le Musée a ouvert ses portes. Je tiens à vous signaler que nous entrons dans une exposition sur la guerre, donc il y aura un peu de bruit, des bruits de mitrailleuses et des bruits d’explosions d'obus. Je vous demande donc d'être indulgents.
Voici donc l'entrée. Et nous allons emprunter ce couloir...

[Bruit d’une porte qui s’ouvre, suivi de bruits de fond indistincts]

Simon D. Scott : Il nous emmène dans les galeries, qui constituent l'essentiel de l'expérience muséale. Il y en a quatre en tout, qui se concentrent sur l'histoire militaire du Canada, depuis l'époque précoloniale jusqu'aux conflits actuels, en passant par les deux Guerres mondiales et la Guerre froide.

Nous nous trouvons dans la galerie 4, intitulée « De la Guerre froide à nos jours », qui se concentre sur les efforts modernes de maintien de la paix, y compris les opérations en ex-Yougoslavie.

Jacques Giasson : Il s'agit de la Jeep Iltis, fabriquée au Québec par la société canadienne Bombardier.

Voici la Jeep que conduisait un Casque bleu canadien lorsqu'il a été attaqué en Croatie, à la frontière entre la Croatie et la Serbie. Le conducteur traversait un village et les soldats serbes ont soudainement ouvert le feu sans raison. Les balles ont traversé le siège. Vous voyez le siège, il est déchiré par les balles.

Le chauffeur est venu au Musée, je crois que c'était en 2010, si je ne me trompe pas. Il s'est approché de moi et m'a dit : « Auriez-vous par hasard une Jeep Iltis des Nations Unies dans votre collection? » Il m'a dit qu'il aimerait la voir. J'ai dit : « Bien sûr, elle est en bas, je peux vous y emmener et vous pourrez y jeter un coup d'œil. » Je l'emmène donc en bas et il regarde la Jeep comme ça, la tête baissée et je pouvais voir, que des larmes roulaient sur les joues de cet homme. Il était très ému. Je ne savais pas quoi faire à ce moment-là. Je me suis dit que j'allais lui laisser un peu d'espace. C'est ce que j'ai fait. J'ai reculé, je lui ai laissé de l'espace, le temps de se recueillir.

Puis je me suis approché de lui. Je lui ai dit : « Monsieur, il est évident que cette Jeep a un grand impact sur vous. »

Il m'a répondu que c'était pour une bonne raison : « C’est moi qui conduisais ce véhicule quand il a été attaqué. »

Je crois que je lui ai dit : « Vous vous moquez de moi? Vous étiez le conducteur? »

Il m'a répondu que oui.

Quand vous regardez le pare-brise, vous voyez un trou de balle qui est passé au-dessus du volant. « Cette balle, a-t-il dit, je l'ai entendue siffler. » Il s'en est fallu de peu pour qu'elle ne le touche pas, car, si la balle qui est passée par là l'avait touché, elle l'aurait probablement atteint au cou. Et c'en aurait été fini de lui. Ça fait partie de ces moments où, parfois, on rencontre des gens qui ont un lien direct avec les artéfacts que nous avons dans le Musée.