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Comment réussir sans rentrer dans les cases imposées par la société ?
Dans cet épisode du podcast UNIK, l’écrivain visionnaire Bernard Werber échange avec Franck Nicolas autour de la réussite hors normes, de la liberté de pensée et du refus du conformisme.

Auteur français parmi les plus lus au monde, Bernard Werber a vendu plus de 35 millions de livres à travers le monde. Son œuvre majeure, la trilogie Les Fourmis, a connu un succès international exceptionnel avec plus de 20 millions d’exemplaires vendus, et a été traduite dans plus de 35 langues. Il est aujourd’hui reconnu comme l’un des auteurs contemporains les plus influents.

Dans cette conversation profonde et inspirante, Bernard Werber revient sur son parcours hors normes, son sentiment de décalage face au monde, sa vision de la réussite et l’importance de rester fidèle à sa singularité. Avec Franck Nicolas, il explore ce que signifie réussir autrement, penser librement et créer en dehors des cadres établis.

🧠 Dans cet épisode, vous découvrirez :
 • Réussir sans rentrer dans les cases
 • La réussite hors normes et le refus du conformisme
 • Penser librement dans un monde normé
 • Le sentiment de décalage et la singularité
 • Création, écriture et liberté intellectuelle
 • Le parcours et la vision de Bernard Werber

Un podcast destiné à celles et ceux qui refusent les chemins tout tracés et cherchent à construire leur propre définition de la réussite.

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Franck Nicolas, depuis les 20 dernières années, a une passion: aider les gens et les entreprises à maîtriser les stratégies de l'engagement maximal, pour leur permettre de passer au niveau supérieur dans la mise en œuvre de leur vision et de leurs projets de croissance. 

Peu importe votre degré de réussite aujourd'hui dans votre carrière, votre entreprise, vos finances ou votre santé, ce n'est qu'un début. Président de quatre entreprises, Franck est considéré comme une autorité en stratégie du leadership & entrepreneuriat dans la francophonie. 

Il est aussi appelé par ses participants "le coach des coachs" pour avoir formé nombre de professionnels et aidé des dizaines de milliers de personnes, notamment grâce au Programme Spark. Franck adopte une approche andragogique qui permet d'entrainer son mental, son corps et ses émotions. 
"La plupart des leaders d'entreprise et des entrepreneurs ont misé essentiellement sur l'accumulation des connaissances avec une perte de focus dans la mise en application. 
Les professionnels ont davantage un problème de résultats que de connaissances." 
Ce dont Franck est aussi le plus fier c'est de pouvoir à présent contribuer pour un monde meilleur au sein de GLOB mais aussi de ses activités de Philanthropie. 
Ayant souffert lui-même durant son enfance de manque d’argent et élevé dans un quartier défavorisé, il consacre une grande partie de son énergie à redonner à ceux qui en ont le plus besoin.

What is UNIK MEDIA?

Les Rencontres inspirantes de Franck Nicolas.
Nous avons tous en nous des dons et des talents uniques.
Les grandes réussites de tous les domaines qui nous entourent ont su mieux que quiconque les découvrir et les exploiter pour vivre leur vie à 110%. Et si vous pouviez en être inspiré et reproduire ce même chemin ? Franck entre dans la "tête" de ces leaders incroyables pour vous livrer leur recette du succès.
Nous vous dévoilons des talents "UNIK" pour réussir à votre tour.

Mon fils dit: Tu es un worldbuilder.

Ton talent, ce n'est pas le style,
c'est ta capacité à créer des mondes.

Provoquer de l'évasion.

Quelle est la meilleure façon
d'apprendre une langue étrangère ?

Immersion.
L'immersion.

Pour moi, écrivain, c'était un objectif.

Tu n'as pas l'impression de
faire quelque chose d'important ?

Je ne me perçois pas comme un écrivain.

Tu te perçois comment, toi ?

Quelqu'un qui fait évader les autres.

J'ai envie de faire une œuvre qui,
après ma mort, continue de rayonner.

J'ai commencé à avoir des
fourmis en pot que j'observais.

À sept ans, tu avais des fourmis en pot ?

J'étais déconnecté et du système
scolaire et du système social.

Tu étais dans ta bulle,
on pourrait dire ça ?

Oui.

J'étais plutôt ce qu'on appelle
un enfant introverti, isolé.

Je me sens étranger, je ne
suis pas sur la bonne planète.

Tu as été journaliste au Nouvelle Ops
scientifique pendant sept ans, c'est ça ?

Oui.
C'est toi qui a démissionné ?

Non, je fais partie des très
rares qui ont été foutus dehors.

Est-ce que tu l'as vécu
comme un traumatisme ?

Oui, j'ai eu un sentiment de révolte.

Ils m'ont remplacé par un très mauvais qui
s'est mis à rien foutre, qui a

mis 12 ans à écrire Les Fourmis.
Et là, c'était non, non, non.

Je croyais qu'ils comprenaient même pas
l'intérêt de faire un

livre sur Les Fourmis.

Les télésaténautes, ils ont dû en tirer 70
000 et ils en ont vendu 10 000,

ce qui est un échec complet.

Tu te dis ma carrière est finie ?
Oui.

Est-ce que tu dirais que la vie,
c'est un peu comme un jeu d'échec ?

On peut sacrifier une pièce
pour avoir une bonne position.

J'ai sacrifié ma carrière de journaliste
pour pouvoir devenir écrivain.

Quand je discute avec les gens, je les
perçois comme des personnages de romans.

Même toi, Franck, au moment où je fais ça,
tu as vu, je me dis: Est-ce que je

pourrais mettre une sorte de
Franck dans mon prochain roman ?

Je crois que c'est ça qui est intéressant
quand on est un humain, c'est s'intéresser

dans le monde dans lequel on est.

On peut vivre une vie entière en ne
s'intéressant pas aux autres, ne

s'intéressant pas au
monde qui nous entoure.

Mais vraiment, c'est rater le film.

C'est comme si vous voyagez
sans regarder par le hublot.

Les humains ont une structure
proche de celle des formules.

Oui.
Il te reste 10 jours à vivre.

Vivre à 110%, c'est 10
jours, ce serait quoi ?

Je me mets dans un coin, et je
me metsVous soyez déraisonnables.

Ayez l'audace de choisir vos valeurs pour
faire de vous un grand leader

pour un monde meilleur.

Bonjour, je suis Bernard Verber et
aujourd'hui, je suis avec

Franck Nicolas sur Unique.
Salut Bernard.

C'est bon de t'avoir.
Bernard Verber, évidemment.

Les amis, Bernard Verber.

Si vous n'avez jamais lu un livre de ce
bonhomme en face de vous, c'est que

peut-être que vous avez passé un
petit moment sur le planète Mars.

Non, je ne sais pas.

Qui ne te connaît pas en termes de
nom, en termes d'écriture, je dirais ?

Tous les gens qui ne lisent pas de livres.
Exactement.

Tous les gens qui ne lisent pas de livres,
tous les gens qui ne s'intéressent pas à

la littérature imaginaire, tous les gens
qui ne s'intéressent pas à ce qui est

nouveau et curieux, les gens qui lisent
des livres, qui s'intéressent à la de

nouveauté, il y en a quand
même pas tant que ça.

Donc, je touche mine de rien plutôt,
malgré ce que tu as dit,

un public de pionniers.

Bernard, comment on se sent
face à un tel résultat ?

Je n'ai pas dit succès, tu as vu ?

Parce que chacun a sa
définition du succès.

Mais à un tel résultat, il y a un résultat
comme ça, plus de 35 millions

de livres vendus dans 35 pays.
On se sent comment ?

C'est étrange, mais je
n'en tiens pas compte.

Quand j'écris, mon seul souci, c'est de
faire original et de faire que le public,

enfin, que mes lecteurs soient surpris.

C'est mes deux focus, c'est
faire quelque chose qui ne ressemble pas à

ce que j'ai déjà fait, qui ne
ressemble pas à ce que font les autres.

Et après, qu'au moment où les gens
tournent les pages, ils se disent:

Je n'avais pas vu venir le truc.

Et au final, surtout du
livre, qu'ils soient surpris.

Mon métier ressemble beaucoup
à celui des magiciens.

Il faut qu'au moment où on sort le lapin
du chapeau, il y ait un effet waouh.

C'est ma préoccupation.

Après, la réussite du livre,
à la limite, ça dépend de tellement

de contingences extérieures.

Déjà, le travail de mon éditeur
Ensuite, l'actualité.

Quand les fourmis sont sortis,
il y avait la guerre du Golfe.

Et si la guerre du Golfe avait continué,
vous n'auriez jamais

entendu parler des fourmis.
C'est-à-dire, c'est très fragile.

On dépend de l'actualité.

Et puis après, il y a le bouche-à-oreille,
il y a le fait qu'il peut y avoir un

passage télé ou il peut y avoir des
critiques, toutes ces

choses-là, on ne maîtrise pas.

Le seul moment où je maîtrise
mon art, c'est quand je crée.

Donc, j'essaie de bien séparer, de rester
zen et complètement

serein dans mon travail.

Je n'ai pas du tout la conscience
de faire quelque chose d'important.

J'ai juste la conscience de: Il faut que
le monde que je fabrique tienne le coup.

Tu crois vraiment ça ?

Tu n'as pas l'impression de
faire quelque chose d'important ?

C'est après dans la deuxième
partie où les gens me disent...

Par exemple, comme c'est un interview, tu
me dis que ce que je fais

touche dans le grand public.
Je me rappelle.

Est-ce que tu écris comme si tu
étais élu par deux personnes ?

C'est plus compliqué que ça.

Quand j'écris, je fabrique
des mondes cohérents.

Mon fils dit: Tu es un worldbuilder.

C'est-à-dire, il me Ton talent, ce n'est
pas le style, c'est ta

capacité à créer des mondes.

Je considère qu'en effet,
c'est un truc original.

On attend d'un écrivain du style, on
attend qu'il fasse de la poésie, de

la musique et tout avec les mots.

Moi, je n'en ai un peu rien à foutre.

Ce qui m'intéresse, c'est où il y ait un
personnage qui fasse que les lecteurs vont

aimer ce personnage et vont avoir des
émotions par rapport à ce personnage.

Je considère qu'un bon écrivain
ne doit pas être visible.

Je ne dis pas dans les émissions, mais
ne doit pas être visible dans le roman.

Si quand vous Quand vous
utilisez un livre, vous dites...

Tu sens la technique
derrière, tu veux dire ?

Voilà.

Tu te dis: Qu'est-ce
que le type écrit bien ?

Ça veut dire que l'écrivain est nul.

Normalement, tu ne dois même pas te
dire qu'est-ce que l'écrivain est bien ?

Tu te dis: Bon sang, qu'est-ce
qui va arriver à Monte-Cristo ?

Est-ce qu'il va arriver à se venger ?

Et tu oublies complètement l'auteur, tu es
juste avec les images, tu es dans le film.

Mais même quand tu regardes un bon film,
tu ne te dis pas: Le réalisateur a bien

placé sa caméra et les acteurs,
ils ont bien pris leur texte.

Sinon, ça veut dire que
tu es à côté du truc.

Ce que je recherche, c'est
la plongée du lecteur dans un autre monde,

c'est-à-dire provoquer de
l'évasion, l'immersion.

L'immersion de tous les sens et
qu'au moment où il y a l'immersion,

le lecteur, tout d'un coup, oublie ses
C'est le problème de santé, c'est le

problème de famille, c'est le problème
de sous, c'est le problème d'impôt.

Tu sais que c'est là-bas.

C'est incroyable ce que tu es en train de
dire, parce que tu le sais très bien, on

organise les plus grands événements
francophones en leadership, en

entrepreneurship, on coache des larges
publics de 7 à 15 000 personnes dans toute

la Amérique du Nord, Europe, Afrique.

Il y a un mot que je prononce souvent et
qui est important pour

moi, c'est l'immersion.

Je dis souvent aux gens: Quelle est la
meilleure façon d'apprendre

une langue étrangère ?
C'est on the below.

Tu vois ce que je veux dire ?
Vivre dans le pays.

Tu passes un mois dans le pays où tu as un
partenaire ou une partenaire qui dit la

langue que tu veux apprendre et
tu apprends la langue comme ça.

Et là, tu me balances
le mot immersion aussi.

Ça fait longtemps que ce mot me semble
intéressant, pour répondre à tes termes.

J'ai commencé à créer un journal
de lycée quand j'avais 16 ans.

Et dans ce journal de lycée, je
voulais une immersion de tous les sens.

Donc, je faisais un texte
qui allait avec un dessin.

Après, il y avait la musique indiquée.

C'était beaucoup de musique de rock
progressif, notamment Michael Field.

Et après, il y avait le parfum.

Donc, j'avais une orga parfum et je
fabriquais les parfums

qui correspondaient à l'histoire.

Il y avait du bois, j'utilisais du bois,
des trucs, des senteurs de fer, des

senteurs de pluie, des de terre.

Et il y avait un parfumeur local qui
s'appelait Berdouze, qui m'a formé et

qui m'a offert ma première orga parfum.

Et je fabriquais l'histoire et le parfum.
Je ne savais pas ce que tu vois.

Je ne savais pas du tout.
Ça s'appelait la bande dessino musicale.

C'était avec un ami dessinateur
qui s'appelait Fabrice Coget.

On a fait ça au lycée alors que j'étais...

Et ça, ça te fait de ta fibre
artistique, déjà, finalement ?

Je ne me perçois pas comme un artiste.

C'est marrant, je me perçois
pas comme un écrivain.

Tu te perçois comment, toi ?

Quelqu'un qui fait évader les autres.

Oui, mais tu es-Un guide de voyage.

Tu vois, ce que j'avais reçu, perçu quand
j'ai lu L'Ile mystérieuse de Jules Verne,

j'étais avec les personnages dans L'Île
mystérieuse, je me disais: Bon sang,

comment ils vont allumer du feu ?
Comment ils vont manger ?

J'étais avec eux.

Je me dis pas: Bon sang, qu'est-ce
que Jules Verne écrit bien.

Tu vois ?

Oui, mais là, tu reviens sur une
technique, mais pour moi, moi, je

vois un artiste en face de moi.
Un artiste.

Alors évidemment, tu es
une crème, en plus, humainement, mais le

vrai artiste, pas le gars qui va dire:
Alors dans trois semaines,

à 14h35, j'ai mon agenda.
Qui est prévu ?

Non, j'ai raison.

Aujourd'hui, c'est ma première
journée hyper chargée.

Je me retrouve ici.

C'est spécial.
C'est juste tombé aujourd'hui.

C'est spécial, mais tu
vois ce que je veux dire ?

C'est que tu es un gars qui te laisse
porter par ton énergie créative du moment.

Et puis tu t'isoles.

On va en reparler dans un instant, mais
justement, comment tout a commencé ?

Pour toi, je dirais, pour aider nos amis
qui nous écoutent en ce moment, c'était

qui le gamin, Bernard, à 10 ans ?

C'était un gamin très triste,
très fermé et très coupé du monde,

qui s'est trompé de planète.

Et c'est peut-être ça qui a fait que je me
suis mis énormément à lire et à écrire

parce que j'étais déconnecté et du
système scolaire et du système social.

Qu'est-ce que tu veux dire ?

J'étais...
Tu avais aucun copain ?

C'est pas ça.

Je percevais le monde comme un
endroit où j'ai pas ma place.

Et qu'est-ce qui tenait ce sentiment-là ?

J'ai pas de mémoire, donc à l'école, je
retenais pas le nom des fleuves, donc j'ai

que des mauvaises notes, ni
les récitations d'ailleurs.

C'est peut-être pour ça que je me méfie
du style, parce que déjà, je n'arrivais

pas à mémoriser les poésies ni rien.

Tu n'étais pas passionné
par ça, c'est tout.

Ce qui me passionnait, c'était la science.

Déjà, à 10 ans,
je commençais à fabriquer mon télescope,

je m'intéressais à la biologie.

J'avais mon petit chimiste, tous
les petits trucs pour les enfants.

Oui, je m'en rappelle des petits jeux.

Il y avait les livres, il y avait Jules
Verne, il y avait les expériences de

sciences, il y avait le télescope, il y
avait tout ce qui pouvait

être observation de la nature.

Ça, j'avais démarré vers six ans.
Et puis écrire.

Je me suis dit qu'en fait, j'étais plutôt
ce qu'on appelle un enfant introverti,

isolé, et je n'avais pas ma bande de
potes, on n'allait pas jouer au

football avec des boîtes de conserve.

Moi, j'étais juste dans: Waouh, vivement
que je rentre à la maison

pour lire un bouquin.

Donc, tu étais dans ta
bulle, on pourrait dire ça ?

Oui.

J'étais dans ma bulle et puis le sentiment
que je ne suis pas sur la bonne planète,

donc que je me sens étranger, c'est-à-dire
ce qui intéressait les

autres ne m'intéressait...

Moi, il n'y avait que la science qui
m'apportait des sensations,

mais à partir de 13 ans, j'ai commencé à
faire l'Encyclopédie du

savoir relatif et absolu.

C'est-à-dire que j'ai noté tous les trucs
merveilleux que je trouvais

précisément pour ne pas les oublier.

Et c'est là où j'ai compris: je
peux accumuler des connaissances.

Et toutes ces connaissances que j'ai
accumulées me servent encore actuellement.

C'est des choses que j'adore.

Ce que j'adore, c'est que tu t'es
senti différent déjà à l'époque.

Tu avais conscience de ça ?
Oui.

Différent, bizarre et finalement pas
normal ou différent et

je suis OK avec moi-même.

J'aime bien le conte du vilain petit
canard, le petit canard noir

au milieu des canards jaunes.

Mais lui, il ne savait pas le vilain petit
un petit canard qui, à la base, c'était un

ville, un petit canard,
c'était un beau cygne.

Tu le savais ou pas ?

Je ne savais pas qu'à la
base, j'étais un écrivain.

Mais si on m'avait dit un jour: Attends,
tout ce qui fait que tu te sens seul,

isolé et coupé du monde, c'est ce qui va
te permettre d'être différent et de

devenir, tu dis artiste,
mais je veux dire créatif.

Oui, hyper créatif.

Je me considère comme hyper privilégié de
vivre de mes passions et je souhaite à

tout le monde, à tous les gens qui nous
entendent maintenant, de trouver leur

talent, leur domaine, leur différence
et leur domaine d'expression.

Parce que si on ne trouve pas son mode
d'expression, la pression, elle tourne en

rond à l'intérieur et
finit par nous ranger.

Moi, là, au moment où je
suis avec toi, je m'exprime.

Quand je fais mon spectacle, je
diffuse et quand j'écris, je diffuse.

Et ça, quand je fais ça,
je me sens à ma place.

Mais tous les endroits où il y a un groupe
avec des systèmes d'intrigues internes...

J'étais en entreprise.

Oui, on va en parlait dans un instant.

Quand j'étais journaliste, j'ai vu toute
l'énergie qui est passé pour des

luttes de pouvoir et de territoire.

L'énergie toxique, tu veux dire ?

Je crois que c'est lié à des anciens
souvenirs d'une période

de singes territoriaux.

C'est-à-dire qu'à un moment, il y avait
des groupes de singes qui défendaient des

zones et qui se retrouvent en
rivalité avec d'autres singes.

Au sein du groupe, il y avait des
rivalités de mâles, des rivalités

de femelles, des intrigues.

Ces choses-là sont
reproduites en entreprise.

L'entreprise, pour moi, est un lieu en
effet toxique dans lequel

l'épanouissement est difficile.

Si je devais imaginer une société idéale,
ça serait une société où tout le monde

crée, utilise son talent de la manière
optimale, mais sans se retrouver à devoir

cirer les pompes de chefs, de sous-chefs,
de grands chefs, sans devoir rendre des

comptes à des groupes d'influence ou tenir
compte de ce que font des rivaux ou des

collègues, mais juste où tout le
monde est sur sa voie, tranquille.

On y arrivera un jour, notre
génération ne le verra pas.

Déjà, le seul fait qu'il existe des
émissions comme ça, où je peux m'exprimer

et où tu permets aux gens
de comprendre cette idée.

Mon idée, c'est qu'on a
tous un chemin différent.

Et l'entreprise force les gens à avoir
le même chemin de manière artificielle.

Sauf si vraiment, il y a une cooptation ou
un système de tous, on a la même visée,

c'est très difficile que
l'entreprise devienne un lieu

d'épanouissement personnel.

Comment on peut amener les équipes dans la
même direction alors pour

les bénéfices d'une entreprise ?

Je dirais n'importe quelle entreprise.

Comment on peut faire ce qu'elle a ?

C'est une question à ce niveau-là.

Tu es patron, tu as 500
employés, tu fais quoi ?

Je crée des toutes petites structures de
trois ou quatre personnes

qui s'entendent bien.
Des trinums, OK, par affinité.

Et après, une fois que toutes ces
structures fonctionnent, je

les connecte entre elles.

C'est un peu ce que j'ai
vu avec la fourmilière.

C'est aussi ce que j'ai retenu.

C'est-à-dire des petites
structures rapides.

Et dans la petite structure, s'il y en a
qui ne fonctionnent pas ou qui ne

marchent pas, on le verra tout de suite.

Le problème des grandes structures, c'est
que les gens qui qui ne sont pas dans la

même direction ou qui ne font rien ne sont
pas visibles parce que

c'est perdu dans la masse.
Et donc du coup...

Je vais te donner un exemple.

Quand j'ai observé les fourmilières, on a
tout le temps cru que les

fourmis étaient très efficaces.
Tu as commencé quoi ?

Dès l'âge de 16 ans, 17 ans ?

7, 8 ans, j'ai commencé à avoir
des fourmis en pot que j'observais.

À sept ans ?
Tu avais des fourmis en pot ?

Ce que je disais, tout à l'heure, je
m'intéressais à la science, ça faisait

partie des choses que je faisais.
Tu avais des fourmis en pot ?

Parce que moi, je me rappelle d'avoir eu,
tu sais, les fumeux papillons, là, les...

Oui, les...

Les vers à soie ?
Oui.

On a tous eu, la plupart
d'entre nous, des verres à soie.

Non, je n'ai pas eu de verres à soie.
Tu n'as pas eu ça ?

Moi, j'ai eu des verres à soie avec...

Mais toi, c'était des fourmis ?

Oui, des fourmis hier que j'entretenais
après de plus en plus grandes.

Je me rappelle, à force d'observer,
longtemps bien, j'ai déduit qu'il y avait

trois choses dans le groupe de la
fourmilière:

un tiers de fourmis qui ne foutent rien,
un deuxième groupe

qui fait des choses, mais qui est
inefficace, incompétent ou maladroite,

genre, elles veulent bouger une brindille,
mais mettre la brindille de manière à ce

que ça bloque le couloir et ça
empêche les autres de passer.

Et le troisième groupe qui répare les
conneries que font le deuxième groupe et

qui, en gros, font
tourner toute entreprise.

Donc, c'est un tiers
d'inaupérant, un tiers d'incompétent et

un tiers d'efficace et le système marche.

Et je crois, tel que je l'ai vu, par
exemple, dans Nouvelle Observateur, quand

j'ai travaillé,
la plupart des gens étaient, plus de 60%

des gens, étaient soit ils ne foutaient
rien, soit ils gênaient tout le

faisaient un travail inefficace.

Il y avait en effet un petit groupe qui,
malgré tout, faisait

que le système marche.

Tu veux dire que les humains, ils ont une
structure proche de celle des fourmis ?

Oui, un tiers, un tiers, un tiers.

Un tiers ne fout rien,
un tiers ne fait pas.

Alors, les gars, ici, il y en
a un tiers qui ne fout rien.

D'accord ?
Non, parce que c'est une petite structure.

C'est pour ça que je t'ai dit.
Oui, c'est vrai.

Je t'ai dit, il y a
des petites structures.

On existe sept, c'est bien.

Dans une petite structure, si quelqu'un ne
fait pas son boulot, on

le voit tout de suite.

Mettez-vous deux par deux,
s'il vous plaît, en trinum.

C'est pour ça que tu me demandais
comment je gère 500 personnes.

C'est des petites d'une structure dans
lesquelles les gens se sentent bien aussi.

Parce qu'il y a une raison aussi pour
laquelle les gens sont soit incompétents,

soit fouteurien, c'est parce
qu'ils ne sont pas heureux.

Moi, quand j'étais journaliste vers la
fin, il y avait tellement d'énergie

déployée, enfin, au Nouvelle Observateur,
déployée pour les luttes de bureaux,

d'intrigues, de pouvoirs, qu'au bout d'un
moment, je me suis dit: OK, c'est rien que

je fasse des articles, ils ne passeront
pas parce que je n'ai pas

ciré les pompes de tel chef.

Donc, je me disais ça fait un débit d'eau.

En mode rapidos, tu as commencé à écrire
de la Trélogie des Fourmis à

16 ans, c'était avant le bac ?
Oui.

Et tu le faisais de
8h00 à 12h30, c'est ça ?

Je le faisais de 8h00 à 12h30.

C'est une horaire que
j'ai établie à cette époque-là et qui

était possible par rapport
à mes horaires scolaires.

Par le plus pur des hasards, ça a duré.

Et maintenant, 40 ans plus
tard, je m'y suis toujours tenu.

C'est-à-dire qu'il n'y a pas une matinée
où je n'écris pas de 8h00 à 12h30.

Sauf quand je suis en voyage,
j'écris dans le train.

Là, tu écris chez toi ou tu te mets ?

Jamais chez moi, toujours au café.

Toujours au café, oui.
L'idéal, c'est le train.

Le train, de voir des
paysages qui défilent.

C'est l'avantage de l'ordinateur
portable, c'est qu'on peut écrire partout.

Mes premières économies importantes ont
consisté à acheter un ordinateur portable.

C'était un Toshiba T-1000 et à l'époque,
ça semblait très étonnant parce que tous

les gens avaient des gros ordinateurs.

Moi, j'ai ce truc portable
avec un écran bleu et blanc.

C'était assez surprenant.

Je trouve que l'ordinateur portable, c'est
quand même idéal pour

travailler n'importe où.

Donc, toujours au café ou dans des
lieux publics et toujours le matin.

Ou dans des lieux insolites, oui.

Quand ça te passe par la...

79 études de droit à Toulouse.

Je me suis dit Études de droit, mais...
Je suis né à Toulouse.

Tu es un Toulousain ?
Je suis un Toulousain.

Tu as perdu un peu l'accent du Sud.

C'est: Moi, je suis l'Avignon.

Je fais de la radio et
ils m'ont demandé de...

C'est vrai ?

Oui, je faisais présenter des actualités
à l'époque des Ça faisait pas sérieux.

Je sais pas, mais même
pour moi, c'était gênant.

Les Parisiens, ils aiment pas l'accent
dans les médias du sud de la France.

Tu sais que moi aussi, j'ai été dans une
ancienne vie journaliste,

présentateur aussi.

Je produisais des émissions de TV et on me
disait: Non, ton accent,

mon chéri, c'est assez...

Il faut le travailler.
Quel est le problème ?

Je comprends pas quel est le problème.

En fait, j'ai brisé aussi mon accent.

C'est un petit peu dommage, je trouve,
finalement, cette structure comme

ça, de ressembler à un seumoule.

Ça aurait du mal à y revenir, quand même.

Il y a que le O, je dis Rose.

1980, études de criminologie.

Qu'est-ce que tu fais,
mon Bernard Liévis ?

Parce que je m'ennuyais en droit.

J'ai fait du droit pour gagner du temps et
pour monter le journal, parce que je

voulais continuer ce fameux journal où il
y avait des bandes dessinées

qui s'appelaient Euphorie.
Qu'est-ce que tu foutais en criminologie ?

Je me suis dit que pour monter une troupe
de théâtre qui s'appelait Satirique,

théâtre atroce et cynique, toulousain,
il fallait que je connaisse comment

fonctionnaient les enquêtes criminelles.

Tu as trouvé une inspiration
pour tes polars ?

Oui, pour les polars.
C'est passionnant.

D'ailleurs, c'est les cours les plus
passionnants, c'est criminologie, parce

qu'on a tout ce que vous voyez dans Les
Experts, vous voyez dans toutes les séries

américaines ou françaises maintenant,
sur les empreintes, sur l'enquête, sur le

passage à l'acte, sur les serial killers.

J'ai vu ça comme un sujet de mystère, de
compréhension, de comprendre qu'est-ce qui

se passe, pourquoi ça arrive et comment
les gens en arrivent à cet instant.

À la limite, c'est le final de leur
roman personnel, c'est la chute.

J'ai toujours vu ça comme
Pourquoi cette personne est arrivée là ?

Quelle était sa vie ?
J'ai toujours vu ça comme un mystère.

Pour moi, la mort est un mystère.

Et par la suite, quand mon grand-père est
mort à Toulouse, je me suis dit:

Il faut que je comprenne ce qui se passe.

Et j'ai fait, derrière, une enquête
pour le Malop sur les Nirdes Experience.

À l'époque, on n'en parlait pas beaucoup.

Et je suis allé voir tous les médecins.

Ça, c'était en dehors de la criminologie,
c'était quand j'étais journaliste.

Et je suis allé voir les mystiques, je
suis allé voir les gens qui étaient allés

sur ce tunnel et qu'il y a eu
la lumière qui étaient revenus.

J'ai essayé de comprendre: OK, c'est un
territoire nouveau et regardons-le comme

une zone de mystère à explorer.

Donc, pour moi, la mort, ce n'est pas
Il n'y a pas le pathos, tout ce qu'on

ressent, tout ce que les religions et les
traditions ont imposé autour de: Il faut

pleurer, c'est terrible, ça fait peur.

C'est un nouveau territoire.

C'est intéressant ce que tu dis parce
qu'en ayant été pendant plus de 10 ans

journaliste dans plein de pays dans le
monde et pompier volontaire pendant quatre

ans au nord de Lyon, à Rueil-à-Pape.

Donc, j'ai vraiment côtoyé la mort.
Vraiment.

Tu vois ?

Et ce qui est incroyable, tu me diras ce
que tu en penses, c'est que la mort

n'existe plus dans notre quotidien
C'est-à-dire que tu meurs,

les pompiers, le Samu arrive.

Quand c'est très grave, le Samu suit
les pompiers, la morgue, on t'enterre.

On ne voit plus la mort aujourd'hui.
Qu'est-ce que tu en penses de ça ?

En effet, il y avait une série, c'est 6
feet Under, qui en parlait très bien, dans

lequel ils te montraient que maintenant,
c'est devenu un truc industrialisé.

C'est-à-dire qu'en gros,
mourir, c'est technique.

On va voir les pompes funèbres, ils te
disent: C'est du sapin ou c'est

du bouleau ou c'est du chêne.

Mais les gens ne savent même
plus ce que c'est la mort.

Ce que je veux dire dans une vie.

Pour moi, la mort, c'est
un hommage à la vie.

Quand tu la côtes, toi, quand tu la
connais, quand tu la prévoises,

quand tu la rencontres.

Je crois qu'on se posait des questions
sur qu'est-ce qu'est la mort ?

Ça permet de mieux comprendre
la vie, ça, c'est sûr.

Et que si on n'y pense pas,
si on se dit: Un jour, ça va arriver et

je ne veux pas y penser,
on rate quelque chose.

Parce que déjà, le fait de se dire: On va
mourir, ça veut dire qu'on doit

rentabiliser le temps d'ici là.

Moi, si j'ai une alerte, vous avez
interviewé Salman, le professeur Salman.

Il m'a Il y a une fois, il m'a fait un
check-up complet et au bout du check-up,

on s'était aperçu qu'en gros, j'allais
mourir dans les jours qui viennent

parce que j'ai un bouchon au cœur.

Et à partir de cette révélation,
c'était il y a 10 ans,

que je pouvais mourir à un moment ou à
l'autre parce que j'ai un bouchon au cœur,

tous les matins, en me levant, je me dis:
Chouette, une journée de gagner de plus.

Et je n'ai plus la perception
d'être au milieu du film.

J'ai la perception que le
film peut s'arrêter comme ça.

Je peux sortir de ce studio, être écrasé
par un camion, ça fait partie des risques.

Je l'intègre et je me dis: Maintenant, je
n'ai pas du temps, je

ne suis pas au milieu.
Je suis peut-être à la fin du film.

Donc, il ne faut pas que je me
dise: Je le ferai plus tard.

Il faut tout faire très vite.

Sans un sentiment d'urgence.

Est-ce que tu, comme la plupart des hommes
qui dépassent les 40 ans

et où le temps passe plus vite, la
notion du temps est plus rapide ?

Je ne sais pas, mais plus rapide.

Mes journées sont plus
actives et plus remplies.

Pour quelles raisons ?

Parce que j'ai envie de laisser une trace.

Plus aujourd'hui qu'hier ?
Oui.

Et pour quelles raisons ?

J'ai envie de faire une œuvre qui,
après ma mort, continue de rayonner.

J'ai le sentiment, je vis tout le temps:
Que va-t-il va se passer après ma mort ?

Et que va-t-il se passer après ma mort ?

Mes livres peuvent continuer
à être lus et à vivre.

Donc, il faut que je fasse des choses qui
continuent de diffuser,

même si je ne suis pas là.

La semaine dernière, il
est sorti un jeu vidéo.

J'avais des fourmis et j'avais le
producteur au téléphone et je me suis dit:

Tiens, il y a une nouvelle zone des gens
qui ne lisent pas parce que,

comme on disait tout à l'heure,
tout le monde ne lit pas.

Il y a le moins en moins
de lecteurs, en plus.

Il y a beaucoup de gens qui jouent à des
jeux vidéo et ce public-là,

je ne l'avais pas.

Maintenant, il y a une nouvelle zone de
diffusion de mes mondes, des mondes que

je fabrique avec ce souci de cohérence.

Quand je dis ce souci de cohérence,
je dois être précis.

Quand je lis un bouquin, je me
dis: Est-ce qu'il est cohérent ?

D'accord ?

Les gens se disent: C'est bien écrivé.

Moi, je dis cohérence, ça veut dire:
est-ce que la problématique qui est

posée au début est résolue à la fin ?

Est-ce que l'auteur est arrivé
à faire un monde qui ne ressemble

pas au monde des autres ?

C'est-à-dire: Je Je
regarde ça chez les autres.

Et la cohérence, c'est ce que
j'essaie de comprendre de ce monde-ci.

C'est-à-dire que imaginons que nous avons
un Dieu ou un grand scénariste ou un grand

romancier qui fait ça, qui a écrit
la scène dans laquelle on part.

Est-ce que tout ce qui
se passe est cohérent ?

Est-ce que tout ça est logique ?

Est-ce que tout ça amène à un objectif ?

Quand j'écris un roman, tous mes
personnages avancent pour

aller dans un endroit.
Nous, on avance pour aller où ?

Et c'est ce questionnement qui
qui fait que quand j'écris un roman,

je pense mes lecteurs vont se dire: Oui,
c'est vrai, tout ce troupeau que nous

sommes, ce troupeau d'humains
qui avançons, on va où ?

Est-ce que la destination a déjà été
prévue par quelqu'un ou par une entité ?

Ou est-ce qu'on avance comme ça en
se disant: Tiens, allons par là.

Et puis, de temps en temps, il y a des
leaders qui disent: On doit aller

par là ou on doit aller par là.

Et puis, est-ce qu'on va tomber tous du
haut de la falaise parce qu'à un moment,

on aura pris des mauvaises directions ?

C'est cette perception qui me quitte pas.

Est-ce que tu es dans une recherche
d'approfondissement de ce qu'on peut

appeler ce besoin de sens dans ta vie ?

Je veux comprendre le sens de ma
vie une fois qu'elle est passée.

C'est-à-dire que quand je regarde en
arrière, je vois où ça l'a emmenée.

Maintenant, où je vais,
ça, je ne sais pas.

Maintenant, je vois par moments où va la
vie des autres, c'est-à-dire

Les autres m'intéressent.

Quand je discute avec les gens, je les
perçois comme personnages de romans qui

ont leur propre roman personnel et
j'essaie de comprendre

comment ils fonctionnent.

Les gens sont parfois étonnés
que je les écoute vraiment.

Et au Au moment où je les écoute, je
suis vraiment intéressé par leur vie.

Et il y a peut-être un intérêt en
arrière-pensée qui est: Est-ce que

ça peut me faire un personnage ?

Même toi, Franck, au moment où je fais ça,
tu as vu, je me dis: Tiens, est-ce que je

pourrais mettre une sorte de
Franck dans mon prochain roman ?

C'est un roman.
On n'a rien à penser tout le temps.

Mais du coup, je m'intéresse aux gens et
vu que je m'intéresse aux

gens, je m'intéresse à tout.

Un peu comme Luborice qui trouve son
inspiration dans son

quotidien, un petit peu.

Je crois que c'est ça qui est
intéressant quand on est un humain, c'est

s'intéresser dans le
monde dans lequel on est.

On peut vivre une vie entière en ne
s'intéressant pas aux autres, ne

s'intéressant pas au
monde qui nous entoure.

Mais vraiment, c'est rater le film.

C'est comme si vous voyagez sans regarder
par le hublot ou vous

regardez qu'un miroir.

C'est assez limité, c'est dommage.

Et tu disais tout à l'heure, parce que je
reviens, je surfe toujours

sur la quête de sens.

Tu as été journaliste au Nouvel Ops
scientifique pendant sept ans, c'est ça ?

Oui.

Et tu dis: Finalement, j'ai
fini par quitter la rédaction.

Tu nous as dit pourquoi ?

Parce que ça ne faisait plus de sens.

Mais est-ce que tu l'as vécu
comme Comme un traumatisme ?

Oui, parce que je croyais que...

Je ne savais pas que j'allais
pouvoir faire un autre métier.

Je ne savais pas qu'on pouvait être...

Écrivain, c'était un métier.

Pour moi, écrivain, c'était un
hobby qu'on fait en plus du métier.

C'est toi qui a démissionné ?

Non, je fais partie des très rares qui ont
été foutus dehors parce que je m'étais

présenté à un prix qui était le prix Moum
du Meilleur journaliste de France et

j'étais arrivé en finale et je pensais que
c'était l'occasion pour moi d'avoir une

augmentation de salaire parce que j'avais
un salaire très et en fait, il y a un

collègue qui m'a dit: Non, maintenant,
tu as un groupe ligué contre toi.

C'est tous ceux qui voulaient
avoir ce prix qui ne l'ont pas eu.

Ils sont en train de se
débrouiller pour que tu sois viré.

J'aurais dit: Écoute, s'ils y arrivent,
je m'en vais et s'ils n'y

arrivent pas, je reste.

Et vu qu'ils sont arrivés, j'ai dit:
Je vais prendre une indemne, au revoir.

Mais je crois que j'ai pris ça comme un
signe, c'est-à-dire si au moment où je

montre que je fais du bon travail,
il y a un groupe qui se lit pour me foutre

dehors, c'est-à-dire que
ce n'est pas à ma place.

Donc, 90, tu es au chômage ?

Oui, de 90 à 91.

Et après 12 ans de travail et des dizaines
de refus auprès de maisons d'édition,

là, tu as ton premier roman.

Attends, j'ai commencé
à envoyer le roman...

J'ai mis 12 ans à écrire Les Fourmis.

J'ai commencé à envoyer le roman au
bout de six ans, parmi ces 12 ans.

Donc, j'ai commencé à envoyer le roman à
toutes les maisons d'édition alors

que j'étais encore journaliste.

Il n'y a pas eu Je suis
journaliste, puis Je suis écrivain.

J'avais déjà mon manuscrit des Fourmis au
moment où je suis en train de l'offrir.

Et là, c'était non, non, non, non.

Je crois qu'ils ne comprenait même pas
l'intérêt de faire un

livre sur les Fourmis.

C'est-à-dire que
pour les maisons d'édition, il y a les

polars, il y a les autofictions, il y a
les prix littéraires, il y a les drames

sentimentaux, mais il n'y a pas une
catégorie livre sur les Fourmis.

Il y a la science-fiction, mais ce
n'est même pas de la science-fiction.

Ce n'est pas de l'horreur.

Ils ne savaient Je n'aime pas.

J'avais souvent à l'aise: Nous n'avons pas
de collection qui

corresponde à votre roman.

On dirait un peu l'histoire
de JK Rowling, finalement.

C'est non, non, non, il ne vous a pas
de place, ce n'est pas intéressant.

Elle, sa place, c'était
littérature pour young adult.

Moi, il n'y avait vraiment aucune
catégorie qui correspondait à un roman

dont les héros sont des fourmis et qui se
passe dans la forêt de Fontainebleau et

avec du suspense au niveau des
fourmis et au niveau des humains.

Ça y est, c'est ça.

Un jour, tu vas me dire la date parce que
je n'en sais rien, un jour, tu as un

éditeur qui te dit OK, mais il te dit:
Écoute, mon Bernard, je t'adore,

c'est super, mais 1463 pages.

Tu t'étais lâché et il s'est
dit: Non, moi, j'en veux 350.

C'est ça ?

Moi, il faut dire que j'étais fasciné par
Dune et par Fondation qui étaient

des livres, sagas énormes.

Donc, moi, je me disais: Je vais faire ma
grande saga sur une

civilisation parallèle.

Il y avait cette idée
de roman immersif total.

Il m'a dit: C'est un truc américain.

C'est Richard Ducousset, mon éditeur, qui
m'a dit: Ça, ça marche aux États-Unis,

mais ça ne marche pas en France.

En France, le public, les livres de
1 000 pages, ça intéresse personne.

En plus, il y avait un autre problème
technique très simple,

c'est qu'un livre de 1 000 pages, on ne
peut pas le vendre plus qu'un

livre, c'est le même prix.

Il y a une question de ROI aussi,
c'est-à-dire que trop de pages, on ne peut

pas le vendre plus cher et
on ne fait pas d'argent.

Par contre, la fabrication, ça coûte
plus cher, donc ce n'est pas rentable.

Donc, j'ai transformé mes 1 500 pages en
350 pages et c'est la version qui est

publiée à des fourmis et la
version résumée de tout le roman.

Et durant 12 ans, ça, c'est étonnant quand
je l'ai appris, c'est que

tu l'as réécrit 24 fois.

Oui, parce que j'avais...

En fait, ce n'était pas bon au début.

C'est la formule un peu mastermind.

Je commence une formule Je regarde, je
réfléchis pourquoi ça ne fonctionne

pas et de là, j'essaie de faire mieux.

Mais j'ai toujours écrit comme ça, même le
dernier, la Vals des âmes,

je l'ai réécrit douze fois.

Je l'ai réécrit douze fois parce que tout
simplement, il me faut écrire le roman

pour comprendre ce que je veux faire.

Avec des intrigues
différentes à chaque fois ?

Voilà.

La différence, c'est que je ne relis pas
la version précédente.

Je ne prends pas des bouts d'une version
pour faire l'autre et je ne répare pas

la version de base qui ne fonctionne pas.

Je redémarre à zéro.

Là, par exemple, sur La Valse des âmes,
j'ai 12 romans avec des lieux différents,

des personnages différents sur un
thème similaire et sur les fourmis.

Donc, j'ai 24 versions avec des manières
de gérer mes histoires de fourmis et

d'humains complètement différente.

Moi, j'étais transcendé par les
fourmis et je me suis dit: Il

y en a un deuxième, je ne vois pas
ce qu'on va pouvoir réinventer.

Et le deuxième, honnêtement, j'ai kiffé.

Et ensuite, ça, c'était
le jour des fourmis.

Le troisième, la révolution des fourmis,
je me suis dit: C'est qui ce gars ?

Et c'est marrant parce que j'ai ressenti,
peut-être que je ne sais pas

comment tu vas le vivre, ce que je vais te
dire, mais moi, j'ai été transcendé

par la nuit des temps, par Javel.

Et j'ai ressenti cette même balade au sein
de moi-même, de la réflexion avec

cette trilogie.

Qu'est-ce qui serait un beau compliment
pour toi quand on parle de tes livres ?

Ensuite, en 94, il y a eu les
Tannatonotes, qui ne marchent

pas du tout, d'ailleurs.

Dit comme ça, ce n'est pas un peu bizarre.
Dit comme ça, oui.

Qui, à la sortie, n'a eu aucun succès.

Les Fourmis a eu un petit succès.

Je vois des Fourmis a eu un plus
grand succès, et Les Tannatonots...

C'est monté comme ça.

Voilà, était un échec parce que les gens
considéraient que je n'ai

écrit que Les Fourmis.

Et là, j'ai fait La révolution des Fourmis
parce que je me suis dit: Il

faut que Je récupère mon public.

Et après, j'étais autorisé par le
public de faire d'autres livres.

Et avec le recul, les Tintinot,
maintenant, on est à la sortie.

C'est simple.

Je vais vous donner des chiffres, même si
je ne sais pas si ça correspond pour les

Les fourmis, j'ai dû en vendre 40 000.

Oui, la première année, 40 000.

Le jour des fourmis,
j'ai dû en vendre 80 000.

On a doublé.

C'est le premier mois.

Non, c'est énorme alors.
Oui, ça va très vite.

Oui, c'est énorme.

Après, quand je fais
l'État à Thénault, ils ont dû en tirer

70 000 et ils en ont vendu 10 000.

Ce qui veut dire que 60 000 sont partis
au pilon, ce qui est un échec complet.

Et là, après, j'ai fait la révolution des
fourmis qui a encore mieux marché que les

deux premiers fourmis
et mieux que les Tana.

Mais les Tana, c'était
le livre qui m'a plombé.

Alors, Tana et Tana, ça vient de Tana
Toss, La mort et notice explorateur.

Donc, on est en lien avec le sujet
que l'on a invité tout à l'heure.

Dont on parlait tout à l'heure.

Est-ce qu'à ce moment-là,
tu dis: Eh bien, là...

?

Maintenant, c'est le livre préféré des
lecteurs et c'est celui

qui marche le mieux.
C'est-à-dire qu'il y a le temps.

C'est pour ça que je dis souvent:
La seule critique vraiment

importante, c'est le temps.

Parce que le temps révèle les bons livres
et les mauvais livres qui n'ont peut-être

pas été vus par les médias ou
qui n'ont pas été à la mode.

Mais l'État d'un tonote, qui est mon Le
livre qui était un échec à la sortie, va

probablement être le livre
qui va rester dans le temps.

Voilà, c'est intéressant.

Est-ce qu'à ce moment-là, tu es en
94, tu te dis ma carrière est finie ?

Oui.

Oui, mes livres ne se vendent pas et les
gens ne sont pas intéressés

par l'étant un ou l'autre.
Je me dis ça y est, ça s'arrête.

En 95, déprime ?

En fait, ce n'est pas déprime.

C'est que je me suis dit: Je vais être
obligé de redevenir journaliste,

donc de retravailler dans l'entreprise et
de me retrouver dans des

situations comme celle de l'Obs.

Et c'est vrai que je me suis dit: Je ne
vais pas pouvoir poursuivre

ma passion, donc des livres.

Et tu te tournes vers la
peinture, finalement, le créa ?

Non, j'ai toujours peint.

J'ai toujours fait de la musique, j'ai
toujours peint, j'ai toujours tourné

des films, des courts métrages.

Pour moi, tout ça, c'est des modes
d'expression complémentaires.

Il n'y a pas de
temps où je fais un truc, il n'y a

pas de temps où je fais autre chose.
Tout est tout le temps mélangé.

Après, il y a qu'est-ce qui sort ?

Les peintures sont présentées ou
le jeu est présenté ou la pièce de théâtre

est présentée, mais
là-même, actuellement, je suis au moins

sur cinq ou six projets dans
des domaines très différents.

Est-ce que tu dirais que c'est ce revers
qui t'a permis d'être encore meilleur

dans la révolution des Fourmis ?

Sans cette claque, est-ce
que tu aurais été aussi bon ?

Non, mais ce qui s'est passé suite à
l'échec des tannatonodes, c'est que j'ai

une amie qui s'appelle Marie-Pierre
Planchon, qui m'a présenté une médium qui

s'appelle Monique Paren-Bacquand,
qui m'a raconté mes vies antérieures.

Et le fait de raconter mes vies
antérieures m'a préparé à faire toute la

série que j'ai fait par la suite,
notamment La boîte de Pandore, La

prophétie des abeilles
et La Valse des âmes.

C'est au moment où on est
faible, où on est en bas, où on croit que

les choses, que ça carrière est finie,
c'est à ce moment-là qu'il y a une remise

en question qui nous oblige à
chercher des nouvelles voies.

Je crois qu'il n'y a pas de parcours
d'artiste, pour reprendre ton terme, dans

lequel c'est une autoroute en avant vers
la gloire et tout va bien, et on est riche

et célèbre et tout le monde est gentil.

Vous savez qu'on se dit en voyant Bernard
Verbeer, on se dit: Je

m'inquiète pas pour lui.

Moi, je m'inquiète pour moi.
Ce n'est pas comme les enfants.

C'est vrai ?
Oui, je suis un énorme inquiet.

Et puis, je considère que rien n'est
acquis et que tout peut s'effondrer.

Je vous disais que je peux sortir de la
rue et mourir, mais

je peux aussi d'un coup ne plus avoir
d'intérêt, que le public n'a plus

aucun intérêt pour mon travail.

Est-ce que tu pourrais décrocher
le téléphone, Bernard ?

Vas-y.

Et tu as l'avis au téléphone.

Qu'est-ce que tu aimerais
lui poser comme question ?

Je n'ai pas envie de
lui poser une question.

J'ai envie de la remercier, c'est tout.

Merci.
Merci la vie.

Je suis content d'être
vivant ici et maintenant.

J'espère être vivant, conscient et en
bonne santé le plus longtemps possible

pour pouvoir continuer de créer
et de fabriquer des montes.

Est-ce que tu accepterais
deJe vais me raccrocher.

Non, on va rester encore
un petit peu avec elle.

Elle est sympa, finalement.

Puis, elle est éphémère.
Oui.

Elle est fragile.

Est-ce que tu accepterais de partager la
vie tes doutes, ce qui

te stresse au quotidien ?

Parce que c'est rigolo, parce que souvent,
les gens vont dire:

Moi, ce qui me stresse ?
Il y a les grandes guerres.

Des fois, c'est des
tracas qui nous stressent.

Alors, qu'est-ce qui stresse, Bernard ?

J'espère être suffisamment sage pour
pouvoir rendre les autres encore plus

sages autour de moi et surtout, ne
pas faire d'erreur de trajectoire.

Je n'ai pas d'autres
termes que trajectoire.

Tout à l'heure, je vous disais que je vois
l'humanité comme un troupeau qui avance.

Moi-même, j'avance.

J'ai tracé un chemin qui, pour
l'instant, me plaît beaucoup.

J'espère ne pas dévier de ma trajectoire.

Il y a un truc tout simple.

Il y a des artistes qui peuvent tout d'un
coup dévier,

tomber dans l'alcool ou la drogue.

Ça y est, c'est fini,
tout le truc s'arrête.

Ou une mauvaise rencontre, où
les gens tombent dans des sectes.

J'espère ne pas dévier de mon chemin.

Il te reste 10 jours à vivre et
si tu devais passer une commande à la vie

pour vivre à 110%, ces 10 jours,
ce serait quoi comme commande ?

D'expérience, de vie ?

Je crois que si j'ai 10 jours à vivre, je
me mets dans un coin

et je me mets à écrire.

Je me mets à écrire pour parler de tout ce
que j'ai compris, tout ce que je peux

transmettre, tout ce que je peux faire,
parce que ça carbure en permanence.

Donc, la dernière carburation du
Je m'isole dans un coin,

rien que pour écrire.

Donc, 10 jours pour la postérité, pour
l'héritage, pour transmettre, pour toi.

C'est pour toi, mais en donnant.

En fait, ça va être 10 jours qui
ressemblent beaucoup aux

journées que j'ai déjà.

Je ne vais pas dévier parce qu'il n'y a
pas grand-chose que je recherche de plus.

Comment dire ?

Je n'ai pas envie de monter sur
l'Himalaya, je n'ai pas envie de partir en

fusée sur la Lune, je n'ai pas envie de
faire de la plongée sous-marine

pour trouver des vieux galions.

J'ai juste envie d'écrire
de rester en famille.

Et à la limite, peut-être que la
différence, si je n'ai que 10 jours, c'est

que je serai moins attentif aux calories,
donc je mangerai des

plats que je m'interdis.

Aujourd'hui, je me suis interdit de
dessert, je me suis dit: J'ai pris du

poids au Salon de Brive, donc je sors.
Maintenant, il va falloir...

Et peut-être, je me laisserai aller le
soir au dîner à boire un peu plus de vin.

Un peu plus...

En fait, je n'en bois jamais, donc
je me mettrais à boire du vin.

Maintenant, je regarde, je raccroche
et je vais faire un autre numéro.

Là, tu as Maintenant, tu as une autre
personne au téléphone

que tu aimes beaucoup.

C'est toi, mais tu as 10 ans.

Qu'est-ce que tu aimerais lui dire à ce
jeune Bernard à 10 ans qui n'a pas

eu l'opportunité d'entendre
et qui lui ferait du bien ?

N'aie pas peur, prends des
Même si tu te plantes, ça vaut le coup.

Il y a plein de moments où je n'ai pas
fait des choses parce que je me suis

dit: Attends, là, c'est trop risqué.

La zone où j'ai déclenché le
stop trop risqué était trop tôt.

Je pouvais un peu plus loin
dans la prise de risque.

D'ailleurs, maintenant, j'ai fait un saut
en parachute au-dessus

de la pyramide de Khéops.

J'ose faire ça à mon âge et je
n'aurais pas osé le faire à 10 ans.

C'est le genre d'expérience qui est et
pour mon cerveau et pour

ma création et pour tout.

Et j'en ai eu beaucoup, mais j'aurais pu
en avoir plus si j'avais

été un peu moins prudent.

Donc ma zone de prudence
s'est déclenchée trop tôt.

Allez, on raccroche.

Ça, tu aurais aimé l'entendre
de la part de qui ?

Mes parents n'auraient pas pu me dire ça
parce que leur fonction

était de sécuriser.

Donc, ils ne vont pas me
dire: Prends des risques.

J'aurais pu entendre ça...

Je l'ai entendu de la part de ma cousine
Rennes qui m'a dit: Laisse tomber le

journalisme, ton vrai
truc, c'est romancier.

Elle m'a dit: Prends le risque
d'abandonner le métier de

journaliste pour devenir écrivain.

Est-ce qu'il y a en toi quelque chose avec
lequel il faut continuer de composer ?

Ça a été une humiliation, une douleur,
une déception, une grande tristesse ?

Tout ce que Cet enfant introverti qui
s'est trompé de planète et qui n'est pas

intégré ni à l'école ni à la cour de
récréation, c'est quelque chose qui me

motive pour montrer que je peux faire...

On revient au mythe du vieux un petit
canard, qu'en tant que non-canard, mais

cygne, je peux faire des choses
que ne font pas les canards.

C'est encore en toi, ça ?
Oui.

L'histoire du Nouvel Ops, que je sois viré
parce que j'ai montré que j'étais

sélectionné comme le meilleur journaliste.

Pour moi, c'était le sentiment de: On
vous fout dehors parce que vous êtes bons.

En
plus, qui était très étrange, ils m'ont

remplacé par un très mauvais qui s'est mis
à rien foutre et avec

un salaire supérieur.
Et ça, je ne comprenais pas.

Je me disais: OK, ils me mettent dehors
parce que visiblement,

je ne suis pas intégré.

Je ne tire pas les pompes des
chefs comme ils le voulaient tous.

Mais le type qui est arrivé après moi
s'est mis en effet à cirer un peu les

pompes des chefs, donc du
coup, il a eu un super salaire.

Et là, il ne s'est mis à rien faire.

Il me dit: En fait, ce qui attendait la
rédaction, c'était que je ne foute rien.

Et ça, je l'ai compris après, j'ai eu un
sentiment de révolte

et qui l'exprimait dans Les Fourmis, parce
que mon héros est au chômage, il

y a une révolte contre la société.

Et cette révolte, je l'ai toujours.

Je me dis: Attends, le système tel qu'il
est veut virer les gens sous-payés qui

font des choses pour les remplacer par des
gens incompétents qui ne font

rien avec des salaires énormes.

Et j'ai trouvé dans une loi qui s'appelle
la loi de Parkinson, cette règle, plus une

société grandit, plus elle vire les bons
sous-payés pour les remplacer par des

mauvais surpayés, parce que les mauvais
surpayés vont tout faire pour stabiliser

le système et le confirmer,
alors que les bons sous-payés risquent de

remettre en question le système,
puisqu'ils ont la preuve que

le système n'est pas bon.
Et je vois ça partout.

Et tu vois ça partout.

Mes livres appellent à une révolte à dire:
Attendez,

il n'est pas normal que des gens se
fassent éjecter du système

parce qu'ils sont bons.

Il n'est pas normal que des gens aient
des qui est des récompenses

juste parce qu'ils sont...
Ils font de l'ombre aux autres.

Ils maintiennent le système et ils
font que le système n'évolue pas.

Tu es un grand joueur d'échec.

Est-ce que tu dirais que la vie,
c'est un peu comme un jeu d'échec ?

Pour s'en sortir, il faut savoir
jouer correctement la partie.

Il y a des moments dans le jeu d'échec
où il y a une prise de risque où on peut

sacrifier une pièce pour
avoir une bonne position.

Tiens, par exemple, j'ai sacrifié ma
carrière de journaliste pour avoir une

bonne position, pour
pouvoir devenir écrivain.

Oui, à ce moment-là, ça ressemble à ça.

Quel est le plus beau compliment que tu
aimerais entendre ou que tu as déjà

entendu ou qui te ferait le plus plaisir ?

Votre livre a changé ma vie.

Mais ça, je l'entends, j'étais à brive, je
l'ai entendu ou votre livre

m'a redonné goût à la lecture.

Mais ça vient d'une chose très simple,
c'est précisément que je ne fais

pas du style, je fais de l'histoire.

Je me perçois, même pas le mot écrivain ne
me plaît pas, c'est plutôt le

mot compteur ou le mot auteur.

Auteur, ça vient d'octus
qui veut dire augmenter.

Ça veut dire qu'on augmente la personne
qui vous lit, comme les auctions,

les enchères en anglais.

Et compteur, c'est la personne qui va vous
permettre de visualiser d'autres mondes.

Et ce qui me plaît dans le mot compteur,
c'est la relation avec les premiers

compteurs au coin du feu d'après-histoire.

Mon ancêtre, là où je me sens en
filiation, c'est cet homme qui, alors que

tout le monde avait fini de manger, il y a
ce feu, il y a la nuit et il dit: Je vais

vous raconter l'histoire des ancêtres.

Ça, ça a du sens.
Ça a du sens pour toi.

Ce qui a eu du sens aussi pour toi, c'est
ça qui est incroyable,

c'est qu'en 2016, alors que
tu pourrais dire, j'ai l'étiquette un peu

monsieur introverti, tu montes sur la
scène 2020, le voyage intérieur,

puis maintenant, je dirais que
there is no limit.

On dit souvent sky the limit.

Pour moi, ce n'est pas le ciel,
la limite, c'est l'imagination.

Ma limite, c'est quand même, pour
l'instant, c'est l'Olympia,

je n'ai pas fait mieux.

C'est 2 000 personnes dans une salle que
je fais chanter, que je leur fais faire la

gymnastique et que j'envoie en cas de
méditation dans leur vie antérieure.

Ça, je me disais: Est-ce
que je vais y arriver ?

Et au moment où ça s'est passé,
je me suis dit: Je suis arrivé.

Donc pour moi, c'était le
cap, c'était mon Himalaya.

Et pour quelles raisons cette forme de
défi, cet Himalaya, de monter sur

une scène pour un gars qui est...

Je suis timide.
Dans sa bulle, souvent.

Comme tu l'as dit, c'était une revanche
sur ma jeunesse où on m'écoutait pas, où

j'étais introverti, où
j'étais dans ma bulle.

C'était: Attendez, là, la
bulle, on va la former.

Quand les gens chantent, je
leur fais faire un accord.

Il y a eu trois groupes, mi, sol, ci.

Il fabrique un accord et le corps
se met à faire résonner les murs.

Là, j'ai fait résonner les murs de
l'Olympia et là, il y a eu ce moment où

j'ai fait juste ça et
le truc, ça a agrandi.

J'ai vu dans leur tête qu'ils étaient
sous l'émotion de la surprise.

Les gens se disaient: Les autres
vont chanter, mais pas moi.

Ils ont senti ce truc et
ils se sont mis à chanter.

Et là, j'ai vu le sourire.

Ils découvraient qu'en utilisant sa
colonne respiratoire pour émettre une

vibration, que cette vibration fait une
sphère qui elle-même se met à

vibrer, ça produit un truc magique.

Est-ce que tu dirais à ce moment-là,
dans cet instant-là ?

On ne peut pas parler de sweet spot parce
qu'à la base, tu n'es pas fait pour être

sur les planches, mais tu t'es challengé.

Est-ce que tu parlerais de
guérison à ce moment-là ?

De paix ?

Dans cet instant magique inqualifiable,
tu parlerais de sentir rempli ?

On parlerait de quoi ?

Qu'est-ce qui se produit dans le cœur ?

Ce n'est pas ces mots-là
que j'utiliserais.

Je dirais, j'ai l'impression que je suis
en train de découvrir un de mes talents Et

ce talent, c'est faire vibrer une salle.

Et au moment où je le fais, je me dis:
Waouh, je peux faire ça,

voyant si je peux faire un peu plus.

Donc là, je suis en train de chercher
comment faire que

le spectacle soit encore plus fort.

Mais J'en reviens à cette idée.

Le but d'une vie, c'est trouver
ses talents et après les utiliser.

Dans la Vals des âmes,
au moment où les gens meurent, ils

arrivent au paradis où on juge leur âme et
il y a trois questions

qui leur sont posées.

La première, c'est: qu'as-tu
fait de tes talents ?

La deuxième, c'est: qui as-tu aimé ?

Et la troisième, c'est: qu'as-tu appris ?

Quand j'étais à l'Olympia et que j'ai fait
cette sphère, je me suis dit: là, je suis

en train d'utiliser un de mes talents
et je suis en train d'apprendre que

j'ai peut-être la possibilité d'aller
encore plus loin, mais pour

l'instant, ça s'est fait.

Et qui j'ai aimé ?

J'ai aimé cet instinct et j'ai aimé ces
gens-là, parce qu'au moment où je l'ai

fait, tous les gens, ils ne pouvaient pas
dormir, tous les gens étaient en train de

regarder, de voir le truc
et de vivre quelque chose.

Et je me suis dit: Ça, c'est intéressant.

Je me suis senti dans ma fonction
comme une abeille qui fait du miel.

Je me suis dit: Je ne me dis pas: Je suis
une superbe abeille qui fait du miel.

Je me suis dit: En tant qu'abeille,
je suis faite pour faire du miel.

Là, je suis en train de faire du miel.

Quelle est la place de la
spiritualité dans la vie de Bernard ?

La spiritualité, d'abord, derrière ce mot,
il y a beaucoup de gens qui

mettent des choses différentes.

Pour moi, la spiritualité, ça consiste à
fermer les yeux

et à respirer et juste à se poser les
trois questions: D'où venons-nous ?

Qui sommes-nous ?
Et où allons-nous ?

C'est ça, la spiritualité.

Après, ce n'est surtout pas les rituels,
c'est-à-dire surtout pas les

temples, les prêtres, les costumes.

Tu veux dire la religion qui
fait partie de la spiritualité ?

Voilà.

Et même, je vous pose, la spiritualité,
c'est une expérience individuelle, la

religion, c'est une expérience collective.

La religion, il y a des prêtres, donc il y
a des hommes qui prétendent

détenir des vérités.

La spiritualité, Vérité, c'est vous qui
allez chercher vos propres vérités et

qui essayez de savoir qui vous êtes.

C'est pour ça que
j'insitais sur cette idée.

Au final, tu seras posé cette question:
qu'as-tu fait de tes talents ?

Mais pour t'intéresser à tes talents, il
faut déjà: as-tu compris qui tu étais ?

Donc, tu ne crois pas en une seule
religion, mais tu crois plutôt à cette

capacité de se retrouver
soi-même et de vivre.

Oui, j'utilise le mot agnostique,
c'est-à-dire je ne sais

pas, j'expérimente.

D'ailleurs, dans le spectacle, je
leur dis: Ce que je vous propose, ce n'est

pas d'expliquer pourquoi un corps, quand
il est jeté dans l'eau, se met à

flotter, vous n'aurez pas d'explication.

Mais jetez-vous à l'eau
et vous verrez bien.

Il y en a qui vont se noyer peut-être
ou bien, sur lequel ça n'a pas marché.

Mais pour ceux sur lesquels
ça a marché, ça vaut le coup.

C'est juste une expérience
à tester dans son corps.

Une expérience à tester dans son cours.
On fait le doigt do coaching maintenant ?

Oui.
Allez, c'est parti.

Allez, les amis, le doigt do coaching,
c'est très simple, ça va durer

quelques minutes, c'est du hyper laser.

Question, réponse, on y va, Bernard ?

Je suis prêt.

Sur une échelle de 1 à 10, 10 étant le
maximum, quel est ton niveau de bonheur

dans ta vie au moment où
je te parle en ce moment ?

Neuf.

Pour quelles raisons tu dirais
que tu es à neuf aujourd'hui ?

Parce que je vis de ma passion et
parce qu'il y a eu l'Olympia qui a été un

moment très fort où je suis arrivé à faire
la salle complète et à les faire vibrer.

J'ai pris conscience que je pouvais faire
ça et que ça faisait du bien aux gens.

Dans la série Personne n'est parfait,
quel est ton plus grand regret ?

Pas avoir pris plus de
risques quand j'étais jeune.

J'étais trouillard.

Quel est le métier que tu n'aurais jamais
voulu faire pour le reste de ta vie ?

Professeur des écoles.

Je pense que je suis incapable de tenir
une classe d'enfants qui

commencent à se chamailler ou
qui sont sur leur smartphone.

Hormis ton enfant, quelle est ta plus
grande fierté, ta plus grande réussite ?

L'olympia.
Pour quelles raisons ?

Parce que jusqu'au bout, j'avais peur de
ne pas remplir et j'avais peur de planter

mon producteur et de décevoir
les gens qui avaient confiance en moi.

Au moment où je te parle,
ta plus grande peur ?

Mourir.

Il y a un très bon livre
que je te recommande.

Merci.
Ce que tu détestes le plus ?

Les gens ignorants qui
ne veulent pas apprendre.

Ton pire ennemi ?
Mes peurs.

Quelle est la principale peur ?

J'ai peur de faire les choses mal.

Donc, il y a la mort et
la peur de mal faire.

Oui.

Un don de la nature
que tu aimerais avoir ?

Je me contente des dons que j'ai déjà et
notamment, j'apprécie d'avoir reçu,

notamment de ma maman, le don pour le
dessin et pour la musique et de mon papa,

le goût pour la
géopolitique et l'écriture.

Tu as plein de projets en ce moment dans
la tête, mais quel serait le plus grand

des projets que tu peux nous dévoiler
maintenant pour les

cinq prochaines années ?

Ce que j'aimerais, c'est faire le
spectacle VIE,

celui que j'ai fait à l'Olympia, le faire
dans une salle encore plus grande,

peut-être le Zénith, voir une salle encore
plus grande, encore plus que 5 000 places

et faire chanter la salle
et sentir cette vibration, cette sphère de

sons qui est nourrie par les
gens et qui nourrit les gens.

C'est quoi qui t'inspire dans le
fait d'avoir une plus grande ?

C'est moi qui est la plus grande ?

Non, c'est le fait d'expérimenter
quelque chose de collectif, de positif.

Peut-être, c'est d'expérimenter l'âme de
la fourmilière

que les spectateurs deviennent comme une
entité collective, unie et connectée.

Ton livre préféré que tu as écrit ?

Mon livre préféré est
toujours mon dernier.

Là, c'est La Valsée des âmes, parce que
dans La Valsée des âmes, je parle de la

période actuelle de ma vie, tout en
utilisant ça pour faire comprendre aux

gens des choses sur: est-ce que leur vie
est écrite ou est-ce qu'ils

ont du libre arbitre ?
Et quel est le sens de leur vie ?

Si on terminait ces phrases,
ça pourrait donner quoi ?

La vie, c'est...
C'est un cadeau.

Les gens sont…
Intéressant à comprendre.

Quand j'écris, je…

Suis heureux.
Quand je suis sur la scène, je…

Suis heureux.
Quand je suis avec mon fils, je…

Suis heureux.

Le bonheur, c'est…

Exprimer ce qu'on est, comprendre
qui en est et l'exprimer.

Je suis…

Bernard Verber, et vivant, et sur Terre.

Quelle est ta définition
de vivre une vie à 110% ?

Prendre des risques.

Merci Bernard.

Un mot pour celles et ceux
qui t'écoutent en ce moment.

Et le mot de la fin.

Une minute et tu t'adresses à eux pour
celles et ceux qui n'ont peut-être pas

trouvé encore le don que tu as trouvé
toi-même, qui ne l'exploitent pas encore

ou qui sont dans un creux de vague, des
entrepreneurs, des leaders,

tu leur dirais quoi ?

Trouver votre place.

Dès le moment où on a trouvé
sa place, on est heureux.

Si on est malheureux, c'est
qu'on n'est pas au bon endroit.

Et changer de place, ça veut dire de
l'inconfort sur le moment,

mais sur le long terme,
c'est forcément la bonne chose à faire.

Une fois que vous avez trouvé votre place,
vous allez pouvoir

rayonner avec vos talents.

Mais si vous n'arrivez pas à exprimer vos
talents à l'endroit où vous

trouvez, il faut bouger.

Donc, il y a en chacun de nous un
potentiel énorme qui ne demande qu'à être

exprimé et il faut le trouver et il
faut se donner les moyens de l'exprimer.

Merci Bernard et je passe tout de suite la
commande d'avoir 1000 invités comme toi.

Je te souhaite une bonne réussite et puis,
dès qu'il y a quelque chose d'autre,

tu passes un petit coup au téléphone.

Merci à toi Franck et
bravo pour ton émission.

Merci à tous les amis, soyez des leaders
actifs, des raisonnables et

inspirants pour un monde meilleur.

On se retrouve pour le prochain Unique.