Les Rencontres inspirantes de Franck Nicolas.
Nous avons tous en nous des dons et des talents uniques.
Les grandes réussites de tous les domaines qui nous entourent ont su mieux que quiconque les découvrir et les exploiter pour vivre leur vie à 110%. Et si vous pouviez en être inspiré et reproduire ce même chemin ? Franck entre dans la "tête" de ces leaders incroyables pour vous livrer leur recette du succès.
Nous vous dévoilons des talents "UNIK" pour réussir à votre tour.
Moi, je suis d'un
milieu où on pensait
que les autres
étaient faits
pour réussir
un certain nombre de
choses et pas nous.
Donc, moi,
j'ai inversé
le cours
de l'histoire
de la famille.
J'ai été pompiste
quand j'avais
16 ans.
Donc, j'achète
un grand paquet
de bonbons créma
qui m'avait coûté
cinq francs
et dans une petite
coupelle,
je mets des bonbons
et j'offre
des bonbons à tous
les enfants.
Et là, tout le monde
me donnait
pour boire.
Et donc, en fait,
j'amortis mon paquet
de bonbons en deux
jours et je m'en
sers pendant je ne
sais pas combien
de temps.
Et je comprends
que quand tu donnes,
finalement,
tu reçois
beaucoup plus.
Des années plus
tard, mon père me
dit: Je sais que tu
m'en veux pour
pour être parti.
Je lui ai répondu:
Pas du tout,
mais au contraire,
ça a été la chance
de ma vie.
Soyez
déraisonnables.
Ayez l'audace
de choisir vos
valeurs pour faire
de vous un grand
leader pour un
monde meilleur.
J'ai en face de moi
aujourd'hui
une référence
de
l'entrepreneuriat,
je l'appelle
monsieur 2000Volt.
C'est lui qui a créé
en 2000 Easy Voyage.
J'ai l'honneur
d'échanger
aujourd'hui avec
Jean-Pierre Nadir.
Accrochez vos
ceintures
et laissez-vous
guider par
Jean-Pierre.
Salut,
c'est Jean-Pierre
Nadir avec avec
l'ami Franck
Nicolas.
Salut Jean-Pierre.
Salut Franck.
Quelle énergie
dès le début.
C'est une
caractéristique
de l'entrepreneur
d'avoir de
l'énergie.
Moi, je pense
que l'énergie,
c'est le capital de
ceux qui en ont pas.
Et donc,
quand tu démarres
sans argent,
tu as intérêt
à avoir
de L'énergie, sinon,
si tu veux,
il se passe pas
grand-chose.
L'homme qui est
en face de vous,
je l'aime beaucoup
parce que d'abord,
l'énergie, vous
allez le comprendre.
Et on va en parler.
L'énergie,
c'est important
chez l'entrepreneur.
Donc sa capacité
d'avoir
de la clarté,
d'inspirer,
de convaincre,
de vendre
et de fédérer.
Et de se convaincre
lui-même, parfois.
Parce que si tu
veux, il y a quand
même des moments
de doute.
Les gens,
ils pensent toujours
que l'entrepreneur,
c'est un gars qui a
de la vision et qui,
toute la journée,
déroule une
stratégie.
En fait,
pas du tout.
C'est un gars qui a
des moments
de doute.
C'est un gars
qui fait des
pas de côté.
C'est un gars qui,
des fois, recule.
C'est un gars qui,
des fois,
regrette d'avoir
franchi le cap.
Mais c'est un gars
qui arrive toujours
à passer l'épreuve
pour aller
plus loin.
C'est important
de dire ça parce
que je pense
que quand tu
entreprends,
il faut bien penser
que quand tu vois
des gens
qui réussissent
tout, c'est du fake.
La réalité,
c'est qu'il y a plus
d'échecs
que de réussites,
que 100% des gens
qui ont réussi sont
des gens qui avaient
sans doute déjà
échoué avant.
Tu et que c'est rare
dans un long
fleuve tranquille.
Donc,
l'entrepreneur,
c'est quelqu'un
qui sait tomber
du cheval,
mais remonter.
Vous voyez
Jean-Pierre
à la télévision,
notamment sur une
chaîne française.
C'est un serial
entrepreneur.
Aujourd'hui,
tu as la tête
de faire On est
dans une éthique
à la fois de voyage,
d'écologie.
Tu es à la tête
de cette entreprise
depuis un an.
Oui.
J'ai recréé
une boite.
En deux mots,
j'ai toujours été
entrepreneur,
comme tu l'as dit,
donc serial
entrepreneur.
Le terme,
maintenant,
je trouve,
est un peu galvaudé
puisque le moindre
boutonneux qui a
fait deux petites
start-up, déjà,
il se qualifie de
serial entrepreneur.
Moi, c'est 35 ans,
donc 35 ans
de labeur
où j'ai toujours
créé des boîtes,
sans doute par peur
de ne pas être
embauché
par les autres
et aussi parce
que j'ai toujours eu
plein d'idées
et que j'ai voulu
réaliser les idées
en question.
C'est ça
l'entrepreneur,
c'est avoir,
encore une fois,
conceptualisé
des idées et après
essayer de
les délivrer.
J'ai créé
effectivement pas
mal d'entreprises
et l'une d'entre
elles, Easy Voyage,
a été un long
parcours
de 20 ans que j'ai
cédé en 2015
à Webedia.
J'ai accompagné ce
groupe Webedia
pendant
quatre ans et demi,
plus longtemps même
que prévu
à l'origine.
Et puis, quand j'ai
quitté en mars 2020,
il s'agissait
de savoir ce
que j'allais faire.
J'allais commencer
à investir dans des
startups,
c'est ce qui fait
que j'ai été retenu,
entre guillemets,
pour faire cette
émission Qui veut
de mon associé,
le Chartang
français,
qui était
une émission assez
marrante à faire.
Peut-être qu'on
en parlera un peu.
Et puis,
en même temps,
j'ai voulu me
réinventer
en disant: Où je
serais utile ?
Qu'est-ce que je
sais faire
le mieux ?
À quel endroit ?
Donc, finalement,
on peut encore
réinventer
des choses.
Et puis,
je suis arrivé
à la conclusion
que le tourisme
était sans doute
l'endroit où il y
avait le plus
de nécessité
de réinvention et il
y avait le plus
de levier lié
de la réinvention.
Donc, le tourisme
responsable incarne
ça et je me suis
lancé à corps perdu
dans cette
nouvelle aventure.
Parce que la passion
est là et tu ne te
voyais pas sans rien
faire, finalement.
Écoute, j'ai essayé
qu'un jour,
et août qu'un jour,
j'ai commencé à
écrire des trucs,
et cetera.
Et puis finalement,
je suis reparti
parce que
fondamentalement,
moi, je suis
entrepreneur.
D'ailleurs,
quand on me dit:
Jean-Pierre, vous
êtes investisseur ?
Non, je me dis: Je
suis entrepreneur
qui investit et pas
du tout,
effectivement,
investisseur.
D'ailleurs,
un investisseur
qui entreprend,
ça n'existe pas.
Tu l'as vendu
combien
Easy Voyage ?
Ce n'est pas public
parce que si tu
veux, ce qu'on sait,
c'est qu'on a vendu
moins cher qu'on
aurait pu deux,
trois ans avant.
On a loupé le gros
coup puisqu'à
une époque,
tout le monde
voulait nous
racheter,
y compris kayak,
quand ils sont
arrivés en France,
etc, parce que pour
eux, c'était un bon
élément
d'accélération.
Avec Easy Voyage,
on a pesé jusqu'à
10% des ventes
de billets d'avion
sur le digital
français,
donc on avait
vraiment un poids
important.
C'est valorisé 100
millions d'euros ?
On est monté
à une valo,
donc jusqu'à 100
plaques et on a
vendu beaucoup
moins que ça.
Parce que ce n'était
pas le bon moment ?
Oui, parce qu'on
était en
décroissance.
On n'a pas vendu
au bon parce qu'on a
cru qu'on allait
pouvoir continuer
à développer
la boite avec
des moyens quand
même somme toute
limités, sans avoir
intégré que le monde
avait changé.
Et ce monde avait
changé pourquoi ?
Parce que un,
tous mes
partenaires,
Booking, Xpedia,
etc, ont commencé
à se consolider les
uns avec les autres.
Et en l'occurrence,
est apparu des gens
comme Odigeo,
qui était
l'association
de Go Voyage,
Opodo, donc eDreams.
Le groupe Laspineux
t'a racheté aussi
un certain
nombre d'acteurs.
Et là où j'avais
Xpedia à racheter,
donc eBookers, etc.
Et là où j'avais 15
partenaires,
je n'en avais
plus que quatre.
Donc, le poids
de la négo a
commencé à être
plutôt de leur côté,
alors que jusque-là,
il était du mien.
Ensuite de quoi ?
On a déporté
les investisseurs
marketing.
Moi, j'étais
très bon en SEO.
J'avais un trafic
naturel extrêmement
important.
J'ai été pendant 20
ans dans les 10
premiers acteurs
du voyage français
en termes
d'audience,
avec plus de 3
millions d'audience
chaque mois.
Mais là,
d'un seul coup,
kayak, Trivago ont
commencé à investir
avec des spots
de télé,
comme l'histoire
du tourisme n'a
jamais connu
en France.
Moi, je me suis dit
au début:
Ça va durer six mois
et puis ils
vont s'épuiser.
Allez, un an, allez,
deux ans, trois ans,
et puis quatre ans
après, ça continuait
à bombarder.
Pour ne pas
connaître kayak
en France,
il faut d'avoir
jamais allumé
une télé de sa vie.
D'un seul coup,
là où moi,
je mettais deux
millions d'euros
en télé chaque
année, ils
en ont mis 20.
Là, ils ont
écrabouillé
le marché.
Moi, je suis passé
d'un type
extrêmement offensif
à un type qui jouait
fond de ligne.
Moi, j'avais un jeu
service volet
et d'un seul coup,
j'étais au fond
de ligne,
deux mètres derrière
la ligne à essayer
de ramener
les balles.
Quand tu fais
Je suis glace.
Il y a un moment
donné quand même
où tu t'épuises.
Comment tout a
commencé
dans l'histoire
de Jean-Pierre ?
D'abord,
dans quel
environnement
tu es élevé ?
Qui est papa ?
Qui est maman ?
Mes parents étaient
divorcés,
donc je vivais
seul avec ma mère.
Où ça ?
En Bretagne, dans
plein de villages.
Ma mère était prof,
donc elle était
non-titulaire.
Donc, j'ai déménagé
chaque année
de la première du
CE1, de l'entrée
à l'école, Jusqu'à,
je ne sais pas,
la cinquième.
Un tout petit
salaire à la maison.
Elle avait un
petit salaire.
On avait toujours
des apparts pourris
qui puaient
le moisi,
une bagnole
qui était toujours
en panne et on
déménageait
chaque année.
Ça, c'est hyper
important parce
que je pense que ça
m'a vraiment
construire.
Parce que
finalement, moi,
j'ai un contact
assez naturel
et assez facile
parce que
finalement,
quand tu changes
chaque année
d'école, d'endroit,
chaque année,
tu repars à zéro.
Donc, tu vas
retrouver des
copains, etc.
Donc, moi,
j'allais très vite.
Au bout de deux
jours, je me faisais
des potes parce
que je n'avais
pas le choix.
En plus,
quand j'étais
dans un endroit,
je réfléchissais
déjà au fait
que j'allais quitter
l'endroit
en question
l'année suivante.
J'y ai anticipé.
Exactement.
Donc, j'ai toujours
vécu un peu
dans cette espèce
d'urgence
relationnelle due
à cette histoire.
Ensuite
de quoi cette
histoire m'a quand
même apporté
une chose très
forte,
c'était un capital
intellectuel
et culturel.
Ma mère était très
intelligente,
beaucoup
plus que moi.
Elle a eu le bac
à 16 ans,
était surdouée et
bouquinait beaucoup.
On avait toujours
beaucoup d'échanges
parce que comme il y
avait que moi,
avec qui elle
parlait,
avec son fils.
Moi, dès la sixième,
je tenais
des discussions
qui était beaucoup
d'un niveau plus
élevé, même que mon
niveau de
compréhension.
Donc, je pouvais
faire un peu
le malin et j'ai
beaucoup vécu
là-dessus.
Mais ça m'a donné
des références.
Ça m'a confronté à
la fois au réel,
parce que j'ai dû
gérer plein
de situations
compliquées,
et en même temps,
avec Thiven,
ça m'a confronté
aux grands auteurs,
à l'histoire,
aux grandes théories
intellectuelles.
Et ça m'a construit.
Et donc, très
vite, j'ai lu.
Et quand je lisais,
je me projetais,
je m'imaginais, etc.
Et ça m'a permis de
découvrir le monde.
Mes lectures,
en fait- C'est juste
incroyable ce que tu
es en train
de nous dire.
Non, c'est
incroyable.
Oui, évidemment,
tout le monde
le banalise,
toutes celles
et ceux qui ont ton
parcours
le banalise.
Vous avez bien
compris ce qu'il
vient de dire ?
On va lui demander
ce que ça a provoqué
le fait de ne pas
avoir de papa
avec son enfant.
Mais la maman lui a
apporté une vraie
ouverture d'esprit,
un travail
intellectuel,
une capacité
à déménager,
donc en clair,
de s'adapter,
une une forte
capacité
d'adaptation,
une ouverture
sociale,
une facilité
sociale ensuite.
Il l'anticipait même
les départs
et la lecture lui a
encore plus permis
de s'ouvrir
au monde.
Il y a d'autres
modèles et de casser
peut-être certaines
croyances
limitantes.
C'est fou.
C'est fou.
En tous les cas,
c'est mon histoire.
Ça a l'air que ça
m'a construit et je
suis donc très
conscient de la
chance que j'ai eue.
C'est-à-dire que
des années plus
tard, mon père me
dit: Je sais que tu
m'en veux
pour être parti.
Je lui ai répondu:
Pas du tout.
Au contraire,
ça a été la chance
de ma vie.
Très franchement,
moi, je n'ai jamais
eu de problème
avec mon père.
Comme certains ont
à dire: Il n'était
pas là, et cetera.
Moi, ça a été
la chance de ma vie.
Ça m'a donné
une relation de ma
mère que je n'aurais
jamais eue
si effectivement,
donc il
avait été là.
Je pense que ça a
été un accélérateur.
Quand j'ai créé ma
première boite à 21
ans- Il y a
18 ans déjà.
Oui, 17, 16 ans, 16,
17, 18, je bricole,
je fais des- C'était
quoi le premier
petit boulot ?
Non.
Première expérience
où je travaille...
Très jeune,
j'ai travaillé
à moi, 12, 13 ans,
14 ans, et cetera.
Je travaillais déjà
parce qu'en
Bretagne,
tu vas ramasser
des fraises, etc.
D'ailleurs,
c'est un message
à tous les étudiants
qui pleurnichent
parce qu'on leur a
retiré un euro
d'APL: Tu vas
allaiter,
ramasser les fraises
et tu vas te faire
beaucoup
plus de fric.
Du coup,
ça te permettrait
de pas le ramener.
Les gens en France,
et tu veux,
maintenant,
on te parle
de souffrance
sociale, etc.
Moi, en tous
les cas, je n'avais
pas de rond.
Je ne me suis jamais
senti en souffrance
sociale.
Je me suis senti en
nécessité à se
débrouiller.
Je me suis toujours
débrouillé.
Responsable ?
Oui, responsable,
actif et conscient
qu'il fallait
trouver les bons
chemins pour s'en
sortir,
mais pas attendre
que le destin,
effectivement,
va à des signaux,
donc assis à mon
canapé en regardant
la télé.
Ne pas te
victimiser.
Jamais.
Tu trouves qu'en
France, ça chiale
un petit peu trop ?
Oui.
On est dans une
posture maintenant
ou en permanence,
effectivement.
Encore une fois,
ce terme
de souffrance
sociale dans un des
pays qui a les plus
gros amortisseurs
sociaux, si tu veux,
même le mot est
complètement
indécent.
Souffrance sociale,
c'est à Madagascar,
quand le mec vit
dans des bidonvilles
et qu'il y a trois
milliards de gens
dans le monde
qui vivent avec
moins de deux
dollars par jour.
On peut me dire
que ce n'est pas
un objectif,
je suis bien
d'accord avec ça,
mais eux,
ils sont
dans la souffrance
sociale et eux,
ils ne sont même pas
dans un débat fin
du mois,
fin du monde,
ils sont
dans un débat fin
FIM et fin
de la journée.
Je pense qu'à
un moment donné,
vu que tu connais
la phrase
de Camus: À ne pas
mettre
effectivement...
À ne pas employer
les bonbons,
on accroît les
valeurs du monde.
Il y a vraiment ça
maintenant,
c'est qu'on passe
son temps
en sémantique
à essayer
en permanence
de noircir
les situations
ou d'enjoliver,
parce que tu as
les Tu as les
deux aspects.
Moi, j'essaie d'être
sur une ligne
de crête réaliste.
Finalement,
dans cet
environnement-là,
ouvert aux autres,
comment est-ce
que tu es amené
à créer une, deux,
trois entreprises
et puis arriver
à ce succès ?
Il y a eu pas mal
d'éléments
déclenchants.
Premier élément
en déclenchant.
Quand j'ai commencé
à travailler, la 12,
13 ans, 14 ans,
à l'été,
parce que j'allais
à l'école le reste
du temps,
tout de suite,
j'ai vu que j'avais
un de l'énergie,
comme tu l'as
souligné,
que j'avais plus
d'énergie
que les autres.
Tu donnes.
Et moi,
je n'ai aucune
limite en termes
d'investissement.
Deuxièmement,
je suis assez malin.
Je ne dirais pas
que je suis
un intelligent.
Je suis malin.
C'est-à-dire que je
capte des trucs,
comment on fait,
on va améliorer
tel ou tel système.
Même quand je
travaille dans des
fermes, et cetera,
je trouvais toujours
des astuces
pour améliorer
les dispositifs.
Les gens disaient:
Il n'est pas con
celui-là, etc.
Du coup,
ça me renforçait.
Je me dis: Je
ne suis pas con.
Parce que quand on
dit que tu n'es pas
con, tu dis que je
ne suis pas con.
Tu percutes,
comme on dit.
Oui, je percute
et surtout,
je l'utilise.
C'est-à-dire qu'il y
a des gens qui sont
beaucoup plus forts
que moi sans doute,
mais si tu veux,
moi, tout de suite,
je le mets
en pratique.
Parce que tu as
conscience de
tes talents ?
Non, parce que je
dois être feignant
et que ça me permet
d'en faire moins.
Je n'en sais rien.
C'est-à-dire que
si je vois
un raccourci,
je prends le
raccourci, moi.
Je ne cherche pas
effectivement
à rallonger la route
juste pour
le plaisir.
Je trouvais
des raccourcis.
Ensuite,
j'ai été pompiste
quand j'avais 16
ans, parce qu'en
France,
tu peux commencer
à travailler
réellement
comme salarié
quand tu as 16 ans.
À l'époque,
les stations
services, il y avait
un métier qui a
disparu,
qui était pompiste,
celui qui prenait
le qui mettait
l'essence pour
les clients.
Là, le premier jour
où j'arrive,
la responsable
de la station me
brief et me dit:
Tous les soirs,
on fera la caisse.
Et puis, s'il manque
de l'argent,
on le retirera
de votre salaire.
Et moi, je lui dis:
Et s'il y
en a plus ?
Très bonne question.
Elle me dit: Ça
n'existe pas.
La bonne question
du vendeur.
Je lui ai dit: On
ne sait jamais.
S'il y a plus
d'argent à la
fin de la...
Et donc moi,
tous les soirs, je
m'en mettais plus.
Le premier jour, je
faisais
le pare-brise
pour les gens,
parce que quand tu
mettais le pistolet,
tu pouvais
le bloquer.
Et pendant ce
temps-là, je faisais
le de pare-brises,
etc.
Moi, je n'en ai
rien à personne.
Une
personne sur deux me
donnait un pourboire
en disant: C'est
sympa,
vous avez fait
le pare-brise, etc.
Ensuite de quoi ?
Qu'est-ce que je
fais le deuxième
jour ?
Je vais au Centre
Leclerc d'à côté.
J'achète un grand
paquet de bonbons
créma qui m'avait
coûté cinq francs
et dans une petite
coupelle,
je mets des bonbons
et j'offre
des bonbons à tous
les enfants.
Et là, tout le monde
me donne des
pourboires.
Donc, j'amortis mon
paquet de bonbons
en deux jours et je
m'en sers pendant je
ne sais pas
combien de temps.
Je comprends
que quand tu donnes,
finalement,
tu reçois
beaucoup plus.
Il y a
un auteur anglais,
britannique,
qui est
Walter Bejhot,
qui disait: Le plus
grand plaisir
de la vie est
de réaliser ce
que les autres nous
pensent incapables
de réaliser.
Oui, et même ce
que tu pensais toi,
incapable
de réaliser.
Moi, ça a plutôt été
ma façon de faire.
C'est-à-dire que je
me suis toujours mis
un peu dans
le rouge.
C'est un peu
comme quand tu fais
du tu fais
du footing,
tu fais du cardio,
il faut aller un peu
plus haut que tes
capacités,
pas non plus trop,
sinon tu
exploses en vol.
Moi, je pense
que j'ai à peu près
su gérer ça,
jusqu'où aller, etc.
À quel moment tu as
eu l'idée,
dans ces
allées-venues
d'entreprises
d'entreprises de
créer Easy Voyage ?
Mais avant
la création d'Easy
Voyage, comment tu
réagissais à chaque
fois
que l'entreprise
n'allait pas
jusqu'au bout
et que tu avais
un genou à terre ?
Je n'ai jamais été
en difficulté
au point de ne
pas aller au bout.
C'est-à-dire
que j'ai toujours
été au bout,
mais par contre,
j'ai dû à un certain
moment,
effectivement,
renoncer à le
faire seul.
Premier cas où j'ai
vraiment eu
une démarche
industrielle,
c'est quand j'ai
créé l'hébron
de pizza à domicile,
encore une fois
en Europe.
J'étais le premier
à avoir créé ce
modèle Là encore,
l'empathie m'a aidé
puisque
le fournisseur
de four me l'a fait
gratuit et que le
gars qui m'a filé
le local m'a fait
six mois de loyers
gratuits aussi.
Parce que ce petit
jeune est
sympathique, il
faut l'aider, etc.
Ça, ça a été le
point de démarrage.
Ça, j'ai fait
deux centres.
J'ai fait ça
en autofinancement
quasiment complet
avec 50 000 francs
que j'avais gagnés
en faisant
de la livraison
dans les bureaux
à partir de plats
faits par des
restaurants.
Là, c'était
une logistique qui
était compliquée.
Je m'étais Il faut
que je trouve
un truc qui soit
beaucoup plus simple
que ça et que je
peux maîtriser.
C'est comme ça
que je suis
arrivé à la pizza.
Parce que comme
quand j'avais 17
ans, je faisais
des crêpes dans les
campings, du coup,
je m'étais dit: Les
crêpes,
c'est une bonne
marge, la pizza,
c'est pareil.
Et puis,
quand on sait faire
des crêpes, on sait
faire des pizzas.
Après, j'ai un peu
déchanté,
mais globalement,
je m'étais
lancé là-dedans.
Là aussi, moi,
je me lance.
Après, je vois,
je me dis: D'abord,
quel couillon peut
faire une pizza ?
Et puis, la première
livraison de pizza
qu'on a faite,
les mecs,
j'ai rappelé,
c'était les pompiers
de Neuilly,
j'ai rappelé
une demi-heure après
pour se dire:
C'était bien, etc.
Le mec, il dit: Je
dis: C'était chaud.
Parce que la hantise
des gens,
à l'époque,
on est en 87,
la hantise des gens,
c'était que ça
arrive froid et que
ce soit très long.
Donc moi,
j'avais inventé
un claim qui était
30 minutes,
sinon gratuit.
30 minutes,
sinon gratuit.
Et donc, pour dire:
Ça va arriver
rapidement et puis
ce sera chaud.
Et donc le gars,
je lui dis:
C'était chaud ?
Il me dit: Oui,
chaud, ils étaient.
De là à dire qu'ils
étaient bonnes.
C'est autre chose.
Finalement,
on pourrait dire...
Attends,
et donc là, regarde.
Il y a deux centres
et là,
je suis un peu
scotché
financièrement.
Qu'est-ce
que je fais ?
Je revends
à quelqu'un.
Et à quelqu'un
qui était génial
parce que lui,
il avait
beaucoup de fric.
Ça rend déjà
génial, ça.
Tel que je le voyais
à l'époque,
en tous les cas.
C'est très honnête.
Oui,
parce que le gars,
si tu veux,
il était blindé.
Il avait une vie
un peu fantasmée
pour moi et il
m'adorait.
Il y avait
deux qualités.
Il s'appelait
André Bernard et il
avait inventé
un truc génial,
c'est qu'il faisait
la compta
et le juridique
pour les
travailleurs
indépendants.
Il facturait,
il encaissait, etc.
Il gérait
tout pour eux.
Ça, ça a été
vraiment
une rencontre
intéressante.
Il me dit: Ton
truc de pizza, etc.
Il me dit:
C'est génial.
Moi, j'ai dit:
Ouais, c'est génial
parce que tu vois
mon concept, etc.
Il me dit: Non,
on s'en fout de ça.
Il me dit: C'est
génial pour une
seule raison,
parce que tu rentres
chez les gens.
Et à l'époque,
personne ne rentrait
chez les gens.
Il n'y avait pas
de livraison.
Aujourd'hui,
c'est devenu,
tu livres de tout.
Mais à l'époque,
on ne livrait rien.
Donc, il me dit: Tu
rentres
chez les gens.
Et quand tu rentres
chez les gens,
tu peux vendre
un tas de trucs.
Il me dit: Tu
devrais faire
des cassettes
vidéos, etc.
Et Il m'a racheté
mes deux centres.
Lui, après, il a
développé un peu.
Puis après, ce
qui était à 30, etc.
Eux, ils mettaient
un million de francs
par centre.
Moi, j'avais mis 50
000 pour en
faire deux.
Donc, tu imagines
bien un peu
la différence.
Il y avait
un bricolo d'un côté
contre une armée
industrielle
de l'autre.
Mais le mec qui a
lancé ça en Europe,
le premier,
c'est moi,
avec mon cousin
et un pote,
Jean-Lierre Massala.
À trois, on a
lancé ce modèle
et deux mecs
de l'immeuble qui
avaient des scouts.
Incroyable.
Un caisson
à l'Algérieco qu'on
n'avait pas payé.
À ce moment-là,
tu as été une très
belle résilience
aussi parce que À ce
moment-là,
ce qui se passe,
c'est qu'en même
temps, j'avais fait
l'école de pub.
Moi, j'avais
une vision
totalement théorique
d'un côté fantasmé
de l'autre,
de la pub.
Quand on a commencé,
je ne connaissais
rien de marketing,
tout ça, je n'avais
jamais entendu
parler de ces
notions-là.
J'étais entouré
que de gosses
de riches dont les
parents étaient tous
dans la pub
et le marketing.
Je me suis dit:
Tiens, ce n'est pas
con, déjà,
je vais me faire
un petit réseau.
Parce qu'eux,
ils connaissaient
plein de trucs
et tout, moi, je ne
connaissais rien.
La seule chose,
c'est que moi,
j'allais bouffer
au resto U et eux,
ils allaient
à la brasserie.
Mais c'est super
intelligent.
C'est tellement
intuitif
chez l'entrepreneur
que tu l'as utilisé.
C'est-à-dire,
je n'avais pas
de réseau,
mais je me suis fait
ami avec des gens
qui en avaient.
Bien sûr,
et les profs.
Moi, je me suis dit:
Attends,
il y a les trucs,
mais en fait,
ce qu'il faut,
c'est être pote avec
les profs, parce
que c'est eux.
Ils faisaient tous,
ils disaient:
C'est pour Porsche.
Et je me suis fait
un réseau très,
très vite.
Et en plus,
il se trouvaient
sympathiques,
ceux-là dire qu'ils
voulaient toujours
savoir plein
de trucs, etc.
En fait, je me suis
dit: Même si je
n'apprends rien
dans cette école,
on s'en fout,
je vais me faire un
réseau relationnel.
Et ça m'a servi pour
une autre chose.
Moi, je n'avais pas
de rond,
encore une fois,
mais je ne vais pas
répéter ça à toutes
les phrases parce
qu'on va dire: Le
gars, c'est
facile, etc.
Est-ce que tu
avais des ronds ?
Non, je n'avais pas
de rond,
mais j'avais
conscience que...
Tu avais
de l'audace,
de créativité.
Oui, et j'avais
conscience qu'il
fallait que
je trouve.
J'avais un problème,
c'est que je n'avais
pas de champ
à Paris.
Donc, je dormais
dans un espèce
de squat
amélioré parce
que c'était quand
même un peu
organisé.
C'était une sorte
de communauté.
Donc, moi, mon rêve,
c'était d'avoir une
chambre à la Cité U.
Pour moi,
c'était l'absolu,
mais il fallait
avoir déjà la plus
trois, etc.
Ce truc.
Et moi,
ma mère n'était pas
riche,
mais on n'était pas
suffisamment pauvre
pour que j'ai
une bourse.
Comme beaucoup
de Français.
J'étais un peu
le gland
entre les deux.
De toute façon,
je n'avais aucune
chance d'avoir une
chambre à la Cité U.
Un jour, au Resto U,
je parle avec
un type comme toi,
qui faisait
de la muscu,
et je lui dis...
C'est marrant parce
que c'est rigolo.
En fait, il est
super analytique.
J'arrive, il me dit:
Toi, tu as l'accent
québécois et tu
fais de la muscu.
Je trouvais
ça génial.
Il m'a vu depuis
une seconde.
Le gars, on discute
et je lui dis: Toi,
tu fais du sport
et tout ?
Il me dit: Oui.
Et toi ?
Il me dit:
Toi aussi ?
Je lui dis: Ouais.
Je lui dis: Moi,
j'ai fait un
peu de sport.
Il me dit: Qu'est-ce
que tu as fait ?
Je lui dis: J'ai
fait sport et
études, hand.
Il me dit: Bien bon.
Il me dit:
Et alors ?
Tu joues au PUC ?
Je lui dis: Non.
Je lui dis: Moi,
je ne joue plus
parce que je lui
dis: De toute façon,
le hand, ça ne
sert à rien, etc.
Je lui ai dit:
Maintenant,
je suis vraiment
concentré sur
le business.
Je lui ai dit: Je ne
sais pas ce que je
vais faire et tout.
Mais j'ai arrêté
le sport parce que
de toute façon...
J'étais assez bon,
mais je n'étais
pas super bon.
J'étais sportif
de bon niveau,
mais je pense que je
n'aurais jamais été
un sportif
de haut niveau.
Et le mec me dit: Tu
sais que Il me dit:
Quand tu joues
au PUC,
tu peux avoir une
chambre à la CTU.
Ah !
Oui, parce qu'il
donne des chambres,
effectivement,
aux joueurs.
Alors là, qu'est-ce
que je fais ?
J'appelle tout
de suite
le PUC et je lui ai
dit: Dites donc,
c'est quand
les détections
pour le hand ?
On me dit: Ça
tombe bien.
Pourquoi ?
Mercredi prochain,
on a un truc à dans
faire Rocherot.
Donc, j'y suis allé.
J'ai fait un super
entraînement
et à la fin,
je reviens mes
affaires dans mon
sac, je commence
à ramasser et je
commence à me barrer
sans rien demander
à personne.
Le gars me rattrape.
Il me dit: Et
toi là-bas ?
Je m'arrête et il me
dit: Qu'est-ce
que tu fous ?
Je lui dis:
Je m'en vais.
Il dit: Pourquoi ?
Je dis: Parce que je
ne peux pas rester
à Paris,
donc de toute façon,
ça ne sert à rien.
Il me dit: Non,
parce que tu es
à un bon niveau,
on t'aurait
bien pris, nous.
Je dis: Oui,
mais je ne peux
pas rester à Paris.
Il me dit: C'est
quoi le problème ?
Je dis: Je n'ai
pas de chambre.
Il me dit: S'il
n'y a que ça ?
Il me dit: Le gars,
il va parler avec
un autre,
il revient,
il me donne
un petit papier.
Il me dit: Tu
appelles de ma part
demain ce numéro
de téléphone,
tu demandes
madame machin.
Et hop,
le lendemain,
j'appelle,
on me la passe.
Elle me dit: Benoît,
on vous attend,
votre chambre
est prête.
Donc, un truc que je
pensais inaccessible
d'un seul coup,
parce que j'avais
trouvé la bonne
approche,
finalement, ça
s'est résolu.
Là, ça a changé ma
vie parce que là,
j'avais une chambre
chauffée,
donc j'avais déjà
réglé la logistique.
J'avais en plus le
resto U en dessous.
J'étais la star
du resto U,
donc tous les soirs,
j'arrivais,
j'avais tout ce
que je voulais.
La star du resto U,
pourquoi la star ?
Parce que pareil,
j'étais hyper sympa
avec les
cantinières.
Je faisais
le chef, etc.
Je Il faisait plein
de questions
sur la bouffe, sur
les trucs et tout.
Donc, les gens,
ils aiment ça,
encore une fois.
Tu étais attachant ?
Voilà,
j'étais attachant,
exactement.
J'étais attachant
et donc ils
étaient attachés.
Il était attachant,
donc les gens se
sentaient attachés.
Pour quelles raisons
est-ce
que Jean-Pierre,
à ce moment-là,
il voit sa destinée,
entre guillemets,
basculer ?
Parce qu'il a su
saisir une
opportunité.
Il était là au bon
endroit au
bon moment.
Il était sympathique
avec les gens
et surtout,
il était attachant
parce qu'il avait
une telle
fin en lui.
Comment voulez-vous
que les gens
s'intéressent à vous
si vous-même,
vous n'êtes pas
passionné par ce
que vous faites,
si vous Vous ne
pouvez pas fin ?
Et ce que je vois
chez Jean-Pierre
dans son parcours
incroyable
d'entrepreneur,
de serial
entrepreneur, c'est
la fin de réussir.
Si vous écoutez
en permanence celles
et ceux qui vous
disent qu'il n'y a
que de la
dépression,
de la famine,
de la peur,
uniquement
des guerres
de partout
dans le monde,
au sortir
de pandémie
incroyables,
comment voulez-vous
avancer ?
D'ailleurs,
je me réfère
à une étude d'un
professeur
de psychologie
cognitive
qui s'appelle
Stephen Pinker.
Et d'ailleurs,
beaucoup d'études
de sociologues,
d'économistes,
d'historiologues
bien, la plupart
d'entre eux pensent
au contraire,
que le monde va
de mieux en mieux.
Alors, le monde va
mieux, mais il est
toujours en douleur,
évidemment.
Mais si vous
regardez 50, 100,
200, 300 ans
en arrière,
le monde va mieux.
Pourquoi un tel
pessimisme de la
plupart des gens ?
Et pourquoi un tel
optimisme
d'entrepreneur
comme ça ?
On pense que sa vie,
c'est une question
de chance,
pas seulement.
La chance est
finalement
une science que nous
pouvons provoquer.
On retient de cette
entrevue,
notamment à ce à cet
Adela
de Jean-Pierre,
qu'il a su saisir
des opportunités,
mais aussi parce
qu'il avait faim
et il était
résolument positif
et optimiste
sur la capacité de
voir la vie à 110%.
Et ça,
c'est important
dans cette entrevue.
On poursuit.
Mais c'est fou cet
état d'esprit parce
que c'est ce qui t'a
notamment permis
de qui a gagné ton
premier million à
l'époque, à 23 ans.
Ce qui m'a permis
de gagner son
premier million,
c'était le fait
d'avoir trouvé
le bon associé avec
Robert Lafont,
qui l'ançait
à entreprendre.
Et donc, je me suis
associé avec Robert.
Ou plutôt,
Robert s'est
associé avec moi.
Donc, Parce
que pareil,
il m'a trouvé plein
d'énergie,
il s'est dit: Ce
gars-là, il m'a dit:
Pourquoi tu ne viens
pas bosser
avec moi ?
Il me dit- Il veut
te débaucher ?
Il me dit: Quel
salaire tu veux ?
Et moi, je ne dis
pas de salaire.
Je m'en fous,
je dis: Je viens
gratos,
je veux une seule
chose, à condition
que tu me fuites
du capital.
Parce que moi,
j'avais compris
que le capitalisme
sans capitaux,
c'était quand même
assez compliqué.
Il fallait que j'ai
à un moment donné
du capital d'une
boite pour déjà
démontrer que je
n'étais pas qu'un
salarié,
mais que j'étais
dans une logique
entrepreneuriale et
pour me donner
le levier économique
et financier.
La première année,
je lui ai dit: Je
m'en fous
du salaire.
Il me payait
au SMIC.
Par contre, j'ai
eu 15% de la boite.
C'est ça qui a fait
mon premier million.
Comment on arrive à
créer Easy Voyage ?
D'abord parce
que j'ai créé...
Quand je quitte
Robert, je crée un
magazine de voyage.
Au bout de combien
de temps tu
quittes Robert ?
Deux ans et demi.
C'est assez vite.
23 ans et quelques,
donc effectivement,
j'ai un million.
C'était beaucoup
d'argent
pour un petit gars
de la campagne
qui avait jamais eu
trois ronds d'avance
et qui avait plutôt
eu des dettes dans
sa vie que l'argent.
À l'époque,
on parle de francs.
Oui, bien sûr.
Mais le million
de francs de mon
époque,
il vaut largement
le million d'euros
d'aujourd'hui.
Donc,
j'aurais pu me dire:
Je vais acheter
un appart, etc.
Moi, je dis: Je
garde tout pour
lancer mon affaire.
Donc tu réinvestis,
tu remets sur la
table la totalité.
Je vais te dire
ce que j'ai fait.
J'ai mis 600 000
et j'ai gardé 400
000 en me disant: Je
vais les ponctionner
au fur et à mesure,
comme ça,
je me paye pas.
Parce que si tu te
payes,
tu payes des charges
sociales, etc.
Tu repayes de
l'impôt, machin.
Donc j'ai dit: Cet
argent-là,
il est à moi.
Il est déjà
défiscalisé, donc je
le laisse de côté.
Et je pensais faire
ça un an ou deux.
En fait,
pendant quatre ans,
je ne me suis
pas rémunéré.
Et donc je vivais
sur mes 400 000.
C'est ça aussi
l'entrepreneur,
c'est que tu ne te
payes pas,
tu ne pars pas
en vacances.
Moi, je n'ai pas
acheté de bagnole,
je campais
sur le chantier.
Une vie austère.
Oui, une vie que je
ne percevais pas
comme austère,
mais en tout cas
qui n'était pas
les boîtes de lit
tous les soirs,
donc les petites
pépés et le
champagne.
Donc, j'étais bien
loin de tout ça.
Moi, c'était le
culte de l'effort.
Dans cette dans
cette logique-là.
Je me dis: Qu'est-ce
que je vais faire ?
Je connais
la presse,
je connais
le marketing direct,
et cetera.
Et là,
on me contacte et on
me dit: Tiens,
est-ce que tu ne
voudrais pas venir
avec nous
pour racheter
un magazine
d'aventure
qui s'appelle Les
nouveaux
aventuriers ?
Donc, je vais voir
le gars qui
faisait ça.
Je passe une journée
complète avec
le type et il
m'explique, etc.
Le canard,
le machin.
C'était
dans un petit groupe
qui faisait un tas
de trucs à côté,
de la gravure, etc.
C'est des mecs
qui ont disparu.
Le gars qui avait
pas mal d'argent,
sauf que ce
canard-là en
perdait beaucoup.
Moi, en travaillant
sur ce sujet-là,
je me rends très
vite que ce canard,
en fait, n'a aucune
chance de pouvoir
fonctionner.
Mais en essayant
de le positionner
sur son marché,
je m'intéresse
au voyage.
Et là, je me dis:
Tiens,
c'est marrant,
il n'y a pas
de magazine
pratique de voyage.
Il n'y a
que des magazines
d'évasion, Géo,
Grands Reportages,
Terre Sauvage, etc.
Mais il n'y a pas
de magazine
où finalement,
on te dit où aller,
à quel prix.
Là, on est en 90.
Évidemment,
aujourd'hui,
tout ça paraît
un petit peu
dépassé,
mais pour l'époque,
c'était assez
innovant.
Moi, qu'est-ce
que je fais ?
Je vais
chez Brentados,
la grande librairie,
et j'achète tous
les canards de
voyages étrangers.
Je rentre chez moi
avec tous
les canards,
je prends une paire
de ciseaux,
m'accolle,
et cetera.
Je découpais
des articles,
je les collais,
et cetera,
et je dis: Voilà.
Et j'ai fait mon
magazine avec
cette maquette.
J'ai dit: Je vais
lancer un magazine
de voyages pratiques
pour dire aux gens
les destinations,
expliquer
les destinations
et dire où aller.
Tu n'en parles pas,
mais en 95,
tu as été élu l'un
des meilleurs 45
dirigeants
de France.
C'est vrai.
Comment on est
un bon dirigeant ?
Pour moi,
l'entrepreneur,
le bon entrepreneur,
il doit être animé
par trois qualités
essentielles.
La première,
c'est d'avoir
de la vision.
Pour qu'il y ait
un projet,
il faut qu'il y
ait une vision.
Donc, il faut savoir
où tu veux aller.
La deuxième,
c'est qu'il faut
être capable de ne
pas aller tout droit
sur la vision,
mais de prendre des
chemins de traverse.
Parce qu'il y a
plein de moments
où il faut savoir
décélérer,
aller sur le côté,
faire des pauses,
remettre en question
la route qui a été
choisie, parfois
modifier un petit
peu la vision,
mais surtout faire
des concessions
par rapport
à cette vision.
C'est ce
que j'appellerais
C'est flexible.
Quand tu es trop
puriste, tu
meurs de vouloir
effectivement...
La quête d'absolu,
c'est quelque chose,
à mon avis, qui tue.
Et le troisième
élément,
très important,
et on l'a évoqué
depuis l'ému
de le retien,
c'est la capacité
à entraîner.
C'est-à-dire
qu'après,
tu dois entraîner
des équipes,
tu dois entraîner
même
des fournisseurs,
tu dois entraîner
tes banquiers, les
actionnaires, etc.
Et donc,
globalement,
le charisme,
la capacité à
expliquer,
la capacité
à incarner,
la capacité
à donner envie.
C'est ce qui,
effectivement,
permet d'avancer.
Comment on se
redresse rapidement
d'un coup dur ?
Moi, je traite
les sujets.
C'est-à-dire que
si j'ai un truc
compliqué,
je préfère le gérer
tout de suite plutôt
que de vivre avec
et de me dire:
Attends, demain,
et cetera.
Quand j'étais
dans la presse,
je raconte souvent
l'histoire,
donc j'avais
une dette importante
chez l'imprimeur
et donc je devais
aller le voir pour
négocier ma dette.
J'allais le voir
pour lui dire que je
n'allais pas pouvoir
payer la totalité
de la créance
et qu'il faudrait
qu'il me fasse un
abandon de créance.
Là, on parle
de combien ?
Beaucoup.
Ça
correspondait à...
J'étais surfacturé
parce que je
payais tard.
Quand tu payes tard,
tu payes plus cher.
C'est comme
ça la vie.
Il se garantissait
quand même quelque
part grâce à cette
surfacturation.
J'allais le voir
pour lui expliquer
tout ça
et que maintenant,
ce n'était plus
possible et qu'il
fallait qu'il me
fasse des remises
sur ce qu'il
avait sur facturé.
Sur la quoi,
évidemment,
il a été tout à fait
légitime de me dire
non, mais moi,
j'en avais besoin,
sinon je
passais pas.
Donc j'y allais
pour lui dire:
Écoute, ou je dépose
le bilan,
ou on trouve
une solution
pour traiter
cette créante.
Parce que c'était
mon plus gros
fournisseur,
partenaire,
évidemment,
et en plus,
il a acheté
le papier pour moi.
Le gars m'adorait.
Je vais pas répéter
ça à chaque fois
parce que les mecs
vont dire:
C'est-à-dire ?
Attends, pour
qui il se prend ?
Il se trouve
qu'effectivement- Il
y a une bonne
connexion humaine.
Il me prenait
pour son fils,
qui était plus
âgé que moi.
Quand je l'appelle,
il me dit On
dîne bientôt.
Je dis: Non,
mais là, je vais
venir à l'usine.
Il faut qu'on
discute, etc.
Le gars me dit: OK,
mais rien de grave.
Je dis: Non.
Je lui dis:
Je vais venir.
Je dis: Je
viens demain.
Parce que moi,
tout de suite...
C'est cette nuit-là.
Donc, j'ai dormi
un quart d'heure.
Je me suis couché,
je vous rappelle,
à 1h00 du mat' et je
me suis réveillé
à 1h15 avec le crâne
qui était bouillant.
Je transpirais
de partout, etc.
Je savais
que j'allais me
faire casser
la gueule
le lendemain
et qu'en plus,
si tu veux,
j'allais décevoir
quelqu'un qui avait
misé sur Je pense
que c'est
l'une des pires
choses qui puisse
arriver,
de décevoir.
Un homme comme toi ?
Oui, en tout cas,
j'avais suscité
des espoirs énormes.
Ça faisait en plus
des années, etc.
Et là,
d'un seul coup,
j'allais lui dire:
Écoute,
je suis un peu
un imposteur,
puisque globalement,
je n'ai pas délivré
ce que tu espérais
que je délivre.
Et donc sur la
route,
ils ont arrêté deux
fois pour vomir,
j'avais mal au pied,
et cetera.
Quand je suis
arrivé,
je lui ai dit:
Écoute,
et j'ai balancé tout
de suite la chose.
Évidemment,
il a hurlé, etc.
Et puis,
au bout d'une heure,
il s'est calmé.
Et puis,
on a commencé
à discuter,
à rentrer
dans le sujet
et à dire: Comment
on peut faire ?
Qu'est-ce qu'on va
trouver
comme solution,
et cetera ?
Moi, je pense que le
meilleur remède au
problème,
c'est de traiter
le sujet,
quel que soit
le prix à payer.
Il faut savoir
que toute ambition,
de toute façon,
a un prix.
Comment on est
un bon dirigeant ?
Ce qu'on doit
revenir,
c'est quoi ?
Moi, je pense que
c'est la sincérité.
Je pense qu'en fait,
le principe
de vérité,
c'est ce qui fait
toute la différence.
Beaucoup de gens ont
l'image de
l'entrepreneur.
C'est la raison
pour laquelle dans
pas mal de pays,
on n'aime pas
les entrepreneurs.
On voit
l'entrepreneur avec
la belle piscine,
la Maison à la
Villa, la Ferrari.
Mais tu rappelles
le principe que pour
toi, entreprendre,
c'est 95% de sueur
et 5% de bonheur ?
Bien sûr,
parce que la
réalité,
c'est comme les
sportifs de
haut niveau.
Moi, je pense qu'il
y avait un bouquin
de Bethelheim
qui disait: Il n'y a
pas de drogué
heureux.
Moi, j'ai plein
de sportifs
de haut niveau.
Je n'ai jamais vu
de sportif de haut
niveau heureux.
Parce qu'en fait,
dès que tu gagnes
quelque chose,
même si tu as cinq
titres, tu aurais
voulu en avoir sept.
Et tu es
en permanence
toujours
dans la suite.
Je pense que le
dirigeant apaisé,
ça qui va arriver,
mais c'est vraiment
en fin de vie.
Donc, je pense
que toute ta vie est
toujours en décalage
avec ce que tu
aurais voulu faire,
puisque finalement,
tu rêves beaucoup
plus grand que ta
capacité à agir.
Et tu dis aussi,
finalement,
entreprendre,
ce n'est pas
imaginer ce qu'on
pourrait gagner,
mais faire la liste
de tout ce qu'on
pourrait perdre.
Oui, ça,
c'est ce que je dis
dans les écoles
de commerce.
Quand on me dit:
Donnez-nous
un conseil,
je dis: Le premier
des conseils,
c'est de dire:
Est-ce que vous
êtes fait pour ça ?
Vous allez savoir
si vous êtes pour ça
le jour où vous
allez faire la liste
de tout ce que vous
êtes prêts à perdre
et vous allez mettre
dedans vos relations
sociales,
votre fiancé,
votre appartement,
votre bagnole,
vos copains, etc.
Parce que quand vous
allez bosser 15
heures par jour,
etc, et que vous
aurez en tête
que votre boite,
je peux vous dire
qu'il n'y a plus
personne qui va
vouloir sortir avec
vous, aller boire
un coup avec vous,
donc vous croisez
un dimanche et même
votre nana risque
de se barrer
ou votre mec si vous
êtes une fille.
Donc, globalement,
ayez conscience
de ça.
Il y a plus
de chances que vous
perdiez tout ça
que vous gagnez,
je ne sais quoi,
la fortune,
le bonheur ou
les honneurs.
Tu fais une émission
de télévision
sur M6,
Qui veut être mon
associé ?,
reprise du dragon,
notamment
nord-américain,
et tu investis
beaucoup dans de
jeunes entreprises.
Pour quelles
raisons tu fais ça ?
Je fais ça pour pas
mal de raisons.
Au départ,
je faisais ça
pour des mauvaises
raisons.
Les missions,
en tout le temps,
parce que j'ai cru
que cette émission,
ça allait starifier
les investisseurs.
Donc, je me suis
dit: C'est super,
ça va me faire
connaître,
ça me fait
reconnaître, ça me
fait connaître, etc.
En fait, je me suis
rendu compte très
vite que c'était
l'inverse,
que c'était fait
pour les jeunes
qui créaient leur
boite et qu'on était
là pour les aider
et pour les
accompagner.
Donc, je me suis
dit: OK,
on a commencé à
avancer dans l'idée
d'accompagner
effectivement les
gens en question.
Finalement,
ça m'apporte
beaucoup en termes
aussi d'énergie.
C'est-à-dire
que globalement,
toutes ces
créativités, etc,
elles te
nourrillent.
Donc moi,
je donne
des conseils
aux boîtes
dans lesquelles
j'investis,
mais à l'inverse,
j'apprends un
tas de trucs.
Jean-pierre,
on vient de faire
le face à face.
Est-ce que tu es
prêt pour le dos
à dos,
Jean-Pierre,
prêt pour ce dos
à dos coaching ?
C'est parti,
mon ami.
La première
des choses,
c'est que je n'ai
pas entendu trop
parler d'intimité,
de couple,
de vie privée.
On en est où de ce
côté-là,
côté amour ?
Écoute, c'est
assez stable.
Ça fait maintenant
15 ans que je vis
avec la même femme,
Estelle,
et on a une petite
fille qui a 11 ans.
D'ailleurs, petite,
elle mesure
1,72 mètre.
Écoute, moi,
je suis un père
tardif, donc
pour parler de...
Vous ne voulez
pas d'enfant ?
Non, j'étais
déterminé à ne
pas en avoir.
Parce qu'en fait,
moi, je n'ai pas
été un bon fils.
C'est-à-dire
que j'ai été un bon
fils dans le fait
où j'ai réalisé
un tas de trucs
et ma mère était
fière de moi,
mais je n'ai pas été
un bon fils
dans le fait
où j'étais présent,
puisque très jeune,
j'ai commencé
à bosser
et donc j'ai
toujours été absent.
Et donc, finalement,
je trouve
que l'investissement
dans la relation
affective avec
un gosse,
tu n'en as jamais
vraiment le retour.
Après, on peut dire:
Oui, mais c'est
de l'amour
et donc on s'en
fout, OK, mais moi,
je m'étais
dit: Puisque je n'ai
pas été un bon fils,
je serais sûrement
un mauvais père.
Et donc, je n'ai pas
envie de passer par
cette expérience.
Et puis, la volonté
de ma femme d'avoir
un enfant a été
supérieure à mon
désir de
renoncement.
La maman est vivante
aujourd'hui ?
Je dis toujours
qu'elle est décédée
et que j'étais très
jeune, puisque
j'avais 28 ans.
Quand je dis ça,
les gens disent:
Très jeune,
c'est quand tu as 10
ans ou 11 ans, etc.
Donc c'est vrai que
j'avais déjà...
Mais si tu veux,
ça faisait déjà
un moment que
j'étais revenu.
Et d'ailleurs,
elle est décédée
dans des
circonstances un peu
un peu dingue
puisqu'elle est
décédée de la
légeo des laus.
C'était vraiment
un cas, il y avait
50 cas par an.
Elle avait
une chance sur je ne
sais combien
de milliards
de le choper.
En ce moment,
elle fumait
beaucoup, etc.
Elle avait des
prédispositions.
Elle est tombée
dans le coma.
Elle avait un gros
rhume, elle est
passée à l'hôpital.
À l'hôpital,
elle est tombée
dans le coma.
J'ai passé 15 jours
au pied du lit.
J'ai pris une petite
chambre à côté,
donc j'y allais
tous les jours.
Elle ne s'est
jamais réveillée.
Dans la série
des regrets,
qu'est-ce que tu
regrettes de ne pas
lui avoir dit
ou passé ?
En tous les cas,
je regrette de ne
pas lui avoir
apporté plus.
C'est-à-dire
que dit, je ne sais
pas, en tous
les cas, apporté.
Je
pense que mon
énergie a été
beaucoup alimentée
par un sentiment,
donc si ce n'est
de revanche,
en tous les cas
de réalisations
collectives.
Je l'ai fait
pour elle,
je l'ai fait
pour ma grand-mère.
Parce qu'avant,
ma mère, il y avait
ma grand-mère.
J'ai été élevé
à la ferme et j'ai
beaucoup appris
grâce effectivement
à l'énergie
et au travail de ma
grand-mère et
à l'intellect
de ma mère.
Et donc,
c'est les deux
personnes qui m'ont
le plus apporté
et j'aurais aimé.
L'un des moments
les plus forts de ma
vie, c'est que j'ai
invité ma grand-mère
à déjeuner dans un
restaurant routier.
Et donc, il y avait
une formule, je ne
sais plus combien.
Il y avait
deux formules.
Et donc,
on a pris la formule
entrée, plat,
dessert.
Alors que tout
le monde prenait
la formule
uniquement avec
deux plats.
Et ma grand-mère,
ce jour-là,
a eu l'impression
que j'étais
milliardaire.
Quel
est ton niveau
de bonheur
aujourd'hui de 0
à 10, 10 étant
le maximum ?
Je pense que je
dirais je dirais 6.
Ça reste beaucoup de
place pour la suite.
Et qu'est-ce que tu
devrais faire
pour avoir un petit
peu plus de bonheur
dans les 30
prochains jours ?
En fait,
j'aimerais que...
Tu vois,
le sujet que je
porte aujourd'hui,
la FairMove,
qui est un sujet
assez lourd,
puisqu'il y a toute
une éducation
à faire des
voyageurs,
il y a une éducation
à faire
des partenaires
à l'étranger,
il y a à porter
le message au niveau
des médias,
il y a
donc à évangéliser
les consciences.
Et donc,
c'est un travail
qui me prend une
énergie incroyable
que j'avais quand
même mésestimée.
Et donc,
je me projeterais
assez bien
sur la phase d'après
quand j'aurais
vraiment bien
installé le concept
et que j'aurais pu
qu'à le piloter.
Pour l'instant,
j'en suis encore
à le construire
et donc c'est
beaucoup l'énergie.
Tu as 57 ans
aujourd'hui,
mais j'ai
le sentiment
de parler à un
gamin de 25 ans.
D'où vient
cette énergie ?
En fait,
ce côté juvénile,
c'est le fait que,
si tu veux, je me
suis jamais arrêté.
Il y a des matins
où je ferais bien
mon sac pour aller
à la salle de sport,
pour aller jouer
à un match de hante.
Pour moi, tout ça,
ça fait partie
d'un tout.
Et quand je revois
des copains que je
n'ai pas vu depuis
15 ans,
j'ai l'impression
qu'on s'est
quitté la veille.
Et comme il n'y a
jamais eu de pause,
je n'ai pas
l'impression
d'avoir vieilli.
Quelle est ta plus
grande peur
aujourd'hui ?
Ce serait
de mourir
subitement,
en plein élan,
en ne pouvant pas
délivrer ce que
j'essaie de porter.
Il y a une phrase
que j'aime bien,
c'est des grands
gens qui la donnent
souvent et qui dit
qu'il a lu
dans un bouquin
qu'un entrepreneur
japonais de 100
de 15 ans a réuni
toute sa boite,
tout son personnel,
pour leur exposer
son projet
et la stratégie
pour les 30
ans à à venir.
Moi, à 75 ans,
j'aimerais bien être
le gars qui présente
aux autres ma
stratégie pour les
30 ans à venir.
Ce que tu
détestes le plus ?
Le renoncement.
Quand tu as un genou
à terre et il faut
se redresser vite,
tu te dis quoi ?
Je me dis:
Tu n'as pas
le choix, mon grand.
Quel conseil tu
donnerais au petit
Jean-Pierre ?
Imagine-toi, toi,
en couleur courte,
tu as 10 ans.
Quelle phrase,
quel conseil tu
aurais aimé
entendre ?
Si, par exemple,
on fait l'exercice
maintenant,
on prend une de
la guette magique.
Ça y est,
tu remontes
dans le temps.
À l'époque,
c'était les frères
Bogdanoff qui
faisaient ça.
Tu reviens
dans le temps,
tu es face à toi,
tu as 10 ans et tu
te dis quoi
maintenant ?
Moi, je pense
que c'est l'inverse
qui est intéressant.
C'est que j'espère
que l'enfant
que j'étais
aurait un peu
d'admiration
pour l'homme
que je suis devenu.
Et maintenant,
si tu faisais
vraiment l'exercice,
qu'est-ce que tu
aurais dû entendre
à l'âge de 10 ans ?
Et que tu
n'entendais pas.
Tu as autant
de chances
que les autres d'y
arriver, mon grand.
Parce que très
longtemps,
j'ai eu le sentiment
inverse.
Et moi, j'étais dans
un milieu où,
en fait,
la seule capacité
d'élévation,
c'était les études.
Parce que
ma grand-mère,
par exemple,
quand je lui ai
exposé des idées,
parce que très
jeune, j'ai eu plein
d'idées,
elle disait: Écoute,
elle m'appelle
Nadie,
elle me disait:
Écoute Nadi,
Si c'était
si simple,
d'autres l'auraient
fait déjà avant toi.
Et donc moi,
je suis
dans le milieu où on
pensait
que les autres
étaient faits
pour réussir
un certain nombre de
choses et pas nous.
Et donc moi,
j'ai inversé
le cours
de l'histoire
de la famille.
Si tu devais finir
ces phrases-là,
ça donnerait quoi ?
La vie, c'est...
Un long fleuve
pas tranquille.
Les gens sont...
Souvent beaucoup
plus gentils
qu'on ne croit.
Il suffit juste,
effectivement,
de l'être avec eux.
Et de frapper
aux bonnes portes ?
Oui, et après,
effectivement, les
choses s'enchaînent.
Et d'oser aussi
aller vers eux.
Bien sûr.
Le bonheur, c'est...
Je pense
que le bonheur,
c'est la capacité,
en fait, si tu veux,
à donner du bonheur
aux autres,
donc au travers
de tes réalisations.
S'il y a
une question qui est
faite pour toi,
Jean-Pierre,
c'est celle-ci.
Qu'est-ce que c'est,
selon toi,
la définition
de vivre une vie
à 110 pour cent ?
Je pense que vivre
une vie à 110
pour cent,
c'est aussi accepter
l'idée qu'elle soit
parfois à 20%,
parce qu'on ne peut
pas être flamboyant
tout le temps.
Et c'est ça
qui permet d'être
à 110%,
c'est d'avoir aussi
une bonne gestion
de ces moments
à bas rendement.
Et d'ailleurs,
quand tu vois
des sportifs de haut
niveau, tu noteras
qu'en général,
ils marchent très
parce qu'ils gardent
leur énergie
pour les moments
de compétition.
Qu'est-ce que tu
pourrais dire à ces
hommes et ces femmes
qui sont justement
à 20% en ce moment
dans leur vie ?
Moi, je dirais
que ce n'est pas
infamant que d'être
à 20%, que ça fait
partie effectivement
d'un cycle de vie,
que lorsqu'on pense
qu'il y a
des surhommes,
on se trompe.
Il n'y a
que des gens,
effectivement,
qui essayent
de faire des choses.
100% des gens
qui ont échoué,
encore une fois,
sont des gens
qui ont essayé.
Et donc, pour moi,
la différence ne se
fait pas entre la
réussite et l'échec.
La différence se
fait entre ceux
qui passent à l'acte
et ceux qui
renoncent.
Merci mille fois,
Jean-Pierre.
Bonne réussite,
à bientôt.
Écoute,
à très bientôt
et surtout bonne
réussite à toi
et surtout merci
pour ce que tu fais
et toute cette
énergie que tu
diffuses.
Donc, aux autres
par toutes tes
interventions.
J'espère que ce
nouveau temps fort
vous a énergisé
et enrichi,
notamment avec
quelques idées
et stratégies laser
à implémenter dès
maintenant
dans votre
entreprise,
mais aussi
dans votre vie
de leader
et d'entrepreneur,
360 degrés.
D'ailleurs, Alors,
laissez-moi
un commentaire
et dites-moi ce
que vous avez retenu
de cette vidéo.
J'adore lire vos
commentaires.
Numéro un:
pour mieux choisir
le contenu à vous
proposez
chaque semaine.
Deux: pour mieux
comprendre comment
vous aider,
de plus en plus.
Et trois: quels sont
vos défis de
croissance ?
Vous savez,
votre capacité
à penser un,
planifier deux,
agir trois,
de manière
stratégique,
affecte les ventes
et la rentabilité
de votre activité
plus que tout autre
chose que vous
faites.
Et très souvent,
un seul changement
de quelques Quelques
degrés
que vous allez
apporter,
va entraîner
une différence
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Et ça, vous
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des consommateurs,
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Et c'est terminé.
Cette époque où on
se formait une fois
par an ou tous
les deux ans pour
rester juste à jour.
Et ça allait bien.
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il faut être
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soyez prêts
et prêtes.
Vous devez
donc développer
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