IA pas que la Data - Reprendre le contrôle sur tout ce qui se dit autour de l’intelligence artificielle

Comment mettre l’intelligence artificielle au service de ceux qui bâtissent le monde réel ?

Dans cet épisode de IA pas que la Data, Pierre Vannier et Thomas Meimoun reçoivent Emmanuelle Galou, Chief AI Officer chez OBAT. Forte d’un parcours allant de Deezer au secteur du bâtiment, Emmanuelle partage sa vision d'une IA ancrée dans le terrain, loin de la "tour d'ivoire" technique.

Au programme de cet échange :

- Productivité vs Temps de vie : Pourquoi l’objectif de l'IA ne doit pas être de "charger la mule", mais de supprimer les tâches subies pour offrir aux artisans du temps de meilleure qualité.

- Le "dernier kilomètre" humain : Un retour d’expérience sans filtre sur l’échec d’un répondeur intelligent et les leçons apprises sur la résistance des utilisateurs face aux machines.

- L’IA Générative au service du métier : Comment le devis à la voix transforme le quotidien sur les chantiers et pourquoi la confiance reste le ciment indispensable de toute innovation.

Un épisode passionnant qui prouve que la réussite d'un projet IA dépend moins de la performance du modèle que de l'intelligence émotionnelle et de la compréhension du métier.

  • (00:00) - Introduction et présentation d'Emmanuelle Galou (OBAT)
  • (02:17) - Le parcours d'Emmanuelle : des statistiques chez Deezer au terrain
  • (07:44) - OBAT : Alléger la pression administrative des artisans du BTP
  • (11:24) - L'IA au service du métier : l'exemple du devis à la voix
  • (16:03) - REX de cet échec : Pourquoi le répondeur IA a manqué le "dernier kilomètre humain"
  • (25:14) - L'évolution des métiers : de la statistique à l'IA transversale
  • (32:23) - IA Générative en interne : accompagner les équipes sans imposer la technologie
  • (40:05) - Productivité vs "AI Brain Fry" : l'enjeu de la charge cognitive
  • (42:26) - Confiance et délégation : la psychologie de l'artisan face à la tech
  • (48:24) - Prospective : Quelle compétence humaine sera devenue rare dans 10 ans ?

Ce podcast est proposé par Flint, une ESN Tech, Data et IA. Les flinters, des expert(e)s reconnu(e)s, accompagnent nos clients dans la réalisation de leurs développement technologiques et dans l’adoption de l’IA (niveau équipe et CODIR). 
Toutes les informations sur flint.sh

Creators and Guests

Host
Pierre Vannier
Fondateur et PDG Flint, Dev Backend / IA, agitateur Tech ✨
Host
Thomas Meimoun
Machine Learning Engineer / Data Scientist
Guest
Emmanuelle Galou
Chief AI Officer - OBAT

What is IA pas que la Data - Reprendre le contrôle sur tout ce qui se dit autour de l’intelligence artificielle?

Reprendre le contrôle sur tout ce qui se dit autour de l’intelligence artificielle, voilà pourquoi nous avons créé ce podcast IA pas que la Data !

Tous les mois, nous aurons le plaisir d’accueillir des experts de l’IA, de la data et de la tech, qui nous partageront leur opinion et regard critique sur cette révolution.

Technophiles, ce podcast vous apportera un éclairage sur ce qui se cache derrière l’IA et vous permettra de prendre de la hauteur sur ce que l’on entend quotidiennement.

#IA #GenAI

Pierre Vannier (00:13)
Bonjour à tous et bienvenue sur ce nouvel épisode de YappaKla Data. Je suis toujours accompagné de Thomas Memoun, est chez PRP.

Je suis Pierre Vanier, suis le fondateur et PDG de la société Flint et aujourd'hui on a le plaisir de recevoir Emmanuel Galou qui est Chief & High Officer dans une entreprise, une startup, on peut dire une startup qui s'appelle Ouskeelop, qui s'appelle OBAT, O-B-A-T et ce qui est très intéressant c'est que c'est une entreprise qui est sur une verticale, la verticale de BTP.

et je trouve que c'est intéressant parce qu'on l'avait jamais abordé dans Yappa Cladata au niveau de ses problématiques métiers. On a abordé beaucoup la santé, les choses très innovantes, etc. Et là on va voir avec Emmanuel. Emmanuel, merci beaucoup d'être parmi nous. Bienvenue !

Emmanuelle Galou (01:10)
Merci à vous deux de m'accueillir, je suis ravie d'être avec vous.

Pierre Vannier (01:13)
Super, Thomas, content aussi de t'avoir. Pour la petite histoire, a discuté, s'est rencontré Emmanuel et moi il y a quelques jours, quelques semaines. Ça a super bien fité. J'ai trouvé que sa vision, IA, Data et ce qu'elle engageait dans son entreprise était vraiment tout à fait pertinent, notamment avec des REX et des retours et des feedbacks. Emmanuel, première question, on rentre dedans. Toi, tu viens des

des stats de l'ingénierie, du machine learning et si tu peux nous en dire un petit peu plus dans les entreprises par lesquelles tu es passé puisque je crois qu'il y a à la fois des startups et différentes expériences sur différents types de postes. Moi, j'ai trouvé que tu avais une palette d'expériences qui était tout à fait intéressante et je pense que c'est aussi une des clés pour expliquer la réussite et du coup les chantiers, on peut le dire, sur lesquels tu es à AuBat.

jeu de mots. Alors d'où viens-tu ?

Emmanuelle Galou (02:17)
bien, j'ai un parcours académique en statistique. Effectivement, j'ai fait une école d'ingénieur en statistique qui s'appelle l'Ensaïe et qui m'a formée du coup au métier de statisticienne. Donc c'est vrai qu'on n'en croise pas souvent et qu'on a du mal à se représenter ce que ça peut vouloir dire. Et j'étais exactement dans ce contexte là quand j'ai fait mes études. Je ne voulais absolument pas.

Pierre Vannier (02:37)
Et Thomas,

Thomas a été aussi beaucoup dans la stat et dans l'économétrie, c'est ça Thomas ? Je dis pas de bêtises.

Thomas (02:43)
à l'Ensaï, d'où tu viens Emmanuel, c'est une très très bonne école.

Emmanuelle Galou (02:47)
Oui.

Effectivement une très bonne école et avant d'aller à l'Ensaïe j'avais fait de l'économie et de l'économétrie. Passion économétrie je m'étais dit je veux faire ça et manque de bol, ça n'allait pas trop avec quelque chose qui est hyper important pour moi c'est que j'ai du mal avec la noeudson d'expertise quand elle est décorée du terrain. Pour moi il faut savoir expliquer sinon les experts ils sont dans une petite tour d'ivoire et puis ils sont très déconnectés du reste de la planète et ça fondamentalement ça me posait un gros problème donc dans mes études j'ai...

J'ai bifurqué et j'ai trouvé cette école un petit peu par hasard tout simplement en révisant des partiels et des examens blancs et je me suis dit mais en fait c'est génial je peux appliquer probablement les statistiques à tous les secteurs donc je ne fermerai aucune porte si je vais dans cette école et c'est pour moi c'était ce qu'il y avait de plus rassurant parce que quand on a une vingtaine d'années on sait pas forcément ce qu'on veut faire de sa vie moi je n'ai pas des rejet à la règle je me voyais pas dans un secteur ou un métier particulier un fauteuil particulier donc cette école elle m'a formé en mathématiques appliquée donc

Bon c'est sûr que c'est quand même un petit peu particulier les stats mais néanmoins je pouvais appliquer ça partout, ce que je me suis appliquée à faire dans la suite de ma carrière. Par exemple, j'ai commencé ma carrière chez Deezer, donc je pense que beaucoup de gens connaissent Deezer, mais à l'époque c'était pas la boîte que l'on connaît aujourd'hui, c'était un projet qui sortait à peine de son mode pirate, qui commençait à se structurer.

Pierre Vannier (04:11)
qui était au début de 10 heures, c'est ça ? Enfin relativement

au début ?

Emmanuelle Galou (04:15)
Oui,

tout à fait, dans les premiers collaborateurs à arriver. Il y avait déjà eu un projet avant qui s'appelait Blog Music et qui avait été transformé en société parce qu'il y avait une traction. Il y avait beaucoup d'utilisateurs et justement y avait une volonté de faire quelque chose de tous ces usages. Et moi je suis rentrée pour analyser les données de ces usages et d'essayer de trouver un modèle économique et d'expérimenter des choses tout simplement pour gagner de l'argent et payer.

les droits, puisque c'est un mode de location, on paye des droits aux ayants droits, et ils sont nombreux, et donc du coup, pour avoir le droit d'utiliser le catalogue et de diffuser de la musique. Donc on a besoin forcément d'avoir un modèle économique un petit peu solide. J'ai appris plein de choses chez Deezer, parce que ça a rapidement grossi, donc j'ai travaillé sur des sujets comme la recommandation personnalisée, mais vraiment one to one, c'est-à-dire pas vraiment faire des recommandations pour de la musique pop.

Pop, par exemple, qui aurait pu intéresser seulement les auditeurs de Pop, mais essayer de placer les premières briques pour avoir des recommandations pour toi Pierre ou pour toi Thomas qui soient complètement différentes, mais qui à la fois tiennent compte des préférences croisées des auditeurs de Deezer. Et puis petit à petit, j'ai avancé comme ça en analysant aussi ce que c'est qu'un fichier audio, parce qu'en fait, il a un petit peu particulier la musique, c'est un signal. Donc ça a été hyper formateur.

mais j'ai eu envie aussi au bout d'un moment de changer. J'ai changé de secteur, j'ai bossé dans la presse aussi parce que c'est un modèle économique qui est hyper intéressant et qui était sensiblement similaire à celui de Deezer. En tout cas, ça nous a beaucoup inspiré parce que la presse, gagne de l'argent avec de la publicité et des abonnements. C'est exactement ce qu'on a tenté de faire chez Deezer. J'ai bossé dans le juridique.

dans une plateforme de service qui mettait en relation des entrepreneurs avec des avocats, ça c'est Captain Contra. Et là j'ai appris un truc tout neuf pour moi, c'est que les petites structures, elles ont les mêmes problèmes que les grosses entreprises mais elles n'ont pas de marge d'erreur en fait. Et donc il faut être hyper précis et apporter un service vraiment le plus... avec beaucoup de valeur ajoutée.

Pierre Vannier (06:04)
Captain Contra, c'est ça.

Emmanuelle Galou (06:25)
et surtout ne pas faire prendre de risque à ses clients, surtout quand on parle de juridique, c'est préventif et pas seulement défensif. Donc j'ai appris à jouer avec d'autres types d'objets aussi, d'autres types de signaux, donc ça a été hyper formateur. Puis travailler dans le B2B, c'est aussi complètement autre chose. Et le BTP, c'est exactement dans la même ligne. C'est la même logique mais portée à l'extrême. On a des pros qui sont très compétents dans leur métier, sur le terrain.

mais ils sont complètement sous équipés d'un point de vue admin et numérique.

Thomas (06:59)
Ouais écoute, il a plein de choses qu'on peut dire sur ton parcours. Est-ce tu as envie qu'on parle un peu de ton livre ou qu'on parte directement sur ton expérience actuelle dans le BTP ? C'est toi qui choisis là.

Emmanuelle Galou (07:10)
Le livre est sorti en 2020, donc on ne pas y passer des heures. Ce qui est essentiel, c'est qu'on a pensé ce livre pour le grand public. qu'encore une fois, si on laisse le débat sur la data liée au technicien, on perd la capacité à débattre et surtout on creuse les inégalités. C'est vraiment pour ça que j'ai écrit ce livre. Si les gens sont intéressés, il s'appelle Data Power, mais pas la peine d'aller beaucoup plus loin.

Thomas (07:14)
Vale.

Très cool, merci pour l'information. on va aller directement sur OBAT. Je ne pas si tu as présenté bien en détail l'entreprise, ce que tu fais, ce que vous faites. Je te laisse y aller.

Emmanuelle Galou (07:44)
Ouais. Aubat est né en 2019, du constat que les artisans du bâtiment sont sous équipés et ils ont une grosse pression administrative. Rien que faire un devis, c'est des dizaines de mentions légales à respecter. Et s'ils ne font pas, derrière, il des pénalités. Et ça, vient s'ajouter à des journées super chargées. ne pas si vous connaissez des artisans, je pense qu'on en connaît un peu tous. C'est des journées à rallonge. Ça démarre très tôt le matin. Il préparer le camion, aller sur des chantiers, voir plein de clients différents.

subir les appels incessants des prospects, des clients, des fournisseurs, etc. C'est très compliqué. Et en plus, il faut faire des devis. Et donc ça, se fait forcément quand on n'est pas sur le terrain. Donc c'est des journées qui sont à rallonge. Et Obaet a été pensé pour ça, pour simplifier la vie en dehors du chantier, pour les laisser se concentrer sur ce qu'ils savent faire. Donc faire leur métier d'artisan, sachant que c'est des métiers qui sont hyper différents. Et moi, je les ai rejoints.

sur le sujet d'utiliser la donnée pour améliorer notre compréhension de nos clients et essayer de rendre les choses les plus fluides possible à l'intérieur du produit, des campagnes marketing, pour essayer de faire progresser au BAT en même temps que les demandes des artisans.

Thomas (08:59)
Franchement c'est un beau sujet, on va pouvoir rentrer un peu plus dans le détail mais je trouve que ça soulève un bon point puisque les artisans en général ils ont de l'or dans les mains et je pense que quand on débute sa carrière en tant qu'indépendant dans le BTP l'objectif c'est pas de se dire je vais faire de l'administratif c'est vraiment je vais construire, vais bâtir, je vais aider des clients et des maisons, des appartements, ou qu'importe. Donc je pense que ça soulève vraiment des beaux sujets. Est-ce que tu as des exemples de produits, solutions, de choses que vous faites à l'intérieur d'obat ?

Emmanuelle Galou (09:29)
nous on essaie de couvrir toutes les phases de vie d'une boîte du bâtiment. On essaie aussi de les aider à les mettre en relation avec les bonnes personnes quand ils ont besoin de créer une entreprise. Et puis après on les aide à démarrer. Ça veut dire que clairement chez nous, a une bonne partie de l'équipe qui sont dédiées à accompagner les clients, à faire leur premier devis, à leur expliquer comment bien calculer leur rentabilité, préserver leurs marges, comment passer à un cycle de facturation qui soit simple.

comment maintenir sa bibliothèque d'ouvrage à jour, etc. on a vraiment des humains, nous, qui viennent aider les artisans et c'est important pour nous que ça reste comme ça, même dans un monde où il a plus de data et de plus en plus d'IA, on tient absolument à cette relation humaine. Pour nous, c'est un différenciateur qui est juste énorme et si on n'avait pas cette relation humaine, on ferait sans doute pas bien notre travail, puisque le monde du bâtiment, c'est un monde dans lequel il a une confiance qui doit absolument se créer, c'est la confiance humaine. C'est hyper important.

Et pour te répondre sur la question des produits, on essaie de prendre les problèmes les uns après les autres. Donc permettre de créer des devis et des factures, c'était le premier besoin adressé. Puis après, on essaie de compléter. Voir ces comptes en banque sur la même interface, fait gagner du temps. Parce qu'en fait, sinon, faut switcher, faut rapprocher des éléments, etc. Donc on travaille sur ces sujets. Et puis pour être au plus proche du terrain, on a pensé aussi à...

ce qu'on pouvait faire pour les aider à faire des devis encore plus rapidement. Et un truc qui nous a vraiment frappé, c'est que les devis, des fois, ça se fait quand on a le temps. Quand on a le temps, c'est des fois quand on est dans les bouchons, au volant de sa voiture ou quand on est sur le terrain parce qu'on pense à un truc qu'on ne pas l'oublier et qu'on veut faire le devis. Et là, le réflexe, c'est de le faire à la voix. Donc on a testé une fonctionnalité de devis à la voix. Et là, l'IA Générative nous a bien aidé parce qu'en fait, ça a quand fluidifié tout ce processus.

Thomas (11:24)
Juste pour bien recentrer l'entreprise, c'est-à-dire que quand elle s'est créée en 2019, l'objectif c'était d'accompagner les personnes dans le BTP, et au fur et à mesure vous avez commencé à ajouter des solutions qui incorporent de la donnée ou à plus forte mesure de l'intelligence artificielle pour supporter l'activité globale d'OBAT, c'est ça, c'est pas un produit qui s'est créé autour de l'innovation, de l'IA et ce genre de choses.

Emmanuelle Galou (11:50)
c'est un produit tech puisque du coup voilà on est sur une solution en SaaS, en ligne mais effectivement qui a toujours utilisé beaucoup de données pour fonctionner parce qu'en fait c'est le coeur du réacteur. Faire un devis ça se base sur les bibliothèques d'ouvrage qui sont en fait personnalisés chaque client à sa propre bibliothèque d'ouvrage parce qu'en fait c'est centré sur son métier, ses habitudes de prix etc etc. Donc il y toujours eu énormément de données donc moi je suis rentrée aussi

avec envie parce que quand vous aimez la donnée, vous avez besoin d'avoir ce type d'objet entre les mains. Mais il n'y avait pas forcément beaucoup d'IA en 2019. Par contre, ce qui a vraiment changé, c'est le fait qu'on puisse utiliser l'IA au sens global. Donc moi, me suis attachée aussi à faire des choses beaucoup plus classiques, à faire du machine learning pour essayer de comprendre le comportement et prédire un comportement, par exemple, de rétention ou de churn. Donc on ne pas que l'IA générative. en fait, petit à petit...

L'IA générative a aussi étendu ses usages et nous on a voulu aussi faire ce qu'il fallait dans l'entreprise pour accompagner et transformer vraiment notre quotidien à tous déjà en tant que collaborateurs. bien sûr ce qu'on a aussi en ligne de mer c'est que si on le fait c'est pour donner cette valeur ajoutée aussi à nos clients et les accompagner à utiliser l'IA. Donc pour nous ça a été naturel d'utiliser l'IA dans nos produits en expliquant à nos clients et en ne leur cachant pas forcément que c'était l'IA. On s'est posé pas mal de questions est-ce qu'il faut le dire, est-ce qu'il faut pas le dire.

Mais en réalité, ce n'est pas vraiment le fond du problème. Le problème, c'est qu'on a des nouveaux outils, a des nouvelles manières de pouvoir concevoir des fonctionnalités. Et pour nous, c'était essentiel de les mettre dans les mains de nos clients qui sont des artisans du bâtiment. Alors nous, est plutôt sur la partie, dans BTP, il bâtiment et travaux publics, on est vraiment sur la partie bâtiment. Et pour préciser, on va aller plutôt accompagner les artisans solos et les TPE-PME.

On ne pas accompagner encore les grands groupes du bâtiment parce que c'est aussi des fonctionnalités qui sont un peu différentes de celles que l'on propose aujourd'hui. Néanmoins, plus on avance, comme on ajoute des fonctionnalités à chaque fois, on voit aussi que dans notre partie d'accompagnement et le type de clients qu'on accompagne, on est sur des structures de plus en plus grosses.

C'est un véritable défi, c'est un plaisir et c'est aussi un défi parce que les artisans qu'on est en face de nous, ont des métiers différents et des problématiques de structure qui sont aussi différentes.

Pierre Vannier (14:11)
Alors c'est super intéressant puisque tu nous as parlé d'une fonctionnalité... Donc si je comprends bien en fait c'est une sorte de RP spécialisé pour artisans, bâtiments finalement avec leurs problématiques métiers, d'ouvrages, systèmes métiers, bâtiments, travaux publics, artisans du bâtiment. du coup donc vous avez testé le devis à la voie.

WhatsApp, ça a bien fonctionné, vous avez eu une bonne prise, mais on le sait dans les projets et l'époque et à fortiori encore plus sur l'IA et l'IA générative, on peut se retrouver avec des projets où on a eu le nez creux et ça marche super bien, ou alors on a fait une bonne étude au préalable avec ses clients ou avec ses prospects, mais de l'autre côté aussi on peut se retrouver avec des projets qui failent.

Et juste, c'est pas grave, mais justement, c'est aussi intéressant parce que ça veut dire que les Américains disent fail fast. C'est à dire que plus on se casse la figure à tester des choses vite, plus on sait si tel ou tel produit, telle ou telle feature est intéressante. Et d'ailleurs, crois qu'il y avait le PDG de ne plus quelle énorme boîte quand il avait été nommé. avait regardé, il avait dit je trouve que nos taux d'échecs sont beaucoup trop faibles.

Justement parce qu'en fait on n'essaye pas assez de choses et je trouvais ça intéressant. Je me demande si c'est pas le PDG de Netflix qui avait tapé du poing sur la table en disant si on n'a pas assez d'échecs c'est qu'on n'essaye pas assez de nouvelles choses et je trouvais c'était intéressant. Est-ce que tu peux nous en parler et puis au-delà de ça comment vous faites pour faire émerger ces use case parce que je trouve que c'est vraiment super intéressant ça.

Emmanuelle Galou (16:03)
Oui bien sûr, effectivement on a des échecs, je peux vous parler d'un échec. C'est un échec pas d'un point de vue technologique, parce que la technologie a marché. On avait pensé qu'un répondeur intelligent, c'était un répondeur doper à l'IA, ça allait aider nos clients artisans. que effectivement le téléphone sonne tout le temps et si c'est un client, si c'est un fournisseur, prospect...

ils hésitent à décrocher ou pas, des fois ils ont les deux mains dans l'enduit, donc en fait ils peuvent aussi pas décrocher et ça peut leur coûter derrière des chantiers. on s'était dit, c'est une bonne idée d'avoir un répondeur intelligent qui fasse le tri. Donc on s'est rapproché d'une société pour le faire avec nous parce que l'idée c'était de tester super vite et la technologie fonctionnait. En fait ce qui n'a pas marché, c'est ce que moi j'appellerais un peu le dernier kilomètre humain.

c'est qu'en fait on avait totalement mis de côté que quand on décroche son téléphone c'est pour parler à un humain. En fait c'est pas encore je pense dans les usages de parler à une machine et je parle de ça mais en fait faut quand avoir le recul c'était il a 18 mois. Il y a 18 mois on n'entendait pas parler autant d'agents d'agents autonomes, d'automatisation etc. Donc il y a 18 mois avoir la sensation d'être confronté à une machine c'était voilà un peu perturbant je pense et ça a joué.

Pierre Vannier (17:19)
Et est-ce que tu penses que ça

a changé depuis, potentiellement, ou qu'il faudrait réessayer ? Parce que c'est une question intéressante qui remonte assez souvent, parce que le use case du support automatique ou du répondeur automatique, bref, d'un humain qui se retrouve à dialoguer avec une IA, on commence à le voir apparaître avec la prospection automatique.

Et honnêtement, moi, ça me fait faire des cheveux blancs, tout cas le peu qui me reste sur la tête, parce que c'est vraiment très compliqué et c'est vraiment pénible. On se retrouve avec la prospection automatique dans les réseaux sociaux, dans LinkedIn, etc. Et moi, j'ai mon avis, j'ai du mal. Je ne sais pas que je refuse, mais c'est que je trouve que la discussion avec Unia...

sur des problématiques, support sur des problématiques... Je la trouve assez détestable en fait. C'est à dire que dès que je me rends compte que c'est une IA en face, à partir de ce moment là, je suis déjà en position de rejet. Je sais pas si ça le fait pour d'autres gens, j'ai l'impression en en discutant que ça le fait pour pas mal de gens, parce que l'air de rien le téléphone ça a quoi... 150 ans, 170 ans, ça devrait être 1850.

Et en fait depuis plus de 100 ans en fait, on décroche, on a un humain en face, sur lequel on entend les intonations, sur lequel on entend l'humanité et finalement la faillibilité de l'humain qui répond mal, qui est fatigué, qui baille, qui tousse, etc. Et là avec UNIA, on ne ressent pas tout ça. Et est-ce que tu penses que conduite du changement serait à retenter dans le futur pour voir s'il a une adhésion cette fois ?

Et qu'est-ce que tu penses en fait de ces changements qui impliquent des changements sociétaux derrière finalement ?

Emmanuelle Galou (19:09)
Ouais alors moi j'aurais envie de retester parce qu'effectivement je pense qu'on a tous progressé face à ça. Après si on devait le retester je pense que... Enfin c'était déjà cas avant mais en fait on n'a jamais essayé de mimer une conversation. que je trouve assez détestable c'est quand vous avez un appel déclenché automatiquement qu'essaye de mimer une conversation avec un humain.

Des gens qui ont une espèce d'accroche complètement fausse, enfin vous avez compris en deux secondes que vous aviez affaire à une interfère. Je pense qu'en fait il ne pas essayer de mimer une conversation humaine et il être assez transparent, expliquer pourquoi on passe comme ça.

Pierre Vannier (19:46)
Mais c'est ce qu'on se retrouve

à avoir Emmanuel par exemple sur LinkedIn. Moi je sais que je me suis battu cette semaine avec au moins deux personnes qui font des commentaires automatiques par IA. Et le gars je lui dit mais en fait ton commentaire il sert à rien. Il sert juste au reach. Et la personne me dit oui mais c'est le reach et c'est pour l'algorithme. Mais j'ai dit mais en fait ça n'a juste pas de sens en fait.

Parce que tu fais un commentaire, c'est pas ton idée, c'est pas tes mots, c'est pas ton texte. Et en fait, tu t'en fous parce que c'est simplement pour apparaître dans l'algorithme et avoir plus de riche. Et on en arrive à marcher sur la tête par rapport à ce genre d'usage. crée des sortes de déviances ou d'utilisation un petit peu à contre emploi d'un réseau qui doit être un réseau social où en fait, tu te retrouves avec des machines qui discutent entre elles presque quelque part.

Emmanuelle Galou (20:09)
On oublie l'objectif.

Oui bien sûr, pense qu'il faut tout simplement pas perdre l'objectif de vue, commenter pour avoir du reach, ça me semble être assez différent de rendre service à un artisan pour avoir un répondeur qui va peut-être simplement classer les messages. En fait on n'était pas obligé d'aller si loin, c'est que aujourd'hui on a l'habitude d'être confronté pas seulement à des agents IA mais tout simplement à des arbres de décision avec une voix de synthèse qui permettent simplement de vous envoyer à la bonne équipe et en fait juste ça, ça aurait beaucoup de valeur.

Pierre Vannier (21:06)
C'est déjà insupportable

aussi, mais c'est quand même déjà assez compliqué parce qu'on se retrouve paumé dans l'arbre de décision justement. 3, 5, 7, 4, 2 pour arriver au menu final pour discuter avec une vraie personne. La plupart du temps on essaye d'ailleurs d'avoir la vraie personne, très souvent.

Emmanuelle Galou (21:08)
Merci beaucoup.

Oui, de

toute façon c'est ce qu'on essaye de contourner parce qu'on a de très mauvaises expériences de ce genre de fonctionnalités. Donc je pense qu'aujourd'hui il faut forcément penser à la fonctionnalité complètement différemment et ne pas perdre de vue l'objectif qui est de router un appel vers peut-être un artisan mais dans les bonnes conditions ou tout simplement d'avoir un répondeur juste...

pas une boîte pleine en fait parce que c'est ça le problème aussi des artisans c'est que quand on essaye de les appeler la boîte elle est saturée on peut même pas laisser le message et après si on laisse un message est-ce qu'il va vous rappeler, est-ce qu'il n'est pas écouté voilà donc simplement le router au bon endroit ou le trier en soi sans avoir une conversation mais simplement en rendant un peu intelligent le flux c'est ça qui change beaucoup de choses et nous on est vraiment ancrés là dessus c'est à dire qu'on se dit que

Pierre Vannier (21:49)
Et oui, c'est

Il est pas écouté ? Ben non. Bien sûr.

Emmanuelle Galou (22:13)
il faut s'insérer dans un flux existant, il pas essayer d'en créer un nouveau parce qu'en fait ça va créer d'autres tâches, va créer un autre type de surcharge, etc. Et en fait, c'est ce qu'on essaie d'éviter, on essaie d'enlever de la charge, donc ce pas pour en créer une par ailleurs. Donc ça, on l'a en tête. Et puis un autre truc qu'on a en tête, c'est que chaque détail compte, c'est-à-dire que ce genre de techno, quand ça demande de la configuration en amont, ce n'est pas le dernier kilomètre, cette fois-ci, c'est le premier kilomètre. Mais si déjà il est douloureux, le premier kilomètre, après, la rentabilité.

et quand même compliquer la rentabilité, enfin le bénéfice. Donc je pense que quand on a ce genre de projet en tête, il faut vraiment bien garder l'objectif et puis penser à chaque détail. Malheureusement, on a l'impression dans le monde dans lequel on vit que tout est facile. En fait, c'est du tout est facile de surface quand on est dans une véritable expérience en production.

C'est là où on se dit, non, on ne pas se permettre d'avoir un truc moyen, c'est pas possible. Le truc, il qu'il marche, il qu'il soit stable, faut qu'il apporte de la valeur à la personne qui va se payer ce genre de service.

Thomas (23:16)
Je pense parler encore très très longtemps de ça, j'ai l'impression que Pierre t'es un peu difficile en affaire avec ce sujet là. C'est un beau sujet, le niveau social quand l'outil de productivité devient un objet social.

Pierre Vannier (23:25)
Oui mais tu vois,

je ne pas faire de mon affaire particulière une généralité. C'est à que je pense qu'en fait ce qui serait intéressant de réessayer pour Emmanuel et au bat c'est de réessayer le test avec les, si vous aviez eu des métriques au départ, les métriques justement de réception.

Thomas (23:32)
fait de généralité.

Pierre Vannier (23:43)
de l'outil ou de la fonctionnalité et de quand la personne s'arrête ou pas et tout ce côté feedback UI-UX de l'intégration de la solution dont les détails sont ultra importants pour l'adhésion finalement. vas-y Thomas, mon avis personnel n'est pas une généralité.

Emmanuelle Galou (24:06)
Après nous on n'a pas l'habitude, on ne lance aucune fonctionnalité si on n'a pas de la data derrière. C'était bien avant que j'arrive d'ailleurs, parce que j'ai de la chance d'avoir deux co-fondateurs qui sont à fond sur la donnée et qui en utilisent beaucoup sans pour autant être des techniciens et des spécialistes. Et pour eux c'est normal de baser leurs décisions sur des faits. Donc on ne lance jamais rien sans avoir de la donnée. Effectivement on a vu très vite que la configuration...

si ça prend du temps, derrière c'est autant de temps à rattraper, ça on l'a vu. Et après en termes d'usage de messages de flux qui passent à travers le système, par rapport à ce qu'on s'était fixé comme objectif, on n'y était pas forcément. Et après il a toute la mécanique de vendre, parce que nous en fait on vendait une fonctionnalité supplémentaire. Donc ça veut dire être capable de la présenter, être capable de la vendre. Et puis il y a 18 mois, encore une fois, certains artisans quand ils entendaient parler d'IA, la hype, ça les faisait fuir.

Voilà, on a essuyé tous les plâtres en même temps et c'est pour ça que je pense que ça vaut toujours le coup de réessayer cette expérience parce que le contexte a peut-être un tout petit peu changé et on prendrait le sujet complètement différemment.

Thomas (25:14)
j'ai hâte d'aller sur à partir RETI sans ce changement. Je voudrais juste revenir sur un truc avec toi Emmanuel, tu dis que tu proviens de l'Ensaïsa, moi c'est un sujet que j'adore. Je pense que tu as terminé tes études avant 2020 vu que tu as été chez Obat en 2019. Je n'irai pas plus loin, je n'irai pas plus loin pour ça. Mais en tout cas ça veut dire que tu as vraiment débuté avec les statistiques. Moi je suis très sensible à ça, je pense qu'il a maintenant deux profils vraiment différents, ceux qui font de l'IA, qui ont fait que des études autour de la data, maintenant de l'IA. Toi tu proviens des stats et des maths un peu plus.

Emmanuelle Galou (25:43)
...

Thomas (25:45)
mais je m'entends quand je dis ça.

voulais savoir, puisque en plus, tu n'as jamais mentionné tes rôles. dit que travailles à 10 heures chez Captain Contract et tout ça. Aujourd'hui, tu dis que tu es officer, Chief d'AI officer, Moi, il un truc qui m'intéresse, c'est est-ce que tu as vu à travers le temps les changements de ton rôle, peut-être pas de ton métier, puisque en fait, vois que chez 10 heures, je pense que tu étais Data Scientist, mais tu faisais beaucoup de data analyse. Est-ce que les choses ont changé, les priorités ont changé ta relation vis-à-vis des gens, le board, je pense que le board

Emmanuelle Galou (26:06)
Oui.

Thomas (26:15)
Il a beaucoup changé. Est-ce que tu as vu toutes ces choses à travers le temps ?

Emmanuelle Galou (26:19)
Oui effectivement j'ai vu des changements et en fait c'est marrant que tu relèves ça parce que quand je faisais mes études je me suis dit mais comment je vais expliquer autour de moi ce que je fais parce que ça paraît très compliqué les maths appliquées etc et à la fois j'avais un début de syndrome de l'imposteur en disant mais je suis pas non plus dans un labo de recherche je fais pas des maths pures voilà donc

quelque part, suis une utilisatrice un peu plus experte des maths, mais est-ce que ça fait moi vraiment quelqu'un... Est-ce que je suis bien et à l'aise dans mes habits de statisticienne ? Pas vraiment, parce qu'en fait, ce qui me manquait, c'était le domaine d'application. C'est vrai que je n'ai pas trop parlé de mes rôles, mais en fait, qui sous-tend un peu ma carrière, c'est que j'ai toujours voulu appliquer mes connaissances.

et appliquer des stats, même en start-up ou en scale-up, sont des environnements où on teste beaucoup et on n'a pas trop peur des étiquettes, j'avais du mal à exister en tant que data quelque chose. Je remonte à 10h, 2007 ou 2009, je ne plus, sans aller plus loin sur les années. La notion de data scientist, n'existait pas. On commençait à...

On parlait de data miners, de statisticiens, etc. C'était vraiment un autre monde. Moi, me suis dit, je ne pas trop me coller des tickets. Je veux simplement être la personne que l'on vient voir quand on a besoin de prendre des décisions quantifiées et objectives sur des sujets. J'ai toujours vendu mon métier comme ça. Par contre, j'ai dû me trouver un domaine d'application. Chez Deezer, naturellement, j'ai fait du produit et j'ai fait un peu de marketing. Ensuite, quand je suis partie chez Caféine...

Là, j'ai fait complètement du marketing parce que là, il y avait beaucoup de sujets qui étaient orientés marketing sur l'acquisition, sur la rétention. c'était vraiment des sujets qu'on appellerait aujourd'hui revenus. Et puis après, j'ai fait aussi du produit chez Caffeine. Chez Cathane Contra, j'étais au marketing et je collaborais avec un profil à la data qui était d'ailleurs un profil full stack parce que dans un startup, on n'a pas toujours les moyens.

pour pouvoir se payer une armée de gens à la data. Donc les étiquettes, je les ai vues arriver, se faire balayer. Finalement, qui est resté, c'est que utiliser les stats sans avoir un domaine d'application précis qui soit très proche du métier, ça reste quand même difficile à vendre en entreprise. On a du mal à collaborer sur des sujets qui ont vraiment de l'impact. Donc voilà, moi, j'ai juste essayé à chaque fois de trouver un domaine d'application et c'est la première fois depuis que je bosse que pour une fois, je peux vraiment...

avoir la casquette d'Atahaya et pas avoir besoin de l'attacher à quelque chose de très bien, enfin, où un périmètre est très clair comme le market ou le revenu, c'est vraiment très transverse.

Thomas (29:05)
Je trouve que c'est un bon point en plus, tu as vécu pas mal de choses dans ta carrière d'un point de vue data, data miner ça n'existe plus du tout, plus personne n'utilise ce terme, ça c'est assez fou. Il y aussi une crise, moment où les data scientists ils étaient un peu en crise existentielle, on ne plus trop ce qu'on faisait, il partir en production, nous on fait des maths, comme on fait de l'ingénierie, puis tout le monde est passé data engineer, puis quand l'IA est revenu à la mode, ouais à la mode avec le chat GPT et tout ça, tout le monde...

une casquette IA, Data Engineer c'est beaucoup moins sexy, enfin je trouve qu'il y a des très beaux sujets. Est-ce que toi tu as senti, et là il a un point qui m'intéresse vraiment beaucoup, à 10 heures par exemple quand tu faisais de la data analysis ou de la data science, on parlait pas de, je vais utiliser le terme build des choses, c'est à dire partir en production, déployer et tout ça, c'était vraiment, j'abuse un peu mais, des calculs au coin de table, dire voilà j'ai fait cette analyse, je pense que ce choix est pertinent.

Est-ce que aujourd'hui tu vois les choses différemment ? Est-ce que ton rôle a changé ? Est-ce que maintenant tu builds beaucoup plus ? Est-ce que tu pars en production ? Je pense qu'il a beaucoup moins de maths dans ton quotidien, déjà vis-à-vis de ton rôle, mais aussi du métier d'un point de vue général, non ?

Emmanuelle Galou (30:11)
Il y a toujours autant de maths dans mon rôle et je reviens même à des bases de stats parce que l'avantage que j'ai c'est aussi de pouvoir me plonger quand il a de la lecture parce que si c'est des modèles commerciaux rien n'est forcément transparent mais ça me permet de me replonger dans de la documentation, des fois d'aller lire des papiers pseudo-recherche parce que c'est vrai que

Thomas (30:14)
Génial ça.

Emmanuelle Galou (30:31)
sur internet on trouve de tout mais donc du coup je peux les lire avec un regard un tout petit peu différent sans pour autant refaire les maths dans mon coin là c'est pas vraiment le sujet mais au moins j'ai quand même quelques clés de compréhension qui me permettent d'évaluer par rapport au cas dans lequel je me trouve est-ce que ça va être une bonne idée ou pas une bonne idée et pour répondre à tes questions chez Desire il a un truc que moi j'ai vécu c'est effectivement le passage où on s'est dit t'es de type A, Analyste ou t'es de type B, Build et en fait ça va être des équipes différentes

Et en fait ça je l'ai vécu et je l'ai hyper mal vécu. Parce que sur la partie build on avait l'impression qu'il fallait venir quelque part du software pour pouvoir être un développeur, pour pouvoir faire du build et avoir un bagage en maths. Et sur les autres c'était analyst, atelier au revenu, vas-y tu seras analyst. Et ça je l'ai hyper mal vécu. Et après je me suis dit que pour moi ça n'avait pas de sens de couper les choses comme ça de manière si abrupte.

Et je me suis attachée en tant que manager d'essayer de ne faire autant de limitations. On a tous des compétences différentes et des appétences différentes, mais pour autant, se coller une étiquette qui fait revient à créer un silo, je l'avais vécue chez Deezer et plus jamais j'ai voulu faire ça. Et je pense que l'avenir, d'ailleurs, c'est de moins en moins au silo. Je pense qu'on reviendra peut-être sur les rôles qui sont en train de naître. Pour moi, il faut savoir glisser au-dessus de son périmètre.

et pouvoir gagner des compétences. Et aujourd'hui, qui est formidable avec les IAGENERATIF, c'est que les connaissances n'ont jamais été autant accessibles pour un peu qu'on se pose les bonnes questions. que sinon, c'est sûr qu'on apprend des trucs qui n'ont absolument aucune valeur et on ne voit même pas ce qu'on est en train de se faire berner. Mais pour autant, pense que l'étiquette a de moins en moins de raison d'exister, que ce soit sur la data ou que ce soit sur d'autres métiers.

Pierre Vannier (32:23)
Tu parles de sens, Tu as dit les questions du sens, dans cette transphoïa. Tu as aussi une grosse question de facteurs humains, de résistance, de peur, de plaisir au travail, etc. Comment tu l'abordes, question qui est finalement récente, parce qu'elle est chamboulée avec l'arrivée des IA génératifs depuis 3-4 ans ?

Maintenant on voit réellement des gros changements, des transformations, des transformations de métiers, d'organisations. Comment tu vois cette espèce d'éléphant dans le magasin de porcelaine qui arrive, qui est lié à Générative dans les organisations ? Et quel est ton point de vue là-dessus ? Parce que c'est intéressant de voir toi qui as vu ces changements-là et comment ça peut fonctionner. Est-ce qu'il a une porte de sortie ? Est-ce qu'il a une fissure dans laquelle on peut s'insérer pour que ça marche et qu'on emmène les gens en fait ?

Emmanuelle Galou (33:15)
J'ai l'impression que depuis l'avènement de ChatGPT, a eu plusieurs phases. Il a des gens qui ont testé hyper vite parce que ça fait partie de leur manière de faire. Ils s'approprient très vite les outils et il a une espèce de hype qui s'est créé alors qu'il avait pas forcément une qualité incroyable derrière.

et qu'en terme d'usage, on pouvait vite faire des choses, après les incorporer dans son quotidien professionnel, c'est autre chose, parce qu'emmener...

Pierre Vannier (33:39)
les AI

fanboys qui font des proof of concept un peu partout et je sais, j'ai été ça et j'en ai mis partout et c'est n'importe quoi.

Emmanuelle Galou (33:44)
...

Oui, c'est ça. en fait, on en voit toujours parce qu'il des gens qui vous vendent des workflows en 8e, super bien, qui vont automatiser toute votre équipe marketing. Moi, trouve que j'en vois toujours sur LinkedIn. Ça me fait bien rigoler. Voilà, c'est ça donc.

Pierre Vannier (34:01)
Commente méthode, commente

formulaire, commente il fait beau aujourd'hui.

Emmanuelle Galou (34:15)
C'est un peu une autre phase dans laquelle on est rentré et j'aimerais bien que ça se termine un peu pour qu'on ait des discussions de fonds. Effectivement je pense que quand on a testé, alors ça a mis...

ça a mis du temps parce qu'en fait quand on regarde à l'échelle de l'entreprise est-ce qu'aujourd'hui à 100 % des gens ont testé l'IA générative show badge je pense qu'on peut dire oui mais ça

Pierre Vannier (34:39)
Attends, je voulais

faire juste une précision avant Emmanuel. Parce qu'en fait, y a deux choses dans ma question et il qu'on soit précis. Il les IA générative dans votre produit, dans vos solutions et l'utilisation d'IA générative pour les développeurs ou les gens en interne dans l'entreprise en elle-même. Et on peut complètement de manière non...

C'est-à-dire qu'en fait de manière individuelle et non liée, on peut être l'un, l'autre, les deux, ou pas du tout finalement. Donc là, on parle de quel sujet vraiment ? Plutôt les solutions ou plutôt en interne ? Plutôt en interne. Les deux. Les deux. Les deux ! Les deux

Emmanuelle Galou (35:15)
Les deux, plutôt en interne, mais en fait c'est les

c'est les deux parce qu'en fait quand on parle d'incorporer l'IA dans le produit, que ça soit au centre ou que ça soit une fonctionnalité doper à l'IA, en fait il faut quand même savoir de quoi on parle. Et les gens qui doivent travailler dessus, ils doivent quand même s'approprier le sujet. Donc s'ils ne s'approprient pas le sujet par eux-mêmes, ça va être quand même compliqué. ça veut dire qu'il faut qu'ils aient testé l'IA générative.

Et après, ça a été plutôt à moi d'essayer de remettre un peu l'église au milieu du village en disant bon, bien, liaises génératives c'est un type d'IA, il y en a bien d'autres. Et d'ailleurs, chez Obat, il y a des algos de machine learning en prod qui servent à faire des choses et en fait, on ne pas que liaises génératives. Et donc là, ça a permis un peu de se dire, OK, donc en fait, on est en train de parler d'un truc, mais finalement, le point commun entre tout ça, c'est quoi ? C'est que ça carbure à la donnée quand même et c'est quelque chose que tout le monde...

à sous les yeux au quotidien. C'est quelque chose aussi que tout le monde aimait au quotidien. Une partie de la discussion, c'était aussi d'expliquer comment ça marche et que les données sont au cœur de tout et qu'aujourd'hui, il faut sensibiliser. Alors les collaborateurs en tant que collaborateurs, mais aussi en tant que citoyens. Et d'ailleurs, ça rejaillit positivement sur eux en tant que collaborateurs parce qu'ils sont particulièrement regardants sur...

qu'est-ce qu'on met dans le prompt qui pourrait se retourner contre nous un jour. Donc il se posent quand ces questions-là. Donc il y a eu des discussions qui ont émergé très vite en disant l'IA générative, on l'utilise comment, mais c'est vraiment d'expliquer, tu vas te connecter sur tel service, tu crées tel compte parce qu'on a une licence sur ce produit et puis tu tests le type de prompt et puis de les faire se rendre compte que le prompt a quand même une importance.

Alors sa fonction, ça dépend aujourd'hui un peu des tâches, des métiers, etc. Parce que bon, il y a quand toujours un rôle un peu du prompt. Mais c'est vrai qu'au début, c'était particulièrement important. Donc les accompagner sur le prompt. Et une fois qu'ils avaient ce niveau de maturité, se dire, bon bah, finalement dans ton quotidien, qu'est-ce que tu n'as pas le temps de faire et qu'est-ce qui t'intéresserait vraiment de faire et de repérer les décalages en disant, bah finalement, il y a peut-être des choses qui aujourd'hui te prennent du temps.

qui pourrait être automatisable et on parle même pas forcément d'IAGENERATIVE, on parle des fois simplement d'automatisation sans forcément parler d'IAGEN.

Pierre Vannier (37:36)
C'est

précision super importante que tu fais. On n'est pas obligé de mettre de lia génératif partout. Il y a plein d'autres technos qui sont très très bien et qui marchent très bien.

Emmanuelle Galou (37:46)
et qui marche très bien parce qu'il ne pas oublier que la générative a quand même un tout petit souci. Je pense que tout le l'a vu, le côté non déterministe, ça peut avoir des impacts. Donc si on se dit qu'on peut automatiser certaines tâches de son quotidien pour aller chercher d'autres tâches qui vont apporter de la valeur ajoutée à son périmètre à soi-même et à l'entreprise, fait, on a une bonne discussion.

Et pour donner un exemple concret, pense que pour quelqu'un qui bosse à la tech, écrire une documentation sur une API, écrire des tests unitaires, Bon, c'est pas forcément... Enfin, c'est intéressant, mais est-ce qu'on a envie de faire ça tout le temps ? Moi, je suis pas sûre. Par contre, quand on a dit...

Pierre Vannier (38:32)
de façon c'était

pas fait excuse moi excuse moi de jeter un pavé dans la mare ça n'était pas fait non c'était fait mais bon tu sais toujours à reculons et c'est des choses qu'on met généralement dans son planning on le met dans les les corvées un peu quelque part c'est pas les choses les plus marrantes

Emmanuelle Galou (38:51)
Ouais, c'est ça.

Non, c'est le truc important mais non urgent au sens of size and aware, mais finalement on le fait jamais. On sait quand même que c'est important d'avoir de la documentation parce que sinon on a les collègues qui viennent vous voir. Mais effectivement on n'aime pas le faire. Donc ça veut bien dire que si c'était automatisé, probablement que ça aurait quand même une grande valeur. Après est-ce qu'on est capable de le faire ? Ça c'est encore une autre question. Déjà se dire qu'on peut automatiser, gagner du temps et passer à autre chose, c'est cool. Mais finalement les développeurs, moi j'ai l'impression que...

ou de manière générale les gens qui bossent dans le milieu de la tech, ils aiment bien concevoir des choses. C'est ça qui est important pour eux, c'est pas forcément le côté rédactionnel. Et puis je parle des techs, mais en fait ça serait pareil pour quelqu'un qui travaille au marketing. Faire de la production à longueur de journée, au début on a besoin de comprendre comment les choses fonctionnent, mais alors après, le côté rédactionnel, peut-être qu'on pourrait s'en passer. Et donc là, est-ce qu'on peut pareil automatiser avec ou sans IA générative ? Pour le marketing c'est intéressant, d'ailleurs l'IA générative.

Mais finalement, on a le même fond, on a le même sujet. C'est peut-être se libérer du temps pour pouvoir passer plus de temps sur la conception. Mais c'est peut-être pour nos clients finaux, nous ce qu'on se dit, c'est aussi leur libérer du temps pour qu'ils aient du temps pour eux. fait, on n'est pas obligé de remplacer du temps de production par du temps de production sur autre chose.

Pierre Vannier (40:05)
Est-ce que tu as lu ces études ? Parce que je quand même juste... J'interviens là-dessus, des études assez récentes qui parlent de AI brain fry, donc le rôtissage du cerveau à base d'IA, où il paraîtrait dans les études récentes que ça ne déleste pas forcément, mais plutôt ça surcharge au niveau cognitif.

et que ça peut constituer un risque autour de ça. Est-ce que c'est malgré tout des sujets où pas forcément tout de suite ou est-ce que c'est des choses que tu gardes dans un coin de ta tête parce que effectivement si c'est pour intégrer de l'IA générative dans toutes les équipes et se retrouver avec un taux de burn out ou un taux d'arrêt maladie qui augmente de 33 % depuis l'IA générative c'est peut-être pas forcément un ultra bon.

calcul. Je vous fais pardon.

Emmanuelle Galou (41:00)
J'ai l'impression que la question derrière ça, c'est un peu est-ce que l'IA va libérer du temps ou est-ce qu'elle intensifie le travail ? C'est bien ça que tu as en tête ? En fait, je pense que les deux sont vrais et que ça dépend vraiment du contexte et de l'intention managériale. Je le redis, je pense que si le temps gagné est rempli par du volume supplémentaire, c'est probablement côté intensification.

Pierre Vannier (41:06)
Oui.

Emmanuelle Galou (41:22)
Et de temps en temps, fait, on en a besoin parce que moi je travaille dans une startup qui est une scale up et en fait, il scaler. des fois, on a besoin d'intensifier la production, par exemple, de contenu. Et là, c'est de l'intensification parce que c'est un objectif et ça a un début, ça a une fin, c'est un projet, etc. Après, le deuxième point, c'est si en fait, ça vaut pas le coup d'intensifier plus et puis des fois, c'est pas nécessaire et des fois, c'est complètement contre productif. pense à...

des discussions plutôt tech ou finalement de changer de contexte, c'est un vrai coup. On ne pas mener des projets en parallèle parce qu'en fait le cerveau il est juste pas capable cognitivement de gérer le saut d'un sujet à un autre.

Pierre Vannier (42:02)

minutes pour se reconcentrer à partir d'une interruption.

Emmanuelle Galou (42:06)
Donc

là, tout est dit. pense qu'il faut se dire que ce temps gagné, il est peut-être sur le même sujet, mais à faire autre chose. Peut-être que c'est de la conception, peut-être que c'est de la relecture. Moi, j'aime bien me dire que c'est de la relecture parce que sinon, on relie pas ce qui est produit, j'ai un peu peur qu'on tombe sur une autre forme peut-être de dette.

Thomas (42:26)
Je voudrais revenir un peu sur un sujet, la résistance concernant vos clients en tant que dans quelle mesure ils acceptent des solutions, alors je vais dire de l'intelligence artificielle, mais en vrai même de la tête, je pense que c'est déjà suffisant d'aller dans ce sens là.

délaisser. Aujourd'hui, on le sait, les artisans, sont beaucoup, je vais utiliser le terme artisan, dis-moi si c'est bon aussi, ils ont tendance à être soit seuls, soit une toute petite entreprise. Et je pense qu'il beaucoup une notion de contrôle. C'est-à-dire que même si aujourd'hui ils ont beaucoup de travail, à un moment tu disais ils ont les mains dans la peinture ou dans l'enduit, tu disais ils peuvent pas répondre. Mais je pense qu'à un certain niveau, ils veulent le faire puisque, je m'entends quand je dis ça, c'est pas une conception de chef d'entreprise, ils font autant que leurs employés ou ils sont tout seuls.

Comment vous ? Comment ils acceptent ?

le fait que vais prendre le terme d'au-bas de ton entreprise peut-être c'est pas bon, comment ils acceptent ces... Ouais, ouais, comment ils acceptent, c'est-à-dire que est-ce que vous devez mettre en face des vrais gains de productivité ou un moment c'est juste un ras-le-bol de dire on n'en peut plus de faire des journées à rallonge, il nous faut des solutions quitte à délaisser une partie de notre travail. Le coût du répondeur, moi je trouve que c'est un excellent sujet. Est-ce qu'ils étaient prêts à dire ok je laisse la tech.

Pierre Vannier (43:19)
La délégation, c'est ça dont tu parles Thomas ?

Thomas (43:44)
gérer ça. Si tu as des éléments de réponse ou c'est peut-être un peu trop sensible.

Emmanuelle Galou (43:50)
fait, moi ce que je peux te dire, c'est que ce que j'ai compris du secteur, qu'en l'artisan, c'est un professionnel de terrain. Il a besoin de confiance. Il a besoin de confiance avec ses clients, il a besoin de confiance avec ses collègues, il a besoin de confiance avec ses sous-traitants parce qu'en fait, c'est un métier qui est hyper physique, hyper dangereux. Il y a plein de choses à avoir en tête. Donc la confiance, c'est une notion hyper centrale. Confiance avec ses outils aussi. Donc sur le marché sur lequel on est, j'ai l'impression que...

On n'est pas prêt encore à parler de délégation au sens plein du terme pour un artisan. Peut-être que pour des métiers qui produisent des choses à très haute valeur intellectuelle et très haute valeur ajoutée, on peut peut-être parler de délégation. Et encore, je ne pas, il faudrait interroger quelqu'un qui bosse sur le sujet. Mais moi, j'ai l'impression que les artisans, sur certains sujets, tout dépend un peu du degré d'obligation. Au bas, t'es né parce qu'en fait, il fallait les outiller et que la promesse était de gagner du temps.

Thomas (44:32)
Merci ça.

Emmanuelle Galou (44:45)
c'était de gagner 4 à 5 heures par semaine pour faire ses devis et ses factures. en fait, 4 à 5 heures dans une semaine, c'est vraiment loin d'être négligeable en fait. Et là, je parle même pas d'IA, etc. C'est simplement le fait de les aider à faire des devis factures, ça fait déjà gagner beaucoup de temps. Après, est-ce qu'on peut aller plus loin ? Nous, on pense que oui, mais c'est vrai que ça dépend beaucoup du contexte dans lequel l'artisan se trouve et à quel point la solution va lui permettre d'aller vers du gain de temps, mais je pense qu'on parle jamais de délégation.

C'est pas possible. Et peut-être que le répondeur s'était peut-être trop délégué, alors que l'assistante de vie vocale, c'est complètement autre chose. On est plutôt sur une assistance qui fait gagner du temps, parce que là, c'est en quelques secondes, on a un de vie à la voix. Donc imagine le temps gagné à la fin de la semaine. C'est juste incroyable.

Thomas (45:23)
en effet.

Pierre Vannier (45:33)
intéressant, on arrive petit à petit à la fin de cet épisode que je trouve vraiment intéressant. Beaucoup de choses intéressantes dites. Du coup, traditionnellement, on a...

question du précédent invité qui était Fabien Antoine, un super podcast aussi, alors attention accrochez-vous. La question de Fabien Antoine pour Emmanuel est la suivante que seraient les métiers, les tâches ou les benchmarks, les grilles de tests finalement à mettre en place pour une IA qui contribue ou qui contribuerait au bien-être de l'humanité ? Vous avez huit heures, quatre heures.

Qu'est-ce que en penses de cette question ? après, tu poseras toi-même ta question au prochain invité.

Emmanuelle Galou (46:21)
Je pense que la question est relevée. déjà, grand merci à Fabien, Antoine. J'ai écouté l'épisode avec beaucoup d'intérêt quand j'ai entendu la question en live sans savoir que ça allait être moi qui allait y répondre. Je m'étais dit quand même, voilà, c'est quand même une sacrée question. Après, j'ai eu un peu le temps d'y réfléchir et effectivement, je me suis dit et d'ailleurs, je le vois un peu dans mon quotidien. qui important, ce n'est pas la performance du modèle. J'entends plein de gens me parler de ça.

On a l'impression que c'est le graal, le truc à atteindre. Je pense que la réalité est un peu toute autre.

Pierre Vannier (46:53)
Le syndrome de la grosse voiture dans un monde d'hommes peut-être ?

Emmanuelle Galou (46:56)
Et

moi je me dis que du coup, la question que je me pose c'est est-ce que l'IA libère du temps sur des tâches subies ? Parce qu'en fait libérer du temps sur des tâches c'est une chose mais je pense que pour aider vraiment les gens il faut peut-être s'attaquer un peu aux tâches subies. Donc on parle pas de productivité pour produire plus par rapport à ce qui a été dit juste avant mais de la productivité un peu pour faire autre chose. Et la distinction pour moi elle est fondamentale.

Et je pense que chez Obat, justement, on a bien ça en tête, parce qu'il un artisan à facturer et plus vite, ça contribue à son bien-être que si le temps gagné lui appartient vraiment. C'est-à-dire s'il peut passer une heure avec ses enfants, s'il peut gagner une heure de sommeil, en fait, il va gagner du temps de vie. Et je trouve que là, on commence à se dire qu'on contribue positivement à l'humanité. Donc c'est du bien-être concret et ce n'est pas une promesse abstraite.

Pierre Vannier (47:53)
J'adore cette réponse à la façon dont tu la tournes, c'est deux façons de voir la chose. Soit on charge la mule et le seul objectif c'est la productivité poussée à son extrême, soit on libère du temps pour éventuellement se consacrer sur des choses plus long terme et plus avec l'humain au centre de ses propres objectifs et pas le système au centre de sa propre finalité en fait quelque part.

Et du coup, question aux prochaines invitées, attention, elle risque d'être peut-être relevée aussi.

Emmanuelle Galou (48:24)
Du

coup, j'essaye de garder cette lignée et je me suis demandé si en fait la question, ça serait pas d'une projection dans le futur. Alors je vais tenter une projection à 10 ans et alors je sais que c'est difficile parce que vu la vitesse à laquelle les choses vont dans 10 ans, ça paraît tellement loin. Mais ma question est la suivante. Peut-être.

Pierre Vannier (48:49)
Donc dans 100 ans presque, parce qu'en fait on vit maintenant

une année qui vaut 10 ans.

Emmanuelle Galou (48:54)
Peut-être.

Donc ma question pour l'invité suivant, ça serait dans 10 ans, quelle compétence humaine aujourd'hui banale sera devenue rare à cause de l'IA ? Et est-ce que vous la protégez

Pierre Vannier (49:05)
C'est une question assez géniale, trouve, et qui mérite. Et j'aimerais bien que nos auditeurs et auditrices se posent cette question aussi, par rapport à leurs usages, ou par rapport à ce qu'ils voient, à ce qu'ils entendent, etc. De se reposer la question de quelle compétence humaine qu'on a aujourd'hui, qui est banale finalement, à cause de l'IA, elle serait devenue rare.

Et surtout, qu'est-ce qu'on fait aujourd'hui pour protéger en fait cette... Ce qui est bien dans la projection dans le futur, c'est que ça t'oblige à penser le présent d'une manière correcte. Si tu veux que ton futur existe.

Emmanuelle Galou (49:43)
Exactement, c'est un peu tout le enjeu sans mon rôle chez Obat, c'est d'essayer d'anticiper ce qui pourrait se passer pour qu'on se pose les bonnes questions maintenant et qu'on agisse de la bonne manière en n'ayant pas de regrets et en ayant tout fait plutôt que de suivre tout simplement le fil, la hype, etc. Pas du tout de mettre le pied sur le frein, bien au contraire, mais de garder son esprit critique.

au quotidien, c'est un véritable sport mais c'est un sport d'équipe donc je trouve... ouais exactement. Mais c'est ce qui fait de nous des humains et c'est ce qui fait que ça vaut le coup de relever le sujet en équipe et c'est vraiment le cas chez Obat mais je l'ai vu dans deux entreprises aussi donc c'est ce qui me rend un peu optimiste sur la période dans laquelle on vit.

Pierre Vannier (50:10)
et ses valeurs aussi quelque part.

Oui vous n'êtes pas

un cas isolé complètement, aussi d'autres... En fait il y a des gens de bonne intention, il suffit de savoir les regarder en bonne direction sûrement.

Emmanuelle Galou (50:37)
Oui, c'est ça. puis surtout, pense qu'il faut avoir des débats. On en revient au sujet de départ et du fil rouge, moi, de ma carrière, c'est de me dire finalement, ça ne pas être un sujet de technicien. Il faut que ça soit un sujet limite de société, mais c'est compliqué de parler sur ces grands ensembles-là. Donc, moi, qu'est-ce que je peux faire au quotidien Ça, c'est à titre très perso. fait, c'est qu'est-ce que je peux faire au quotidien pour essayer de faire avancer le schmiblick ?

J'ai décidé de contribuer à mon échelle en essayant d'expliquer aux gens comment les choses fonctionnent pour qu'elles puissent prendre des décisions à leur échelle sur les choses qui sont vraiment importantes. Pour moi, c'est l'impression de garder le contrôle, mais c'est surtout une question de responsabilité. pense qu'on aura, crée la confiance que si les responsabilités sont vraiment bien partagées. c'est tout le sens de notre action chez Obat, mais je le vois aussi ailleurs.

Pierre Vannier (51:32)
Écoute, c'était passionnant, j'aime beaucoup aussi je trouve l'empathie et l'intelligence émotionnelle qui est...

mise dans vos démarches au-delà de l'intelligence intellectuelle. a, je pense aujourd'hui, beaucoup besoin d'intelligence émotionnelle. Merci beaucoup Emmanuel Gallou, est Chief AI Officer de Obat. Très bon moment et merci à tous ceux qui nous écoutent, auditeurs, auditrices et merci Thomas. C'était un super épisode. Merci à vous. À bientôt. Ciao.

Thomas (52:02)
Merci à vous.

Emmanuelle Galou (52:04)
Merci beaucoup.