L'heure de grande écoute

Une immersion dans la réalité de la banque mixte au Québec.

Un aperçu intime et sans filtre du parcours d’adoption de Maude et Christian via la banque mixte. À travers leurs voix, on plonge dans les doutes, les joies et les montagnes russes émotionnelles de ce chemin vers la parentalité.

· Animation : Julien Morissette
· Invité.e.s et scénarisation : Christian David et Maude Roberge Dumas (l'Assembleuse)
· Réalisation : Christian David
· Production au contenu : Audrey Blackburn
· Indicatif musical : P’tit Belliveau
· Réalisation sonore, enregistrement, montage et mixage audio : Simon Coovi-Sirois
· Musique originale : Simon Coovi-Sirois et Alexis Elina
· Caméra et montage vidéo : Patrick Lozinski
· Recherche : Emmanuelle Gauvreau et Maude Petel-Légaré
· Script-édition : François DesRochers
· Cheffe de contenu pour Télé-Québec : Sophie Bélanger
· Coordination : Clara Gauthier-Morrison
· Communications : Louis-Philippe Roy
· Visuel : bureau60a
· Remerciements de l’épisode : Chantal Cloutier, Daniel David, Cynthia David, Édouard David, Gilbert Dumas, Jeyson Lavergne, Karine Maheu, Susie Roberge et Line Widmer
· Remerciements de la série : Steven Boivin, Clara Lagacé et Sophie Lacelle-Bastien de Transistor Média

L’heure de grande écoute est une série de Transistor Média, produite en collaboration avec Télé-Québec.

Ce projet a été rendu possible grâce au soutien financier du ministère de la Culture et des Communications du Québec et de la Ville de Gatineau (via l'Entente de développement culturel avec le gouvernement du Québec).
/
Transistor Média, basée à Gatineau (Québec), est un studio de création, de production et de diffusion d'œuvres audios. En plus de ses balados, l’organisme tient annuellement le Festival Transistor et le Kino-radio.

Site Web de Transistor : https://transistor.media
Pour découvrir le catalogue de balados : https://transistor.media/balados
Pour vous inscrire à l’infolettre mensuelle : https://bit.ly/infolettre-Transistor

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Qu'est-ce que L'heure de grande écoute ?

Découvrez les récits touchants et les anecdotes familiales qui témoignent de la créativité et de l’humanité de celles et ceux qui façonnent le Québec. Une plongée dans des histoires insoupçonnées, portées par des voix d’ici.

Pilotée par Julien Morissette, la série hebdomadaire donne la parole à celles et ceux qui façonnent la province au quotidien. Des créateurs·trices issu·e·s de tous les horizons se succèdent pour raconter des expériences qui résonnent bien au-delà de leur parcours personnel, révélant les forces invisibles qui tissent notre société.

· Animation et réalisation : Julien Morissette
· Production au contenu : Audrey Blackburn
· Indicatif musical : P’tit Belliveau
· Réalisation sonore, enregistrement, montage et mixage audio : Simon Coovi-Sirois
· Musique originale : Simon Coovi-Sirois et Alexis Elina
· Caméra et montage vidéo : Patrick Lozinski
· Recherche : Emmanuelle Gauvreau et Maude Petel-Légaré
· Script-édition : François DesRochers
· Cheffe de contenu pour Télé-Québec : Sophie Bélanger
· Coordination : Clara Gauthier-Morrison
· Communications : Louis-Philippe Roy
· Visuel : bureau60a
· Remerciements : Steven Boivin, Clara Lagacé, Marysol Foucault et Sophie Lacelle-Bastien de Transistor Média

L’heure de grande écoute est une série de Transistor Média, produite en collaboration avec Télé-Québec.

Ce projet a été rendu possible grâce au soutien financier du ministère de la Culture et des Communications du Québec et de la Ville de Gatineau (via l'Entente de développement culturel avec le gouvernement du Québec).
/
Transistor Média, basée à Gatineau (Québec), est un studio de création, de production et de diffusion d'œuvres audios. En plus de ses balados, l’organisme tient annuellement le Festival Transistor et le Kino-radio.

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C'est une image qui est forte, qui a été
utilisée des centaines de fois en fiction.

Un appel téléphonique
dans la nuit qui vient changer

le cours de l'histoire
ou le cours d'une vie.

Idéalement, c'est une
ligne fixe, un téléphone

sur une table de
chevet qui sonne fort.

Il faut sauver le monde
d'une attaque de missiles ou se

rendre à une base nucléaire
pour contrôler un réacteur.

Se faire extirper de son sommeil et
devoir prendre une décision rapide,

encore à moitié endormie,

tout simplement pour se faire
annoncer qu'il est arrivé quelque chose

à quelqu'un qu'on aime.

On dirait que c'est moins réaliste ces
jours-ci,

parce que de se réveiller en lisant

un texto ou un courriel,

ça a un petit peu moins d'impact.

Il y a 13 ans, je me suis fait réveiller
en pleine nuit,

pas par le son d'un appel téléphonique
inattendu.

C'était un liquide amniotique

qui s'était répandu dans le lit conjugal

au terme d'une grossesse de 40 semaines.

Ça m'a pris quelques secondes et j'ai
compris que c'était là

que ça se passait.
J'allais devenir père.

Aujourd'hui, on vous raconte une
histoire de parentalité

pleine de rebondissements, de
questionnements et de discussions

entre Maude Roberge-Dumas
et Christian David.

Maude est diplômée du Conservatoire d'art
dramatique de Montréal

et elle a étudié en création littéraire.

Christian est réalisateur audio et
preneur de son

pour des projets de fiction et de
documentaire depuis plus de 10 ans.

Ensemble, ils forment un couple qui
attendait que le téléphone sonne

en plein jour ou en pleine nuit

pour se faire annoncer
qu'ils allaient être parent.

Bienvenue à L'heure de grande écoute,

le balado qui vous fait
entendre les histoires vraies

et les personnages surprenants
qui façonnent le Québec.

L'épisode d'aujourd'hui, Banque mixte.

On est en studio avec Maude et Christian,
salut à vous deux.

Salut !

Le sujet dont on va discuter aujourd'hui
vous touche particulièrement, même qu'il

est tiré d'une histoire
qui vous est arrivée,

une histoire avec laquelle vous avez dû
composer dans votre vie.

Oui, on compose avec ça depuis tellement
longtemps que, dans le fond, on est comme

devenu des experts.
Pour donner un petit peu

de détails vous êtes
un couple dans la vie.

Un couple d'entrepreneurs aussi au coeur
d'un projet qui s'appelle l'Assembleuse,

c'est quoi ça exactement ?

C'est une entreprise, dans le fond, qu'on
a créé pour aider les gens à

raconter, conserver et

transmettre leur histoire et leurs
souvenirs dans différents formats.

Don on a des journaux,

on a des boîtes souvenirs, puis on
fait aussi des hommages audio.

Puis là, c'est votre histoire
familiale, votre histoire

personnelle qui vous a donné
envie de partir ce projet-là ?

Oui, oui, complètement. Parce qu'on trouve
que chaque histoire familiale est unique

et que toutes les familles méritent de
pouvoir raconter leur histoire.

Puis quand on raconte la notre aux gens,
on se rend compte que ça suscite beaucoup

de questionnements, de surprises,
parce que ça parle d'adoption

via la banque mixte.

Puis l'adoption via la banque mixte,
ce n'est pas un terme avec lequel tout le

monde est nécessairement familier.

C'est quoi exactement ?

Non, dans le fond, l'adoption par la
banque mixte,

c'est vraiment un concept qui existe
juste au Québec.

Oui, c'est comme un hybride entre
l'adoption régulière

et la famille d'accueil.

À la DPJ, on a créé cette banque-là

pour offrir un vrai projet de vie aux
enfants

qui ont été retirés de leur milieu
familial

et que leurs chances de retour dans leur
milieu biologique

sont presque nulles.

On parle par exemple de parents
biologiques

qui vivent dans un contexte très
problématique

qui n'est pas convenable pour élever un
enfant.

Donc, plutôt que d'envoyer ces
enfants-là

dans une famille d'accueil jusqu'à leur
18 ans,

on veut leur trouver une famille de cœur
pour la vie.

Famille de cœur, j'aime le terme.

Donc, l'objectif, c'est, de la façon que
ça fonctionne,

vous devenez famille d'accueil dans
l'objectif

de devenir la famille de cet enfant-là.

C'est ça, exactement.

Donc, en premier lieu, on est famille
d'accueil,

mais le but vraiment
du projet, dans le fond,

c'est de devenir parent.

Dans le fond, le risque de la banque
mixte,

c'est que l'enfant retourne dans son
milieu biologique

si ses parents peuvent prouver qu'ils
sont capables

et aptes de revoir la garde.

Donc, dans le fond, c'est ça l'enjeu de
la banque mixte.

On dirait que ça complique un peu à
cette étape-là

parce que légalement, émotivement,

ça ne doit pas être simple à gérer comme
situation.

Vous, quand vous commencez les
démarches,

on est en 2019,

je pense que vous avez déjà un fils
biologique même ?

Oui, c'est ça. À ce moment-là, il y a
deux ans.

Donc, Édouard.

Puis comme pour le deuxième enfant, dans
le fond, on voulait...

En fait, le désir d'aider un enfant était
plus grand que de redonner naissance.

Donc, on s'est tourné vers l'adoption.

Puis au départ, dans le fond, on regardait
vraiment pour l'adoption internationale

parce qu'au Québec, adopter de façon
régulière, c'est de 8 à 10 ans.

Oh, OK.

Donc, c'est très long.

C'est long.

Puis en faisant nos recherches, dans le
fond, sur l'adoption,

on est tombé sur la banque mixte.

OK. J'ai l'impression que c'est encore
quelque chose d'assez méconnu.

Oui, absolument. Dans le fond, c'est
pour ça qu'on a décidé

de documenter tout notre processus.

Pourquoi c'était important pour vous
de venir faire ça, la documentation ?

Bien, premièrement, moi, je travaille
dans le milieu du documentaire

depuis comme 10 ans, puis je ne trouvais
pas d'informations

sur ce sujet-là, sur la réalité d'une
famille banque mixte.

Ça fait que j'ai eu rapidement l'idée
d'enregistrer

toutes nos conversations pendant le
processus.

Je ne savais pas encore
vraiment ce que j'allais faire

avec ça, mais je trouvais
l'aventure riche en

contenu, puis je me disais que on devait
certainement pas être les seuls parents à

pas savoir que la banque mixe
existait. Vous avez commencé à quel

moment à enregistrer ?
Ben, en fait, ça fait six ans qu'à

chaque fois qu'on a une discussion
en lien avec ce sujet là on sort le

dictaphone, puis on enregistre.

Puis d'ailleurs, ça a
commencé quand on remplissait

le premier formulaire pour devenir
parent

d'un enfant de la banque mixte en
juillet 2019.

Bon, prochaine étape, c'est de remplir
ce formulaire de 15 pages.

Bon, bien, allons-y.

Une fois qu'on a rempli ça, puis qu'on
l'a envoyé avec les annexes,

bien, il nous rappelle ou pas ?

OK...

La cour extérieure est clôturée pour les
enfants de 0 à 9 ans

pour un terrain surdimensionné à un
espace de minimum de 225 000 pieds carrés

et clôturés.

Est-ce que les fenêtres sont munies de
contre-fenêtres au double vitrage ?

Je sais pas ça veut dire quoi.

Les garde-corps aux mains
courantes sont présents dans

tous les escaliers, paliers,
balcons, galeries et patios.

Bon, ça se corse ici.

Pharmacie barrée, siège de
toilette surélevé, bord d'appui,

tapis antidérapant, lavabo
muni d'un robinet unique.

La robinetterie des douches et des bains
est pourvue d'un système thermostatique

ou de systèmes à pression auto-régularisés
et thermostatiques combinés.

Marque que oui, c'est conforme.

Je suis comme surpris,
mais pas tant que ça,

que ce soit à ce point
protocolaire, mais quand même,

juste en tant que parent biologique,
moi, j'aurais jamais été capable de passer

à travers ce questionnaire-là, en
tout cas, je n'aurais pas été approuvé.

C'est comme des normes
du bâtiment pour les

familles d'accueil, c'est
ce que je comprends.

Oui, c'est ça. Parce
que dans le fond, quand

tu es une famille
d'accueil, tu es considéré

comme une ressource d'hébergement, donc
l'espèce de prolongement dans le fond du

CIUSSS. Puis, l'enfant
qui vient dans la...

dans notre famille ou dans la
famille d'accueil, dans

le fond, est sous la
responsabilité de la DPJ.

Donc, doit être...
respecter, dans le fond,

les normes gouvernementales.

Je comprends mieux, mais là, vous
n'allez pas me dire que vous aviez

un système thermostatique

à pression régularisée.
Non.

Pas vraiment. On n'avait pas ça.

Ainsi que plein d'autres affaires dans
la liste.

Mais je me disais que quand la demande

viendrait de prouver tout ça, on ferait

les modifications. Pour moi, que la
maison

soit conforme, rendu là, c'est un
checklist

qui est rationnellement facile à faire.

Dans le sens que si c'est pas conforme,

on adapte, c'est réglé. Mais par contre,

pour la prochaine étape du processus,

on devait maintenant choisir le type

de clientèle qu'on veut.

Drôle de choix de terme, on dirait
clientèle.

Oui, ça peut sonner un peu rough de
même,

je te l'accorde, mais c'est un terme
utilisé

par le gouvernement. En fait, c'est de

choisir quel profil d'enfant

on est prêt à accueillir chez nous.

C'est une discussion qui a été assez
complexe

à avoir, puis c'est quand même assez

confrontant.

OK. C'est là que ça va
se corser, mon cœur.

Parmi les troubles adaptatifs suivants
pouvant se présenter chez les usagers,

cochez ceux avec lesquels vous seriez
à l'aise de partager votre quotidien ?

Trouble d'apprentissage, moi, ça me va,
toi ?

Trouble de l'attachement ?

Je pense que c'est comme normal, là.

Tu es mieux de dire oui, puis qu'après
ça, on explique comme du monde

au niveau de l'évaluation.

Ayant été victime d'abus sexuels ou
d'abus physiques.

Moi, ça me dérange pas.

Ça te dérange pas ?

Je vais le mettre en jaune.
On va en discuter plus tard…

TDAH.

Tout le monde met TDAH.

Je sais, ça me fait vraiment rire.

Syndrome alcoolo-fétal.

On peut peut-être le laisser aller,
celui-là.

Enfant avec des antécédents familiaux

de troubles de santé mentale.

Je sais pas. Toi ?
Je le laisserai aller.

OK.

Il y a quand même des
petites questions là-dedans

qui demandent des
grosses réflexions.

Je ne peux pas croire que
ça s'est passé aussi vite.

Tu dois avoir fait du montage un peu

là-dedans, Christian, pour...

Oui. C'est surtout que je pense que
quand on a rentré dans ce processus-là,

il y avait un peu de
naïveté dans le processus.

Oui, oui. Mais ça a quand même des gros
impacts sur une vie familiale. Déjà que

vous avez un fils, vous êtes une cellule
de trois personnes,

ça peut être lourd de conséquences.

Oui, mais en même temps,

comme je dis tout le temps, quand tu
décides d'avoir

un enfant, même de façon biologique,

tu acceptes quand même les risques à la
base.

C'est vrai, tu as raison.

Tu ne peux pas contrôler si ton enfant
va avoir

une maladie, l'accouchement.

Dans le fond, ça fait peur,

mais est-ce que ça fait plus peur que
d'avoir un enfant biologique ?

Non, tu as raison.

Oui, et justement, il y a du montage
dans les archives aussi qu'on montre.

Des fois, il y a des questions
sur lesquelles on passait

20 minutes, 20-25 minutes

avant de pouvoir y mettre une réponse
dans le formulaire.

Puis comme pour la question, d'ailleurs,

du retour possible de l'enfant chez ses
parents biologiques, celle-là, on pouvait

pas faire de déni dessus.

C'est la chose qui fait le
plus peur dans cette aventure.

Est-ce que ça peut arriver dans n'importe
quel cas d'adoption via la banque mixte ?

Oui, c'est ça, absolument, parce que
dans le fond, pendant la portion où ils

sont en famille d'accueil,

c'est là où les parents doivent prouver
qu'ils sont capables de réavoir la garde

de leur enfant.

Donc, ils ont des choses à faire,
comme par exemple avoir un travail stable,

avoir de meilleures fréquentations,

avoir mis fin à leur consommation de
drogue ou d'alcool.

En résumé, si les parents règlent les
problèmes qui ont mené au retrait de

l'enfant, leur chance de
réavoir la garde augmente.

Si finalement les parents
se prennent en main

et qu'ils ont envie de s'impliquer dans
la vie de cet enfant-là,

je pense que toi, tu vas pogner une esti

de débarques plus que moi peut-être.

Oui, mais c'est pour ça que j'essaie de
le voir

comme aider un enfant.

Oui, moi aussi.

Au lieu de vouloir un enfant.

Oui.

Des fois, j'imagine que c'est pas
toujours négatif non plus,

l'enfant qui retourne avec sa famille
biologique.

Mais je veux dire, je serais pas
contente, là, j'aurais de la peine.

Je serais pas comme « Ah ben super, je
vous passe le relais ».

Mais au moins, le temps qu'il aurait été
ici, bien...

Il y aura une référence de ce que ça
peut être la vie.

Exact.

Ça me fait pleurer, je le connais même
pas cet enfant-là.

C'est beaucoup d'émotion se lancer dans
un projet comme ça...

Entreprendre les démarches et se
poser ces questions-là.

Oui, c'était beaucoup, en tout cas,
d'émotion pour moi.

Christian, lui, essayait de rester dans
son côté rationnel.

Est-ce que c'était naturel pour toi ?

C'était facile de rester rationnel
là-dedans, Christian ?

Bien, ce n'était pas si facile que ça,

mais c'est comme si, avec du recul,

je me rends compte aujourd'hui que je me
préparais

pour une mission impossible, tu sais.

Je me disais, s'il y a des chances

que cet enfant-là reparte un jour dans
sa famille biologique,

il va y avoir un deuil à vivre en
famille.

Il faut que moi, je sois fort et que je
sois là pour recevoir Maude et Edouard,

mon fils,
qui doivent vivre ce grand deuil-là.

Je me détachais volontairement de toute
émotion pour la survie de la famille.

Si on élargit un petit peu la prise de vue
et on regarde vos familles respectives,

comment ça a été accueilli ?

Mes parents étaient aussi enthousiastes
que stressés, je te dirais.

Surtout ma mère, en
fait, parce que pour elle,

et comme pour beaucoup de monde
d'ailleurs,

les enfants de la DPJ, ça vient avec un
très gros bagage,

comme d'abus, de violences conjugales,
etc., etc.

Parce que c'est ces histoires-là, dans
le fond, qu'on entend dans les médias.

Oui, puis de mon côté, dans ma famille,

je pense que c'est un peu un terrain
connu.

Ma famille avait un peu des
appréhensions dues au fait qu'on avait

déjà eu des expériences
antérieures avec la DPJ.

Es-tu à l'aise d'en parler un peu ?

Mais certainement. Dans le fond, quand
j'avais 10 ans, mon cousin et ma cousine

sont venus vivre à la maison
pendant deux ans et demi

parce que leurs parents n'étaient pas en
mesure de pouvoir s'en occuper.

Puis, chaque fois qu'ils revenaient
d'une visite avec leurs parents, ça créait

vraiment toutes sortes
de situations compliquées.

Ils étaient désorganisés, en colère,

incompréhension.

Il y a aussi que les intervenants

de DPJ, ils venaient nous rendre visite

souvent à la maison. Fait que mes
parents

se sentaient quand même observés dans
leurs faits et gestes.

Puis d'ailleurs, quand

on a annoncé notre projet de banque
mixte

à mon père, Daniel, et sa conjointe
Line,

il y avait pas mal de questions pour
nous.

On a décidé qu'on allait

adopter, fait qu'on a envoyé notre
dossier la semaine passée.

On parle de quel âge à quel âge ?

Nous, on a coché 0-5 ans.

Quand c'est une possibilité d'adoption,

est-ce que ça veut dire que c'est
possible

que vous ayez des enfants qui viennent,

ils restent un mois, ils s'en vont.

Il y a peu de chances

qu'ils retournent dans
son milieu naturel.

Est-ce que la DPJ vous suit ?

Les intervenants suivent
au fil des années ?

Pendant la famille d'accueil,

mais une fois que
c'est adopté... c'est fini.

Puis, l'idée d'avoir un enfant

quand même qui est hypothéqué,

ça ne te fait pas peur ?

Non, avec un enfant biologique,

il y a moins de facteurs de risque.

On n'a pas de problème de santé mentale

ou on n'est pas dans la pauvreté,

on n'est pas négligent,

mais je veux dire,

il pourrait bien être autiste ou
trisomique

ou avoir un retard de développement

ou avoir manqué d'air à la naissance.

Il y a beaucoup de gens, je pense,

qui essaient d'utiliser cet argument

pour nous conscientiser, mettons.

Mais peut-être qu'on sera même pas retenu
mon coeur.

Tellement fatigante avec ça.

C'est quoi les critères, Maude,

qui pourraient faire que tu sois pas
retenu, mettons, exemple ?

L'enfant, il ne peut pas être pire

chez vous que où ce qu'il vit.

Tu comprends ? Il y a ça, qu'il
faut que t’évalues.

Daniel a quand même une bonne question.

Ton père qu'on entendait, Christian,

est-ce qu'il y en a beaucoup des
critères qui pourraient justifier ça ?

Il y en a plein. Mais dans notre cas,

ce qui m'inquiétait le plus, c'était les
évaluations

psychologiques parce que j'avais
vraiment

peur que la travailleuse sociale me
trouve inapte

à adopter parce que

je suis quand même assez émotive

et avec un petit tempérament

quand même anxieux.

On va bien s'entendre.

Oui, c'est ça. En plus,

à ce moment-là,

le fait que Christian soit travailleur

autonome et que moi, j'avais changé pas
mal souvent d'emploi,

j'étais comme, oh mon Dieu, ils vont
trouver qu'on est désorganisés.

Ah, l'instabilité, je comprends.

Écoute, Maude, elle avait peur qu'on ne
passe pas le test.

Puis moi, j'avais vraiment aucun doute
sur notre admissibilité.

Je savais qu'on représentait exactement
le profil recherché par la DPJ.

Un couple amoureux qui ont la possibilité
d'avoir un autre enfant biologique,

mais qui préfèrent aider un enfant dans
le besoin.

Puis en plus, on est quand même un bon
team.

Je me mets en position d'interrogatoire,

ou d'intervieweur là, Christian,

qu'est-ce qui fait... C'est quoi vos
forces respectives

en tant que membre d'une bonne équipe ?

Donc, moi, je dirais que

j'apporte un côté solide. Je suis un bon

pilier, capable d'en prendre.

Puis, Maude apporte toute la

sensibilité et l'amour d'une bonne mère.

On est un équilibre parfait.

Et là, Maude, je me tourne vers toi.

Malgré toute cette confiance que dégage
Christian,

comment tu te sentais par rapport à ça ?

C'est ça l'affaire.

C'est que lui, plus il est sûr de lui,
plus moi, ça m'angoisse

parce que j'ai l'impression qu'il ne
prend pas ça au sérieux.

Dans le fond, j'avais comme l'impression
qu'il n'en avait rien à faire des règles,

qu'il était au-dessus de ça.

C'est comme s'il ne voyait pas la
possibilité d'un refus.

C'est pour ça d'ailleurs que je dis,

tu es fatiguante avec ça dans l'extrait
qu'on a entendu.

Parce que j'ai envie qu'elle arrête de
penser

qu'on ne sera pas choisi.

Je voulais qu'elle voit comme moi

qu'on a exactement toutes les
compétences pour faire ça.

Après quand même plusieurs
conversations,

on a fini par se comprendre.

Si je peux vous lancer des fleurs,

en écoutant les extraits,

on se rend compte que vous avez vraiment
une bonne communication.

C'est une base assez solide sur laquelle
bâtir.

En fait, c'est ça.

Ce n'est pas toujours le cas.

Non, il y a du montage, mais finalement
Christian n'était pas

rassuré que je sois pas
rassuré par rapport à mes

capacités d'adoption
fait que là, ça le faisait

angoisser que je doute
de mes capacités. T'sais,

moi, je voulais pas prendre
le long congé parental,

je l'avais déjà fait pour mon fils, mais
j'avais de la difficulté à exprimer

justement ces besoins-là

que j'avais, puis mes inquiétudes face à
Maude. Ça donnait un peu des phrases comme

« Comment tu vas faire pour t'en occuper
d'un enfant

si t'es même pas sûr que t'es capable ? »

Puis, ça passait pas tout le temps bien.

Non.

Je m'excuse de t'en parler.

Je m'excuse de te dire que je suis pas
rassuré.

Mais à chaque fois que tu me dis

« Ben oui, ça va être correct, ça va
être correct »,

avec des arguments qui me rassurent.

Ben moi, je vais te dire qu'est-ce qui
me rassure pas,

c'est genre « Ah, quand il va avoir un
deuxième enfant,

c'est t'as la pleine responsabilité de la
tâche

d'élever cet enfant-là,

puis comme moi, je vais retourner
travailler

puis ça va vraiment être chill. »

C'est comme ça que je le ressens.

T'sais, excuse-moi, mais si c'est ça,

non, on n'en aura pas de deuxième enfant.

Parce que moi, j'ai pas peur pour ma
situation.

Parce que j'ai pas peur de mon rôle.

J'ai pas peur de... Je vais-tu être
capable,

puis je vais-tu être à la hauteur

de l'arrivée de cet enfant-là ?

Je me suis jamais posé la question pour
moi.

C'est sûr que je te parle pas de nous,

parce que j'ai pas peur pour moi.

Je vais bien dealer avec le défi.

Peu importe qu'est-ce que je te dis,

je vois pas comment tu peux être rassuré

sur des choses qui sont inconnues.

C'est pas comme si j'étais enceinte

et qu'on avait une date d'accouchement

et qu'on savait les étapes à venir.

Je sais pas il va arriver quand,

je sais pas il va avoir que âge,

je sais pas ça va être quoi ses troubles,

je… je sais pas, je sais pas rien.

Il y a des millions d'étapes

avant que cet enfant-là reste chez nous.

Fait qu'il faut y aller une étape à la
fois

parce que sinon, ça me développe des
angoisses.

J'ai tellement de compassion pour vous

de gérer le stress
de pas savoir du tout

ce qui vous attend. Je sais
pas comment c'est faisable.

Écoute, moi aussi, avec du recul j'ai
tellement de compassion

pour ce que Maude vie.

T'sais, pas savoir, c'est
la pire chose.

La banque mixte, c'est synonyme
d'angoisse à chaque étape.

Puis, quand tu penses que
le pire est passé, puis que

tu respires un peu, il ya
toujours une autre épreuve

qui t'attend dans le détour.

OK, on est maintenant rendu en juin 2020,
c'est presque un an après le début de nos

démarches. Là, c'est les rencontres
d'évaluation psychologique.

Donc, c'est cinq rencontres que
j'appellerais

des interrogatoires.

C'est comme une rencontre chez le psy,
mais tout

ce que tu vas dire va être

retenu contre toi.

Le temps, il est vraiment long entre
chaque étape.

Il faut être patient, il faut faire
confiance au processus,

mais quand ça part,

ça peut aller vite.

Août 2020.

On va leur dire. Tout le monde est
prêt ?

Oui. Tu n'es pas enceinte ?

Presque.

Tu ne vas pas avoir un enfant ?
Y'arrive pas un petit bébé demain ?

On est accrédité officiellement, il faut
juste envoyer une dernière photo,

puis on a passé toutes les étapes.

Félicitations ! Yes, cool !

Ah, Édouard, est-ce que tu vas être un
grand frère ?

Oui !

Six mois plus tard, en janvier 2021.

C'était qui au téléphone ?

C'était la travailleuse sociale.

Ok... Pour nous dire qu'on allait sûrement
recevoir un appel

dans les 24 heures.

On aurait 24 heures pour
choisir si on veut le bébé ou non.

Es-tu contente de savoir que ça avance
le dossier de la DPJ ?

Ça fait des mois qu'on n'a pas de
nouvelles.

C'est ça qui arrive avec cette
histoire-là.

Tu n'as jamais de nouvelles, tu passes à
d'autres choses.

Puis là...

Allo ! Finalement, ta vie vient de
changer.

Fait que là, pour le
moment, c'est trop frais.

Je ne peux pas te dire comment je me
sens.

Je te dirais que je suis en mode
panique.

Puis toi, tu es beaucoup trop calme comme
d'habitude.

Ça me fait encore plus paniquer.

C'est parce que moi, je trouve ça cool,
un baby.

11 janvier 2021.

On est lundi 11 janvier.

Aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ?

On attend une petite fille de 11 jours

qui s'appelle Savannah.

Ok, wow ! On dirait que
ça va vraiment trop vite, là.

En même temps, il y a beaucoup
d'attentes,

puis là, après ça, tout semble
s'accélérer.

C'est comme une méchante montagne russe,

une grosse ride émotive pour vous deux,
j'imagine.

Puis là, il se passe combien de temps ?

Donc, entre le moment où on vous appelle

et on vous dit « Savannah s'en vient »

et qu'ensuite, le bébé est dans vos bras
à la maison.

Un gros 48 heures.

Ayoye... On dirait que ça se peut pas,

c'est comme vraiment trop rapide.

Là, c'est assez loin des 40 semaines de
grossesse naturelle.

Ça se passe comment, cette rencontre-là ?

Je me souviens, les travailleuses
sociales sont arrivées dans la cour.

On les a vues sortir un siège d'auto de
la voiture.

Maude et moi, on était dans l'entrée de la
maison,

puis là, on découvrait un bébé de 11
jours avec beaucoup de cheveux,

des beaux yeux bleus qui voient pas
grand-chose,

un bébé très calme.

Puis là, rapidement, une des deux TS a
demandé à Maude

de sortir le bébé de la coquille d'auto

parce que ça appartient à la DPJ, cette
coquille-là.

Ils repartent avec.

Ils ont repris le siège d'auto, puis ils
nous ont dit « bonne rencontre. »

Je pense qu'ils ont été chez nous un
gros 2 minutes 30.

Ayoye...

À partir de ce moment-là, ça a été à
nous d'en prendre soin.

Ça a été quoi les gros défis pour vous ?

Au début, le plus difficile, ça a
vraiment été les visites planifiées.

Dans le fond, les parents biologiques
avaient le droit à une rencontre par

semaine avec Savannah. Donc, on se

rendait au centre jeunesse.

La travailleuse sociale venait chercher
Savannah dans la

voiture, on attendait dans l'auto, puis
au bout

d'une heure, il venait nous la
ramener.

C'était terrible.

OK, j'imagine. Les rencontres

planifiées comme ça, ça sert à quoi ?
C'est quoi

la mécanique ? Dans le fond, c'est

cette portion de famille d'accueil-là.

C'est pendant ces moments-là que les
parents doivent

prouver qu'ils sont aptes à retrouver la
garde leur enfant.

Donc, il faut qu'ils démontrent leur
capacité parentale.

Donc, c'est une espèce de zone tampon
qui est obligatoire, dans le fond,

pour donner une chance aux parents de se
reprendre en main

avant de passer à l'étape de l'adoption.

De l'adoption, OK.

Oui, mais c'était quand même...

Ce qui était terrible, en fait, c'est
que c'était beaucoup de questionnements.

Est-ce qu'ils vont venir à ces
rencontres-là ?

Qu'est-ce qu'ils font avec Savannah
pendant une heure dans une pièce...

Ah oui, c'est beaucoup d'inconnus.

Pas de fenêtres.

Puis, c'était la pandémie.

Ça fait que c'était trois personnes
masquées.

Trois inconnus masqués dans une salle
vide.

Oui.

Puis pour nous autres,

c'était beaucoup d'émotions
contradictoires.

Parce que si les parents biologiques

sont en mesure d'améliorer leur
situation

pour s'occuper de leur enfant,

bien, on est content pour Savannah.

Mais en même temps, on s'attache, c'est
sûr.

Ça fait que la période où on est
seulement

famille d'accueil pour notre petite
cocotte,

plus elle est longue,

plus il y a des conséquences pour notre
famille.

Ça a duré combien de temps cette période
de visite ?

Pendant les premiers mois, c'était une
visite par semaine.

Puis après ça, avec le temps, ça l'a
commencé à s'espacer.

4 mars 2021.

Les parents ont annulé la rencontre.

Comment tu peux annuler la rencontre
avec ton enfant

si tu désires tant bien que ça, avoir la
garde ?

Comment tu te sens ? Es-tu contente, pas
contente ?

Je suis contente parce que ça veut dire

que le dossier va peut-être avancer plus
vite.

Reste que fondamentalement, ça me fait
de la peine

parce que c'est comme

ses parents qui la rejettent.

14 septembre 2021.

Qu'est-ce qu'ils ont dit ?

Ils ont un an pour montrer que les choses
ont changé.

Puis, c'est légal.

Ça sert à quoi de faire des lois si on
ne peut pas les respecter ?

Ça sert à rien.

Je suis juste découragée.

Et à n'importe qui qui voudrait faire

ce processus-là, je dirais,

« fais pas ça ! »

Ne devenez pas famille d'accueil banque

mixte, c’est de la marde.

C'est facile de dire que... de
rationaliser que c'est bien,

elle a des parents,
puis on l'a accueillie,

puis c'est un beau geste, puis
nanana...

Mais c'est terrible,
là, émotivement, là.

Je veux dire, je l'aime comme ma
fille, j'ai pas envie qu'elle s'en aille.

Mais si elle s'en va, moi, je recommence
pas.

Maude, Christian, quand
vous avez accueilli Savannah

à la maison, vous pensiez pouvoir
l'adopter

dans la première année, mais

ce n'est pas ça qui est en train de se
passer.

Si je me fie à ce qu'on vient
d'entendre, ça ne se passe pas aussi bien.

Ce n'est pas ça le scénario.

Il y a beaucoup

de facteurs qui entrent en jeu.

Évidemment, il y a le roulement de
personnel

à la DPJ. Les intervenantes changent

beaucoup. C'est sûr, il y a

aussi la lourdeur des procédures
judiciaires.

Les intervenantes

peuvent faire des recommandations, mais
au final, c'est un juge qui tranche.

Puis souvent, on se retrouve avec
une date de tribunal juste pour pouvoir

se présenter, pour fixer
une autre date de

tribunal, pour présenter
une demande d'adoption.

En tout cas, tout ça, ça a duré plus que
trois ans de délai avant qu'on commence à

voir la lumière au bout du tunnel.

Puis après trois ans, est-ce qu'il y avait
encore des chances qu'elle s'en aille ?

Tant que le dossier n'est pas transféré
au service de l'adoption,

on reste sa famille d'accueil.

Donc oui, mais à ce moment-là,

dans notre situation, pour nous,

les chances étaient assez

minimes qu'on perde la garde

de notre fille, mais ça reste quand même

au juge de décider. Donc c'est quand
même

toujours un petit stress.

20 mars 2024.

Tu t'appelles maintenant Savannah David,
officiellement.

Est-ce qu'on tchin à ça ?

Oui ! Santé, Savannah !

Savannah !

Tchin-tchin, Savannah ?
Tu fais pas tchin-tchin ?

Elle comprend rien là.

5 février 2025.

Adopté ?

Ouais. Toi, es-tu adopté ? Ouais.
Je t'aime pour toujours, toujours,

toujours, toujours.

On dirait que ça me rassure tellement
d'entendre

que Savannah a été adoptée

officiellement,
félicitations à vous deux !

Merci ! Mais j'ai pas le choix

de te poser la question Maude

parce qu'on a entendu tes doutes

dans toute cette aventure-là.

Tu disais tout à l'heure que tu ne le
recommandais à personne.

Est-ce que tu as encore le même discours
aujourd'hui,

maintenant que c'est fait ?

Je pense encore aujourd'hui que c'est
vraiment une aventure

qui n'est pas faite pour tout le monde.

Mais non, je ne regrette pas de l'avoir
fait.

On a quand même eu une belle histoire.

On s'en est bien sortis, mais on a quand
même eu chaud.

Mais est-ce que c'est toutes les
histoires ?

Parce que j'imagine que vous avez

communiqué, vous échangez

avec des gens qui vivent, qui passent

à travers ce processus-là de banque
mixte ?

Est-ce que les histoires ressemblent pas
mal toutes à la vôtre ?

Non, c'est pour ça que c'est vraiment
important de le nommer.

Dans le fond, chaque aventure de la
banque mixte est super différente

parce que chaque cas est différent,
chaque enfant est différent.

Puis, ça ne fonctionne pas pareil, la
DPJ, d'une région à l'autre au Québec.

Donc, il y a beaucoup de facteurs qui
rentrent en ligne de compte.

Par contre, on partage tous les mêmes
questionnements, les mêmes enjeux

et on a tous des montagnes russes
d'émotions et

une panoplie de rebondissements.

OK, puis j'imagine que c'est pour ça que
vous avez décidé

d'en faire aussi une série balado en
plus

de l'histoire que vous nous avez
présentée aujourd'hui

sur la banque mixte. Oui, exact.

On avait envie surtout de donner plus

d'impression de ce que ça

peut être vivre la banque mixte, vu que
nous, on n'avait pas

eu accès à ça. Fait qu'on va sortir

une série balado de 5 épisodes

avec les 6 ans

d'archives audio qu'on a fait. Il
y a beaucoup de stock. Ça permet aux

auditeurs de pouvoir réellement entrer
dans notre intimité, dans nos chicanes,

dans nos insécurités.

Plus de larme, plus
d'émotion. Oui. Oui.

Mais c'est aussi évidemment les
beaux moments de courage et de

persévérance qui nous ont menés à
adopter notre belle Savannah.

Merci pour ce privilège de

nous avoir accueillis dans votre nid
familiale comme ça. Je suis content que ce

soit une histoire qui se termine bien.

Merci. Merci à toi.

L'Heure de grande écoute est une série de
Transistor Média,

produite en collaboration
avec Télé-Québec.

Écoutez tous nos épisodes sur les
plateformes de Télé-Québec,

sur Apple Podcast ou l'application
balado de votre choix.

Enregistrement, montage et mixage audio

Simon Coovi-Sirois.

Musique originale, Alexis Elina et Simon
Coovi-Sirois.

Caméra et montage vidéo, Patrick
Lozinski.

Productrice au contenu, Audrey
Blackburn.

Script édition, François Desrochers.

Condonnatrice, Clara Gauthier-Morrison.
Communication, Louis-Philippe Roy.

Visuel, Bureau 60A
Indicatif musical, P'tit Béliveau

À la recherche, Maude Petel-Légaré
et Emmanuelle Gauvreau.

Merci à Steven Boivin, Clara Lagacé
et Sophie Lacelle-Bastien

de Transistor Média,
à la Ville de Gatineau

et au ministère de la Culture et des
Communications du Québec

qui a rendu ce projet possible.

Je m'appelle Julien Morissette.

Merci d'avoir été à l'écoute.