Les Rencontres inspirantes de Franck Nicolas.
Nous avons tous en nous des dons et des talents uniques.
Les grandes réussites de tous les domaines qui nous entourent ont su mieux que quiconque les découvrir et les exploiter pour vivre leur vie à 110%. Et si vous pouviez en être inspiré et reproduire ce même chemin ? Franck entre dans la "tête" de ces leaders incroyables pour vous livrer leur recette du succès.
Nous vous dévoilons des talents "UNIK" pour réussir à votre tour.
Aux portes
de la mort, tout
le monde veut vivre.
Profondément,
les gens savent pas
ce que c'est d'être
confrontés
à une situation où
on n'a pas le choix.
Mais je bâtis mes
premières
expéditions.
Une, deux, trois.
Puis je commence
à aller
dans le chaud,
dans le froid,
dans le tropical.
Puis je me rends
compte que je suis
assez doué pour ça.
Laurilag.
Laurilag.
Votre spécialité,
ce sont
les expéditions
extrêmes
en solitaire.
Les températures
extrêmes,
évidemment.
En fait, le danger
est partout.
C'est juste qu'il
n'est pas palpable.
Une erreur et
c'est la fin.
Pendant mes jeunes
années, moi, j'étais
enfant battu.
Je jette pas
la pierre
à mes parents.
Je pense que j'étais
un garçon vraiment
pas simple.
Je me bagarre avec,
à l'époque,
on appelait ça
des punks à chien.
Et on se retrouve
à se bastonner,
à vendre
de la drogue,
à faire
n'importe quoi.
Et je finis à 20 ans
par me rendre après
presque un an
de cavale et je
suis incarcéré.
J'ai passé mes 20
ans en détention.
C'est une scène qui
est très dure
et c'est une scène
qui marque
un tournant
dans ma vie.
Être privé
de la liberté,
c'est quelque chose.
Mais à ce moment-là,
tu meurs.
Je fais un arrêt
cardiaque,
mon premier arrêt
cardiaque à 21 ans.
Je décide plutôt
que je vais
en faire mon métier.
Je me dis: Je
suis doué pour ça.
Pas pour les arrêts
cardiaques,
mais pour survivre.
Et je me spécialise
et je me dis:
Je vais devenir
le numéro un
dans ce domaine.
Incroyable.
Moi, j'ai besoin
de me mettre
en difficulté
pour donner
de la valeur
et de l'importance
aux choses de
mon quotidien.
Je pense que ça,
c'est très
important.
En fait, je me rends
compte qu'il y
a tout à faire.
Et même si on a
beaucoup avancé, on
est encore au début.
Vous soyez
des raisonnable.
Ayez l'audace
de choisir vos
valeurs pour faire
de vous un grand
leader pour un
monde meilleur.
Bonjour,
c'est Lourilag avec
Franck Nicolas.
Salut Lourilag,
comment vas-tu ?
Je me vais
très bien.
Quand on serre
les mains
de Lourilag,
on a l'impression
que c'est deux mains
qui vous enveloppent
votre main.
Ça sent l'aventure
et le terrain.
Il me semble qu'on
va parler un petit
peu de ça.
À priori, oui.
On va parler
un peu d'aventure.
Tu aimes qu'on te
qualifie comment ?
D'aventurier,
de sportif de haut
niveau,
Chacun y trouve son
compte dans ce
qu'il a envie.
Ça va être
aventurier.
Moi, je dis souvent
que j'ai deux
métiers: aventurier
père au foyer,
puisque je m'occupe
de mes deux filles
le reste du temps
où je ne suis pas
aux quatre
coins du monde.
Donc oui,
on va dire ça.
Papa Explorateur.
Explorateur aussi.
Il y a pas mal.
Explorateur aussi.
Pas mal de noms qui
m'ont été donnés.
Tout ce qui touche
un peu à l'extrême,
mais c'est au choix.
Depuis combien
d'années tu es
explorateur ?
Professionnellement,
ça fait 10 ans
que je fais ça et
que je gagne ma vie.
Mais j'ai J'ai
toujours eu,
je pense,
une âme
d'explorateur
en moi dès ma...
Ça fait à peu près
15 ans que tu
es quand même...
Ouais.
Ça fait 15 ans
que je baroude
autour du monde
et ça fait 10 ans
que je me suis
professionnalisé
et j'ai toujours
bien crapahuté
à droite à gauche.
Tu t'es,
on peut le dire,
quand même
spécialisé dans les
expéditions
extrêmes,
fortes, intenses.
Et en plus, ça,
ce n'est pas un
détail en solitaire.
Oui, en fait,
ça a été un choix
très particulier.
À cette époque-là,
il n'y a pas
beaucoup
de référents,
pareil, dans le
monde de l'aventure.
Et donc l'idée,
c'était de choisir
une voie qui me
correspondait
et donc d'aller
dans l'extrême
et d'évoluer
dans tous
les biotopes
possibles
et dans toutes
les disciplines
aussi sportives
différentes.
Et en fait,
pas être juste
une légende dans
un seul domaine.
C'est ça qui
m'intéressait.
Moi, j'ai deux
enfants,
deux fils
qui adorent ce
que tu fais,
qui se retrouvent
vraiment dans ce
que tu fais.
Je ne sais pas
du tout s'ils seront
un jour dans cette
catégorie-là
d'explorateur
extrême.
Revenant sur ton
enfance, on va
commencer comme ça.
Comment est né,
finalement ?
Comment a été
structuré cet homme,
capable de braver
les dangers les plus
extrêmes,
quand même ?
Là, sur cette photo,
par exemple.
Alors,
sur cette photoOn
est à Bordeaux, là ?
Parce que toi, tu
es né à Bordeaux ?
Oui, je suis
né à Bordeaux.
C'était avant que je
devienne aventurier,
mais c'était surtout
les années où j'ai
été vraiment
adorable et mignon.
Ça n'a pas
duré longtemps.
Non,
très rapidement,
moi, j'étais
un enfant très
dissipé,
très turbulent,
très casse-cou.
Ça a été très
difficile pour mes
parents de me gérer.
C'est ce qui,
je pense,
peut-être aussi a
généré un petit peu
cette enfance un peu
difficile puisqu'il
fallait me
canaliser.
J'ai eu une enfance
assez violente
de la part de mon
père au niveau
du physique.
Qu'est-ce que tu
veux dire ?
Pendant mes jeunes
années, j'étais
enfant battu.
Il fallait
vraiment...
Mais vraiment battu
physiquement ?
Oui.
C'était pas juste
de la violence
verbale ?
Ça, c'était plutôt
du côté de ma mère.
Ma mère était
en formation,
psychiatre,
psychothérapeute.
Un peu.
Il y a eu des deux
schémas parentaux
qui ont été très
durs pour moi.
C'est ce qui m'a
lancé un petit peu
dans cette dimension
de la survie
qu'aujourd'hui
est mon métier.
Tout a découlé
un petit peu
de cette enfance
difficile.
Et qu'est-ce
qui s'est passé
pour que tu mérites
des coups comme ça ?
À une époque
comme ça, je me suis
pas posé ces
questions.
Je me suis dit: Mon
père, il a vu son
papa, lui,
décéder très jeune,
donc il a pas
eu d'exemple.
Je pense que ça joue
un petit peu
dans la balance
de pas avoir
de référent
en tant que fils.
Et de fait,
je pense qu'il s'est
exercé du mieux
qu'il a pu avec
les exemples qu'il
a eus autour de lui.
Et puis,
comme je le dis,
je jette pas
la pierre
à mes parents.
Je pense que j'étais
un garçon vraiment
pas simple.
Et encore
aujourd'hui,
c'est cette
combinaison
entre difficulté,
violences et enfants
difficiles qui fait
ce que je peux
aujourd'hui.
Même à la naissance,
tu es né et réglé
par le chrono
ombilical.
Ouais, tu es
bien enseigné.
Ouais.
Ce que te diront
tes parents ?
Oui, en fait, tout
commence comme ça.
Et puis, en fait,
ça a une symbolique.
Je m'en rends compte
que quelques années
plus tard,
que finalement,
je nais directement
dans cette espèce
de difficulté.
Et j'en ai fait
mon fer de lance.
Tout ce qui a été
difficile pour moi
s'est transformé
en force et toutes
les épreuves après
m'ont permis
de rebondir.
Et j'ai enchaîné
comme ça pas mal
d'épreuves durant
toute mon
adolescence.
Quelle était
l'activité
de ton père ?
Qu'est-ce
qu'il faisait ?
Mon père,
Je suis passé par le
métier charpentier.
C'était
un métier manuel.
Je suis issu d'une
famille qui sont
essentiellement
dans le métier
du bâtiment.
Toute sa famille
à lui était tout
charpentier.
Mon frère est
charpentier,
mon père est
charpentier et moi,
j'étais le maçon.
C'est vrai que tu
as un physique...
Je ne sais pas,
mais en tout cas...
On sent une belle
génétique quand même
d'homme costaud.
On a porté
des briques.
Oui.
Cependant,
à quatre ans,
on te découvre
un syndrome.
Exact.
En fait, le syndrome
d'analgésie
congénitale,
qui n'est pas
une pathologie,
qui est
une difficulté
à ressentir
la douleur comme une
personne normale,
c'est-à-dire qu'il
y a des seuils.
Moi, je ressens
quand même
la douleur,
mais elle est
beaucoup plus
lointaine
que la norme,
ce qui m'a handicapé
pendant pratiquement
35 ans,
puisqu'en fait,
mon corps ne
m'envoie jamais
les bons signaux.
Ça veut dire qu'à
partir du moment
où mon corps
m'envoie un signal
comme quoi je suis
en danger
de détresse,
ça veut dire
que j'ai déjà
franchi le cap,
souvent, de la mort
ou vraiment d'un
danger extrême.
Et du coup,
ça m'a poussé
dans des
retranchements
dans mes expériences
de vie, certainement
toutes plus
douteuses les unes
que les autres,
mais qui m'ont
directement emmené
au stade de la
difficulté ultime.
Et là,
encore aujourd'hui,
c'est à la fois
une vraie force
et à la fois
très difficile.
Maintenant,
avec l'âge,
j'arrive
à comprendre quand
mon corps m'envoie
des signaux,
même si ce n'est pas
tout à fait
les bons,
que c'est important.
Mais vraiment,
ça a été très dur
pour moi de me
construire avec ce
syndrome qui
est enfant.
Pour donner
un exemple,
je me rappelle,
j'avais 17 ans.
Quand j'étais
en apprentissage,
je me suis
transpercé le pied
avec une pointe
et je me suis pas
rendu Je me suis
rendu compte que mon
pied avait un clou
à l'intérieur.
Je me suis rendu
compte que j'ai dû
enlever ma
chaussure.
Ça fait super héros
quand on est enfant.
Et puis,
quand on se retrouve
à faire un métier
comme le mien...
C'est super
dangereux.
C'est très
dangereux.
C'est extrêmement
dangereux,
parce que les
limites ne sont
pas les bonnes.
Et de fait,
je me retrouve
directement
en grande difficulté
si je suis face
à un danger.
Et puis enfin, dans
cette enfance
tumultueuse,
tu es déscolarisé
assez tôt,
tu n'as pas le
brevet des collèges.
Qu'est-ce
qui se passe ?
Tu es un enfant
bagarreur ?
Oui, moi,
j'ai le parcours
classique du petit
délinquant qui monte
dans une ascension
de la violence,
du vol,
de tout ce
qui touche un petit
peu au côté voyou,
gangster.
Je calque
à un moment donné,
je passe des steps,
des échelons.
Comment ça
arrive tout ça ?
Tu fais
les mauvaises
rencontres ?
Tu es attiré
par le côté
un peu bad boy ?
Moi, j'aime
la violence.
Quand je suis jeune,
je suis un garçon
qui a besoin de se
confronter
à la justice.
J'ai besoin de me
soulever aussi
contre mon père.
À l'âge de 17 ans,
je quitte le foyer
familial,
je me retrouve à
la vie dans la rue.
Pour de vrai
dans la rue ?
Oui, dans la rue.
Et là,
c'est une espèce
d'escalade Tu
bagarres avec
les sans abri aussi.
C'est terrible.
Je me bagarre
avec...
À l'époque,
on appelait ça
des punks à chiens.
Et on se retrouve
à se bastonner,
à vendre
de la drogue,
à faire
n'importe quoi.
Jusqu'à, évidemment,
que je me retrouve
et forcé
de constater que
c'est une impasse.
Et je finis à 20 ans
par me rendre après
presque un an
de cavale et je
suis incarcéré.
Ça veut dire
qu'avant de parler
de cet épisode-là,
à 17 ans,
il y a un autre
temps fort aussi,
où tu quittes
la maison.
Qu'est-ce
qui se passe ?
Ce moment,
il est assez
difficile puisque
c'est le moment où
mon père s'en prend
à mon frère et donc,
du coup, je défends
mon petit frère.
Je suis l'aîné d'une
fratrie de trois
garçons.
Et à partir de là,
je décide
de me soulever
contre ma famille,
contre mon père.
Donc, tu vas
chercher
un couteau ?
Je vais chercher
un couteau,
effectivement,
et je menace mon
père de de le tuer
s'il s'en prend
encore une fois.
Donc, la scène est
violente, il y a
ta mère qui crie.
Exactement.
C'est une scène qui
est très dure
et c'est une scène
qui marque
un tournant dans ma
vie
pour laquelle il y a
eu
On a essayé d'en
parler le mieux
possible,
mais qui reste quand
même un moment très
dur dans ma vie
de garçon et qui me
fait prendre
vraiment une
direction
très délicate.
Tu regrettes ce
que tu as fait
à ce moment-là ?
Non, pas du tout.
Je ne regrette
absolument C'est pas
ce que j'ai fait
parce que je pense
que c'est ce qui a
fait changer ma
famille, changer mon
père contre
sa volonté.
Mon père,
ça n'a jamais été un
homme bête,
c'est juste
quelqu'un qui a
manqué de repères
et d'exemples.
Et avec le temps, on
s'est retrouvé à
devoir s'expliquer.
Mais non, je pense
qu'il a fallu...
Il faut de temps
en temps un peu
de violence
pour pouvoir passer
à autre chose.
C'est beaucoup, là.
C'est à la hauteur
de ce que j'ai
aussi subi.
Je pense que c'est
normal que
les faits et gestes
que moi,
je porte soient
aussi importants,
en tout cas, que ce
que j'ai enduré.
Mais aucun regret,
pas du tout.
Et à 20 ans, tu te
retrouves en taule ?
Ouais.
Mais pour quelles
raisons ?
Qu'est-ce que
tu as fait ?
À 20 ans...
Pour quelles
raisons ?
Bande organisée,
etc ?
Ouais.
Je faisais beaucoup
de vols,
de braquages
à cette époque-là.
Donc, je me retrouve
à toutes
les personnes
qui sont
dans un braquage
avec lesquelles J'ai
travaillé sans
faire arrêter.
Moi, ça fait
longtemps que je
suis parti.
En fait, ça devient
insupportable
pour ma famille,
les perquisitions
à la maison.
Vraiment, il y avait
une pression
psychologique
de la part
des forces
de l'ordre qui était
très violente.
À un moment donné,
j'ai décidé de me
rendre pour passer
à autre chose.
Et du coup,
j'ai été incarcéré
à mes 20 ans.
J'ai passé mon
anniversaire, mes
20 ans en détention.
Et combien de temps
en prison ?
J'ai fait un peu
moins d'un an
en détention.
On dit pas très
long, mais toujours
assez pour
comprendre.
Et puis,
effectivement,
pas spécialement
ma place.
Je me rends compte
qu'il y a un vrai
décalage avec
les autres codétenus
et qu'en fait,
il y a tout
un processus qui se
met en place.
Ce qui me sauve,
c'est un peu
l'écriture,
c'est d'écrire
pour mes codétenus,
d'écrire au juge,
d'écrire à tout
le monde et je
trouve ma place.
En prison,
on m'appelle
le postier.
Du coup,
j'ai une protection
et ça me permet
de passer assez vite
ce temps
en détention en me
rendant utile auprès
de tous mes
camarades.
Tu écris pour les
autres,
c'est-à-dire ?
J'écris pour
les maîtresses,
j'écris pour tous
les codétenus
qui me demandent.
J'écrivais pas mal
à cette époque-là
et le mot a
rapidement
fait le tour.
Ça va assez vite
en détention.
Les gens sont venus
me solliciter
pour me dire: Il
faut que j'écrive
au juge,
il faut que tu me
demandes ma
permission,
il faut que tu
écrives à ma femme.
Il y a beaucoup
de gens qui ont
des difficultés.
Et moi, même si je
suis vraiment
avec un niveau
déplorable
à l'école,
je sais quand même
écrire et lire.
Et donc je me
retrouve
par le plus grand
fruit du hasard,
à faire ce que j'ai
détesté faire.
20 ans, tu arrives
en prison où c'est
quand même
le paroxysme
du bout du bout.
Est-ce que c'est
à ce moment-là
que tu arrives
en prison avec
le cœur gros
et toujours
cette rancœur
avec ton père ?
Et est-ce que c'est
aussi en prison
qu'il va y avoir
quelque chose
dans une sorte
de résilience,
de pardon,
de compréhension,
de rapprochement
avec ton père ?
En fait, il y a un
mix entre les deux.
C'est-à-dire qu'il y
a une grande
violence
et à la fois,
être privé
de la liberté,
c'est quelque chose.
Et je pense qu'on ne
se rend pas bien
compte quand on n'a
jamais été privé
de sa liberté,
que c'est une chance
que d'être dehors,
de pouvoir respirer
un air et de pouvoir
aller à droite et à
gauche à sa guise.
Quand on n'a jamais
été enfermé dans sa
vie, on ne peut pas
comprendre ce
que ça génère.
Du coup,
ça pousse
à la réflexion et on
se dit: J'ai perdu
beaucoup de temps,
je ne veux pas
en perdre plus.
Donc, de fait,
je vais mener
des actions.
Qu'est-ce que ça va
être, ces actions ?
Ça va être,
là, par exemple,
d'entamer
un processus
de pardon
avec mon père.
Et là, il y a un
déclic en détention.
Je me dis:
Je te pardonne.
Il vient au parloir,
je me rappelle cette
scène et il y
a des larmes.
C'est très émouvant.
Et je lui dis: Je te
pardonne pour tout
ce que tu as fait.
Et en fait,
je pense que ça va
se Ça s'est passé
assez rapidement.
Il m'a quand même
fallu 10 ans
pour que le
processus se fasse.
Mais c'était
le début d'un
renouveau avec
mon paternel.
Et qu'est-ce qu'il a
dit à ce moment-là ?
Il a été très ému.
Il a été très ému.
Et puis,
moi, je n'étais pas
encore papa à cette
époque-là,
donc je n'imagine
même pas ce que ça
peut faire,
maintenant que j'ai
deux petites filles,
d'avoir un de ses
enfants se tenir à
parler de la sorte.
Ça doit être
terrible.
Donc, j'imagine
le soulagement pour
lui aujourd'hui.
Ça a été le début
de quelque chose
de vraiment beau,
une belle histoire
qui a suivi.
Tu sors de prison.
Tout à l'heure,
je te disais,
c'était
le paroxysme,
mais on est
toujours là-dedans.
Tu tombes
dans la drogue.
Oui.
En fait,
la problématique
de la sortie
de prison,
c'est que j'ai cinq
ans d'interdiction
quitter
le territoire
qui sont vraiment
très durs.
Il faut savoir
que les
interdictions
de quitter
le territoire, ça
consiste à aller
au commissariat tous
les jours,
à porter un bracelet
électronique,
à être assigné
à domicile,
à devoir rendre
compte à des juges
continuellement
et tout.
Et finalement,
on est sorti
de prison,
mais on est dans une
autre prison
à l'extérieur.
Et donc cinq ans,
c'est très long.
Et donc comme une
sorte
d'échappatoire,
je découvre
effectivement, je
découvre la drogue.
Assez à 21 ans.
Mais comme moi,
je ne sais
absolument
rien faire...
Avec modération,
mais à ce moment-là,
tu meurs.
Je fais un arrêt
cardiaque,
mon premier arrêt
cardiaque à 21 ans.
Surdose ?
Une surdose
de drogue Oui,
et voilà, la volonté
d'aller chercher
des émotions,
d'aller chercher
ce que me faisait
la drogue,
parce que contre ma
volonté, ça m'a
ouvert l'esprit.
J'étais très dur,
très fermé après
la détention et ça
m'avait créé
des sentiments
qui était assez
bénéfique.
Et puis finalement,
oui, je fais mon
premier arrêt
cardiaque,
une mort médicale
à l'intérieur.
Et ensuite, là,
malheureusement,
tu n'arrives
toujours pas à t'en
sortir et tu fais un
deuxième arrêt
cardiaque.
Oui.
Mais en fait,
à 25 ans,
j'ai l'autorisation
de quitter
le territoire.
Je prends
un avion pour partir
aux États-Unis et je
me retrouve
à l'autre bout
du monde à voyager
avec ce sentiment
un petit peu
de liberté,
pieds nus,
même si je n'ai pas
vraiment de notion
de ce qu'est
le voyage et tout.
Et je me retrouve
donc à vivre
des expériences
hors du commun.
Et donc, je me fais
piquer
par un scorpion dans
le Grand Canyon.
Et c'est là que je
fais un second
arrêt cardiaque.
Donc là, tu décides
à ce moment-là
que ça suffit,
la collection ?
Non, je décide
plutôt que je vais
en faire mon métier.
Je me dis que je
suis doué pour ça.
Pas pour les arrêts
cardiaques,
mais pour survivre.
C'est-à-dire
de connaître la mort
t'a permis
d'apprécier encore
plus la vie
à ce moment-là ?
Clairement.
Clairement,
C'est très drôle
parce que très
souvent,
j'entends dans mon
métier: Je n'aurais
jamais autant
de volonté
de survivre,
je n'ai pas
d'instinct
comme toi.
Moi, je pense que
profondément,
les gens savent ce
que c'est d'être
confronté
à une situation où
on n'a pas le choix.
Et aux portes
de la mort, tout
le monde veut vivre.
Et encore
aujourd'hui,
c'est un sujet
que je porte
et que je connais
bien la tenance.
Et donc je me suis
dit: Oui, je suis
doué pour survivre.
Et en fait,
ça m'a donné envie
de me mettre
dans une situation
délicate,
de repousser mes
limites
et de combattre
en quelque
sorte la mort.
Donc c'est
dans cette
période-là,
après le scorpion,
que tu as commencé
à penser à devenir,
entre guillemets,
aventurier ou pas ?
Ouais, les premières
ébauches de cette
époque-là se dessine
et je me dis:
Il y a quelque
chose qui se passe.
À l'époque, il y
a deux référents.
Il y a Bergrill,
c'est My Corn
dans le métier,
un anglais
et un suisse.
Je ne comprends pas
vraiment ce qui se
passe et tout.
Est-ce que c'est
un métier ?
Est-ce que ce n'est
pas un métier ?
Et donc, Je décide
de me renseigner.
Là, je rentre
en France et je fais
une école
de cinoche.
Et ça ne marche
pas du tout.
Parce que je
débarque pieds nus
de Colombie
avec mon sac à dos
et je me rends
compte que la vraie
vie, c'est
difficile.
Et pareil,
je rentre chez moi
à Bordeaux
et à partir de là,
je deviens un garçon
un peu plus modèle.
Et tu te mets à ton
compte, tu crées
une entreprise ?
Oui, plusieurs
entreprises.
J'ai toujours eu
l'âme d'un
entrepreneur.
C'est juste que j'ai
plutôt choisi
le mauvais je
mets au départ.
Mais finalement,
légal ou illégal,
c'est un petit
peu la même chose.
Sauf qu'à un moment
donné, on paye
des impôts.
À 26 ans, plus
d'un million, 1.
5 million de chiffre
d'affaires avec
20 employés.
T'es l'entrepreneur
quand même à ce
moment-là ?
Ouais,
sur le papier.
Sur le papier,
je suis
l'entrepreneur
et tout.
Après,
très déçu du système
français pour les
jeunes
entrepreneurs,
donc ça m'intéresse
pas beaucoup.
C'est quoi ?
C'est belles
voitures ?
Voilà, les grosses
voitures.
C'est un peu...
J'ai à peine
la trentaine.
C'est C'est génial.
Je vis ma vie
de jeune
entrepreneur,
mais ça m'anime
pas spécialement.
L'argent est
intéressant,
mais c'est pas ce
qui me fait vibrer.
Et puis, à un moment
donné, tu kiffes pas
trop sur la France.
Je pars parce
que j'en ai un petit
peu marre du système
français et je pars
parce que je suis
un J'ai l'impression
d'être un petit
peu incompris.
Tu pars pour où ?
Je pars pour l'Asie.
Je pars pour l'Asie
et puis là,
je me rends compte
que finalement,
après avoir mené
de front toutes ces
expériences,
là où je me sens
le plus à l'aise,
c'est...
C'est d'organiser
des expéditions
extrêmes.
Et je me spécialise
et je me dis: Je
vais devenir
le numéro un
dans ce domaine.
Incroyable.
Et je repars de zéro
et je rebâtis
un modèle économique
avec une stratégie
d'évoluer dans tous
les endroits
en solitaire.
Et depuis,
je ne fais que ça.
Donc, tu fais un peu
de développement
personnel ?
Je fais beaucoup
de développement
personnel, oui.
C'est ce que je te
disais tout
à l'heure en off,
c'est que quand
j'avais 20 ans,
je te suivais déjà
et je suivais ce
que tu faisais.
C'est vrai qu'il y
avait peu
de référents,
encore une fois,
en dev à cette
époque-là.
Et ça m'a
toujours suivi.
Je trouve que les
expéditions en règle
générale sont
un très bon moyen
de faire
du développement
personnel puisqu'on
a beaucoup de
temps pour
l'introspection.
Et comment ça a
commencé,
finalement,
ces premières
expéditions ?
Parce que de ce
que je comprends,
c'est quasiment
appris sur le tas.
Ce n'était pas
de la formation.
Dans un sens,
oui et non,
puisqu'en fait,
dans notre jeunesse,
on a toujours
vécu à la dure.
Et justement,
le bon côté
des choses,
c'est que notre père
nous a beaucoup
éduqués de manière
à nous débrouiller
seuls dans la forêt,
à construire nos
cabanes, à pêcher,
à chasser.
Et donc,
il y a quelque chose
un petit peu
dans la même cette
fibre qui se...
Cette dureté
de l'enfance.
Oui, me permet
de mieux survivre
à mes 30 ans.
Et je me rends
compte que je suis
très à l'aise
dans les endroits
où les gens sont
très mal à l'aise.
Et du coup,
je suis assez doué
pour réussir
à survivre.
Mais je bâtis mes
premières
expéditions qui ne
sont même pas
des expéditions,
qui sont plutôt
des aventures
et j'en mets une,
deux, trois.
Et puis je commence
à aller
dans le chaud,
dans le froid,
dans le tropical.
Et puis je me rends
compte que je suis
assez doué pour ça,
qu'il y a un modèle
économique viable,
intéressant
à développer.
C'est quoi le modèle
économique ?
C'est le sponsoring
pour financer
les expéditions.
Et après,
il y a tout
le merch,
les produits dérivés
qui sont à côté
de ça, que ce soit
les marques,
que ce soit
les livres,
que ce soit
les conférences
qu'on vend,
les stages
de survie.
Et après, ce qui est
bien dans
l'aventure,
c'est que c'est
un panel très large
qui va toucher,
par exemple,
la réalisation d'un
film qui peut aller
au cinéma comme
aller dans une
entreprise
pour parler,
faire un retour
d'expérience.
Donc c'est très,
très large et ça
offre beaucoup
de possibilités
par rapport à plein
de business qui sont
assez ciblés sur des
marchés de niche.
Là,
on est sur un marché
de niche,
oui d'hyper niche
même, mais
très large.
Et donc c'est assez
intéressant au au
niveau du business.
Et en fait,
je me rends compte
qu'il y a
tout à faire.
Et on est encore
aujourd'hui,
même si on a
beaucoup avancé, on
est encore au début.
Et comment choisir
sa première
expédition,
les lieux, le défi ?
Comment on
s'y prépare ?
Bêtement.
Je regardais
une carte et je me
suis dit: Qu'est-ce
qui n'a pas été fait
à côté de chez moi ?
Au début,
je cherchais
les records.
Pour me faire
un nom, je cherchais
à établir des
records du monde.
Donc je regardais
qu'est-ce
qui n'avait
pas été fait.
Je traversais
des airs pieds nus.
Après, je suis allé
traverser
le second plus grand
glacier d'Europe
en solitaire.
Et ensuite,
j'ai commencé
à avoir un record
du monde,
deux records
du monde, trois.
Et de plus en plus,
les expéditions ont
grossi, les
partenaires avec.
Ceux qui ne
voulaient pas me
donner un centime
voulaient absolument
me financer.
Et puis,
ça a commencé
à faire le tour.
Et puis,
il n'y a pas
beaucoup de gens
aujourd'hui ou quasi
pas qui font le
métier que je fais.
Il y a beaucoup
de gens qui font
des expéditions,
oui, mais qui sont
dirigés dans une
seule discipline.
Et donc moi,
mon fer de lance a
toujours été
d'évoluer dans tous
les biotopes
et de pratiquer
tous les sports.
Est-ce que tu
penserais un petit
peu comme de
l'histoire
de Forest Gump,
que la vie,
c'est comme une
boîte de chocolat,
on ne sait pas sûr
qu'on va tomber ?
J'adore
cette phrase.
J'adore cette
phrase: La vie,
c'est comme une
boîte de chocolat,
on ne sait jamais
sur comment
on va tomber.
Oui, moi, j'ai passé
toute ma vie
à essayer de bouffer
des chocolats que je
ne connaissais pas
et je me suis fait
et créé mon propre
chemin en me disant:
J'aime ça,
je n'aime pas ça,
il faut savoir
s'écouter.
Et j'adore cette la
race de Forest Game.
Est-ce que cette
nouvelle vie
d'aventure où tu as
trouvé finalement
ton sweet spot,
ton X,
c'est ton truc,
est-ce que tu dirais
que c'est
une sorte de...
Pas de rédemption,
et pas forcément
que d'échappatoire,
mais un petit
mélange de
tout cela ?
Oui, carrément.
Même d'ex Un
exitoire, en fait.
Un exitoire, oui.
Finalement,
ce qui est très
drôle,
c'est
qu'aujourd'hui,
je suis plus
compétent
en expé que dans la
vie de tous
les jours.
La vraie survie,
c'est être à Paris,
par exemple.
Je te comprends.
Je te comprends.
C'est super bien.
Mais devenir
le leader que tu es
aujourd'hui, fier,
le papa, le mari,
devenir l'homme,
l'humain,
par cette
confrontation de
la nature extrême.
Oui.
Clairement,
je pense que l'un ne
va pas sans l'autre
et c'est ce qui me
rend
C'est ce qui me
permet de profiter
de la vie,
cette espèce de
différence
entre deux univers
complètement
différents.
Survivre à moins 77
et rentrer au chaud
permet d'apprécier
les choses simples
de la vie,
de profiter de ses
enfants, de profiter
de gens qu'on aime
avec une vraie
simplicité.
Moi, j'ai besoin
de me mettre
en difficulté
pour donner
de la valeur
et de l'importance
aux choses de
mon quotidien.
Et je pense que ça,
c'est très
important.
Et on a tendance
à oublier,
finalement,
la chance qu'on a,
comme je le disais,
d'être libre,
de pouvoir se
déplacer comme on
le veut, d'être en
bonne santé aussi.
Ça, c'est très
important.
Et moi,
ma piqûre de rappel,
c'est partir
à l'aventure.
Et c'est
quoi le rythme
dans ta tête
ou dans le modèle
d'affaires
d'aventures,
d'expéditions ?
C'est une par an,
une tous
les deux ans ?
C'est C'est
très aléatoire.
Là, ça fait cinq ans
que je travaille
très fort et je
prends une année
sabbatique,
par exemple,
parce qu'il y a tous
les projets que j'ai
menés à bien pendant
cinq ans qui sortent
au fur et à mesure.
À la rentrée,
un second livre,
une mini-série,
un film.
On est à Cannes
l'année prochaine.
C'est ça qui est
intéressant,
c'est que tout
le travail qui a été
très long à
mûrir
porte à un moment
donné ses fruits.
Donc là, je peux me
permettre de lever
un petit
peu le pied.
Pourquoi,
à ton avis,
il faut accepter
de marcher dans
sa vie, parfois
pieds nus ?
Je pense que pieds
nus, c'est très
symbolique pour moi.
C'est synonyme
de liberté.
J'habite
dans un endroit
de la France,
à Biarritz,
où que tu travailles
dans une grande
marque de luxe
où que tu sois
caissier quelque
part, tout le monde
enfile sa
combinaison
entre midi et deux
pour aller au surf.
C'est un sentiment
de liberté assez
incroyable que de se
retrouver à marcher
pieds nus en
allant à l'eau.
Moi, j'apprécie
énormément cette
liberté et je trouve
qu'on a perdu
cette connexion
à la nature
qui passe déjà
par finalement
marcher pieds nus.
Tu survis
à des températures
vraiment extrêmes,
on peut dire moins
70 ou moins 77,
comme tu le disais
il y a un instant,
à plus 60.
What's going on ?
Comment c'est
possible, ça ?
En fait,
c'est possible.
Déjà, premièrement,
parce que le corps
est très bien fait.
Et en fait,
on ne se rend pas
compte que le corps
a une adaptation
continuelle
aux températures
extrêmes
dans un sens
ou dans l'autre.
Moi, j'ai survécu
à moins 66 et plus
60, donc c'est deux
extrêmes vraiment
incroyables.
Après,
il y a évidemment
toute
la préparation,
que ça passe
par la nutrition,
la prise de poids,
l'équipement.
Ensuite,
c'est un travail
d'équipe aussi,
puisque
continuellement,
quand on est
sur le terrain,
moi aussi,
j'ai tout un staff
qui me permet de me
donner de la météo
journalièrement
et de gérer ma prise
de risque
en fonction des
jours qui passent.
Et avec le temps,
on apprend vraiment
à optimiser,
à développer
du matériel qui nous
permet de repousser
encore plus
les limites.
Je pense qu'on est
dans un air vraiment
intéressant pour ça
en R&D de se dire:
On peut faire
du matériel
sur mesure
pour aller encore
plus loin au niveau
de la tech
et pour dépasser
les limites qu'on
n'a pas réussi
à dépasser.
Si on regarde
les plus gros défis,
les plus gros
challenges que tu as
eus, par exemple
marcher, pieds nus,
traverser le désert,
toutes les
contraintes.
Moi, évidemment,
j'ai l'hydratation
qui me vient dans la
tête, l'insolation.
C'est quoi les
défis,
les contraintes ?
Dans le chaud,
effectivement,
c'est
la déshydratation,
clairement.
C'est la plus grosse
problématique
à laquelle on
fait face.
Après, il y a toutes
les petites bébêtes
que tout le monde
adore, les serpents,
les scorpions.
Dans le désert,
il se passe quand
même pas mal
de choses.
Il y a beaucoup
de vie, même si on
ne la voit pas.
En général,
dans les
températures très
chaudes,
on progresse la nuit
ou au petit matin.
Dans le froid,
c'est l'inverse.
Et la nuit,
on ne voit rien
du tout,
les animaux,
les scorpions ?
La nuit, on ne voit
rien du tout,
mais finalement,
c'est ça qui est
intéressant,
c'est que le jour,
en gros,
on peut progresser
et les scorpions,
les serpents
sont à l'abri.
La nuit,
on prend plus
de risques, mais
on fait plus
de kilomètres
et c'est ça la vraie
aventure,
c'est trouver
le juste milieu
du ratio que tu vas
fournir entre
une prise de risque
supplémentaire,
mais en même temps,
si tu restes
la journée à ne
pas avancer.
En fait, c'est très
difficile et c'est
ça qui est
intéressant dans les
expé, c'est toujours
trouver le bon ratio
entre la prise
de risque et le fait
de ne pas se
mettre en danger.
Une journée
ressemblait à quoi ?
Tu dormais à quel
moment,
par exemple ?
Dans le chaud,
dans le froid, c'est
très différent.
Dans le froid, c'est
assez difficile.
Dans le froid,
on ne dort
jamais vraiment.
Puisque la nuit,
c'est le moment
où il y a les ours
et les loups
et donc c'est
très compliqué.
Moi, je me suis fait
récemment plusieurs
fois attaquer
par un ours et tout,
le moment où on
est sur le camp.
On
Dans l'expédition,
on dort
quasiment plus.
En fait, on
somme null.
Pendant trois mois,
j'ai passé cinq mois
à dormir deux,
trois heures
par jour
en préparation
et quand j'arrive
en expé,
je somme null
pour essayer
de prendre
une demi-heure.
Ça m'arrive même
parfois
de m'endormir
sur les skis,
de repartir.
Là, c'est de la
survie pure et dure.
Comment on peut être
à ce point
en privation
de sommeil pendant
trois mois ?
En fait,
instinctivement,
ça se fait.
Moi, ça fait très
longtemps que je
dors très peu.
Depuis la détention,
En fait, j'ai cette
problématique
de sommeil,
ce qui fait
que quand je me
retrouve dans des
expé comme celle-là,
c'est une valeur
ajoutée.
J'arrive à très,
très, très
peu dormir.
Et puis, si vraiment
on sent qu'il y a
un épuisement total
et qu'on prend
un gros risque,
on pose le camp,
on reste un jour
et en général,
on profite
des éléments
de vent, de tempêtes
qui nous obligent
à rester
dans l'attente.
Et là, on récupère
un petit peu.
Comment tu arrives
à gérer ton stress,
tes émotions ?
Moi, j'ai une très
bonne gestion du
Ça me stresse.
C'est mon corps
qui le gère un
peu moins bien.
Mais de toute
manière,
c'est comme
n'importe quel
métier à risque.
Un gars qui bosse
au GIGN, un pompier,
un gars qui
fait l'armée.
Ce sont des métiers
qui sont très
à risque.
La prise
de conscience
du danger, elle
est inévitable.
Les discussions avec
les proches,
elle est très
importante
avant de partir.
Mettre tout le monde
dans une atmosphère
et dans un climat
de confiance,
même s'il y a
une très grosse
prise de risque.
Et donc,
je pense
que la préparation
mentale
à et la préparation
des proches qui nous
entourent,
elle est extrêmement
importante.
Et sur le terrain,
là, c'est de la
survie pure et dure.
Donc,
il faut s'écouter
très fortement,
il faut écouter son
instinct de survie.
Et après,
je pense qu'il faut
bien connaître
tout ce qui est
matériel et
l'élément
de la nature,
puisque c'est là
où on n'est
pas le maître.
Quels sont les temps
critiques que tu as
eus durant tes
principales
expéditions,
les moments
de danger de mort,
où ça a été vraiment
à deux doigts ?
J'en ai eu plein.
Là, récemment,
je suis sorti de ma
tente, j'ai dû faire
face à un mastodonx
d'une tonne qui est
un ours blanc
qui est en train
d'attaquer le camp
parce qu'il sent
la nourriture.
Ça,
c'est une situation
super extrême.
Tomber dans une
crevasse qu'on ne
voit pas, c'est
très extrême.
En fait, le danger
est partout.
C'est juste qu'il
n'est pas palpable.
Ce n'est pas
comme si on allait
sur une zone
de guerre où on se
fait tirer,
on entend les balles
qui sifflent et tout
ça, mais c'est tout
aussi dangereux.
Et en fait,
Le danger peut venir
de quelque chose de
tout petit,
c'est-à-dire qu'une
erreur, par exemple
sur le matériel,
je n'ai pas
de backup
sur un réchaud,
typiquement,
l'expect s'arrête,
je meurs de froid.
Donc, en fait,
dans une expédition
polaire,
tout est dramatique.
À partir du moment
où on n'a pas
une organisation,
une logistique
millimétrée,
et c'est ce
que j'aime,
c'est qu'il n'y a
pas de marge
d'erreur dans les
expéditions
polaires.
Une erreur et
c'est la fin.
Que ça soit
l'hypothermie,
que ça soit
la gestion du danger
sur des crevasses
ou que ça soit sur
un froid extrême.
Moi,
j'ai des angelures
au nez, au doigt.
Ça peut très
rapidement
tourner au drame.
Surtout que tu sens
très peu la douleur,
ou moins la douleur.
Oui, c'est
très compliqué.
Et là,
qu'est-ce que tu as
fait avec l'ours,
juste pour pas
curiositer ?
Tu as crié ?
J'ai tiré
un tir de sommation
et il est parti.
Et pour l'anecdote
qui est assez folle,
c'est que le
lendemain,
je trouvais
des traces d'ours
de 40 centimètres
autour du camp
et des trous
dans la banquise.
C'est là qu'on se
rend la puissance
de ces bêtes
qui creusent jusqu'à
1,50 mètre,
donc la glace
qui est congelée,
la mer.
C'est l'Océan
Arctique qui est
passé de l'état
liquide à l'état
solide et un ours
arrive à creuser
considérablement
dans la glace.
Là, on comprend
vraiment qu'on
n'est pas chez nous.
Donc là,
tu es armé ?
Oui, on est obligé.
Même les rangers ne
nous laissent pas
partir si on
n'est pas armé.
On a des fusées
de détresse,
des fusils.
On a des choses
qui nous permettent
vraiment de nous
protéger,
nous, en cas
de danger,
sans pour autant
attaquer la faune
et la flore locale.
Mais ça fait partie
du métier, c'est
très important.
Comment on gère,
même si ça fait
partie du métier,
cette condition
où on doit accepter
de peut-être
mourir ?
Moi, je trouve
que ça,
c'est un sujet
qui est super
intéressant.
Je trouve qu'on est
tous à la même
enseigne sur ce
sujet de vie,
de temps et de mort.
Tout le monde est
au courant que ça
va s'arrêter.
C'est juste que peu
de personnes
acceptent que c'est
une réalité.
Moi, je ne vis pas
du tout dans cette
utopie que ça va
arriver plus tard,
lointain.
La mort,
ça peut être
à n'importe quel
moment de
la journée.
On peut se retrouver
en train de passer
un espace
chez le piéton et
de se faire faucher.
La maladie,
ça peut arriver
à n'importe quel
moment et je trouve
ça
très utopique
de croire que ça va
arriver que
plus tard.
Donc moi,
je vis tous
les jours en me
disant: La mort,
elle est partout
et c'est pour ça
que j'ai envie
d'être compétent
au jour le jour.
Oui, c'est vrai.
Et à la fois,
tu vas un peu
au devant, parfois.
Ouais, parce que
j'ai l'impression
qu'être au plus
proche de la mort,
finalement,
et lui faire
lui tirer la langue.
C'est être au plus
près de la vie ?
Ouais, clairement.
Moi,
j'ai l'impression
qu'au plus proche
de la mort,
au plus je prends
des dangers
et au plus j'ai
l'impression
de capitaliser
pour ma survie
et pour le fait
que je vais
vivre longtemps.
Est-ce que tu as
peur que ton passé
revienne avec
de vieux démons,
de violences,
de rechutes ?
Ou est-ce que tu es
sur un là-dessus ?
J'essaie de me
contrôler.
Ça pourrait arriver
que je pourrais
avoir des rechutes,
mais dans
l'ensemble,
je me gère plutôt
correctement
aujourd'hui.
C'est-à-dire
que des fois,
c'est un peu
chaud patate ?
Ouais, parfois,
j'ai...
Ça peut ?
Ouais, il peut se
passer des choses.
En voiture ?
Non, non, non.
Je m'énerve que
très rarement.
Il faut vraiment
que ça soit très
extrême pour que je
passe une frontière.
Avant que tu
redeviennes Hulk.
Voilà, et que je
me transforme.
Oui.
Et c'est intéressant
parce que tu es papa
de deux
magnifiques filles.
Merci.
Et qui est le papa ?
Qui est ce chef
de famille ?
Qui est le mari ?
Qui est cet homme ?
Les enfants, ça m'a
fait découvrir
une nouvelle facette
de la vie aussi
que je trouve
magnifique
et pour laquelle je
prends énormément
de plaisir.
Après, moi,
j'utilise toujours
cette métaphore de
la vie où un chef
de La famille,
c'est comme le wagon
de tête
dans un train
et que si on met pas
le bon kérosène
dans la locomotive
de tête, c'est tout
le train
qui s'arrête,
la famille,
les enfants.
Donc, c'est très
égoïste de dire ça,
mais je dois
m'accomplir en tant
qu'homme pour être
un bon père.
Je dois m'accomplir
en tant qu'homme
pour être
un bon mari.
C'est ce qui me rend
compétent quand
je suis chez moi.
Je suis à 100% quand
je suis un papa
à la maison parce
que je suis épanoui
dans ma vie
professionnelle.
C'est comme ça
que tu arrives
à supporter d'être
loin pendant huit
à jusqu'à dix mois
loin de tes
enfants ?
Aussi.
Qui en souffrent,
je suppose ?
Oui et non.
Quand elles étaient
petites,
c'était très
difficile parce
que finalement,
la distance,
le manque,
on n'arrive pas
vraiment
à le quantifier,
mais c'est
difficile.
Et ça s'est traduit
par plein de C'est
une situation très
dure pour moi.
Je suis rentré,
parfois,
mes enfants ne
voulaient pas que je
les touche pendant
une semaine,
ne voulaient pas
décrocher
au téléphone alors
que moi, je venais
de risquer ma vie.
Donc il y a
plein d'étapes.
Ça, c'était
dur, ça ?
C'est très dur,
mais en même temps,
j'ai fait ce choix,
je dois l'assumer.
Et Donc c'est à moi
de faire un travail
supplémentaire
pour comprendre mes
enfants,
pour les accompagner
au mieux dans ce
processus qui est
certainement
délicat.
Mais au final,
mes enfants sont
extrêmement
équilibrés, ils
adorent l'aventure.
Mes enfants ne
regardent
pas la télé.
On voyage
énormément, on est
dans la nature.
Et après,
avoir un papa
aventurier, ça a du
plus, ça a du moins.
Je pense
comme n'importe quel
métier de n'importe
quelle personne.
Moi, j'essaie juste
de trouver
les valeurs
à ajouter et de les
mettre en avant
et d'être compétent
dans ces rôles-là.
Et la vie de couple,
alors ?
Moi, je suis tombé
fou amoureux quand
j'avais 15 ans
d'une femme
pour laquelle j'ai
vraiment...
C'est la première
fois de ma vie
que je ressentais
cette sensation
d'amour.
Elle n'a jamais
voulu se mettre
avec moi.
Ça a duré 10 ans.
Je l'ai couru après,
aux quatre
coins du monde.
Je suis parti
dans plein de pays
du monde pour lui
dire que c'était
la fin de ma vie.
Elle m'a toujours
dit que ce n'était
pas le bon moment.
Et un jour,
j'ai refait ma vie.
Je me suis dit:
Il faut bien que je
me fasse une raison.
J'ai rencontré la
mère de mes enfants.
J'ai eu deux
magnifiques filles.
J'ai passé 10 ans
de ma vie avec cette
personne,
mais mon travail
nous a un
peu écarté.
Aujourd'hui,
on est séparé avec
la mère de mes
enfants,
mais on s'entend
à merveille.
Je veux dire qu'on a
la chance d'avoir
vraiment travaillé
pour être
une famille
coûte que coûte.
Et j'ai retrouvé mon
amour de jeunesse
avec laquelle je
suis depuis
deux ans.
C'est une belle
histoire, ça ?
C'est une magnifique
histoire.
Qui accepte de ne
pas te voir
pendant huit mois.
Pour le coup, tu...
Elle me rejoint
maintenant.
C'est C'est ça
qui est très bien
avec l'évolution
aussi du départ
où on avait peu
de moyens
à maintenant,
on a des moyens,
on est capable
de faire venir
les familles,
on est capable
de faire venir
les compagnes
à
des ravitaillements
et tout.
Et donc, ça apporte
de la légèreté
dans les conditions
sur le manque
qui sont assez
intéressant.
Par exemple,
la famille peut
venir à un
ravitaillement
en hélicoptère ?
Ou en motoneige ?
On évite vraiment
trop ce qui fait
du mal à la planète.
Mais oui, la famille
se déplace dans les
endroits où je suis,
m'attend
à un endroit
stratégique,
mon arrivée et je
peux les retrouver.
Par exemple,
quand je m'arrête
dans un endroit
à un ravitaillement,
pendant une semaine,
elles sont là et on
passe du temps
ensemble et on
profite des
choses simples.
Est-ce que tu penses
arrêter un jour avec
une idée de date
en tête ?
Déjà, je suis
dans mon année
sabbatique,
donc j'essaie
d'en profiter.
Là, clairement,
je suis pas du tout
prêt à m'arrêter
de partir
à l'aventure,
puisque j'ai
des projets
pour 2027, 2028.
Alors, 2027, 2028,
ça va ressembler
à quoi ?
J'ai un très gros
projet de faire
fabriquer un bateau
très novateur
qui consommerait
très peu d'énergie
et qui
fonctionnerait avec
les éléments
naturels,
des moteurs
à hydrogène,
en adéquation avec
ce que je fais
pour faire un tour
du monde complet
sur le tropical
du Capricorne
en solitaire.
C'est environ 17
mois à faire plus
de 45 000
kilomètres,
à traverser trois
continents,
trois océans
et six déserts.
Et puis, il y a
aussi le papa.
Oui.
Alors, le papa,
ce n'est pas plus
simple aujourd'hui,
finalement ?
Non.
Mais pour d'autres
raisons ?
En fait, l'histoire
avec mon père,
c'est une histoire
tragiquement belle
puisque comme je
l'ai expliqué,
je viens d'un
endroit où ça a
été difficile.
On a été
dans la
confrontation,
dans la violence.
Et un beau jour,
pour mettre fin
un petit peu à ça
et pour passer
à autre chose,
après cette première
étape de pardonner
à mon père,
on a tous décidé
avec ma famille
de le pousser
à revivre son rêve
de gamin
et d'acheter
un bateau
et de partir à la
conquête des mers.
Et je lui ai dit: Le
jour où tu partiras,
tu prendras la mer,
je serai là.
Un jour,
il m'appelle,
il me dit: Je vais
traverser l'Océan
Atlantique.
J'ai rejoint mon
père et on a
traversé l'Océan
Atlantique tous
les deux ensemble.
C'était la fin.
C'était la fin
de notre passé
et c'était le début
de quelque chose
de nouveau où on
était capable de se
dire qu'on s'aimait
et qu'on se
pardonnait vraiment
et que c'était
terminé.
Il m'a dit: Mon
fils, tu es
un bon père,
tu es un bon fils
et je n'ai plus
rien à t'apprendre.
Et c'est un moment
qui a changé ma vie
considérablement
et qui m'a donné
envie de profiter
plus des miens.
Et malheureusement,
j'avais un mauvais
pressentiment
sur son départ un
peu trop rapide.
Il est revenu un an
et demi plus tard
avec une maladie
incurable.
Et aujourd'hui,
alors que je
retrouve mon père
quelques années
auparavant
pour profiter
de lui, la vie
va me l'enlever.
Mon papa va partir
maintenant dans très
peu de temps,
puisque
ça fait plus de huit
mois qu'il suit
un traitement
qui arrive à terme,
pour lequel on ne
peut plus
rien faire.
Et donc, je profite
actuellement de ce
dernier moment
avec mon père.
Donc finalement,
c'est un cancer
du pancréas qui va
te l'enlever ?
Oui.
Et vous avez
eu l'intention,
en tout cas,
vous avez toujours
l'intention
aujourd'hui de
donner vie à ses
dernières pensées.
Exact.
Il a toujours été
question de
respecter...
Nous, on est
une famille
pleine de code.
On est très
protocolé
dans ma famille.
C'est un mot que je
n'aime pas utiliser,
mais c'est quand
même une toute
petite mafia où on
se fait beaucoup
confiance, même
si c'est très dur.
On se parle
des choses crûment
et si on doit mener
des actions,
on les mènera et on
respectera
les volontés
de mon père.
Quelles sont
les dernières
volontés
de ton père ?
Elles ont beaucoup
changé
pour plein
de raisons
différentes,
puisque je le disais
au début de cette
interview,
mais mon père
avait un petit peu
l'arrogance ou la
non-conscience
de se dire: Je veux
partir, moi,
le jour où je
partirai,
Je partirais
comme un marin,
je partirais en mer.
Et puis finalement,
aux portes
de la mort,
il s'accroche coûte
que coûte,
il veut vivre corps
et âme et
c'est très dur.
C'est pour ça que
c'est toujours très
délicat,
les gens
qui expliquent:
Moi, je n'ai pas cet
instinct de survie.
Il est inné.
Et si on se retrouve
dans une situation
délicate, on veut
à tout prix vivre.
Elles ont beaucoup
évolué, les demandes
de mon père.
Et là,
la demande de mon
père, c'est
de rassembler tous
les gens qu'il aime
pour lui dire
au revoir une
dernière fois.
C'est quoi pour toi
la définition
de réussir ?
La définition
de réussir,
pour moi,
c'est s'accomplir
personnellement
à travers plein
de sujets,
mais toujours
en quête de son
propre bonheur.
Si tu devais choisir
ici un objet,
celui qui
symboliserait
peut-être le plus
de choses pour toi ?
Oui, enLa couronne ?
La couronne ?
On va aller
la voir alors.
Oui, avec plaisir.
C'est la couronne
que tu es bien sûr,
pas de regrets.
Non, sans regrets.
Sans regrets.
C'est cette
couronne-là
que tu as choisie.
Pour quelles raisons
tu as choisi
cette couronne ?
Je fais très souvent
des blagues sur
moi où je dis
quand je pars
en expédition,
que je connais bien
le terrain et je dis
souvent: Le king
connaît le terrain.
En fait,
ce n'est pas un égo
trip mal placé,
c'est juste que pour
moi, ça signifie
énormément sur la
confiance en soi.
Je pense que que ça
soit dans l'aventure
ou dans tous
les métiers qu'on
fait dans le monde,
c'est très important
de gagner cette
confiance en soi.
Et même si parfois,
elle est portée
par un égo un petit
peu mal placé
et qui, moi,
peut m'être
reproché,
elle me permet
de survivre dans des
endroits assez durs
et incroyables.
Et je pense
que cette confiance
en soi qu'il faut
avoir dans la vie,
en règle générale,
elle est portée
par le fait d'être
le patron
de soi-même.
Et comment on va
acquérir
de la confiance
en soi lorsqu'on
commence de telles
expéditions où on
peut risquer
de mourir ?
Je pense que c'est
en prenant des
risques aussi.
Et c'est justement
là que c'est
intéressant,
c'est que si on
prend pas de risques
dans la vie,
on peut pas avoir
de résultat.
Et moi,
j'ai pris beaucoup
de risques dans ma
vie pour me
découvrir,
pour me connaître.
Et au fur
et à mesure,
j'ai gagné cette
confiance en moi,
sur les capacités
que j'avais
à pouvoir me
soulever d'un échec
ou d'une difficulté
et surtout
à transformer aussi,
puisque c'est très
facile de pouvoir
avoir des
difficultés
dans la vie,
mais d'être acculé
et de se dire:
J'en reste là,
c'est trop dur,
la vie, c'est
compliqué.
Moi, je pense qu'il
faut, à un moment
donné,
réussir
à transformer
toute cette violence
ou toutes ces choses
qui paraissent
insurmontables
en une force.
Ou cette peur.
Ou cette peur,
exactement.
Et se dire: En fait,
j'en fais quelque
chose
de constructif,
même si c'est
transformé par de la
rage,
par de la violence,
mais par une volonté
indéniable de
vouloir s'en sortir.
Et moi, je dis très
souvent que je viens
tout en bas et c'est
ce qui m'a donné
cette rage
de m'arracher
et qui continue
aujourd'hui de me
faire survivre
dans des endroits
très reculés.
Et si tu n'avais pas
été victime
de violences
de la part de ton
père, physique
ou verbale
de la part de ta
mère ou cette
enfance difficile,
est-ce que tu serais
à ce point
l'aventurier que tu
es aujourd'hui ?
Je ne serais
certainement pas
le même homme, ça,
j'en suis persuadé,
mais ce n'est pas
le chemin que j'ai
aujourd'hui.
Est-ce
que finalement,
le message,
ce n'est pas
de dire: Ne
restez pas dans vos
coups durs,
dans vos échecs,
dans cette adversité
que vous êtes
en train ou que
vous avez vécue.
Passez à autre chose
parce que peut-être
qu'il y a un cadeau
derrière
une adversité,
derrière un moment
difficile.
Je pense
que le message,
c'est celui-là.
C'est de se dire
aussi Il faut
se battre.
Quoi qu'il arrive,
il faut se battre
envers soi-même,
contre soi-même,
envers les autres.
Il faut réussir
à passer
les épreuves
de la vie qui,
de toute manière,
vont être longues.
Je reste persuadé
que quand on
s'accomplit
personnellement
et essayer de braver
toutes ces
difficultés, on en
sort que plus fort.
En tout cas, moi,
je me sens comme ça.
Est-ce que tu es
prêt pour le doigt
doigt coaching ?
Je suis prêt.
Allez, on y va,
c'est parti.
Sur une échelle de 1
à 10, quel est ton
niveau de bonheur
au moment où je te
parle dans ta vie ?
8.
Ok.
Qu'est-ce qu'il
faudrait pour avoir
un 10 dans les
prochains mois ?
Plus d'argent.
D'accord.
Et tu as un plan
pour ça ?
Je travaille dessus.
Quelle est ta plus
belle expérience ?
Avoir de magnifiques
filles.
Quelle est ton
plus grand regret ?
Mon plus grand
regret, je crois
que j'en ai pas.
S'il fallait changer
une habitude,
chez toi,
ce serait laquelle ?
L'impatience.
Quelle est ta plus
grande réussite, ta
plus grande fierté ?
Être en vie.
Et on parle de
quelle époque ?
De celle où on est
actuellement,
puisqu'il a fallu
passer avant toute
celle précédente.
Qu'est-ce que tu
détestes le plus ?
L'apitoiement.
Tu as déjà fait
preuve
d'apitoiement ?
Non.
Quel serait le plus
grand projet que tu
pourrais avoir
et qui te donnerait
tout le sens
à ton parcours ?
Je pense que je ne
le connais pas
encore,
mais j'adorerais
faire du cinéma.
Donc, transposer ton
inspiration que tu
fais déjà
aujourd'hui dans les
médias
et et de le
transposer
au cinéma.
Oui.
S'il y avait
une question que tu
voudrais absolument
que je te pose,
parce que la réponse
est importante
pour toi, ça serait
quelle question ?
Non, mais tu me
l'as déjà posée.
La question que je
t'aurais posée,
c'était: est-ce
que tu es heureux ?
Et c'est le cas.
Si,
avec une baguette
magique, on pouvait
enlever tous
les obstacles que tu
as en ce moment,
qu'est-ce que ça
donnerait ta vie
pour être au top ?
J'enlèverais la
maladie de mon père.
Si
tu avais le petit
garçon en face
de toi, que tu étais
à l'âge de 10 ans,
quels sont les mots
que tu pourrais
lui dire ?
Il est devant toi
en ce moment,
qu'est-ce que tu
pourrais lui dire ?
Fonce.
Si on finissait
ces phrases et ces
mots, ça,
ça donnerait quoi ?
Si, par exemple,
je te dis: La
vie, c'est...
Comme une boîte
de chocolat.
Les gens sont...
Passionnants.
Je suis...
Seuls.
Si Si tu avais
un homme
ou une femme en face
de toi qui est
dans un moment
d'hésitation,
de galère, de doute
et qui manque
peut-être d'audace,
de courage,
de clarté,
qui n'ose pas,
qu'est-ce que tu
pourrais lui dire ?
Je pense que c'est
très important,
justement,
de bien se recentrer
assez vite
dans la vie,
assez jeune,
et de comprendre
que rien
que la santé
et de profiter
des gens qu'on aime,
c'est déjà
un vrai cadeau.
On te souhaite
une immense
et grosse boîte
de chocolat, non ?
Merci beaucoup,
avec grand plaisir.
Merci à toi encore.
À bientôt.
Merci à toi.
J'espère que ce
nouveau temps fort
vous a gorgé
d'énergie,
vous a inspiré et a
provoqué en vous
peut-être
de multiples idées
à implémenter
dans votre vie
de leader
et d'entrepreneur
tous les jours,
ou en tout cas
à déclencher en vous
des tonnes
d'étincelles
et à raviver ce feu
sacré, malgré
les difficultés.
D'ailleurs,
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