L'heure de grande écoute

Se promener à cheval en ville : loi oubliée, rêve écolo ou délire de barman?

Julien Morissette enquête sur une rumeur tenace : un vieux règlement municipal obligerait les bars du Vieux-Hull à offrir du foin aux chevaux. Pour son beau-frère Tristan Arnaud, il explore les possibilités de troquer l’auto pour les sabots.

· Animation : Steven Boivin
· Invité, scénarisation et réalisation : Julien Morissette
· Invité et collaboration : Tristan Arnaud
· Collaboration : Maude Marquis-Bissonnette, Brigitte Noël, Maude Petel-Légaré et Jean Roy
· Production au contenu : Audrey Blackburn
· Indicatif musical : P’tit Belliveau
· Réalisation sonore, enregistrement, montage et mixage audio : Simon Coovi-Sirois
· Musique originale : Simon Coovi-Sirois et Alexis Elina
· Caméra et montage vidéo : Patrick Lozinski
· Recherche : Emmanuelle Gauvreau et Maude Petel-Légaré
· Script-édition : François DesRochers
· Cheffe de contenu pour Télé-Québec : Sophie Bélanger
· Coordination : Clara Gauthier-Morrison
· Communications : Louis-Philippe Roy
· Visuel : bureau60a
· Remerciements de l’épisode : Tristan Arnaud, Maude Marquis-Bissonnette, Brigitte Noël et Jean Roy
· Remerciements de la série : Steven Boivin, Clara Lagacé, Marysol Foucault et Sophie Lacelle-Bastien de Transistor Média

Archives
· Extrait de l'émission SoCal Spotlight, KCAL News, 2023.

L’heure de grande écoute est une série de Transistor Média, produite en collaboration avec Télé-Québec.

Ce projet a été rendu possible grâce au soutien financier du ministère de la Culture et des Communications du Québec et de la Ville de Gatineau (via l'Entente de développement culturel avec le gouvernement du Québec).
/
Transistor Média, basée à Gatineau (Québec), est un studio de création, de production et de diffusion d'œuvres audios. En plus de ses balados, l’organisme tient annuellement le Festival Transistor et le Kino-radio.

Site Web de Transistor : https://transistor.media
Pour découvrir le catalogue de balados : https://transistor.media/balados
Pour vous inscrire à l’infolettre mensuelle : https://bit.ly/infolettre-Transistor

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Qu'est-ce que L'heure de grande écoute ?

Découvrez les récits touchants et les anecdotes familiales qui témoignent de la créativité et de l’humanité de celles et ceux qui façonnent le Québec. Une plongée dans des histoires insoupçonnées, portées par des voix d’ici.

Pilotée par Julien Morissette, la série hebdomadaire donne la parole à celles et ceux qui façonnent la province au quotidien. Des créateurs·trices issu·e·s de tous les horizons se succèdent pour raconter des expériences qui résonnent bien au-delà de leur parcours personnel, révélant les forces invisibles qui tissent notre société.

· Animation et réalisation : Julien Morissette
· Production au contenu : Audrey Blackburn
· Indicatif musical : P’tit Belliveau
· Réalisation sonore, enregistrement, montage et mixage audio : Simon Coovi-Sirois
· Musique originale : Simon Coovi-Sirois et Alexis Elina
· Caméra et montage vidéo : Patrick Lozinski
· Recherche : Emmanuelle Gauvreau et Maude Petel-Légaré
· Script-édition : François DesRochers
· Cheffe de contenu pour Télé-Québec : Sophie Bélanger
· Coordination : Clara Gauthier-Morrison
· Communications : Louis-Philippe Roy
· Visuel : bureau60a
· Remerciements : Steven Boivin, Clara Lagacé, Marysol Foucault et Sophie Lacelle-Bastien de Transistor Média

L’heure de grande écoute est une série de Transistor Média, produite en collaboration avec Télé-Québec.

Ce projet a été rendu possible grâce au soutien financier du ministère de la Culture et des Communications du Québec et de la Ville de Gatineau (via l'Entente de développement culturel avec le gouvernement du Québec).
/
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Ça fait 70 ans que le livre
des « Records Guiness » est publié.

100 millions d'exemplaires vendus
dans 100 pays, en 37 langues.

Je ne sais pas si vous connaissez
l'histoire d'origine du livre :

Ça commence en novembre 1951.
Hugh Beaver, le DG de la brasserie Guiness,

est parti à la chasse au gibier, le pluvier
précisément, mais il n'a rien pogné.

Puis par orgueil, le patron de Guiness a
commencé à dire que ce n'était pas facile

d'attraper ce pluvier-là, parce que
c'était l'oiseau le plus rapide d'Europe.

Ça a créé un immense débat, mais
personne n'était vraiment capable

de valider l'information. Beaver a compris
que la petite chicane qui se passait

entre les chasseurs, bien ce
n'est pas un événement isolé.

C'est le genre de situation qui se
passait tout le temps, soirs après soirs,

dans les pubs d'Irlande, puis même
dans le monde entier.

Comment on fait pour régler
des débats entre ivrognes?

À l'époque, ce n'était pas possible
d'aller faire ses recherches sur YouTube

ou sur Reddit. L'histoire qu'on
vous raconte aujourd'hui est née

d'un débat entre des barman et des
clients dans des pubs du Vieux-Hull,

en Outaouais. C'était d'abord une anecdote
divertissante à propos d'une vieille loi

oubliée, mais quand on a cherché à savoir
si c'était vrai, ça nous a lancé

sur des pistes de réflexion et
toutes sortes de découvertes.

Je m'appelle Steven Boivin,
je suis conseiller municipal

à la ville de Gatineau, fier représentant
du district d'Aylmer, où se trouvent

présentement les studios de Transistor.
Si c'est moi qui vous parle aujourd'hui,

c'est parce qu'à l'époque, j'étais
propriétaire d'un bar dans le Vieux-Hull,

le Minotaure, avec un gars
qui s'appelle Tristan Arnaud.

Tristan disait tout le temps qu'il y
avait une loi qui nous obligeait

à avoir un espace et du foin si
jamais quelqu'un arrivait à cheval.

À cette époque-là, Tristan est aussi
devenu le beau-frère de votre animateur

habituel, Julien Morissette. Et quand
Julien et moi, on a fondé Transistor,

je lui racontais cette histoire-là, et on
s'est toujours demandé d'où ça venait.

Julien a donc décidé de s'asseoir
dans le fauteuil de l'invité,

pour faire une enquête là-dessus.
On vous présente la quête

de son beau-frère, qui veut à tout
prix se déplacer à cheval, en ville.

Bienvenue à L'heure de grande écoute,
le balado qui vous fait entendre

les histoires vraies et les personnages
surprenants qui façonnent le Québec.

L'épisode d'aujourd'hui :
Le beau-frère à cheval.

(Tristan) Je te dirais qu'avant Internet,
je pense qu'on se basait surtout

sur les histoires de bar. C'était très bon,
pour un barman, d'avoir plein d'histoires.

Ça entretient le monde autour et personne
ne pouvait vérifier quoi que ce soit.

Moi c'est vraiment quelque chose qui est
devenu une blague récurrente avec mes amis.

On peut parfois se raconter des
blagues très, très, pas des blagues pardon,

des histoires très détaillées,
très intéressantes, passionnantes,

et d'un seul coup, se demander
à quel point c'est vrai.

Puis on n'a aucun moyen de vérifier
si c'est vrai. On m'a toujours dit,

et je n'arrive pas à me souvenir depuis
quand, qu'il y avait une des vieilles lois,

dans le Vieux-Hull, ou règlement
municipal, qui demandait

à chaque bar, restaurant ou auberge, peu
importe comment on appelait ça à l'époque,

taverne, qu'on devait les obliger à avoir,
en tout temps, du foin et un abreuvoir,

pour que les chevaux puissent
se nourrir et boire pendant

que les gens venaient boire
eux-mêmes.

-Bonjour Julien.
-Salut Steven, tu as reconnu

ton ancien partenaire
d'affaires, Tristan Arnaud?

-Effectivement, ton beau frère.
-Oui, c'est un personnage assez discret

dans le Vieux Hull. Le Vieux Hull
qui est un lieu où il y a beaucoup

d'activités nocturnes ici à Gatineau.
Et Tristan, ce qui est intéressant,

c'est qu'il se voit comme un « client
professionnel de bar »,

c'est-à-dire qu'il s'est lancé en affaires
il y a une quinzaine d'années

en rachetant le Petit Chicago,
qui était son bar préféré,

juste pour s'assurer de ne pas
le voir fermer.

-Oui, puis c'est dans cette période-là
qu'on s'est rencontré, toi et moi,

d'ailleurs. On faisait des
« show » au Petit Chicago.

C'était la place à « show »,
dans le Vieux-Hull.

Mais le Petit Chicago a fini par fermer,
mais Tristan a continué d'opérer des bars,

dont le Minotaure, qu'on a fondé récemment.

-Oui, puis pour la majorité
des gens qui nous écoutent

et qui ne connaissent pas les bars dont on
parle depuis tantôt,

le Petit Chicago et le Minotaure,
il faut savoir que ce dernier,

le Minotaure, est devenu en une
dizaine d'années un lieu de référence

pour les spectacles et pour la vie
nocturne dans le Vieux-Hull.

-Oui, puis j'entends Tristan
parler du vieux règlement municipal

à propos du cheval. Puis c'est
une discussion qu'on a eue,

quand on a ouvert notre bar ensemble.
On se disait, en tant que propriétaire,

est-ce qu'on est tenu d'accommoder les
chevaux? Puis je me souviens à l'époque,

là, j'étais stressé. J'avais même commencé
à faire des soumissions pour du foin.

-C'est un peu l'enquête qu'on a faite.
Donc, est-ce que Tristan,

qui n'a pas de voiture, qui refuse
de passer son permis de conduire aussi,

peut se déplacer à cheval lui-même,
pas seulement en tant que tenancier de bar,

mais aussi en tant que citoyen de Gatineau?

Je vous mets un peu en contexte.

Donc Tristan a été élevé
en banlieue de Paris

où il a passé sa jeunesse à prendre le
transport en commun

pour se rendre à Paris.

Il était un peu écoeuré d'être dans cette
situation-là tout le temps.

Et quand il est arrivé à Ottawa pour des
études à la fin des années 90,

il voulait être en mesure de tout pouvoir
faire à pied.

Donc, pas de voiture, mais pas de transport
en commun non plus.

Se rendre au travail, sa vie sociale aussi,
faire ses courses.

Tout ça, il voulait le faire, à pied.

-Ah, pauvre Tristan, il a dû faire le saut
quand il est arrivé à Gatineau!

Puis c'est comme bien des villes puis des
banlieues au Québec, tu sais...

Disons que c'est pas évident de vivre sans
voiture à Gatineau.

-Ouais. Dans les soupers de famille, j'ai
souvent demandé à Tristan

s'il avait, à un certain point, pensé à
passer son permis.

(Tristan) -C'est sûr que ma blonde
dirait sûrement quelque chose d'autre,

mais moi, ça ne m'a jamais traversé
l'esprit.

Je n'ai jamais voulu passer de permis.
J'ai plusieurs théories à ce propos.

J'ai eu un accident de voiture quand
j'avais 9 ans. Je me dis, bien des années

après, je me suis dit : « peut-être que
ça m'a traumatisé. »

C'était mon grand-père qui conduisait
la voiture, puis c'est la personne la plus

fiable que... Bien c'était la personne
la plus fiable que je connaissais.

Donc, si lui est capable d'avoir un
accident de voiture,

tout le monde est capable d'avoir un
accident.

Peut-être que ça a joué, peut-être que
c'est juste une excuse que je me trouve

20 ans après, mais il y a ça,
puis quoi d'autre?

L'environnement aussi, ça peut être une
bonne excuse.

Je veux sauver la planète!
-Là, tu te cherches des excuses, là.

-Ouais.
-Tu cherches une justification, je sais pas, là.

Mais en même temps, je défends
ma planète quand même.

-Oui, oui. Je te crois à ce sujet-là.

Donc, il y a-tu d'autres moyens de
transport, tu sais, que tu...

Est-ce que, je sais pas, tu conduis des
bateaux?

Est-ce que t'as un intérêt pour autres
moyens de transport?

Oui, j'ai un permis bateau, évidemment.
J'adore la voile.

Très difficile de se déplacer dans
le Vieux-Hull en voile.

Mais non, j'ai eu un voilier,
dans le Vieux-Hull,

que j'ai jamais mis à l'eau,
pendant des années.

-Pourquoi tu l'as pas mis à l'eau?

Parce qu'il faut une voiture avec une boule
pour le bouger!

J'ai déjà eu des plans.

Il y a quand même quelques marinas.

Je me disais que je pourrais
essayer de relier quelques marinas,

mais bref, avec l'hiver,
c'est pas un bon plan.

L'autre chose serait les chevaux,
évidemment.

Tu le sais que le cheval est une de mes
passions dans la vie.

J'aimerais ça. Si je pouvais me déplacer
uniquement en cheval

et en bateau, je serais très
satisfait dans la vie.

-Donc, ce n'est pas si saugrenu
que ça comme idée.

Il y a même des fondements
historiques, à l'hypothèse de Tristan,

parce qu'à une certaine époque, il y a
beaucoup d'hôtels qui avait des écuries

au rez-de-chaussée. On parle du 19e siècle,
au moment où il ya beaucoup de villes ici,

dans la région qui ont été fondées, je
pense à Hull, je pense à Aylmer également.

-Oui, puis justement, à quelques pas d'ici,
il y a un hôtel et un bar, qui a longtemps

eu une écurie.
-Une écurie, exactement, les tavernes donc,

était situées dans les hôtels,
et c'est là que les gens sortaient.

Le « nightlife » se passait
dans les hôtels, là.

Je me souviens d'entendre mes parents
qui me disaient :

« Oui, on allait à l'hôtel dans le temps. »
Ma mère, qui a grandi dans l'Est ontarien,

elle me disait qu'elle allait au
Holiday Inn à Hawkesbury pour sortir,

et que c'était là qu'il y avait les bons
gros « partys ». Il y avait même

des soirées western, donc, si ça peut
faire plaisir à Tristan.

Il y avait le Century Inn aussi,
à Grenville ;

des lieux qui ont disparu,
mais quand même,

je trouve que c'est une belle époque
de la vie nocturne.

-Ouais, j'ai souvent entendu
mes parents dire

« on va aller prendre une bière
à l'hôtel. »

-« À l'hôtel », exact.
-Dans le secteur, il y a une tonne

d'hôtels puis de motels qui restent
ouverts juste pour opérer leur bar

au rez-de-chaussée. Et ce n'est pas si fou
comme lien; les bars, les auberges, les chevaux.

(Julien et Tristan) Tes recherches
pour le cheval, comment ça,

ça t'a traversé l'esprit la première fois?
-La première fois, mon dieu,

je ne sais pas, je pense que
j'aime juste les chevaux.

J'ai pris quelques cours d'équitation.

C'est très dur de faire des cours
d'équitation, qui ne sont pas juste

avec des enfants de 6-7 ans,
donc c'est toujours spécial

d'être le seul adulte quarantenaire,
avec des enfants de 6-7 ans

donc on a du mal à se prendre...
à être pris au sérieux

et en plus je suis allergique
aux chevaux aussi.

ça c'est une chose qui
est moins « le fun »,

mais si je me couvre bien,
que je porte des gants

et que je prends des antihistaminiques,
généralement, ça va bien.

Mais non, les chevaux, sérieusement,
j'aimerais ça habiter

un endroit où je pourrais faire du cheval
et avoir des chevaux,

mais là, là, la voiture... j'avoue
que c'est un des points

où un permis
pourrait sembler utile.

Pas encore assez pour que
je fasse les démarches, mais...

j'y pense quand même un peu,
à cause de ça.

-Il est incroyable; il veut se déplacer
à cheval, mais il est allergique.

-Ouais.
-Il ne veut pas son permis de voiture,

mais il a son permis de voilier. Là,
j'ai l'impression que tu vas m'annoncer

que son accent, c'est le
Lac Saint-Jean, là?

-La banlieue de Paris, comme je disais
tantôt.

Mais la grande question de Tristan,
c'est : « Où est-ce qu'on peut habiter,

au Québec, et se déplacer à cheval? »
Est-ce que c'est au Lac Saint-Jean?

Est-ce que c'est au Saguenay? Peut-être,
peut-être pas. Mais pour l'instant,

Tristan est convaincu que ce n'est pas
dans le Vieux-Hull que ça peut se passer.

(Tristan) J'ai déjà vu. Alors
attends, là, tu me fais penser.

J'ai déjà vu, je pense que c'est au Québec,
un gars qui se promène partout en cheval...

Mais c'est peut-être pas au... Ça sonne très
États-Unis aussi, mais il me semble bien

que c'est au Québec. Il me semble
que j'ai lu cet article en français.

Désolé, je n'ai pas fait de recherches.
C'est toi le journaliste, hein?

-C'est ça, je vais partir là-dessus,
tu me donnes des pistes, là, c'est bon.

-Il me semble qu'il y a un gars qui se
déplace en cheval constamment

et il fait chier tout le monde.
Tout le monde le déteste.

Les automobilistes le déteste,
parce qu'ils sont obligés

d'être derrière lui,
ils le klaxonne « non-stop. »

Tout le monde porte plainte contre lui.

Apparemment qu'il n'y a pas de
loi qui l'empêche d'être à cheval,

donc il continue à faire chier
tout le monde avec son cheval.

Ça ne serait pas mon but, de devenir cette
personne-là.

Mais je trouve ça très drôle, en même temps,
je n'ai pas envie de devenir cette personne.

J'aimerais être en osmose avec ma
communauté, faire chier personne mais,

pouvoir me déplacer en cheval
en toute tranquillité.

-Julien, en tant que bon journaliste
d'enquête,

tu as retrouvé la personne dont Tristan
parle,

« le cavalier urbain »
de Victoriaville?

-Oui, et cet homme-là, c'est Jean Roy,

qui s'est longtemps battu pour pouvoir
vivre à Victoriaville

sans voiture et à cheval.

Il l'a fait quand même pendant plusieurs
années

sur le dos de Dandy Bluepine, sa jument de
17 ans.

-As-tu réussi à lui parler?
-Bien c'est, malheureusement,

c'est que Jean-Roy est mort en 2023.

Donc, j'ai contacté la journaliste
qui l'a interviewé il y a sept ou huit ans.

Tristan faisait référence à un article et
j'ai retrouvé cet article-là.

C'est Brigitte Noël qui l'avait écrit
pour Vice Québec,

à l'époque où « le cavalier urbain » était
vraiment très présent dans le débat public.

(Brigitte Noël) Jean Roy, c'était
un homme qui habitait à Victoriaville,

et qui était connu, il se promenait
en ville, avec son cheval

et c'était un homme qui ne faisait pas
l'unanimité. Donc, moi, je lui avais parlé

dans le contexte d'une
espèce de dispute d'après bar,

qui avait fait les manchettes,
en fait, qui avait circulé beaucoup

sur les médias sociaux. Jean Roy,
qui, donc, s'était promené à cheval.

Je ne peux pas dire s'il
était en état d'ébriété ou non,

parce que lui dit que non. Mais bref,
c'était dans les petites heures du matin.

Il y avait son cheval, il y avait son
chien, il y avait des gens en boisson.

Et il y a eu des échanges de mots un peu
durs et une arrestation assez musclée :

(Extrait vidéo) « -Heille ferme
ta yeule, esti! »

-Vas-t-en ailleurs!
-T'as l'air d'un crisse de colon

avec ton cheval!
-Heille, veux-tu aller faire

de la danse en ligne?
-Pantoute.

-Heille, heille, heille, calmes-toé, là!
-Là, arrêtez!

Arrêtez, tabarnak!
-Heille, câlisse!

-Veux-tu aller faire de la danse
en ligne avec ton cheval? »

-Je ne pense pas qu'on fait de la
danse en ligne à cheval, là?

-Rendu là, quand on regarde ces vidéos-là,
on se dit qu'il n'y a plus grand-chose

nous surprendre. C'est assez particulier.

Vous pouvez voir cette altercation-là

sur YouTube. Effectivement,
ça avait un peu fait le tour

du web autour de 2016,
cette arrestation-là.

Et la journaliste Brigitte Noël
m'a fait entendre un entretien téléphonique

qu'elle a réalisé avec Jean-Roy
juste après ces événements-là.

(Jean) Les gens adorent me voir en ville
avec mes animaux.

Ils viennent auprès du cheval,

le flattent, embarquent dessus,
des gens de tous les âges.

Les chiens, c'est la même affaire.

En ce moment, j'en ai une, une
Berger australien.

Je ramasse mes crottes de chien, mais
le cheval, c'est un petit peu plus gros.

Donc je prends un petit sac d'épicerie
avec un sac de crottes de chien,

je me fais un gant. J'envoie ça dans
le sac et je jette ça dans la poubelle.

Alors là, ils m'ont reconnu coupable de ne
pas ramasser le crottin de mon cheval.

Coupable d'avoir attaché mon chien à
l'extérieur du Tim Hortons

durant le temps que j'avais une entrevue
avec le journaliste de Cogeco.

Mon chien est habitué d'être là
avec son plat d'eau.

Parce qu'à chaque fois que je prends
une marche et que je vais prendre

un petit café au Tim Hortons,
ça c'est à peu près au deux jours.

Elle est habituée de faire ça
depuis trois ans.

Alors, c'est ça.
Il y a une petite guerre qui se fait,

mais j'essaie de pas en faire partie.

(Brigitte) À l'époque, lui était
un peu critique des médias

qui l'accusaient de semer la zizanie avec
son cheval,

qu'il ne nettoyait pas les crottins de son
cheval ni de son chien.

Bref, je n'ai pas vérifié ces allégations,
mais ça avait l'air de le vexer beaucoup

et puis lui, jugeait que c'était une
mauvaise compréhension

de ce qu'il représentait. Il faut
considérer aussi que M. Roy

avait perdu son permis de conduire,
et là, se retrouvait à se transporter,

tu sais, à devoir voyager à cheval.
Il me disait, écoute,

il dit : « je voyage plus à vélo,
parce qu'un cheval,

tu ne peux pas aller au Tim Hortons
avec ton cheval,

parce que tu peux pas l'atteler puis
rentrer, alors c'est contraignant. »

Lui, il disait se déplacer davantage à
vélo, puis le cheval, c'était juste pour

des promenades de plaisance.
Mais je ne pense pas que...

Je pense que son message a peut-être
été mal compris, par certains membres

de la population, dont la police.

-Alors, Jean-Roy a passé les dernières
années de sa vie à militer

pour une plus grande proximité
avec les animaux,

une sorte de cohabitation qui rendrait les
êtres humains plus heureux.

-Pour Jean, ce n'était pas nécessairement
le côté pratique, ou moyen de transport

qu'il voulait mettre de l'avant.
-Exactement.

Mais pour ça, oui, ça existe.

Il faut aller aux États-Unis
pour trouver une communauté

où on utilise réellement les chevaux
pour se promener au quotidien.

Encore une fois, c'est Tristan qui m'a
lancé sur cette piste-là.

(Tristan) Je sais qu'il y a une ville
aux États-Unis, par contre,

qui est reconnue, je pense que
c'est en Californie,

pour avoir beaucoup de gens qui se
déplacent à cheval.

Puis là, c'est vraiment... Je l'ai
vu, c'est un reportage,

je ne sais pas où, mais c'est
pas mal la seule ville comme ça,

où les gens vont se ramasser un McDo,

au lieu d'être en voiture, ils sont à
cheval.

Donc... Peut-être que je
déménagerai là, à un moment donné.

(Traduction libre) « C'est vendredi et ça
veut dire que c'est le temps

pour notre « SoCal Spotlight », et
aujourd'hui, nous nous rendons à Norco.

C'est une communauté équestre,
avec des parcs et des sentiers,

et c'est où nous pouvons trouver
notre Sheba Turk en direct. Sheba!

-Bon matin Rudabeh, c'est exact, il y
a tellement de superbes activités ici,

à Norco, reconnue comme
« Horse Town, USA. »

La ville vient d'ailleurs de célebrer son
100e anniversaire plus tôt cette année,

et il y a tellement à faire,
tellement de terrains où habiter,

nous vous montrerons
les alentours. Nous sommes

avec le maire par intérim
et l'historien... »

-Donc, Norco, en Californie,
c'est la ville dont Tristan parle.

J'aurais aimé ça me rendre pour faire
un petit peu de travail,

de terrain d'enquête, mais pour l'instant,
j'ai fait mes recherches sur le web.

C'est une communauté californienne,
qui en a fait un attrait touristique.

Donc, chaque rue, ou presque,
a une piste de chevaux.

Les gens peuvent aller à la commande
à l'auto et même laisser leurs chevaux

à l'extérieur s'ils vont prendre
un café ou une bière.

-Ouais, des villes qui en font des attraits
touristiques, on pense tout de suite

à Saint-Tite avec l'industrie
du cuir, le festival western

qui est là depuis comme 60 ans.
-Ouais, c'est ça, c'est un peu plus retiré,

Saint-Tite. C'est moins en milieu
urbain comme le Vieux-Hull, on s'entend,

mais là, vu qu'on parle
de loi municipale, tu me vois venir,

je te lance la question : « Est-ce qu'on a
le droit de se promener à cheval ici? »

-C'est là que, quand toute la pertinence
d'avoir un conseiller municipal qui anime

un podcast...
-Bien oui, on t'a invité pour ça!

-Bien oui, puis je devrais savoir,
s'il y a un règlement municipal

à ce sujet-là, c'est pour ça que je suis
ici, puis la réponse est assez simple :

j'ai fait mes recherches puis
j'ai aucune maudite idée.

Mais, je suis un excellent conseiller
municipal, donc je vais vous référer

à quelqu'un.
-Oui, notre amie Maude Petel-Légaré,

qui est réalisatrice de balados, qui est
recherchiste à L'heure de Grande Écoute,

a contacté, elle, les archivistes de la
ville de Gatineau.

-Merci, Maude.

(Maude) L'archiviste à qui j'ai parlé
n'a pas trouvé de document là-dessus.

Par contre, ça ne veut pas dire que ça
n'existe pas.

Je pense que la nuance est de mise dans ce
contexte-là.

Mais ce qu'on sait, c'est que j'ai trouvé
des règlements municipaux de Gatineau.

Le dernier que j'ai regardé était en 2006.

Puis, il y a des dispositions pour les
animaux.

Donc, on a le droit de se promener à
cheval, il n'y a pas de problème,

mais il y a certaines règles qu'il faut
respecter.

Dans le règlement de 2006 de Gatineau,
le chapitre 4,

« dispositions particulières concernant
les animaux »,

l'article 19 stipule : « Le conducteur ou
la personne responsable d'une voiture

hippomobile ou d'un cheval doit, lorsqu'il
est en mouvement, monter le cheval,

être dans la voiture, ou marcher
à ses côtés. »

L'article 20 ; « nul ne peut galoper
un animal sur un chemin public. »

Et l'article 21; « nul ne peut laisser un
cheval, ou un véhicule hippomobile

dans un endroit public, sans assurer
une surveillance immédiate de ce dernier. »

-Donc là, on n'a pas trouvé le règlement
auquel Tristan faisait référence.

-Non, mais ce n'est pas impossible
qu'il ait déjà existé. Et c'est fou,

parce que Maude m'a ouvert les
yeux, et Tristan m'en avait parlé aussi,

sur une tonne de règlement un peu
absurdes, qui existent partout,

au Canada, aux États-Unis, à travers
le monde. Tu sais, je t'en sors un,

vraiment juste comme ça : au Canada, on n'a
pas le droit de tuer une personne malade

ou un enfant en lui faisant
peur. Donc ça c'est pas encore...

-On n'a plus le droit?
-Non, on n'a pas le droit!

-Donc ce n'est pas impossible qu'il y ai
une loi qui oblige les tenanciers de bar,

comme on le disait au début, à accueillir
les chevaux avec du foin et de l'eau.

-C'est pour ça que Maude
disait qu'il faut être nuancé.

-Il faut être nuancé, exactement.
Donc, je pense qu'il y a de l'espoir,

en quelque sorte, pour Tristan.
Il faut simplement aller au-delà de la loi.

Aussi, et si je pense à Jean-Roy aussi,

s'assurer qu'il y ait de l'acceptabilité
sociale par rapport

à se promener en cheval sur la voie
publique

parce que, tu sais, souvent, Jean Roy,
les exemples auxquels il faisait référence

de gens qui s'opposaient à ça, ce n'était
pas nécessairement pour le règlement

de se promener sur la chaussée ou sur la
voie publique, mais c'était pour le crotin.

C'était pour des choses qui étaient
peut-être plus faciles à prouver

que d'aller chercher dans les bases de
cette loi-là.

Donc, quand je parle d'acceptabilité
sociale, c'est plus pour se dire,

« est-ce qu'une ville, une municipalité
comme Gatineau, serait ouverte

à plus de moyens de transport, disons,
alternatifs? »

-C'est une bonne question, parce que
les gens ici capotent un peu

quand on parle de pistes cyclables.

Ça va être dur de vendre l'idée de voies
réservées pour chevaux.

-Oui, mais on parle de l'idée folle de se
promener à cheval.

Par contre, c'est une question qu'on peut
se poser

par rapport à tous les autres moyens
de transport qui ne sont pas l'automobile.

Donc, l'automobile, reine dans
les moyens de se déplacer.

Le vélo, tu le dis, les pistes cyclables,
la marche,

les petits véhicules motorisés aussi. On a
vu beaucoup de trottinettes électriques,

de vélos électriques dans les dernières
années.

Transports en commun aussi.
Donc, je suis allé parler de ça

à une de tes collègues, Steven,
J'espère que ça te va.

Je suis monté un petit peu plus haut
dans la hiérarchie.

-Ah, il y a plus haut?
-Oui, il est plus haut que toi

autour de la table du conseil municipal

en la personne de Maude
Marquis-Bissonnette,

qui est mairesse de Gatineau.
-Hey, on t'écoute.

(Maude Marquis-Bissonnette)
Bien, je dirais que Gatineau, à l'instar

de plusieurs grandes villes au
Québec, au Canada, puis probablement

en Amérique du Nord, sont des
villes pour lesquelles les résidents

sont fortement dépendants
de leurs véhicules.

Puis là, bien, il y en a qui sont
très attachés à ça, qui ne veulent pas

nécessairement faire ce qu'on
appelle « un transfert modal »,

donc prendre l'autobus, prendre le vélo,
voir comment est-ce qu'on peut,

sans nécessairement laisser toujours la
voiture de côté, trouver des alternatives.

Mais il y a aussi beaucoup de
gens à Gatineau, qui cherchent

des façons autres de se déplacer,
et qui veulent réduire leur dépendance

à la voiture, et être capable
de se promener à pied, en vélo,

particulièrement l'été, prendre le
transport en commun.

Donc, comme bien des grandes
villes, on fait face à ces grands défis-là.

C'est un peu l'oeuf ou la poule,
dans la mesure où,

que les gens puissent se déplacer autrement
qu'en véhicule, il faut qu'il y ait

des services à proximité, il faut que
les rues soient aménagées.

Donc quand on parle de
réaménagement urbain,

notamment dans une perspective de lutte
aux changements climatiques,

où on veut, oui, réduire la dépendance
à la voiture, puis qu'on sait que

c'est meilleur de toute façon pour
la santé, etc., bien où on part,

ça, c'est pas toujours évident.

-Donc, la mairesse et moi, on a discuté
longtemps des enjeux locaux sur le sujet

qui, finalement, s'appliquent à pas
mal toutes les villes et les banlieues

du Québec. Les gens qui nous
écoutent peuvent se reconnaître

là-dedans. Est-ce qu'on peut rêver
à l'extérieur de Montréal et de Québec,

à des quartiers sans voiture?
-C'est une bonne question,

puis le maire de Laval a publié
un livre là-dessus en 2022.

-Ça paraît que vous êtes
des collègues,

Maude-Marquis Bissonnette et toi,
Steven, parce qu'elle a sorti ce livre-là

quand je suis allé la voir au cabinet.
-Elle le sort tout le temps.

(Maude et Julien) -Hey regarde!
Ah! Oh! Ben oui!

-Mon chum l'a mis dans la laveuse.

-Dans la laveuse?
-Oui, donc j'ai dû le racheter.

-C'est drôle, un livre dans la laveuse.

-C'est le livre du maire de Laval.
-Ben oui!

-Ok, mais dans le fond, intéressant que tu
m'apportes le livre de Stéphane Boyer,

« Des quartiers sans voiture ».
Est-ce qu'il y en a à Gatineau,

des quartiers sans voiture?
-Alors, tu vois, j'ai su des chiffres

un peu intéressants en fait,
que moi, je trouve très intéressants.

Pour que les gens choisissent de se
déplacer à pied, il faut qu'ils aient accès

à des services à l'intérieur de
7-8 minutes de marche.

Au-delà de 7-8 minutes, les gens
vont changer de mode de transport,

donc possiblement prendre leur
véhicule si c'est plus à proximité.

Puis au Québec, on reconnaît
en général que pour avoir

des milieux de vie « complets »,
donc, des endroits où on peut vivre,

s'amuser, travailler, avoir accès à une
épicerie, une pharmacie.

Ça prend 90 habitants à l'hectare.

Ça, c'est un peu théorique,
là, on s'entend.

Mais en fait, à Gatineau, le seul
endroit où on est en voie d'atteindre

cette densité-là, c'est le Vieux-Hull.
C'est l'île de Hull.

Pour lequel, bien, il y a encore des défis,
évidemment.

Puis on met beaucoup d'efforts à densifier
et à créer un milieu de vie

complet. Donc, c'est un lieu où on peut
imaginer que les gens

peuvent vivre sans voiture.

Mais vivre à pied dans le
Vieux-Hull, c'est quelque chose

qui est relativement possible.

-Donc, Tristan a choisi le bon quartier
pour vivre sans voiture

si je me fie aux propos de la mairesse.
Mais peut-être pas le meilleur quartier

pour se promener à cheval, mais au moins
c'est un début.

-Là, Julien, je te vois aller, tu es un
journaliste professionnel,

est-ce que tu as demandé cette question-là
à la mairesse?

Écoute, j'ai peut-être pas mes
cartes de la Fédération professionnelle

des journalistes du Québec,
mais je ne recule devant rien

pour répondre aux questions de Tristan.

(Julien et Maude) Toi, en tant
que mairesse, si tu voyais des gens

se promener à cheval dans ta ville,

ce serait quoi ta perspective
par rapport à ça?

-Bien, de prime abord, je serais surprise!

Écoute, c'est vraiment quelque chose
que je connais peu, là.

Je vais t'avouer, franchement, la gestion
qui vient autour des chevaux.

Est-ce qu'on va se rendre là?
C'est une bonne question,

mais je pense qu'on est capable d'en
faire beaucoup pour le transport actif

sans peut-être avoir besoin
de se rendre aux chevaux.

-Je ne peux pas croire que je te pose
cette question-là, mais je n'ai comme

pas le choix.
-C'est bien correct.

-Une belle réponse de politicien,
j'en sais quelque chose.

-Bien oui, c'est ça. Tu comprends
un peu l'enjeu et la perspective,

mais je me sentais dans un « brainstorm »
où quelqu'un a dit

« il n'y a pas de mauvaise idée, il n'y a
pas de mauvaise réponse »,

mais quand même, elle n'a pas fermé la
porte complètement

à ce qu'on puisse peut-être
se promener à cheval.

-Exactement. Julien, tu le sais,
quand on nous ouvre la porte,

on rentre à l'intérieur, puis pour
l'occasion, on a décidé d'inviter

Tristan Arnaud. C'est la première
fois à L'heure de grande écoute

qu'on reçoit un invité.
Tristan, bonjour.

-Bonjour.
-On le reçoit en studio,

parce qu'il vient d'entendre l'épisode
et on voulait un peu avoir sa perspective

sur cette enquête qu'on a menée.

Est-ce que ça te réjouit, Tristan,
d'entendre que Maude Marquis-Bissonnette

a peut-être une certaine ouverture?
Et là, je le mets entre grandes guillemets.

-Oui, tout à fait. D'ailleurs, merci
d'avoir porté mon combat

au plus haut sommet de Gatineau.

-C'est parce qu'on en a tellement
parlé dans des soupers de famille,

et dans les bars du Vieux-Hull,
je me suis dit, une bonne fois pour toutes,

on va essayer de régler la question.

On n'a pas des réponses aussi claires
que je l'aurais voulu.

Je n'ai pas trouvé la réponse
noire sur blanc.

Mais ce que j'ai aimé, c'est tous les
questionnements

que ça a lancé par rapport à la mobilité
dans notre quotidien,

ces idées-là que Maude a énoncées
par rapport à lorsqu'on peut se déplacer

à 7-8 minutes à pied, c'est là qu'on
décide de ne pas prendre sa voiture.

Et moi, ça m'a quand même donné espoir pour
le développement urbain

et la façon dont on réfléchit l'avenir de
nos villes.

Ça, c'est ma perspective très, très
optimiste.

Je ne sais pas si tu l'es autant que moi,
Tristan, par rapport au Vieux-Hull,

ou un quartier comme ça.
-Oui, quand même.

Parce que d'autant plus que ce qu'elle
a décrit, c'est ce que je fais

tous les jours. Moi, j'habite à 7-8
minutes de mon travail.

Puis je me rends toujours à pied.

Je fais tout à pied.
Je fais mon épicerie à pied.

Je me fais livrer des choses aussi.
On ne va pas se mentir complètement.

Mais c'est très, très possible puisque je
le fais tous les jours depuis des années.

-Est-ce que c'est une préoccupation que les
gens ont, Steven?

Toi, vu que tu es conseiller municipal,
j'imagine qu'on en discute,

oui, autour de la table du conseil, mais
quand même dans les quartiers.

-Je pense qu'il y a toujours cette question
de chercher des solutions,

notamment à l'auto solo, des solutions
alternatives.

Puis elle le disait bien, « comment on peut
se déplacer autrement

que chacun individuellement
dans son auto? »

Est-ce que la solution, c'est chacun
individuellement sur son cheval?

Ça, c'est une autre question, mais je pense
qu'on cherche des solutions.

On parle beaucoup de ces
perspectives-là ou de ces solutions-là

de quartier sans voiture ou de
quartier 15 minutes où est-ce qu'on peut

tout faire à pied.
-Il y a Phoenix en Arizona,

a eu quand même un succès récemment.

Exactement, avec un quartier comme ça où
est-ce qu'on peut tout faire à pied.

Puis moi, quand je suis déménagé à Aylmer,
c'est pas un quartier qui est nécessairement

bâti pour ça, mais j'ai accès à tous
ces services-là à pied

et j'aimerais beaucoup pouvoir les
avoir aussi à cheval, évidemment.

Mais c'est une réflexion qui se
fait à l'intérieur de toutes les villes,

pas juste au Québec,
je pense même ailleurs.

Puis Tristan, t'apportes cette
perspective-là de façon intéressante.

Je vois que t'as stationné ton
cheval juste en bas ici du studio.

-Oui, j'ai remarqué que je n'ai ni
d'abreuvoir, ni de foin.

Je suis à deux doigts
de porter plainte.

-Mais ce qui est intéressant
aussi d'un secteur comme Aylmer,

c'est qu'on a déjà eu un tramway au 19e
siècle

et là, en ce moment, à Gatineau,

comme à Québec et un peu partout,

on pense à l'électrification du transport,

on pense à de nouvelles façons

de se déplacer. Donc, il y a cet effet-là
de retour en arrière aussi,

de se dire, bon, mais peut-être que
les décisions qu'on a prises

au 20e siècle par rapport à l'auto,

à réfléchir le développement de
nos quartiers comme ça, doit changer.

Et moi, finalement, en portant
cette quête-là, ça me fait penser,

je ne sais pas si vous vous souvenez,
du vélo-bus.

-Moi, je m'en souviens. C'est gravé
dans ma mémoire.

-Tu n'étais peut-être pas arrivé, Tristan,
tu n'étais peut-être arrivé ici.

On m'en a déjà parlé. Il n'y a pas si
longtemps que ça.

-C'était un grand vélo de 33 places
que le maire Légère

avait fait construire par les cols bleus
de la ville de Hull, dans les années 90.

Et c'était pour sensibiliser les gens au
transport actif et pour développer

cette route entre Hull et Québec
de vélo, la Route verte.

-Oui, effectivement. Puis ce vélo-bus-là
s'est retrouvé dans le livre

des records Guinness, justement,
comme étant la plus grosse bicyclette

au monde avec ses 33 places.
Puis Tristan, peut-être que tu pourras

être ce pionnier-là et porter une espèce
de quête de 33 chevaux qui traverseront

la ville de Gatineau. C'est quelque chose
qui pourrait t'intéresser?

-Oui, le plus grand cheval du Québec.
Je pense qu'on peut le faire.

Tu seras le nouveau « cavalier urbain »
peut-être, Tristan.

-C'est magnifique. Tristan, merci d'avoir
été là avec nous

et merci de cette belle quête que tu nous
as fait porter.

-Merci à vous.

-Julien, merci d'avoir porté la quête
également.

-Et puis merci à toi, Steven, de m'avoir
remplacé à l'animation.

-C'est un plaisir. L'heure de grande
écoute est une série de Transistor Média,

imaginés par Julien Morissette,

produite en collaboration avec
Télé-Québec.

Écoutez tous nos épisodes sur les
plateformes de Télé-Québec,

sur Apple Podcast ou l'application de
votre choix.

Enregistrement, montage et mixage audio :
Simon Coovi-Sirois.

Musique originale :
Alexis Élina et Simon Coovi-Sirois.

Caméra et montage vidéo :
Patrick Lozinski.

Productrice au contenu :
Audrey Blackburn.

Coordonnatrice :
Clara Gauthier-Morrison.

Communications :
Louis-Philippe Roy.

Visuel : Simon Guibord.

Indicatif musical : P'tit Béliveau.

Recherche : Maude Petel-Légaré
et Emmanuelle Gauvreau.

Merci à Marysol Foucault et Clara Lagacé
de Transistor Média.

À la Ville de Gatineau, ainsi
qu'au ministère de la Culture

et des Communications du Québec
qui a rendu ce projet possible.

Je m'appelle Steven Boivin, merci d'avoir
été à l'écoute.