Musée canadien de la guerre

Découvrez la rencontre émouvante entre un membre du personnel du Musée et une mère en deuil. Écoutez le fichier téléchargé à partir de 20 min 25 s ou utilisez le lecteur ci-dessus.

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What is Musée canadien de la guerre?

Projets audio créés par le Musée canadien de la guerre. Le Musée canadien de la guerre est le musée national d’histoire militaire au Canada et l’un des centres muséologiques les plus respectés au monde en ce qui a trait à l’étude et à la compréhension des conflits armés. Visitez-nous à museedelaguerre.ca.

Simon D. Scott : La dernière étape de notre visite est l'un des espaces les plus imposants et les plus inspirants du Musée.

Robert Gauvin : La galerie LeBreton est un peu plus intimiste. Les gens y partagent donc beaucoup plus de choses. Nous allons nous y rendre. Je m'appelle Rob. Je suis interprète de programme. Dans ce rôle, je fais des visites guidées, je m'occupe des programmes scolaires et j'interagis avec une grande partie du public.

Simon D. Scott : La galerie LeBreton est une salle immense et bien éclairée qui abrite un large éventail de machines de guerre. Des chars d'assaut, des pièces d'artillerie et d'imposants véhicules militaires. Nous circulons entre des machines de guerre massives, disposées en rangées, comme autant d'artéfacts de l'ingéniosité et de la cruauté de l'humanité. La confrontation des visiteurs avec ces machines peut parfois susciter de fortes émotions.

Robert Gauvin : C'était une journée particulièrement calme au Musée. Et il y avait une femme qui se promenait dans les galeries, tranquillement absorbée par sa visite. Et moi, je suis là, pour m'assurer que la visite des gens se passe bien ou pour répondre à leurs questions. Et je remarque qu'elle semble perdue, qu'elle ne sait pas où elle va. On dirait qu'elle va quelque part, puis qu'elle hésite.

Alors, je me dirige lentement vers elle et je lui demande si elle a besoin d'aide. Elle s'arrête dans son élan, lève les yeux vers moi, met deux ou trois secondes avant de changer d'attitude et de parler, comme si elle était gênée, et ensuite un peu moins gênée. Alors elle me dit : « Je ne suis pas vraiment perdue, mais je ferais bien de vous raconter ce qui m'est arrivé. » Elle m'a avoué qu'elle avait perdu son fils en Afghanistan et qu'elle ne voulait pas dire à qui que ce soit que c'était pour cela qu'elle était ici. En fait, elle ne savait pas vraiment pourquoi elle devait venir ici, mais elle sentait qu'elle devait venir ici.

Nous nous trouvions à côté d'un RG Nyala, un véhicule utilisé par les Canadiens en Afghanistan. Elle a un peu pleuré et je me suis contenté d'être présent pour elle. Je ne pense pas que j'aurais pu dire quoi que ce soit, quoi que ce soit pour la réconforter. Elle a eu une émotion et il se trouve que j'étais là au même instant, avec elle. C'était un moment extrêmement fort. C'est un moment que je n'ai jamais oublié.

[La musique du piano s’intensifie, puis s’estompe.]

Danielle Teillet : J'espère que les gens continueront à nous rendre visite. J'espère que nous pourrons partager davantage d'histoires et de points de vue sur les expériences autochtones. Et bien sûr, à plus grande échelle, j'espère que nous pourrons continuer à attirer les gens avec des évènements, des programmes éducatifs et des expositions. J'espère donc que les gens continueront à venir ici, à apprendre et à vivre ces expériences.

Camille Brouzes : Je pense simplement au sentiment d'avoir un membre de sa famille qui a servi sous les drapeaux. Je trouve que cela permet de tourner un peu la page ou de guérir un peu, en sachant que vous pouvez aller quelque part pour vous souvenir d'eux.

Robert Gauvin : C'est un endroit très spécial. Les jours où il vous arrive quelque chose de très fort sont précieux, parce que les gens ont envie de partager quelque chose d'intime. Et en tant que personne qui a toujours aimé l'histoire, je sais qu'il y a des tragédies en temps de guerre et qu'une forme de compassion peut en découler. On se rend compte que, lorsque quelqu'un partage quelque chose d'aussi puissant avec vous, il y a une forme de respect que vous avez pour les familles et pour les personnes qui ont subi diverses formes de traumatismes.

Emmanuelle van Rutten : Nous devons raconter notre histoire. Je pense que nos enfants ont besoin de connaitre l'histoire parce que les grandes guerres, en particulier, sont plus espacées. Mais si nous oublions ces moments de l'histoire, je ne pense pas que nous rendons service à qui que ce soit. Raymond a clairement indiqué qu'il ne s'agissait pas de glorifier la guerre. Et je pense qu'il était clair pour lui qu'indépendamment de la présentation de la difficulté de la guerre, il y a aussi la question de l'espoir et de la régénération. L'idée que, encore une fois, la nature guérit et que nous devons regarder vers l'avant et essayer d'être optimistes pour l'avenir.

Simon D. Scott : Merci d'avoir écouté « Béton et lumière ». Visitez museedelaguerre.ca pour plus d'histoires, d'articles et d'expositions du Musée canadien de la guerre.

[La musique du piano s’intensifie, puis s’arrête.]