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🎙️Dans ce nouvel épisode d'UNIK, je reçois le publicitaire iconique le plus connu de France, Jacques Séguéla.

⭐️ Dans cette rencontre exclusive, découvre les clés du succès de Jacques Séguéla, comment il a bâti un empire publicitaire reconnu dans le monde entier, et quelle est sa vision de la vie, de l'amour, de la publicité.

Jacques Séguéla, nous dévoile également en exclusivité des confidences sur des personnalités que vous connaissez bien, et qu'il n'avait  jamais dites au grand public.

What is UNIK MEDIA?

Les Rencontres inspirantes de Franck Nicolas.
Nous avons tous en nous des dons et des talents uniques.
Les grandes réussites de tous les domaines qui nous entourent ont su mieux que quiconque les découvrir et les exploiter pour vivre leur vie à 110%. Et si vous pouviez en être inspiré et reproduire ce même chemin ? Franck entre dans la "tête" de ces leaders incroyables pour vous livrer leur recette du succès.
Nous vous dévoilons des talents "UNIK" pour réussir à votre tour.

Une vie sans amour
est une vie

sans oxygène, qui
est une vie inutile.

Moi, je ne vis
que parce que j'ai

trouvé la femme
de ma vie.

J'ai une simple
envie de traverser.

C'est la femme
de l'établissement.

Je lui ai dit: Tu es
la femme de ma vie.

Directement ?
Directement.

Jacques Séguéla,
le publicitaire

iconique le plus
connu de France,

se livre
comme jamais

en exclusivité
pour Unique.

Moi, j'ai mis huit
fois à passer

mes bacs.

Et mon père m'a dit:
Écoute, tu n'étais

pas fait pour ça.

Je t'aime, on passe
à autre chose.

Moi, je voulais
faire mieux que mon

père, puisque lui...
Mieux que papa.

Mieux que papa.

Et ma seule idée,
c'était de faire

le premier tour
du monde avec

la seule voiture
avec laquelle on

pouvait faire
le tour du monde

à cette époque-là,
une deux chevaux.

Et ça a
changé ma vie.

Mais pour quelles
raisons ?

Quand tu vis à 20
ans des expériences

pareilles,
la vie te semble

un oiseau qui ne
se pose jamais.

Tout le monde doit
avoir un rêve.

Qu'est-ce que tu
veux dire ?

C'est le rêve
qui meurt les gens.

Ce n'est pas
la réalité.

Le choc des images
et le poids

des mots.

Va dans un métier
neuf, va

dans la pub.

Moi,
je ne connaissais

rien dans la pub.
Va dans la pub.

Et c'est là où se
joue mon destin.

Je te rappelle
une chose,

c'est que mon fils,
il a 16 ans et il

la connaît cette
expression.

Tu imagines
la portée

que tu avais ?

Toute ma vie,
10 heures par jour,

me suis battu
pour ça.

Au moins, j'ai servi
à quelque chose.

Moi, ma seule
fierté,

c'est que j'ai
commencé à deux.

Aujourd'hui,
on est 22 000.

Aujourd'hui,
tu as une bonne

idée, tu la lances
dans les réseaux

sociaux,
tu peux faire des

millions de ventes.

Je pense que ça n'a
jamais été aussi

facile de gagner,
à condition d'avoir

la grande idée.

Il m'a fait dire
des choses que je

n'avais
jamais dites.

Et tu sais,
il n'y a pas de bons

interviewés,
il n'y a que de bons

intervieweurs.

Soyez Ayez des
raisonnables.

Ayez l'audace
de choisir vos

valeurs pour faire
de vous un grand

leader pour un
monde meilleur.

Salut,
c'est

Jacques Séguéla
avec Franck Nicolas.

Quelle introduction.
Salut Jacques.

Salut.

C'est chouette
d'être avec toi

aujourd'hui.

On va commencer
par une question

qui me t'arrote
depuis des années.

Il y a un proverbe
chinois qui dit

qu'un bon produit
peut se passer

de publicité.

Qu'est-ce que tu
en penses ?

C'est fou.

Une bonne publicité
peut se passer

d'un bon produit.

C'est généralement
la règle.

Contrairement ce
qu'on croit,

la publicité est
un acte de vérité

parce qu'elle
ne se cache pas.

Elle dit: Je
suis de la pub.

Donc, je vais vous
dire qu'une lessive

lave plus blanc.

Je ne vous dirai pas
toute la vérité

parce que peut-être
qu'elle est chère,

mais je vous dirai,
la vérité

de la vérité,
c'est que son

efficacité,
c'est qu'elle

lave plus blanc.

On te doit
la Force Tranquille

de Mitterrand,
Décathlon,

À fond la forme,
Carte Noire,

Un Café Nommé Désir,
mais aussi le Très

sulfureux Demain,
j'enlève le bas.

Il y a beaucoup
d'autres slogans

qu'on te doit
en Europe.

Tu
es le publicitaire

aujourd'hui
qui murmure

aux oreilles
des présidents,

mais ma question est
très simple, c'est

quand est-ce que tu
vas décider

de raccrocher ?

Moi, c'est
très simple.

J'ai fixé ma
retraite à 100 ans.

Donc, il me reste
12 ans à tirer.

Mais je parle
à quelqu'un qui a 65

ans sans les taxes.
Oui.

Mais d'où ça
vient ça ?

Je ne sais pas.

Cette faim,
cette niaque.

Je ne fais Je ne
fais rien d'autre.

Si, moi, je
connais mon moteur.

Mon moteur
à réaction,

c'est un moteur
d'amour,

c'est ma femme.

Comme j'ai fait
toutes les conneries

de la vie,
j'ai commencé

à comprendre qu'une
vie sans amour

est une vie
sans oxygène,

est une vie inutile.

Une vie sans couple
qui ne crée pas

d'enfant est une vie
qui passe à côté

de la loi du monde,
qui est qu'on doit

se multiplier,
sauf si évidemment,

il y a
une impossibilité

à Il faut adopter,
il faut faire

n'importe quoi.

Mais nous sommes sur
Terre pour laisser

autant de traces
que nous avons

laissées d'enfants.

Chaque matin,
quand je me

réveille,
Sophie se réveille

avec moi et elle me
dit: Mon chéri, tu

es beau, je t'aime.

Oh waouh !
Tous les matins ?

Tous les matins,
tu es beau.

Je dis: Qu'est-ce
qui s'est passé ?

Causac est repassé
dans la nuit à

planter des cheveux.

Je me précipite
devant mon miroir,

je vois ma sale
gueule de non

ingénaire, presque
non ingénaire.

Je dis: Ta
femme est amoureuse

puisque l'amour
est aveugle.

Et je pars retrouver
ma maîtresse.

Oh waouh !

Ma maîtresse,
c'est la pub.

Et je suis là
de 8h00 du matin

à 8h00 du soir.

Jacques, j'ai envie
de t'emmener

dans un voyage.
Tu es prêt ?

Allez, on remonte
en arrière,

tu as 10 ans.
Oui.

Explique-moi qui est
le petit Jacques

à 10 ans,
son environnement,

sa famille,
qui il est ?

C'est un garnement.

Je suis un ado
rebelle,

peut-être 12 ans.

Dix ans,
c'est un peu tôt.

Qu'est-ce que ça
veut dire ?

Dix ans,
je suis dans les

jupes de ma
mère encore.

Mais 12 ans,
je suis

insupportable
et mon père décide

de m'envoyer
faire mes études

à Montpellier.

Il voulait que j'ai
les mêmes études

elléniques
qu'il avait reçues.

Donc là, il t'envoie
à l'école chez

les jésuites.
Voilà.

Mon grand-père avait
eu son bac avec

mention très bien.

Moi, j'ai mis
huit fois à passer

mes bacs, huit fois.

Je suis
dans le guide

des Guiness
parce qu'on ne

pouvait pas
le passer neuf fois.

À neuf fois,
on était radié

des universités.

Je suis passé
à deux doigts.

Et ça a commencé.

Et ça a rendu
plainte ton père,

j'imagine.

Et ça a commencé
vers 14, 15 ans,

puisque mon père m'a
envoyé à Montpellier

et j'étais
pensionnaire.

Et je n'ai pas
supporté ça.

C'était prison
de break.

Je ne supportais
pas d'être enfermé.

Je ne supportais pas
de partager mon lit

avec les autres.

Je ne supportais pas
de ne pas pouvoir

parler dans les
rangs,

de ne pas pouvoir
parler au dortoir.

Mais dis-moi
Jacques,

tu étais un petit
délinquant parce

que je crois que tu
as même agressé

un surveillant avec
une fourchette.

Justement.
Tu étais dangereux.

Il y avait
un surveillant

qui me narguait
tous les soirs, etc.

Et un jour,
il se faisait frire

comme ça à deux œufs
au plat en me

regardant.

Et puis,
il s'est retourné

pour aller
les mettre sur son

petit réchaud.

Il y avait
une fourchette

qui est là.

Je ne sais pas
ce qui m'a pris.

J'ai honte,
je devrais

être en taule.

J'ai pris
la fourchette.

Non, dans
le ventre ?

Non.

Non, dans
les fesses.

Non, dans quoi ?

Mais tu avais quel
âge à l'époque ?

J'avais 16 ans.

Oui, quand même ?

C'est là qu'a
tourné ma vie.

15 ans, même 15 ans,
j'étais en

troisième.

Donc, ta vieTu
as quinze ans.

Tourné sur un coup
de fourchette ?

Un coup de
fourchette.

J'ai été viré
le lendemain.

Oui, forcément.

Je suis arrivé
et mon père, génial,

au lieu de me dire:
Qu'est-ce

qui te prend ?

Mon fils, etc,
m'a dit: Écoute,

tu n'étais pas
fait pour ça.

Je t'aime.

On passe à autre
chose parce que

ce n'est pas mal.

En avoir ou pas,
disait Emine Wey, tu

as choisi ton camp.

Il faut parler
de cette adolescence

parce que c'est elle
qui va marquer

ma vie.

Donc, je vais
arriver,

je suis externe.

Au bout d'une
semaine,

le chemin de ma
maison au lycée

était borné
par un cinéma.

Je vois un film,
je ne peux pas faire

autrement
que d'y aller.

C'était le nouveau
cinéma américain

qui arrivait.

Et
depuis cet

instant-là,
au lieu d'aller

suivre mes cours,
je suis tous

les jours allé
au cinéma.

Il y avait
sept cinémas.

Je faisais les sept
cinémas de la ville

les uns
après les autres.

Tu faisais un
film par jour ?

Un film par jour.

J'en faisais cinq
parce que le

week-end, c'était
mes vacances.

Donc là, ça y est,
ça devenait

ton Dada.

C'est devenu
mon Dada.

J'ai vu tous
les films

de l'époque,
mais il y a eu

un problème,
c'est le bulletin.

Il fallait bien
que mon père

reçoive un bulletin.

Là-dessus,
j'ai découvert

dans les petites
annonces

qu'un imprimeur
avait brûlé.

J'ai dit: C'est
peut-être là

ma chance.
Je vais le trouver.

Je lui ai dit: Je
viens vous voir

de la part du
recteur du collège.

On a besoin de
500 livrés.

Est-ce que vous
pouvez me

les préparer ?

Je viendrai
les chercher.

Et à partir de là,
comme moi,

j'étais obligé
de quitter la maison

parce qu'au bout
des premiers 15

jours, j'ai dit: Il
faut que je trouve

une excuse,
parce que les profs

se demandaient
pourquoi je

n'étais pas là.

Mes parents
croyaient toujours

que j'allais
sagement à l'école.

Donc, j'ai commis
un deuxième crime.

Je suis descendu
dans le bureau

de mon père.

Il y avait
une rémigchtone,

une une machine
à écrire et j'ai

tapé: Mon fils a
des problèmes

respiratoires.

Je l'envoie
à fondremeu,

c'était à 5 000 $,
pour le trimestre.

Oui, tu t'es fait
passer pour

ton père.

On se retrouvera
donc.

Mais tu étais super
méga Il y avait

un rappel à ce
niveau-là.

Oui, mais
délinquant.

Parce qu'après,
il a bien fallu

que moi,
je vive ma cavale.

Je partais tous
les matins à 8h00,

il fallait que je
rentre à 5h00.

L'hiver, il faisait
froid, il fallait

bien que je m'abrite
quelque part, je

n'avais pas un sou.

Donc, je jouais
le carton avec les

petits vieux
du coin, etc,

qui m'offraient
le croissant et le

chocolat chaud.

Et tous les soirs,
je continuais

à aller au cinéma.

Toutes les ouvreuses
me connaissaient, je

passais la sortie.

Tous les cinémas du
monde ont connu ça.

Il faut bien une
porte de sortie.

Oui, qui devient
une porte d'entrée.

Il faut qu'elle
soit ouverte.

Donc, il suffit
de passer

par la sortie,
de se glisser.

Donc, tu te faisais
dessiner gratos ?

Je faisais dessiner
gratos,

mais il fallait
aussi,

quand je faisais mon
bulletin, il fallait

que j'ai des ancres
et des écritures

différentes,
parce que mon

écriture,
qui était

une écriture
de gamin,

ne marchait pas
pour le prof

d'histoire
ou le prof de

mathématiques.

Il Il fallait que je
suive parce qu'il y

avait un bulletin
par mois.

Il fallait que je
suive avec la même

écriture,
le professeur

de mathématiques,
le professeur

de dessin,
le professeur

de latin,
le professeur

de grec, etc.

Donc tous mes
copains qui tapaient

le carton avec moi
m'ont servi de

faussaire
pour faire...

Et comme j'avais
quand même besoin

d'un peu d'argent,
il fallait que je

paye des bulletins
et tout ça,

j'entraînais avec
moi deux ou trois

autres copains
qui ont fait

la cavale avec moi.

Donc, on a eu
une sorte de cavale.

J'ai payé très cher
puisque j'ai mis

huit fois à passer
mes bacs, huit fois.

Et c'est là où se
joue mon destin,

parce que mon père
me dit: Écoute,

il faut dire qu'il
n'y a pas eu

de neuvième fois,
parce que mon

grand-père,
mention très bien

au baccalauréat,
a dit à mon père:

Envoie-moi le petit,
je vais te

le former.

Je suis parti
à Montpellier,

il était directeur
des contributions

directes
et président

de la Caisse
des parents,

c'était la sommité.

Réveille-toi
les matins à 6h00.

Il me faisait
rabâcher toute la

Et à une semaine
du 8ᵉ baccalauréat,

il m'emmène avec lui
dans sa voiture

dans un petit
village à côté

de Montpellier.

Il s'arrête devant
une boulangerie.

On entre dans la
boulangerie, il me

dit: Viens avec moi.

Il passe derrière
la boulangerie et il

y avait un jeune
miton qui enfournait

des pains dans
le four à pain.

Il m'a dit: Cette
boulangerie,

je l'ai achetée.

Si tu es que là
au bac,

c'est là que tu
continueras ta vie.

J'ai une sorte
de choc.

Par miracle,
j'ai été reçu.

Mon père m'a dit:
Écoute, tu ne peux

pas faire médecine,
mais tu vas

tuer les gens.

Tu vas tuer
les gens.

Reste
dans la famille

médicale,
sois pharmacien.

C'est un métier
qui te correspond.

C'est une voie
de garage honorable.

Exactement,
honorable.

Très curieusement,
ma première année

de pharmacie,
je suis tombé

amoureux fou
de la botanique

et de la pharmacie
et j'ai été major.

C'est génial parce
que tu as réussi ce

diplôme,
tu es devenu

pharmacien
et au final,

ton père,
pour te remercier,

tu as dit: Je vais
t'offrir la voiture

de l'époque.

C'était une- Parce
que j'étais major,

il n'a pas cru.

Il est allé voir
le recteur

pour savoir si on
avait pas tricher.

Il faut savoir
si c'était encore

un faussaire.
C'était un chenapin.

Il vous a eu: Non,
pas du tout,

c'est impossible
de tricher, etc.

Donc cette fois-ci,
c'est vrai ?

Cette fois-ci,
c'est vrai.

Il t'offre une
deux-chevaux.

Il m'offre ma
première

deux-chevaux.

Et qu'est-ce
que je fais ?

Je pars faire
un des tout premiers

rides en deux
chevaux,

Perpignan, Karachi.

Et moi, j'ai demandé
à faire ma thèse

sur les marchés
des plantes

médicinales
à travers le monde.

Et ma seule idée,
c'était de faire

le premier tour
du monde d'une

voiture avec
la seule voiture

avec laquelle on
pouvait faire

le tour du monde
à cette époque-là,

une deux chevaux.

Et ça a
changé ma vie.

Il y a un autre truc
qui est super

intéressant,
c'est que tu as

trouvé un
sponsor aussi.

J'ai inventé
le sponsoring.

Ça a été mes
premiers pas.

Oui, tu as trouvé
Citroën comme

sponsor ou pas ?

Non, Citroën m'a
écrit une lettre

en disant: Nous nous
intéressons,

je ne sais pas
comment on peut

les appeler,
aux globetrauteurs,

jamais à leur
départ, mais quand

ils reviennent
et qu'ils ont

quelque chose
d'intéressant

à dire.

Donc, revenez nous
voir dans deux ans,

puisque ça a
duré deux ans.

On est revenu nous
voir deux ans

et c'est là qu'ils
nous ont

complètement aidé,
fait écrire mon

premier livre
et tout ça.

Tu racontes cette
aventure dans ton

premier livre en
1960, qui sera

un vrai succès.

Et au total,
tu écriras...

Ça, c'est
le 35ᵉ livre.

Oui.

Ce qui est ma photo.

Justement,
quand je te parlais

quand j'avais
ses armes.

Tu étais beau.
Montre.

Oui, je te montre.

Le vrai, le faux.

Le vrai, le vrai,
le vrai, le faux.

Comment tu as eu
cette idée de faire

un tour du monde,
Jacques ?

Parce que mon père
avait un petit stamp

avec son
petit avion.

C'était
un des premiers

pilotes privés.

Il faisait chaque
année le tour

d'Afrique.

Moi, ça me maintient
plein les yeux.

Il revenait comme un
héros avec une

blouse en cuir, etc.

C'était Guilmer
pour moi.

Et j'ai la une du
journal de

l'indépendant,
du quotidien

de Pierre Pinault.

Et moi, je voulais
faire mieux

que mon père.

Puisque lui,
le faire en avion

met le limite
à l'Afrique, moi,

je veux le faire
autour du monde

et en voiture.
Mieux que papa ?

Mieux que papa,
tu es son père.

Ta carrière d'homme
de publicité,

à quel moment est-ce
qu'elle a émergé ?

Est-ce qu'on
pourrait oser dire

qu'avec ce premier
sponsoring,

tu avais eu l'idée
déjà de te révéler

dans ce domaine ?

En tout cas,
c'est la deux

chevaux qui a
changé ma vie.

Si je n'avais pas
fait ce voyage

en deux chevaux,
je serais

aujourd'hui
pharmacien.

Mon père était
en train

de m'acheter
à la pharmacie

du docteur Bobo.

Et c'est justement
ce deux chevaux

qui a tout changé,
ce tour du monde

en deux chevaux
qui a tout changé.

Mais pour quelles
raisons ?

Parce que d'abord,
il m'a donné...

J'avais perdu
beaucoup de temps

dans mes études.

J'étais un cancre
notoire.

Mais il m'a donné
une autre science,

c'est l'université
du monde.

Il m'a donné
la découverte

de l'autre,
la découverte

de soi-même.

Parce que quand tu
fais un tour

du monde de deux ans
avec toutes Tout ce

qui a pu nous
arriver,

finalement, tu
trouves que

la vie est pour toi
et que l'aventure,

c'est l'aventure.

Je me souviens
que dans le désert

d'Acatabar,
qui fait que 4 000

kilomètres,
qui est à 4 000

mètres d'Alg
d'habitude au Chili.

C'est moi
qui conduisais

une nuit et comme un
imbécile,

j'oublie de mettre
de l'huile dans le

réservoir d'huile.

Il ne fait qu'à 2h00
du matin,

coup de Crescell,
etc,

le moteur s'arrête,
plus d'huile

dans le moteur et je
n'avais pas

de réserve d'huile.

Si ce n'est pas
grave, il y a un

passant qui va
passer ou un camion

qui va arriver, rien
pendant deux jours.

Et le troisième
jour, arrive

un Chilien avec
une besace.

On lui offre
le thé, etc.

C'est le matin,
on lui raconte notre

panne,
il se met à rire,

il sort de sa besace
plusieurs

bananes comme ça.

Il met des bananes
dans dans le moteur,

dans le cage
d'huile du moteur.

Il prend une pierre
avec un petit

chiffon et il
visse comme ça.

Il dit: Vous
pouvez y aller.

Et on se regarde
avec Jean-Claude,

mon co-aventurier,
on se dit: On

bousille le moteur,
qu'est-ce

qu'on fait ?
On va rester là ?

On va mourir là ?

Donc, on le met
dans la voiture,

on part avec lui,
on a fait 100

kilomètres
à la banane

parce que c'est
de l'huile.

C'était pour
l'hybrifier.

Et ça a suffi
à graisser parce

que la 2 CV,
c'était une voiture

qui résistait
à tout.

Ça a suffi à
graisser les choses.

Donc,
quand tu vis à 20

ans des expériences
pareilles, la vie te

semble un oiseau qui
ne se pose jamais.

Donc, tu abandonnes
définitivement

la pharmacie.

Tu sais que ce n'est
pas vraiment ça

que tu veux faire
dans la vie, ça,

c'est clair,
après cette belle

expérience
de deux ans.

Mais pour autant,
tu ne démarres pas

tout de suite
dans la publicité.

Non, je ne démarre
pas dans la

publicité parce
que j'ai écrit ce

livre,
La Terre en rond,

qui, par une sorte
de miracle...

Moi, je vis
des miracles

en miracles.

Je n'ai jamais
décidé de ma vie.

C'est elle qui m'a
mené par le bout

du nez d'un
bout à l'autre.

Qu'est-ce que tu
veux dire ?

Je n'ai jamais fait
le pan de carrière,

je n'ai jamais
demandé un boulot,

ça m'a toujours
été proposé.

C'est C'est
comme si...

Je crois au destin.

C'est comme si
j'avais un doigt

de Dieu qui me
guidait, etc,

qui me fait avancer
dans la vie.

Un jour,
j'étais dans nos

bureaux, faire SCG
de l'époque,

et j'ai vu une jeune
fille traverser

comme ça l'étage
des créatifs,

qui était un open
space, c'était

déjà la mode.

J'ai dit: Mais c'est
la fin de ta vie.

Je l'ai simplement
vue traverser: C'est

la fin de ta vie.

Je suis allé
la voir,

je lui ai dit:
Je vais dîner avec

toi, tu es la
femme de ma vie.

Directement ?
Directement.

Et elle a dit:
Elle est créative,

le patron veut
me violer.

Arrivé, qu'est-ce
qui se passe ?

Je lui ai dit:
Écoutez les enfants,

je ne veux pas
la violer,

je veux l'épouser.

Foutez-moi la paix,
allez bosser.

Tu voulais
l'épouser,

tu ne la connaissais
même pas.

Je savais
que c'était la femme

de Pendant cinq
fois, elle a refusé.

La sixième fois,
elle a dit: Écoute,

j'en ai marre,
je te donne un dîner

et je ne veux plus
jamais te voir, etc.

On a dîné,
ça s'est terminé

à 3h00 du matin.

Je lui ai dit:
Écoute, moi,

j'annule tous mes
dîners de la semaine

parce que je n'ai
pas fini

de t'expliquer
pourquoi tu es

la femme de ma vie.

On a recommencé
le mardi,

on a commencé
le mercredi.

Puis le mercredi,
j'ai vu que c'était

bon, je lui ai dit:
Écoute, maintenant,

les choses
sont simples.

J'ai deux places
pour où il me

le donne samedi.

Ou tu viens avec moi
et on ne se quitte

plus jamais
ou on ne se parle

plus jamais.

Ça n'a rien à voir
avec l'agence

du continent.

Oui, c'était
carrément

l'ultimatum.

L'ultimatum.

Je donne rendez-vous
à midi à Aurlie.

Je ne fais pas
la bêtise d'envoyer

des lettres.

Heureusement,
il n'y avait pas

cette saloperie
d'SMS qui tue tous

les amoureux
en love.

Tu fais quoi ?
Tu dis quoi ?

Tu veux quoi ?

Le mec en a marre
avant de revoir

la gonzesse.

Je n'envoie pas
de fleurs,

je n'envoie pas
de chauffeurs, etc.

Je suis à Orly,
elle est là.

On va à Londres,
on regarde le match.

Le soir,
première nuit

d'amour,
fiasco comme toutes

les Elle me l'a mis
en nuit d'abord.

Lamentable.
Oui, quand même.

Je ne l'ai
pas attendu.

Au-delà du nul.

On rentre à Paris,
je le ramène

devant chez elle.

Elle vivait chez sa
mère, elle

avait 18 ans.

Je lui ai dit:
Maintenant, c'est

définitif,
tu as 15 minutes,

tu fais ta valise,
embrassez-moi

en cachant au moins
ce qui pue ou on ne

se parle
plus jamais.

13 minutes
plus tard.

Ça, c'est le story
teller qui me parle

ou ça s'est
vraiment passé ?

Ça s'est
vraiment passé.

C'est vraiment
passé.

Mais tu es cash.
Cash.

Et 13 Une minute
après, elle était là

avec sa
petite valise.

C'est la première
fois, elle était

à l'heure
et on ne s'est

plus jamais quitté.

On ne s'est plus
jamais quitté.

Mais ça s'appelle
un coup de foudre.

Moi, j'ai connu ça
avec Sarkozy

et Et Carla,
quand Sarkozy a été

élue,
deux ou trois mois

après, il me
téléphone un jour.

Moi, je l'avais aidé
dans sa campagne

et tout ça,
c'était déjà un ami.

Il me dit: Écoute,
viens me voir,

je n'en peux plus.
Je n'en peux plus.

Qu'est-ce
qui se passe ?

J'arrive à l'Élysée,
il me dit: Écoute,

c'est une
catastrophe.

Parce qu'il avait
divorcé, il était

donc célibataire.

Je suis là
célibataire dans ces

murs immondes.

Tout le monde
me pille.

Si je fais venir
une jeune femme

pour déjeuner avec
elle Les mecs,

la photographie
le lendemain matin,

c'est le canard
enchaîné.

Si je vais
dans un bistrot

l'inviter,
c'est encore pire

parce que les
paparazzi sont

là à la sortie.

Moi, je ne peux
pas tenir comme ça.

Je ne peux pas
tenir comme ça.

Je travaille
jusqu'à 10h00.

À 10h00, je monte,
je vois un film

de merde, je me lève
à 5h00 du matin, je

ne vais pas tenir.

Je lui ai dit:
Écoute, on va faire

un dîner
à la maison, on

va se marrer, etc.

On va chanter.

Il adore chanter
à la fin du

repas, etc.
On va chanter.

Et donc j'appelle
Claire,

parce que j'étais
en train de faire

une pub avec lui.

Je lui ai dit:
Est-ce que tu veux

dîner avec
le président ?

D'accord.

Et puis j'appelle
Carla et je lui ai

dit: Est-ce que tu
veux un midi ?

Jamais.

Alors jamais,
parce qu'elle est

profondément
de gauche

Cet immonde mec
de droite, je ne

veux pas le voir.

Il va ruiner
la France.

C'est un pourri.
Jamais.

Je lui ai dit:
Tu te trompes.

En 20 minutes,
il va te séduire.

Qu'est-ce que
tu racontes ?

Non, c'est vrai,
tu lui as dit ça ?

Oui, c'est moi
qui vais le séduire

en 20 minutes.

Le dimanche,
je me souviens,

le matin,
Sarko m'appelle.

Il avait deux, trois
choses à me

demander.

Et puis à la fin,
je lui ai dit: Tu ne

me dis pas quand on
déjeune, qu'on

dit le mercredi.

Et je lui donne
la liste

des invités,
on était six.

Je lui dis: Et puis,
il y a Carla.

Il dit: Mais Carla,
quelle Carla ?

Je dis: Mais Carla,
il n'y en a qu'une.

Mais Carla,
Carla Broglie.

Et je sens un blanc
au téléphone.

Tu sais, tu sens les
blancs au téléphone.

Il a le souffle
coupé.

Il dit: Je rêve
de la rencontrer.

Je lui ai dit:
Écoute, c'est

très simple.

Je lui ai dit que tu
la cédurais

en 20 minutes.

Et elle me dit
que c'est elle

qui cédurait
en 20 minutes.

Donc, on fait
un jeu de rôle.

Ils arrivent
à la maison.

C'est génial.

On arrive
à la maison.

Il y avait Ferry
qui était là

avec sa femme.

Et puis Carla
et Nicolas,

Sophie et moi.

Et je lui ai dit:
Écoutez, maintenant,

on commence.

Alors la première
qui commence, c'est

normal, c'est toi.

Donc là, tout
le monde est assis.

Tout le monde est
assis devant

le feu de bois.

Mais tu avais
même un scénario.

C'était en janvier,
en février.

Donc, on commence
le jeu de rôle.

C'est Carla
qui commence

et qui dit
à Nicolas: Donne-moi

ton téléphone.

Nicolas lui demande
son téléphone.

Elle va sur l'agenda
et elle efface

les mecs.

Elle dit: Cette
fille-là,

je la connais,
elle n'est pas bonne

au lit, tu
peux la virer.

Celle-là,
elle n'est pas digne

de toi,
elle est moche

comme un pauvre.

Celle-là,
de toute façon, tu

ne la séduiras pas.

Ça, ça s'est
vraiment passé ?

Ça s'est vraiment
passé comme Ça s'est

passé comme ça.

Le président
de la République

confie son agenda
à une chanteuse.

Absolument.
Son téléphone.

Oui.

C'est dans ton
copain, ce

n'est pas...
Oui.

Ce n'est pas sur...

Il ne la connaissait
pas quand même.

Il ne la connaissait
pas, mais il

connaissait toutes
les autres

personnes.
Il était convivial.

Il était très ami.

Je me souviens
qu'après la soupe,

il s'est adressé
à Sophie qui était

là à côté.

Il lui a dit:
Écoute, Sophie,

tu es la maîtresse
de mes oncles,

je vais être très
grossier avec toi.

Je vais te tourner
le dos parce que je

dois parler cinq
minutes avec

cette jeune femme.

Il prend sa chaise,
il se tourne

comme ça.

Les cinq minutes ont
duré quatre heures.

Ça s'est terminé
à 2h00 du matin.

Incroyable.

Et que faisais
Julien Claire

et tout le monde
autour de la table ?

On a tous les coups
de foudre,

ils se racontaient
leur vie.

Elle a dit: Moi,
je veux un enfant.

Je lui ai dit: Moi,
je suis l'homme

idéal pour
devenir père.

J'ai un toubib
qui me suit 24h/24,

etc, qui se relève.

Il n'y aura pas
de Je me suis dit:

Enfin, avec toi.

Donc, tu as entendu
le grand pitch, le

plus grand pitch ?

Le plus grand
pitch, etc.

À 2h00 du matin,
il l'a ramenée

chez elle,
mais dans la

voiture, il y avait
les flics, il y

avait tout ça.

Évidemment, il ne
s'est rien passé.

Et elle me téléphone
à 2h15, elle me dit:

Ton mec,
il est de droite,

mais je suis quand
même un beau mec.

Et puis, je me suis
dit: J'ai un truc,

j'ai une sorte
de pincement.

Écoute, en tout cas,
j'espère qu'on

se reverra.

Elle raccroche.

Il n'aurait pas été
président,

est-ce que ça aurait
changé quelque

chose ?
Oui, bien sûr.

Elle n'aurait
pas été...

Ça aurait changé
quelque chose.

C'est des rencontres
fusionnelles.

Oui, bien sûr.

Ils sont au même
niveau aussi,

donc ça facilite
la rencontre.

Et Le lendemain
matin, à 08h00,

Nicolas m'appelle
et me dit: Écoute,

excuse-moi auprès
de ta femme, j'ai

été grossier, etc.

Mais je ne sais pas
ce qui m'est arrivé.

Je crois que j'ai eu
un coup de foudre.

Je lui ai dit:
Espèce d'imbécile,

elle est à ta fin
de coup de fil

depuis hier,
2h00 du matin.

Donc, tu vas lui
téléphoner,

tu annules ton repas
de ce soir,

elle va te faire
des spaghettis,

parce qu'elle était
célibataire,

elle va te faire
des spaghettis,

tu ne rentreras
pas à l'Élysée.

Il n'est pas
rentré à l'Élysée.

Ils ont passé
leur vie après.

Quand ils étaient
obligés d'être

à l'Élysée,
ils étaient

à l'Élysée quand il
y avait des trucs

officiels.

Ils ont passé
la maison dans la

maison de Carla.
Le lendemain ?

C'était le
lendemain.

C'était le
lendemain ?

Le lendemain.

Donc en 24 heures,
c'était closé ?

C'était closé.

Ils sont
amoureux fou.

On déjeune,
ou on dîne très

souvent ensemble.

Ils sont amoureux
comme au

premier jour.

Lui, il ne peut pas
rester

plus de 20 minutes
sans la toucher.

Donc, on est déjà
à la quatre et puis

il se lève,
il va lui caresser

le cou,
il va lui dire

un mot d'amour,
il va lui caresser

les mains, etc.
Il revient.

C'est tactile.

C'est un couple
charnel.

C'est un couple
charnel.

C'est un couple
extraordinaire.

C'est deux êtres
extraordinaires.

Tu t'essayes
au journalisme entre

60 et 63, c'est ça ?

Chez Paris Match,
notamment.

Oui, moi, je
m'essayais

à Paris Match.
François.

Mon livre est tombé
par hasard dans les

mains de Prouvost,
qui était

le propriétaire
et l'inventeur

de Paris Match,
qui appelle son

secrétaire général,
qui s'appelait

Raymond Castan,
et lui dit:

J'ai lu un livre
de Douglas...

J'ai parcouru
un livre de deux

globetroteurs
qui ont passé 400

Nuits à la
belle étoile.

Nos reporteurs
à nous, ils passent

400 Nuits dans des
hôtels cinq étoiles.

Ce serait
intéressant

de mélanger un peu
tout ça et de voir

comment ce qui
se passerait.

Engagez-moi,
ces mecs.

Et donc, je signe
pour trois mois.

Là-dessus, Théron,
qui est nommé

rédacteur en chef,
me dit: Écoute,

c'est très simple.

Tu vas faire
la nuit, parce que

personne n'en veut.

La nuit, simplement,
tu regardes

les dépêches.

Si tu vois qu'une
dépêche revient

sur un sujet
d'une façon un peu

prégnante,
c'est qu'il y a

peut-être anguille
sous roche.

Donc, tu ne lâches
pas les trucs et tu

essayes de voir
sur toutes

les autres dépêches,
il y avait trois

ou quatre dépêches
qui arrivaient,

si ça s'enchaîne.

Et moi, je vois là,
il m'avait dit: Mais

tu me réveilles
que si c'est

une vraie info.

Parce que si ce
n'est pas une vraie

info, je te vire.

Et moi,
je vois qu'il y a eu

un détournement
de paquebot.

Il y avait
des détournements

d'avions
qui existaient,

des détournements
de paquebot, il n'y

en avait jamais eu.

Je me suis dit: Ça,
ça a quand même

un truc important.

Théron m'avait dit:
Tu me réveilles avec

une idée
pour pouvoir agir.

Je me suis dit:
Merde, comment je

pourrais avoir
une idée ?

Et à cette
époque-là, moi,

je faisais beaucoup
de ski nautique

sur la scène.

J'avais un copain
qui était champion

du monde
de parachute,

qui faisait du ski
nautique 10 fois

mieux que moi, etc,
qui était cascadeur.

Je lui ai eu
le téléphone,

je le réveille et je
lui ai dit:

Téléphone,
je le réveille et je

lui dis: Est-ce
que tu serais

capable de sauter
en parachute

sur un paquebot Il
me dit: Ça dépend.

S'il est arrêté,
en tout cas, oui.

Le paquebot était
en panne parce qu'il

y a des mecs avaient
bloqué les machines

et tout ça.

Donc, je réveille
mon rédacteur

en chef.

Je lui dis:
Il est où ?

Je lui dis:
J'arrive.

Et le lendemain,
ça a été mon premier

reportage
dans Match.

Moi, je ne suis
pas allé là-bas.

Il n'y a personne
n'y allait,

on lui a téléphoné,
c'est lui qui est

parti, etc.

Et qui a
pris les photos

et qui est revenu.

Mais c'est une vraie
bonne idée ça.

Ça, c'est une idée
de création.

Fantastique.

Comme ça, j'ai
eu mes galons

de Paris Match, etc,
parce qu'au début,

tu es stagiaire,
tu prennes l'âge.

Je n'étais pas grand
porteur,

mais j'étais quand
même petits

reporteurs, etc.

Et un jour,
Théron me dit:

Écoute, il y a une
femme qui vient

d'être libérée.

Elle a fait cinq ans
de prison parce

qu'elle a tué son
mari qui l'a battée.

Elle a deux enfants.

Et moi, je voudrais
une des photos

de la mère
et des deux enfants.

Débrouille-toi.

Moi, je me
renseigne.

Et tous les matins,
elle a amené ses

enfants à l'école,
dans le bus

de l'école.

Moi, je me dis
que c'est très

facile,
je vais prendre

le bus avec elle.

Et tout ça,
par image,

pour faire
des photos cachées,

on avait un Figaro,
on faisait un trou

et on mettait
l'appareil comme ça

et on faisait
des photos.

Moi, je fais
la photo de la mère

et des deux enfants.

Ça fait la une
de Paris Match.

Là-dessus,
je vais voir mes

parents à Perpignan
et je montre à ma

mère, je dis: Non,
Robert,

c'est ma première
couverture

dans Paris Match.

Je la vois devenir
blanche,

elle me dit: Mais
est-ce que tu t'es

rendu compte que ces
deux enfants ne

savaient pas
que leur mère avait

tué leur père et
sortait de prison ?

Et tu es
fier de ça ?

Tu penses que c'est
ça le bon

journalisme ?

Et ça m'a fait
renoncer

au journalisme
d'investigation.

Donc, la réflexion
de la maman,

la prise de recul de
maman.

Absolument.

Là-dessus,
je suis parti faire

mon service
militaire.

Là,
on était reporteur

de guerre avec
une chance de

nouveau folle.

C'est là où la vie
me mène par le

bout du nez.

Dans ma chambre,
il y avait

Francis Lever,
le cinéaste.

Il y avait
Philippe Labrault,

l'écrivain
et le cinéaste.

Il y avait juste
Jacques Immanuelle.

Il y Raymond
de Pardot.

Et on était tous là
parce qu'on venait

tous de journaux.

Labrault venait
de François, etc.

Moi, je venais
de Match.

Parce que l'armée
voulait faire

un pari match
militaire pour les

gens qui étaient
sur le...

Pour les conscrire.

Il y a les 600 000,
c'était un vrai

Paris match.

Comme moi,
j'étais le plus âgé

et que je is
du match,

j'étais le numéroé
rédacteur en chef

provisoire.

Mais à l'armée,
le provisoire,

ça a duré,
parce qu'on a fait

28 mois de service
militaire.

Et Donc un an
en Algérie comme le

reporteur
de la guerre.

Moi, j'étais
rédacteur en chef.

C'est là que j'ai
appris à faire

des journaux.

À la sortie de ça,
avec Bodo,

mon couturne,
on s'est dit: On va

faire un journal.

J'ai fait
la première faute

marketing de ma vie,
j'en ferai

beaucoup d'autres.

J'ai fait un journal
qui était Go &

Millot d'un côté,
c'est-à-dire

Bourges,
et d'un autre côté

qui était le guide
des routards.

Rien à voir.

Donc, tout le monde
était déçu.

Le mec qui achetait
ça pour Go & Millot

ne supportait pas
la deuxième partie

et vice versa.

Nous, on avait gagné
beaucoup d'argent

avec le livre
qui avait tiré à 150

000 exemplaires.

Là, quand tu dis On
avait gagné

beaucoup d'argent.

Avec Jean-Claude
Baudot.

Oui, c'est ça.
On était deux.

On a tout claqué
dans le journal,

on a été ruiné.

C'est là que je suis
allé voir

Pierre Lazzarev,
qui a été la grande

rencontre de ma vie,
après celle

de Théron.

Théron m'a appris
le choc des images

et Pierre m'a appris
le poids des mots.

Il m'a dit: Écoute,
ton journal est

une connerie,
mais on va faire

un journal ensemble.

On a fait un journal
ensemble

qui s'appelait Vive
les vacances,

qui était
l'ancêtre de VSD.

Et j'ai eu la chance
d'avoir deux patrons

pour ce journal
parce qu'il était

fait à la fois
par l'équipe

et par François.

Donc, j'avais
à la fois

Pierre Lazaref d'un
côté et le grand

patron de l'équipe,
Jacques Godet,

de l'autre,
qui m'ont appris

le métier de
publicitaire.

Pour mes 30 ans,
Pierre Lazareff

m'invite à déjeuner.

Il avait sa place
au Fouquets.

Et je comprends
que c'est

un déjeuner
d'embauche,

de carrière.

Il me dit: Écoute,
moi, je suis

content, j'aime bien
travailler avec toi.

Qu'est-ce que tu
veux faire ?

Est-ce que tu veux
qu'on me crée

un autre journal
ensemble ?

Est-ce que tu veux
aller à elle parce

que ma femme est
folle,

il faut mettre
un peu d'ordre

là-haut ?

Est-ce que tu veux
devenir rédacteur

en chef de François
parce que je veux me

rajeunir avec
un autre ?

Je dis: Mais pas
du tout, Pierre.

Moi, je veux créer
un journal

qui demain
rachètera François.

Il m'a dit: Tu
es débile.

François va mourir.

À la fin de ce
déjeuner avec

Pierre,
on l'appelait Pierre

au lait bretel,
il me dit: Mais

après tout,
va dans un métier

neuf, va
dans la pub.

Qu'est-ce que c'est
pour la pub ?

Je lui ai dit: Moi,
je ne connaissais

rien à la pub.

Il me dit: Pierre,
je veux...

Va dans la pub.

Là-dessus,
j'avais trouvé mes

copains de Citroën
qui m'avait dit: On

vous aidera
à la sortie.

Je leur ai dit: Vous
voulez m'aider ?

Trouvez-moi
une place dans votre

agence de pub.

Je suis arrivé
chez Delpire,

qui était
le publicitaire

de Citroën.

Ensuite, tu as
fait axe publicité.

On a fait axe
publicité.

C'est là que j'ai
rencontré.

Mais tu te
fais virer.

J'ai rencontré
Bernard Roux, 68.

Lui est allé défiler
avec le général

de Gaulle.

Moi, j'ai flanqué
un pavé sur la tête

des flics.

Je n'en ai pas
balancé beaucoup,

mais j'étais
quand même.

Non, tu n'as
pas fait ça.

Si ?
Oui, c'était noir.

Tu avais fait partir
16, c'est comme

jeter le pavé.

Non, on faisait
les barricades.

Bon, ça va,
pas grand-chose.

Ce n'était
pas bellique.

Tu as brûlé deux,
trois voitures

sans plus.

Et on revient et on
dit aux deux frères

d'Evnard qui étaient
nos patrons

et les propriétaires
de la boite: Nous,

on avait multiplié
par 5 en un an

et demi le chiffre
d'affaire.

On dit: On a
multiplié par 5,

on peut encore
multiplier par 5,

mais on veut
20% chacun.

Je lui ai dit: C'est
une bonne idée.

On va réfléchir.

Venez dans une
demi-heure,

on en reparle.

On revient dans une
demi-heure,

chacun en avait
sur notre bureau

une enveloppe
avec le chèque.

Il t'a dit: C'est
une bonne idée

quand même.
Oui.

On se retrouve
en bas,

avenue
de la Grande Armée,

et on me dit:
Qu'est-ce

qu'on fait ?
On fait Rousseguela.

C'est ce qui me fait
peur en ce moment.

On fait Rousseguela.
Non.

Et ça s'est
fait comme ça.

Et la prime qu'on
avait eue,

je ne sais pas,
on avait eu 5 000 €

chacun de l'époque,
je ne sais pas bien,

on a mis tout ça
sur le pot

et je lui ai dit:
Avec ça, on peut

faire notre pub.

Donc avec tes
indemnités de

licenciement.

Exactement.

On a créé,
on a tout de suite

investi l'ensemble
de notre pécule

pour faire une page
dans Le Monde et une

page dans Le Figaro.

Attends,
si je comprends

bien,
à ce moment-là,

écoutez bien,
les amis.

Parce qu'on dit
toujours qu'un

parcours,
c'est de la chance,

c'est de la chance,
mais écoutez bien

les points
de bascule.

Là, il y a un autre
point de bascule ici

dans l'histoire
de Jacques.

C'est-à-dire qu'il
perd son job.

Il y a différentes
façons de perdre

son job.

Quand on perd son
emploi, on peut se

morfondre,
d'autres qui peuvent

être super heureux.

Et la troisième
solution, c'est

à la Séguéla.

C'est-à-dire
que lui,

il s'est dit: Je
vais utiliser mes

indemnités
pour créer ma boite,

mais pas seulement.

Tu as mis cela
dans des publicités,

dans deux pubs.
Bien sûr.

On a mis ça
dans une pub.

Une pub ?

Lui qui disait: De
deux choses l'une:

Où vous avez une
agence de publicité.

Donnez-nous 15
minutes,

on vous montrera
qu'on est

meilleurs qu'elle.

Où vous n'avez pas
d'agence

de publicité, bingo,
vous avez trouvé

la meilleure agence
de Paris,

c'est nous.

Et le slogan,
c'était:

Dans 10 ans,
il sera trop tard.

C'était dans Le
Figaro, Le Monde ?

Le Figaro
et Le Monde.

Dans 10 ans,
il sera trop tard.

On attend
fièvreusement rien.

On reçoit qu'un coup
de fil d'un certain

monsieur Whitner,
qui était le patron

de Mercurie
en France

et qui nous dit:
Venez me voir.

On va le voir,
il dit: Écoutez,

moi, j'ai bien
aimé votre annonce.

J'ai une agence
nulle qui a bouffé

80% de mon budget.

Ça ne marche pas.

Je ne vais pas faire
mon chiffre

de l'année.

Vous dites que vous
avez des idées.

Je vous donne.

Il me reste une page
dans Match et

deux pages
dans L'Express.

Faites-moi une
annonce qui sonne.

Moi, je me souviens
qu'un de mes

derniers reportages
de Match,

c'était un reportage
de Pompidou

qui était
à Saint-Tropez.

Il était
sur un petit bateau,

un petit bombard
avec un moteur

à l'extérieur.

Il avait une clope
de papier maïs et

d'aller vers son
grand bateau.

J'avais fait
la photo, il y a

un papier là-dessus.

Je me suis dit: Si
jamais c'était

un Mercury ?

Si jamais c'était
un mercurier ?

Je vais voir mes
copains de François,

je vais dire:
Retrouvez-moi

la photo, en douce.

Il me file la photo,
c'est mercurier.

Ils ont fait
une annonce:

Monsieur
le Président,

bravo parce que vous
soignez votre

sécurité.

Quand vous allez
en mer, vous y allez

avec un mercurier.

Chapeau !

Et
moi, j'envoie

l'annonce au dernier
moment à L'Express,

qu'il n'est pas bien
le temps de voir ce

qu'était l'annonce.

Et c'est ce
qui se passe.

À cette époque-là,
les journaux

faisaient
des osalys,

qui étaient
de la maquette, etc,

prêtes à l'emploi,
qui étaient envoyées

à l'Élysée
pour que le

président voit
le journal,

qui n'est rien
de compromettant

dans le journal.

Et pendant
le déjeuner,

la femme
du président

Pompidou pousse
une hurlante

en disant: Mais
qu'est-ce qui

vous a pris ?

Vous devenez
maintenant un héros

de la publicité.

Comment vous avez
pu autoriser ça ?

Et lui, il regarde
et dit: Mais

je n'ai jamais
autorisé ça,

je ne sais pas
d'où ça sort.

Il appelle sa banche
Révert,

qui était le patron
de L'Express,

il dit: Je
saisis l'express.

L'express ne
paraîtra pas.

Savance-rébert me
rappelle aussitôt,

me dit: Espèce
d'imbécile, vous

avez des idées ?

Trouvez-moi
une idée,

comment vous me
sortez de là ?

Je lui ai dit:
Laissez-moi

cinq minutes.

Je rappelle,
je dis: C'est très

simple,
arrachons la page.

Et par une sorte
de miracle,

la page d'ailleurs,
c'était une pub.

Donc, ça ne
détruisait pas le

contenu du journal.

L'éditariel
n'était pas touché.

Je vais revoir
Savance-Schreiber

qui me dit: C'est
très simple,

vous voulez
arracher des pages ?

C'est vous qui allez
les arracher.

Et qui m'amène
dans un gars où il y

avait 200 000
pages à arracher.

Donc, je vais venir
tous les copains,

je reste les gens
dans la rue,

je donne 100 balles
pour une honte et on

commence à arracher
les pages.

Mais évidemment,
je vais venir

des télés
pour qu'elles

voient le truc.

Donc, le lendemain,
ça a explosé.

Et donc c'est notre
première annonce

qui nous a
fait connaître.

Et d'ailleurs,
on a été convoqués

après
ça par Pompidou

pour nous tirer
les oreilles.

Et on lui a dit:
Mais vous savez

qu'il n'y a pas
d'illégalité.

Et
vous devriez faire

quelque chose parce
que votre image

de président n'est
pas protégée.

Toutes les autres
images sont

protégées,
sauf la vôtre.

Il a fait une loi
qui maintenant fait

que les présidents
se protéger.

Et qu'est-ce que tu
penses de cette

citation d'Andy
Warhol qui disait:

N'importe quelle
publicité est une

bonne publicité ?
Oui, parce que...

En clair,
il faut faire

le buzz, il faut
se faire remarquer.

Oui,
parce que de toute

façon, l'important,
c'est de de

la publicité.

L'important,
c'est de croire

en la publicité.

L'important,
c'est d'aimer

la publicité.

Moi, c'est
mon combat.

Je passe ma vie ici.

On est 1 500 ici,
puis on est 1 500

un peu plus loin.

On est 3 000
en France,

on est 22 000
dans le monde,

dans 100
pays du monde

avec 500 filiales.

Mais mon combat,
c'est de dire: Vous

voulez faire
de la grande pub ?

Aimez-la.

Plus vous l'aimerez,
plus elle

vous aimera.

Plus vous lui
donnerez, plus

elle vous rendra.

Plus vous
la glorifierez,

plus elle vous
glorifiera.

C'est vrai que c'est
ce que tu as fait.

C'est un métier
de passion.

Oui, c'est ça.

C'est ton métier
de passion.

Et en plus
de la passion

du better world
et du better life.

Et la publicité,
c'est d'avoir

des idées et d'aimer
des idées.

D'ailleurs,
c'est ce que tu as

fait dans deux ans
quart à l'époque.

Une publicité,
tu as mis toutes tes

indemnités de
licenciement,

c'est que tu y crois
forcément

à la publicité ?

J'y croyais avant
de la connaître

parce que je ne
savais pas ce

que c'était.

Moi, j'ai fait le
titre de François.

Et Toutes
les premières

publicités,
on appelait ça

la
publicité-spectacle,

c'était de faire
des titres

de François parce
que François,

à l'époque,
it évidemment

le soir,
mais il avait

une édition
qui était prête

à 10h00 du matin.

Lazzarev,
qui était malin

comme tout,
avait inventé

le test quotidien.

C'est-à-dire qu'il
avait une dizaine

de kiosques
dans Paris à qui il

envoyait 100
journaux

qui n'étaient pas
tout à fait finis,

mais qui allaient
être diffusés

à 14h00.

Il leur téléphonait
et il voulait savoir

combien ils
en avaient vendu

après une heure
de mise en vente.

Et comme il avait
tous les chiffres,

etc, il savait
si la une faisait

vendre ou pas,
car le journal se

vendait sur la Une.

On pouvait doubler
la mort

de de Gaulle,
deux millions

d'exemplaires
vendus.

Les autres jours,
quand on

tirait bien,
on avait une bonne

couverture,
on faisait

un million,
sinon on pouvait

tomber à 950 000.

Et la différence
de François se

faisait là-dessus.

Donc c'est lui
qui avait inventé

le test immédiat.

Et je me tiens qu'un
jour,

il nous réunit,
il dit que: Vous

avez des enfants,
j'ai des pires tests

de tous les ans.

Et le rédacteur
en chef qui était là

dit: Pierre,
on ne peut pas

titrer, il n'y
a pas d'actu.

Il dit: Mais quand
il n'y a pas d'actu,

on l'invite.

Allez,
on a 10 minutes Ça

allait aller très
vite parce

que le journal
devait repasser

sur les rotatives.

Et chacun va
de son titre, etc.

Mon ami était
stupide, je ne sais

pas ce que c'est.

Et lui, il l'avait
écrit sur une page.

Il nous montre
la page comme ça

sur 8 colonnes.

C'était le jour
le plus froid

de l'année.

Il a inventé
la météo du journaux

qui est aujourd'hui
le spectacle le plus

vu, le plus regardé,
le plus vu dans tous

les journaux
du monde.

D'un titre,
d'un mot, d'une

formule, d'une idée.

Entre
mettre en scène

Georges Pompidou
qui utilise

un bateau
à motoriser Mercury

à aujourd'hui,
est-ce que tu

pourrais nous donner
ton sentiment

sur l'efficacité
aujourd'hui de la

publicité ?

Par exemple,
dans les magazines,

les journaux,
est-ce qu'il y a

autant d'impact
aujourd'hui

qu'à l'époque ?

En 60 ans
de blanchiment sous

l'arnais
de la publicité,

tout a changé
10 fois.

Mais tout ce qui a
changé, ce sont

les médias.

Et la seule chose
qui n'a pas changé,

c'est l'idée.

Le film que j'ai pu
faire il y a 40 ans,

il y a 50 ans,
tu peux le mettre

aujourd'hui.

Le film où tu as
une visa qui

décolle d'un
portée-avion,

qui rivalise avec
un jet qui va

qui va plus vite
que le jet

qui s'effondre
et qui ressort sur

un sous-marin,
tu peux l'envoyer

aujourd'hui, ça
aura le même succès.

Donc, la publicité,
sa finalité,

c'est toujours
d'arriver à l'idée.

Ce qui bouge
énormément,

ce sont les médias.

Parce qu'à l'époque,
il n'y avait

que de la presse,
puis après,

il y a eu
l'affichage,

puis après,
il y a eu

les radios,
puis après,

il y a eu
la décision,

puis après,
il y a eu le net.

Et aujourd'hui,
il y a ce

que j'appelle
le MetaTatie,

MetaTata, il y
a le métavers.

C'est là où sont
les projets,

mais tout ça est
fonction de l'idée.

Sauf que les idées
sont comme les

formatozoïdes.

Il y en a
des millions,

mais il y en a qu'un
qui franchit

des petites
difficultés

de la vie qui crée
un petit bébé idée.

Mon métier à moi,
c'est de créer ce

petit bébé idée.

Dès que je crée
le petit bébé idée,

je vais voir l'homme
marketing

de l'agence.

Je lui dis: Regarde
le petit bébé idée,

là, comme il
est beau.

Je lui dis: Il est
beau, il n'est

pas stratégique.

Écoute,
rends-le stratégique

et on va aller
voir le client.

On va tous les deux
voir le client,

on dit:
Regardez notre petit

bébé comme il est
beau et il est

stratégique.

Le client me foutait
de ma gueule: Vous

vous effacez avec
ça, je ne peux pas

vendre un produit
avec cette horreur.

Allez, tirez-vous
et rapportez-moi

une vraie idée.

Il prononce le pire
mot du vocabulaire

publicitaire:
On va tester.

Un peu moins
de tests, un peu

plus de testicules.

Quelle est la grande
différence entre

les années 70...
Plus de testosérone.

Plus de testosérone,
oui.

Donc, quelle est la
grande différence ?

C'est
qu'aujourd'hui,

la publicité a peur.

Elle a peur
de son nombre.

Elle a peur des
millions investis.

Parce qu'à l'époque,
c'était peu

d'argent,
la publicité

aujourd'hui.

La grande marque,
les Unilever,

c'est en France,
200 millions

de publicités.

Qu'est-ce
que je dis ?

Deux milliards de
publicités par an.

C'est énorme.

Avant d'appuyer
sur le bouton,

tu ne sait pas ce
qui peut se passer.

Donc, Ce qu'il faut,
c'est que la

publicité retrouve
son courage,

le courage
des années 80,

quand tout était
possible et quand

tout marchait.

Parce que
ce sont finalement

les annonceurs
qui créent

les campagnes,
ce ne sont pas

les publicitaires.

C'est eux qui
donnent le brief.

Nous, on est
les traducteurs

du brief.

On met ça
en formule, on met

ça dans un slogan.

Mais c'est eux
qui le donnent,

mais surtout,
c'est eux qui,

quand tu veux aller
voir avec une idée

folle,
disent: Bonco,

vas-y, tu l'as fait.

Jacques,
ce que j'aimerais

savoir,
c'est aujourd'hui,

quand on met
une publicité

dans un magazine,
dans un journal,

est-ce qu'il y a
autant d'impact qu'à

l'époque
ou au contraire,

on va payer très
cher pour moins

d'impact parce qu'il
faut en faire

beaucoup plus
et mettre plus

d'argent
sur la table ?

Non, non, non, non.

Il faut mettre
le même argent

sur la table.

Sauf qu'il y a
de plus en plus

de marques,
elles sont de plus

en plus grosses.

Donc, il y a
de plus en plus.

Le budget mondial
de la publicité

augmente parce
que les marques

augmentent.

Et pourquoi elles
augmentent ?

Parce que la
publicité,

ça marche.

Sinon,
ils ne dépenseraient

pas les milliards
qu'ils dépensent

et c'est très
scrupuleux.

Il y a un test qui a
été fait il y a

maintenant
une dizaine

d'années,
à la fois

aux États-Unis,
à la fois

en Angleterre,
sur 350 marques

qui ont été testées
pour voir quelle

était l'efficacité
des marques primées

à Cannes,
par exemple.

Il y a tous les gens
de Cannes

qui sont là.

Ils ont choisi
les cinq plus grands

festivals du monde.

Ils ont suivi
pendant 10 ans

des résultats
des marques

qui faisaient
de la bonne

publicité qui était
awardée

ou qui faisaient
de la mauvaise

publicité.

À l'arrivée,
la différence est

qu'une publicité
de qualité,

une publicité
créative, est

4,5 fois plus
efficace

qu'une publicité
normale qui est 0,8%

moins efficace.

C'est sûr
que la créativité

prime,
mais dans les

difficultés
du monde,

la peur l'emporte
sur le comme je le

disais tout
à l'heure.

Donc, il faut oser
la grande idée.

Parfois,
comme toujours,

comme dans tous
les métiers,

il y a des erreurs
d'aiguillage,

il y a des erreurs
de stratégie,

il y a des erreurs
de créativité.

C'est pour ça
qu'aujourd'hui,

quand on fait
des grandes

campagnes,
on commence

à les tester
dans un pays et on

l'applique à tous
les autres

pays du monde.

Il y a un an,
j'ai reçu un coup

de fil de notre plus
gros client,

qui est Rekit,
qui était le patron

de toutes
les marques

de Rekit,
qui est aujourd'hui

le directeur général
et qui me dit: Je

suis à Londres,
je voudrais te voir.

Parce que j'arrive
dans une agence d'I

Istanbul,
il se passe quelque

chose
d'extraordinaire

là-bas.

Mais je dis:
Réserve un resto

pour ce soir,
je fonce.

Je fonce à la gare,
je le retrouve.

Il me dit: Écoute,
tu es créatif

là-bas.

Mets-toi sur
quelque chose.

Les ménagères
turques, avant

de mettre leur
vaisselle

dans la machine
à laver la vaisselle

la rince.

Donc, elle se
lave deux fois.

Chaque fois, c'est
25 litres d'eau.

Deux fois par jour,
c'est 50

litres d'eau.

Multipliées par 45
millions

de ménagères,
c'est un lac moyen

qui disparaît
de la carte

de la Turquie
chaque année.

Il faut faire
un truc avec ça.

Je ne rentre pas
à Paris,

je fonce à Istanbul.

Je vais directement
à Istanbul,

je dis: Écoutez,
il faut faire

un truc là.

Est-ce que vous
pouvez tester

l'efficacité
du double lavage ?

On s'intéresse
au laboratoire.

Il y a beaucoup
de laborataires

techniques qui
font ça, etc.

Ça va prendre trois
mois et après,

les preuves
sont formelles.

Il n'y a aucune
amélioration

de la propreté
du brillant, etc.

Surtout Donc,
entre temps,

il y a évidemment
un finish

dans la machine.

Et on lance
la campagne.

Tu
as le Geographical

magazine
que j'alerte,

qui vient faire un
reportage là-dessus.

Un petit reportage
de 28 minutes.

Kerdogan,
qui n'est pas le bon

président préféré,
mais qui, pour faire

une bonne idée,
passe dans

les écoles.

Et ce sont
les petits garçons

de 10 ans,
les petites filles

de 12 ans qui ont
imposé la campagne

à leur mère
en disant: Maman,

si tu le restes,
ta WC à la vente

de la baisse
d'engagement

à l'investisseur.

Nous, on n'aura plus
d'eau, maintenant.

La campagne
aujourd'hui fait

le tour du monde.

Elle a gagné tous
les prix à Cannes

ces trois
dernières années.

Donc, la publicité,
c'est comme ça,

c'est une idée,
mais tout de suite,

il faut l'exploiter,
tout de suite,

il faut y aller.

J'ai le sentiment,
Jacques,

qu'on On avait
peut-être plus,

je parle
des entrepreneurs,

parce que beaucoup
d'entrepreneurs

t'écoutent en ce
moment,

on avait peut-être
un petit peu plus

de chance de mettre
un pied

dans le monde
de la publicité

à l'époque.

Aujourd'hui,
on voit à quel point

c'est des tickets
d'entrée très élevés

pour faire
de la pub.

Aujourd'hui,
tu as une bonne

idée,
tu la lances

dans les réseaux
sociaux,

tu peux faire
des millions

de ventes ou des
millions de vues.

Au contraire,
je pense que ça n'a

jamais été aussi
facile

de gagner
à condition d'avoir

la grande idée.

L'idée qui,
justement, c'est

boule de neige.

Parce qu'une idée
aujourd'hui,

ce n'est pas
simplement une idée,

c'est une idée
qui doit faire

boule de neige.

Et grâce
à la multiplicité

des vues des réseaux
sociaux, qui devient

un événement et qui
crée son autopub.

On va tomber
maintenant dans une

autre partie de ta
vie qui est

intéressante aussi,
c'est celle

de l'entrée
dans la politique.

Et en 81,
tu inventes

La Force Tranquille
et tu accompagnes

François Mitterrand.

Est-ce qu'un
publicitaire

peut être un
faiseur de rois ?

Je ne crois pas.

Moi, j'ai passé ma
vie et surtout

dans les années 80,
j'étais un peu

harcelé
par les journalistes

à l'heure
d'aujourd'hui.

Écoutez, vous
vous trompez.

Ce n'est pas moi
qui ai fait élire

François Mitterrand.

C'est
François Mitterrand

qui m'a fait élire
Petit Roi de

la publicité.

S'il n'avait pas été
la Force Tranquille,

ça n'aurait
pas marché.

S'il n'avait pas
acheté

la Force Tranquille,
ça n'aurait

pas marché.

Moi, je me souviens
très bien que quand

je lui ai amené
le slogan,

je n'avais pas
encore eu l'idée

du petit village
de Sermage qui a été

le déclenchère
de tout ça.

Je lui ai dit:
Monsieur

le Président, j'ai
trouvé votre slogan.

Je lui ai écrit:
La Force Tranquille

sur un papier
comme ça.

La veille, au soir,
j'avais réuni

les créatifs parce
que je savais

que j'avais
rendez-vous avec

le président
allemand, je n'avais

rien de bon à lui
montrer, etc.

Je lui ai dit: Il
faut trouver

un truc différent.

Il me dit: Comment
il est ton mec ?

Je lui ai dit: Ce
mec, d'abord,

il ne veut
pas la révolution,

il veut une
évolution.

Tout le monde dit
qu'il y a des chars

russes, ce n'est
pas du tout ça.

C'est un mec
très intelligent,

très sûr de lui,
très fort,

mais un socialiste
avec un cœur

gros comme ça.

Pour lui,
c'est le défenseur

du peuple avant
tout, ne fera

pas de connerie.

Mais par ailleurs,
à l'intérieur,

une espèce de pêche
incroyable.

Il y a un mec
qui dit: Mais c'est

une force
tranquille.

Et puis,
ça passe comme ça.

Et à la fin,
je dis: Écoutez,

ça va dans tout ce
qu'on a dit,

il n'y a qu'un truc
qui compte, c'est

la force tranquille.

Il dit: Oui,
mais tu ne peux

pas faire ça.

Ce n'est pas
politique.

Personne n'a
aucun positionnel.

Moi, je peux
lui vendre.

J'étais sûr que je
peux lui vendre.

J'y crois,
c'est ça, etc.

J'arrive et je lui
mets la force

tranquille.

Et je vois
Mitterrand

qui regarde
comme ça,

il dit: L'énergie.

Il dit: C'est de là,
vous m'avez trouvé.

Là-dessus, on
met les affiches

rotatives, etc.
Trois mois après.

On est à 15 jours
de l'affichage

et je suis avec
Mitterrand.

Tous les lundis
matins, j'étais avec

lui de midi à 1 h.

Il dit: C'est
que là, j'ai oublié

de ne pas montrer
l'affiche

aux socialistes,
c'est eux

qui payent.

Donc, il faut
absolument...

Il me dit: Le
président,

il est affiché
dans une semaine.

Je vous fais
une réunion demain

au siège du Parti
socialiste.

J'arrive au Parti
socialiste,

il y avait 20
personnes autour

de la table
qui sont 20

personnes qui vont
se retrouver

ministres trois ou
quatre mois après.

Il y avait Attali,
il y avait Jox,

il y a les idées,
tout cela.

Mitterrand arrive
et me dit: C'est

qui là,
va vous expliquer

la campagne.

Moi,
j'ai une interview,

donc je vais faire
l'interview et je

reviens après.

J'ai explique mon
truc, je montre

la force tranquille,
silence de mort.

Je me dis: Il se
passe quelque chose

et le directeur
de campagne

qui était
Paul Quilès,

dit: On va voter
20 voix contre.

Je me dis: Ils
s'en foutent.

Là, il y a quelque
chose qui ne

marche pas.

Les affiches sont
imprimées,

on n'a pas l'argent
pour les refaire.

Il n'y en a même
plus le temps

de refaire un truc.

Ils sont malades
et on est à trois

mois de l'élection.

Arrivent huit ans.

Alors, ces gars-là,
comment ça

s'est passé ?

Monsieur
le président,

on a voté.
Ah bon ?

Et quel est le
résultat du vote ?

Monsieur
le président, il y

a 20 voix contre.

Il dit: Nous sommes
en démocratie.

Mon vote
compte aussi.

Il s'assoit à sa
chaise qui était

restée vide.

Il dit: Tous les
autres étaient là.

Il a dit: Écoutez,
moi, je vote

et je vote pour.

Et on va la faire
parce que c'est ma

campagne et pas
la vôtre.

Il se lève
et il s'en va.

J'ai mis cinq ans
à rattraper les 20

journalistes
autour de la table.

Et là,
tu as ressenti

une vraie fierté ?

Non, comme toujours,
je me rendais pas

compte
de l'efficacité

du truc.
Encore, oui.

Je ne m'en rendais
pas compte.

Pour moi, c'était ce
que je pouvais

faire de mieux.
C'était le mieux.

Est-ce que tu
pourrais te définir

comme quelqu'un
d'ambitieux,

Jacques ?

Non.

Moi, j'ai l'ambition
de la vie.

Donc, ambition
sur la vie ?

Moi, j'ai l'ambition
de la vie.

J'ai l'ambition
de vivre

le plus longtemps
possible,

le plus vivant
possible, le plus

utile possible.

Et l'argent
là-dedans ?

Est-ce que
l'argent...

Tu as une opinion
là-dessus ?

Non, mon slogan
de départ,

c'est: L'argent
n'a pas d'idée.

Seules les idées
font de l'argent.

Il ne m'intéressent
d'ailleurs

que l'idée.

Un jour,
j'ai fait

la connerie,
tout au moins,

c'est encore le sale
gosse qui est sorti.

J'étais
sur une télévision

un matin
et j'étais en train

de défendre
Nicolas Sarkozy.

Il était à 15 jours
de sa campagne,

de son élection.

Je ne sais pas
comment le sujet,

c'était qu'il avait
une Rolex

et des Rayban.

Moi, je dis
aux journalistes:

Vous la ramenez
tous, mais vous avez

tous une Rolex
et des Rayban.

Il y en a
un qui dit: Oui,

mais ça coûte cher.

Et moi,
je dis: Mais Un

homme, je parlais
de Sarkozy,

d'un président,
un homme qui,

il y a 50 ans,
n'a pas eu une Rolex

et qui l'a
raté sa vie.

Oh là là !

Le torrent
d'insultes.

Énorme.

Dans les réseaux
sociaux.

En plus,
certaines personnes

pensaient
que c'était Sarkozy

qui avait dit ça.
Non, c'est moi.

Oui.

Tu as foutu
la merde.

Le soir,
j'appelle le canapu.

Je leur dis:
Écoutez, donnez-moi

un créneau tout
de suite,

il faut que j'aille
m'excuser.

Et j'arrive devant
le créneau,

le mec raconte
l'histoire et...

Je dis: Écoutez,
c'est la plus grande

connerie de ma vie.

Ce n'est pas du tout
ce que je pense,

ce n'est pas ce
que je crois, je

crois le contraire.

Mais il y a des
dérapages comme ça.

Et moi,
comme je suis

un formulateur, je
parle en punchline.

Je parle en slogan,
je n'y peux rien.

C'est ma façon
d'être, je ne

les écris pas.

Ils sortent comme ça
et parfois,

ils me renvoient
une belle-Tu

imagines la portée
que tu avais

à l'époque ?

Je te rappelle
une chose,

c'est que mon il a
16 ans

et il a connaît
cette expression.

Tu imagines
la portée

que tu avais ?

C'est la puissance
du slogan, ce n'est

pas ma portée à moi.

Parce que si je
sors un slogan...

À la fois,
je me mors

les doigts d'avoir
fait ça et je sais

pas ce que je pense.

À la fois,
ça prouve

l'incroyable
force du slogan.

Un slogan nul,
la faute à la

poubelle, bien sûr.

Mais quelle
puissance pour que

le monde entier,
simplement sur des

mots, retienne ça.

Aussi parce que les
médias te suivaient.

Oui, et puis moi,
ce que je voulais

dire, c'est que
tout le monde doit

avoir un rêve.

Tout le monde doit
avoir quelque

chose de plus.

La connerie,
c'est d'avoir choisi

la Rolex.

Si j'avais
monté à l'Himalaya,

tout le monde aurait
pu se retrouver très

bien et Ça coûte le
prix de 100 Rolex.

Tout le monde doit
avoir un rêve.

Qu'est-ce que tu
veux dire ?

Tout le monde doit
avoir un rêve

permanent.

Une vie sans rêve
est une vie

sans dans un élan.

C'est le rêve
qui meut les gens,

ce n'est pas
la réalité.

Mais les rêves
doivent se réaliser

dans la publicité.

Ce que m'a appris
la publicité, c'est

qu'on n'y raconte
pas n'importe quoi.

On y raconte l'idée
qui va faire vendre.

Il n'y en a qu'une
qui va faire vendre.

Sur 100 idées,
il n'y en a qu'une.

Moi, le seul petit
talent que j'ai,

c'est de savoir
qui c'est elle

qui va marcher.

Me trompe,
mais je me trompe

moins souvent
que les autres.

Et je ne le fais
pas exprès.

On me montre cinq
slogans, je dis: Il

me semble que c'est
celui-là le

meilleur, etc.

Ou alors,
je le modifie

un peu, je dis: Ça
va mieux marcher

comme ça.

Moi,
mon seul petit

pouvoir,
c'est le pouvoir

des mots,
de faire

que les mots,
tout d'un coup...

Tu sais très bien
que ce n'est pas

un petit pouvoir.

Oui, si on a
la chance d'avoir

un client qui te
paye pour que tes

mots arrivent
jusqu'au

téléspectateur.

Dis-moi Jacques,
c'est quoi le rêve

de Jacques
aujourd'hui

à 88 ans ?

Moi, je te l'ai dit,
je veux vivre

100 ans.

Oui, mais c'est
quoi ton rêve

aujourd'hui ?

Qu'est-ce qui t'a-
Mon rêve, c'est de

vivre encore 10 ans.

Mais mon rêve,
c'est de commencer

à continuer
à écrire des livres.

Mon rêve,
c'est de voir mon

fils dépasser
le père puisqu'il

est en train
de tourner

pour Netflix Monde,
le biopic de

Bernard Tappi.

Moi,
je ne suis jamais

que l'homme des 30
secondes,

voire trois minutes
maintenant,

jamais plus.

Lui, il fait
une série de 14

épisodes
de 45 minutes

pour la le tapis
qu'il a vu naître.

Là, je vois les yeux
du papa qui sont

pleins de brillants.

Bien sûr,
quelle chance !

Parce que
c'est un poids

pour tes enfants,
le nom à porter.

Il faut
quand même...

Fils deux, c'est
lourd à porter.

Ce qui
est formidable,

c'est que
maintenant,

ce n'est plus
le fils deux,

c'est moi qui suis
le père d'eux.

Et rien ne peut me
faire de plus

plaisir que ça.

Est-ce qu'on peut se
contenter d'une

petite vie ?

Toi qui la connais
bien, cette vie.

Mais c'est quoi
une petite vie ?

C'est une vie où tu
ne viens pas

aller debout ?
Certainement.

La monstruosité
du monde,

c'est la pauvreté.

Et la monstruosité
du monde,

c'est qu'on est
capable de faire

une guerre à la con
avec des milliards

de milliards
de dollars

qui permettraient
que les gens

qui n'ont pas
du tout à finir

la fin du mois,
finissent leur

fin de mois.

Il y a quelque chose
qui ne marche pas

dans ce monde-là.

Le monde est d'une
richesse absolue

et il crée
de la misère.

La France passe
pour le pays le plus

heureux du monde.

Il y a 10 millions
de pauvres,

10 millions de gens
qui ne finissent

pas,
qui ont du mal

à finir leur
fin de mois.

Et on est fiers
de nous et on réélit

le président les uns
après les autres.

Il y a des choses
qui ne marchent pas.

C'est le gros poids.

C'est pour ça que
moi, ma seule

fierté,
c'est que j'ai

commencé à deux
avec Bernard Roux.

Aujourd'hui,
on est 22 000.

Ce n'est pas moi,
puisque j'ai fait

deux faillites,
j'ai dû revendre

deux C'est
finalement

Vincent Bolloré
qui m'a sauvé,

c'est
Yannick Bolloré

qui a fait
de l'agence la

perfection qu'il a
réussi à faire, etc.

Je l'ai aidé
comme j'ai pu,

mais c'est lui
qui est l'inventeur

de ça et le
créateur de ça.

Donc, c'est de me
dire au moins,

il y a 22 000
personnes que Grâce

à moi,
à un moment donné,

qui a voulu forcer
les choses et qui,

pendant toute ma
vie,

10 heures par jour,
me suis battu

pour ça et 35 livres
me sont battus

pour ça,
au moins,

Je lui ai servi
à quelque chose.

Jacques,
est-ce que tout

le monde peut vivre
une grande vie

à sa façon ?

Oui, je pense
que les grandes

vies, ce n'est pas
la célébrité, déjà.

Célébrité,
oui, comme tu te

venais à l'idée,
tu es une célébrité

qui reste.

Mais tu vois,
je pense que Delon,

hélas,
qui est très

fatigué, va suivre
Johnny Hallyday.

Il n'y aura pas
l'engouement

de Johnny Hallyday.

Et Johnny Hallyday
sera encore star

dans 10 10 ans,
parce que sa

musique va rester
encore pendant 10

ans,
alors que Delon sera

oublié dans deux
ou trois ans.

Pourquoi ?

Parce que les films
s'effacent plus

que la musique ?

Les films s'effacent
plus et parce

que la musique,
elle est en toi et

elle est permanente.

Tu vis avec
la musique,

tu l'endors avec
la musique,

je travaille
avec la musique.

Et les livres ?

Oui.

Les livres
restent aussi ?

Les livres,
mais dans

moins de mains, de
bras que la chanson.

Intéressant.

Donc,
ce n'est pas du tout

une finalité.

La finalité, c'est
d'avoir à ta petite

dimension,
fais évoluer un peu

ton métier,
fais évoluer un peu

ta famille,
fais évoluer un peu

tes amis,
fais un peu évoluer

tes collaborateurs.

C'est d'avoir été
une courroie

de transmission
qui essaye de faire

marcher la voiture
un petit peu plus

vite que les autres.

Je dis souvent,
c'est ceux qui nous

écoutent,
que c'est bien

de développer
une carrière,

mais quand on veut
être un homme

ou une femme
beaucoup plus

heureux ou heureuse,
il faut se battre

aussi pour une cause
qui nous dépasse

nous-mêmes et pas
juste notre

feuille de paix.

Il est moins jolie
cette cause,

c'est l'amour.

Moi, je ne vis
que parce que j'ai

trouvé la femme
de ma vie,

j'ai fait toutes
les conneries

pendant 40 ans,
y compris de me

marier deux fois.

La deuxième fois,
je me suis marié,

en allant
au mariage,

je me suis dit: Mais
ce n'est pas

la femme de ta vie.

Elle a deux enfants
qui ne sont

pas à toi.

Tu ne tiendras
jamais le vrai père.

Tu n'es plus
tellement

amoureux d'elle.

Comment tu as pu te
lancer dans ce

mariage ?

Mais c'est quelque
chose qui ne marche

pas chez toi.

Tu es vraiment
un débile mental.

J'ai dit: Je
vais dire non.

Je vais dire non.

Le maire se pose
une question,

tu as le droit
de dire non.

J'arrive à la
mairie du 16ème.

Le maire,
ma femme, moi,

les parents de ma
femme, mes parents,

les clients,
les amis,

les journalistes.

Et quand le maire
pose la question,

je dis non,
il est sorti oui.

Je te jure,
il est sorti oui.

Ce n'est pas
possible,

tu es en train
de rater

complètement ta vie.

J'avais invité mes
copains,

j'avais
un appartement

qui était à deux pas
de là où on a fêté.

Moi, je n'ai pas dit
un mot, j'étais

crucifié.

Donc, ça s'est
terminé à 2h00

du matin.

Ils ont dit: Il est
malade ou quoi ?

Et je suis allé voir
ma femme,

je n'ai pas pu
le dire de toute

manière, mais je
te le disais: Non.

J'ai pris deux
gifles, les deux

gifles de ma vie.

J'ai pris
l'ascenseur,

j'ai trouvé un hôtel
et j'ai retrouvé ma

femme trois mois
après devant

un juge.

Donc,
je ne savais pas ce

qui était Clamont.

Et est arrivée,
je vais te l'ai

raconté, est
arrivée Sophie.

Parce que la plus
grande force,

c'est le couple.

L'homme est
un animal qui a été

inventé pour vivre
en couple.

Rien n'est pire
que la maladie

de la solitude.

Or, il n'y a
que le couple qui

coupe la solitude.

Même en politique,
Macron,

qui est vraiment
un génie,

qui a réussi quand
même

à se faire réélire
contre tout

le monde, etc.
Il a un seul poids.

Il a le poids
de la solitude.

Il veut trop
être seul.

J'espère qu'il
va changer.

J'espère qu'il
aura compris.

Je
crois que

d'ailleurs,
on voit déjà,

il a un vrai rapport
avec sa première

ministre qu'il
n'avait pas.

Avec sa première
ministre,

il a déjeuné cinq
fois avec lui En

deux ans et demi,
comment ça

peut marcher ?

Donc, je pense qu'il
va évoluer et que ça

peut sauver
la France.

Donc,
une vie réussie,

c'est une vie
d'amour.

L'amour que tu vas
créer avec ta femme,

l'amour que tu vas
créer avec tes

enfants,
l'amour que tu vas

créer avec tes
collaborateurs.

Moi, je leur ai
écrit des lettres

d'amour encore la
semaine dernière,

vendredi dernier,
je ne sais plus où,

on avait une grande
réunion pour montrer

les 40 millions
de Cannes que

l'on a gagné.

Donc,
on les présentait à

toute l'agence, etc.

Et moi, je leur ai
écrit une lettre

d'amour
avant de présenter

les films.

Et je fais ça chaque
année pour justement

que la publicité
soit amour.

Mais pour revenir
au couple, Jacques,

c'est quoi les
facteurs clés

de succès
à la façon Jacques,

pour réussir
dans son couple ?

Qu'est-ce qu'il faut
faire et ne

pas faire ?

Une D'abord,
il y a le respect.

Ensuite,
il y a l'attention,

des petites
attentions.

Moi, quand je suis
dans une prière avec

ma femme,
je lui offre

une Marguerite.

Elle en a reçu
mille dans sa vie.

Mais chaque fois,
je vois un petit

sourire.

Une seconde
de gagnée, là,

une petite
Marguerite de

rien du tout.

Ensuite,
faire des enfants,

il faut avoir
la chance de pouvoir

les faire.

Mais ça,
c'est ce qui

solidifie le groupe.

Mais moi,
comme je te

le disais,
je ne me suis jamais

disputé en 45 ans
de mariage,

jamais disputé,
jamais tourné le dos

dans un lit, jamais
une différence.

On est toujours
d'accord sur tout.

Je ne sais pas qui
m'a fait ce cadeau

merveilleux.

Je suis la moitié
de l'autre.

Qui devra partir
en premier,

selon toi,
pour que l'autre

souffre un
peu moins ?

C'est quand
même mon tour.

Ma femme a 65 ans
et moi, j'en

ai presque 90.

Donc, je ne lui
souhaite pas quand

même de mourir
avant moi.

Mais Je pense qu'il
ne faut pas prendre

la mort
pour une fin.

Moi,
les jésuites m'ont

trop marqué
pour que je sois

croyant,
mais je crois en une

dernière aventure.

Je ne sais pas ce
que, mais elle sera.

Il ne faut pas
mourir en se

disant plus rien.
Non.

Pourquoi il n'y
aurait pas

quelque chose ?

Pourquoi,
comme les Indiens,

on ne croirait pas
à l'incarnation ?

Pourquoi on n'irait
pas dans un autre

monde peuplé
Mars ou je ne sais

pas quelle autre
planète pas encore

découverte ?
Pourquoi ?

J'en ai souvent
parlé avec

François Mitterrand.

Pourquoi les forces
de l'esprit,

comme il disait,
n'existeraient

Pourquoi toute
cette matière grise

qui l'a réunie
dans cette pièce

serait à jeter
aux orties ?

Pourquoi elle ne
la renaîtraient

pas ailleurs ?

Donc, il faut mourir
en disant: Et

maintenant ?
Quoi ?

Et maintenant ?
Et maintenant ?

Donc, tu as
une ouverture

spirituelle ?
Oui.

Oui.

Mais je ne
veux pas me faire

prédicateur pour ça.

Est-ce qu'il
y a une peur ?

Non.

De la mort ?
Non.

Quand elle viendra,
elle viendra.

Je ne pense pas.

C'est toi qui me
rebarques Je ne

pense pas du tout.

Est-ce que tu as
le sentiment d'avoir

eu une vie de rêve
ou tu aurais aimé

avoir une
autre vie ?

Non.

Moi, j'ai eu la vie
de pub de ma vie.

D'ailleurs,
mon nom n'est pas

Séguéla, mon nom,
c'est le fils

de pub.

C'est quoi la
réussite pour

Jacques Séguéla ?

La réussite,
c'est d'avoir trouvé

le grand amour.

Et comme je te l'ai
raconté,

de l'avoir retrouvé
avec ma femme

et de l'avoir
retrouvé avec ma

maîtresse
qui est la pub.

Donc, je suis comblé
24 heures sur 24.

Jacques,
on vient de faire

le face à face.

Maintenant,
on va faire le dos

à dos coaching.

Est-ce que tu
es prêt ?

Jacques,
sur une échelle de 0

à 10, 10 étant
le maximum,

quel est ton niveau
de bonheur au moment

où je te parle ?
Dix.

Qu'est-ce qui te
permet d'être à 10,

à 88 ans,
avec toutes ces

belles années ?

C'est quoi
le secret ?

C'est comme c'est
moi qui fiche

l'échelle,
je me mets en haut

de l'échelle.

On n'est jamais
si bien servi

que par soi-même.

Si tu m'avais
demandé, toi,

où je te mettais, je
te mettais à zéro.

Rien que pour te
flanquer le moral

par terre.

Non, je pense que ne
disent n'existe pas.

Je pense que dans
cette interview, on

s'est mis en phase.

Je pense que tu m'as
fait dire des choses

que je n'avais
jamais dites,

qui me surprennent
d'ailleurs un

peu moi-même.

Et tu sais,
il n'y a pas de bons

interviewés,
il n'y a que de bons

intervieweurs.

Donc, je me donne
ce que je te donne.

Allez, on a fait
du 8 sur 20.

Quel serait ton plus
grand regret,

Jacques ?

Mon plus grand
regret,

il n'y en a pas.

La vieillesse
commence

lorsque les regrets
l'emportent

sur les rêves.

Je ne cultive
que mes rêves.

Ta plus grande
peur aujourd'hui ?

Ma plus grande peur
aujourd'hui,

c'est qu'il n'y
ait pas demain.

Ce que tu
détestes le plus ?

Ce que je déteste
le plus, c'est

le mensonge.

Le mensonge,
c'est le non-amour.

Le mensonge,
c'est la triche.

Le mensonge, c'est
le contraire de la

pureté de la vérité.

Le mensonge,
c'est le vice.

Ton pire ennemi.

Je n'ai pas
le pire ennemi.

Je déteste avoir
des ennemis.

Je pense que c'est
du temps perdu.

Je pense que c'est
de l'énergie perdue.

Et moi,
j'ai une qualité que

je me donne,
mais que tout

le monde prend
pour un défaut,

c'est la tendresse.

Je pense que la vie
doit le plus

possible être
nimbée de tendresse.

Chaque fois qu'on
peut produire

de la tendresse,
il faut en produire.

J'aimerais savoir
si tu accepterais

de fermer les yeux
maintenant.

Oui.

Faisons un retour
en arrière.

Tu as 10 ans.

Qu'est-ce que tu
aurais aimé entendre

à l'âge de 10 ans ?

Est-ce que tu
accepterais

de parler
à l'enfant, Jacques,

à l'époque 10 ans ?

Les yeux fermés ou
les yeux ouverts ?

Oui, comme tu veux.

D'abord,
je dirais ouvre

les yeux,
regarde la vie

en face,
ne te laisse jamais

distancer,
aime les autres

et ils t'aimeront.

Je dirais surtout:
Laisse la vie te

mener par le
bout du nez.

N'ai pas de plan
de carrière,

n'essaye pas
de devenir président

de la République si
tu dois être pilote

d'hélicoptère
ou si tu dois être

cultivateur.

La vie va
choisir pour toi.

Sois prêt à toutes
les ouvertures,

sois prêt à sauter
les barrières,

sois prêt à sauter
à cheval

si un cheval est là,
sois prêt à sauter

sur des ski
nautiques

s'ils sont là.

Saute sur
les choses.

Comme ça,
elles ne te

sauteront pas
par derrière.

C'est une question
qui est un peu rude,

si tu as accepté
de fermer les yeux,

imagine que tu es
à tes obsèques

en ce moment.
C'est l'horreur.

C'est tes obsèques.

C'est le grand
départ,

c'est la grande
cérémonie de départ.

À quoi pourrait
ressembler,

dans un monde idéal,
même si c'est un peu

compliqué de parler
d'idéal,

la grande cérémonie
de départ

de Jacques ?

Ma cérémonie,
elle est toute

simple et tout
le monde la connaît

et j'espère qu'on ne
me fera pas défaut.

Je veux m'en aller
sur My Way, chanté

par Frank Sinatra.

Chacun dira ce qu'il
veut et tu n'es plus

là pour l'entendre.

Donc,
il ne faut pas se

poser de fausses
questions.

Il ne faut se poser
que des vraies

questions.

Est-ce que face à
la mort, tu es prêt.

Oui, je suis prêt.

Mais le plus
tard possible.

Si on devait finir
ces phrases, enfin:

La vie, c'est...

La vie,
c'est la pub.

Les gens sont...
Des publicitaires.

Je suis...
Un publicitaire.

Jacques, on t'aime.
Merci.

Voilà,
j'espère que cette

vidéo vous a apporté
beaucoup de

valeur ajoutée.

Si maintenant vous
souhaitez développer

votre entreprise,
vous devez

comprendre votre
capacité à penser,

à planifier
et à agir de manière

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Est-ce que vous
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