UNIK MEDIA

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Dans ce nouvel épisode de UNIK, L'explorateur Loury Lag est ma Rencontre inspirante de la semaine.

Durant toute son enfance, des limites lui ont été imposées de manière violente.
En tant qu'enfant maltraité, puis adolescent fugueur et délinquant, Loury Lag a réussi à forger sa personnalité à travers ces épreuves.

Depuis lors, il mène sa vie d'homme et de père en totale liberté, sans aucune contrainte.

Depuis 15 ans, il mène une vie d'aventures extrêmes, explore le monde en skiant sur la banquise, naviguant sur l'océan et marchant dans le désert.

What is UNIK MEDIA?

Les Rencontres inspirantes de Franck Nicolas.
Nous avons tous en nous des dons et des talents uniques.
Les grandes réussites de tous les domaines qui nous entourent ont su mieux que quiconque les découvrir et les exploiter pour vivre leur vie à 110%. Et si vous pouviez en être inspiré et reproduire ce même chemin ? Franck entre dans la "tête" de ces leaders incroyables pour vous livrer leur recette du succès.
Nous vous dévoilons des talents "UNIK" pour réussir à votre tour.

Aux portes
de la mort, tout

le monde veut vivre.

Profondément,
les gens savent pas

ce que c'est d'être
confrontés

à une situation où
on n'a pas le choix.

Mais je bâtis mes
premières

expéditions.
Une, deux, trois.

Puis je commence
à aller

dans le chaud,
dans le froid,

dans le tropical.

Puis je me rends
compte que je suis

assez doué pour ça.
Laurilag.

Laurilag.

Votre spécialité,
ce sont

les expéditions
extrêmes

en solitaire.

Les températures
extrêmes,

évidemment.

En fait, le danger
est partout.

C'est juste qu'il
n'est pas palpable.

Une erreur et
c'est la fin.

Pendant mes jeunes
années, moi, j'étais

enfant battu.

Je jette pas
la pierre

à mes parents.

Je pense que j'étais
un garçon vraiment

pas simple.

Je me bagarre avec,
à l'époque,

on appelait ça
des punks à chien.

Et on se retrouve
à se bastonner,

à vendre
de la drogue,

à faire
n'importe quoi.

Et je finis à 20 ans
par me rendre après

presque un an
de cavale et je

suis incarcéré.

J'ai passé mes 20
ans en détention.

C'est une scène qui
est très dure

et c'est une scène
qui marque

un tournant
dans ma vie.

Être privé
de la liberté,

c'est quelque chose.

Mais à ce moment-là,
tu meurs.

Je fais un arrêt
cardiaque,

mon premier arrêt
cardiaque à 21 ans.

Je décide plutôt
que je vais

en faire mon métier.

Je me dis: Je
suis doué pour ça.

Pas pour les arrêts
cardiaques,

mais pour survivre.

Et je me spécialise
et je me dis:

Je vais devenir
le numéro un

dans ce domaine.
Incroyable.

Moi, j'ai besoin
de me mettre

en difficulté
pour donner

de la valeur
et de l'importance

aux choses de
mon quotidien.

Je pense que ça,
c'est très

important.

En fait, je me rends
compte qu'il y

a tout à faire.

Et même si on a
beaucoup avancé, on

est encore au début.

Vous soyez
des raisonnable.

Ayez l'audace
de choisir vos

valeurs pour faire
de vous un grand

leader pour un
monde meilleur.

Bonjour,
c'est Lourilag avec

Franck Nicolas.

Salut Lourilag,
comment vas-tu ?

Je me vais
très bien.

Quand on serre
les mains

de Lourilag,
on a l'impression

que c'est deux mains
qui vous enveloppent

votre main.

Ça sent l'aventure
et le terrain.

Il me semble qu'on
va parler un petit

peu de ça.
À priori, oui.

On va parler
un peu d'aventure.

Tu aimes qu'on te
qualifie comment ?

D'aventurier,
de sportif de haut

niveau,
Chacun y trouve son

compte dans ce
qu'il a envie.

Ça va être
aventurier.

Moi, je dis souvent
que j'ai deux

métiers: aventurier
père au foyer,

puisque je m'occupe
de mes deux filles

le reste du temps
où je ne suis pas

aux quatre
coins du monde.

Donc oui,
on va dire ça.

Papa Explorateur.
Explorateur aussi.

Il y a pas mal.
Explorateur aussi.

Pas mal de noms qui
m'ont été donnés.

Tout ce qui touche
un peu à l'extrême,

mais c'est au choix.

Depuis combien
d'années tu es

explorateur ?

Professionnellement,
ça fait 10 ans

que je fais ça et
que je gagne ma vie.

Mais j'ai J'ai
toujours eu,

je pense,
une âme

d'explorateur
en moi dès ma...

Ça fait à peu près
15 ans que tu

es quand même...
Ouais.

Ça fait 15 ans
que je baroude

autour du monde
et ça fait 10 ans

que je me suis
professionnalisé

et j'ai toujours
bien crapahuté

à droite à gauche.

Tu t'es,
on peut le dire,

quand même
spécialisé dans les

expéditions
extrêmes,

fortes, intenses.

Et en plus, ça,
ce n'est pas un

détail en solitaire.

Oui, en fait,
ça a été un choix

très particulier.

À cette époque-là,
il n'y a pas

beaucoup
de référents,

pareil, dans le
monde de l'aventure.

Et donc l'idée,
c'était de choisir

une voie qui me
correspondait

et donc d'aller
dans l'extrême

et d'évoluer
dans tous

les biotopes
possibles

et dans toutes
les disciplines

aussi sportives
différentes.

Et en fait,
pas être juste

une légende dans
un seul domaine.

C'est ça qui
m'intéressait.

Moi, j'ai deux
enfants,

deux fils
qui adorent ce

que tu fais,
qui se retrouvent

vraiment dans ce
que tu fais.

Je ne sais pas
du tout s'ils seront

un jour dans cette
catégorie-là

d'explorateur
extrême.

Revenant sur ton
enfance, on va

commencer comme ça.

Comment est né,
finalement ?

Comment a été
structuré cet homme,

capable de braver
les dangers les plus

extrêmes,
quand même ?

Là, sur cette photo,
par exemple.

Alors,
sur cette photoOn

est à Bordeaux, là ?

Parce que toi, tu
es né à Bordeaux ?

Oui, je suis
né à Bordeaux.

C'était avant que je
devienne aventurier,

mais c'était surtout
les années où j'ai

été vraiment
adorable et mignon.

Ça n'a pas
duré longtemps.

Non,
très rapidement,

moi, j'étais
un enfant très

dissipé,
très turbulent,

très casse-cou.

Ça a été très
difficile pour mes

parents de me gérer.

C'est ce qui,
je pense,

peut-être aussi a
généré un petit peu

cette enfance un peu
difficile puisqu'il

fallait me
canaliser.

J'ai eu une enfance
assez violente

de la part de mon
père au niveau

du physique.

Qu'est-ce que tu
veux dire ?

Pendant mes jeunes
années, j'étais

enfant battu.

Il fallait
vraiment...

Mais vraiment battu
physiquement ?

Oui.

C'était pas juste
de la violence

verbale ?

Ça, c'était plutôt
du côté de ma mère.

Ma mère était
en formation,

psychiatre,
psychothérapeute.

Un peu.

Il y a eu des deux
schémas parentaux

qui ont été très
durs pour moi.

C'est ce qui m'a
lancé un petit peu

dans cette dimension
de la survie

qu'aujourd'hui
est mon métier.

Tout a découlé
un petit peu

de cette enfance
difficile.

Et qu'est-ce
qui s'est passé

pour que tu mérites
des coups comme ça ?

À une époque
comme ça, je me suis

pas posé ces
questions.

Je me suis dit: Mon
père, il a vu son

papa, lui,
décéder très jeune,

donc il a pas
eu d'exemple.

Je pense que ça joue
un petit peu

dans la balance
de pas avoir

de référent
en tant que fils.

Et de fait,
je pense qu'il s'est

exercé du mieux
qu'il a pu avec

les exemples qu'il
a eus autour de lui.

Et puis,
comme je le dis,

je jette pas
la pierre

à mes parents.

Je pense que j'étais
un garçon vraiment

pas simple.

Et encore
aujourd'hui,

c'est cette
combinaison

entre difficulté,
violences et enfants

difficiles qui fait
ce que je peux

aujourd'hui.

Même à la naissance,
tu es né et réglé

par le chrono
ombilical.

Ouais, tu es
bien enseigné.

Ouais.

Ce que te diront
tes parents ?

Oui, en fait, tout
commence comme ça.

Et puis, en fait,
ça a une symbolique.

Je m'en rends compte
que quelques années

plus tard,
que finalement,

je nais directement
dans cette espèce

de difficulté.

Et j'en ai fait
mon fer de lance.

Tout ce qui a été
difficile pour moi

s'est transformé
en force et toutes

les épreuves après
m'ont permis

de rebondir.

Et j'ai enchaîné
comme ça pas mal

d'épreuves durant
toute mon

adolescence.

Quelle était
l'activité

de ton père ?

Qu'est-ce
qu'il faisait ?

Mon père,
Je suis passé par le

métier charpentier.

C'était
un métier manuel.

Je suis issu d'une
famille qui sont

essentiellement
dans le métier

du bâtiment.

Toute sa famille
à lui était tout

charpentier.

Mon frère est
charpentier,

mon père est
charpentier et moi,

j'étais le maçon.

C'est vrai que tu
as un physique...

Je ne sais pas,
mais en tout cas...

On sent une belle
génétique quand même

d'homme costaud.

On a porté
des briques.

Oui.

Cependant,
à quatre ans,

on te découvre
un syndrome.

Exact.

En fait, le syndrome
d'analgésie

congénitale,
qui n'est pas

une pathologie,
qui est

une difficulté
à ressentir

la douleur comme une
personne normale,

c'est-à-dire qu'il
y a des seuils.

Moi, je ressens
quand même

la douleur,
mais elle est

beaucoup plus
lointaine

que la norme,
ce qui m'a handicapé

pendant pratiquement
35 ans,

puisqu'en fait,
mon corps ne

m'envoie jamais
les bons signaux.

Ça veut dire qu'à
partir du moment

où mon corps
m'envoie un signal

comme quoi je suis
en danger

de détresse,
ça veut dire

que j'ai déjà
franchi le cap,

souvent, de la mort
ou vraiment d'un

danger extrême.

Et du coup,
ça m'a poussé

dans des
retranchements

dans mes expériences
de vie, certainement

toutes plus
douteuses les unes

que les autres,
mais qui m'ont

directement emmené
au stade de la

difficulté ultime.

Et là,
encore aujourd'hui,

c'est à la fois
une vraie force

et à la fois
très difficile.

Maintenant,
avec l'âge,

j'arrive
à comprendre quand

mon corps m'envoie
des signaux,

même si ce n'est pas
tout à fait

les bons,
que c'est important.

Mais vraiment,
ça a été très dur

pour moi de me
construire avec ce

syndrome qui
est enfant.

Pour donner
un exemple,

je me rappelle,
j'avais 17 ans.

Quand j'étais
en apprentissage,

je me suis
transpercé le pied

avec une pointe
et je me suis pas

rendu Je me suis
rendu compte que mon

pied avait un clou
à l'intérieur.

Je me suis rendu
compte que j'ai dû

enlever ma
chaussure.

Ça fait super héros
quand on est enfant.

Et puis,
quand on se retrouve

à faire un métier
comme le mien...

C'est super
dangereux.

C'est très
dangereux.

C'est extrêmement
dangereux,

parce que les
limites ne sont

pas les bonnes.

Et de fait,
je me retrouve

directement
en grande difficulté

si je suis face
à un danger.

Et puis enfin, dans
cette enfance

tumultueuse,
tu es déscolarisé

assez tôt,
tu n'as pas le

brevet des collèges.

Qu'est-ce
qui se passe ?

Tu es un enfant
bagarreur ?

Oui, moi,
j'ai le parcours

classique du petit
délinquant qui monte

dans une ascension
de la violence,

du vol,
de tout ce

qui touche un petit
peu au côté voyou,

gangster.

Je calque
à un moment donné,

je passe des steps,
des échelons.

Comment ça
arrive tout ça ?

Tu fais
les mauvaises

rencontres ?

Tu es attiré
par le côté

un peu bad boy ?

Moi, j'aime
la violence.

Quand je suis jeune,
je suis un garçon

qui a besoin de se
confronter

à la justice.

J'ai besoin de me
soulever aussi

contre mon père.

À l'âge de 17 ans,
je quitte le foyer

familial,
je me retrouve à

la vie dans la rue.

Pour de vrai
dans la rue ?

Oui, dans la rue.

Et là,
c'est une espèce

d'escalade Tu
bagarres avec

les sans abri aussi.
C'est terrible.

Je me bagarre
avec...

À l'époque,
on appelait ça

des punks à chiens.

Et on se retrouve
à se bastonner,

à vendre
de la drogue,

à faire
n'importe quoi.

Jusqu'à, évidemment,
que je me retrouve

et forcé
de constater que

c'est une impasse.

Et je finis à 20 ans
par me rendre après

presque un an
de cavale et je

suis incarcéré.

Ça veut dire
qu'avant de parler

de cet épisode-là,
à 17 ans,

il y a un autre
temps fort aussi,

où tu quittes
la maison.

Qu'est-ce
qui se passe ?

Ce moment,
il est assez

difficile puisque
c'est le moment où

mon père s'en prend
à mon frère et donc,

du coup, je défends
mon petit frère.

Je suis l'aîné d'une
fratrie de trois

garçons.

Et à partir de là,
je décide

de me soulever
contre ma famille,

contre mon père.

Donc, tu vas
chercher

un couteau ?

Je vais chercher
un couteau,

effectivement,
et je menace mon

père de de le tuer
s'il s'en prend

encore une fois.

Donc, la scène est
violente, il y a

ta mère qui crie.
Exactement.

C'est une scène qui
est très dure

et c'est une scène
qui marque

un tournant dans ma
vie

pour laquelle il y a
eu

On a essayé d'en
parler le mieux

possible,
mais qui reste quand

même un moment très
dur dans ma vie

de garçon et qui me
fait prendre

vraiment une
direction

très délicate.

Tu regrettes ce
que tu as fait

à ce moment-là ?

Non, pas du tout.

Je ne regrette
absolument C'est pas

ce que j'ai fait
parce que je pense

que c'est ce qui a
fait changer ma

famille, changer mon
père contre

sa volonté.

Mon père,
ça n'a jamais été un

homme bête,
c'est juste

quelqu'un qui a
manqué de repères

et d'exemples.

Et avec le temps, on
s'est retrouvé à

devoir s'expliquer.

Mais non, je pense
qu'il a fallu...

Il faut de temps
en temps un peu

de violence
pour pouvoir passer

à autre chose.
C'est beaucoup, là.

C'est à la hauteur
de ce que j'ai

aussi subi.

Je pense que c'est
normal que

les faits et gestes
que moi,

je porte soient
aussi importants,

en tout cas, que ce
que j'ai enduré.

Mais aucun regret,
pas du tout.

Et à 20 ans, tu te
retrouves en taule ?

Ouais.

Mais pour quelles
raisons ?

Qu'est-ce que
tu as fait ?

À 20 ans...

Pour quelles
raisons ?

Bande organisée,
etc ?

Ouais.

Je faisais beaucoup
de vols,

de braquages
à cette époque-là.

Donc, je me retrouve
à toutes

les personnes
qui sont

dans un braquage
avec lesquelles J'ai

travaillé sans
faire arrêter.

Moi, ça fait
longtemps que je

suis parti.

En fait, ça devient
insupportable

pour ma famille,
les perquisitions

à la maison.

Vraiment, il y avait
une pression

psychologique
de la part

des forces
de l'ordre qui était

très violente.

À un moment donné,
j'ai décidé de me

rendre pour passer
à autre chose.

Et du coup,
j'ai été incarcéré

à mes 20 ans.

J'ai passé mon
anniversaire, mes

20 ans en détention.

Et combien de temps
en prison ?

J'ai fait un peu
moins d'un an

en détention.

On dit pas très
long, mais toujours

assez pour
comprendre.

Et puis,
effectivement,

pas spécialement
ma place.

Je me rends compte
qu'il y a un vrai

décalage avec
les autres codétenus

et qu'en fait,
il y a tout

un processus qui se
met en place.

Ce qui me sauve,
c'est un peu

l'écriture,
c'est d'écrire

pour mes codétenus,
d'écrire au juge,

d'écrire à tout
le monde et je

trouve ma place.

En prison,
on m'appelle

le postier.

Du coup,
j'ai une protection

et ça me permet
de passer assez vite

ce temps
en détention en me

rendant utile auprès
de tous mes

camarades.

Tu écris pour les
autres,

c'est-à-dire ?

J'écris pour
les maîtresses,

j'écris pour tous
les codétenus

qui me demandent.

J'écrivais pas mal
à cette époque-là

et le mot a
rapidement

fait le tour.

Ça va assez vite
en détention.

Les gens sont venus
me solliciter

pour me dire: Il
faut que j'écrive

au juge,
il faut que tu me

demandes ma
permission,

il faut que tu
écrives à ma femme.

Il y a beaucoup
de gens qui ont

des difficultés.

Et moi, même si je
suis vraiment

avec un niveau
déplorable

à l'école,
je sais quand même

écrire et lire.

Et donc je me
retrouve

par le plus grand
fruit du hasard,

à faire ce que j'ai
détesté faire.

20 ans, tu arrives
en prison où c'est

quand même
le paroxysme

du bout du bout.

Est-ce que c'est
à ce moment-là

que tu arrives
en prison avec

le cœur gros
et toujours

cette rancœur
avec ton père ?

Et est-ce que c'est
aussi en prison

qu'il va y avoir
quelque chose

dans une sorte
de résilience,

de pardon,
de compréhension,

de rapprochement
avec ton père ?

En fait, il y a un
mix entre les deux.

C'est-à-dire qu'il y
a une grande

violence
et à la fois,

être privé
de la liberté,

c'est quelque chose.

Et je pense qu'on ne
se rend pas bien

compte quand on n'a
jamais été privé

de sa liberté,
que c'est une chance

que d'être dehors,
de pouvoir respirer

un air et de pouvoir
aller à droite et à

gauche à sa guise.

Quand on n'a jamais
été enfermé dans sa

vie, on ne peut pas
comprendre ce

que ça génère.

Du coup,
ça pousse

à la réflexion et on
se dit: J'ai perdu

beaucoup de temps,
je ne veux pas

en perdre plus.

Donc, de fait,
je vais mener

des actions.

Qu'est-ce que ça va
être, ces actions ?

Ça va être,
là, par exemple,

d'entamer
un processus

de pardon
avec mon père.

Et là, il y a un
déclic en détention.

Je me dis:
Je te pardonne.

Il vient au parloir,
je me rappelle cette

scène et il y
a des larmes.

C'est très émouvant.

Et je lui dis: Je te
pardonne pour tout

ce que tu as fait.

Et en fait,
je pense que ça va

se Ça s'est passé
assez rapidement.

Il m'a quand même
fallu 10 ans

pour que le
processus se fasse.

Mais c'était
le début d'un

renouveau avec
mon paternel.

Et qu'est-ce qu'il a
dit à ce moment-là ?

Il a été très ému.

Il a été très ému.

Et puis,
moi, je n'étais pas

encore papa à cette
époque-là,

donc je n'imagine
même pas ce que ça

peut faire,
maintenant que j'ai

deux petites filles,
d'avoir un de ses

enfants se tenir à
parler de la sorte.

Ça doit être
terrible.

Donc, j'imagine
le soulagement pour

lui aujourd'hui.

Ça a été le début
de quelque chose

de vraiment beau,
une belle histoire

qui a suivi.

Tu sors de prison.

Tout à l'heure,
je te disais,

c'était
le paroxysme,

mais on est
toujours là-dedans.

Tu tombes
dans la drogue.

Oui.

En fait,
la problématique

de la sortie
de prison,

c'est que j'ai cinq
ans d'interdiction

quitter
le territoire

qui sont vraiment
très durs.

Il faut savoir
que les

interdictions
de quitter

le territoire, ça
consiste à aller

au commissariat tous
les jours,

à porter un bracelet
électronique,

à être assigné
à domicile,

à devoir rendre
compte à des juges

continuellement
et tout.

Et finalement,
on est sorti

de prison,
mais on est dans une

autre prison
à l'extérieur.

Et donc cinq ans,
c'est très long.

Et donc comme une
sorte

d'échappatoire,
je découvre

effectivement, je
découvre la drogue.

Assez à 21 ans.

Mais comme moi,
je ne sais

absolument
rien faire...

Avec modération,
mais à ce moment-là,

tu meurs.

Je fais un arrêt
cardiaque,

mon premier arrêt
cardiaque à 21 ans.

Surdose ?

Une surdose
de drogue Oui,

et voilà, la volonté
d'aller chercher

des émotions,
d'aller chercher

ce que me faisait
la drogue,

parce que contre ma
volonté, ça m'a

ouvert l'esprit.

J'étais très dur,
très fermé après

la détention et ça
m'avait créé

des sentiments
qui était assez

bénéfique.

Et puis finalement,
oui, je fais mon

premier arrêt
cardiaque,

une mort médicale
à l'intérieur.

Et ensuite, là,
malheureusement,

tu n'arrives
toujours pas à t'en

sortir et tu fais un
deuxième arrêt

cardiaque.
Oui.

Mais en fait,
à 25 ans,

j'ai l'autorisation
de quitter

le territoire.

Je prends
un avion pour partir

aux États-Unis et je
me retrouve

à l'autre bout
du monde à voyager

avec ce sentiment
un petit peu

de liberté,
pieds nus,

même si je n'ai pas
vraiment de notion

de ce qu'est
le voyage et tout.

Et je me retrouve
donc à vivre

des expériences
hors du commun.

Et donc, je me fais
piquer

par un scorpion dans
le Grand Canyon.

Et c'est là que je
fais un second

arrêt cardiaque.

Donc là, tu décides
à ce moment-là

que ça suffit,
la collection ?

Non, je décide
plutôt que je vais

en faire mon métier.

Je me dis que je
suis doué pour ça.

Pas pour les arrêts
cardiaques,

mais pour survivre.

C'est-à-dire
de connaître la mort

t'a permis
d'apprécier encore

plus la vie
à ce moment-là ?

Clairement.

Clairement,
C'est très drôle

parce que très
souvent,

j'entends dans mon
métier: Je n'aurais

jamais autant
de volonté

de survivre,
je n'ai pas

d'instinct
comme toi.

Moi, je pense que
profondément,

les gens savent ce
que c'est d'être

confronté
à une situation où

on n'a pas le choix.

Et aux portes
de la mort, tout

le monde veut vivre.

Et encore
aujourd'hui,

c'est un sujet
que je porte

et que je connais
bien la tenance.

Et donc je me suis
dit: Oui, je suis

doué pour survivre.

Et en fait,
ça m'a donné envie

de me mettre
dans une situation

délicate,
de repousser mes

limites
et de combattre

en quelque
sorte la mort.

Donc c'est
dans cette

période-là,
après le scorpion,

que tu as commencé
à penser à devenir,

entre guillemets,
aventurier ou pas ?

Ouais, les premières
ébauches de cette

époque-là se dessine
et je me dis:

Il y a quelque
chose qui se passe.

À l'époque, il y
a deux référents.

Il y a Bergrill,
c'est My Corn

dans le métier,
un anglais

et un suisse.

Je ne comprends pas
vraiment ce qui se

passe et tout.

Est-ce que c'est
un métier ?

Est-ce que ce n'est
pas un métier ?

Et donc, Je décide
de me renseigner.

Là, je rentre
en France et je fais

une école
de cinoche.

Et ça ne marche
pas du tout.

Parce que je
débarque pieds nus

de Colombie
avec mon sac à dos

et je me rends
compte que la vraie

vie, c'est
difficile.

Et pareil,
je rentre chez moi

à Bordeaux
et à partir de là,

je deviens un garçon
un peu plus modèle.

Et tu te mets à ton
compte, tu crées

une entreprise ?

Oui, plusieurs
entreprises.

J'ai toujours eu
l'âme d'un

entrepreneur.

C'est juste que j'ai
plutôt choisi

le mauvais je
mets au départ.

Mais finalement,
légal ou illégal,

c'est un petit
peu la même chose.

Sauf qu'à un moment
donné, on paye

des impôts.

À 26 ans, plus
d'un million, 1.

5 million de chiffre
d'affaires avec

20 employés.

T'es l'entrepreneur
quand même à ce

moment-là ?

Ouais,
sur le papier.

Sur le papier,
je suis

l'entrepreneur
et tout.

Après,
très déçu du système

français pour les
jeunes

entrepreneurs,
donc ça m'intéresse

pas beaucoup.
C'est quoi ?

C'est belles
voitures ?

Voilà, les grosses
voitures.

C'est un peu...

J'ai à peine
la trentaine.

C'est C'est génial.

Je vis ma vie
de jeune

entrepreneur,
mais ça m'anime

pas spécialement.

L'argent est
intéressant,

mais c'est pas ce
qui me fait vibrer.

Et puis, à un moment
donné, tu kiffes pas

trop sur la France.

Je pars parce
que j'en ai un petit

peu marre du système
français et je pars

parce que je suis
un J'ai l'impression

d'être un petit
peu incompris.

Tu pars pour où ?

Je pars pour l'Asie.

Je pars pour l'Asie
et puis là,

je me rends compte
que finalement,

après avoir mené
de front toutes ces

expériences,
là où je me sens

le plus à l'aise,
c'est...

C'est d'organiser
des expéditions

extrêmes.

Et je me spécialise
et je me dis: Je

vais devenir
le numéro un

dans ce domaine.
Incroyable.

Et je repars de zéro
et je rebâtis

un modèle économique
avec une stratégie

d'évoluer dans tous
les endroits

en solitaire.

Et depuis,
je ne fais que ça.

Donc, tu fais un peu
de développement

personnel ?

Je fais beaucoup
de développement

personnel, oui.

C'est ce que je te
disais tout

à l'heure en off,
c'est que quand

j'avais 20 ans,
je te suivais déjà

et je suivais ce
que tu faisais.

C'est vrai qu'il y
avait peu

de référents,
encore une fois,

en dev à cette
époque-là.

Et ça m'a
toujours suivi.

Je trouve que les
expéditions en règle

générale sont
un très bon moyen

de faire
du développement

personnel puisqu'on
a beaucoup de

temps pour
l'introspection.

Et comment ça a
commencé,

finalement,
ces premières

expéditions ?

Parce que de ce
que je comprends,

c'est quasiment
appris sur le tas.

Ce n'était pas
de la formation.

Dans un sens,
oui et non,

puisqu'en fait,
dans notre jeunesse,

on a toujours
vécu à la dure.

Et justement,
le bon côté

des choses,
c'est que notre père

nous a beaucoup
éduqués de manière

à nous débrouiller
seuls dans la forêt,

à construire nos
cabanes, à pêcher,

à chasser.

Et donc,
il y a quelque chose

un petit peu
dans la même cette

fibre qui se...

Cette dureté
de l'enfance.

Oui, me permet
de mieux survivre

à mes 30 ans.

Et je me rends
compte que je suis

très à l'aise
dans les endroits

où les gens sont
très mal à l'aise.

Et du coup,
je suis assez doué

pour réussir
à survivre.

Mais je bâtis mes
premières

expéditions qui ne
sont même pas

des expéditions,
qui sont plutôt

des aventures
et j'en mets une,

deux, trois.

Et puis je commence
à aller

dans le chaud,
dans le froid,

dans le tropical.

Et puis je me rends
compte que je suis

assez doué pour ça,
qu'il y a un modèle

économique viable,
intéressant

à développer.

C'est quoi le modèle
économique ?

C'est le sponsoring
pour financer

les expéditions.

Et après,
il y a tout

le merch,
les produits dérivés

qui sont à côté
de ça, que ce soit

les marques,
que ce soit

les livres,
que ce soit

les conférences
qu'on vend,

les stages
de survie.

Et après, ce qui est
bien dans

l'aventure,
c'est que c'est

un panel très large
qui va toucher,

par exemple,
la réalisation d'un

film qui peut aller
au cinéma comme

aller dans une
entreprise

pour parler,
faire un retour

d'expérience.

Donc c'est très,
très large et ça

offre beaucoup
de possibilités

par rapport à plein
de business qui sont

assez ciblés sur des
marchés de niche.

Là,
on est sur un marché

de niche,
oui d'hyper niche

même, mais
très large.

Et donc c'est assez
intéressant au au

niveau du business.

Et en fait,
je me rends compte

qu'il y a
tout à faire.

Et on est encore
aujourd'hui,

même si on a
beaucoup avancé, on

est encore au début.

Et comment choisir
sa première

expédition,
les lieux, le défi ?

Comment on
s'y prépare ?

Bêtement.

Je regardais
une carte et je me

suis dit: Qu'est-ce
qui n'a pas été fait

à côté de chez moi ?

Au début,
je cherchais

les records.

Pour me faire
un nom, je cherchais

à établir des
records du monde.

Donc je regardais
qu'est-ce

qui n'avait
pas été fait.

Je traversais
des airs pieds nus.

Après, je suis allé
traverser

le second plus grand
glacier d'Europe

en solitaire.

Et ensuite,
j'ai commencé

à avoir un record
du monde,

deux records
du monde, trois.

Et de plus en plus,
les expéditions ont

grossi, les
partenaires avec.

Ceux qui ne
voulaient pas me

donner un centime
voulaient absolument

me financer.

Et puis,
ça a commencé

à faire le tour.

Et puis,
il n'y a pas

beaucoup de gens
aujourd'hui ou quasi

pas qui font le
métier que je fais.

Il y a beaucoup
de gens qui font

des expéditions,
oui, mais qui sont

dirigés dans une
seule discipline.

Et donc moi,
mon fer de lance a

toujours été
d'évoluer dans tous

les biotopes
et de pratiquer

tous les sports.

Est-ce que tu
penserais un petit

peu comme de
l'histoire

de Forest Gump,
que la vie,

c'est comme une
boîte de chocolat,

on ne sait pas sûr
qu'on va tomber ?

J'adore
cette phrase.

J'adore cette
phrase: La vie,

c'est comme une
boîte de chocolat,

on ne sait jamais
sur comment

on va tomber.

Oui, moi, j'ai passé
toute ma vie

à essayer de bouffer
des chocolats que je

ne connaissais pas
et je me suis fait

et créé mon propre
chemin en me disant:

J'aime ça,
je n'aime pas ça,

il faut savoir
s'écouter.

Et j'adore cette la
race de Forest Game.

Est-ce que cette
nouvelle vie

d'aventure où tu as
trouvé finalement

ton sweet spot,
ton X,

c'est ton truc,
est-ce que tu dirais

que c'est
une sorte de...

Pas de rédemption,
et pas forcément

que d'échappatoire,
mais un petit

mélange de
tout cela ?

Oui, carrément.

Même d'ex Un
exitoire, en fait.

Un exitoire, oui.

Finalement,
ce qui est très

drôle,
c'est

qu'aujourd'hui,
je suis plus

compétent
en expé que dans la

vie de tous
les jours.

La vraie survie,
c'est être à Paris,

par exemple.

Je te comprends.
Je te comprends.

C'est super bien.

Mais devenir
le leader que tu es

aujourd'hui, fier,
le papa, le mari,

devenir l'homme,
l'humain,

par cette
confrontation de

la nature extrême.
Oui.

Clairement,
je pense que l'un ne

va pas sans l'autre
et c'est ce qui me

rend
C'est ce qui me

permet de profiter
de la vie,

cette espèce de
différence

entre deux univers
complètement

différents.

Survivre à moins 77
et rentrer au chaud

permet d'apprécier
les choses simples

de la vie,
de profiter de ses

enfants, de profiter
de gens qu'on aime

avec une vraie
simplicité.

Moi, j'ai besoin
de me mettre

en difficulté
pour donner

de la valeur
et de l'importance

aux choses de
mon quotidien.

Et je pense que ça,
c'est très

important.

Et on a tendance
à oublier,

finalement,
la chance qu'on a,

comme je le disais,
d'être libre,

de pouvoir se
déplacer comme on

le veut, d'être en
bonne santé aussi.

Ça, c'est très
important.

Et moi,
ma piqûre de rappel,

c'est partir
à l'aventure.

Et c'est
quoi le rythme

dans ta tête
ou dans le modèle

d'affaires
d'aventures,

d'expéditions ?

C'est une par an,
une tous

les deux ans ?

C'est C'est
très aléatoire.

Là, ça fait cinq ans
que je travaille

très fort et je
prends une année

sabbatique,
par exemple,

parce qu'il y a tous
les projets que j'ai

menés à bien pendant
cinq ans qui sortent

au fur et à mesure.

À la rentrée,
un second livre,

une mini-série,
un film.

On est à Cannes
l'année prochaine.

C'est ça qui est
intéressant,

c'est que tout
le travail qui a été

très long à
mûrir

porte à un moment
donné ses fruits.

Donc là, je peux me
permettre de lever

un petit
peu le pied.

Pourquoi,
à ton avis,

il faut accepter
de marcher dans

sa vie, parfois
pieds nus ?

Je pense que pieds
nus, c'est très

symbolique pour moi.

C'est synonyme
de liberté.

J'habite
dans un endroit

de la France,
à Biarritz,

où que tu travailles
dans une grande

marque de luxe
où que tu sois

caissier quelque
part, tout le monde

enfile sa
combinaison

entre midi et deux
pour aller au surf.

C'est un sentiment
de liberté assez

incroyable que de se
retrouver à marcher

pieds nus en
allant à l'eau.

Moi, j'apprécie
énormément cette

liberté et je trouve
qu'on a perdu

cette connexion
à la nature

qui passe déjà
par finalement

marcher pieds nus.

Tu survis
à des températures

vraiment extrêmes,
on peut dire moins

70 ou moins 77,
comme tu le disais

il y a un instant,
à plus 60.

What's going on ?

Comment c'est
possible, ça ?

En fait,
c'est possible.

Déjà, premièrement,
parce que le corps

est très bien fait.

Et en fait,
on ne se rend pas

compte que le corps
a une adaptation

continuelle
aux températures

extrêmes
dans un sens

ou dans l'autre.

Moi, j'ai survécu
à moins 66 et plus

60, donc c'est deux
extrêmes vraiment

incroyables.

Après,
il y a évidemment

toute
la préparation,

que ça passe
par la nutrition,

la prise de poids,
l'équipement.

Ensuite,
c'est un travail

d'équipe aussi,
puisque

continuellement,
quand on est

sur le terrain,
moi aussi,

j'ai tout un staff
qui me permet de me

donner de la météo
journalièrement

et de gérer ma prise
de risque

en fonction des
jours qui passent.

Et avec le temps,
on apprend vraiment

à optimiser,
à développer

du matériel qui nous
permet de repousser

encore plus
les limites.

Je pense qu'on est
dans un air vraiment

intéressant pour ça
en R&D de se dire:

On peut faire
du matériel

sur mesure
pour aller encore

plus loin au niveau
de la tech

et pour dépasser
les limites qu'on

n'a pas réussi
à dépasser.

Si on regarde
les plus gros défis,

les plus gros
challenges que tu as

eus, par exemple
marcher, pieds nus,

traverser le désert,
toutes les

contraintes.

Moi, évidemment,
j'ai l'hydratation

qui me vient dans la
tête, l'insolation.

C'est quoi les
défis,

les contraintes ?

Dans le chaud,
effectivement,

c'est
la déshydratation,

clairement.

C'est la plus grosse
problématique

à laquelle on
fait face.

Après, il y a toutes
les petites bébêtes

que tout le monde
adore, les serpents,

les scorpions.

Dans le désert,
il se passe quand

même pas mal
de choses.

Il y a beaucoup
de vie, même si on

ne la voit pas.

En général,
dans les

températures très
chaudes,

on progresse la nuit
ou au petit matin.

Dans le froid,
c'est l'inverse.

Et la nuit,
on ne voit rien

du tout,
les animaux,

les scorpions ?

La nuit, on ne voit
rien du tout,

mais finalement,
c'est ça qui est

intéressant,
c'est que le jour,

en gros,
on peut progresser

et les scorpions,
les serpents

sont à l'abri.

La nuit,
on prend plus

de risques, mais
on fait plus

de kilomètres
et c'est ça la vraie

aventure,
c'est trouver

le juste milieu
du ratio que tu vas

fournir entre
une prise de risque

supplémentaire,
mais en même temps,

si tu restes
la journée à ne

pas avancer.

En fait, c'est très
difficile et c'est

ça qui est
intéressant dans les

expé, c'est toujours
trouver le bon ratio

entre la prise
de risque et le fait

de ne pas se
mettre en danger.

Une journée
ressemblait à quoi ?

Tu dormais à quel
moment,

par exemple ?

Dans le chaud,
dans le froid, c'est

très différent.

Dans le froid, c'est
assez difficile.

Dans le froid,
on ne dort

jamais vraiment.

Puisque la nuit,
c'est le moment

où il y a les ours
et les loups

et donc c'est
très compliqué.

Moi, je me suis fait
récemment plusieurs

fois attaquer
par un ours et tout,

le moment où on
est sur le camp.

On
Dans l'expédition,

on dort
quasiment plus.

En fait, on
somme null.

Pendant trois mois,
j'ai passé cinq mois

à dormir deux,
trois heures

par jour
en préparation

et quand j'arrive
en expé,

je somme null
pour essayer

de prendre
une demi-heure.

Ça m'arrive même
parfois

de m'endormir
sur les skis,

de repartir.

Là, c'est de la
survie pure et dure.

Comment on peut être
à ce point

en privation
de sommeil pendant

trois mois ?

En fait,
instinctivement,

ça se fait.

Moi, ça fait très
longtemps que je

dors très peu.

Depuis la détention,
En fait, j'ai cette

problématique
de sommeil,

ce qui fait
que quand je me

retrouve dans des
expé comme celle-là,

c'est une valeur
ajoutée.

J'arrive à très,
très, très

peu dormir.

Et puis, si vraiment
on sent qu'il y a

un épuisement total
et qu'on prend

un gros risque,
on pose le camp,

on reste un jour
et en général,

on profite
des éléments

de vent, de tempêtes
qui nous obligent

à rester
dans l'attente.

Et là, on récupère
un petit peu.

Comment tu arrives
à gérer ton stress,

tes émotions ?

Moi, j'ai une très
bonne gestion du

Ça me stresse.

C'est mon corps
qui le gère un

peu moins bien.

Mais de toute
manière,

c'est comme
n'importe quel

métier à risque.

Un gars qui bosse
au GIGN, un pompier,

un gars qui
fait l'armée.

Ce sont des métiers
qui sont très

à risque.

La prise
de conscience

du danger, elle
est inévitable.

Les discussions avec
les proches,

elle est très
importante

avant de partir.

Mettre tout le monde
dans une atmosphère

et dans un climat
de confiance,

même s'il y a
une très grosse

prise de risque.

Et donc,
je pense

que la préparation
mentale

à et la préparation
des proches qui nous

entourent,
elle est extrêmement

importante.

Et sur le terrain,
là, c'est de la

survie pure et dure.

Donc,
il faut s'écouter

très fortement,
il faut écouter son

instinct de survie.

Et après,
je pense qu'il faut

bien connaître
tout ce qui est

matériel et
l'élément

de la nature,
puisque c'est là

où on n'est
pas le maître.

Quels sont les temps
critiques que tu as

eus durant tes
principales

expéditions,
les moments

de danger de mort,
où ça a été vraiment

à deux doigts ?
J'en ai eu plein.

Là, récemment,
je suis sorti de ma

tente, j'ai dû faire
face à un mastodonx

d'une tonne qui est
un ours blanc

qui est en train
d'attaquer le camp

parce qu'il sent
la nourriture.

Ça,
c'est une situation

super extrême.

Tomber dans une
crevasse qu'on ne

voit pas, c'est
très extrême.

En fait, le danger
est partout.

C'est juste qu'il
n'est pas palpable.

Ce n'est pas
comme si on allait

sur une zone
de guerre où on se

fait tirer,
on entend les balles

qui sifflent et tout
ça, mais c'est tout

aussi dangereux.

Et en fait,
Le danger peut venir

de quelque chose de
tout petit,

c'est-à-dire qu'une
erreur, par exemple

sur le matériel,
je n'ai pas

de backup
sur un réchaud,

typiquement,
l'expect s'arrête,

je meurs de froid.

Donc, en fait,
dans une expédition

polaire,
tout est dramatique.

À partir du moment
où on n'a pas

une organisation,
une logistique

millimétrée,
et c'est ce

que j'aime,
c'est qu'il n'y a

pas de marge
d'erreur dans les

expéditions
polaires.

Une erreur et
c'est la fin.

Que ça soit
l'hypothermie,

que ça soit
la gestion du danger

sur des crevasses
ou que ça soit sur

un froid extrême.

Moi,
j'ai des angelures

au nez, au doigt.

Ça peut très
rapidement

tourner au drame.

Surtout que tu sens
très peu la douleur,

ou moins la douleur.

Oui, c'est
très compliqué.

Et là,
qu'est-ce que tu as

fait avec l'ours,
juste pour pas

curiositer ?
Tu as crié ?

J'ai tiré
un tir de sommation

et il est parti.

Et pour l'anecdote
qui est assez folle,

c'est que le
lendemain,

je trouvais
des traces d'ours

de 40 centimètres
autour du camp

et des trous
dans la banquise.

C'est là qu'on se
rend la puissance

de ces bêtes
qui creusent jusqu'à

1,50 mètre,
donc la glace

qui est congelée,
la mer.

C'est l'Océan
Arctique qui est

passé de l'état
liquide à l'état

solide et un ours
arrive à creuser

considérablement
dans la glace.

Là, on comprend
vraiment qu'on

n'est pas chez nous.

Donc là,
tu es armé ?

Oui, on est obligé.

Même les rangers ne
nous laissent pas

partir si on
n'est pas armé.

On a des fusées
de détresse,

des fusils.

On a des choses
qui nous permettent

vraiment de nous
protéger,

nous, en cas
de danger,

sans pour autant
attaquer la faune

et la flore locale.

Mais ça fait partie
du métier, c'est

très important.

Comment on gère,
même si ça fait

partie du métier,
cette condition

où on doit accepter
de peut-être

mourir ?

Moi, je trouve
que ça,

c'est un sujet
qui est super

intéressant.

Je trouve qu'on est
tous à la même

enseigne sur ce
sujet de vie,

de temps et de mort.

Tout le monde est
au courant que ça

va s'arrêter.

C'est juste que peu
de personnes

acceptent que c'est
une réalité.

Moi, je ne vis pas
du tout dans cette

utopie que ça va
arriver plus tard,

lointain.

La mort,
ça peut être

à n'importe quel
moment de

la journée.

On peut se retrouver
en train de passer

un espace
chez le piéton et

de se faire faucher.

La maladie,
ça peut arriver

à n'importe quel
moment et je trouve

ça
très utopique

de croire que ça va
arriver que

plus tard.

Donc moi,
je vis tous

les jours en me
disant: La mort,

elle est partout
et c'est pour ça

que j'ai envie
d'être compétent

au jour le jour.
Oui, c'est vrai.

Et à la fois,
tu vas un peu

au devant, parfois.

Ouais, parce que
j'ai l'impression

qu'être au plus
proche de la mort,

finalement,
et lui faire

lui tirer la langue.

C'est être au plus
près de la vie ?

Ouais, clairement.

Moi,
j'ai l'impression

qu'au plus proche
de la mort,

au plus je prends
des dangers

et au plus j'ai
l'impression

de capitaliser
pour ma survie

et pour le fait
que je vais

vivre longtemps.

Est-ce que tu as
peur que ton passé

revienne avec
de vieux démons,

de violences,
de rechutes ?

Ou est-ce que tu es
sur un là-dessus ?

J'essaie de me
contrôler.

Ça pourrait arriver
que je pourrais

avoir des rechutes,
mais dans

l'ensemble,
je me gère plutôt

correctement
aujourd'hui.

C'est-à-dire
que des fois,

c'est un peu
chaud patate ?

Ouais, parfois,
j'ai...

Ça peut ?

Ouais, il peut se
passer des choses.

En voiture ?
Non, non, non.

Je m'énerve que
très rarement.

Il faut vraiment
que ça soit très

extrême pour que je
passe une frontière.

Avant que tu
redeviennes Hulk.

Voilà, et que je
me transforme.

Oui.

Et c'est intéressant
parce que tu es papa

de deux
magnifiques filles.

Merci.

Et qui est le papa ?

Qui est ce chef
de famille ?

Qui est le mari ?

Qui est cet homme ?

Les enfants, ça m'a
fait découvrir

une nouvelle facette
de la vie aussi

que je trouve
magnifique

et pour laquelle je
prends énormément

de plaisir.

Après, moi,
j'utilise toujours

cette métaphore de
la vie où un chef

de La famille,
c'est comme le wagon

de tête
dans un train

et que si on met pas
le bon kérosène

dans la locomotive
de tête, c'est tout

le train
qui s'arrête,

la famille,
les enfants.

Donc, c'est très
égoïste de dire ça,

mais je dois
m'accomplir en tant

qu'homme pour être
un bon père.

Je dois m'accomplir
en tant qu'homme

pour être
un bon mari.

C'est ce qui me rend
compétent quand

je suis chez moi.

Je suis à 100% quand
je suis un papa

à la maison parce
que je suis épanoui

dans ma vie
professionnelle.

C'est comme ça
que tu arrives

à supporter d'être
loin pendant huit

à jusqu'à dix mois
loin de tes

enfants ?
Aussi.

Qui en souffrent,
je suppose ?

Oui et non.

Quand elles étaient
petites,

c'était très
difficile parce

que finalement,
la distance,

le manque,
on n'arrive pas

vraiment
à le quantifier,

mais c'est
difficile.

Et ça s'est traduit
par plein de C'est

une situation très
dure pour moi.

Je suis rentré,
parfois,

mes enfants ne
voulaient pas que je

les touche pendant
une semaine,

ne voulaient pas
décrocher

au téléphone alors
que moi, je venais

de risquer ma vie.

Donc il y a
plein d'étapes.

Ça, c'était
dur, ça ?

C'est très dur,
mais en même temps,

j'ai fait ce choix,
je dois l'assumer.

Et Donc c'est à moi
de faire un travail

supplémentaire
pour comprendre mes

enfants,
pour les accompagner

au mieux dans ce
processus qui est

certainement
délicat.

Mais au final,
mes enfants sont

extrêmement
équilibrés, ils

adorent l'aventure.

Mes enfants ne
regardent

pas la télé.

On voyage
énormément, on est

dans la nature.

Et après,
avoir un papa

aventurier, ça a du
plus, ça a du moins.

Je pense
comme n'importe quel

métier de n'importe
quelle personne.

Moi, j'essaie juste
de trouver

les valeurs
à ajouter et de les

mettre en avant
et d'être compétent

dans ces rôles-là.

Et la vie de couple,
alors ?

Moi, je suis tombé
fou amoureux quand

j'avais 15 ans
d'une femme

pour laquelle j'ai
vraiment...

C'est la première
fois de ma vie

que je ressentais
cette sensation

d'amour.

Elle n'a jamais
voulu se mettre

avec moi.
Ça a duré 10 ans.

Je l'ai couru après,
aux quatre

coins du monde.

Je suis parti
dans plein de pays

du monde pour lui
dire que c'était

la fin de ma vie.

Elle m'a toujours
dit que ce n'était

pas le bon moment.

Et un jour,
j'ai refait ma vie.

Je me suis dit:
Il faut bien que je

me fasse une raison.

J'ai rencontré la
mère de mes enfants.

J'ai eu deux
magnifiques filles.

J'ai passé 10 ans
de ma vie avec cette

personne,
mais mon travail

nous a un
peu écarté.

Aujourd'hui,
on est séparé avec

la mère de mes
enfants,

mais on s'entend
à merveille.

Je veux dire qu'on a
la chance d'avoir

vraiment travaillé
pour être

une famille
coûte que coûte.

Et j'ai retrouvé mon
amour de jeunesse

avec laquelle je
suis depuis

deux ans.

C'est une belle
histoire, ça ?

C'est une magnifique
histoire.

Qui accepte de ne
pas te voir

pendant huit mois.

Pour le coup, tu...

Elle me rejoint
maintenant.

C'est C'est ça
qui est très bien

avec l'évolution
aussi du départ

où on avait peu
de moyens

à maintenant,
on a des moyens,

on est capable
de faire venir

les familles,
on est capable

de faire venir
les compagnes

à
des ravitaillements

et tout.

Et donc, ça apporte
de la légèreté

dans les conditions
sur le manque

qui sont assez
intéressant.

Par exemple,
la famille peut

venir à un
ravitaillement

en hélicoptère ?

Ou en motoneige ?

On évite vraiment
trop ce qui fait

du mal à la planète.

Mais oui, la famille
se déplace dans les

endroits où je suis,
m'attend

à un endroit
stratégique,

mon arrivée et je
peux les retrouver.

Par exemple,
quand je m'arrête

dans un endroit
à un ravitaillement,

pendant une semaine,
elles sont là et on

passe du temps
ensemble et on

profite des
choses simples.

Est-ce que tu penses
arrêter un jour avec

une idée de date
en tête ?

Déjà, je suis
dans mon année

sabbatique,
donc j'essaie

d'en profiter.

Là, clairement,
je suis pas du tout

prêt à m'arrêter
de partir

à l'aventure,
puisque j'ai

des projets
pour 2027, 2028.

Alors, 2027, 2028,
ça va ressembler

à quoi ?

J'ai un très gros
projet de faire

fabriquer un bateau
très novateur

qui consommerait
très peu d'énergie

et qui
fonctionnerait avec

les éléments
naturels,

des moteurs
à hydrogène,

en adéquation avec
ce que je fais

pour faire un tour
du monde complet

sur le tropical
du Capricorne

en solitaire.

C'est environ 17
mois à faire plus

de 45 000
kilomètres,

à traverser trois
continents,

trois océans
et six déserts.

Et puis, il y a
aussi le papa.

Oui.

Alors, le papa,
ce n'est pas plus

simple aujourd'hui,
finalement ?

Non.

Mais pour d'autres
raisons ?

En fait, l'histoire
avec mon père,

c'est une histoire
tragiquement belle

puisque comme je
l'ai expliqué,

je viens d'un
endroit où ça a

été difficile.

On a été
dans la

confrontation,
dans la violence.

Et un beau jour,
pour mettre fin

un petit peu à ça
et pour passer

à autre chose,
après cette première

étape de pardonner
à mon père,

on a tous décidé
avec ma famille

de le pousser
à revivre son rêve

de gamin
et d'acheter

un bateau
et de partir à la

conquête des mers.

Et je lui ai dit: Le
jour où tu partiras,

tu prendras la mer,
je serai là.

Un jour,
il m'appelle,

il me dit: Je vais
traverser l'Océan

Atlantique.

J'ai rejoint mon
père et on a

traversé l'Océan
Atlantique tous

les deux ensemble.

C'était la fin.

C'était la fin
de notre passé

et c'était le début
de quelque chose

de nouveau où on
était capable de se

dire qu'on s'aimait
et qu'on se

pardonnait vraiment
et que c'était

terminé.

Il m'a dit: Mon
fils, tu es

un bon père,
tu es un bon fils

et je n'ai plus
rien à t'apprendre.

Et c'est un moment
qui a changé ma vie

considérablement
et qui m'a donné

envie de profiter
plus des miens.

Et malheureusement,
j'avais un mauvais

pressentiment
sur son départ un

peu trop rapide.

Il est revenu un an
et demi plus tard

avec une maladie
incurable.

Et aujourd'hui,
alors que je

retrouve mon père
quelques années

auparavant
pour profiter

de lui, la vie
va me l'enlever.

Mon papa va partir
maintenant dans très

peu de temps,
puisque

ça fait plus de huit
mois qu'il suit

un traitement
qui arrive à terme,

pour lequel on ne
peut plus

rien faire.

Et donc, je profite
actuellement de ce

dernier moment
avec mon père.

Donc finalement,
c'est un cancer

du pancréas qui va
te l'enlever ?

Oui.

Et vous avez
eu l'intention,

en tout cas,
vous avez toujours

l'intention
aujourd'hui de

donner vie à ses
dernières pensées.

Exact.

Il a toujours été
question de

respecter...

Nous, on est
une famille

pleine de code.

On est très
protocolé

dans ma famille.

C'est un mot que je
n'aime pas utiliser,

mais c'est quand
même une toute

petite mafia où on
se fait beaucoup

confiance, même
si c'est très dur.

On se parle
des choses crûment

et si on doit mener
des actions,

on les mènera et on
respectera

les volontés
de mon père.

Quelles sont
les dernières

volontés
de ton père ?

Elles ont beaucoup
changé

pour plein
de raisons

différentes,
puisque je le disais

au début de cette
interview,

mais mon père
avait un petit peu

l'arrogance ou la
non-conscience

de se dire: Je veux
partir, moi,

le jour où je
partirai,

Je partirais
comme un marin,

je partirais en mer.

Et puis finalement,
aux portes

de la mort,
il s'accroche coûte

que coûte,
il veut vivre corps

et âme et
c'est très dur.

C'est pour ça que
c'est toujours très

délicat,
les gens

qui expliquent:
Moi, je n'ai pas cet

instinct de survie.

Il est inné.

Et si on se retrouve
dans une situation

délicate, on veut
à tout prix vivre.

Elles ont beaucoup
évolué, les demandes

de mon père.

Et là,
la demande de mon

père, c'est
de rassembler tous

les gens qu'il aime
pour lui dire

au revoir une
dernière fois.

C'est quoi pour toi
la définition

de réussir ?

La définition
de réussir,

pour moi,
c'est s'accomplir

personnellement
à travers plein

de sujets,
mais toujours

en quête de son
propre bonheur.

Si tu devais choisir
ici un objet,

celui qui
symboliserait

peut-être le plus
de choses pour toi ?

Oui, enLa couronne ?
La couronne ?

On va aller
la voir alors.

Oui, avec plaisir.

C'est la couronne
que tu es bien sûr,

pas de regrets.
Non, sans regrets.

Sans regrets.

C'est cette
couronne-là

que tu as choisie.

Pour quelles raisons
tu as choisi

cette couronne ?

Je fais très souvent
des blagues sur

moi où je dis
quand je pars

en expédition,
que je connais bien

le terrain et je dis
souvent: Le king

connaît le terrain.

En fait,
ce n'est pas un égo

trip mal placé,
c'est juste que pour

moi, ça signifie
énormément sur la

confiance en soi.

Je pense que que ça
soit dans l'aventure

ou dans tous
les métiers qu'on

fait dans le monde,
c'est très important

de gagner cette
confiance en soi.

Et même si parfois,
elle est portée

par un égo un petit
peu mal placé

et qui, moi,
peut m'être

reproché,
elle me permet

de survivre dans des
endroits assez durs

et incroyables.

Et je pense
que cette confiance

en soi qu'il faut
avoir dans la vie,

en règle générale,
elle est portée

par le fait d'être
le patron

de soi-même.

Et comment on va
acquérir

de la confiance
en soi lorsqu'on

commence de telles
expéditions où on

peut risquer
de mourir ?

Je pense que c'est
en prenant des

risques aussi.

Et c'est justement
là que c'est

intéressant,
c'est que si on

prend pas de risques
dans la vie,

on peut pas avoir
de résultat.

Et moi,
j'ai pris beaucoup

de risques dans ma
vie pour me

découvrir,
pour me connaître.

Et au fur
et à mesure,

j'ai gagné cette
confiance en moi,

sur les capacités
que j'avais

à pouvoir me
soulever d'un échec

ou d'une difficulté
et surtout

à transformer aussi,
puisque c'est très

facile de pouvoir
avoir des

difficultés
dans la vie,

mais d'être acculé
et de se dire:

J'en reste là,
c'est trop dur,

la vie, c'est
compliqué.

Moi, je pense qu'il
faut, à un moment

donné,
réussir

à transformer
toute cette violence

ou toutes ces choses
qui paraissent

insurmontables
en une force.

Ou cette peur.

Ou cette peur,
exactement.

Et se dire: En fait,
j'en fais quelque

chose
de constructif,

même si c'est
transformé par de la

rage,
par de la violence,

mais par une volonté
indéniable de

vouloir s'en sortir.

Et moi, je dis très
souvent que je viens

tout en bas et c'est
ce qui m'a donné

cette rage
de m'arracher

et qui continue
aujourd'hui de me

faire survivre
dans des endroits

très reculés.

Et si tu n'avais pas
été victime

de violences
de la part de ton

père, physique
ou verbale

de la part de ta
mère ou cette

enfance difficile,
est-ce que tu serais

à ce point
l'aventurier que tu

es aujourd'hui ?

Je ne serais
certainement pas

le même homme, ça,
j'en suis persuadé,

mais ce n'est pas
le chemin que j'ai

aujourd'hui.

Est-ce
que finalement,

le message,
ce n'est pas

de dire: Ne
restez pas dans vos

coups durs,
dans vos échecs,

dans cette adversité
que vous êtes

en train ou que
vous avez vécue.

Passez à autre chose
parce que peut-être

qu'il y a un cadeau
derrière

une adversité,
derrière un moment

difficile.

Je pense
que le message,

c'est celui-là.

C'est de se dire
aussi Il faut

se battre.

Quoi qu'il arrive,
il faut se battre

envers soi-même,
contre soi-même,

envers les autres.

Il faut réussir
à passer

les épreuves
de la vie qui,

de toute manière,
vont être longues.

Je reste persuadé
que quand on

s'accomplit
personnellement

et essayer de braver
toutes ces

difficultés, on en
sort que plus fort.

En tout cas, moi,
je me sens comme ça.

Est-ce que tu es
prêt pour le doigt

doigt coaching ?
Je suis prêt.

Allez, on y va,
c'est parti.

Sur une échelle de 1
à 10, quel est ton

niveau de bonheur
au moment où je te

parle dans ta vie ?

8.

Ok.

Qu'est-ce qu'il
faudrait pour avoir

un 10 dans les
prochains mois ?

Plus d'argent.

D'accord.

Et tu as un plan
pour ça ?

Je travaille dessus.

Quelle est ta plus
belle expérience ?

Avoir de magnifiques
filles.

Quelle est ton
plus grand regret ?

Mon plus grand
regret, je crois

que j'en ai pas.

S'il fallait changer
une habitude,

chez toi,
ce serait laquelle ?

L'impatience.

Quelle est ta plus
grande réussite, ta

plus grande fierté ?

Être en vie.

Et on parle de
quelle époque ?

De celle où on est
actuellement,

puisqu'il a fallu
passer avant toute

celle précédente.

Qu'est-ce que tu
détestes le plus ?

L'apitoiement.

Tu as déjà fait
preuve

d'apitoiement ?
Non.

Quel serait le plus
grand projet que tu

pourrais avoir
et qui te donnerait

tout le sens
à ton parcours ?

Je pense que je ne
le connais pas

encore,
mais j'adorerais

faire du cinéma.

Donc, transposer ton
inspiration que tu

fais déjà
aujourd'hui dans les

médias
et et de le

transposer
au cinéma.

Oui.

S'il y avait
une question que tu

voudrais absolument
que je te pose,

parce que la réponse
est importante

pour toi, ça serait
quelle question ?

Non, mais tu me
l'as déjà posée.

La question que je
t'aurais posée,

c'était: est-ce
que tu es heureux ?

Et c'est le cas.

Si,
avec une baguette

magique, on pouvait
enlever tous

les obstacles que tu
as en ce moment,

qu'est-ce que ça
donnerait ta vie

pour être au top ?

J'enlèverais la
maladie de mon père.

Si
tu avais le petit

garçon en face
de toi, que tu étais

à l'âge de 10 ans,
quels sont les mots

que tu pourrais
lui dire ?

Il est devant toi
en ce moment,

qu'est-ce que tu
pourrais lui dire ?

Fonce.

Si on finissait
ces phrases et ces

mots, ça,
ça donnerait quoi ?

Si, par exemple,
je te dis: La

vie, c'est...

Comme une boîte
de chocolat.

Les gens sont...

Passionnants.

Je suis...

Seuls.

Si Si tu avais
un homme

ou une femme en face
de toi qui est

dans un moment
d'hésitation,

de galère, de doute
et qui manque

peut-être d'audace,
de courage,

de clarté,
qui n'ose pas,

qu'est-ce que tu
pourrais lui dire ?

Je pense que c'est
très important,

justement,
de bien se recentrer

assez vite
dans la vie,

assez jeune,
et de comprendre

que rien
que la santé

et de profiter
des gens qu'on aime,

c'est déjà
un vrai cadeau.

On te souhaite
une immense

et grosse boîte
de chocolat, non ?

Merci beaucoup,
avec grand plaisir.

Merci à toi encore.
À bientôt.

Merci à toi.

J'espère que ce
nouveau temps fort

vous a gorgé
d'énergie,

vous a inspiré et a
provoqué en vous

peut-être
de multiples idées

à implémenter
dans votre vie

de leader
et d'entrepreneur

tous les jours,
ou en tout cas

à déclencher en vous
des tonnes

d'étincelles
et à raviver ce feu

sacré, malgré
les difficultés.

D'ailleurs,
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à aimer
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Vous allez inspirer
des centaines

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j'en suis sûr.

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