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Et si l’échec, l’humilité et la résilience étaient les vraies clés du succès ?

Dans cet épisode d'UNIK, découvrez l'incroyable parcours de Carole Juge-Llewellyn, fondatrice de Joone (20M€ de chiffre d'affaires, présente dans 40 pays) — un parcours jalonné de chutes, de renaissances et d’audace.

🚀 Dans cette interview exclusive, vous allez découvrir :
✅ Comment transformer un échec cuisant en moteur de réussite.
✅ Pourquoi l'humilité est une arme secrète pour les entrepreneurs.
✅ Comment rebondir quand tout semble perdu (interdiction bancaire, faillite, solitude).
✅ Le vrai rôle de l'organisation, du travail sur soi et de la résilience dans la réussite entrepreneuriale.
✅ Ce qu’est vivre à 110% selon Carole, entre maternité solo, entrepreneuriat international et spiritualité assumée.

🎯 Un podcast essentiel pour :
✔️ Les entrepreneurs en quête de sens et de réussite authentique.
✔️ Celles et ceux qui veulent entreprendre même sans réseau, sans argent, sans piston.
✔️ Les leaders qui veulent concilier ambition, humanité et contribution.

What is UNIK MEDIA?

Les Rencontres inspirantes de Franck Nicolas.
Nous avons tous en nous des dons et des talents uniques.
Les grandes réussites de tous les domaines qui nous entourent ont su mieux que quiconque les découvrir et les exploiter pour vivre leur vie à 110%. Et si vous pouviez en être inspiré et reproduire ce même chemin ? Franck entre dans la "tête" de ces leaders incroyables pour vous livrer leur recette du succès.
Nous vous dévoilons des talents "UNIK" pour réussir à votre tour.

Quand j'étais plus
jeune, je voulais

être scénariste.

Mon papa m'a fait
comprendre que ce

n'était pas
un métier.

J'ai écrit mon
premier scénario

à 14 ans.

J'étais nommée à 14
ans au Festival

du film de Paris.

Si tu fais
les compromis,

si tu ne prends pas
les décisions

difficiles,
le monde extérieur

les prendra
pour toi.

2004, tu as 20 ans,
Miss Auvergne.

Et je me fais fumer
par Geneviable

de Fontenay.

Tout ça a été foutu
en l'air quand il

y a eu Taken 3.

Tout dans Taken 3,
on me voyait

quand même bien.

Toutes les erreurs
possibles

et inimaginables,
je les ai faites.

J'ai mal recruté
des gens que je

n'avais pas les
moyens de payer.

J'ai lancé
un produit alors

que je n'avais
pas le produit.

J'ai accepté des
trucs inacceptables.

Donner
la connaissance

à tout le monde,
c'est hyper

important.

J'ai fait des études
dans la littérature

et donc c'est
comme ça que je suis

venue prof
à l'université.

J'étais interdit
bancaire.

J'ai dû mettre mon
appart sur Airbnb

pour pouvoir
continuer de

payer le loyer.

Tu n'as plus d'ego,
là, tu n'as

plus rien.

Tu n'as plus
d'argent,

tu n'as plus d'ego.

Tu es très,
très humble.

Quand tu Rien
à perdre, t'as

rien à perdre.

June, c'est ta
marque que tu as

fondée il y
a huit ans.

Qui est d'affaires
20 millions ?

Un peu plus, oui.

L'argent peut rendre
des belles choses

encore meilleures
et des choses

horribles
encore pire.

Je me battrais tout
le temps pour ça

parce qu'on ne peut
pas vivre

indéfiniment
dans un monde

où les richesses,
la connaissance,

le pouvoir est
centralisé

sur une élite.

En France,
quand tu oses

demander ce que tu
veux ou quand oses

dire: Je veux ça,
pour 50% des gens,

tu es inspirante,
pour 50% des gens,

tu es cinglé.

Soyez
déraisonnables.

Ayez l'audace
de choisir vos

valeurs pour faire
de vous un grand

leader pour un
monde meilleur.

Salut, je m'appelle
Carole Jujet-Wilin,

je suis
la fondatrice

de June
et aujourd'hui,

on est avec Franck
Nicolas pour Unique.

Les amis, tu as de
la poigne, en fait.

Vous ?
Fais voir.

Vas-y.

Pas mal du tout.

Je vais au sport
en ce moment.

Le reste de
l'année, moi.

Mais là,
je vais au sport.

Une superbe
entrepreneur,

les amis.

Aujourd'hui,
on reçoit Carole.

Un parcours
incroyable.

Universitaire,
entrepreneuriat,

déo, débat.

Ce n'est pas
un conte de fées

qu'on va avoir
aujourd'hui,

c'est la vraie vie.

Une très belle
entreprise,

une contribution,
une cinquantaine

d'emplois.

Je dirais,
elle contribue

dans le monde entier
avec son produit.

Ce sont des couches.

Carole,
comment vas-tu ?

Écoute, ça va.

Début d'année,
très dense.

Qu'est-ce que tu
veux dire très En

fait, moi,
je cumule un peu

plusieurs activités.

J'ai June,
qui est ma boite

depuis sept ou huit
ans, que j'adore.

J'élève seule
mon petit garçon.

J'ai aussi
une émission sur M6

qui s'appelle
La Grande Semaine,

tous les samedis.

Donc, ça fait
beaucoup de choses

à faire rentrer
dans un laps

de temps parce
que j'ai envie

d'avoir du temps
pour mon enfant.

C'est ma priorité
absolue et en même

temps,
j'ai une entreprise

dans laquelle je
suis très

opérationnelle
et puis plein

d'activités à côté.

Donc C'est dense,
mais j'aime bien.

Tu contrôles bien
tes journées

malgré tout.
Oui.

C'est un peu la clé
de tout faire

rentrer dans une
même journée.

Il faut juste
beaucoup

d'organisations.

Ça enlève un truc
qui me manque.

La responsabilité ?
Exactement.

J'aimerais bien
pouvoir me dire

si des copines
m'appellent un soir

en me disant: Tu ne
veux pas qu'on

fasse ça ce soir ?

Pouvoir dire: Ouais,
grave, avec plaisir.

Et la réalité,
c'est que je ne

peux plus faire ça.

C'est vraiment
le truc qui me

manque dans la vie
aujourd'hui.

Mais à côté,
d'avoir autant

d'organisations,
ça me permet de tout

faire rentrer
dans mes Et ça,

ça n'a pas de prix
parce que ça me

permet de faire
plein de choses

que j'adore.

Universitaire,
entrepreneuriat,

théâtre,
cinéma aussi ?

Ouais, exactement.

Dans ma vie d'avant.

Ma grand-mère était
costumière

de théâtre.

Donc, depuis que je
suis toute petite,

j'ai fait beaucoup
de théâtre.

Quand j'étais plus
jeune, je voulais

être scénariste.

Et puis,
mon papa m'a fait

comprendre que ce
n'était pas

un métier,
ce qui est faux.

Les scénaristes sont
de brie, c'est

un brillant métier.

Et ce qui fait
que je me suis

plutôt orientée
vers la fac où j'ai

fait des études
en littérature.

Et donc c'est
comme ça que je suis

venue prof
à l'université.

Mais j'ai quand même
toujours gardé

une passion
pour l'écriture.

Tu étais prof ?

Je savais pas
du tout que tu

étais prof.

Oui, j'étais prof
à l'université.

Mais où ça ?

À l'université
Paris 12.

Pendant combien
de temps ?

J'étais prof
à l'université

de Clermont-Fert
en deux ans.

Après, j'étais prof
à Rennes pendant

un an et Paris 12
pendant trois

ou quatre ans.

Qu'est-ce qu'elle
a pas fait ?

Je sais pas.

Aujourd'hui, June,
c'est ta marque

que tu as fondée il
y a huit ans et elle

vend 70 millions
de couches par an.

Donc, 35 pays ?

40 pays ?

Oui, 35 5,
40 piges, oui.

Chied d'affaires,
20 millions ?

Un peu plus, oui.
Un peu plus ?

Dans ces eaux-là,
on est une

cinquantaine.

Et c'est une
grande aventure.

C'est assez
incroyable parce

que moi, je ne viens
pas du tout

de ce milieu-là.

Donc c'est vrai
que c'était assez

fun de le faire.

Et aujourd'hui,
ce qui est hyper

marrant,
c'est de pouvoir

développer
des nouveaux pays,

des nouveaux
produits,

parce qu'on a
commencé

par la couche,
mais ça fait très

longtemps qu'on fait
un peu tous

les produits
de soins pour les

enfants, les mamans,
les préadolescents,

les femmes
enceintes.

Donc en gros,
on équipe quand même

aujourd'hui plus
de 150 000 familles

en France sur plein
de produits

différents.

On n'a rien
pour les papas.

C'est la chose qu'on
n'a pas, mais il y a

une bonne raison,
c'est qu'il y a

plein de super
belles marques

comme Horace,
par exemple,

qu'on adore,
qui fait de très

belles choses
pour les hommes.

Nous, on s'est
vraiment concentrés

sur la marque
compagnon de la

femme de l'enfant.

Et c'est vrai
que c'est

marrant à faire.

Et moi,
au quotidien,

huit ans après,
j'adore toujours

autant mon job.

Donc, je suis
très heureuse.

J'ai J'aimerais bien
comprendre

ce qui a façonné ce
parcours,

fait de haut
et de bas,

ce n'était pas
uniquement en rose.

Qui était
ta famille ?

Qui était Carole
à l'âge de 10 ans ?

C'était quoi
le contexte ?

Moi, mes deux
parents sont

enseignants.

Mon père était prof
de maths et ma mère

était prof
des écoles.

Donc, j'ai grandi
dans un milieu où

la culture,
les arts, les livres

avaient une place
importante.

Et en fait,
le fil rouge de ma

vie, c'est vraiment
la création.

Puisque quand j'ai
commencé,

quand j'étais
petite, je voulais

être écrivain,
scénariste.

C'était un peu
ma passion.

Je beaucoup
de théâtre.

Quand tu étais
petite, déjà, tu

faisais du théâtre ?

J'ai commencé
le théâtre à huit

ans et j'ai écrit
mon premier

scénario à 14 ans.

J'étais nommée à 14
ans au Festival

du film de Paris
dans la catégorie

du meilleur
scénariste junior.

Je suis la plus
jeune à ce jour.

Tu avais ça un petit
peu dans la peau,

finalement.

Oui, mais La
création, c'est

un truc qui m'anime.

Et en fait,
créer une histoire

ou créer un produit
ou créer une marque,

c'est les mêmes
ressorts.

C'est-à-dire
que c'est comprendre

les émotions
dont les gens ont

besoin, comprendre
comment tu

les amènes
à ressentir quelque

chose pour ton
personnage,

pour l'histoire
que tu racontes.

Et même pour tes
étudiants,

transmettre
un savoir,

c'est transmettre un
désir d'apprendre.

Et ce n'est pas
juste: Tiens,

voilà la lettre,
parce que tu peux

lire un bouquin,
tu apprends

la même chose.

Qu'est-ce qui fait
que tu as plus envie

d'apprendre d'un
professeur que

de ton bouquin ?

C'est le désir
d'apprendre que tu

es capable
de communiquer

et la manière
un petit peu

intéressante que tu
vas amener pour ta

connaissance.

J'ai un exemple
qui est marrant

et j'ai pas mal
de mes anciens

élèves qui
m'écrivent

sur les réseaux
sociaux,

mais typiquement,
on avait un cours

d'anglais juridique
et chaque année,

je faisais
un faux procès.

Donc, j'expliquais,
on prenait deux

heures de cours,
on avait tous les

fichiers
de vocabulaire,

les séquences, etc.

Et on refaisait
un faux procès

qui avait eu lieu
aux États Unis,

avec chacun qui
avait un rôle.

Et en fait,
c'était complètement

hors programme.

Mais en fait,
c'était le meilleur

moyen pour eux
d'utiliser

un vocabulaire,
de s'approprier

une thématique.

Et ça les faisait
marrer, ils étaient

trop contents.

Et en même temps,
tout le monde

passait un super
moment et à la fin,

ils avaient appris
beaucoup plus

de choses que juste,
si je leur avais

dit: Ouvrez
le livre,

page 62 et apprenez
le vocabulaire.

2004, tu as 20 ans,
Miss Auvergne.

Ça ne s'est
pas passé.

C'est ça
le fun fact.

En fait, en 2004,
malheureusement, mon

grand-père décède.

Et à ce moment-là,
je ne sais pas

pourquoi,
j'ai un truc

qui twiste et je me
dis: Je veux faire

des trucs que je
n'ai jamais fait.

Et donc à ce
moment-là,

je demande à aller
à l'élection

Miss Auvergne.

Mais je n'avais fait
aucune élection

de Miss de rien
du tout avant.

Donc je postule.

Ils me disent: Oui,
bien sûr,

inscrivez-vous.

Et à l'époque,
c'était le

concours Miss France
a beaucoup grandi.

Et depuis,
à l'époque,

ils étaient
justement en train

d'essayer de mettre
de plus en plus

de filles
qui faisaient des

études supérieures.

Et donc forcément,
moi, j'arrivais,

j'étais en troisième
année d'université,

ils me disent:
Génial, venez,

même si tu n'as fait
aucune élection,

hop, j'arrive.

On me fait
comprendre que je

suis un peu
bien pressenti

pour avoir le titre
parce que j'ai fait

des études
supérieures.

Et à ce moment-là,
je leur explique:

Attendez,
parce que moi,

je ne pourrais pas
faire la préparation

de Miss France
si jamais je suis

élue, parce que j'ai
mes partiels à ce

moment-là et je dois
absolument avoir mes

partiels,
parce que c'est

les notes qui vont
déterminer

les universités
où je vais pouvoir

aller aux États-Unis
l'année d'après.

Et je me fais fumé
par Geneviève

de Fontenay qui me
dit: Mais ce n'est

pas possible,
tu es obligé

de faire
la préparation

de Miss France
si jamais tu es élu,

ça ne se passe
pas comme ça.

Tu ne peux pas faire
ce que tu veux,

ce que tu décides.

Et je n'ai pas été
élue, Miss Auvergne.

Et j'ai raconté
cette anecdote

à la toute première
interview que j'ai

faite à madame
Figaro, qui a,

je pense,
volontairement

choisi d'enlever
cette partie-là

et qui a mis cette
ancienne

Miss Auvergne.

Et depuis,
c'est resté dans les

annales que je suis
une ancienne

Miss Auvergne.

Et non, je n'ai pas
été élue et pire

que ça,
j'étais bonne

dernière
du classement parce

que Geneviève
de Fontenay était,

entre guillemets,
pas contente que je

sois venue faire
l'élection.

Et après, j'ai gardé
quand même pas mal

de liens avec
le milieu des Miss.

Je suis restée très
copine avec

certaines Miss.

Et donc,
je pense

que les gens,
naturellement,

se disent: Ça marche
un peu ensemble.

Mais je n'ai pas
J'ai été élue

Miss O'Verner.

Et après,
tu es partie

aux États-Unis pour
suivre tes études ?

Oui.

Caroline du Nord,
c'est ça ?

Oui.

J'étais en Caroline
du Nord,

dans l'université
de Michael Jordan,

de Vince Carter.
Rien de moins.

Non, mais c'est
une très belle

université.

J'étais extrêmement
heureuse là

et j'ai commencé ma
carrière

universitaire.

J'ai fait mon
master, après, j'ai

fait mon doctorat.

Et pour quelles
raisons ce choix ?

Qu'est-ce qui avait
comme désir en toi ?

C'est une question
hyper intéressante.

Je me sentais un peu
à l'étroit

en France.

Je trouvais
que le côté,

il fallait rentrer
dans une case

spécifique
et abonder

dans certains codes
qui, moi,

me gênaient
un petit peu.

Et le sentiment
d'infini,

le sentiment
d'illimité

des États-Unis
m'inspirait

beaucoup.

J'avais besoin de
ça, j'avais 20 ans.

J'avais envie d'un
petit peu un

souffle nouveau.

Et c'est vrai qu'aux
États-Unis,

j'ai appris
à travailler quand

même parce que
jusque-là,

j'avoue que je
bossais pas

beaucoup,
je me reposais

beaucoup sur
mes acquis.

Et j'ai vraiment...

Ouais,
j'ai été assez

challengée par pas
mal de choses.

Ça m'a beaucoup fait
grandir et je Je

suis restée de 2004
jusqu'à 2000.

Je suis rentrée
en 2010

pour soutenir ma
thèse et j'ai passé

des années
merveilleuses.

Je faisais
des petits

allers-retours.

Donc, tu as fait ta
thèse à la

Sorbonne ?
Oui, tout à fait.

Et à l'époque,
tu souhaitais faire

un parcours
académique ?

À l'époque,
je Je vais faire un

parcours académique.

Je me suis dit:
Je vais être prof.

C'est fou parce
que tu avais

un petit côté
rebelle quand même.

Ouais.

Je veux
de la liberté,

je veux pas dans une
case, je veux pas

dans une boîte.

Et puis finalement,
ma thèse,

à la Sorbonne, et je
reviens gentiment.

Il y a une grande
liberté

dans l'enseignement
supérieur parce

qu'on fait
de la recherche

et donc on crée
beaucoup de choses,

on crée des théories
et c'est quelque

chose d'assez
puissant.

Et c'est vrai que ça
me permettait

de pouvoir lire
beaucoup de livres

et d'un point de vue
créatif, c'était

très nourrissant.

J'écrivais aussi
à côté, donc c'est

vrai que ça me
permettait

de nourrir aussi
une note de mes

passions.

Et
au bout d'un moment,

il faut bien grandir
et avoir un job et

faire de l'argent.

Pour faire
de l'argent,

tu enseignes
la littérature

américaine
à la Sorbonne ?

À Paris 12, oui.
À Paris 12 ?

Comment tu as vécu
cette expérience

d'enseigner
comme ça ?

C'est marrant parce
qu'enseigner

en France, c'est
très politique.

Et c'est vrai
que moi,

j'étais très jeune
et je faisais déjà

jeune à l'époque.

Et donc,
le fun fact,

c'est qu'un peu
comme pour

l'élection
de Miss Auvergne,

quand j'ai postulé
pour mon premier

poste à la fac,
comme j'étais très

jeune et que je
faisais très jeune,

ils m'ont classée
dernière du poste

en mettant devant
moi que des gens qui

étaient plus âgés.

Sauf que tous
les gens devant moi

ont refusé le poste.

Et donc, ce qui fait
que je me suis

retrouvée avec ce
poste-là à la fac Et

à ce moment-là,
on m'a gentiment

expliquée
que j'allais me

faire bouffer
par les étudiants

parce qu'ils avaient
deux, trois ans

de moins que moi.

Et je leur ai dit:
Non, ne vous

inquiétez pas, ça
va bien se passer.

J'ai pris beaucoup
de plaisir

à le faire.

J'ai pris beaucoup
de plaisir avec

mes étudiants.

Vraiment,
c'était

une communauté
incroyable.

Ils étaient
contents, je pense,

d'avoir un prof
un peu différent

en face d'eux.

J'avais des méthodes
un peu à moitié

américaines
et à moitié

françaises, donc ça,
ça leur plaisait

beaucoup.

Avec
l'administration,

des fois,
c'était un peu plus

dur parce qu'il y
avait des gens

qui accueillaient
beaucoup le

changement.

Et puis, il y avait
des gens qui étaient

évidemment très
réfractaires parce

qu'on ne change pas,
on ne fait pas

bouger la grande
maison.

Je me rappelle très
bien un jour,

mon doyen était
venu, mais vraiment

me fâcher très
sérieusement parce

que j'étais venue
avec mon chien

à la fac et je
m'étais pris

une saucée
comme rarement.

À l'époque,
tu étais amoureuse

des chiens ?

Oui, je suis
toujours des chiens.

Parce que là,
on ne les voit pas,

mais ils sont...
On a des chiens.

Là, tu adores
les chiens ?

Oui.

C'est ton truc,
c'est le meilleur

animal de l'homme.
Complètement.

Et en parallèle
de cet amour,

de cette vie,
ça pétille.

Tu dis: Non,
c'est pas fini.

Tu es actrice
en parallèle.

Oui, parce que prof
à la fac,

tu travailles...

Moi, je travaillais
14 heures

par semaine,
24 semaines par an.

Comment on
devient actrice ?

Tu fais des
castings ?

Non, en fait,
c'est comme plein

de choses.

Déjà, moi,
j'avais gardé quand

même pas mal
de liens avec

le monde du cinéma
via la partie

scénario,
puisque j'avais

quand même écrit
des scénarios quand

j'étais petite
et donc j'avais

quand même encore
pas mal de liens

avec ce côté-là.

Et puis un jour,
on me propose une

pièce par hasard.

Je joue dans une
pièce parce qu'une

d'une actrice d'un
pote

qui me connaissait
me dit: Elle s'est

fait mal,
elle ne peut plus

faire le rôle.

J'ai dit: OK,
je vais le faire.

Et puis,
un réalisateur vient

voir la pièce
par hasard,

il dit: Elle est
super, je vais lui

proposer un rôle.

Je ne sais pas
si j'étais super,

mais en tout cas,
il a dit ça.

Et puis,
je me retrouve avec

un rôle, puis un
rôle, puis un rôle.

Et
après,

j'avais un tout
petit avantage,

c'est que je parle
anglais comme une

Américaine, mais
j'habite en France.

Et donc, quand j'ai
fait deux,

trois films
pour Europacorp,

quand ils ont besoin
d'une actrice

qui parle anglais...

Tu as fait
des pubs aussi ?

J'ai fait deux,
trois pubs aussi.

Et quand tu as
besoin d'une actrice

qui parle anglais
comme une Américaine

pour un film qui se
passe à Los Angeles,

mais qu'on tourne
à Paris,

ils appellent Karen
en disant: Tu ne

peux pas bien
le faire.

Et voilà.

J'ai fait deux,
trois films

comme ça.

Et finalement,
c'est ce que je

réalisais
à ce moment.

Tu me dis: J'ai
une double vie,

mais tu fais
en sorte de ne pas

Vous vous êtes
tous mélangés ?

Oui.

C'est pour ça
que j'ai deux noms.

C'est pour ça que je
m'appelle

Jules Léoline.

Et pendant très
longtemps,

je n'assumais pas
du tout la partie

artistique.

Donc c'est
de la protection ou

tu es cachotière ?
Non.

Les deux noms
existent vraiment.

Je ne suis pas
vraiment protégée,

mais j'avais J'ai
vraiment beaucoup

de mal à l'époque,
et il faut le dire,

c'était quand même
il y a 10 ans,

avant les réseaux
sociaux,

avant l'avènement
de tout ce qu'on

connaît aujourd'hui,
j'avais beaucoup

de mal à mélanger
mes deux vies.

Je me suis dit: Les
gens ne vont pas

comprendre qu'une
prof d'université

joue au théâtre.

Moi, j'adore
le théâtre

et le théâtre, c'est
un art très vivant.

Donc en fait,
sur scène,

j'insulte un gars,
je lui mets

une gifle.

Le lendemain matin,
à 8h00,

je donne un cours.

Donc, j'avais peur,
je pense,

beaucoup du regard
que pouvait avoir

mon doyen ou mes
autres collègues

enseignants.

Parce que c'était
important pour toi,

cette partie
d'académie ?

Mais parce que c'est
dur pour plein

de gens de concilier
les deux.

C'est peut-être
moins dur

aujourd'hui,
mais à l'époque,

je me suis dit: Ils
vont mal le prendre.

C'est facile,
aux États-Unis,

mais en France...

Ils vont mal
le prendre.

En France, c'est
plus compliqué.

Et tout ça a été
foutu en l'air quand

il y a eu Taken 3,
parce que pour le

coup, dans Taken 3,
on me voyait

quand même bien.

Et le jour de la
sortie de Taken 3...

Là, tu es repérée
par Nice et...

C'était
compliqué, oui.

Et tu te retrouves
dans Taken 3.

Rien de moins.

Oui, mais
c'était sympa.

Un joli step
de plus.

Oui, après,
je ne sais pas

si j'étais vraiment
une très grande

actrice,
donc ce n'est pas

une partie de ma vie
que j'ai

laissée de côté.

C'était
une validation

ou juste une étape,
finalement,

de Taken 3 ?

C'était une étape.

Je pense que c'était
une étape parce que

ça m'a fait kiffer.

C'était très bien
payé, c'était

un très beau moment.

C'est quoi ce type
de cachet quand tu

dis si bien payé,
la plupart des gens

savent pas
ce que c'est.

Non, mais tu vois,
trois jours

de tournage,
quand tu es actrice

dans un film
américain, c'est...

C'est quoi ?

Je ne sais plus
combien c'était,

ça devait être 3
ou 4 000 balles,

mais à l'époque,
c'était énorme

pour moi.

C'était C'est
gigantesque parce

que moi, je gagnais
1 780 € par mois en

étant prof à bac+10.

C'est comme quand tu
fais une pub

et que d'un seul
coup, on te dit:

Pour la pub,
tu es payé 20 000 €.

Tu
dis: C'est

incroyable, c'est
tellement d'argent.

Et c'est tellement
d'argent.

Pour aller tourner
une demi-journée

une pub qui n'est
pas incroyable.

Mais tu dis quand
même, à l'époque,

c'est top.

Donc là, tout
paraît très rose.

On sent que tu aimes
les animaux,

vraiment.

Je crois que je l'ai
vu en arrivant,

on a un point
en commun,

on aime vraiment
les animaux.

Tout paraît rose.

Dans les animaux,
tu aimes aussi

faire du cheval.

Et puis, baume,
chute de cheval

et six mois
d'immobilisation.

C'était
le confinement

avant l'heure.

Là, tu le fais
comment ?

Déjà, à l'époque,
ça arrive

à un moment où ce
n'est pas très

pratique parce
que je suis prof

à la fac,
je devais jouer

au théâtre
Mademoiselle Julie.

Je ne peux plus, je
n'ai plus de bras.

J'ai un casting
pour un film

américain que je
fais avec un

bras comme ça.

Évidemment,
je suis très mal

dans mon corps,
il n'y a rien qui

passe bien.

Et à ce moment-là,
je me rappelle d'une

idée que j'avais eue
plusieurs mois plus

tôt sur une boîte
qui va être ma

première boîte.
Momyville ?

Momyville.

C'est là que tu as
eu l'idée, en fait.

Et comme je suis
enfermée chez moi,

je n'ai rien d'autre
à faire que de lire

des bouquins
et de faire ce

que je fais
de mieux, c'est lire

des bouquins
et analyser

une situation,
parce que la

recherche
universitaire,

c'est ça.

Et donc,
je lis plein

de bouquins,
j'analyse le truc

et je crée Momyville
grâce Ça, c'est ma

chute de cheval.

Et deux ans plus
tard, qu'est-ce

que ça devient,
Momyville ?

C'était un échec.

Je ne viens pas du
monde de l'argent.

Je ne savais pas
comment fonctionnait

une entreprise.

Donc, toutes
les erreurs

possibles
et inimaginables,

je les ai faites.

Qu'est-ce que tu
fais comme

connerie ?
Vas-y.

J'ai mal recruté
des gens que je

n'avais pas les
moyens de payer.

J'ai lancé
un produit alors

que je n'avais
pas le produit.

J'ai accepté
des trucs

inacceptables
de gens

qui n'étaient pas
forcément bien

intentionnés.

Toutes les erreurs
qu'on peut faire,

ça m'a beaucoup
marquée,

ça m'a beaucoup
appris parce

que le moment où il
faut aller

au tribunal
de commerce et dire

à un juge: Je
voudrais qu'on

liquide mon
entreprise,

c'est extrêmement
humiliant,

d'autant plus quand
tout le monde

t'avait dit que
tu finirais là.

À ce moment-là,
tu dirais que tu es

une femme qui a
de l'ego ?

Non, tu n'as plus
d'ego, là,

tu n'as plus rien.

Tu n'as plus
d'argent,

tu n'as plus d'ego,
t'es vraiment

très humble parce
que cette

expérience,
elle est juste dure

à tous les niveaux.

Tu vois toutes tes
copines qui sont

en train de se
marier,

d'avoir des gamins,
des super tafs.

Et toi, tu es là,
tu dans 17 mètres

carrés avec ton
petit chien,

tu n'as plus une
tune, c'est dur.

Dans la vraie vie,
tous les jours,

tu dirais que
tu es quoi ?

Tu es humble,
tu es cool,

tu as un égo, tu
joues la patronne ?

Tu ne peux pas faire
un métier où tu as

de la représentation
publique sans

avoir d'égo.

Je n'en ai pas plus
ou moins qu'une

autre, mais tu ne
peux pas faire ce

métier-là si tu
n'as pas d'égo.

Il y a un égo
qui peut être très

positif aussi.
Complètement.

L'égo est
très positif.

Il ne faut pas
imaginer qu'avoir

de l'égo,
avoir de l'ambition,

avoir des envies,
c'est un truc

fondamentalement
négatif.

Ce n'est pas vrai.

C'est un peu
comme l'argent.

L'argent Comment
peut rendre

des belles choses
encore meilleures

et des choses
horribles

encore pire.

Ça dépend pas
de l'argent,

ça dépend de la main
de qui elle est.

C'est un outil.
Exactement.

Et l'ego,
c'est un outil

comme un autre.

Tu mets de l'ego
sur quelqu'un

de sympa,
ça peut faire

un truc très cool
et de l'ego

sur un gros con,
c'est encore

pire que tout.

Et toi,
tu dirais que toi,

tu es dans quelle
catégorie ?

Je dirais pas que je
suis grosse conne

quand même ?

Ça serait dur
pour moi de dire ça.

En vrai, la personne
avec laquelle je

suis le plus dure,
c'est toujours

moi-même.

J'ai beaucoup
d'exigences.

On le sent.

J'ai beaucoup
d'exigence envers

moi et en même
temps...

Et du coup,
avec les autres ?

Avec les autres,
j'aime...

En fait,
j'aime

fondamentalement
les autres.

Et
c'est vrai que c'est

toute la difficulté,
je trouve,

quand tu as
une entreprise,

c'est de trouver
le bon équilibre

entre les attentes
que tu vas avoir

et les choses
que tu peux avoir.

Un petit peu
comme dans une

vie de couple ?

C'est exactement
comme dans une

vie de couple.

Et c'est toute
la problématique,

c'est que dans une
vie de couple,

c'est toi plus
une personne

et dans une
entreprise,

c'est toi plus
70 personnes.

La plupart des
couples explosent.

Je veux dire
pourquoi ?

Parce qu'on
pense qu'il y

a deux entités.

Il y a toi
et l'autre personne.

Mais pour qu'un
couple puisse

respirer, il faut
trois entités.

Il y a cette sphère
toi, toute seule,

moi, tout seul.
Et nous ensemble.

Et nous ensemble.

Et souvent,
c'est tout ou rien

et ça respire pas.

Dans une entreprise,
le toi tout seul,

il existe plus.

C'est-à-dire
que être fondateur

d'une boite,
c'est assez marrant

parce que
tu es un peu

à un goulot
d'étranglement.

Il y a une pyramide
et puis toi, tu es

en de la pyramide.

Et puis,
il y a plein de gens

qui dépendent
de toi,

qui ont besoin
de parler avec toi,

d'échanger avec toi.

Et en fait,
si tu as

un problème,
tu peux jamais aller

dire à quelqu'un
de ton équipe: J'ai

un problème, ça,
tu comprends,

c'est trop dur.

Et en même temps,
au-dessus de toi,

il y a tous
les investisseurs,

les banquiers,
les financiers,

les gens qui ont
quand même beaucoup

de pouvoir sur toi.

Il faut être
assez honnête.

On est
dans la transaction

au-dessus.
Exactement.

Et tu peux pas non
plus te

plaindre à eux.

Donc, tu as
une espèce de...

C'est un métier
paradoxal qui est

assez solitaire
où tu te prends

beaucoup de pression
et en même temps,

tu as beaucoup
de responsabilités.

Et comme dit l'oncle
de Spiderman: Un

grand pouvoir,
c'est de grandes

responsabilités.

Il faut savoir les
doser à bon escient.

Je n'avais pas pensé
à la citation

de l'oncle
de Spiderman.

C'est
vrai que sur ce

coup-là, tu me
suis surpris.

Je suis décompensé.

J'ai beaucoup
de citationsC'est

une formation
très...

En contexte.

Elle est bien celle.

En plus,
elle est vraie.

Mais parce qu'elles
sont très en vraie.

Je pense que c'est
pour ça que j'aimais

beaucoup être prof.

Rendre les choses
accessible.

On le sent,
le côté pédagogie.

Rendre les choses
accessible,

c'est Donner
la connaissance

à tout le monde,
c'est hyper

important.

Ça ne sert à rien
d'utiliser des mots

compliqués pour
expliquer des

concepts simples.

Plus c'est
compliqué,

plus il faut
l'expliquer

simplement.

Ça, c'est la force
d'un entrepreneur.

Exactement.

Il y a, je pense,
une mauvaise

conception
de l'enseignement

en France qui est
un petit peu basée

sur ce côté:
la connaissance doit

rester dans une
forme d'élite.

Et je pense
que le climat social

aujourd'hui nous
apprend qu'en effet,

la connaissance ne
doit pas rester dans

un clivage d'élite.

La connaissance doit
être dispatchée

à tout le monde.

Tout le monde mérite
d'y avoir accès

tout le temps.

Et je pense que tous
les sujets qu'on

peut voir,
notamment dans les

médias autour
des fake news,

viennent de cette
espèce de conflit

de dire: Mais
en fait,

on mérite tous
d'avoir accès

aux informations
tout le temps.

Et les réseaux
sociaux

permettent ça.

Là où avant,
les réseaux sociaux,

tu n'avais pas cet
accès immédiat en 30

secondes d'une
information qui fait

le tour
de la planète,

c'est grâce aux
réseaux sociaux.

Et il y a plein
de très choses

bizarres
sur les réseaux,

mais il y a aussi
plein de très

bonnes choses.

Ça permet d'amener
à tout le monde,

tout, tout le temps.

Et ça, moi,
je me battrais tout

le temps pour ça
parce qu'on ne peut

pas vivre
indéfiniment

dans un monde
où les richesses,

la connaissance,
le pouvoir est

centralisé
sur une élite.

Tout ça parce
qu'elle est bien

née, elle a les
bonnes connexions.

Parce que moi,
j'ai grandi

en Auvergne,
mes parents étaient

Je serais prof.

Si j'avais suivi,
si j'avais écouté

le carcan,
je serais resté

en Auvergne et puis
je serais prof.

Et ça aurait
été très bien.

Mais on peut se
dire: Non,

mais peu importe,
le plafond de verre,

je le prends,
je le défense et je

fais autre chose.

2016, justement,
tu fais un MBA

pour Pour quelles
raisons tu reviens

à l'acquisition
de connaissances,

à validation
de connaissances ?

Parce qu'en fait,
le doyen de l'École

des Ponts et Chossés
voit mon profil

passer
dans la presse

pour ma boite
et il a envie

de donner un coup
de boost à son

programme.

Il me dit: Écoute,
moi, je t'offre

le programme
du MBA exécutif

de l'École des Ponts
et Chossés

et en échange,
il faudra que

tu en parles.

J'ai dit: Il n'y
a pas de problème.

Et comme je ne
connaissais pas

le monde
du business,

parce que ce n'était
pas mon domaine,

je me suis dit: Il
faut que tu

apprennes.

Parce que j'adore
apprendre.

Il y a une infinité
de choses que tu as

besoin d'apprendre
dans la vie.

Et apprendre,
c'est une expérience

qui amène beaucoup
d'humilité.

Moi, je dis tout
le temps,

aujourd'hui,
chez June,

je suis la moins
experte de tous

les gens chez June.

Je suis experte
en rien,

mais je suis experte
dans la généralité

de tout ce que font
tout le monde.

C'est-à-dire que je
suis capable d'avoir

une conversation
avec absolument tout

le monde sur son
métier et je suis

capable de pouvoir
avoir un avis

et d'être
un bon challenger

des idées.

Et pour autant,
ce n'est pas moi

qui ai le plus grand
niveau d'expertise

et je me repose
aussi beaucoup

sur l'expertise
des gens.

Et c'est ça le job
d'un bon patron,

c'est d'être capable
de centraliser

l'expertise
des autres.

Et toi, tu es
une bonne patronne ?

Il faudrait
leur demander.

Mais qu'est-ce que
tu en penses, toi ?

Je pense
que je suis...

Une échelle de 0
à 10, 10 étant: Je

suis la superwoman.

Et 0, c'est: Je ne
suis pas une

bonne patronne.

Non,
le 10 n'existe pas

parce qu'on
est en France.

C'est intéressant
ce que tu me dis.

Mon père disait
un truc très loin.

Mon père était
prof de maths.

Il disait: 20,
c'est Dieu, 19,

c'est moi, 18,
c'est les collègues,

vous n'aurez
jamais que 17.

Donc, je dirais...

Non, je
mettrais un 8.

Je n'aime pas
les demi-points.

Je préfère les
points complets.

Huit, d'accord.
Carré.

Ouais.

Jusqu'au jour où tu
décides de créer

cette entreprise
incroyable

qui propose
des couches,

qui fabrique
des couches.

Alors, comment est
née l'étincelle ?

Je viens de planter
ma précédente boite.

Je n'ai plus
d'argent,

je n'ai plus rien.

Et à ce moment-là,
je me dis plus

jamais, comme après
une rupture,

tu dis plus jamais,
je retournerai

amoureux,
plus jamais, je me

mettrai en couple.

C'est un peu
la même chose.

Et puis,
au bout de six mois,

Je me dis: Quand
même, il y a plein

de choses que je
sais autour de cette

communauté-là.

Je rencontre
des investisseurs

qui me disent:
Franchement,

il y a des produits
hyper sympa à faire.

Je dis: C'est vrai.

Tu rencontres
des investisseurs

comme ça,
tu fais les courses

et puis tu
rencontres...

Comment ça se fait ?

Tu es dans un club
d'entrepreneurs.

Non, pas du tout.

Parce que je te dis:
Moi, je n'ai pas

de réseau, je ne
connais personne.

Mais je commence
à chercher du taf

parce que je me dis,
en fait,

je n'ai vraiment
plus assez

d'argent pour...

Tu veux dire
comme salarié ?

Comme salarié,
parce que je suis

prof à la fac,
mais à la fac,

je gagne 1 800
balles par mois.

Donc, je sais
qu'avec ça,

je ne pourrais pas
rembourser

la que j'ai auprès
de la banque qui m'a

aidé à financer
ma première boite.

Et donc là,
je commence

à chercher du taf
en me disant: Il

faut que j'aille
trouver un emploi.

Et mon CV atterrit
sur le bureau

de The Family
et du fameux

Oussama,
qu'on connaît tous

maintenant
par les réseaux

sociaux, que moi,
je connais depuis 10

ans maintenant,
et qui me dit:

Attends,
tu as une super

expertise
dans l'enfant.

Moi,
j'ai

des investisseurs
qui veulent aller

sur des produits
l'enfant,

le chien, etc.

Qu'est-ce que tu
en penses ?

Et je la regarde,
je dis: Oui,

mais par contre,
s'il faut faire

un truc,
je sais quoi faire.

Il me dit: OK,
tu veux faire quoi ?

Je dis: Il faut
faire de la couche

en abonnement qui va
chez les gens avec

de la top, top,
top qualité comme il

n'y en a jamais eu.

Et c'est comme ça
qu'est né June.

Donc finalement,
tu lèves

combien alors ?

À l'époque,
on fait

une espèce...

Ce n'est pas
vraiment une levée,

on récupère
de l'argent

pour financer notre
première production

et on va lever après
3 millions auprès

d'Alven,
une fois qu'on a

lancé la première
production.

Donc, tu fais
du précide au début,

c'est ça ?
Ouais.

Précide.
Et ensuite...

Tu amènes de
l'argent ou pas ?

Non, je n'ai
pas eu une tune.

Non, je n'ai
pas eu une tune.

Donc, papa, maman,
la love money,

tu n'avais
pas tout ça ?

Zéro.

Mes parents n'ont
jamais mis un euro

dans aucune
de mes boîtes.

Mes parents sont
profs, donc ils ont

de l'argent
comme 95%

des Français, ils
ont leur salaire.

1 000 €, quoi.

Mais non.

Non, Déjà, je ne
leur ai pas demandé.

Et en plus,
de manière très

transparente,
mes parents

n'avaient pas...

Si mes parents ont 5
000 € de côté,

je ne vais pas leur
prendre 1 000 €

pour mettre
dans ma boîte.

À la fin, et ça,
c'est un truc

sur lequel on voit
beaucoup à Paris

des entrepreneurs
qui: J'ai levé 200

000 € de love money.

Ils ont des gens
qui les aiment

beaucoup, mais moi,
j'aurais pu demander

à 100% de mes
proches, je n'aurais

jamais levé
200 000 €.

Et je pense que ça
maintient une forme

de clivage
dans notre

écosystème où on
retrouve quand même

beaucoup de gens
issus des mêmes

catégories
socioprofessionnelles,

des mêmes familles
bien nées,

dans des familles
qui vont dans des

bons établissements,
qui ont fait les

bonnes études, etc.

Parce que oui,
de manière claire,

si tu veux lancer
une première boite,

il faut trouver
quelqu'un qui dit:

Tiens, voilà 20 000,
voilà 30 000,

voilà 50 000.

C'est un super
exemple qu'on a

en face de nous,
les amis, parce

qu'on a quand même
en France,

un petit peu moins,
parce que moi,

je vis
entre l'Europe et

la Amérique du Nord.

En Amérique du Nord,
je retrouve beaucoup

moins le cliché
français: grandes

écoles,
grandes familles

et puis papa-maman,
mettre la main

à la poche.

Ton parcours,
il est super

inspirant parce
que ça veut dire

qu'en France,
on va pouvoir

peut-être relancer
ou on relance

en tout cas
une nouvelle

dynamique en disant:
On n'aura peut-être

pas de love money,
parce que ce n'était

pas une question
anodine,

mais on peut,
même si votre

famille n'a pas
d'argent,

c'est intéressant
ton intervention,

c'est que je vais
pouvoir aller grâce

à la débrouille,
grâce au contact,

au réseau,
à l'ouverture,

aux connaissances,
à la flexibilité,

aller chercher
de l'argent

comme tu l'as fait.

Donc, tu as levé
combien au début,

tu disais ?

Je ne suis plus
combien c'est.

C'est genre 400 000.

En fait,
c'était

de quoi payer
une production.

Donc, ce n'était pas
de l'argent,

entre guillemets,
pour prendre

des bureaux,
payer des salaires,

des prestations
de marketing.

Cette première
dilution, tu

Tu gardais combien
de parts déjà

dès le début ?

Parce que c'est
la première

dilution qui...

En fait,
c'était

une structure un peu
bizarre, c'est

de la dette.

Donc, il n'y avait
pas d'impact

sur ma dilution.

Donc, tu avais
toujours...

J'ai toujours été
très bonne en égo.

Oui ?
Oui, oui, oui.

Je suis bonne en égo
parce que quand tu

n'as rien à perdre,
tu n'as rien

à perdre.

C'est bête à dire,
mais je pense

que les gens qui ont
peur en négociation,

c'est quand tu as
plein de privilèges,

plein d'acquis
ou déjà plein

d'argent,
tu dis: Non,

j'ai beaucoup
de choses à perdre.

Et en fait,
arriver en égo

en disant: Moi,
je m'en fous, je

n'ai rien à perdre.

Je n'ai
littéralement

rien à perdre.

Et donc, au final,
si tu gardes cette

flamme de
négociation...

Mais c'est le truc
un petit peu

de quand tu as
un peu galéré,

tu sais pourquoi
tu te bats.

Et franchement, moi,
quand j'ai perdu ma

première boîte,
j'étais interdit

bancaire,
j'ai dû mettre mon

appart sur Airbnb
pour pouvoir

continuer de payer
le loyer pour ne pas

perdre mon
appartement.

Quand ce genre
de truc t'arrive,

tu profites,
tu kiffes chaque

chose que tu
as après.

Et oui, en égo,
je n'arrive jamais

en égo en mode: Je
viens et je

m'excuse.

Et c'est marrant
parce que moi,

je parle avec
beaucoup de jeunes

femmes entrepreneurs
maintenant et je

suis contente
de le faire parce

que je pars
du principe

que c'est un peu
le côté give back.

Aujourd'hui,
je n'ai pas

forcément beaucoup
de temps

pour le faire,
mais je suis

contente
de le faire.

Mais un des premiers
conseils que je leur

donne,
c'est: typiquement,

les mecs en égo,
ils viennent

en parlant de ce
qu'ils vont avoir.

Elles,
elles arrivent

en disant: Regarde
ce que j'ai fait

et ce que je mérite.

En fait, c'est deux
mondes,

il suffit
de les rapprocher,

mais je pense qu'on
a peut-être trop

enseigné de par la
société aux femmes

que tu as ce
à quoi tu as droit.

Là où aux uns,
on dit: Va chercher

ce que tu veux.

C'est la même
montagne,

mais ce n'est pas
le même versant.

Il faut juste dire:
Va chercher ce

que tu veux.

Et moi, si un jour,
j'ai envie de ça,

je le demande.

Et après, je l'ai,
je ne l'ai pas,

mais je vais
aller le demander.

Et ce qui peut
après, et c'est ça

qui est triste
aussi, c'est qu'en

France,
quand tu oses

demander ce que tu
veux ou quand oses

dire: Je veux ça,
Pour 50% des gens,

tu es inspirante.

Pour 50% des gens,
tu es cinglée parce

que tu es une femme.

Pour 100% des mecs,
quand tu dis: Je

veux ça, on te dit:
Ouah, génial,

le mec,
il est couillu,

il est courageux.

Non, pour 50%
des gens,

les gens vont dire:
Elle est hystérique,

elle ne connaît
pas sa place, etc.

Je vois,
je disais...

Tu ressens
une différence, toi,

en France
là-dessus ?

Ouais,
mais pas qu'en

France, il faut
être très honnête.

Et je pense
que quelque part,

ça rejoint un peu ce
fameux sujet

de Mark Zuckerberg
qui parle de

l'énergie masculine.

Par contre,
clairement,

la société,
te dit: Ton énergie

masculine,
c'est le fait

de dire: Le monde
des monurie noires,

comme dirait
Duchamp.

C'est partout où je
vais, ici,

c'est chez moi.

Et que quand tu es
une femme,

tu ne grandis pas
en pensant ça.

C'est quoi l'énergie
masculine pour toi ?

Je pense qu'il y a
quelque chose

de très pionnier,
de très conquérant,

qui est très lié à
un historique

sociétal.

C'est-à-dire
que l'homme,

historiquement
parlant, ça rejoint

un des livres que je
préfère au monde,

qui s'appelle
La Régénération

à travers
la Violence,

de Richard Slotkin,
qui explique

pourquoi
les Américains sont

un des peuples
les plus violents,

par exemple,
que les Canadiens,

qui sont juste
en face en termes

de frontières.

La volonté d'aller
conquérir

du territoire,
d'aller chercher

du territoire,
je pense que c'est

quelque chose qui
est assez masculin.

Et est-ce que c'est
assez masculin parce

que c'est comme ça ?

Ou est-ce que c'est
assez masculin parce

que c'est
une construction

historique,
que historiquement,

c'est principalement
les hommes qui vont

faire la guerre,
chercher du

territoire ?

Je ne sais pas, je
n'ai pas la réponse.

Socialement,
c'est hyper C'est

super intéressant.

Mais je pense qu'il
y a ce côté-là de:

on aime ça,
on aime la chasse,

on aime la conquête,
on aime ce

genre de choses.

L'énergie féminine
est peut-être

quelque chose
qui amène plus

de rondeur,
de douceur et

de subtilité.

Je pense
que l'énergie

féminine est
beaucoup

plus OK avec
le paradoxe humain.

On peut vivre avec
ce paradoxe humain,

il y a des forces
pour, des forces

contres.

Je pense que
L'énergie féminine

est OK avec
le paradoxe que ça

génère,
là où l'énergie

masculine est
quelque chose

de beaucoup plus
fonçant, à tort avec

les côtés positifs
et les côtés

négatifs que ça
peut comporter.

Je ne sais pas
si j'ai bien répondu

comme tu es un pro.

Il n'y a pas de
mauvaises réponses.

Il n'y a pas
de mauvaises

réponses,
pas du tout.

Non, en fait,
je voulais revenir

non pas
sur l'énergie

masculine
et féminine,

parce qu'il y a
des hommes qui ont

plus d'énergie
féminine

que de femmes.

Il y a des femmes
qui ont plus

d'énergie masculine
que d'hommes.

Toi, tu as une forte
énergie masculine

et tu es une femme,
et ça fait toute

la beauté d'un
entrepreneur.

Lorsqu'on est
un entrepreneur

et qu'on a deux
énergies en soi,

ça donne les plus
beaux entrepreneurs,

ce tango,
cette valse.

Ce qui m'intéresse,
c'est ta capacité

à travailler fort.

Tu as une forte
capacité

à aller de l'avant.

Et est-ce qu'on te
fait se reproche,

parfois,
de dire: Mais,

Caro, peut-être
qu'il faudrait

que tu calmes
un peu le jeu ?

On me dit souvent
que je bosse

beaucoup,
mais j'aime beaucoup

travailler, en fait.

Ce n'est pas que je
bosse, je n'ai pas

envie Je n'ai
pas comblé.

C'est juste
que

fondamentalement,
j'aime ça.

Tu t'es épanouie
dans le travail.

Oui, et puis j'aime
être utile,

j'aime créer
des choses utiles,

c'est-à-dire que je
fais un travail

qui est captivant.

Il y a plein de gens
en France qui ont

des jobs,
qui ne les captivent

pas forcément,
qui sont des jobs

alimentaires.

Et je ne vais pas me
plaindre chaque jour

de me lever,
d'être bien payée

pour faire un job
que j'aime.

En fait, si je fais
un truc,

je le ferais bien.

Parce que si je n'ai
pas envie

de le faire,
je vais dire que je

n'ai pas envie
de le faire.

Madame Parfaite
ou madame Je

me challenge ?

Non, je me
challenge beaucoup.

Je me challenge
beaucoup.

Un exemple tout
bête, je fais

beaucoup de cheval,
je suis pas

très bonne.

Je monte à un
niveau amateur...

Par rapport
à certains.

Non, mais je monte
à un niveau amateur

international,
donc ce n'est pas

mal, mais je suis
pas sans faute

tous les week-ends.

Je suis encore
tétanisée

par la peur quand
je monte à cheval.

J'y vais dans trois
semaines

à un concours,
je suis traumatisée

à l'idée d'y aller,
mais je le fais

quand même.

Parce que je me dis:
Si tu restes dans ta

zone de confort,
tu te reposes

sur tes lauriers,
c'est un endroit

très confortable
où se reposer,

mais c'est pas ça
qui va amener

un truc cool
pour le monde.

Je ne veux pas
changer le monde,

je ne soignerai pas
le cancer,

je n'aurai pas
des superpouvoirs,

mais si je peux
amener des trucs

cool dans la vie
d'un nombre de gens

exponentiel,
tant mieux.

Est-ce que tu
ressens parfois,

d'abord,
je trouve

personnellement
que tu es un très

bel exemple
à la française

d'entrepreneuriat
au féminin.

D'ailleurs,
c'est marrant parce

qu'il y a 20 ans,
quand j'ai commencé

à former
les femmes

à l'entrepreneuriat,
leur permettre

de scaler leur
business, je dirais,

à commencer à un,
deux, trois, quatre,

quinze, 20 millions
de chiffre

d'affaires
ou à démarrer,

tout simplement,
tout le monde m'a

dit: Ça ne
marchera jamais.

Je dis: Pourquoi ?

Parce que les femmes
en France ne sont

pas intéressées par
l'entrepreneuriat.

Ça, c'était il y a
20 ans, tu

imagines ?
C'est ouf.

Aujourd'hui,
je prends une très

belle revanche avec
un joli clin d'œil

en disant: Regardez,
les amis.

Et 60% de nos
participants

sont des femmes.
Ça ne m'étonne pas.

Est-ce que tu
as ressenti...

Ça, je l'entends
auprès de nos

étudiants et
participants.

Est-ce que tu as ce
sentiment

de l'imposteur
parfois ?

Je l'ai eu sur ma
première boite,

mais en fait,
ça m'a m'a tellement

desservie que j'ai
compris sur ma

deuxième boite qu'il
fallait juste ne pas

faire de compromis.

C'est-à-dire
que si tu fais

les compromis,
si tu ne prends pas

les décisions
difficiles,

le marché,
le monde extérieur

les prendra
pour toi.

Donc, il vaut mieux
accepter les choses

difficiles que
tu dois faire.

Parce qu'en vrai,
il y a plein

de choses cool
que tu fais quand tu

es chef
d'entreprise.

Puis, il y a plein
de choses que tu

n'as pas envie
de faire.

Ça fait
partie du jeu.

Et plus tôt,
tu comprends ça

et plus tôt
derrière, tu te dis:

C'est mon rôle et
mon rôle, c'est ça.

Et donc,
Carole de June, elle

va faire des choses.

Et puis, Carole,
Carole,

elle pleurera quand
elle rentrera

chez elle.

C'est le cas
des fois ?

Ça m'arrive, oui.
Oui, ça m'arrive.

Et qu'est-ce
qui déclenche

cette tristesse ?

La dernière fois,
c'était Non,

il a fallu couper
un projet,

un projet auquel on
tenait beaucoup,

mais qui avait...

Financièrement,
qui n'était pas

viable,
qui avait pas

d'intérêt,
mais on savait

que l'équipe, il
tenait énormément.

Et en fait,
arrive un moment,

il faut trancher.

Et en fait,
plus tu attends,

plus tu attends
pour trancher,

plus c'est dur.

Et surtout, tu dis:
Oui, non, machin.

Et chaque jour
qui passe,

tu perds du temps,
tu perds du capital

émotionnel.

Et en fait,
une chose que j'ai

apprise, c'est: il
faut trancher tôt.

Si tu as tort,
tu t'en rendras très

vite compte
et au moins,

si tu as raison, tu
as gagné du temps.

Et tu as Tu peux
appliquer ça

dans ta vie privée ?

Non, je
n'arrive pas.

Tu es obligée
d'avoir

une barrière.

Tu ne peux pas vivre
ta vie avec la même

que ta vie pro,
parce que

c'est la croissance
de ton entreprise

qui dirige un petit
peu la vitesse avec

laquelle tu
vas vivre.

Et la croissance
humaine,

elle est beaucoup
plus

finie
et structurelle

que la croissance
de ton entreprise.

La croissance de ta
boite, elle peut

faire ça, ça, ça.

Ta croissance
humaine, elle

est linéaire.

Elle peut être
linéaire rapide,

elle peut être
linéaire lente,

mais elle est
moins comme ça.

Oui ?

Ton idée.

Parce que tu as
besoin de temps

pour digérer C'est
des choses

qui t'arrivent.

Parce que c'est
des choses qui

t'arrivent à toi.

Tu as des gens
qui vont faire

un travail sur eux.

Moi, je vois des psy
depuis que je

suis ado,
donc j'ai un énorme

travail de réflexion
sur moi,

de remise en cause.

Est-ce que je fais
bien, pas bien,

machin, vraiment.

Et j'ai jamais
déroger

à cette règle.
J'ai toujours vu.

De travailler sur
toi, tu veux dire ?

Travailler sur moi
tout le temps.

Et j'ai continué
d'avoir ça.

Et j'ai eu un coach
après, en plus,

quand j'ai lancé ma
boite parce qu'il

fallait apprendre,
il fallait grandir

avec le truc.

Et en fait,
tu as des gens

qui font ça,
puis tu as des gens

qui n'ont jamais
travailler sur eux

un jour de leur vie,
qui n'arrivent pas

à exprimer
leurs émotions

ou alors quand ils
les expriment,

c'est vraiment
de manière

assez violente.

Et moi,
j'ai fait

la communication
nonviolente pendant

très longtemps parce
qu'avec

la psychothérapie,
tu fais Il y a quand

même beaucoup
de communication

nonviolente.

Et au bout d'un
moment, tu apprends.

Tu apprends quelle
est la différence

entre: Tu roules
beaucoup trop vite

ou: Tu roules très
vite quand même à:

Je trouve que tu
roules vite car j'ai

un peu peur.

Et quand tu es Je
suis capable

de dire: Je trouve
que tu roules vite

car j'ai un peu
peur, la personne,

dans un seul coup,
ne se sent

pas jugée.

Elle dit juste:
Mince, elle a peur.

Parce que je suis
capable d'exprimer

l'émotion qui va
derrière le jugement

plutôt que
le jugement.

Mais tu es une femme
très cognitive.

Très organisée,
très cognitive,

rationnelle.
C'est vrai.

Est-ce que ça,
c'est...

C'est sûr que tes
vêtements sont bien

rangés chez toi.
Ça, c'est certain.

Je n'ai pas
de doute là-dessus.

Je n'ai pas
de doute.

Non, mais j'ai
en face de moi,

un profil de femmes
entrepreneurs,

la perfection
n'existe pas, mais

elle est juste...

Je veux dire,
c'est un exemple

incroyable.

Elle travaille
sur elle.

Forte énergie
masculine,

prise de décision.

Vous avez vu ce
qu'elle a dit ?

Quand
il y a un problème,

on tranche le plus
vite possible.

Ça, ce n'est
pas féminin.

Féminin,
c'est peut-être

ouverture,
flexibilité.

L'énergie masculine,
c'est on tranche,

on avance.

L'autre élément
qui est incroyable,

c'est que
lorsque c'est

une femme qui a
une énergie

masculine
qui est présente,

parce qu'il y a
des femmes qui n'ont

aucune énergie
masculine ou très

peu, là,
on a un vrai,

je dirais,
un équilibre

incroyable.

Ce qu'il y a aussi,
c'est ce vrai recul

sur le travail
sur soi,

un profil
pragmatique.

Tu es super
pragmatique,

en fait.

C'est-à-dire
que a+b =...

C'est a, b.

Ce n'est pas A,
Z, c'est A, B.

Et finalement,
ce qui est génial

aussi, je trouve,
chez toi, c'est

le sentiment
de l'imposteur,

tu l'as tranché
de façon très

rationnelle.

En clair, c'est:
Ça m'apporte rien.

Oui, mais il a fallu
que je passe

par cette C'est
une expérience.

Je me suis pas levée
un matin en me

disant: Tiens,
j'ai le sentiment

de l'imposteur.
Ok, je l'enlève.

C'est: Je l'ai vécu,
je me suis baignée

dedans, j'ai
tout perdu.

Ça ne m'a
rien apporté.

Ok, on passe
à autre chose.

Vivre à 110%,
ça veut dire quoi

pour toi, Carole ?

Ça veut Je vais
essayer de saisir

l'opportunité chaque
jour, de remercier.

Je suis très
croyante,

donc chaque jour,
je suis très

heureuse d'être...

Tu es croyante
de quelle religion ?

Je suis catholique.
D'accord.

Donc, tu cries tous
les jours,

tu cries souvent,
tu vas à l'église,

tu entretiens cette
spiritualité ?

Oui, je l'entretiens
beaucoup.

J'adore faire
Carême, par exemple.

Carême,
c'est un très,

très grand
temps pour moi.

Je fais Carême.

Excellent pour le
corps, en plus.

Excellent
pour le corps aussi,

mais excellent
pour l'esprit,

parce que tu vis
vraiment chaque jour

avec le sacrifice
de Jésus.

On ne va pas rentrer
dans la religion

parce que je peux
être intarissable

sur le sujet.
C'est vrai ?

J'adore ce que la
religion m'apporte.

Je suis assez
discrète

sur le sujet.

Je porte toujours
une croix,

mais ce n'est pas
un sujet dont je

parle beaucoup parce
que je respecte

énormément
la liberté

de de croire
et de ne pas croire.

Et je pense
que c'est très,

très, très important
de toujours se dire:

On peut croire,
ne pas croire,

on peut croire
en autre chose,

on peut avoir
des convictions très

fortes, on peut ne
pas être d'accord.

C'est le fameux
agree to disagree

en anglais.

Et On doit vivre
ensemble, malgré nos

divergences
d'opinion,

malgré nos
divergences

de croyances.

C'est très important
de conserver

un ensemble.

Je vous assure
que je n'ai jamais

discuté avec
Carole avant.

Je vous promets.

Je vous promets, je
n'ai jamais discuté.

On n'a même pas fait
de call

préparatoire.

J'ai horreur
de faire ça.

Moi aussi.

Pourquoi j'aime
la vraie vie,

les vraies
entrevues,

pas les trucs
de télé, fake

en plastique.

L'un des points
qui est essentiel

quand on est
entrepreneur,

qui est capital,
c'est d'être capable

de s'auto-régénérer,
de se ressourcer

en permanence,
ne pas attendre

qu'on nous donne une
tape sur l'épaule.

Elle est capable
elle-même de se

donner une tape
sur l'épaule,

de se dire: Je
suis fière de moi.

Et pas forcément
toujours d'attendre

les autres.

Et l'un des points,
ce dont tu viens

de parler,
je ne parle pas

de religion
là-dessus, je parle

de spiritualité.

L'être humain est
profondément

spirituel.

Et
de la spiritualité,

ça aussi, pour toi,
c'est un pan que tu

développes,
que tu enrichis,

que tu nourris
pour grandir.

Et ça, c'est l'un
des pans qui est

essentiel,
parce que la

spiritualité va
venir vous nourrir

en permanence.

Il y a ce quelque
chose qui...

Ça Ça peut être
une spiritualité

pour certains
d'entre vous.

Ça peut être
une simple

marche en forêt.

Ce n'est pas
forcément d'aller

à l'église.

La méditation,
ça prend beaucoup

d'essor
et justement,

tout ce qui va être
autour du wellness,

etc, ça amène
une forme

de spiritualité
qui est hyper

intéressante
et qui est

complètement
à-religieuse

et donc qui est
accessible à tout

le monde,
quelles que soient

les preuves.
Tu médites aussi ?

Je médite.

J'ai des phases
où je médite

beaucoup,
mais je vais tous

les matins faire mes
cinq respirations

pour reset un petit
peu, mais je ne

médite pas assez.

Quels sont les
défauts de Carole ?

Je cherche, mais je
n'arrive pas trop.

On fait le doigt
d'eau coaching ?

Vas-y.

Allez, allons-y.

Entrevue juste
extraordinaire.

Merci ton
authenticité,

ton grand cœur.

Et une nouvelle
fois, c'est un très

bel exemple
de parcours

pour et ceux
qui n'osent pas se

lancer aujourd'hui.

D'ailleurs,
qu'est-ce que tu

pourrais dire,
pas uniquement

aux femmes,
à tout le monde,

qui n'osent pas se
lancer en disant: Je

n'ai rien,
je pars de zéro,

je n'arriverai pas,
ce n'est pas

fait pour moi.

Qu'est-ce que tu
pourrais dire ?

Il n'y a aucune
école au monde

qui prépare au fait
d'être chef

d'entreprise.

Donc, un peu
comme Michel Blanc

dans Les Bronzés,
oublie que tu n'as

aucune chance
et vas-y,

ça peut marcher.

Si on terminait
cette phrase ou ces

phrases,
ça donnerait quoi ?

La vie, c'est...

J'ai envie de dire
comme une boîte

de chocolat parce
que je suis

habituée à ce film.

La vie,
c'est une

opportunité sans fin
qui se renouvelle

sans Les
gens sont...

Pas assez
bienveillants.

C'est incroyable ça.

Parce qu'en France,
quand je pose

souvent cette
question, c'est: Les

gens ne sont pas
assez bienveillants,

ne sont pas sympa
ou ils sont cons.

Et puis, lorsque je
pose la même

question du côté
Canada-américain,

c'est complètement
différent,

alors que j'ai
le sentiment

que les relations
en France sont plus

authentiques qu'en
Amérique du Nord,

par exemple.
C'est vrai.

Non, c'est vrai,
tu as raison.

Les gens sont
beaucoup plus...

Il y a un truc
beaucoup plus

politique,
politiquement

correct aux
États-Unis.

Tu vas dire: I love
you toute

la journée.

Oh my god, I love
you, it's awesome.

Toute la journée.

Alors que parfois,
les choses ne

le sont pas.

Tu sais, quand tu as
des chiens qui te

sont une dose
d'amour

inconditionnelle,
tu vois ?

Tu te dis:
Si le monde pouvait

être rempli de gens
comme ça,

c'est vrai que ça
serait vachement

plus agréable.

Le bonheur, c'est ?

Le bonheur, c'est
avec ses proches,

en bonne santé,
ensemble.

La première La chose
que je fais le

matin, c'est ?

Je fais un câlin
à mes chiens parce

que le matin,
quand je me

réveille,
ils sentent que je

me réveille,
donc ils montent

dans le lit pour
avoir un câlin.

Si j'avais
une journée où tout

est possible, je...

Je pense que j'irais
convaincre

un ou deux
responsables

politiques d'arrêter
un conflit,

une guerre,
un truc utile, au

plus grand nombre.

La chose dont je
suis le plus fier,

sans parler
de ton fils.

La chose dont je
suis le plus fier,

c'est
d'accompagner...

D'avoir créé en huit
ans une marque

qui accompagne 150
000 personnes en

France, en Europe.

C'est quand
même chouette.

Je ne pourrais
jamais me

passer de...

Mon fils, mes
chiens, mes animaux.

Si je pouvais me
débarrasser d'une

peur, ce serait...
Peur des ascenseurs.

J'ai une phobie
des ascenseurs.

Je suis restée
coincée

dans un ascenseur,
un jour

de tremblement
de terre

et vraiment,
les ascenseurs,

je déteste.

C'est la fille
qui galope tous

les jours à cheval.

Oui, mais ce
n'est pas pareil.

L'ascenseur,
tu es enfermée.

Et enfin, je suis ?

Je suis comblée
d'être là et comblée

chaque jour de ce
que la vie

m'apporte.

On te souhaite
quoi, Carole ?

On me souhaite
quoi ?

La santé.

On oublie tout
le temps,

mais la santé, c'est
hyper important.

Et puis, on
me souhaite, moi,

j'aimerais souhaiter
au monde d'aller

chaque jour un peu
mieux que la veille.

Merci Carole,
à bientôt.

Avec plaisir,
à bientôt.